Des cas de grippe porcine dans une prison au Rwanda
Cinq cas suspects de grippe porcine ont été décelés cette semaine dans la prison centrale de Kigali communément dénommée "1930" (date de sa création), dont un malade en état critique, ont annoncé vendredi soir les autorités rwandaises.
Selon la directrice générale du Service national des Prisons (SNP) au Rwanda, Mary Gahonzire, parmi les cinq prisonniers contaminés au virus H1N1, seule une personne a été admise au centre hospitalier universitaire de Kigali pourrecevoir un traîtement médical "intensif".
"C'est la première fois qu'un cas de grippe porcine est décelé dans une prison rwandaise", a déclaré Mme Gahonzire.
La responsable des prisons du Rwanda a toutefois indiqué qu'un traîtement au Tamilflu a été administré aux quatre autres prisonniers admis en quarantaine.
Vendredi, Radio Rwanda avait rapporté qu'une série de mesures préventives avaient été prises par les responsables de cette prison.
"Avant d'entrer dans les enceintes de la prison, les visiteurs seront soumis à un contrôle médical et devront porter "obligatoirement" des masques, a déclaré Mme Gahonzire citée par la Radio Rwanda.
Le Rwanda compte 17 cas de grippe porcine jusqu'ici recencés dans le pays.
Source: PANA
7 septembre 2009
Réunion du comité régional de l'OMS pour l'Afrique à Kigali. Le SIDA à l'ordre du jour.
Dr Margaret Chang, directrice générale de l'OMS, madame Jeannette Kagame et le ministre rwandais de la santé, Dr Richard Sezibera. Photo: Imvaho
La 59e session du comité régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Afrique s'est tenue au Rwanda du 31 août au 4 septembre 2009 en présence de madame le Dr Margaret Chang, directrice générale de l'OMS.
Un des points forts à l'ordre du jour et très médiatisé par Kigali, est l'état de l'infection au VIH en Afrique. La première dame, Jeannette Kagame, a fait une intervention sur le vaccin anti-SIDA. Le Rwanda est un des rares pays au monde qui a autorisé les expérimentations in vivo. Les pratiques ne seraient pas transparentes et les patients ne sont pas suffisamment informés. Plusieurs organisations ont dénoncé ces pratiques sauvages réalisées en Afrique qui ne respectent pas l'éthique médicale.
Le bureau régional de l'OMS pour l'Afrique a son siège à Brazzaville au Congo. Il est dirigé par le Dr Luis Gomes Sambo de nationalité angolaise dont le mandat a été reconduit.
Les trithérapies, nouvelle arme contre la transmission du VIH
Sida. Les patients traités seraient moins contagieux, selon les scientifiques réunis à Mexico.
C’est une session, comme il y en a des centaines à la Conférence internationale sur le sida de Mexico. Son thème : la «Prévention positive». L’assistance est nourrie. Hier matin, une communication très attendue. Son auteur ? Le Pr Bernard Hirschel, qui dirige le service des maladies infectieuses à l’hôpital de Genève, en Suisse. Depuis quelques mois, ce médecin, connu et respecté, a osé briser un tabou. Et dire tout haut ce que tous les cliniciens constatent, à savoir que l’on est, peut-être, face à un tournant : avec le succès des trithérapies, non seulement le sida est devenu une maladie chronique, mais, dans certaines conditions, le sida devient de moins en moins une maladie transmissible.
En effet, quand une personne est traitée, sa charge virale, c’est-à-dire le nombre de particules virales circulant dans le sang, est proche de zéro. Si proche que l’on dit qu’elle est indétectable. Certes, on peut encore trouver des traces en quantité infime dans la salive, voire dans le sperme, mais il y en a si peu que les risques que ces traces virales soient transmissibles sont infimes, explique le Pr Hirschel.
«Désarçonné».Si son constat se confirme, c’est toute la problématique de la transmission qui en ressort bouleversée. Ne va-t-il pas apparaître sur la planète sida une nouvelle figure, celle du séropositif sous traitement, atteint certes d’une maladie avec ses effets secondaires et ses lourdeurs, mais une maladie qu’il ne transmet plus. «Cela n’a rien de nouveau, on le sait depuis quatre ou cinq ans, nous raconte Bernard Hirschel. Mais de là à le dire… C’est difficile, car cela revient à remettre en cause le modèle de la maladie contagieuse, et du tout-préservatif sur lequel repose la prévention.»
Au début, le Pr Hirschel a hésité, comme tous ses collègues. Et chaque fois qu’un séropositif - sous traitement et avec une charge virale indétectable - lui demandait s’il avait un risque de transmettre le virus, il répondait : «Il y a toujours un risque.»«Peu après, poursuit-il, j’ai été désarçonné par un procès qui a eu lieu en Suisse, où l’on poursuivait un séropositif qui avait eu une relation sexuelle non protégée. La personne n’avait pas été contaminée, mais c’était sur le principe de la mise en danger de la vie d’autrui. Et l’inculpé répondait qu’il était sous traitement, qu’il n’y avait aucun risque. S’il avait mis un préservatif, on ne l’aurait pas poursuivi. La situation devenait absurde. Enfin, l’autre élément qui m’a décidé à parler était ce que j’entendais dans ma consultation : pour un séropositif, se croire contaminant est une charge très très lourde à porter.»
Le Pr Hirschel a travaillé. Regardé les chiffres, accumulé les données. Lors de cette session à Mexico, il en a dressé le bilan. Nul ne le conteste désormais, quand la personne est traitée, le risque de transmission est devenu marginal. Ainsi ce travail sur 393 couples séro-discordants à Madrid, en Espagne, c’est-à-dire un couple où l’un est séropositif, l’autre pas. Ils ont une vie sexuelle sans préservatif : en dix ans dans ce groupe, il n’y a eu aucune contamination. Même résultat dans des études sur des couples en Ouganda, mais aussi au Rwanda. «Si on modélise, on arrive à ce constat», a même développé, à Mexico, Bernard Hirschel.
«Pour une relation sexuelle, le risque d’être infecté par le VIH est de 1 pour 30 000 avec un préservatif dans l’hypothèse où celui-ci craque. Et il est de 1 pour 100 000 si la personne séropositive est sous traitement
[dans une relation sans préservatif, ndlr]. Il n’y a pas de doute : aujourd’hui, le traitement est la meilleure des préventions.» Des propos qui détonnent. Et dérangent. «On est peut-être face à une évolution décisive», reconnaît le professeur Jean François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida. «Ce sont encore des hypothèses, mais si le VIH devient une maladie infectieuse qui n’est plus, dans certaines conditions, transmissible, cela modifie radicalement la donne.»
«Touché».Evidemment, tout reste à consolider. Et les études sur la non-transmissibilité chez une personne traitée se sont surtout penchées sur les couples hétérosexuels. De même se pose la question des autres maladies sexuelles transmissibles : lorsqu’elles sont présentes, elles rendent une personne séropositive plus contaminante. Et puis, on sait que la personne est surtout contaminante dans les tout premiers mois après son infection. «Il n’empêche, le bouleversement est là, mais on n’a pas encore tout saisi des conséquences», confirme Bruno Spire, président de Aides, qui a développé cette question en séance plénière. «En tout cas, Hirschel a touché juste. D’ailleurs, quand il a commencé à en parler, dans toutes nos réunions à Aides, on ne faisait qu’en discuter. C’est que la question de la transmission est centrale dans la vie d’un séropo. C’est la première douleur des personnes touchées. Peuvent-elles contaminer ? Ont-elles contaminé ? Si cette question devient secondaire, oui, c’est toute leur vie qui change. Et l’épidémie aussi.»
Les autorités américaines de la santé ont reconnu samedi qu'elles avaient sous-estimé le nombre de nouveaux cas de sida aux Etats-Unis, dans une étude démontrant que l'épidémie est plus grave que prévue.
Quelque 56 300 personnes ont été infectées par le virus du sida (VIH) en 2006, soit 40% de plus que les prévisions portant sur 40 000 nouveaux cas par an, indique le centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
L'étude montre également que les hommes homosexuels et bisexuels ainsi que les Afro-américains des deux sexes sont les groupes les plus infectés par le virus du sida.
53% des nouveaux cas concernent des homosexuels et des bisexuels, alors que 31% concernent des hétérosexuels et 12% des drogués utilisant des seringues. Les Afro-américains --13% de la population des Etats-Unis-- représentent 45% des nouveaux cas enregistrés en 2006.
En chiffres, les Afro-américains sont sept fois plus nombreux que les blancs: 83,7 cas sur 100.000 contre 11,5 cas sur 100.000.
Rapport de l´Onusida : l´épidémie se stabilise, mais à un niveau « inacceptable »
Dans son dernier rapport, le Programme commun des Nations unies sur le VIH/Sida (Onusida) avance quelques notes encourageantes : un peu moins d´infections nouvelles (de 3 millions en 2001 à 2,7 millions en 2007), ainsi que de décès attribuables au sida (on est passé de 2,2 à 2 millions en deux ans). Les efforts en matière de prévention, portent également, doucement, leurs fruits : grâce aux programmes destinés à éviter la transmission du virus de la mère à l´enfant à naître, le nombre d´infections nouvelles chez les enfants a baissé de 40 000 en deux ans. On note également des modifications du comportement sexuel dans certains pays : recours plus fréquent au préservatif chez les jeunes à partenaires multiples, augmentation de l´âge des premiers rapports…
Mais malgré ces avancées significatives, « l´épidémie de sida est loin d´être terminée » selon l´Onusida, qui juge son niveau « inacceptable » et son avenir « incertain ». 33 millions de personnes vivent aujourd´hui avec le virus, dont 67 % en Afrique. En zone subsaharienne, un tiers seulement des personnes qui en auraient besoin accèdent à un traitement (45 % de plus qu´il y a deux ans). Le sida y est encore la première cause de mortalité, et 12 millions d´enfants sont orphelins à cause de lui.
L´Onusida s´inquiète également du taux croissant de nouvelles infections dans plusieurs pays, dont la Chine, l´Indonésie, le Vietnam, la Russie, l´Ukraine, le Kenya ou le Mozambique. Mais aussi l´Allemagne, l´Australie et le Royaume-Uni.
« Le monde possède aujourd´hui les moyens de prévenir les nouveaux cas d´infection au VIH, de réduire la morbidité et la mortalité associée au VIH, et d´atténuer les effets néfastes de l´épidémie sur les ménages, les communautés et les sociétés », affirme le rapport. Encore faut-il « intensifier l´action » et augmenter les crédits.
En 2007, 10 milliards de dollars ont été mis à disposition de l´Onusida pour la mise en œuvre de ses programmes. Il en faudrait 50 % de plus pour poursuivre l´amélioration de l´accès aux soins. Quant à l´accès universel aux traitements et à la prévention, il coûterait plus de 42 milliards d´euros. Autant de chiffres qui serviront de base de discussion lors de la 17ème conférence internationale sur le sida qui s´ouvre dimanche à Mexico.
Efficacité des interventions alternatives à l'allaitement dans la prévention de la transmission mère-enfant du VIH
Plusieurs essais thérapeutiques et études de cohorte conduits dans les pays du Sud ont montré l´efficacité de l´utilisation de l´AZT en traitement court, associé à la névirapine en dose unique, ou encore des trithérapies initiées au cours du 3ème trimestre de grossesse, dans la prévention de la transmission mère-enfant (PTME) du VIH en intra-partum, péri-partum et au cours des premières semaines de vie. Cependant, l´allaitement constitue un facteur de risque de transmission très important après 6 semaines de vie. Afin d´évaluer l´efficacité d´alternatives à l´allaitement dans la réduction du taux de transmission du VIH de la mère à l´enfant, ainsi que son acceptabilité par les familles, il a été proposé à des femmes habitant Abidjan (Côte d´Ivoire), infectées par le VIH et enceintes, de bénéficier d´un accès aux antirétroviraux pour la PTME (4 semaines de zidovudine + lamivudine avant accouchement, puis névirapine en dose unique à l´accouchement, puis 4 semaines de zidovudine avec une dose unique de névirapine pour les enfants). Après l´accouchement, deux alternatives à l´allaitement standard (plus de 6 mois) leur étaient proposées au sein d´un essai pilote non randomisé : soit allaitement artificiel, soit un allaitement maternel court de 4 mois. Les données d´incidence de l´infection VIH chez les enfants ont été comparées à des données historiques issues des premiers essais de PTME avec zidovudine seule associée à un allaitement long. Au cours des 3 ans de l´étude, 690 enfants nés vivants ont été suivis, dont 364 traités par zidovudine + névirapine dose unique et 326 par zidovudine + lamivudine et névirapine dose unique. Ils ont été comparés aux 238 enfants issus de la cohorte DITRAME historique (1999-2002). Dans ces trois bras, le taux respectif de transmission du VIH était de 19,8% dans la cohorte historique, 11% dans la cohorte sans lamivudine et 6,6% dans la cohorte avec lamivudine. Les enfants de la cohorte historique ont tous reçu un allaitement exclusif au sein pendant plus de 6 mois. Dans les deux autres cohortes, le taux de transmission du VIH différait en fonction du type d´allaitement : dans la cohorte sans lamivudine, il était de 9,2% en cas d´allaitement artificiel et de 13% en cas d´allaitement maternel de 4 mois. Dans la cohorte avec lamivudine, il était de 5,6% en cas d´allaitement artificiel et de 6,6% en cas d´allaitement maternel de 4 mois. Ces résultats montrent que les alternatives à l´allaitement traditionnel long sont toutes efficaces, en particulier l´association zidovudine + lamivudine + névirapine dose unique + allaitement court (63% d´efficacité dans la prévention de la transmission).
