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Un vent de fin de règne souffle sur Kigali
Seize personnes ont été blessées au cours de deux attaques simultanées à la grenade à Kigali, la capitale rwandaise. Ces deux attentats ont eu lieu à Kimironko et à Kinamba sur la route menant au Memorial du génocide de Gisozi. Pour la première fois, le gouvernement rwandais accuse deux officiers de l'ancienne rebellion d'être derrière ces attentats qui portent effectivement la marque de l'APR (Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR). Cette fissure au sein de la forteresse FPR aboutira inéluctablement à un changement à la tête du Rwanda.
L'attaque de Kimironko a fait douze blessés dont deux grièvement. Celle de Kinama a fait quatre blessés légers. Il y a quelques jours, d'autres attaques à la grenade ont faits deux morts et plusieurs blessés dont certains grièvement. Le président rwandais a accusé nommément, ses anciens compagnons, le Lt général Faustin Kayumba Nyamwasa et le colonel Patrick Karegeya, de vouloir destabiliser le pays. De son exil en Afrique du Sud, le général Kayumba Nyamwasa a réfuté ses accusations.
Ancien Ambassadeur démissionnaire en Inde, patron de la DMI pendant la guerre et chef d'état-major de l'Armée patriotique rwandaise, le général Kayumba Nyamwasa est très populaire à l'armée malgré sa cure d'éloignement que lui a infligée Paul Kagame. Son ami le colonel Patrick Karegeya ne l'est pas moins. Il est parvenu à redorer son image dans la diaspora rwandaise pour avoir refusé de liquider certains opposants Hutus à la demande du président rwandais. Ses deux officiers accusent le président rwandais d'être un dictateur qui ne veut pas laisser de place à l'opposition. Ils critiquent également les méthodes d'intimidation utilisées dans l'armée pour museler toute dissension.
Dans une conférence de presse tenue à Kigali le 3 mars, le chef de l'Etat rwandais a déclaré que le colonel Patrick Karegeya circule dans les pays limitrophes du Rwanda pour préparer des actes de destabilisation de son pays. "Personne, pas une seule personne, ni même Kayumba, ne peut faire un coup d'Etat ici, a ajouté Paul Kagame.
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25 février 2010
France-Rwanda : le grand rabibochage

Bel exemple de realpolitik ! La rencontre entre les présidents Sarkozy et Kagame permet à la France de reprendre pied au Rwanda et de normaliser ses relations avec un partenaire important.
À Paris comme à Kigali, on ne s'attend pas à des effusions, mais la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Paul Kagame convient à chacun. « Un pays comme le Rwanda ne peut se payer le luxe d'avoir un ennemi qui, à son échelle, est une grande puissance », explique Servilien Sebasoni, conseiller en communication du Front patriotique rwandais (parti présidentiel).
À Kigali, on estime que, depuis 1994, et le génocide (800 000 morts en majorité des Tutsis), la France aurait pu jouer plus positif au sein des instances internationales comme l'Union européenne, le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale. Si l'on ne s'attend guère à ce que Nicolas Sarkozy fasse oeuvre de repentance, on se réjouit toutefois du fait que sa visite mette un point final à l'attitude de ses prédécesseurs, qui considéraient Paul Kagame comme un partenaire infréquentable.
Le Rwanda, un marché
Pour Paris, cette visite consacre d'abord l'espoir d'un coup d'arrêt à la dégradation de son image dans la région. La publication, en novembre 2008, du rapport d'une commission d'enquête rwandaise incriminant le rôle de trente-trois personnalités françaises (dont Dominique de Villepin, alors directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé) durant le génocide de 1994, avait pollué les rapports déjà tendus entre les deux États.
Au Rwanda, petit pays mais à haute valeur symbolique, la France a aussi des positions commerciales à reconquérir. Depuis 1994, Londres (Tony Blair est le conseiller politique de Kagame), Washington et d'autres l'ont devancée en tant que partenaires de ce pays classé par la Banque mondiale comme offrant un excellent environnement des affaires. En fait, le Rwanda est l'État le mieux structuré et le plus stable de la région, la plate-forme pour l'évacuation et la transformation des ressources naturelle du Congo tout proche.
Paris souhaite donc favoriser l'éclosion de projets « communs », notamment dans les domaines de l'énergie, de l'agriculture, de l'exploitation forestière. La décision, l'an dernier, de Paul Kagame et du président congolais Joseph Kabila d'exploiter en commun le gaz méthane du lac Kivu, pour produire de l'électricité, offre également des opportunités aux sociétés françaises.
La lettre Africa Energy Intelligence de Paris suggère que la visite du président Sarkozy pourrait déboucher sur une conférence internationale, à Paris et sur la construction du barrage hydroélectrique de Ruzizi III, en territoire congolais. Une conférence des bailleurs pourrait réunir, en mai ou juin, à Nice cette fois, les États de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (Burundi, Rwanda, Congo-Kinshasa).
François MISSER.
16 février 2010
Sarkozy ridiculise la France en se rendant au Rwanda
Nicolas Sarkozy se rendra au Rwanda le 26 février. Mais pourquoi? Pour Hubert Martin, cette visite ne fera que cautionner un régime dictatorial qui ne cesse de jeter de fausses accusations sur l'implication de la France dans le génocide rwandais.
Il est annoncé que Nicolas Sarkozy doit se rendre en visite officielle au Rwanda le 26 février. Pourquoi au Rwanda ?
Des 53 pays indépendants d’Afrique, l’actuel président, n’en a visité que 14, anciennement liés à la France comme le Sénégal ou particulièrement significatifs comme l’Afrique du Sud ou le Congo-Kinshasa. Neuf pays issus de l’Empire français attendent toujours sa visite. Le Rwanda n’a jamais été une colonie française. Il n’a que 9 millions d’habitants, tassés sur un très petit territoire. Il n’a aucune ressource naturelle et est un des pays les plus pauvres du monde.
Pourquoi donc un tel assaut de prévenances ?
Non content de cracher à jet continu sur la France, Kagamé a décidé de quitter la francophonie pour adhérer au Commonwealth, d’interdire le français et de le remplacer par l’anglais dans l’enseignement primaire et secondaire. Or malgré cela, M.Kagamé a droit au grand jeu : il a eu son « ami » Kouchner, il a eu même Claude Guéant en personne. Et maintenant le président
Fausses accusations contre la France
Serait-il une démocratie exemplaire ? Au contraire, il a un des régimes les plus tyranniques du continent. Il est probablement, avec la Libye et l’Erythrée, un de ceux qui se rapprochent le plus de l’Etat totalitaire. Le pouvoir, détenu par une très étroite minorité suffisamment redoutée pour dissuader tout remous, ne se préoccupe même pas de s’y doter d’une façade démocratique.
Pourquoi un si grand honneur est-il donc fait à un si petit pays ? Parce que le chef de l’Etat, venu au pouvoir en 1994, Paul Kagame, couvre depuis lors la France de boue. Il accuse de complicité de génocide notre armée, qui était intervenue à la fin de la guerre civile dans le cadre de l’opération Turquoise, une opération à caractère humanitaire décidée avec l’aval des Nations-Unies.
Bien entendu, personne de sérieux sur la scène internationale, n’accorde le moindre crédit à cette accusation. Qu’elle trouve encore une oreille complaisante dans certains grands journaux français est une énigme. Que Bernard Kouchner ait reconnu en 2008 que la France avait commis dans ce pays « une faute politique » n’a pu que remplir de colère les militaires français qui y avaient passé des semaines à sauver des vies et évacuer des milliers de cadavres en décomposition.
Le génocide, bien réel, de la communauté des Tutsis à laquelle le président Kagamé appartient (et qui ne représente plus aujourd’hui qu’environ 1 % de la population) est consécutif à l’invasion du pays par ses milices armées et surtout à l’assassinat de l’ancien président hutu dont l’hélicoptère avait été abattu.
Le juge Bruguière, à la demande de la famille des pilotes français morts dans l’attentat, a mis en cause la responsabilité de Kagame et de son entourage, une procédure que le gouvernement français ne saurait interrompre tant qu’il y a des juges d’instruction indépendants et qui a abouti à la rupture des relations diplomatiques.
Les accusations portées contre la France ont été confortées par des commissions entièrement entre les mains du pouvoir rwandais dont la crédibilité est proche de zéro. Elles ont été démenties par les responsables gouvernementaux de l’époque : Balladur, Juppé.
Pourquoi donc un tel assaut de prévenances ? Faut-il se réconcilier à n’importe quel prix avec un pays qui pèse aussi peu ? On n’a au demeurant aucune assurance que la voyage de M.Sarkozy permettra de revenir sur l’interdiction du français, ni même que M.Kagamé cessera d’insulter la France.
Le président français risque même d’exaspérer un peu plus Kagamé, par les familiarités indiscrètes dont il est coutumier. Le chef de l’Etat rwandais a beau être un tyran, il n’en est pas moins un pur produit de l’aristocratie tutsi, avec tout ce que cela suppose de distance et de dignité.
Notre président a certes montré qu’il aimait s’encanailler avec des chefs d’Etat de mauvaise réputation, croyant sans doute jouer à plus malin qu’eux : Kagamé vient après Kadhafi. Il y eut aussi cette étrange complicité avec Chavez,dont le régime est cependant bien plus respectable.
Si M.Sarkozy sait deux sous de géopolitique africaine, que ne visite-t-il pas plutôt Madagascar ? Un jeune président de qualité et francophile, maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, y a été porté au pouvoir par la foule excédée de la corruption de son prédécesseur. L’Union européenne ayant décidé de sanctionner cette irrégularité (alors qu’elle ne fait rien contre des régimes bien pires), ce pays, jadis fleuron de l’Empire colonial français et dont le poids économique et démographique est bien autre que celui du Rwanda, ne reçoit aucune visite.
Pas de visite non plus au Cameroun. Paul Biya n’est sans doute pas un président exemplaire mais, à côté, de Paul Kagame, il apparait comme un humaniste !
Nicolas Sarkozy pourrait visiter le Nigeria, pays le plus peuplé du continent et riche en pétrole. Ou encore l’Ethiopie, empire vieux de 3000 ans, héritier de la plus ancienne civilisation africaine, très pauvre mais peuplé de 70 millions d’âmes. L’Ethiopie n’est pas une ancienne colonie française mais elle est un vieil ami de la France. Le régime y est pro-américain mais pas plus que celui du Rwanda et sans que cela prenne une tournure antifrançaise.
Tony Blair, consultant de Kagamé
S’agit-il de remettre les pieds dans les Grands Lacs ? Mais que ne visite-t-on alors le Burundi, resté proche de nous, l’Ouganda ou la Tanzanie, amis de Kigali mais aux dirigeants autrement respectables ?
Certes le président Kagamé sait y faire : il a Tony Blair comme consultant. Il paye à prix d’or des cabinets londoniens pour poursuivre systématiquement en justice tous ceux qui en Europe s’avisent de critiquer son régime. Il est possible chez nous de dire ce qu’on veut de n’importe quel chef d’Etat dans le monde, y compris du notre, sauf de M.Kagame. On peut soupçonner qu’avec l’argent qu’il soutire à son peuple, il sait encore jouer sur d’autres cordes.
Mais si l’homme n’est pas négligeable, le pays pèse évidemment bien peu. Denis Sassou Nguesso, président du Congo ex-français, ancien marxiste mais devenu un ami de la France se demandait récemment combien de temps Paris tolèrerait sans réagir les impertinences de M.Kagame. Il va être servi.
Rien, absolument rien, sinon l’incompétence, ne saurait justifier cet invraisemblable palinodie qui affaiblira un peu plus et sans aucune contrepartie notre autorité sur le continent et suscitera bien des amertumes de la part des pays historiquement plus proches et plus stratégiques que notre diplomatie délaisse.
Dans un continent où tout se sait et où le sens de la fierté n’est pas un vain mot, comment la France n’apparaîtrait-elle pas profondément ridicule d’effectuer une telle démarche, sous prétexte d’apaisement.
Si le Rwanda bénéficie d’un honneur aussi insigne, comment n’y verrait-il pas la récompense des ses mauvaises manières ? Comment empêcher Kagame de penser, et le reste de l’Afrique avec lui : « Poignez vilain, il vous oindra », la France étant naturellement dans le rôle du vilain ?
5 février 2010
Rwanda: L'opposante Victoire Ingabire attaquée
L’opposante Victoire Ingabire a été attaquée mercredi, à Kigali, la capitale, par plusieurs hommes, qui ont également battu son assistant Joseph Ntawagundi. Mme Ingabire a été blessée et son sac à main et ses papiers ont été volés.
Elle affirme que des membres des services de sécurité présents sur les lieux n’ont rien fait pour arrêter l’attaque. Cet incident « montre le vrai visage du régime Kagame, un régime dictatorial, qui ne supporte pas une autre voix discordante », a déclaré Victoire Ingabire.