Ces stratégies font maintenant partie de celles conseillées dans les pays du Sud, en particulier si l´accès aux trithérapies reste difficile. Le maintien d´une courte période d´allaitement semble même envisageable.
Leroy V, Ekouevi DK, Becquet R, Viho I, Dequae-Merchadou L, Tpnwe-Gold B, Rouet F, Sakarovitch C, Horo A, Timité-Konan M, Rouzioux C, Dabis F, for the ANRS 1201/1202 DITRAME PLUs study group. PLOS One 2008, 3(2) : e1645. Source:www.egora.fr
Mortalité sous traitement antirétroviral et survie des enfants non infectés dans une cohorte de patients d´origine Ougandaise
La difficulté d´accès aux antirétroviraux reste un challenge majeur pour la lutte contre le VIH dans les pays du Sud, et en particulier en Afrique où se concentre la très grosse majorité des personnes infectées. Ces problèmes d´accès ne tiennent pas tant à la mise à disposition des antirétroviraux qui commencent à être large, qu´au manque de personnel médical et paramédical destiné au suivi des patients. Afin de circonvenir ce problème, un programme de prise en charge à domicile des patients infectés et de leur entourage a été mis en place en Ouganda et a servi à l´évaluation de l´efficacité de l´accès au cotrimoxazole puis aux antirétroviraux dans ce type de programme basé sur les soins à domicile. Au total, 466 patients et 1 481 contacts familiaux non infectés ont été inclus en 2001 et ont reçu du cotrimoxazole à partir du 5ème mois de suivi. En 2003, 907 nouveaux patients et 133 patients de la première cohorte ont été mis sous traitement antirétroviral (Triomune®). Parmi tous les patients infectés par le VIH, la mortalité globale a été évaluée à 17%, versus 1% dans les familles des patients. Ce taux de mortalité a drastiquement diminué avec l´ajout des antirétroviraux au cotrimoxazole (-55% en 16 semaines, puis -92% par la suite). Ceci s´est traduit par une vie sauvée pour 8 patients traités après 4 mois de traitement. Cette baisse de la mortalité a aussi influencé la mortalité des enfants de moins de 10 ans, qui a diminué de 81% en cas de traitement des parents par cotrimoxazole et antirétroviraux. Le nombre d´orphelins a aussi baissé de 93% après 4 mois de traitement du ou des parents infectés.
Enfin, les hospitalisations ont aussi été très réduites après l´introduction des antirétroviraux (-43% comparé au cotrimoxazole seul et -64% comparé à l´absence d´intervention). Ainsi, non seulement les patients, mais aussi leur entourage immédiat et en particulier les enfants ont bénéficié de l´accès aux antirétroviraux, avec un bénéfice en terme de vie sauvée par rapport au nombre de patients traités très élevé.
Ces résultats très encourageants devraient motiver la mise en route de nombreux programmes adaptés au milieu rural qui prévaut dans de nombreux pays du Sud.
Mermin J, Were W, Ekwaru JP, Moore D, Downing R, Behumbiize P, Lule JR, Coutinho A, Tappero J, Bunnell R. Lancet 2008, 371 (9614).
Il est important de poursuivre les antirétroviraux chez les patients très immunodéprimés, même en l´absence de réponse virologique optimale
Le bénéfice à poursuivre un traitement antirétroviral chez des patients très immunodéprimés en échec de traitement était jusqu´à présent discuté, au regard de la toxicité de nombreuses molécules et de la difficulté qu´éprouvaient ces patients à prendre des multithérapies dont la gestion quotidienne était assez lourde. Cependant, les données issues de l´exploitation du DMI2 (base de données Française sur le VIH) montrent au contraire tout l´intérêt, en terme de réduction de la morbidité liée au sida, à poursuivre un traitement même virologiquement inefficace. Les patients inclus dans cette base et présentant un taux de lymphocytes CD4 inférieur à 200/mm3 (soit 12 765 patients entre 2000 et 2005) ont été répartis en trois groupes : groupe avec interruption de traitement, groupe avec deux charges virales détectables sans interruption de traitement, groupe avec charge virale indétectable sans interruption de traitement. La comparaison des incidences d´évènements classant sida montre que les patients ayant interrompu leur traitement présentent une incidence de pathologie classant sida significativement plus élevée (18,5 / 100 personnes-année) que les patients non contrôlés sous traitement (14,5 / personnes-année) et les patients contrôlés sous traitement (4,9 / personnes-année). Ces différences sont d´autant plus importantes chez les patients avec un taux de CD4 inférieur à 50/mm3. Chez les patients avec charge virale détectable (sous traitement ou pas), les pathologies les plus fréquentes par ordre décroissant étaient la candidose œsophagienne, la pneumocystose, la toxoplasmose cérébrale, les infections à CMV et la tuberculose. Chez ceux avec charge virale indétectable, la tuberculose était la première pathologie classant sida, suivie du sarcome de Kaposi, des lymphomes non hodgkiniens et des candidoses invasives.
De façon générale, les infections fongiques sont les pathologies les plus fréquentes en l´absence de contrôle du VIH, tandis que les infections bactériennes touchent principalement les patients avec charge virale indétectable. Ces résultats montrent l´importance de poursuivre les antirétroviraux, même sans bénéfice virologique, et complètent chez les patients très immunodéprimés les résultats des essais d´interruption (SMART, TRIVACAN, etc.) qui ont bien montré le caractère délétère des arrêts de traitement.
Kousignian I, Abgrall S, Grabar S, Mahamat A, Teicher E, Rouveix E, Costagliola D. Clin Infect Dis 2008,46 : 296-304.
Christophe Colomb aurait ramené la syphilis en Europe à son retour d’Amérique
Le découvreur Christophe Colomb n’a pas fait que « découvrir » l’Amérique, il aurait aussi ramené dans ses soutes, sur le continent européen, les premières souches de syphilis, selon un article de « PLoS Neglected Tropical Diseases », qui mettrait donc un terme à une controverse de 500 ans.
Depuis la première épidémie de syphilis signalée en 1485, une polémique a entouré les origines de la bactérie Treponema pallidum et sa relation aux pathogènes responsables des autres maladies treponémales, c’est-à-dire le pian, la syphilis endémique et la pinta.
Certains chercheurs pensent que la bactérie à l’origine de la syphilis a été ramenée du Nouveau Monde en Europe par Christophe Colomb et ses hommes, alors que d’autres soutiennent que les tréponematoses, y compris la syphilis, ont une histoire plus ancienne sur le continent européen.
Ainsi, depuis 500 ans, la polémique fait rage à propos de l’origine de la Treponema pallidum, la bactérie responsable de la syphilis. Est-ce que Christophe Colomb et ses hommes ont introduit le pathogène en Europe à l’époque de la Renaissance, après l’avoir contracté pendant leur voyage dans le Nouveau Monde ? Ou est-ce que la syphilis a un passé bien plus ancien sur le continent européen ?
Des chercheurs ont publié une nouvelle étude qui s’appuie sur une approche phylogénétique, en utilisant les données provenant de 21 régions génétiques pour examiner 26 souches de Treponema provenant de 26 régions géographiques.
De toutes les souches examinées, les souches à l’origine d’une syphilis vénérienne étaient plus récentes et en lien plus étroit avec le souches à l’origine du pian provenant d’Amérique du sud plutôt que d’une autre souche non vénérienne.
Les souches à l’origine du pian provenant du continent européen occupent une position de base sur l’arbre génétique, ce qui indique qu’elles sont apparues en première dans l’histoire humaine, et une souche simiesque de la bactérie Treponema pallidum s’est révélée être très similaire de ces souches.
Les résultats de cette étude semblent donc donner du crédit à la théorie selon laquelle Christophe Colomb aurait ramené la syphilis du Nouveau Monde, tout en suggérant que les sous-espèces qui ne se transmettent pas sexuellement sont apparues avant cela sur le continent européen.
Cette étude est la première à se pencher sur la question de l’origine de la syphilis en utilisant la génétique moléculaire.
L’étude des chercheurs a le mérite de clarifier l’évolution de la relation entre le pathogène qui engendre la syphilis et les autres sous-espèces de Treponema pallidum, qui sont à l’origine de maladies tropicales négligées, telles que le pian et la syphilis endémique.
En utilisant une collection de souches de Treponema d’une taille sans précédent, les chercheurs ont montré que le pian s’avère être une infection très ancienne chez les humains, alors que la syphilis vénérienne est apparue relativement récemment dans l’histoire humaine.
De plus, les souches les plus proches des souches responsables de la syphilis identifiées dans l’étude ont été découvertes en Amérique du sud, ce qui tend à confirmer la théorie selon laquelle Christophe Colomb est à l’origine de la syphilis sur le continent européen.
Dans 500 ans on connaîtra peut-être celui qui a introduit le virus du SIDA en Afrique!
A M
Vaccin contre le paludisme, intox ou réel espoir?
Après le Laboratoire anglais GSK au mois d'octobre, le laboratoire franco-allemand Sanofi-Aventis a annoncé à son tour au mois de novembre dernier le dévéloppement d'un vaccin contre le paludisme.Le candidat-vaccin porte le nom de code de MSP3.Deux essais de phase Ib sont en cours en Tanzanie et au Burkina Faso.Ce vaccin est dévéloppé en collaboration avec l'Institut Pasteur.Il faudra attendre la phase II qui se déroulera en Tanzanie pour juger de l'efficacité de ce vaccin.
On se souvient qu'un autre vaccin contre le paludisme fut expérimenté en Tanzanie il y a quelques années par le professeur Patayoro, un colombien.Ses travaux ont été arrêtés par manque de financement car les laboratoires n'étaient pas intéréssés par le dévéloppement d'un vaccin contre une maladie qui ne touche que le Tiers-Monde.Pourtant le taux de protection était de 40 % selon les premiers résultats de l'étude.
Le paludisme touche entre 300 et 500 millions d'individus et en tue plus d'un million et demi dans le monde.
Maintenir les patients dans les programmes d´accès aux antirétroviraux en Afrique Sub-saharienne, un challenge nécessaire à la réussite de la lutte contre le VIH
L´Afrique sub-saharienne représente le continent le plus touché par la pandémie de VIH et l´enjeu de l´accès aux antirétroviraux y est crucial pour tenter d´infléchir la courbe toujours croissante des nouvelles contaminations et des décès liés au virus. Mais le seul accès aux ARVs n´est rien s´il ne s´accompagne pas d´un suivi de l´observance et de la tolérance des ARV, garantes de l´efficacité des traitements. L´influence de ces paramètres sur l´évolution de la maladie a été largement étudiée, mais un facteur peu analysé jusqu´à ce jour a été le taux de maintien dans les programmes d´accès aux ARV, qui lui aussi est un reflet de l´observance globale des patients, conditionnant le succès de ces programmes. Les auteurs de cette revue systématique se sont intéressés à toutes les études de cohorte menées en Afrique sub-saharienne (hors essais thérapeutiques) qui mentionnaient le nombre de personnes ayant quitté les programmes et les raisons de ces départs. Ils ont identifié 32 études représentant 74 192 patients dans 13 pays et publié entre 2000 et 2007. La moyenne de suivi était de 9.9 mois, au terme duquel 77.5% des patients étaient encore suivis.Parmi les patients ayant interrompu leur suivi, 50% étaient décédés et 50% étaient perdus de vue. A 24 mois, le taux de patients encore suivis dans ces cohortes était de 61.6% (46% au minimum et 85% au maximum). En effectuant des analyses de sensibilité (qui permettent aux chercheurs d´évaluer les meilleures et les pires estimations de maintien dans les programmes), le taux de maintien a été estimé à 25 à 75% au bout de 2 ans, avec une moyenne de 50%. Ces résultats alarmants montrent qu´un nombre important de patients ne prennent plus leur traitement au bout de deux ans. Comme un grand nombre des patients en rupture de traitement correspondent en fait à des patients décédés, un moyen d´améliorer ces résultats serait de débuter les antirétroviraux plus tôt. De même, les taux de maintien étant assez disparates dans ces différentes études, celles obtenant les meilleurs taux pourraient servir d´exemples aux futurs programmes d´accès aux ARV.
Rosen S, Fox MP, Gill CJ. PLOS Medicine 2007, 4 (10) : 1691-1701.