Cette femme politique rwandaise récemment rentrée d’exil a annoncé son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle au nom des Forces démocratiques unies, un parti non encore reconnu au Rwanda.
Victoire Ingabire avait quitté le Rwanda en 1994, avant le génocide. Les autorités de Kigali l’accusent de vouloir accroitre les tensions ethniques. « Ce qui s’est passé au Rwanda depuis 90, la guerre d’agression du FPR en provenance de l’Ouganda depuis 90, jusqu’aux années 96, le FPR- qui a une grande responsabilité dans ces crimes, dans ce qui s’est passé au pays – veut cacher sa responsabilité, ne veut pas qu’on aborde ce thème », a déclaré l’opposante rwandaise.
Source:Voice of America
Déclaration de la présente du FDU INKINGI à son arrivée à Kigali

Je rentre.
Rwandaises, Rwandais, amis du Rwanda,
Après 16 ans d’exil, aujourd’hui je suis de retour dans ma patrie.
Notre pays a connu l’innommable. Le génocide a emporté presque un million de Rwandais, des massacres à grande échelle ont aussi emporté plusieurs milliers d’autres Rwandais. Il n’y a aucune famille rwandaise qui n’a pas été endeuillée. Mais la population attend toujours dans l’angoisse et la peur une réelle politique nationale d’unité et de réconciliation.
Je viens pour la paix et c’est cette paix qui guidera mon action politique pour éradiquer l’injustice et pour briser toutes les chaînes qui nous emprisonnent.
Nous avons créé en exil une formation politique, les FDU-Inkingi et nous avons fait la politique en exil. Maintenant, il est temps de la poursuivre dans notre pays, avec des Rwandais qui sont restés au pays pour entamer ensemble avec toutes nos forces une lutte politique qui nous mènera à la victoire contre toutes formes d’injustice et à l’instauration d’une véritable démocratie basée sur la liberté de tout un chacun.
Je vous transmets le bonjour de vos proches, amis et connaissances, de vos compatriotes restés en exil. Ils partagent le même combat que nous tous, dans cette lutte pour le changement que nous entamons en vue de redonner son honneur à chaque Rwandais de façon pacifique, sans nouvelle effusion de sang. Je viens pour faire enregistrer votre parti afin de pouvoir disputer avec les autres formations politiques oeuvrant au Rwanda l’élection présidentielle qui se tiendra au mois d’août de cette année et toutes les autres élections qui se tiendront dans les années à venir. C’est un long chemin que nous commençons, une vraie révolution qui ne se terminera pas avec l’élection présidentielle.
Quel est l’objectif de notre lutte?
Nous voulons que chaque Rwandais cesse d’avoir peur, nous voulons éradiquer la pauvreté, la faim, le népotisme, la corruption, le clientélisme et nous voulons combattre la dictature, l’injustice, une justice inéquitable pratiquée par les Tribunaux Gacaca, la prison et les Travaux d’Intérêt Général sans procès équitables, l’exil qui empêche les enfants de connaître leurs parents et qui détruit les familles, les inégalités sociales, la discrimination, l’expropriation des biens ou des terres. Nous voulons que chaque Rwandais marche droit sans se cacher, sans avoir honte, nous voulons briser toutes les chaînes qui vous empêchent de vous sentir citoyens rwandais à part entière.
Je suis une fille qui rentre chez les siens, je rentre pour lutter pacifiquement, je rentre pour qu’ensemble nous conjuguions nos efforts pour nous libérer de tout ce qui nous empêche d’être libres. Je ne suis pas accompagnée par une armée parce que je viens vers vous, vers mes parents, mes frères et sœurs. Personne ne peut empêcher un enfant de rentrer chez ses parents.
Vous qui êtes restés au pays, nous vous félicitons, car, c’est vous qui savez la douleur que vous avez endurée. Nous connaissons votre peine, vous ne dites rien mais votre visage traduit votre angoisse. Mais, vous seuls savez mesurer avec précision l’ampleur de votre chagrin.
La libération doit se faire dans le calme . Ce n’est pas en criant qu’on se libère, cela permet à l’oppresseur de doubler d’ardeur. Nous voulons une libération pacifique, sans nouvelle effusion de sang. Nous ne voulons pas une autre guerre et nous condamnerons quiconque voudra nous replonger dans la guerre. Quand on se libère en versant le sang des innocents, on continue à traîner ce mauvais héritage. C’est pour cela que nous ne vous engagerons pas dans des meetings qui risquent de déboucher sur des affrontements. Nous nous battrons pour que chaque voix compte et que le dépouillement ait lieu publiquement là-même où vous aurez voté. Si quelqu’un s’y oppose, vous serez pris à témoin.
N’ayez plus peur. Après notre victoire, toute personne qui aura été expropriée injustement récupérera ses biens.
Notre politique se fera dans le calme et la sérénité afin que nous gagnions sans provoquer une autre guerre, celui qui voudra la provoquer en sera seul tenu responsable.
Notre objectif est de mettre un terme définitif à la dictature, à la mauvaise gestion du patrimoine national. Nous voulons une réforme profonde de l’armée et des forces de l’ordre, une réforme sociale et économique, une réforme de l’éducation et de la justice. Nous voulons une politique qui protège chaque Rwandais pour que plus personne ne perde sa vie à cause de ses origines, de sa région, de sa religion ou de ses opinions politiques.
Certains se demandent peut-être s’il n’y a rien de positif dans tout ce qu’a fait le régime en place depuis ces 16 ans? Je ne suis pas le porte-parole de ce régime et ce n’est pas à moi de vanter ses mérites. Ce que je peux répliquer à cela, c’ est que quand quelqu’un s’engage à diriger le pays, il s’engage à œuvrer pour le bien des citoyens et pour le développement du pays. L’opposition est là pour alerter sur ce qu’il faut corriger, le gouvernement a ses porte-parole qui savent bien le défendre dans les médias de l’Etat et auprès de ceux qui le soutiennent.
De belles maisons, des villas, des buildings sont remarquables mais cela ne m’empêche pas de voir la famine criante dans les campagnes, le kwashiorkor, les chiques, la peur chronique, les conditions de vie déplorables, le clientélisme, les latifundia, les gens qui paient pour survivre, la corruption, la discrimination et les inégalités de toutes sortes.
Réveillez-vous, renoncez à la peur et libérons-nous pacifiquement.
Ensemble nous vaincrons.
Kigali, le 16 janvier 2010
Ms. Victoire Ingabire Umuhoza,
Présidente des FDU-Inkingi.
Jeudi 10 juillet 2008
Arrestation d'un Rwandais en Allemagne, la France humiliée
Le gouvernement rwandais s’est félicité de l’arrestation de Callixte Mbarushimana par la police allemande. Il a été arrêté lundi en Allemagne, à l’aéroport de Francfort alors qu’il était en transit pour se rendre à Saint-Petersbourg en Russie. L’Allemagne n’a pas d’accord d’extradition avec le Rwanda mais pourrait l'extrader à Kigali, selon les autorités judiciaires à Francfort citées par la Deutsche Welle. Si Mbarushimana était extradé au Rwanda par l'Allemagne, ça serait un grand scandale car il vit en toute légalité en France où il bénéficie d'un statut de réfugié et une procédure judiciaire française est en cours contre lui depuis le début de cette année.
Agé de 44 ans, Callixte Mbarushimana est secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une rébellion basée en République démocratique du Congo qui lutte contre le régime du FPR. Il avait été déjà arrêté en 2001 au Kosovo alors qu’il était fonctionnaire des Nations Unies mais pour faute de preuves concrètes des faits qui lui étaient reprochées, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avait renoncé à le poursuivre en 2002.
Ses ennuis sont réapparus quand il a commencé à faire de la politique. Kigali a lancé un mandat d'arrêt contre lui pour génocide et crime contre l’humanité. Les faits remontent à 1994 à Kigali où il travaillait pour le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). Selon les autorités rwandaises il serait à l’origine de l'assassinat de plusieurs Tutsis qui travaillaient avec lui pour le PNUD. Monsieur Mbarushimana a rejeté toutes ces accusations et a toujours clamé son innocence.
Lors de sa dernière visite en Allemagne au mois d'Avril, Paul Kagame avait demandé aux autorités allemandes de prendre des mesures contre les dirigeants des FDLR. Il était accompagné de Rose Kabuye, chef du protocole présidentiel, qui n'a pas été arrêtée alors qu'un mandat d'arrêt international contre elle a été lancé par la justice française. Par contre la Belgique a refusé un visa à un proche du président rwandais car il risquait d'être arrêté en Belgique. Angela Merkel serait-elle déjà dans la poche de Paul Kagame?
Si Callixte Mbarushimana doit être extradé, c'est en France où vit sa famille et non au Rwanda où il est condamné d'office.
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Mercredi 9 juillet 2008
Arrestation d'un haut responsable des FDLR en Europe
Callixte Mbarushimana a été arrêté Lundi 8 juillet à Francfort en Allemagne. Cette arrestation a été confirmée à la BBC par le président des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), Ignace Murwanashyaka. Selon ce dernier, le secrétaire exécutif des FDLR se rendait à Saint-Petersbourg en Russie quand il a été arrêté en Allemagne. Ancien fonctionnaire des Nations Unies au Kosovo et au Rwanda, monsieur Mbarushimana était dans le collimateur de la justice internationale sur pression de Kigali et figurait sur la liste des présumés génocidaires vivant en France. Emprisonné au Kosovo puis relâché faute de preuve de sa culpabilité, il vivait légalement en France. Ses ennuis avec Kigali sont réapparus depuis qu'il est devenu secrétaire exécutif des FDLR. Il signait des communiqués depuis Paris. Pourquoi a-t-il été arrêté en Allemagne et non en France? Pourquoi Ignace Murwanashyaka s'est précipité sur les Radios pour annoncer qu'il partait pour la Russie? Qu'allait-il faire dans ce pays? Même si il est présumé innocent tant que sa culpabilité n'est pas encore démontrée, on peut se demander comment cet informaticien a été désigné comme haut responsable des FDLR alors que la justice internationale ne l'a pas lâché depuis son incarcération au Kosovo.
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Jeudi 11
juillet 2008
Les extradés au Rwanda seront jugés aux tribunaux gacaca?

Tribunal gacaca: Photo Europa
Au Rwanda quand on est acquitté par un tribunal classique, le dossier peut-être transmis devant un tribunal gacaca. Le verdict dans ces juridictions d'une autre époque est sans appel. Le condamné ne peut même pas se pourvoir devant la cour suprême. Les tribunaux gacaca sont financés par l'Union européenne et les prévenus ne bénéficient pas d'assistance juridique. Les extradés au Rwanda seront certainement traduits devant ces tribunaux populaires où siègent des bénévoles non professionnels de droit. Au Rwanda on devrait supprimer la faculté de droit et autres écoles de magistrats car la politique dicte le droit.
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19 juin 2008
Le général Laurent Munyakazi s'expliquant devant un tribunal gacaca spécial tenu dans un stade de football (Photo ORINFOR). Il n'a pas eu le droit de comparaître devant un tribunal militaire ni devant une juridiction classique avec présence d'un avocat. Il a été traîné devant un tribunal populaire pour être humilié et lynché avant d'être condamné pour génocide. Il est actuellement incarcéré à la prison centrale de Kigali construit en 1930 par les Belges. Laurent Munyakazi avait rejoint le FPR en 1994 en compagnie des généraux Léonidas Rusatira, réfugié en Belgique, et Marcel Gatsinzi, actuel ministre de la défense, après la déclaration de Kigeme. Il est de la même promotion que le général Paul Rwarakabije qui a rallié l'APR après plusieurs années de maquis en RDC.
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25 juin 2008
La bourde du dernier courtisan

Paul Kagame et Boniface Rucagu, gouverneur de la province du Nord
(Photo: mdrwi.org)
La cérémonie d'attribution des noms aux vingt jeunes gorilles s'est déroulée dans la province du Nord, en présence du premier ministre rwandais, Bernard Makuza et de la première dame, Jeannette Kagame, comme invités d'honneur. Les membres du Gouvernement, les députés et sénateurs, les membres du corps diplomatique et de nombreux invités venus des pays de la région et de tous les continents ont été conviés à cette cérémonie décrite comme "émouvante et haute en couleur" par l'agence rwandaise d'information (ARI). De nombreuses télévisions et agences de presse internationales étaient aussi au rendez-vous.
Plusieurs personnalités ont pris la parole pour rappeler le rôle des gorilles dans le dévéloppement du tourisme au Rwanda et l'entrée des devises. Trente-neuf mille visiteurs sont venus dépenser leur argent au pays des Milles Collines, l'année dernière. Grâce aux gorilles, le nombre de touristes sera multiplié par deux selon les responsables de l'ORTPN (Office Rwandais du Tourisme et des Parcs Nationaux).