La majorité des enfants séronégatifs nés de mères infectées par le VIH souffre de troubles psychologiques incluant la dépression
L´évolution de la pandémie à VIH qui concerne de plus en plus de femmes en âge d´être mères et l´accès de plus en plus facile à la procréation médicalement assistée laisse prévoir à moyen terme un nombre d´enfants séronégatifs vivant avec une mère séropositive de plus en plus important. Il existe peu de données publiées sur l´impact du statut VIH de la mère sur le développement de l´enfant qui souvent ne bénéficie pas de suivi médical particulier. Or les chercheurs à l´origine de l´étude présentée dans cette publication sont partis du postulat que les troubles mentaux étaient sous-évalués chez ces enfants et qu´ils pourraient tirer partie d´un diagnostic précoce avec mise en place d´un suivi adapté. Afin de mesure l´ampleur du problème, ils ont inclus dans une cohorte prospective 129 couples mère / enfant vivant à New York et bénéficiant de la prise en charge médico-sociale Medicaid (attribuée aux familles pauvres).
Ces 129 femmes étaient toutes célibataires, dépistées depuis 4 ans en moyenne (35% avaient un taux de C < 200/mm3), d´origine afro- ou latino- américaine dans 92% des cas, avec une toxicomanie actuelle ou passée dans 2/3 des cas. Les 129 enfants ont rempli à 5 occasions une batterie de tests psychologiques adaptés à leur âge, pendant 2 ans. Tous ces enfants ont présenté à un moment donné du suivi des troubles psychologiques (en particulier une angoisse de séparation), dont 2/3 de façon chronique (plus de trois fois au cours des deux ans) et presque un quart était jugé dépressif. Tous ces symptômes étaient plus fréquemment présents au début de la prise en charge des mères par le programme et ont tendu à progressivement diminuer au bout de deux ans. Ces résultats montrent que les problèmes de santé mentale sont plus fréquents chez les enfants de mères infectés par le VIH que ce qui était habituellement rapporté. Ceux-ci sont en général peu accessibles au dépistage précoce car le lien avec les services médicaux se fait par la mère et non directement par l´enfant lui-même. Or une prise en charge globale de la mère et de l´enfant pourrait permettre de mettre en place un travail psychothérapeutique et social adapté.
Les interruptions structurées de traitement antirétroviral sont à proscrire définitivement
Plusieurs essais thérapeutiques dont les résultats ont été publiés ces deux dernières années ont montré l´effet délétère des interruptions programmées d´antirétroviraux en termes de survie globale et de morbidité non liée au sida (essais TRIVACAN pour les pays en développement ou SMART pour les pays Occidentaux). Ces interruptions ont la plupart du temps été guidées par le taux de lymphocytes CD4, avec des intervalles de reprise de traitement uniquement liés au statut immunitaire. Or, certains essais basés sur une reprise des antirétroviraux à intervalle régulier (système dit « on / off » par cycle de 12 semaines par exemple) ont montré que cette stratégie pouvait avoir la même efficacité que le traitement en continu (essai STACCATO). Ce type de stratégie appliquée aux pays en développement pourrait permettre une économie substantielle avec un meilleur contrôle de la toxicité liée aux ARV. Cette stratégie « on / off » a été évaluée au sein de l´essai thérapeutique DART mené en Ouganda et au Zimbabwe.
Les 813 patients parmi les 3312 inclus dans l´essai qui présentaient un taux de CD4 supérieur à 300/mm3 à 48 ou 72 semaines de traitement ont été randomisés dans un bras « traitement continu » ou un bras « interruption de traitement par cycle de 12 semaines ». Après un suivi médian de 51 semaines, le bras « interruption » a été arrêté en raison d´un nombre d´évènements classant sida ou de décès plus grand (24 cas, 6.4 cas / 100 personnes-année, versus 9 cas, 2.4 / 100 personnes-année dans la bras en continu, p < 0.0007). La candidose œsophagienne était l´évènement classant sida le plus fréquemment décrit. Une moindre toxicité liée aux ARV a toutefois été relevée chez les patients du bras « interruption » (2 évènements, 0.5 / 100 personnes-année, versus 10 évènements, 2.6 / 100 personnes-année, p < 0.02). Ces résultats confortent donc ceux obtenus dans l´essai Trivacan, sur une autre population africaine et avec une autre stratégie d´interruption, contre-indiquant l´application d´une telle stratégie dans les pays en développement.
Afrique de l'Est: Mise en garde contre des taux élevés de transmission du paludisme
Les taux de transmission du paludisme dans la région pourraient être plus élevés que la moyenne cette année, en raison de températures exceptionnellement humides dues au phénomène climatique du nom de la Niña, a prévenu l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
« Le paludisme est une maladie particulièrement sensible aux conditions climatiques et à cette période de l'année, nous avons enregistré de fortes pluies et des inondations inhabituelles dans certaines régions d'Afrique australe », a expliqué Joaquim Da Silva, du bureau régional de l'OMS.
La Niña se caractérise par des températures océaniques anormalement basses dans l'océan Pacifique équatorial oriental, enregistrées tous les trois ou quatre ans, qui entraînent un effet de vagues ressenti partout dans le monde ; cet effet de vagues augmente le taux d'humidité dans les régions humides et la sécheresse dans les régions arides.
Conséquences du phénomène climatique de la Niña - qui dure généralement entre neuf et 12 mois -, des pluies particulièrement fortes se sont abattues sur certaines régions de l'Afrique de l'Est en 2007.
Dans son dernier rapport, le centre de surveillance de la sécheresse de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe - Southern African Development Community/SADC - a indiqué que le phénomène climatique la Niña était désormais bien établi. Le centre prévoyait notamment de fortes pluies sur l'Angola, la Zambie, le nord du Zimbabwe, le Malawi, le nord du Mozambique, le sud de la Tanzanie et sur la côte ouest de Madagascar, jusqu'en février.
« Nous sommes attentifs aux risques de crues dans le réseau des fleuves du Zambèze [Angola, Zambie, Zimbabwe, Mozambique], de l'Okavango [Angola, Namibie, Botswana], du Limpopo [Afrique du Sud, Zimbabwe et Mozambique] et du Pungwe [Zimbabwe et Mozambique], dans la région », a indiqué M. Da Silva. Les crues saisonnières sont fréquentes dans ce réseau, mais cette année les conséquences pourraient être plus graves, a-t-il ajouté.
« Nous suivons la situation ; aucune épidémie n'a été signalée pour le moment », a précisé M. Da Silva.
L'OMS a demandé aux pays de la région de distribuer des moustiquaires imprégnées, de mettre à la disposition des centres de santé des médicaments antipaludéens et de mobiliser les populations pour les sensibiliser aux risques particulièrement élevés de transmission du paludisme cette année.
Au Rwanda, tu ne prendras pas la paille qui est dans le verre de ton voisin Le gouvernement rwandais, à l'approche de la nuit de la Saint-Sylvestre, a invité ses concitoyens à éviter de boire dans le verre ou avec la paille de leur voisin, pour des raisons de santé, dans un communiqué.
Cette mesure du ministère de la Santé annoncée par la radio publique vise à limiter la propagation de tuberculose et d'autres infections.
"Tout usage des mêmes ustensiles de table, surtout le gobelet et les chalumeaux (pailles) utilisés souvent lors des convivialités dans le partage des boissons, est strictement interdit sur le territoire du Rwanda", a déclaré Jean Damascène Ntawukuliryayo, ministre rwandais de la Santé.
"Ce comportement constitue l'une des voies les plus sûres de contamination du bacille de Koch, principale vecteur de la tuberculose", a poursuivi le ministre sur les ondes.
Selon les autorités sanitaires, le nombre de personnes infectées par la tuberculose a doublé entre 2005 et 2007 au Rwanda pour atteindre 14.000 malades.
AFP: 31/12/2007
SANTE PUBLIQUE
La pilule contraceptive a 40 ans
C'était le 28 décembre 1967 que les femmes françaises obtenaient l'autorisation de prendre la pilule comme moyen de contraception. Aujourd'hui plus de 80 % des femmes en Occident en âge de procréation utilisent la pilule contraceptive. Dans les pays en voie de dévéloppement pourtant confrontés aux problèmes démographiques,la pilule reste un sujet tabou.Les coutumes ancestrales et l'église catholique restent hostiles à la contraception et prônent encore la chasteté!
AM
SIDA
20/12/2007
VIH : la pilule qui révolutionne la trithérapie ?
Deux laboratoires se sont associés pour créer la première trithérapie en comprimé à prise unique. L'Atripla sera commercialisé en France à l'été 2008
L'Agence européenne du médicament a autorisé mardi la commercialisation d'Atripla, la première trithérapie qui tient dans un seul comprimé à prendre une seule fois par jour. Pour mettre au point ce médicament, et c'est une autre première, deux laboratoires ont uni leurs efforts : Bristol-Myers Squibb (BMS) et Gilead Sciences.
Aujourd'hui, selon la trithérapie et le type de patients, les personnes infectées par le VIH doivent prendre en moyenne entre trois et six comprimés au cours de la journée. Mais ce chiffre peut monter jusqu'à 30 ou 40 pour certains malades traités également pour des infections opportunes. L'Atripla permet donc de limiter le traitement à une prise quotidienne.
Qualité de vie
La pilule est constituée de trois molécules déjà utilisées dans le cadre de la trithérapie : l'éfavirenz, commercialisé par BMS sous le nom de Sustiva, ainsi que l'emtricitabine et le fumarate de ténofovir disoproxil, qui constituent le Truvada, mis au point par Gilead Sciences. "Ces médicaments agissent en bloquant la réplication du virus dans le sang. Ils ont déjà fait leurs preuves en termes d'efficacité et de bonne tolérance", explique à LCI.fr le docteur Yacia Bennaï, directeur médical du département de virologie chez BMS.
La simplification qu'induit Atripla va "améliorer la qualité de vie du patient" tout en l'incitant à mieux suivre son traitement, assure le Dr Bennaï. La pilule est autorisée à être vendue dans les 27 pays de l'Union européenne ainsi qu'en Norvège te en Islande. La commercialisation en France interviendra à l'été 2008.
"Petit progrès"
"C'est un petit progrès", tempère pourtant le docteur Marina Karmochkine, praticien hospitalier au service d'Immunologie à l'hôpital Georges Pompidou, à Paris. "Les molécules [composant Atripla, NDLR] sont bien connues, pointe la spécialiste à LCI.fr. Mais la pilule unique cumule les effets secondaires de chaque médicament : toxicité rénale potentielle pour le ténofovir ; vertiges, cauchemars, syndrôme dépressif authentique pour l'éfavirenz. Et là, aucun progrès n'a été accompli."
La véritable révolution, selon le Dr Karmochkine, viendra de l'arrivée début 2008 de deux nouvelles classes de médicaments contre le HIV. "Ce n'était pas arrivé depuis dix ans", remarque-t-elle. L'un de ces médicaments, dit anti-integrase, agira "contre une nouvelle cible virale" ; l'autre, un "inhibiteur de CCRH", contre "l'entrée du virus" dans l'organisme. Le Dr Karmochkine indique que ces deux médicaments, "visiblement mieux tolérés par les patients", s'adressent à des malades "avec des virus résistants aux trithérapies".
L´augmentation de l´accès au antirétroviraux dans les pays du Sud va s´accompagner d´une baisse importante de la mortalité et de la morbidité liée au sida, mais aussi de l´apparition de pathologies métaboliques liés aux effets secondaires des antirétroviraux, comme cela a été vu dans les pays du Nord. Ceci est d´autant plus prévisible que les molécules majoritairement utilisées sont connues pour entraîner des troubles du métabolisme glucido-lipidique et de la répartition corporelle des graisses. Afin de déterminer l´ampleur de ce problème, des patients suivis en milieu hospitalier au Rwanda ont été inclus dans une étude transversale dont l´objectif principal était de mesurer la prévalence des lipodystrophies après au moins 6 mois de traitement antirétroviral. Le risque de diabète et de dyslipidémie a été déterminé chez 100 d´entre eux et comparé après appariement sur le sexe, l´âge et le BMI, avec 50 patients infectés par le VIH, traités et non lipodystrophiques, et 50 patients non infectés par le VIH. Parmi les 571 patients inclus, 34% présentaient des signes cliniques de lipodystrophie, avec une prévalence proche de 70% chez ceux traités depuis plus de 72 semaines. Cette lipodystrophie était d´aspect mixte chez 72% d´entre eux, associant une lipoatrophie périphérique à une lipohypertrophie centrale. Les facteurs de risque retrouvés étaient l´habitat urbain et la durée de traitement par antirétroviraux.
En ce qui concerne les facteurs métaboliques, le taux de cholestérol total tout comme le taux de riglycérides étaient plus élevés chez les patients non lipodystrphiques, tandis que l´hyperglycémie était plus fréquente chez les patients sous antirétroviraux que chez les patients non infectés par le VIH. Ces données confirment la fréquence équivalente de la lipodystrophie et des troubles métaboliques associés chez les patients Africains récemment traités par antirétroviraux, par rapport aux patients d´origine caucasienne, chez qui ces troubles ont été décrits initialement. Là aussi, le rôle probablement délétère de la stavudine doit être soulignée (86% des patients étaient traités par l´association 3TC + D4T + névirapine) et ces résultats appuient les recommandations de changement de molécules pour les premières lignes d´antirétroviraux dans les pays du Sud.