Prenant la parole à son tour, le gouverneur de la Province du Nord,
Boniface Rucagu, a rappelé les efforts menés dans sa région pour éradiquer l'idéologie du génocide, et pour asseoir la paix, l'unité et la réconciliation. Des propos hors sujet. "C'est dans de telles conditions que les hommes peuvent vivre dans la sécurité. Les gorilles aussi", a-t-il dit.
"Préserver la paix signifie protéger les gorilles qui apportent un revenu substantiel aux communautés vivant dans la proximité des Parcs nationaux », a déclaré l'ancien propagandiste du MRND reconverti aux idées du FPR par opportunisme.
La première cérémonie de "baptême" de jeunes gorilles a été inaugurée le 25 juin 2005 par le Président Paul Kagame et son épouse qui ont attribué des noms à deux jeunes gorilles jumeaux.
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Un casque bleu sous le coup d'un mandat d'arrêt international

Numéro 3 sur la liste des militaires du FPR inculpés par le juge espagnol, le général de brigade Karenzi Karake est commandant-adjoint de la force hybride Nations Unies-Union Africaine (la Minuad) envoyée au Soudan pour sécuriser les camps de déplacés du Darfour. La nomination de ce militaire rwandais sur qui pèsent de lourdes accusations (génocide,terrorisme et crimes contre l'humanité) avait suscité de vives réactions dans les associations de défense des droits de l'homme et dans l'opposition rwandaise en exil avant même que son nom n'apparaisse sur la liste dressée par la justice espagnole. Mais les Américains qui ont assuré le transport et la logistique des troupes rwandaises déployées au Darfour ont fait la sourde oreille.
Doit-on continuer à protéger ce général accusé de crimes horribles pour des intérêts géo-statégiques qui sont une des causes du génocide rwandais? Et si le gouvernement soudanais l'arrêtait? Il en a le droit car un criminel présumé se trouve sur son territoire. Il faut rappeler que le contigent rwandais de 600 hommes a payé un lourd tribut depuis son déploiement au Darfour. Plusieurs militaires rwandais ont péri dans un guet-apens tendu par les miliciens soudanais qui ne souhaitaient pas la présence des soldats du FPR "porteurs de SIDA", disaient-ils.
Le motif de présence de ce bataillon au Soudan est bien connu maintenant: la traque du général Aloys Ntiwiragabo. Encore une fois,le FPR utilise la communauté internationale pour mener ses opérations sans dépenser aucun sous. Le contigent envoyé au Soudan serait composé essentiellement de tueurs à gâge dont le but est de liquider les réfugiés rwandais au Soudan et au Tchad. C'est le contribuable américain qui paye!
Deux poids deux mesures
A la prison des Nations Unies à la Haye aux Pays-Bas,il y a des prisonniers serbes,croates,kosovars et bosniaques. A Arusha en Tanzanie,il n'y a que des prisonniers hutus. Pourtant les crimes commis par les militaires de l'ancienne rebellion ne sont qu'un secret de polichinelle (Giti,Muhura,Musanze,Gahini,Gakurazo,Byumba,Kibeho,parc national de l'Akagera,stade Amahoro,arboretum de Ruhande,camps de réfugiés en RDC,etc.....). Le retour à la paix et à la stabilité du Rwanda passera inéluctablement par une justice équitable. Chaque crime doit être sanctionné à sa juste valeur. Un génocide n'efface pas d'autres crimes.
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L'ambassadeur du Rwanda à New Delhi devrait démissionner

Ambassadeur Kayumba Nyamwasa et le ministre indien des petites et moyennes entreprises
Un ambassadeur inculpé pour génocide,crimes contre l'humanité,crimes de guerre et de terrorisme,ne devrait-il pas démissionner? Numéro 2 sur la liste du juge espagnol Fernando Andreu Merelles,figurant également sur la liste du juge français Jean-Louis Bruguière,les faits qu'on reproche au diplomate rwandais sont graves et incompatibles avec les fonctions qu'il occupe. Même le TPIR,le tribunal pénal international pour le Rwanda a un dossier sur lui concernant sa responsabilité dans les massacres perpétrés notamment dans la préfecture de Byumba d'où il est originaire. Licencié en droit de l'université de Makerere,Kayumba Nyamwasa était chef de la DMI (Directorate of military intelligency),la direction du renseignement militaire,dont une branche était chargée du nettoyage des zones conquises. Il est accusé de génocide,de terrorisme et de crimes contre l'humanité.
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12 février 2008
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3 juillet 2008
Paul Kagame veut engager des poursuites judiciaires à l'encontre des ressortissants français dont l'actuel président de la République
L'actuel président rwandais, Paul Kagamé, a déclaré que le Rwanda pourrait engager des poursuites pour crime à l'encontre de certains ressortissants français eu égard à leur rôle présumé dans le génocide de 1994 au Rwanda.
Lundi dernier, en Egypte, Paul Kagamé a annoncé que la publication prochaine d'un rapport prouvant le rôle de la France officielle dans le génocide qui a conduit au massacre de plus d'un million d'Êtres humains allait donner le feu vert à des procédures à l'encontre de certains officiels.
« Le rapport identifie ceux qui ont encouragé les milices et nos juges vont probablement procéder à l'inculpation de certains d'entre eux », a déclaré Paul Kagamé à la télévision Bloomberg au cours d'une interview accordée à l'occasion d'un meeting de l'Union Africaine à Sharm-el-Sheikh en Egypte. Il n'a apparemment pas identifié ceux qui seront inculpés.
A l'occasion d'une conférence de presse tenue le mois dernier, le président rwandais avait déclaré que le gouvernement de Kigali était en train de finaliser le rapport établi par un panel de sept membres sous la direction de l'ancien ministre rwandais de la Justice, Jean de Dieu Mucyo. La publication de ce rapport est attendue courant juillet.
« Il ne saurait y avoir de justice distincte pour l'Europe et l'Afrique », a déclaré le président rwandais. S'il s'avérait qu'elles soient différentes, ce ne serait certainement pas en conséquence d'une extension du pouvoir juridictionnel européen à d'autres pays, particulièrement en Afrique. »
Les autorités rwandaises ont déjà donné leur feu vert à une note qui donnerait aux juges rwandais une compétence internationale, ce qui signifie qu'ils pourraient inculper des étrangers.
Le président français Nicolas Sarkozy - lui-même désigné par un témoin de haut rang à la commission d'enquête rwandaise comme ayant fait parti des acteurs du plan de financement du génocide - a cherché à normaliser les relations entre la France et le Rwanda. Le ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, s'est, quant à lui, déjà rendu au Rwanda sans pour autant reconnaître la responsabilité de la France.
« Nous voulons tourner la page, nous voulons regarder vers l'avenir », avait déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue d'une rencontre avec son homologue rwandais à l'occasion du sommet Europe-Afrique de Lisbonne en décembre dernier. Le président français avait alors décrit cette rencontre comme étant « le point de départ de la normalisation » des liens entre les deux pays.
Au cours de l'enquête de la Commission rwandaise, de nombreux témoins triés sur le volet ont mis en avant l'aide apportée, sur les ordres de Paris - alors sous la présidence de feu François Mitterrand - par des officiers militaires supérieurs français à l'ancien gouvernement rwandais.
De 1993 à 1995, Nicolas Sarkozy était ministre du Budget dans le gouvernement d'Edouard Balladur. C'est au cours de cette période que plusieurs millions de francs français auraient, selon certaines sources, été utilisés pour acheter des armes au profit du gouvernement d'Habyarimana - qui plus tard seront mis au service de la machine génocidaire.
D'autres officiels français sont dans le collimateur de Kigali, dont l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin ainsi que l'actuel ambassadeur français en Espagne, Bruno Delaye.
Source:
http://www.ari-rna.co.rw/
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28 Février 2008
Ballet diplomatique à Kigali. Y a-t-il du feu à la maison?

Tony Blair in Rwanda to Advise Kagame Government
Kagame`s critics say his authoritarian style is hampering democracy (REUTERS)
Depuis un mois on assiste à un ballet diplomatique au Rwanda. Le ministre belge de la coopération fils de Louis Michel,le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner,le président allemand dont le titre est honorifique,le président américain George Bush et l'ex-premier ministre britannique Tony Blair,ont fait le déplacement en un temps record. Mais qu'est ce qui fait courir ces personnalités dont le point commun est le soutien aveugle au régime rwandais mais dont les propos ont été surprenants? Y aurait-il du feu à la maison?
Le ministre belge de la coopération et le président de l'Allemagne sont passés presque inapperçus. Les déclarations de Bernard Kouchner devant son "grand ami" Paul Kagame ont provoqué un tollé dans la classe politique française et risquent de lui faire perdre son porte-feuille lors du prochain remaniement ministériel. George Bush fut prudent et n'a parlé que du Darfour oubliant qu'il était au Rwanda. Il n'a pas prononcé le mot pardon comme son prédécesseur Bill Clinton dont la responsabilité dans la tragédie rwandaise est bien connue. Son ambassadrice à l'ONU de 1993 à 1996 et future sécrétaire d'Etat de 1997 à 2001,Madeleine Albright,avait même refusé de reconnaître les événements qui se déroulaient au Rwanda en 1994 comme un génocide pour ne pas intervenir selon les conventions internationales. Mais la déclaration la plus surprenante est celle de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair qui a demandé un job de conseiller spécial du président Paul Kagame. Ce dernier serait-il tellement menacé qu'il a besoin d'un avocat aussi talentueux que Tony Blair actuellement en chômage? Il est vrai qu'après lancement des mandats d'arrêt internationaux contre 40 proches du président rwandais par un juge espagnol,parmi lesquels figurent ceux déjà inculpés par le juge français Jean-Louis Bruguière,le régime rwandais a besoin d'un bon avocat et non d'un cirque médiatico-diplomatique car la situation est grave.
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31 juillet 2008
Rwanda: L'union européenne dépêche une mission forte de 80 observateurs
L'Union Européenne envoie au Rwanda une mission de quelques 80 observateurs, le plus gros contingent d'observateurs internationaux pour les élections parlementaires prévues du 15 au 18 septembre de cette année, rapporte l'Agence Rwandaise d'Information (ARI).
« Nous n'avons pas d'allégeance politique ou de préférence, nous nous occupons de toutes les questions pertinentes en ce qui concerne le processus électoral dans son ensemble, y compris la campagne, les performances de l'administration électorale, le rôle du pouvoir judiciaire et l'environnement général dans lequel les élections ont lieu. Nous sommes ici pour observer les élections et non pour nous en mêler », a déclaré à la presse Michael Cashman, chef de la Mission des observateurs européens qui est par ailleurs membre britannique du parlement européen.
A propos de l'équité du processus électoral, des enjeux de ces élections boycottées par l'opposition en exil pour déficit démocratique; Michael Cashman préfère attendre l'issu du scrutin pour porter un jugement.
A propos de l'équité du processus électoral, des enjeux de ces élections boycottées par l'opposition en exil pour déficit démocratique; Michael Cashman préfère attendre l'issu du scrutin pour porter un jugement.
A propos de l'équité du processus électoral, des enjeux de ces élections boycottées par l'opposition en exil pour déficit démocratique; Michael Cashman préfère attendre l'issu du scrutin pour porter un jugement.
« Je dois être prudent dans les réponses que je donne à vos questions. Il ne faut pas que je dise plus tard l'inverse de ce que j'ai dit plutôt. La mission publiera une déclaration préliminaire dans les 48 heures de la clôture du scrutin. Ceci permet d'apporter au public notre évaluation du processus jusqu'à ce stade - d'où son caractère préliminaire», dit-il.
«Il est clair que des éléments importants du processus ont lieu après la clôture du scrutin, par exemple, la finalisation des résultats, et les plaintes qui pourraient surgir et les procédures de recours. Ainsi, un rapport final ne sera publié que dans l'intervalle de 1 à deux mois plus tard. Ce rapport fera état de l'appréciation globale de l'ensemble du processus électoral et comprendra, le cas échéant, une série de recommandations succinctes», a-t-il ajouté.
Il est à noter que ces observateurs de l'Union Européenne ne seront pas seuls sur le terrain car ces législatives devront être supervisées par 3000 observateurs étrangers. Un chiffre sensiblement élevé car dans les précédentes législatives il n'y avait que 2000 observateurs.
Au regard de la Constitution, tous les partis agréés au Rwanda doivent appartenir au Forum des Formations Politiques (FFP) dirigé depuis 1994 par le FPR (Front Patriotique Rwandais, parti au pouvoir). Les forces d'opposition en exil parlent d'un multipartisme de façade qui renforce la position du FPR. Le concepteur de cette mode de gestion évoque la nécessité de recherche permanente du consensus entre les formations politiques.
«Le parlement européen dont je suis membre travaille également sur le principe de recherche du consensus entre les parties en présence. Ce n'est pas nouveau, ça se passe aussi ailleurs. Je vais voir comment cette notion du consensus est utilisée pour faire avancer la démocratie au Rwanda», a réagi Michael Cashman.
A propos de l'engouement populaire pour ces élections, Michael Cashman dit qu'il appartient aux médias d'informer la population sur les tenants et aboutissants des élections. «Une des attributions des médias en période électorale, c'est la conscientisation et l'éducation civique des électeurs», a-t-il déclaré.
Au Rwanda, les députés sont élus au scrutin des listes bloquées présentées par leurs partis politiques. Une frange de l'opinion publique voudrait qu'ils soient élus directement par la population qui est supposée connaître ses représentants dans la chambre des députés. Cet aspect expliquerait également le peu d'enthousiasme pour les élections qui se profilent à l'horizon.
L'inscription aux listes d'électeurs et de demande de la nouvelle carte d'identité s'étant fait le même jour, beaucoup se sont inscrits à la première pour obtenir la carte d'identité. Des messages selon lesquels celui qui n'est pas inscrit sur la liste d'électeurs n'allait pas obtenir la carte d'identité ont été mis à contribution pour accroître le taux de participation de la population aux législatives de 2008.
L'Union Européenne a déjà envoyé au Rwanda une Mission d'Observation Electorale dans les élections générales de 2003 mais n'avait pas voulu les financer. Dans son Rapport final intitulé « l'ordre et le calme règne, la démocratie n'en est pas pour autant assurée », cette Mission avait constaté que le jeu politique était figé au profit du parti au pouvoir.
«Un certain nombre de recommandations avaient été faites. Nous allons analyser dans quelle mesure les recommandations précédentes ont été adoptées », a indiqué Michael Cashman.
Michael Cashman est assisté dans sa tâche par l'équipe cadre, constituée de huit experts électoraux. Ils seront ensuite rejoints par 20 observateurs long terme, qui seront déployés à partir du 1er août 2008. 50 observateurs court terme seront également déployés quelques temps avant les élections.
Les principaux objectifs de cette mission sont : Rehausser la confiance du public quant au processus électoral, empêcher la fraude électorale, renforcer le respect des libertés fondamentales et des droits politiques, et enfin mener une évaluation globale du processus électoral conformément aux normes internationales.
Source:
http://fr.allafrica.com
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Samedi 2 Août 2008
Congo-Kinshasa: Nord Kivu - 67 combattants rwandais déposent les armes volontairement
Soixante sept combattants rwandais d'une faction dissidente des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), ont déposé les armes jeudi à Kasiki, à environ 200 kilomètres au Nord de Goma, capitale du Nord Kivu, a annoncé vendredi la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).
Cet événement s'est déroulé en présence d'une délégation des autorités congolaises conduite par le ministre des affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC), Mbusa Nyamwisi, ainsi que des représentants de la « task force » du groupe de suivi du Communiqué dit « de Nairobi », a précisé la MONUC dans un communiqué.
Par le Communiqué dit « de Nairobi », signé le 9 novembre 2007 à Nairobi, le gouvernement de la RDC et le gouvernement du Rwanda, en présence de la communauté internationale (Union africaine, Union européenne, Etats-Unis, Royaume Uni, Afrique du Sud et Nations Unies), se sont engagés à oeuvrer ensemble, dans le cadre d'une approche commune, à l'élimination de la menace que constitue la présence des combattants FDLR à l'Est de la RDC, pour la sécurité de la RDC, du Rwanda et de l'ensemble de la région des Grands Lacs.
Les soixante sept combattants rwandais qui ont déposé volontairement les armes à Kasiki font partie d'une faction du FDLR, le Rassemblement pour l'unité et la démocratie (RUD), et se sont présentés avec une centaine de leurs dépendants. Ils ont remis quelque 45 armes, pour la plupart des AK 47 ainsi que de nombreuses munitions aux équipes du Programme de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinsertion et Réintégration (DDRRR) de la MONUC.
La MONUC salue cette initiative, notant que le désarmement volontaire simultané d'un tel nombre de combattants FDLR n'a plus été effectué depuis 2006.
Depuis lors, la MONUC a continué de recevoir, sur base volontaire de nombreux candidats au programme DDRRR, mais, sur base individuelle ou par petits groupes.
Le nombre des combattants rejoignant le processus est en augmentation depuis la signature du Communiqué de Nairobi (une moyenne de 60 combattants par mois, soit une augmentation de plus de 30% par mois par rapport à la moyenne mensuelle de l'an dernier).
Cependant la MONUC observe avec regret que beaucoup de combattants continuent d'être instrumentalisés par certains de leurs dirigeants qui empêchent leur libre participation au processus de désarmement, de démobilisation et de retour au Rwanda.
Source:
Nations Unies, New York
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Vendredi 8 Août 2008
Le Rwanda publie son réquisitoire contre la France
Non seulement la France de 1994 savait que le génocide des Tutsis se préparait au Rwanda, non seulement elle a aidé et armé ceux qui allaient le commettre, mais elle a "participé à la mise en exécution" d'un massacre qui a coûté la vie à 800 000 personnes. Les 331 pages du rapport rendu public mardi 5 août à Kigali assènent de graves accusations contre les responsables civils et militaires français de cette époque de cohabitation où François Mitterrand avait pour premier ministre Edouard Balladur.
Rédigé par sept juristes et historiens choisis par le pouvoir rwandais, présidé par l'ancien ministre de la justice Jean de Dieu Mucyo, le rapport est alourdi de 166 feuillets de témoignages dont la lecture suscite à la fois accablement et gêne.
Accablement, tant s'accumulent les récits de la collaboration des soldats français au tri ethnique de la population, de l'aide apportée aux tueurs, et de leurs exactions, allant des viols aux assassinats. Gêne, tant peuvent être sujets à manipulation des témoignages invérifiables de génocidaires repentis, recueillis par leurs vainqueurs dans un pays traumatisé et autoritaire. L'intitulé officiel de la commission, "chargée de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide", montre la précision de l'objectif assigné et le peu de place laissé aux vérités complexes.
En présentant le rapport devant les caméras de la télévision nationale, le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugarama, a évoqué la perspective de "poursuites judiciaires" contre "des personnalités pointées du doigt pour leur rôle dans le génocide". Une liste de 33 responsables français – 13 politiques et 20 militaires – a été diffusée. Outre M. Balladur, sont notamment visés Alain Juppé, ministre des affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin, son directeur de cabinet, François Léotard (défense), Hubert Védrine, secrétaire général de l'Elysée, et Jean-Christophe Mitterrand, conseiller à l'Elysée.
Le document dresse un inventaire de toutes les charges que l'actuel régime rwandais du président Paul Kagamé, issu de la victoire militaire des Tutsis de l'extérieur contre les génocidaires, a accumulées contre le pays qui a soutenu militairement ses adversaires hutus et parfois ses bourreaux.
Etayé par de nombreuses notes, le document décrit l'engrenage du soutien français au régime "fondé sur une discrimination ethnique officielle" du président Habyarimana, menacé depuis 1990 par le Front patriotique rwandais (FPR) regroupant les Tutsis exilés en Ouganda. Le document évoque "une stratégie indirecte de confrontation entre l'armée française au Rwanda et le FPR".
Attribuant au président Mitterrand un "parti pris antitutsi", les auteurs expliquent son engagement croissant par sa volonté d'"endiguer l'influence du monde anglophone [les Tutsis du FPR sont anglophones]" et de montrer aux autres présidents africains amis de la France que Paris ne laisse pas tomber ses alliés.
Concrètement, le rapport Mucyo accuse la France "d'avoir formé les milices interahamwe qui ont été le fer de lance du génocide". Les Français "nous disaient que (…) l'ennemi était le Tutsi", affirme un ancien interahamwe (milice hutue), qui dit avoir été formé par des militaires français. "Les Français (…) ont formé des gens qui ont été utilisés pour tuer", martèle un ancien militaire rwandais auditionné par la commission. Omniprésents, les Français auraient engagé dès 1992 des programmes de "défense civile" alliant "l'apprentissage de différentes méthodes d'assassinat" et "un endoctrinement des miliciens à la haine ethnique". De facto maîtres du service de renseignement, des gendarmes français "ont contribué en toute connaissance de cause au fichage informatisé des suspects politiques et ethniques qui devaient être massacrés durant le génocide", ajoute le document, alléguant la connaissance par Paris du mécanisme d'élimination en préparation et accusant les Français d'avoir ainsi "contribué à la radicalisation ethnique du conflit".
Avant même la perpétration du génocide, les militaires français ont déployé "une importante activité dans le contrôle des cartes d'identité" permettant de trier Hutus et Tutsis aux barrages routiers, selon la commission. Des actes d'intimidation, des disparitions voire des viols consécutifs à ces contrôles sont amplement décrits par des témoins.
Après l'attentat contre le président Habyarimana et le déclenchement du génocide, le 6 avril 1994, ces mécanismes se seraient exacerbés. Le rapport décrit l'ambassade de France, où se sont alors réfugiés les hauts responsables du régime, comme le centre de la résistance des extrémistes hutus. Il dénonce "le soutien accordé par l'ambassadeur Marlaud" au colonel Théoneste Bagosora, considéré comme le cerveau du génocide. En plein massacre, les Français se seraient abstenus de sauver des civils. Un témoignage décrit "une femme enceinte que l'on éventre" devant "deux soldats français qui rigolaient". En outre, les militaires français auraient pratiqué des "évacuations sélectives", séparant des couples mixtes, abandonnant les personnels rwandais de leurs propres institutions.
Inédits, plusieurs témoignages font état de la poursuite de livraisons d'armes françaises – "des dizaines de tonnes" – avant et pendant le génocide et de leur utilisation. Présentée par les Français comme "humanitaire", l'opération "Turquoise" déclenchée fin juin 1994 est analysée sans nuance dans le rapport Mucyo comme la poursuite d'une "guerre de l'ombre" contre les Tutsis "en plein génocide".
Multipliant les témoignages sur des exactions et sur la passivité devant les massacres, le document les présente comme parties prenantes d'une "stratégie" française. A le croire, il en serait ainsi du drame de Bisesero, où les militaires français ont attendu trois jours avant de porter assistance à des victimes du génocide errant dans une forêt.
Contestée, cette vision mécanique d'une complicité française délibérée sur le terrain est appuyée par un déluge de dépositions faisant état de largages par hélicoptère de Tutsis. Certains auraient ainsi été assassinés, d'autres livrés vivants aux génocidaires. Des dizaines de récits de viols complètent ce tableau insupportable. "Les Français, assure un témoin, nous avaient chargés de leur chercher des filles ou des femmes tutsi (…) qui, disaient-ils, ne leur causeraient pas de problèmes".
Alors que l'opération "Turquoise", sous mandat des Nations unies, est censée permettre la protection des victimes, la commission Mucyo y "discerne" rien moins que "la prise en charge du projet génocidaire par les décideurs français".
Livrées quatorze ans après les faits, ces pesantes accusations synthétisent et amplifient des griefs souvent déjà connus. Depuis longtemps déjà, les accusations réciproques lancées devant les tribunaux de chaque pays ou devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda d'Arusha (Tanzanie) alimentent une vive tension diplomatique franco-rwandaise. Les mandats d'arrêt délivrés par le juge Bruguière contre de hauts responsables du régime actuel mis en cause dans l'attentat de 1994 contre l'avion présidentiel qui a déclenché le génocide ont abouti, en 2006, à la rupture des relations diplomatiques par Kigali. Le rapport Mucyo peut d'ailleurs apparaître comme une riposte à ces mises en cause qui entravent la liberté de circuler de plusieurs dignitaires rwandais.
Le document, remis au président Kagamé en novembre 2007, est finalement publié au moment où la justice espagnole met à son tour en cause des responsables rwandais. Kigali menace aujourd'hui explicitement de déclencher une procédure symétrique ciblant des personnalités françaises.
Officiellement, le rapport Mucyo n'avait pas été transmis, mercredi 6 août au matin, aux autorités françaises. Dans les milieux diplomatiques, on estimait ses conclusions "pas très nouvelles et peu convaincantes" et l'on voulait croire que l'initiative de Kigali n'était pas de nature à contrarier le réchauffement des relations bilatérales, net depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Et d'insister sur le fait que les personnalités françaises visées appartiennent toutes "au passé".
Vendredi 25 juillet 2008
Le Rwanda menace de retirer ses troupes du Darfour si le général Karake Karenzi est démis de ses fonctions

Général Karake Karenzi
24 juillet 2008. – Le quotidien américain The Washington Post rapporte que le
Rwanda
menace de retirer ses quelques 3 000
casques bleus
du
Darfour
si le commandant-adjoint de la
Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour
(MINUAD), le général Karake Karenzi, est démis de ses fonctions. L'
ONU
aurait demandé à
Kigali
à remplacer le général qui est accusé d’avoir commis des crimes de guerre au Rwanda durant les années 1990.
En février, un tribunal d'instruction espagnol a lancé des mandats d'arrestations internationaux à l'endroit d'anciens membres de l'
Armée patriotique rwandaise
(APR), dont Karake Karenzi, qui est recherché pour génocide et terrorisme.