Mutimura E, Stewart A, Rheeder P, Crowther NJ. JAIDS 2007, 46 (4) : 451-5.
Dernières données sur l´évolution de l´épidémie à VIH-sida dans le Monde
UNAIDS. AIDS Epidemic update, November 2007.
Le mois de Novembre est le mois traditionnel de la publication des données sur l´état du VIH dans les différentes parties du Monde et de la synthèse des actions de lutte menées contre cette pandémie. Les résultats bruts restent alarmants : 33,2 millions de personnes vivent avec le VIH en 2006, dont 2,5 millions de nouvelles infections, tandis que 2,1 millions sont mortes du sida au cours de la même période. Cependant, comparativement aux données de 2005, on assiste à une diminution de cette prévalence de 16% (due à une baisse des nouvelles infections, mais aussi à une amélioration des méthodes de surveillance dans plusieurs pays du Sud qui ont permis de redresser des chiffres qui étaient auparavant excessifs). Les enfants continuent de payer un lourd tribut à l´épidémie avec un total de 2,5 millions d´entre eux vivant avec l´infection, tandis que 420 000 ont été nouvellement infectés et que 330 000 en sont morts. Si l´on rapporte des chiffres à une base journalière, ce sont 6 800 personnes qui découvrent leur séropositivité chaque jour dans le monde, tandis que 5 700 en décèdent par dépistage trop tardif et manque d´accès aux soins. Cependant, l´analyse en tendance des incidences annuelles montre un tassement de l´épidémie, avec des réductions notables en terme de nouveaux cas dépistés (alors même que le dépistage augmente) et de décès par sida, liés à l´accès de plus en plus large aux multithérapies antirétrovirales. Le rapport reprend chaque grande région de l´OMS en y décrivant l´évolution de la pandémie, les progrès effectués et les grands freins au déploiement des politiques de lutte contre sida (guerre, gestion de ressources humaines, etc.).
LES FINANCEMENTS DU FONDS MONDIAL PERMETTENT DE FOURNIR DES TRAITEMENTS CONTRE LE SIDA À 1,4 MILLIONS DE PERSONNES
3,3 Millions de personnes ont accès aux traitements contre la tuberculose
UNICEF,Genève,30/11/2007
Le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme a annoncé aujourd’hui que plus de 1,4 millions de personnes vivant avec le VIH ont désormais accès aux traitements anti-rétroviraux (ARV) grâce aux programmes qu’il soutient, ce qui représente quasiment le double des résultats annoncés l’année dernière.
Parallèlement, le gouvernement américain présentera les résultats du Plan d'urgence du président des États-Unis en matière de lutte contre le sida (PEPFAR), son initiative de lutte contre l’épidémie mondiale de VIH/sida. Ensemble, le Fonds mondial et PEPFAR fournissent le financement de la majorité des programmes pour la prévention et le traitement du sida dans les pays en voie de développement.
« Ensemble, le programme PEPFAR et le Fonds mondial sont à l’origine de l’expansion de l’accès aux traitements, aux soins et aux programmes de prévention contre le sida », a déclaré le Professeur Michel Kazatchkine, Directeur du Fonds mondial. « Les efforts constants du programme PEPFAR et du Fonds mondial pour coordonner et faire en sorte que leurs actions respectives soient complémentaires se traduisent par des résultats très importants sur le terrain. Il y a seulement quelques semaines, l’Ambassadeur Dybul et moi-même avons pu constater la réalité de cette synergie sur le terrain lorsque nous avons visité des programmes hautement effectifs en Haïti qui étaient financés conjointement par le Fonds mondial et le programme PEPFAR. »
L’Ambassadeur Mark Dybul est le Coordonnateur, pour les États-Unis, de la lutte mondiale contre le sida.
Le Fonds mondial a également fait état d’avancées importantes dans la lutte contre la tuberculose avec plus de 3,3 millions de personnes bénéficiant de traitements efficaces contre la tuberculose grâce aux programmes qu’il finance. La tuberculose est la première cause de mortalité chez les personnes infectées par le VIH ; l’Organisation mondiale de la Santé estime ainsi que la tuberculose est à l’origine de près du tiers des décès liés au sida dans le monde.
Un peu plus tôt cette semaine, le Fonds mondial a annoncé que les programmes qu’il soutient dans la lutte contre le paludisme avaient à ce jour permis la distribution d’un total de 46 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide à des familles exposées à la maladie, ce qui représente une augmentation de 155 pour cent par rapport aux 18 millions de moustiquaires imprégnées distribuées l’année dernière.
Les résultats en bref :
Intervention
Déc. 2006
Mi-2007
Déc. 2007
Augmentation sur 1 an
VIH: Personnes
bénéficiant d’un
traitement ARV
770,000
1,1 millions
1,4 millions
88%
TB: Personnes traitées
sous DOTS
2 millions
2,8 millions
3,3 millions
65%
Paludisme: MII distribuées
18 millions
30 millions
46 millions
155%
Les résultats présentés aujourd’hui sont ceux de l’ensemble des programmes soutenus par le Fonds mondial. La qualité des résultats est garantie par le travail de l’agence de vérification dans chaque pays, de données externes et de contrôles des systèmes en place. « Ces résultats constituent une preuve vivante que les investissements du Fonds mondial fonctionnent”, a déclaré Rajat Gupta, Président du Conseil d’administration du Fonds mondial. “Ces résultats positifs doivent constituer un encouragement pour tous les donateurs, les partenaires ainsi que pour tous les professionnels de santé qui travaillent sur le terrain, à poursuivre la lutte contre les trois maladies plus intensément encore dans les années à venir.”
Lors de sa dernière réunion qui s’est tenue en Chine ce mois-ci, le Conseil d’administration du Fonds mondial a approuvé la septième série de financements avec 73 nouvelles subventions pour une valeur de plus de 1,1 milliards de dollars US sur deux ans, portant ainsi le montant total des fonds engagés à 9,9 milliards pour plus de 520 programmes dans 136 pays.
Fréquence et facteurs de risque de blip viral chez les patients sous antirétroviraux
Beaucoup de cliniciens ont déjà expérimenté chez leurs patients traités par antirétroviraux des épisodes de blip de charge virale (épisode isolé de charge virale supérieure à 50 copies/mL suivi d´une charge virale indétectable). La fréquence et l´influence de ces blips sur le pronostic immunologique et virologique ont été peu étudiées à ce jour. Une étude de cohorte Espagnole s´est intéressée à cette problématique en recherchant chez les 2 720 patients inclus les épisodes de blip (charge virale entre 50 et 500 copies/mL après deux charges virales indétectables) entre 1999 et 2006. Un total de 779 patients a présenté au moins un épisode de blip. Parmi ces patients, 655 n´ont pas changé la composition de leur traitement antirétroviral pendant les 8 années de l´étude. Chez ces patients, 71% sont redevenus indétectables après 6 mois, 20% ont gardé une charge virale faiblement fluctuante et 9% ont évolué vers l´échec virologique (avec développement de résistance dans la majorité de cas, dont la M184V liée à la lamivudine et la K103N liée aux analogues non nucléosidiques de la transcriptase inverse). Seul le niveau de charge virale lors du rebond était associé au risque d´échec virologique en analyse multivariée. Les blips ne sont donc associés à un risque d´échec virologique que dans moins de 10% des cas, en particulier chez les patients traités par analogues non nucléosidiques. Switcher ces patients dès le premier blip par une association contenant un inhibiteur de protéase pourrait permettre de contrôler ce risque d´échec.
Référence: Garcia-Gasco Pilar, Maida I, Blanco F, Barreiro P, Martin-Carbonero M, Vispo E, Gonzalez-Lahoz J, Sorriano V. J Antimicrob Chemother 2008, internet advanced acces
En Tanzanie, Bush intensifie sa lutte contre le paludisme
Le président américain George W. Bush a lancé lundi un vaste programme de distribution gratuite de moustiquaires pour renforcer la lutte contre le paludisme en Tanzanie, particulièrement touché par la maladie, et peaufiner son bilan dans un domaine qui lui est cher.
George Bush et le président de la Tanzanie, Jakaya Mrisho Kikwete.
"D'ici à six mois, les Etats-Unis et la Tanzanie, en partenariat avec la Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, commenceront la distribution gratuite de 5,2 millions de moustiquaires", a déclaré M. Bush à la presse à Arusha (nord de la Tanzanie).
"D'ici à six mois, les Etats-Unis et la Tanzanie, en partenariat avec la Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, commenceront la distribution gratuite de 5,2 millions de moustiquaires", a déclaré M. Bush à la presse à Arusha (nord de la Tanzanie).
"C'est une des technologies les plus simples mais c'est aussi l'une des plus efficaces", pour combattre le paludisme, a-t-il estimé après une visite à l'hôpital du district de Meru, près d'Arusha.
Arusha, camp de base des touristes qui se lancent à l'ascension du Kilimandjaro, est connue pour abriter le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) chargé de juger les responsables du génocide Rwandais de 1994, une étape qui ne figure pas au programme de M. Bush.
Car la petite ville tranquille abrite également une usine unique en son genre en Afrique qui fabrique des moustiquaires nouvelle génération, naturellement imprégnées d'un répulsif antimoustique. Une aubaine pour un président très engagé dans la lutte contre la malaria, sujet de consensus par excellence.
"Chaque mort due à la malaria est inacceptable", a affirmé M. Bush à l'hôpital peu avant de visiter l'usine A to Z Textile Mills.
Les 10 millions de moustiquaires qui y sont fabriquées chaque année sont efficaces cinq ans, plus fiables et économiques que les moustiquaires conventionnelles, devant être régulièrement trempées dans de l'insecticide.
La malaria, provoquée par un parasite transporté par les moustiques, demeure la première cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans sur le continent.
En Tanzanie, un programme subventionné permet au femmes enceintes d'acquérir ces moustiquaires à bas prix. Lors de leur consultation prénatale, les futures mamans se voient délivrer un bon d'une valeur de 3.250 shillings (environ 3 dollars) qu'elles échangent dans des points de vente agréés contre une moustiquaire, moyennant une participation de 2.000 shillings.
Selon l'infirmière en chef de l'hôpital du Centre international de conférence d'Arusha, Josephine Makele, le système est au point et a permis une diminution conséquente d'une nombre de décès de nourrissons atteints de malaria. Mais les 2.000 shillings demandés restent trop élevés pour nombre de Tanzaniennes.
"Vous leur donnez le chèque et elles partent chez le détaillant et puis elles reviennent me voir: +ma soeur, s'il te plaît, je ne peux pas acheter la moustiquaire car le prix est trop élevé+", rapporte Mme Makele.
M. Bush doit poursuivre sa tournée au Rwanda mardi, avant de se rendre au Ghana et au Liberia.
Son séjour à Dar es-Salaam et Arusha aura conforté un peu plus sa popularité en Tanzanie, l'un des 15 pays retenus par l'Initiative présidentielle sur le paludisme, un programme de cinq ans d'un montant de 1,2 milliard de dollars lancé en 2005.
"Nous aimons beaucoup le président de l'Amérique. Deux Américains du Nebraska m'aident à financer mes études et quand j'aurai fini, je veux vivre là-bas", explique Sophia, étudiante en comptabilité de 20 ans, résumant un engouement largement partagé des habitants d'Arusha à l'endroit de M. Bush et du rêve américain.
Il s'agit d'un nouveau moteur de recherche consacré à la médecine et à la santé et destiné tant aux professionnels de la santé qu'au grand public. Il utilise la puissance de Google mais favorise les sites médicaux de qualité. Les recherches se font avec des mots-clés français ou anglais. Les rubriques « Comment utiliser Google en médecine » et « Google, moteur de recherche médical ? » présentent les possibilités et limites de l'utilisation de Google pour les questions médicales. Le site moteur-de-recherche-medical.org
29 fevrier 2009
Débuter les antirétroviraux chez des patients peu immunodéprimés (CD4+ > 350/mm3) s´accompagne d´une incidence d´événements secondaires (anémie, insuffisance rénale, neuropathie périphérique) plus faible
Bien que de récentes données principalement issues d´études de cohorte supportent le fait qu´initier les antirétroviraux à partir d´un taux de CD4 + supérieur à 500/mm3 réduise de façon significative le risque de décès et d´évolution ultérieure vers le sida, toutes les recommandations internationales prônent une introduction des traitements à partir 350 CD4+/mm3. Ces recommandations se basent sur des études anciennes, menées avec les antirétroviraux dits de première génération, responsables d´un taux élevé d´effets secondaires toxiques. Les nouveaux antirétroviraux présentent a priori un profil de tolérance beaucoup plus favorable qui pourraient laisser envisager une utilisation plus précoce au cours de la maladie. D´après les résultats de l´étude de cohorte présentée par l´équipe de KA Lichstenstein (cohorte Américaine multicentrique HOPS), qui incluait 2 165 patients suivis pendant plus de 3 ans, les incidences de l´anémie, de l´insuffisance rénale et de la neuropathie périphérique décroissaient en effet selon le niveau de lymphocytes CD4+ à l´introduction des antirétroviraux. Par exemple, en ce qui concernait l´anémie et la neuropathie périphérique, les incidences étaient moins élevées chez les patients présentant plus de 350 CD4+ par rapport à ceux débutant un traitement avec moins de 200 CD4+. Pour l´insuffisance rénale, le seuil discriminant était à 200 CD4+. Dans tous les cas, ces incidences diminuaient de façon importante après 6 mois de traitement pour devenir très faible les années suivantes. Ces résultats sont restés valables après ajustement sur les antirétroviraux les plus pourvoyeurs de ces effets secondaires (zidovudine pour l´anémie, stavudine et didanosine pour la neuropathie, indinavir et ténofovir pour l´insuffisance rénale). L´un des freins majeurs à une utilisation plus précoce des antirétroviraux semble donc pouvoir être levé, sous réserve que d´autres effets secondaires liés aux nouveaux antirétroviraux et non étudiés ici ne présentent pas une incidence plus élevée avec le temps.
Lichstenstein KA, Armon C, Buchacz K, Chmiel JS, Moorman AC, Wood KC, Holmberg SD, Brooks JT. And the HIV Outpatient Study (HOPS) Investigators. J Acquir Immune Defic Syndr 2008 ; 47 : 27–35.
Rwanda: Les rwandais participent de plus en plus aux programmes de santé
Une étude réalisée par l'institut de statistiques, en collaboration avec le Ministère de la Santé, a révélé que, depuis l'année 2001, la participation des citoyens rwandais aux programmes de santé a augmenté.
En 2001, le nombre de citoyens ayant eu recours aux institutions de santé s'élevait à 24,7%, avant d'atteindre 39,0 % en 2004, alors qu'au cours de l'année 2005, il a vu une croissance significative, atteignant le chiffre de 46,8%, selon les chiffre publier par le Bulletin d'Information du Ministère de la Santé.
A la fin de l'année 2006, le nombre de personnes ayant eu recours aux centres de santé et aux hôpitaux, au moins une fois au cours de l'année, a atteint 60% de la population totale du Rwanda. Cette croissance a été particulièrement due à la participation aux programmes des mutuelles de santé ainsi qu'à l'augmentation des salaires des employés du secteur de la santé, sur base de l'établissement des contrats de performance dans diverses institutions de santé du pays.
Bien qu'il soit évident qu'au cours de l'année 2006 les rwandais ont été nombreux à adhérer aux mutuelles de santé, le gouvernement rwandais a dû pourvoir au paiement des cotisations de 803.500 personnes qui n'ont pu adhérer à une mutuelle de santé faute de moyens.
Dépistage volontaire du virus du SIDA
A la fin de l'année 2006, 256 centres de santé de tout le pays ont procédé à des dépistages volontaires du virus du SIDA (VCT). Le nombre de ces centres a augmenté depuis 2003. Entre 2003 et 2006, il y a eu 1.643.610 de personnes qui ont procédé à un dépistage volontaire du SIDA dans les centres de santé, la majorité d'entre elles étant des femmes.
La planification familiale
Le taux de rwandais ayant recours au planning familial a évolué de 4% en 2004 pour atteindre 10,3% en 2006. Actuellement, les méthodes modernes de contraception sont disponibles dans 359 centres de santé du pays, ce qui correspond à 80% de l'ensemble des centres de santé.
Accouchements assistés
Le Rwanda est confronté à une hausse mortalité maternelle évaluée à 750 décès pour 100.000 naissances vivantes. L'une des stratégies de réduction de cette mortalité maternelle très élevée est l'incitation des Mères enceintes à accoucher dans des formations sanitaires où elles peuvent avoir assistance d'une personne formée et au besoin être évacuée à un échelon supérieur pour y subir une césarienne ou une autre manouvre obstétricale appropriée. Grâce à cette sensibilisation, le taux des femmes qui accouchent sous assistance médicale est également en croissance, allant de 62.552 en 2001 à 181.622 en 2006, soit trois fois plus. Maladies dues aux Parasitoses intestinaux parmi les enfants.
Les maladies dues aux vers (Ascaris, Anchilosthoma, Trichuris) sont souvent source d'anémie ferriprive chez les enfants. Ces maladies provoquent régulièrement des problèmes d'incapacité sur le plan scolaire, des difficultés sur le plan des capacités de coordination ainsi qu'un ralentissement du développement moteur du langage, tout cela étant source de difficultés scolaire pour l'enfant.
Dans le cadre de la lutte contre ces maladies, le gouvernement rwandais a mis en place un programme de distribution de comprimés vermifuges destinés aux enfants de moins de cinq ans ainsi qu'aux femmes ayant accouché depuis moins de six semaines. Deux années seulement après le début de ce programme, les résultats se font déjà sentir. (FIN)
Rwanda: La circoncision, une nouvelle arme contre le VIH, mais avec ses limites
Inter press service 19 février (Johannesburg ).
Le gouvernement rwandais a lancé, au début de ce mois, une campagne de circoncision masculine dans le pays, dont l'objectif est de contribuer à la lutte contre la propagation du VIH au Rwanda, mais les spécialistes craignent que des gens circoncis se considèrent à tort comme totalement protégés contre le virus.
Dans la salle d'attente de chirurgie au Centre hospitalier universitaire de Butare, dans le sud du Rwanda, plusieurs files d'attentes sont observées tous les jeudis, où diverses catégories de personnes, en grande majorité des adolescents, attendent leur tour chez un médecin pour se faire circoncire.
Yvonne Umubyeyi, une mère, qui a amené son fils de deux ans à l'hôpital pour une consultation de circoncision, estime que cette opération est un outil indispensable pour l'hygiène, mais ne croit pas que cette pratique chirurgicale constitue réellement un antidote pour la contamination au VIH.
"L'intention n'est pas de protéger mon fils contre le SIDA dans l'avenir, mais c'est la seule chance pour les plus jeunes de se faire circoncire, car à l'âge adulte, l'opération devient parfois douloureuse", explique-t-elle à IPS.
La circoncision masculine est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire le prépuce qui est un repli de la peau couvrant une partie du corps de l'organe génital chez les hommes, selon des spécialistes.
Face à l'inefficacité ou à l'insuffisance des moyens utilisés pour lutter contre la propagation du VIH/SIDA, le gouvernement rwandais a pris, cette année, la décision d'imposer la circoncision pour limiter les risques de contamination de la pandémie dont le taux d'infection est passé de 3 pour cent à 3,6 pour cent au cours des 12 derniers mois dans ce pays des Grands Lacs, selon des statistiques officielles.
"Cette situation de séroprévalence dans le pays nous interpelle. Nous allons sensibiliser tous les citoyens rwandais à se joindre volontairement à cette campagne", déclare Dr Innocent Nyaruhirira, secrétaire d'Etat rwandais chargé de la lutte contre le SIDA et d'autres pandémies. "La pratique de la circoncision diminue légèrement le risque de cancer et d'autres infections de l'organe génital plus tard dans la vie chez l'homme", ajoute-t-il.
"Le tissu du prépuce, qui est enlevé lors de cette opération, contient des cellules cibles du VIH, en particulier les CD4 et les cellules de Langherans, très facilement accessibles au virus", explique Dr Nyaruhirira à IPS.
La circoncision n'étant pas dans les moeurs de la société rwandaise à grande majorité chrétienne -- plus de 80 pour cent de la population --, les autorités veulent imposer cette pratique comme un autre moyen de contrer la propagation du VIH, souligne-t-il.
Au Rwanda, les parents prenaient ordinairement la décision de faire circoncire leurs nouveau-nés pour des raisons religieuses, sociales ou culturelles, mais Nyaruhirira estime que la circoncision doit être désormais considérée comme un outil de prévention du VIH plutôt que d'être perçue comme un acte qui n'est pas nécessaire d'un point de vue médical.
Une étude réalisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), en 2007 en Ouganda, a abouti aux mêmes conclusions que les précédentes menées au Kenya et en Afrique du Sud en 2006, qui avaient constaté que la circoncision masculine pourrait servir d'instrument dans la lutte contre l'infection au VIH/SIDA.
L'étude réalisée en Afrique du Sud par des chercheurs français portait sur 3.000 hommes sains parmi lesquels 1.500 étaient circoncis. Sur les 1.500 hommes circoncis, 18 ont contracté le virus du SIDA contre 51 infectés pour les 1.500 autres hommes qui ont conservé leur prépuce. Les résultats de l'étude ont été publiés en février 2007.
Les chercheurs affirment que lors de rapports sexuels non protégés, le prépuce qui recouvre le gland peut constituer un réservoir de microbes, de germes et de champignons à cause de la chaleur et de l'humidité qui caractérisent la muqueuse du prépuce. Il peut favoriser par conséquent des maladies sexuellement transmissibles.
L'étude conclut que la circoncision limiterait de 60 à 70 pour cent les risques de contamination. Sa pertinence reste toutefois contestée dans les milieux scientifiques parce que ses conclusions n'expliquent pas les raisons de cette diminution des chances de contracter le VIH/SIDA.
Après le coup de la Saint-Sylvestre par le ministre de la santé sur la prévention contre la tuberculose en empêchant les Rwandais de partager la paille,le verre et autre calebasse,vient le tour de la circoncision. Le ministère rwandais de la santé a des recettes originales. Mais cette fois-ci la mesure risque de faire plutôt des dégâts en provoquant un relâchement en matière de prévention contre le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH). Si la circoncision protégeait contre le virus du SIDA,les pays musulmans seraient épargnés car les hommes y sont systématiquement circoncis. Le prépuce qui recouvre le gland le protège contre toute agression notamment traumatique et ne peut pas constituer un réservoir de microbes si on se lave bien après l'acte sexuel. La contamination peut être facilitée par une blessure même minime sur un gland nu. Le seul moyen de prévention efficace contre le VIH c'est l'usage du préservatif pour les vagabonds sexuels.
A M
Ralentissement des progrès dans la lutte contre la tuberculose
17 MARS 2008, GENÈVE
Le rapport de l’Organisation mondiale de la Santé, Global Tuberculosis Control 2008, publié aujourd’hui, constate que le rythme des progrès pour endiguer l’épidémie de tuberculose a légèrement ralenti en 2006, date des dernières informations disponibles. Ces données établissent un ralentissement de la progression du nombre de cas diagnostiqués. De 2005 à 2006, le nombre des nouveaux cas détectés a augmenté de 3%, alors que de 2001 à 2005, une augmentation de 6% par an était enregistrée.
La raison de ce ralentissement se trouve dans certains programmes nationaux qui progressaient à grand pas au cours des cinq années précédentes et qui n’ont pas pu maintenir ce rythme en 2006. De plus, dans la plupart des pays africains, il n’y a pas eu d’augmentation de la détection des cas par les programmes nationaux. D’autres études ont également montré que de nombreux patients sont soignés dans le privé ou par des organisations non gouvernementales, confessionnelles ou communautaires, échappant ainsi à la détection par les programmes publics.
«Nous sommes entrés dans une nouvelle ère, a estimé le Dr Magaret Chan, Directeur général de l’OMS. Pour progresser, il faut premièrement renforcer les programmes publics. Deuxièmement, nous devons tirer parti au maximum du potentiel des autres prestataires de service. Nous développeront le diagnostic et le traitement de ceux qui en ont besoin en dressant la liste de ces autres prestataires en partenariat avec les programmes nationaux.»
Ce douzième rapport de l’OMS sur la lutte mondiale contre la tuberculose s’appuie sur les données fournies à l’Organisation par 202 pays et territoires. Il y a eu 9,2 millions de nouveaux cas de tuberculose en 2006, dont 700 000 chez des personnes vivant avec le VIH et 500 000 cas de tuberculose à bacilles multirésistants (tuberculose-MR). On estime que la tuberculose a tué 1,5 million de personnes en 2006, auxquelles s’ajoutent 200 000 séropositifs pour le VIH, morts de cette co-infection.
Deux principaux obstacles
Le rapport souligne deux aspects de l’épidémie qui pourraient encore ralentir les progrès. Le premier concerne la tuberculose-MR qui, selon les rapports reçus par l’OMS le mois dernier, atteint les plus hauts niveaux jamais enregistrés. Jusqu’à maintenant cependant, les mesures prises contre cette épidémie n’ont pas été suffisantes. Compte tenu des moyens limités des laboratoires et des services de traitement, les projections des pays indiquent qu’à l’échelle mondiale, seuls 10% des cas de tuberculose-MR pourront être traités en 2008.