Selon le Washington Post, qui cite des sources au sein de l’ONU, le gouvernement rwandais a fait savoir que ces accusions étaient dénuées de fondement.
L’émissaire du Rwanda à l’ONU, Joseph Nsengimana, a envoyé lundi un mémorandum à l’ONU dans lequel il a averti que les quelques 3 000 casques bleus rwandais seraient retirés du Darfour si l’ONU faisait remplacer Karake Karenzi.
La porte-parole des Nations Unies
Michèle Montas
a confirmé que
Ban Ki-moon
avait reçu ce mémorandum, auquel il n’a pas encore répondu. Jeudi, le
département d'État des États-Unis
a annoncé qu’il avait examiné le dossier du général Karenzi et n’y avait pas trouvé motif à l’exclure des opérations de maintien de la paix. Ce qui de toute façon, a estimé le département d’Etat, aurait un impact dévastateur sur la mission de la MINUAD.
Source: http://fr.wikinews.org/wiki
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Jeudi 17 juillet 2008
La justice internationale inquiète et contrarie les pays africains
La mise en cause par la Cour pénale internationale (CPI) du président soudanais Omar el-Béchir inquiète l'Union africaine (UA), déjà contrariée par le cas rwandais et décidée à ne pas laisser les régimes du continent être déstabilisés par la justice internationale. L'UA défend avec ardeur son "refus de l'impunité", notamment pour les crimes de guerre et génocide. Mais elle se heurte, dans l'affaire soudanaise, à un autre objectif majeur, celui d'instaurer la paix et la stabilité en Afrique. Lundi, le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a demandé aux juges de la Cour d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais, l'accusant notamment de génocide au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003. Une procédure à laquelle l'UA s'était déjà opposée. Dès le 11 juillet, elle avait exprimé "sa forte conviction que la recherche de la justice [devait] être menée de manière à ne pas [...] compromettre les efforts visant à promouvoir une paix durable" sur le continent.
Lors du sommet de l'UA, en Égypte, les chefs d'État et de gouvernement des 53 pays membres étaient apparus préoccupés par la question de la "compétence universelle", jugée "déstabilisante", et avaient demandé aux pays européens un "moratoire sur les procédures en cours". Au premier rang des protestataires figuraient le Rwandais Paul Kagame, dont neuf proches sont visés par des mandats d'arrêt émis en novembre 2006 par le juge français Jean-Louis Bruguière. Ce dernier a également réclamé des poursuites contre l'homme fort de Kigali pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, qui avait précédé le déclenchement du génocide rwandais. Cette procédure a entraîné la rupture des relations diplomatiques entre Kigali et Paris. Le Rwanda a, depuis, subi l'ouverture d'un second front judiciaire avec l'émission en février par la justice espagnole de mandats d'arrêt contre 40 officiers de l'armée par le juge Fernando Andreu Merelles. Tous furent poursuivis pour "génocide, crime contre l'humanité et terrorisme" dans les années 90.
"Les mandats d'arrêt ne doivent pas être appliqués au sein des États membres de l'UA"
Dans une résolution adoptée en Égypte, l'UA a tenté de mettre des limites à la "compétence universelle", pourtant inscrite dans son corpus de principes fondateurs. "L'abus du principe de compétence judiciaire universelle constitue un développement qui peut mettre en danger la loi internationale, l'ordre et la sécurité." L'UE revendique en fait implicitement le seul droit aux Africains de juger des régimes du continent. "La nature politique et l'abus de la compétence universelle par des juges issus d'États non africains contre des dirigeants africains, en particulier contre le Rwanda, constituent une violation claire de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale." "Les mandats d'arrêt ne doivent pas être appliqués au sein des États membres de l'UA", ajoutait le bloc continental.
Dans un rapport sur la question, l'UA rappelle aussi que la Cour internationale de justice (CIJ), dans une affaire opposant des juges français au président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, a confirmé que "la citation des chefs d'État à comparaître dans les procédures devant les cours d'un autre État [devait] être soumise au consentement du chef d'État concerné". Dans une présentation à l'UA le 11 juillet, la procureure adjointe de la CPI, Fatou Bensouda, rappelait que la Cour ne visait que "des responsabilités individuelles sans stigmatiser une communauté". Mais l'UA veut garder la main. Elle a elle-même décidé la mise en place d'une cour africaine de justice et des droits de l'homme et a mandaté en 2006 le Sénégal pour juger l'ancien président tchadien Hissène Habré pour "crimes contre l'humanité".
Source: Le Point du 15 juillet 2008
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Samedi 26 juillet 2008
Rwanda: Paul Kagame veut échapper à la justice après son mandat
Le gouvernement rwandais a fait des progrès remarquables dans la réforme de son système judiciaire depuis 2004 mais l'impartialité des procès n'est toujours pas garantie, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch publié le 24 juillet.
Le rapport de 113 pages, Law and Reality: Progress in Judicial Reform in Rwanda (« La loi et la réalité : Les progrès de la réforme judiciaire au Rwanda », 122 pages), examine les changements apportés au système judiciaire au cours des quatre dernières années. Le rapport fait état des réformes, dont notamment l'abolition de la peine capitale, et identifie les zones de préoccupation qui persistent, en particulier la prédisposition des juges à se soumettre aux pressions des membres du pouvoir exécutif et d'autres personnes puissantes et l'impossibilité de garantir le respect des principes de base en vue de procès équitables, y compris la présomption d'innocence, le droit de présenter des témoins à l'appui de sa propre défense et le droit de protection contre la double incrimination.
« Le Rwanda a procédé à des améliorations techniques dans le rendu de la justice mais le système ne tient toujours pas ses engagements dans des domaines fondamentaux », a déclaré Alison Des Forges, conseillère principale à la division Afrique de Human Rights Watch. « Nous avons identifié de graves problèmes dans des secteurs tels que l'indépendance judiciaire, le droit de présenter sa défense et le principe d'égalité d'accès à la justice pour tous. Au Rwanda aujourd'hui, il est possible que des défendeurs se voient refuser le droit à un procès équitable. »
Le rapport est publié alors que la chambre d'appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) examine les décisions rendues par le tribunal inférieur refusant de transférer les cas du TPIR aux juridictions nationales rwandaises. Le TPIR a été mis en place par les Nations Unies pour juger les crimes de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis au Rwanda en 1994. Alors que la fin du mandat du tribunal approche, le procureur a cherché à transférer certains des dossiers en suspens aux juridictions nationales, y compris au Rwanda.
Les systèmes judiciaires d'autres pays, notamment la France et le Royaume-Uni, envisagent aussi de renvoyer au Rwanda des personnes accusées de génocide, en vue de leur procès. Les décisions judiciaires au sein du TPIR et d'autres juridictions nationales dépendent en partie de la capacité à évaluer si des procès équitables peuvent être garantis dans les tribunaux rwandais. Bien que les tribunaux en France et au Royaume-Uni se soient prononcés en faveur d'une extradition vers le Rwanda, la décision française a été annulée en appel. La décision du Royaume-Uni fera l'objet d'un appel mais doit encore être considérée au niveau de la cour d'appel.
Sur la base des deux années de recherche menées pour le rapport, Human Rights Watch a conclu qu'à ce stade, l'indépendance des tribunaux et la garantie de procès équitables étaient insuffisantes au Rwanda pour permettre l'extradition ou le transfert.
« Il est extrêmement important que ceux impliqués dans des crimes graves tels que le génocide soient jugés », a déclaré Alison Des Forges. « Mais ils doivent être jugés dans des systèmes qui puissent assurer des procès indépendants et impartiaux, ainsi que des peines adéquates. »
Les préoccupations liées à l'indépendance judiciaire soulevées dans le rapport ont pris une nouvelle importance en juillet 2008 lorsque l'Assemblée nationale rwandaise a approuvé un amendement constitutionnel établissant la révision des mandats judiciaires tous les quatre ans. Auparavant, le droit rwandais accordait aux juges autres que ceux de la Cour suprême des mandats à vie, sauf en cas de comportement répréhensible. L'amendement, susceptible de restreindre davantage l'indépendance judiciaire, fut l'un des cinquante adoptés par l'Assemblée.
Parmi ceux-ci, il en est un qui permet de poursuivre les présidents rwandais pour les crimes commis pendant la durée de leur mandat mais uniquement lorsqu'ils sont au pouvoir. Une fois leur mandature terminée, leur immunité est garantie et ils ne peuvent être poursuivis pour ces crimes. Cet amendement enfreint le droit rwandais et le respect par le Rwanda des conventions internationales garantissant que la responsabilité pour certains crimes graves, notamment ceux de guerre et contre l'humanité, ne peut être ni limitée ni révoquée.
Le Sénat n'a pas encore statué sur les amendements votés par l'Assemblée mais il devrait les approuver. Un vote majoritaire des trois quarts des membres des deux organes législatifs est nécessaire pour l'adoption d'un amendement.
Source:
Human Rights Watch
(Washington, DC), 24 juillet 2008
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L'ambassadeur du Rwanda à New Delhi devrait démissionner

Ambassadeur Kayumba Nyamwasa et le ministre indien des petites et moyennes entreprises
Un ambassadeur inculpé pour génocide,crimes contre l'humanité,crimes de guerre et de terrorisme,ne devrait-il pas démissionner? Numéro 2 sur la liste du juge espagnol Fernando Andreu Merelles,figurant également sur la liste du juge français Jean-Louis Bruguière,les faits qu'on reproche au diplomate rwandais sont graves et incompatibles avec les fonctions qu'il occupe. Même le TPIR,le tribunal pénal international pour le Rwanda a un dossier sur lui concernant sa responsabilité dans les massacres perpétrés notamment dans la préfecture de Byumba d'où il est originaire. Licencié en droit de l'université de Makerere,Kayumba Nyamwasa était chef de la DMI (Directorate of military intelligency),la direction du renseignement militaire,dont une branche était chargée du nettoyage des zones conquises.
12 février 2008
Jean Gahima,Byumba
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole
NB. Certains grades peuvent avoir changé suite à des promotions
1
. JAMES KABAREBE, Général Major.
2. KAYUMBA NYAMWASA, Général Major
3. KARENZI KARAKE, Général de Brigade
4. FRED IBINGIRA, Général Major
5. RWAHAMA JACKSON MUTABAZI, Colonel
6. JACK NZIZA (JACKSON NKURUNZIZA (JAQUES NZIZA), Général de Brigade
7. RUGUMYA GACINYA, Teniente Colonel
8. DAN MUNYUZA, Colonel
9. CHARLES KAYONGA, Lieutenant Général
10. JOSEPH NZABAMWITA, Lieutenant-Colonel
11. CEASER KAYIZARI, Général Major
12. ERIK MUROKORE, Colonel
13. DENYS KARERA, Major
14. EVARISTE KABALISA, Capitaine
15. JUSTUS MAJYAMBERE, Major
16. EVARISTE KARENZI, Sous- Lieutenant
17. ALEX KAGAME, Général de Brigade
18. CHARLES MUSITU, Colonel
19. GASANA RURAYI, Lieutenant Colonel
20. SAMUEL KANYEMERA (SAM KAKA), Général Brigade
21. TWAHIRWA DODO, Colonel
22. FIRMIN BAYINGANA, Lieutenant Colonel
23. AGUSTÍN GASHAYIJA, Général de Brigade
24. WILSON GUMISIRIZA, Général de Brigade
25. WILLY BAGABE, Colonel
26. WILSON GABONZIZA, Lieutenant
27. SAMUEL KARENZEZI, alias "Viki", Caporal
28. JOAQUIM HABIMANA, Capitaine
29. KARARA MISINGO, Capitaine
30. ALPHONSE KAJE, Capitaine
31. FRANK BAKUNZI Capitaine
32. DAN GAPFIZI, Général de Brigade
33. JOHN BUTERA, Lieutenant
34. CHARLES KARAMBA Colonel
35. MATAYO Capitaine
36. PETER KALIMBA, Colonel
37. SILAS UDAHEMUKA, Major
38. STEVEN BALINDA, Major
39. JOHN BAGABO, Colonel
40. GODEFROID NTUKAYAJEMO, alias "Kiyago", Capitaine.
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Samedi 9 Août 2008
Rwanda: France - Je te tiens, tu me tiens par la barbichette judiciaire
Décidément, le génocide rwandais de 94 est un poison dans les relations entre Paris et Kigali. Un véritable abcès, qu'il convient de crever définitivement pour dissiper les gros nuages qui se sont amoncelés depuis entre les deux pays, lesquels, par institutions judiciaires interposées, se mènent une guerre psychologique et stratégique.
Le dernier acte en date en la matière est la publication du rapport de la Commission d'enquête rwandaise sur le rôle supposé de la France dans le génocide de 94. C'est le ministre de la Justice, Tharcisse Karugarama lui-même, qui a présenté le document à la presse. Selon le rapport, « la France était au courant des préparatifs du génocide, a participé aux principales initiatives de sa mise en place et de son exécution ».
Au passage, le Rwanda demande à l'Hexagone d'ouvrir des poursuites judiciaires contre les Français incriminés dans ce rapport, dont des personnalités comme François Mitterrand, Edouard Balladur, Alain Juppé, Dominique de Villepin, etc. Evidemment, Paris a vite fait de balayer d'un revers de la main les conclusions de cette commission d'enquête, à laquelle elle dénie « toute légitimité et toute impartialité ».
Voilà en tout cas qui ne va pas arranger les choses entre les deux capitales. Pourtant, tout laissait présager une reprise de leurs relations diplomatiques, rompues par Kigali en novembre 2006 suite aux poursuites judiciaires que le juge français Jean-Louis Bruguière a souhaité entamer contre le président Paul Kagame pour sa participation présumée à l'attentat contre l'avion de Juvénal Habyarimana le 6 avril 94.
Avec l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée, on avait pourtant perçu des signes d'un possible réchauffement des relations sur l'axe Paris-Kigali, au point que Bernard Kouchner avait même effectué un voyage dans la capitale rwandaise.
Mais, on le voit bien, ces deux pays sont en train de jouer au « je te tiens, tu me tiens ». Ce qui enlève toute crédibilité à leurs institutions judiciaires, lesquelles se laissent voir sous une couture de marionnettes et dont les ficelles sont tirées à souhait par les politiques.
Déjà en juin 2008, Paul Kagame menaçait de faire inculper des ressortissants français pour génocide si les tribunaux européens n'annulaient pas les mandats d'arrêt émis contre des responsables de son pays.
Il est vrai qu'on ne peut pas absoudre, en une seule confession, la douce France, elle qui a soutenu à bout de bras le régime Habyarimana, mais de là à faire de Mitterrand un génocidaire, il y a franchement un pas que le régime de Kigali a vite franchi. De plus, c'est un secret de polichinelle, la responsabilité de Kagame semble établie dans l'attentat ayant tué les présidents rwandais et burundais, un des éléments déclencheurs du génocide.
L'épée de Damoclès, qui plane sur des têtes à Paris tout comme à Kigali, n'est, en fait, qu'une menace davantage d'essence politique que judiciaire. C'est aussi la preuve que dans cette guerre de chiffonniers, en réalité, personne ne se bat pour les victimes du génocide. On inculpe à tour de bras pour des raisons non pas de justice mais pour assouvir des intérêts politiques.
Paris et Kigali ont tous des choses à se reprocher dans ce drame et savent tous qu'aucun d'eux n'est blanc comme neige dans cette effroyable tragédie. C'est pour cela que ces pays gagneraient à régler leur différend avec beaucoup de diplomatie pour qu'aucun d'eux ne perde la face dans cet indécent bras de fer, où on bande les muscles en reléguant au second plan la cause des victimes du génocide.
Vendredi 8 Août 2008
Rwanda - Kigali accuse Paris
Le Rwanda vient de mettre officiellement en cause de hauts responsables français et demande qu’ils soient traduits en justice.
La commission d’enquête rwandaise cite notamment l’ancien président François Mitterrand ainsi que l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin, anciennement directeur adjoint aux Affaires africaines et malgaches. A Paris, le ministère des Affaires étrangères n’a pas souhaité faire de commentaire dans l’immédiat : « Nous n’avons pas reçu le document donc nous ne pouvons pas réagir. » Le rapport accuse également les soldats français d’avoir « été directement impliqués dans les massacres ». Il les accuse aussi d’avoir « commis de nombreux viols de femmes tutsies ». Kigali avait précédemment accusé la France de taire son implication dans la formation de soldats et de milices responsables du génocide du printemps 1994 qui fit quelque 800.000 morts – essentiellement des Tutsis et des Hutus modérés – et d’avoir soutenu des responsables hutus ayant orchestré des tueries.
33 personnalités mises en cause dont 13 hauts responsables politiques et 20 militaires
La France a toujours démenti toute implication dans le génocide et souligne que des forces françaises ont assuré à l’époque la protection de la population dans le cadre d’une opération soutenue par les Nations unies. Dans son rapport, la commission d’enquête rwandaise estime par ailleurs que « le soutien français était de nature politique, militaire, diplomatique et logistique ». Et d’ajouter : « Compte tenu de la gravité des faits avancés, le gouvernement rwandais demande aux autorités compétentes d’entreprendre toutes les actions nécessaires afin que les dirigeants politiques et militaires français mis en cause répondent de leurs actes devant la justice ». En annexe du rapport figure une liste de 33 responsables militaires et politiques français, parmi lesquels Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, Edouard Balladur, Premier ministre de l’époque, ou encore Hubert Védrine, qui occupait la fonction de conseiller à la présidence de la République.
Bras de fer avec Kagame
En novembre 2006, Kigali avait rompu ses relations diplomatiques avec Paris à la suite de la décision du juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière de demander la comparution du président rwandais, Paul Kagame, dans l’enquête sur l’assassinat de son prédécesseur, le Hutu Juvénal Habyarimana, juste avant le déclenchement du génocide début avril. La destruction, le 6 avril 1994, par un missile, du Falcon transportant l’ancien président Habyarimana est considérée comme l’élément déclencheur du génocide. Les relations entre Paris et Kigali avaient pourtant connu une amélioration ces derniers mois. A suivre.
Source:
http://www.francesoir.fr
(Edition du jeudi 7 août 2008 n°19869 page 10, par Romain Bourg)
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Mardi 12 Août 2008
Rwanda : qui est vraiment Kagame ?
L'accusation de complicité du gouvernement français dans le génocide rwandais est absurde. Ce n'est qu'une habile opération de communication du président rwandais, pour faire oublier sa mise en cause dans l'attentat qui a coûté la vie à son prédécesseur.
Paul Kagame (Photo Wikipedia)
Tous les ingrédients d'une habile opération de communication sont réunis : une commission d'enquête (ça fait ONU ou Congrès des Etats-Unis, ça fleure la démocratie et la défense des droits de l'homme etc.), un rapport (bien plus fort qu'un communiqué ou une harangue !), le choix du moment de la publication pour donner à l'opération le maximum de retentissement : début août quand l'actualité est au point mort dans le pays occidentaux et que les grands quotidiens ne savent plus sur quoi titrer.
Tout ce qu'il fallait faire pour accréditer l'accusation absurde de complicité du gouvernement français dans le génocide rwandais de 1994 est réuni.
Tous ceux qui, sans doute par un reste de racisme inavoué, prennent les Africains pour des amateurs ne savent pas bien à qui ils ont affaire avec Paul Kagame et l'équipe qui dirige aujourd'hui le Rwanda d'une main de fer.
Certes, ces gens ne sont pas près de développer leur pays qui est un des plus pauvres du monde : l'économie n'est pas leur fort. Mais pour ce qui est de la manipulation politique, nos dirigeants doivent se persuader qu'à côté des gens au pouvoir à Kigali, ils ne sont que des enfants de chœur.
Il est possible dans un livre ou un article en France ou en Europe de dire du mal de n'importe quel chef d'Etat dans le monde sans que cela tire à conséquence ni même qu'il y ait des réactions.
Interdit de dire quoi que ce soit sur Kagame
A cette règle, une exception : si dans un livre ou un article quelqu'un s'avise de dire la vérité sur le régime de terreur instauré par Paul Kagame au Rwanda, il sera immanquablement assailli de pétitions indignées, il fera l'objet de harcèlement médiatique et internautique, ou encore de poursuites judiciaires ruineuses.
Pierre Péan avait pu dans des ouvrages antérieurs mettre en cause impunément la « Françafrique » et particulièrement son homme clef, le président Bongo du Gabon, pourtant très introduit à Paris et disposant de la manne d'un pays pétrolier.
Quand il s'est avisé en 2005 d'enquêter sans préjugés et en professionnel consciencieux qu'il est, sur l'affaire rwandaise et qu'il a conclu dans un livre bien documenté (1) que la France n'avait rien à se reprocher, il est devenu la cible d'un harcèlement sans précédent, pas en Afrique, non, en France et accessoirement en Belgique. On ne saurait dire que son livre soit passé inaperçu : une page entière lui a été consacrée par Le Monde et Le Figaro : rien que des articles critiques !
Profitant de la légèreté, de l'ignorance et du mépris ordinaire de nos dirigeants pour les Africains, le président Kagame a décidé de harceler la France jusqu'à ce qu'elle soit reconnue par l'opinion publique française (c'est à moitié fait) et internationale ( c'est fait aussi sauf en Afrique où les dirigeants savent ce qui s'est vraiment passé) complice du génocide de 1994.
Kagame est soupçonné d'avoir commandité l'attentat contre l'ancien chef d'Etat rwandais
Est-il nécessaire de rappeler que la vérité est à l'inverse ?
- Paul Kagame est fortement soupçonné d'avoir été l'instigateur de l'attentat du 6 avril 1994 qui a coûté la vie à deux chefs d'Etat, ceux du Rwanda et du Burundi, qui se trouvaient dans le même avion, attentat qui a joué un rôle décisif dans le déclenchement de la tuerie.
- Si des centaines de milliers de Rwandais, d'ethnie tutsie mais pas seulement, ont péri du fait du pouvoir hutu aux abois, des centaines de milliers de hutus ont aussi péri du fait du nouveau pouvoir tutsi (2) ;
- S'il est vrai que la France a eu une coopération militaire avec l'armée et la gendarmerie rwandaises, dominées par les Hutus, avant 1994, nos instructeurs ne leur ont sûrement pas enseigné le maniement de la machette, principal instrument des massacres ;
- L'opération Turquoise montée en 1994 avait pour but de sauver des vies et singulièrement celles des victimes tutsies.
Que cette opération n'ait eu rien de déshonorant pour la France, la preuve : CNN–Afrique laissa entendre alors qu'il s'agissait d'une opération américaine !
Voilà la vérité. Mais pourquoi le régime Kagame s'acharne t-il à faire admettre le contraire à l'opinion internationale ? Il y a bien entendu la volonté de se disculper : l'équipage de l'avion abattu étant français, l'entourage de Kagame a fait l'objet, à la demande des familles, de poursuites de la part du juge Bruguière ; il est bien connu que la meilleur défense, c'est l'attaque : quand vous êtes légitimement accusé, accuser mensongèrement votre accusateur en criant plus fort que lui est une vieille tactique, connue dans les cours de récréation.
La pseudo-rapport de Kagame intervient en outre au moment où les juristes chargés de punir les coupables de génocides devant le tribunal international d'Arusha ont ouvert au fil des séances les yeux sur le véritable rôle de Kagame dans les massacres de 1994 et sur la nature du régime qu'il a mis en place : ils se montrent aujourd'hui de plus en plus réticents à s'appuyer sur la justice rwandaise.
Mais il faut aussi compter avec l'immense orgueil de cet homme qui a décidé d'humilier la France.
Il connait parfaitement les ressorts de la communication internationale, ceux de la mauvaise conscience européenne, du goût de l'autodénigrement (même quand il n'y a pas matière) d'une partie de nos médias, il dispose d'un réseau impressionnant soigneusement tissé ( et dont les articulations restent à élucider (3)) en Europe. Il joue admirablement de tout cela.
Un dirigeant sans aucun scrupule
Surtout Kagame n'a aucun scrupule. Les procès totalitaires ont montré comment un procureur parfaitement cynique arrivait au moyen d'accusations véhémentes à éveiller le sentiment de culpabilité même chez les innocents, aisément déstabilisés par une rhétorique dont ils n'avaient même pas l'idée.
Le Quai d'Orsay , face à cette opération, ne trouve rien d'autre à faire que de rappeler notre volonté de réconciliation avec le régime de Kigali . Alors que c'est précisément cette volonté , exprimée par une visite incongrue de Bernard Kouchner auprès de son « ami » Kagame qui est sans doute à l'origine de cette escalade dans l'audace. « Oignez vilain, il vous poindra ! ».
Le seul moyen de clouer le bec à ces accusations invraisemblables n'est pas non plus de s'en tenir à un silence méprisant, qui n'aura d'autre effet que d'exaspérer l'adversaire et surtout de laisser accréditer la rumeur qu'il s'efforce de propager, selon le vieux ressort énoncé par Voltaire : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! ».
Sans doute, faut-il cesser de vouloir amadouer un adversaire de toutes les façons irréconciliable, mais on aurait tort pour autant de le négliger : seul un démenti cinglant – que notre gouvernement doit d'ailleurs aux principaux acteurs politiques et militaires concernés, M.Balladur alors premier ministre en tête - est à même de calmer un adversaire de ce genre et de couper court aux soupçons déjà largement répandus dans la presse et l'opinion françaises. M. Kagame a beau connaître, mieux que la plupart des Africains, les ressorts de la société politique occidentale, il en est un qu'il faut lui rappeler, c'est que dans une société ouverte, on ne plaisante pas avec la vérité.