L’association mortelle de la tuberculose et du VIH, qui alimente l’épidémie de tuberculose dans de nombreuses parties du monde, notamment en Afrique, constitue la seconde menace pesant sur la poursuite des progrès. Bien que la co-épidémie tuberculose-VIH représente une difficulté majeure, certains pays avancent à grand pas. Près de 700 000 patients atteints de tuberculose ont eu un dépistage du VIH en 2006, contre 22 000 en 2002, un signe de progrès mais encore loin de la cible de 1,6 million, fixée pour 2006 par le Plan mondial Halte à la tuberculose (2006–2015). Les trois pays africains obtenant les taux les plus élevés de dépistage du VIH dans les services de soins de la tuberculose ont été en 2006 le Rwanda (76%), le Malawi (64%) et le Kenya (60%).
«Ce rapport nous informe que nous sommes encore loin d’assurer l’accès universel à des services de qualité de prévention, de diagnostic, de traitement et de soins pour le VIH et la tuberculose, reconnaît le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. Il y a eu manifestement des progrès, mais nous devons tous ensemble adopter une approche commune pour faire reculer le nombre des décès dus à la tuberculose chez les séropositifs pour le VIH.»
Ce rapport montre également des problèmes de financement. Malgré l’accroissement des ressources, notamment en provenance du Fonds mondial et dans certains pays à revenu intermédiaire, les budgets projetés pour la tuberculose n’augmenteront pas dans la plupart des pays les plus affectés par cette maladie. Des données financières complètes ont été fournies pour ce rapport par 90 pays dans lesquels surviennent 91% des cas de tuberculose dans le monde. Pour atteindre les cibles fixées pour 2008 par le Plan mondial Halte à la tuberculose, il manque environ un milliard de dollars pour ces 90 pays.
«Nous espérons collaborer avec tous les partenaires pour aider davantage les pays à atteindre les cibles fixées pour la tuberculose en 2015 et au-delà, déclare le Dr Michel Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Ensemble, nous pouvons redonner l’espoir aux personnes et aux communautés qui ploient sous l’énorme charge de la tuberculose.»
Source: OMS, communiqué de presse
La première carte mondiale des maladies émergentes
Même si de nouveaux vecteurs infectieux continuent d'apparaître partout dans le monde, une étude montre qu'il existe des régions propices à l'apparition de nouveaux microbes.
L'apparition du sida au début des années 1980, du virus Nipah en 1998, du sras en 2003 ou de la grippe aviaire plus récemment a fait des maladies émergentes une problématique majeure de santé publique. Mais ces nouvelles pathologies infectieuses n'ont pour l'instant été étudiées qu'au cas par cas. La première carte mondiale des maladies émergentesest toute récente. Elle a été publiée la semaine dernière dans la revue Nature*.
L'équipe dirigée par Kate Jones, de l'Institut de zoologie de Londres (Royaume-Uni), a décortiqué les données concernant 335 maladies émergentes pour la période allant de 1940 à 2004. Les chercheurs ont pu ainsi montrer que, contrairement à ce que l'on croyait jusque-là, plus de la moitié des vecteurs pathogènes sont des bactéries ou des rickettsies (des parasites présents chez les arthropodes) et que les virus ou prions ne sont à l'origine que d'un quart des maladies, le reste étant constitué par des protozoaires, des vers et des champignons. Ils ont pu confirmer aussi que les maladies émergentes ont connu un pic au cours des années 1980 et que la majorité d'entre elles (60 % en tout) sont des maladies zoonoses, autrement dit sont transmises par les animaux sauvages. Même si la courbe cesse de grimper aujourd'hui, elles ont quasiment quadruplé durant ces cinquante dernières années. Ce pic serait dû, selon les auteurs, à l'apparition du sida, qui a frappé et fragilisé un grand nombre de personnes.
Deux grands milieux favorables
Kate Jones et son équipe ont également cerné les régions à risque. En étudiant de près les conditions sociales, géographiques, climatiques et écologiques dans lesquelles elles ont brutalement émergé, ils ont pu distinguer deux grands milieux favorables à l'émergence de nouveaux pathogènes pour l'homme. D'une part, les pays tropicaux en développement où une forte pression démographique amène les hommes à côtoyer une faune sauvage très riche et diversifiée. Les zones les plus à risque sont à cet égard l'Asie du Sud-Est dans sa totalité, le sous-continent indien, le delta du Niger et la région des Grands Lacs en Afrique. Dans ces régions, les chercheurs appellent à la mise en place de politiques de conservation efficaces qui permettent de protéger les milieux naturels des incursions de l'homme.
L'autre grand foyer est constitué par les pays riches où l'utilisation massive des antibiotiques a favorisé l'apparition de souches bactériennes résistantes, le plus connu étant le staphylocoque doré, résistant à la vancomycine. Mais ce phénomène touche aussi les pays du Sud où le virus du paludisme a, lui aussi, développé des résistances à la chloroquine. Quelque 20 % des maladies émergentes ont pour origine des résistances aux traitements, ont calculé les chercheurs.
«Toutes ces informations montrent qu'il faut dès maintenant cibler la surveillance contre les maladies infectieuses, souligne Mark Woolhouse, de l'université d'Édimbourg (Royaume-Uni), dans son commentaire de l'étude. Les bénéfices ne seraient pas seulement ressentis localement. Avec la globalisation, les maladies émergentes sont l'affaire de tous.»
Rwanda: La crise de l'insuline rapide en voie d'être résolue
Après une rupture d'insuline rapide constatée en ce mois d'avril dans toutes les pharmacies publiques et privées du Rwanda, et qui a été l'objet d'une profonde inquiétude chez les patients atteints de diabète estimés à 6,8% de la population rwandaise, les institutions en charge de cette question rassure le public.
Dans un entretien accordé à ARI, le Directeur Général de la Camerwa (Centrale d'Achat des Médicaments du Rwanda), l'Ambassadeur Zéphyrin Mutanguha, rassure les patients et les hôpitaux que l'insuline rapide sera bientôt disponible dans les dépôts de la Camerwa à partir de vendredi 25 avril 2005.
« Le problème qui s'est posé est que la fournisseur qui est une société pharmaceutique belge « Ibis Pharmaceutica » qui a gagné le marché après un appel d'offre international, et qui devait nous livrer cette insuline rapide, a accusé un léger retard dans la fourniture de ce médicament », a répondu à ARI l'Ambassadeur Zéphyrin Mutanguha.
Et d'ajouter : « Au cours de cette semaine même, le fournisseur nous a confirmé qu'il nous expédiera - puisqu'il doit l'envoyer par l'avion - le médicament dans la semaine qui suit ».
« Le problème est le fournisseur qui a traîné à exiger de nous le bon de commande. Aujourd'hui, le 18 avril, le bon de commande a été signé et sera envoyé. Et vendredi prochain, le 25 avril, l'insuline rapide sera disponible dans les dépôts de la Camerwa », a encore dit le Directeur Général de la Camerwa.
Mutanguha a tenu ces propres suite à une lettre que lui a adressée François Gishoma, Président de l'Association Rwandaise des Diabétiques (ARD), et dont copie a été transmise au Ministre de la Santé.
Dans cette lettre datée du 14 avril, François Gishoma rappelle qu'il s'est entretenu le 02 avril 2008 avec les agents de la Camerwa chargés de la commande d'insuline. Il leur a exprimé sa profonde préoccupation face à l'absence d'insuline à la Camerwa et dans le pays, surtout qu'il s'agit d'une carence qui se prolonge jusqu'en mi-avril.
A cette inquiétude, toujours selon cette lettre, s'ajoute le fait que les seringues que la Camerwa envoie dans les centres de santé, hôpitaux et pharmacies privées ne sont pas bien adaptées aux patients tel que cela a été remarqué dans un entretien tenu entre Gishoma et les agents de la Camerwa.
Le Président de l'ARD conclue la lettre en pointant du doigt les graves conséquences et même des morts qui seront enregistrées chez des personnes atteintes de diabète.
Il demande enfin aux autorités de la Camerwa de mettre en place un accès rapide à l'insuline dans le pays. Et aussi de disponibiliser de bonnes seringues pour les diabétiques afin d'éviter que ces malades ne soient pas continuellement exposés.
Après réception de cette lettre, selon le Directeur Général de la Camerwa, les responsables de cette institution se sont réunis pour se pencher sur les questions que soulève cette correspondance.
Pour plus de détails, ARI s'est adressée à Eric Nyirigira, chargé du Dépôt pharmaceutique à la Camerwa, et qui a une longue expérience dans cette profession.
Eric Nyirigira a reconnu qu'effectivement le manque d'insuline rapide et des seringues non adaptées est un problème grave.
« Maintenant, nous avons l'insuline lente. Ce qui nous manque, c'est l'insuline rapide. C'est un médicament de première nécessité qui doit toujours être disponible dans le pays. Nous en sommes conscients à la Camerwa », a-t-il précisé.
Le chargé du Dépôt pharmaceutique pense que ce médicament d'insuline rapide sera parvenu au Rwanda dans une semaine. Il viendra par l'avion SN Brussels, puisque le fournisseur est belge. Le dédouanement prendra deux jours. Et à partir de vendredi le 25 avril, l'insuline rapide sera dans les stocks de la Camerwa. « Tandis que l'insuline lente, elle, n'a jamais manqué dans nos stocks », a-t-il pris soin de souligner.
« Ce que je peux ajouter à propos du problème soulevé par l'Association Rwandaise des Diabétiques (ARD), c'est qu'à la Camerwa, il nous arrive d'éprouver des difficultés. Ce que l'on doit savoir, c'est que l'ARD comme association n'était pas partenaire de la Camerwa, ne travaillait pas dans le cadre de la Camerwa. ARD devait avoir un autre canal pour s'approvisionner en médicaments. De sorte qu'elle ne travaillait pas avec nous. Le Président de l'ARD l'a même confié aux cadres de la Direction commerciale de la Camerwa », a-t-il expliqué :
La pénurie risque fort de se prolonger car l'insuline rapide n'est plus fabriquée dans les pays dévéloppés.Elle est remplacée par l'insuline ultra-rapide appelée analogue rapide de l'insuline plus efficace mais qui coûte beaucoup plus cher.Les laboratoires sont entrain d'écouler leur stock avant d'annoncer officiellement l'arrêt de la fabrication des insulines rapides.
Evolution du profil lipidique des patients infectés par le VIH et traités par antirétroviraux en Ouganda
Les dyslipidémies sont un des effets secondaires des antirétroviraux bien décrits chez les patients des pays développés, avec une augmentation du risque cardio-vasculaire possiblement attribuable aux traitements. Grâce à l´accès de plus en plus large aux antirétroviraux dans les pays du Sud, une telle toxicité est à craindre dans les années à venir, même si à ce jour, le gain en espérance de vie surpasse de beaucoup le risque cardio-vasculaire. Afin de quantifier le risque de dyslipidémie suite à l´instauration des traitements, une équipe basée en Ouganda s´est intéressée à l´évolution des paramètres lipidiques de 374 patients traités par analogues non nucléosidiques et suivis pendant 2 ans. Ces patients étaient très immunodéprimés lors de la mise sous traitement (médiane des CD4+ = 124/mm3). Après 24 mois de traitement, le taux de CD4+ avait augmenté à 384/mm3. Les concentrations de lipides avaient elles aussi augmenté (+23% pour le cholestérol total, =51% pour le LDL, + 61% pour le HDL), tandis que le taux de triglycérides est resté stable. Cependant, ces augmentations n´ont conduit à la présence d´hyperlipidémies à risque d´évènements cardio-vasculaires que pour un nombre restreint de patients : 5% présentaient un taux de LDL qui aurait nécessité la mise en place d´un traitement hypolipémiant, tandis que le nombre de patients avec un taux de HDL inférieur à 0.9 mmol/l était diminué par deux au bout de deux ans. Le taux de triglycérides est quant à lui resté stable (20% des patients en moyenne avaient un taux supérieur à 1.5g/l). Ces résultats sont tout à fait rassurants pour la tolérance lipidique à moyen terme des antirétroviraux dans les populations des pays du Sud, mais il y avait peu de raisons de penser que ces données soient très différentes de ce qui a été montré dans les pays développés.
Buchacz K, Weidle PJ, Moore D, Were W, Mermin J, Downing R, Kigozi A, Borkowf CB, Ndazima V, Brooks JT. J Acquir Immune Defic Syndr 2008;47:304–311.
Effets des inhibiteurs de la protéase du VIH-1 sur la réplication et la résistance du VIH-2
Menendes-Arias L, Tozser J. Trends in Pharmacol Sci 2008, 29 (1) : 42-9.
Toutes les molécules antirétrovirales sont spécifiquement développées pour traiter le VIH-1 groupe M sous-type B qui est la souche circulant le plus fréquemment dans les pays développés. Cependant le traitement des patients infectés par des souches plus rares, et en particulier ceux infectés par le VIH-2 représente un vrai challenge thérapeutique, à cause de l´inefficacité de certaines molécules, par exemple des analogues non nucléosidiques de la transcriptase inverse qui représentent l´un des piliers de la thérapeutique antiVIH, voire de l´efficacité moindre de certaines antiprotéases (amprénavir entre autres). Les auteurs de cette revue générale se sont intéressés aux nouvelles antiprotéases qui montrent une efficacité élevée sur le VIH-1 mais qui ont été peu évaluées sur des souches VIH-2. L´affinité très sélective des nouvelles molécules telles que l´atazanavir, le tipranavir ou le daurnavir, pour l´antirpotéase du VIH-1 laisse préfigurer une moindre bonne affinité avec la protéase du VIH-2. Ceci a été confirmé par plusieurs études sur de petits effectifs, qui rapportent une résistance à l´atazanavir et au tipranavir, tandis que le lopinavir et le darunavir resteraient pleinement efficaces. Il semblerait par ailleurs que les mécanismes de résistance acquise à ces molécules ne soient pas les mêmes ceux connus pour le VIH-1, avec des substitutions d´acides aminés différents, qui rendent l´établissement des génotypes de résistances beaucoup plus compliqués.
Une étude réalisée par des chercheurs de Clermont-Ferrand révèle que les tomates soumises aux ondes d'un téléphone portable secrètent une molécule de stress.Ceci accrédite l'idée que les ondes électromagnétiques ne sont pas neutres.
09/02/2008
Les téléphones portables sont-ils nocifs pour la santé ? Si de nombreuses études tendent à le prouver, des chercheurs de l'université de Clermont-Ferrand viennent de révéler que les ondes électromagnétiques des téléphones portables avaient pour effet de provoquer la sécrétion d'une molécule de stress chez les tomates qui y seraient exposées. Selon le professeur Gérard Ledoigt, responsable de l'équipe de recherche, cité dans Le Parisien, le téléphone portable "perturbe l'organisme de la plante en faisant apparaître chez elle des molécules qui n'apparaissent que lorsqu'elle est blessée ou abîmée, ce qui ne peut pas être bon".
Pour mener à bien leur expérience, les chercheurs ont ainsi émis des ondes électromagnétiques dont la fréquence est semblable à celle émise par les téléphones portables. Des plants de tomates ont ensuite été exposés à ces ondes pendant une dizaine de minutes. C'est à ce moment-là que les chercheurs ont découvert la molécule de stress sécrétée. "A présent, nous allons vérifier l'effet du mobile sur des cellules souches humaines de peau", a ajouté Gérard Ledoigt.
De son côté, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot estime dans une interview au Parisien qu'"il n'existe aujourd'hui aucune preuve scientifique de la dangerosité du téléphone portable". Pour autant ajoute-t-elle, "le risque ne peut être exclu. C'est la raison pour laquelle il faut utiliser le mobile d'une manière raisonnable".
Eviter de porter le mobile près du coeur
Eviter de téléphoner dans des ascenseurs ou autres endroits clos étroits
Eviter de porter le téléphone près des testicules car risque de trouble de la spermatogenèse avec risque d'infertilité
Eviter de poser le portable à côté des bébés
Eviter de rester accroché à son téléphone longtemps car risque d'atteinte du nerf optique
Eteindre votre mobile quand vous n'en avez pas besoin par exemple la nuit
Tumeurs : "risque accru" chez les accros du portable
Selon plusieurs études, l'utilisation prolongée du téléphone mobile est associée à un risque accru de tumeurs cérébrales et acoustiques.L'association Priartem appelle à l'adoption de mesures préventives.
Des chercheurs français ont souligné en septembre dernier "une tendance générale à un accroissement du risque de gliomes [tumeurs cérébrales, NDLR] au sein du groupe des gros utilisateurs [de téléphones mobiles]: utilisateurs de longue date, utilisateurs intensifs et utilisateurs du plus grand nombre de portables" .
Leurs travaux, publiés en septembre dernier dans la Revue d'épidémiologie et de santé publique, s'inscrivent dans le cadre d'Interphone, le programme sur les risques liés à l'utilisation du téléphone mobile que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé en 2000. Surtout, ils confortent les résultats de plusieurs études suédoises, notamment celle publiée en mars 2007(1) qu'évoquait Le Monde dans son édition de samedi dernier. A savoir que l'usage d'un téléphone mobile pendant dix ans et plus entraîne un "risque accru" de développer des tumeurs cérébrales (gliome) et acoustiques (neurome ou névrome).
Effets génotoxiques
Difficile pour le citoyen de faire la part des choses entre les différentes enquêtes aux résultats souvent contradictoires. Ou plus exactement, apparemment contradictoires, comme le souligne à LCI.fr Jeanine Le Calvez, présidente de l'association Priartem
(2). "Les études suédoises montrent que l'exposition aux champs magnétiques [de la téléphonie mobile] a des effets significatifs sur la santé au bout de dix ans, explique-t-elle. Beaucoup d'autres études portent sur des panels de patients qui n'utilisent pas de portable depuis dix ans. Or, ces pathologies ne se révèlent pas du jour au lendemain."
Au-delà de ces enquêtes épidémiologiques, qui s'intéressent aux statistiques des cas de cancer dans une population donnée, des recherches sont également menées en laboratoire. Résultat : "Des expositions à des valeurs de champs électromagnétiques pourtant en dessous des normes actuelles ont des effets sur les gènes et l'ADN", pointe Jeanine Le Calvez. Selon elle, les normes ont été fixées pour prendre en compte les seuls effets thermiques, c'est-à-dire l'échauffement des cellules, ce qui n'est pas suffisant. "Ces normes ont été adoptées pour ne jamais être atteintes, dénonce-t-elle. Ce qui permet aux opérateurs de téléphonie d'installer leurs antennes où ils le veulent."
"Comme pour le tabac"
L'association Priartem milite donc pour "réduire les normes au niveau des téléphones portables et de l'exposition chronique des riverains d'antennes-relais". Des antennes moins puissantes, cela signifie-t-il davantage d'antennes ? La présidente de l'association "n'en sait rien" mais elle estime que "les téléphones mobiles peuvent très bien fonctionner avec des antennes-relais moins puissantes", "cela suppose juste un aménagement de la configuration du réseau".
Priartem appelle par ailleurs à lancer "une grande campagne d'information, comme pour le tabac, en évoquant les risques de la téléphonie active et de l'exposition passive". "On vante les portables au détriment des téléphones fixes", regrette Jeanine Le Calvez, présentant le portable comme "un outil utile en complément du fixe". "Il faut promouvoir une autre utilisation du portable", martèle-t-elle. Et de prévenir qu'il ne s'agit pas d'interdire les téléphones mobiles mais d'en permettre le développement en assurant à chacun le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. Un principe inscrit dans la Charte de l'environnement, désormais partie intégrante de la Constitution française.
(1) Revue Occupational and environmental medecine (2) Pour une réglementation des implantations d'antennes relais de téléphonie mobile (Priartem)
L´Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de publier un guide à destination des pays en développement confrontés à une épidémie de sida. Ce document, mis en ligne (en anglais) sur le site de l´OMS (http://www.who.int/hiv/pub/priority_interventions_web.pdf) dispense notamment des conseils sur la prévention et sur la distribution de préservatifs. Il établit également une liste des moyens de dépister le VIH.
Selon le Dr Kevin de Cock, dirdcteur du département sida/VIH de l´OMS, « ce document répond à un besoin existant depuis longtemps ».
Le guide sera mis à jour régulièrement, au gré des progrès scientifiques.
Des tests de dépistage rapides du sida sont organisés à Paris, Montpellier, Lille et Bordeaux, selon l’Agence nationale de recherches sur le Sida (ANRS).
Une approche communautaire du dépistage
L’étude ANRS Com’ Test, coordonnée par le Pr Yazdan Yazdanpanah (Centre hospitalier de Tourcoing) et Jean-Marie Le Gall (Aides) vise à évaluer la faisabilité d’une offre de dépistage communautaire non médicalisée par un test rapide auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Auprès de cette population fortement exposée au VIH, ce type d’offre de proximité est en effet susceptible d’accroître la fréquence du dépistage, tout en permettant un conseil approfondi et plus adapté en matière de prévention. Le dépistage est réalisé par des acteurs associatifs, spécialement formés à cette pratique, dans les locaux de l’association Aides. D’une durée de 24 mois, l’étude ANRS Com’ Test débute actuellement dans les locaux de l’association Aides à Montpellier. Elle sera ensuite mise en œuvre à Lille et Paris.
« Les membres de l’association savent ce que c’est que de vivre avec la prise de risque, explique Bruno Spire, président de Aides (et Inserm U912, Marseille). Nous pensons que le counselling proposé par les associations peut être plus pertinent. Par ailleurs, une offre communautaire de dépistage vise à favoriser la répétition du test pour des personnes qui prennent des risques répétés mais qui n’osent pas se faire dépister par crainte d’être jugées. D’un point de vue de santé publique, cela peut avoir un bénéfice car on sait que les personnes qui connaissent leur statut sérologique font plus attention. Par ailleurs un dépistage répété doit permettre de réduire le délai entre la contamination et le diagnostic, sachant que les semaines qui suivent la contamination (primo-infection) sont celles où le risque de transmission est le plus élevé. »
Une autre recherche interventionnelle, appelée ANRS DRAG (Investigatrice principale : Chantal Vernay-Vaisse, CDAG Marseille) est en cours d’évaluation au sein de l’ANRS. Elle a été élaborée sur la base des résultats positifs d’une étude de faisabilité financée par l’agence. Cette étude a pour objectif de comparer l’approche communautaire de dépistage par un test rapide auprès des homosexuels masculins avec le dépistage réalisé en CDAG. Elle permettra, si elle est retenue par les instances d’évaluation de l’ANRS, d’établir une comparaison de ces deux offres de dépistage, notamment en termes d’attractivité, de satisfaction et d’efficacité préventive.
Le dépistage par test rapide dans les urgences hospitalières
Compte tenu de leur nombre de consultants et de la diversité des populations que ces derniers représentent, les services des urgences des hôpitaux apparaissent être un lieu où la proposition systématique d’un dépistage du VIH est susceptible d’augmenter le nombre de patients dépistés séropositifs et de diminuer la prise en charge tardive de l’infection par le VIH, en particulier dans une région à forte prévalence telle que l’Ile-de-France. « Nous pensons que les urgences peuvent capter, par une proposition systématique de dépistage, des personnes qui ne font pas spontanément de demandes de tests ou qui échappent aux pratiques professionnelles classiques. Il pourrait ainsi être possible d’élargir l’accès au dépistage au sein de la population générale », explique ainsi France Lert.
Deux projets de l’ANRS visent à tester ce type de dépistage dans des services d’urgence. Dans les deux cas, une information par voie d’affiches est délivrée concernant la réalisation systématique d’un test lors de la consultation, les personnes ayant la possibilité de refuser le dépistage. La procédure repose sur un test rapide à partir d’un prélèvement de sang effectué au doigt, permettant ainsi de rendre le résultat à la personne sans qu’elle n’ait besoin de revenir dans le service et, en cas de résultat positif du test, de lui proposer une prise en charge immédiate.
Coordonné par le Pr Anne-Claude Crémieux (Hôpital Raymond-Poincaré, Garches), le premier projet vise à évaluer l’efficacité de ce mode d’intervention pour dépister et diagnostiquer de nouveaux cas d’infection par le VIH parmi les consultants testés, et l’accès effectif aux soins spécialisés. Les caractéristiques de la population acceptant le dépistage seront comparées avec les données de référence en population générale, et celles des personnes nouvellement diagnostiquées aux nouveaux cas d’infection arrivant dans les services VIH. L’acceptabilité d’un tel dépistage auprès des consultants fera également l’objet d’une évaluation. Une étude de coût-efficacité sera menée en parallèle. Prévue pour être réalisée dans une trentaine de services d’urgence franciliens, auprès de 12000 consultants et sur une période de six semaines, cette étude devrait commencer au début de l’année 2009, les autorisations réglementaires étant attendues dans les prochaines semaines.
Coordonnée par le Pr Enrique Casalino (Hôpital Bichat-Claude Bernard, Paris), la seconde étude présente des modalités de réalisation similaires, avec la mise en place d’un dépistage systématiquement proposé dans six services d’urgence de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Son objectif principal est complémentaire de celui du premier projet. Il consiste en effet à évaluer en premier lieu la faisabilité d’une telle approche de dépistage et son retentissement sur le fonctionnement des services d’urgence. D’une durée de douze mois, cette étude prévoit de réaliser un dépistage auprès de 30000 à 50000 consultants. Elle devrait démarrer dans le courant de l’année 2009, une fois les autorisations réglementaires obtenues. Les projets ANRS Com’ Test et dépistage rapide dans les urgences hospitalières bénéficient d’un soutien financier du Ministère de la Santé.
Parallèlement à ces projets de recherche interventionnelle, le groupe dépistage coordonne la mise en place de recherches observationnelles destinées à explorer et comprendre les logiques actuelles d’utilisation des tests dans le cadre du dispositif existant :
Une enquête menée par Tim Greacen et le Dr Serge Hefez (Etablissement public de santé Maison Blanche, Paris) vise à évaluer les opinions et le niveau de connaissance et d’utilisation des « tests à domicile » achetés sur internet parmi les homosexuels masculins. Il s’agit notamment de savoir comment ces autotests (non officiellement autorisés en France) sont utilisés dans cette population. Cette enquête est prévue pour débuter au début de l’année 2009.