1.Pierre Péan , Noires fureurs, blancs menteurs, Fayard 2005
2.Il faudrait aussi prendre en compte, pour avoir une vision complète de la question, les massacres de Hutus par les Tutsis intervenus à plusieurs reprises au Burundi.
3.Le lobby rwandais a pour noyau la diaspora tutsi chassée de son pays par la révolution de 1962 et dont seule une petite partie est revenue au pays en 1994, mais il s'est acquis dans les medias ou l'université en France, en Belgique, en Suisse, des complicités que rien n'explique sinon la naïveté ou des préjugés anticolonialistes habilement exploités.
Source: http://www.marianne2.fr/Rwanda-qui-est-vraiment-Kagame-_a90085.html
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Mercredi 13 Août 2008
Rwanda: Panorama- France-Rwanda-Dépassionner le débat
On croyait que la France méprise la publication du rapport rwandais sur le rôle de l'Hexagone dans le génocide de 1994. On s'attendait à une posture du genre "les chiens aboient, la caravane passe" pour minimiser l'effet du rapport surtout qu'il émane d'un tout petit pays africain. Mais ce ne fut pas le cas car des militaires et des hommes politiques français mis en cause dans le rapport parce qu'étant aux affaires au moment des faits, ont réagi.
Comme s'ils s'étaient concertés, la ligne de défense est la même : la France n'a rien à se reprocher dans ce qui est arrivé au pays des mille collines en 1994; bien au contraire, son armée a même contribué à réduire l'ampleur des massacres. Il n'est donc pas question de laisser aboyer le chien mais plutôt de lui répondre.
Les accusations portées sont assez graves pour que la France ne réagisse pas. Et en matière d'accusation, la commission d'enquête rwandaise n'est pas allée avec le dos de la cuillère en reprochant à la patrie des droits de l'homme de s'être rendue coupable de violations de droits humains et, plus grave, de génocide.
Les accusations portées sont assez graves pour que la France ne réagisse pas. Et en matière d'accusation, la commission d'enquête rwandaise n'est pas allée avec le dos de la cuillère en reprochant à la patrie des droits de l'homme de s'être rendue coupable de violations de droits humains et, plus grave, de génocide.
Les accusations portées sont assez graves pour que la France ne réagisse pas. Et en matière d'accusation, la commission d'enquête rwandaise n'est pas allée avec le dos de la cuillère en reprochant à la patrie des droits de l'homme de s'être rendue coupable de violations de droits humains et, plus grave, de génocide.
Tous les péchés du ... Rwanda ont été mis sans ménagement sur la crête du coq gaulois, amenant donc celui-ci à sortir ses ergots pour faire état d'une enquête menée uniquement à charge et sous des arrières-pensées politiques.
Et c'est en cela que réside une des faiblesses du rapport. Il est difficile pour les autorités rwandaises de démontrer que leur rapport n'est pas une réaction à celui du juge français Jean-Louis Bruguière rendant le président Paul Kagamé responsable de l'attentat contre l'avion de son prédécesseur.
La mort de Habyarima, c'est connu de tous, a été l'élément déclencheur des massacres. C'est enfoncer des portes grandement ouvertes que d'affirmer que la passion, la subjectivité, le désir de laver un honneur bafoué ont pu dicter cette réponse du berger à la bergère. Ce n'est pas dans cette situation que la vérité pourra vraiment éclater. On ne verra mieux dans cette affaire, on ne situera mieux le rôle et la responsabilité de tout un chacun (Rwandais, Français, Belges, ONU) qu'une fois la passion apaisée.
Pour ce faire, il y a lieu que les débats entre le Rwanda et la France soient dépassionnés, que, comme on le dit couramment, on joue balle à terre. Pour solder sereinement les comptes dans cette affaire qui empoisonne les relations entre les deux pays, les responsabilités doivent être clairement situées. Et ce devrait être beaucoup plus du ressort de la justice internationale à travers notamment le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
La justice voulue par le Rwanda risque de ne pas être juste car elle a toutes les chances d'être celle des vainqueurs ou plutôt celle des victimes qui auront tendance à occulter leur propre responsabilité. Si dans ce qui s'est passé, la France ne peut pas être blanche comme neige, les Rwandais en général et les dirigeants actuels en particulier ne sont pas non plus des saintes nitouches. Par exemple, Paul Kagamé peut-il jouer le Napoléon des Grands lacs on a vu son ombre dans le pillage des richesses de la RDC et être en même temps irréprochable en matière de violations des droits de l'homme ? C'est dire que le Rwanda et la France doivent chercher ensemble un arbitre pour situer les responsabilités dans le génocide de 1994.
Source:
Le Pays
(Ouagadougou) par Seni Dabo
http://fr.allafrica.com/stories/200808120208.html
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Mercredi 13 Août 2008
Rapport rwandais : vraiment pas sérieux !
De documents officiels bizarroïdes en témoignages qui sonnent faux, le rapport Mucyo qui accuse la France d'avoir participé au génocide rwandais semble de moins en moins digne de foi.
La lettre figure en page 295 du
rapport de la « Commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 »
. Datée du 2 juin 1998, elle porte l'en-tête du commandement des opération spéciales du ministère de la Défense et la signature d'un certain colonel Gilles Bonsang, chef du 7e Rima, par ordre du Général Yves Germanos,
« chef d'Etat Major des Forces spéciales ». Elle est adressée à trois personnes dont Léon « Habiarimana » (le nom s'écrit en réalité Habyarimana), le fils de l'ancien président rwandais que Paul Kagamé est soupçonné d'avoir fait tuer au cours d'un attentat visant l'avion à bord duquel il voyageait.
Que dit cette lettre ? Que, quatre ans après le génocide, l'armée française a décidé de renverser le dirigeant rwandais Paul Kagamé. Pour cela, elle annonce avoir débloqué 23 millions de francs pour financer l'Armée de libération du Rwanda, les ex-Forces armées rwandaises et les Interahamwe (milice rwandaise particulièrement active pendant le génocide) et prévu 57 lance-roquettes.
Pour Kigali, c'est bien entendu une preuve supplémentaire de l'implication de la France dans le génocide rwandais.
Le problème, c'est que ce document est truffé d'erreurs. Ainsi, non seulement le général Germanos se prénomme Raymond, et non « Yves », mais en plus, à cette date, il n'est pas du tout
« chef d'Etat Major des Forces spéciales » mais chef du cabinet militaire du ministre de la défense.
Quant au 7e Rima, il n'existait plus, et Gilles Bonsang ne l'a jamais commandé.
Cela fait beaucoup de fautes pour un document d'une telle importance !
Pierre Péan accusé de kidnapping
« C'est un faux grossier », résume le journaliste Pierre Péan,
personna non grata à Kigali depuis la publication de son livre
« Noire fureur, blancs menteurs » et lui-même accusé, dans le rapport rwandais, d'avoir participé avec les services secret français à… une tentative de kidnapping. Rien que ça.
« Une opération de récupération et d'enlèvement en Allemagne d'un opposant hutu bien connu, Shyirambere Jean Barahinyura, précise l'auteur du rapport. (…)
L'équipe de spécialistes chargée de cet enlèvement se composait de Pierre-Yves Gilleron, ancien de la « cellule antiterroriste de l'Elysée », de son garde du corps Pierre Massé lui aussi rattaché à l'Elysée, et de son ami et associé, Pierre Péan, mais la tentative fut déjouée grâce à l'intervention énergique de la police allemande ».
« Je connais effectivement très bien Shyirambere Jean Barahinyura, explique Pierre Péan,
puisqu'il a été une de mes sources pour mon livre Noire fureur blancs menteurs ! ». Shyirambere Jean Barahinyura n'a d'ailleurs pas témoigné devant la commission rwandaise…
Voilà en tout cas de quoi semer le doute -
« et il y a beaucoup d'autres exemples dans ce rapport », affirme Pierre Péan - sur un rapport que la presse française,
à commencer par nos confrères du Monde
, a été peut-être un peu prompte à prendre au sérieux.
Source: http://www.marianne2.fr/Rapport-rwandais-vraiment-pas-serieux-!_a90234.html
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Mardi 19 Août 2008
Génocide, un discutable rapport rwandais
par Jacques Sémelin, directeur de recherches au CERI/CNRS
En septembre 2004, le Quai d'Orsay (Centre d'analyses et de prévisions) m'a demandé de préparer une note de réflexions et de propositions en vue d'un travail de mémoire entre la France et le Rwanda. Après y avoir effectué une mission, j'ai remis mon rapport en janvier 2005, lequel préconisait entre autres que la France reconnaisse ouvertement ses erreurs graves dans la gestion de cette crise extrême.
Convaincu donc de la nécessité d'un regard de vérité sur la politique française de cette époque, il m'apparaît pourtant que le rapport récemment publié par la commission rwandaise, dite "indépendante", soutient certaines thèses excessives. La violence de ses accusations ne peut guère surprendre, tant est lourd le passif entre deux Etats qui ont cessé officiellement toute relation diplomatique. Si cette commission avait été réellement indépendante, elle aurait auditionné des acteurs ou des chercheurs qui n'allaient pas nécessairement dans son sens, ce qu'elle n'a pas fait. Plus que d'un "rapport scientifique", il s'agit d'un réquisitoire politique sans nuance. Au début, le texte semble prometteur, brossant une bonne synthèse de la présence occidentale au Rwanda, spécifiquement de la France. Reprenant les travaux de la commission Quilès, il cite des archives intéressantes du régime Habyarimana. Mais plus on avance dans la lecture, plus on est saisi par un sentiment de malaise.
L'emploi du mot "génocide" reste assez flou par rapport à celui de "massacre". En effet, tout massacre ne constitue pas nécessairement un génocide. Le texte considère cependant que des "actes de génocide" ont eu lieu bien avant 1994, notamment en 1963 et 1992. Cette incrimination aurait mérité d'être plus étayée. Comme les militaires français arrivent au Rwanda fin 1990, Paris serait donc déjà impliqué en 1992.
Le rapport présente le défaut majeur de la reconstruction interprétative : sachant comment la situation a tourné, on est toujours tenté de croire que tout avait été pensé et planifié. Ainsi le texte affirme-t-il avec insistance que les militaires français ont entraîné dès 1992 les milices Interahamwe qui, en 1994, joueront un rôle actif dans l'extermination des Tutsi. Voici donc une preuve de l'implication de la France dans le génocide. Mais les instructeurs français qui auraient formé ces jeunes au combat armé savaient-ils déjà à quoi ils allaient être destinés en 1994 ? Le rapport ne semble pas en douter, sauf... au détour d'un paragraphe : "Il n'y a pas, à cette heure, d'éléments de preuve directe qui permettraient d'affirmer que les militaires français savaient que la formation qu'ils donnaient aux Interahamwe (...) était destinée à commettre le génocide."
Le texte souligne ensuite à juste titre l'incapacité de Paris à prendre en compte les signes de la détérioration de 1991 à 1993. Le dossier est ici accablant pour la France ; et on y découvre des éléments nouveaux. En revanche, l'opération "Turquoise" est présentée de manière trop simpliste sinon outrancière, les militaires français étant accusés de viols systématiques contre les femmes tutsi ; ce qu'aucun travail de chercheur n'est venu confirmer.
Poser la question de la responsabilité, c'est assurément s'interroger sur le rôle de la France, mais pas de manière aussi tranchée que ce texte. Paris n'a pas participé directement aux faits en 1994. La finalité de ce rapport est politique, donner au Rwanda la base d'une attaque juridique contre les dirigeants français de l'époque, pour contrecarrer l'action du juge Bruguière envers les dirigeants du Front patriotique rwandais. Il vient très sérieusement gêner les efforts de Bernard Kouchner pour renouer avec Kigali. En réalité, la guerre entre la France et le FPR n'a jamais cessé : ce rapport en constitue un nouveau développement.
Source: http://www.lemonde.fr/opinions
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Lundi 11 Août 2008
Rwanda: l'amiral Lanxade estime "irréprochable" le comportement des Français
PARIS, 7 août 2008 (AFP) - L'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées à l'époque du génocide de 1994 au Rwanda, s'est dit jeudi certain du "comportement irréprochable des troupes françaises", jugeant "politique" la publication par Kigali des conclusions d'un rapport mettant en cause la France.
"Je pense que ce rapport est la réponse du président (rwandais Paul) Kagame aux accusations portées par la France sur son implication dans l'attentat contre Habyarimana. Pour moi c'est très politique," déclaré l'amiral Lanxade sur RFI.
L'ancien chef d'état-major (1991-95) faisait ainsi référence aux accusations du juge Jean-Louis Bruguière, qui a réclamé en 2006 des poursuites contre M. Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, qui avait marqué le début du génocide. Kigali avait alors rompu ses relations diplomatiques avec Paris.
Sur RTL, l'amiral Lanxade a par ailleurs assuré traiter "par le mépris" les accusations du rapport rwandais. "Mais ça me choque pour ceux qui ont été mes subordonnés à l'époque, parce que ces gens-là peuvent être atteints dans leur honneur".