Une recherche, coordonnée par le Pr Yazdan Yazdanpanah, s’intéresse aux patients nouvellement diagnostiqués et se présentant pour la première fois dans un service VIH. L’objectif est notamment d’évaluer les opportunités manquées de diagnostic et de déterminer les facteurs associés à celles-ci. Il s’avère en effet que les personnes diagnostiquées à un stade avancé de l’infection ont généralement eu des contacts antérieurs avec le système de soins. Cette étude permettra de mieux comprendre pourquoi un test ne leur a pas été proposé à ces occasions et d’identifier les obstacles au dépistage qui se sont présentés.
Une étude, menée par Véronique Massari, Pierre Chauvin et Annabelle Lapostolle (Inserm U707, Paris) va être réalisée à partir de la fin de cette année 2008 au sein de la cohorte SIRS (Santé, Inégalités et Ruptures Sociales) auprès de 3000 ménages de l’agglomération parisienne. Le but est d’explorer les déterminants des inégalités sociales vis-à-vis des pratiques de dépistage, en particulier les difficultés géographiques d’accès aux structures de dépistage.
Enfin, l’étude ANRS Prévagay a pour objectif d’évaluer la prévalence du VIH auprès des homosexuels masculins fréquentant des lieux de rencontre commerciaux franciliens. Réalisée par Annie Velter (InVS, Saint-Maurice), cette étude allie un prélèvement biologique sur buvard et un questionnaire sur les comportements sexuels. Elle permettra notamment de mieux appréhender la prévalence réelle de l’infection par le VIH dans cette population (les études antérieures se basaient en effet sur les déclarations des personnes interrogées et non sur la réalisation d’un test de dépistage comme cela sera le cas avec Prévagay). De plus, elle apportera des informations importantes sur la proportion de personnes qui connaissent leur statut sérologique, une question sur laquelle on dispose actuellement uniquement d’estimations. L’étude devrait débuter au début de 2009 après obtention des autorisations.
Source: Marie-Christine Simon - Service Information scientifique et communication ANRS
Santé publique Polonium dans le tabac : les fabricants auraient été avertis il y a 40 ans
Le tabac et la fumée de cigarette contiennent une substance radioactive, le polonium 210. Les fabricants le sauraient depuis 40 ans, mais ne l'ont pas retirée de leurs produits et n'ont pas alerté la population. C'est ce que révèle une équipe de chercheurs américains dans un article qui devrait faire date, publié dans le numéro de septembre de l'American journal of public health.
Menée par Monique Muggli, chercheuse de la Mayo Clinic de Rochester, l'enquête s'est portée sur des documents internes archivés, appartenant à des firmes productrices de tabac. D'après les auteurs, l'industrie du tabac minimiserait l'étendue de ses connaissances sur le polonium 210. Des firmes auraient même supprimé certaines publications reportant des tests effectués en interne, pour éviter d'attirer l'attention du public sur la substance radioactive présente dans les cigarettes. Les scientifiques demandent à ce que les paquets de cigarettes affichent un message informatif sur les dangers de l'exposition à cette substance.
Le polonium est un élément hautement radioactif et toxique qui n'est pas utilisé en médecine. Il s'agit du premier élément radioactif découvert par Pierre et Marie Curie en 1898. La dernière fois que cette substance a été fortement médiatisée, c'était dans l'affaire de l'assassinat de l'ex-agent du KGB Alexander Litvinenko, en 2006. En effet, quelques microgrammes de polonium administrés à une personne suffisent à agir en poison. Selon les scientifiques, inhalé, le polonium serait responsable de cancers du poumon.
Le paludisme et la déshydratation, principaux tueurs d'enfants au Rwanda
Le paludisme et la déshydratation constituent les principales causes de mortalité infantile au Rwanda, avec un taux de 62 décès pour 1.000 naissances vivantes, selon les résultats de la 4ème enquête démographique et de santé (EDS) réalisée cette année par l'Institut national de la statistique du Rwanda (INSR) rendus publics mardi à Kigali.
Dans l'ensemble, le nombre des enfants qui meurent entre la période de naissance et l'âge de 4 ans est de 103 décès pour 1.000 naissances, indique le rapport d'enquête, qui prévient que des soins médicaux rapides, dès la survenue des symptômes de ces maladies, sont cruciaux si l'on doit réellement réduire le nombre de décès d'enfants.
Dans l'ensemble d'un échantillon de 7.377 ménages enquêtés dans ce document, une grande partie des personnes interviewées étaient essentiellement des femmes et hommes en âge de reproduction.
Par ailleurs, le rapport estime à 5,5% l'indice synthétique de fécondité au Rwanda, précisant que le niveau de la fécondité est beaucoup plus élevé parmi les femmes âgées de 25 à 29 ans des zones rurales (5,7) que celles des zones urbaines (4,7).
Comparée une enquête précédente du genre qui a été réalisée en 2005, les résultats de l'EDS 2008 montrent que la proportion de femmes en union utilisant une méthode moderne dont le taux est estimé à 27% est pratiquement 3 fois plus élevé que la proportion observée en 2005 (10%).
Toutefois, l'EDS 2008 déplore l'insuffisance de la couverture antitétanique, une vaccination effectuée durant la grossesse pour prévenir le tétanos qui est la principale cause de décès pour les nouveaux nés au Rwanda, selon la même source.
"Même s'il y a eu augmentation de l'effectif des mères ayant reçu une dose de vaccin à l'état de grossesse (72%) comparée à l'an 2005 (65%), seules 49% des femmes enceintes de moins de 20 ans ont été vaccinées contre le tétanos, alors que la catégorie des mères âgées de 20 à 35 ans représente un taux 75% des femmes vaccinées", souligne le rapport.
"a couverture vaccinale contre le tétanos reste certes faible dans la ville de Kigali (67%) comparée à d'autres provinces de l'intérieur du pays (78%)", selon cette enquête statistique.
Depuis sa création en novembre 2005, l'Institut national de la statistique du Rwanda (INSR) a réalisé plusieurs enquêtes portant notamment sur l'agriculture, les conditions de vie des ménages, la prestation des services médicaux et le rapport sur les indicateurs de développement du pays.
Tollé dans le monde après les propos du Pape Benoit XVI sur les préservatifs
Le pape Benoît XVI en Afrique.
Photo: nouvelobs.com
Dans l'avion qui le conduisait mardi vers le Cameroun pour son premier voyage en Afrique, le Pape Benoît XVI a répondu aux questions des journalistes. L'une d'elles portait sur le réalisme et l'efficacité de la position de l'église catholique en matière de lutte contre le SIDA. Il a répondu en Italien que << la lutte contre le SIDA menée par l'église était plus efficace, plus présente et plus forte, parce que fondée sur deux dimensions, l'humanisation de la vie sexuelle en vue d'une nouvelle façon de se comporter l'un vers l'autre et un engagement important pour soigner les malades. >> Et il a ajouté une phrase qui fait polémique actuellement: << La distribution de préservatifs ne permet pas de dépasser le problème du SIDA, au contraire, elle augmente le problème >>.
Ces propos ont provoqué un tollé dans le monde car l'usage du préservatif est un des moyens efficaces pour lutter contre la propagation du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui fait des ravages en Afrique. 67 % des patients infectés par le VIH dans le monde vivent en Afrique subsaharienne contre 33 % pour le reste du monde. 33 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH (Source ONUSIDA, chiffres de 2007).
Paludisme: 225 millions de dollars pour les traitements des malades des pays en développement
OSLO - Un nouveau programme de lutte contre le paludisme, doté d'au moins 225 millions de dollars, a été lancé vendredi pour fournir à moindre coût des médicaments dans neuf pays de l'Afrique subsaharienne, à Madagascar et au Cambodge.
Ce programme baptisé DMAp (Dispositif pour des médicaments accessibles pour le paludisme, ou AMFm en anglais) va permettre au cours de sa première phase de deux ans de financer les nouveaux traitements pour les malades à hauteur de 225 à 233 millions de dollars.
"Cette initiative sans précédent va permettre de lutter avec efficacité contre le plus grand tueur du monde", le paludisme, qui "fait entre un à trois millions de morts" par an, dont 90% en Afrique subsaharienne, souligne le président d'UNITAID Philippe Douste-Blazy dans un entretien à l'Associated Press. Près de 2.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour du paludisme, et 350 millions de personnes sont infectées par cette maladie transmise par le moustique.
Le DMAp est principalement financé par UNITAID (centrale internationale d'achat de médicaments à prix abordables pour les pays pauvres, alimentée par 27 pays dont la France) à hauteur de 130 millions de dollars et le gouvernement britannique (40 millions de livres (59,3 millions de dollars).
Dans les onze pays sélectionnés pour la première phase (Bénin, Cambodge, Ghana, Kenya, Madagascar, Niger, Rwanda, Sénégal, Tanzanie et Ouganda), le programme permettra d'"augmenter la disponibilité" des nouveaux traitements contre le paludisme, à savoir les thérapies combinées à base d'artémisinine (ACT), plus efficaces que la traditionnelle chloroquine, mais plus chers.
Grâce au DMAp, "on va agir à deux niveaux: faire baisser le prix des ACT par une discussion directe avec les producteurs de médicaments, et offrir une subvention pour les malades", a expliqué M. Douste-Blazy. "Le prix des médicaments -6 à 8 dollars (4,58 à 7,63 euros) pour une crise-va passer à 20 à 50 cents (15 à 38 centimes d'euros), ainsi le coût du médicament ne sera pas plus important que l'ancien" pour le patient.
Des moustiquaires imprégnées d'insecticide vont également être distribuées dans les onze pays concernés.
Ce dispositif va être mis en place à travers les organisations internationales présentes sur le terrain avec lesquelles a été conçu le DMAp, particulièrement le Fonds global de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose, et Roll Back Malaria, qui réunit des institutions publiques et privées comme la Fondation Clinton.
"Le temps où le monde disposait de traitements efficaces contre les maladies infectieuses, tout en laissant mourir des millions de gens qui ne pouvaient se les offrir, est terminé", souligne le ministre norvégien des Affaires étrangères Joans Gahr Store. "En maîtrisant le paludisme, qui coûte des milliards de dollars à l'économie des pays en développement, nous pourrons améliorer la productivité, ouvrir de nouveaux horizons au monde des affaires et au tourisme".
Source: The Associated Press
4 juillet 2009
Rwanda: Les tests de dépistage du VIH et la stérilisation obligatoires des personnes en situation de handicap sont de graves violations des droits humains selon HRW.
Le projet de loi sur la santé reproductive présentée par le parlement rwandais comporte deux propositions qui irritent les organisations de défense des droits de l'homme. Le texte préconise la stérilisation des personnes ayant une déficience mentale et le dépistage obligatoire du VIH/SIDA. L’association américaine des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW) rappelle que la stérilisation systématique et forcée constitue un crime contre l’humanité selon le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Le Rwanda a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées en mai 2008. Dans un pays encore traumatisé par les massacres, le nombre de personnes à stériliser serait très élevé. « Les dispositions dévalorisantes, coercitives ou qui refusent à l'être humain ses droits en matière de santé reproductive doivent être retirées de l'actuel projet de loi », a déclaré Joe Amon, directeur de la Division Santé et droits humains à Human Rights Watch.
Jacques Chirac lance « l´appel de Cotonou » contre les contrefaçons de médicaments
« De toutes les injustices, la plus cruelle est celle qui touche à la santé. Comment tolérer qu´au XXIe siècle, de faux médicaments puissent détruire des vies ? » Cette injonction de l´ancien président Jacques Chirac provient du discours qu´il a prononcé ce matin à Cotonou (Bénin) contre les faux médicaments, en présence du président béninois Thomas Boni Yayi, du président du Burkina Faso Blaise Compaoré et de plusieurs patrons de multinationales. Selon l´OMS, le trafic de faux produits de santé en Afrique représente 10% du marché pharmaceutique mondial et provoque chaque année des centaines de milliers de décès. La Fondation Chirac estime que jusqu´à 70% des produits sont falsifiés, recelant peu de principe actif, voire des substances toxiques. « Les profits tirés par les réseaux criminels impliqués dépasseront bientôt ceux du trafic de drogues », indique le Pr Marc Gentilini au Figaro. « L´appel de Cotonou » marquera le lancement d´une campagne internationale de mobilisation contre la circulation de ces vaccins et médicaments frelatés en Afrique. L´objectif se décline selon trois axes : pallier au manque d´information « pour éveiller les consciences », en formant les pharmaciens d´officine à la sensibilisation des patients, assurer une formation de contrôle de qualité aux techniciens de laboratoire et élaborer un « instrument répressif » pour réglementer la distribution de médicaments.
Sur son site, la Fondation indique qu´il s´agit de la « première étape du processus de demande d´un vote d´une Convention d´interdiction de la production et du commerce de faux médicaments devant les Nations Unies », qu´elle espère voir intervenir d´ici à fin 2010.