"J'ai la certitude quant à la pureté de l'action de la France dans cette affaire et bien sûr au comportement irréprochable des troupes françaises", a-t-il poursuivi.
Sur RFI, il a démenti les accusations selon lesquelles les militaires français auraient formé des miliciens ayant participé au génocide. "On n'a pas du tout formé de milices populaires. Ceux qu'on a formés, c'est l'armée rwandaise".
Il a également démenti avoir donné l'ordre de ne pas empêcher les premiers massacres lors de l'opération d'évacuation Amaryllis, pour évacuer les ressortissants étrangers, du 9 au 17 avril 1994.
"C'est complètement inexact. Amaryllis avait pour objet d'évacuer les Français et plus largement les ressortissants étrangers de Kigali dans une période d'extrême tension, mais il n'y avait à ce moment là aucune indication (de massacres), il y avait des combats dans Kigali entre l'armée rwandaise et le FPR", le Front patriotique rwandais, rébellion tutsie aujourd'hui au pouvoir.
"Comme dans tous ces combats dans ces régions, il y avait des exactions des deux côtés et la mission de l'armée française était très clairement: vous devez évacuer les ressortissants étrangers et puis vous vous retirez. Ce que nous avons fait", a-t-il dit.
Il a enfin estimé que Paris n'avait "certainement pas" à demander pardon pour ses actions en 1994. "La France a agi comme elle a considéré qu'elle devait agir. Elle a estimé que c'était l'action qu'elle devait mener. Elle l'a menée, en particulier l'action qui a été faite avec l'opération Turquoise (fin juin-fin août 1994), dans le cadre très strict des Nations unies, donc je ne vois pas en quoi la France devrait demander pardon".
Source:
http://fr.news.yahoo.com/afp
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Vendredi 22 Août 2008
Visite de Paul Kagame au Burundi, un spectacle désolant

Pierre Nkurunziza et Paul Kagame
Arrivé Jeudi 21 août par la frontière Akanyaru nord en fin de matinée, Paul Kagame conduisant lui-même sa 4x4, a été acceuilli par le président de l’Assemblée nationale du Burundi, Pie Ntavyohanyuma. Le président rwandais s'est entretenu dans la soirée avec son homologue burundais, Pierre Nkurunziza. Durand ses trois jours de visite, il disputera un match de tennis avec le président du Sénat burundais, Gervais Rufyikirike. Une rencontre de football est également prévue entre les équipes Allelua FC du président burundais et Vision 2020 de Paul Kagame.
Mais cette visite un peu folklorique intervient dans un climat tendu entre les deux pays après la récente publication par le gouvernement rwandais d'une liste de 670 Burundais qui auraient participé au génocide de 1994. Des manifestations anti-Kagame ont eu lieu dans les grandes villes du Burundi.
Des usagers de la Route nationale numéro un (RN1), reliant Bujumbura aux capitales des pays voisins du Burundi, ont exprimé également leur mécontentement car le trafic était complètement paralysé par un imposant dispositif de sécurité composé de forces de défense et de sécurité rwandaises et burundaises pour laisser passer le cortège du président rwandais.
Paul Kagame doit rencontrer également les hommes et femmes d'affaires du Burundi avant de regagner Kigali peut-être encore une fois par la route.
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Dimanche 24 Août 2008
Rwanda: 355 candidats en lice pour les législatives de mi-septembre
Trois cent cinquante-cinq candidats seront en lice pour les élections législatives au Rwanda du 15 au 18 septembre, les deuxièmes depuis le génocide de 1994, selon la liste définitive de la Commission électorale nationale (Comelena).
La coalition du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) et de six petits partis qui se sont alliés à cette formation du président Paul Kagame est représentée par 80 candidats.
Deux autres formations politiques ont présenté leurs candidats: le Parti social-démocrate (PSD) avec 64 candidats et le Parti libéral (PL) avec 62 aspirants, auxquels il faut ajouter un candidat indépendant.
Sur les 80 sièges de la chambre des députés du Rwanda, 53 vont aux partis politiques et aux indépendants, 24 autres sont réservés exclusivement à des femmes, deux à des jeunes et un siège est dévolu aux personnes handicapées.
L'opposition politique rwandaise, qui comprend une douzaine de partis, est cantonnée à l'étranger depuis la fin du génocide, et ne présente pas de candidats.
La campagne électorale doit s'ouvrir lundi et se poursuivra jusqu'au 13 septembre.
Ces législatives seront les deuxièmes organisées dans le pays depuis le génocide de 1994, où, selon l'ONU, 800.000 personnes, essentiellement issues de la minorité tutsie, ont été tuées par des extrémistes hutus.
La prise du pouvoir à Kigali par la rébellion majoritairement tutsie du FPR avait mis fin au génocide.
Les dernières élections, tant législatives que présidentielle, avaient été massivement remportées par l'ex-rébellion du FPR en 2003.
Le 15 septembre, les électeurs rwandais éliront 53 députés parmi les représentants des partis et le candidat indépendant.
Le 16, les collèges électoraux de femmes à l'échelon local éliront leurs 24 représentantes à l'Assemblée nationale. Le 17, ce sera au tour du Conseil national de la jeunesse de choisir ses deux parlementaires, tandis que la Fédération des associations de personnes handicapées élira son représentant le 18 septembre.
Les résultats provisoires sont attendus le 22 septembre.
Les députés rwandais sont élus pour un mandat de cinq ans, les sénateurs huit ans et le président de la République pour un septennat.
Source: AFP
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Samedi 23 août 2008
Elections législatives au Rwanda, les indésirables déjà éliminés
Le 14 août 2008, le président rwandais Paul Kagame a dissous le parlement, la chambre des députés, pour préparer les élections législatives prévues le 15 septembre prochain selon un mode de scrutin unique au monde. Le FPR, parti au pouvoir organisateur de l'élection, est sûr de rafler la mise. Les indésirables ont déjà été écartés des listes électorales.
La Chambre des Députés du parlement rwandais est composée de 80 membres élus essentiellement sur la liste du FPR. Quelques députés sont élus sur des listes de partis autorisés satellites du FPR, le PSD, le PL, le PDC, le PDI, le PSR, et l’UDPR. D'autres députés sont désignés d'office notamment la représentante du conseil national des femmes, le représentant de la jeunesse et celui de la fédération des personnes handicapées. La chambre des députés est dirigée actuellement par Alfred Mukezamfura.
Le Sénat rwandais est composé de vingt-six membres élus ou nommés. Douze sénateurs sont élus dans toutes les quatre provinces du pays et la ville de Kigali capitale, huit sont nommés par le Chef de l’Etat, un sénateur désigné issu des universités et instituts supérieurs publics, et un autre représentant des universités et instituts supérieurs privés, quatre sénateurs proposés par le Forum des partis politiques dominés par FPR. Le Sénat est actuellement présidé par le Dr Vincent Biruta.
Parmi les députés sortant indésirables et déjà éliminés de la course, figure l'ancien maire de la commune de Giti, Edouard Sebushumba, qui devait comparaître au tribunal gacaca de Bitsibo le 4 août. Son procès pour génocide a été reporté après les élections législatives car son cas divise la classe politique rwandaise. Son nom vient d'être mis sur la liste des génocidaires de 2è catégorie alors que, comme tout le monde le sait, aucun Tutsi n'a été tué dans sa commune pendant les événements de 1994. Il a même été récompensé pour sa bravoure en 1996 par l'ex-président du Rwanda Pasteur Bizimungu. Mais son témoignage sur les massacres perpétrés par les troupes du FPR dans la commune de Giti serait gênant pour le régime d'où l'intimidation et le harcèlement. Les auteurs de ces massacres et leurs complices s'acharnent contre lui et sont décidés à le faire condamner.
Quant aux candidats indépendants, ils auront du mal à obtenir les 600 signatures de parrainage obligatoires pour que leur candidature soit acceptée par la commission électorale dirigée par Chrysologue Karangwa. Ils ne disposent que de très peu de temps pour les obtenir à travers tout le pays. En plus, l'acte de parrainage doit être accompagné d’une photocopie de la carte électorale alors que tous les électeurs n'ont pas encore reçu leurs cartes.
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Mercredi 27 août 2008
Au Burundi, la visite officielle du président Kagame provoque un malaise
La première visite officielle du président rwandais Paul Kagame au Burundi, moins d'un mois après que Kigali eut accusé 670 Burundais d'avoir participé au génocide de 1994, a provoqué un malaise dans le pays, même si les relations sont officiellement au "beau fixe".
Cette visite de M. Kagame de jeudi à samedi intervient après que le Rwanda eut annoncé, le 30 juillet, avoir transmis au Burundi les dossiers de 670 Burundais accusés d'avoir participé au génocide rwandais.
Jeudi, des centaines de tracts anti-Kagame ont été retrouvés dans la ville de Ngozi (nord du Burundi, près de la frontière rwandaise) et à Bujumbura, selon des sources policières.
"Nous protestons avec force contre la visite du président Kagame au Burundi", affirme l'un de ces tracts en kirundi (langue nationale), parvenu vendredi à l'AFP.
"Nous ne sommes pas contre l'idée que ceux qui ont participé au génocide rwandais comparaissent devant la justice, mais nous demandons que cette même justice fasse comparaître ceux qui ont tué des Burundais qui étaient réfugiés au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC) en 1994 et en 1995, et ceux qui ont tué le président Cyprien Ntaryamira", ajoute le tract anonyme.
Le président burundais Cyprien Ntaryamira a été tué dans l'avion de son homologue rwandais Juvénal Habyarimana en avril 1994 près de Kigali, un attentat qui a été l'élément déclencheur du génocide.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie, ont été tuées dans le génocide, planifié et mis à exécution par des extrémistes hutus.
Selon de nombreux témoignages devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et les tribunaux rwandais, beaucoup de réfugiés hutus burundais au Rwanda ont participé aux massacres de Tutsis en 1994. Ces personnes accusées avaient fui le Burundi en 1993, après l'assassinat du premier président burundais démocratiquement élu Melchior Ndadaye, un Hutu, par l'armée alors dominée par la minorité tutsie.
Les tracts anti-Kagame ont lancé la polémique au Burundi, alimentée par les réactions de plusieurs partis politiques, dont le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu, parti hutu), principale formation d'opposition.
"Le président (Pierre) Nkurunziza doit demander au président Kagame que la question des responsabilités pour les différents crimes commis au Rwanda et RDC, notamment sur des réfugiés burundais, soit traitée dans un cadre régional qui comprend le Burundi, le Rwanda et la RDC", a déclaré à la presse le vice-président du Frodebu, Frédéric Bamvuginyumvira.
Pour Aloïse Rubuka, président du parti Uprona (principal parti tutsi), "ceux qui ont participé au génocide doivent être poursuivis (...) mais devant une justice neutre et impartiale".
"La meilleure solution, c'est une Cour internationale de justice car il y aurait trop de méfiance si le Rwanda se rendait justice lui-même", a-t-il dit vendredi à l'AFP.
De nombreux Burundais se sont exprimés sur des radios privées pour demander au gouvernement d'"exiger des éclaircissements sur l'assassinat du président Ntaryamira".
Mais officiellement, "les relations entre le Rwanda et le Burundi sont au beau fixe", a réagi Léonidas Hatungimana, porte-parole du président burundais.
"Ce ne sont pas seulement des relations diplomatiques, mais il s'agit de véritables relations fraternelles", a-t-il dit à l'AFP.
Le Burundi tente de sortir de 14 ans de guerre civile, qui a opposé l'armée dominée jusqu'à récemment par la minorité tutsie et des mouvements rebelles hutus.
Le pays est dirigé depuis 2005 par un pouvoir dominé par la majorité hutue, tandis que le Rwanda est dirigé par le Front patriotique rwandais (FPR), ex-rébellion majoritairement tutsie qui avait mis fin au génocide en prenant le pouvoir en 1994.
Source: AFP (Bujumbura)
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Jeudi 18 septembre 2008
Elections législatives au Rwanda: une victoire sans gloire
Le président rwandais, Paul Kagame. Photo DW
Le Front patriotique rwandais (FPR), parti au pouvoir, a remporté les élections législatives du 15 septembre dernier, avec 42 des 53 sièges mis en jeu, dont plus de la moitié conquis par des femmes. "Même si nous n'avons pas encore les résultats complets, il est clair que les femmes seront plus de 50%", a assuré Chrysologue Karangwa, président de la commission électorale. Le parlement sortant affichait un taux de féminisation de 44%. Selon ces résultats provisoires, le Parti socio-démocratique arrive en deuxième position avec 7 sièges, suivi du Parti libéral, 4 sièges. Les 27 sièges restant, sur un total de 80, seront attribués cette semaine au scrutin indirect.
Selon l'opposition rwandaise à l'étranger qui n'a pas participé au scrutin, ces élections sont une mascarade.
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Lundi 25
Août 2008
"Les autorités rwandaises jouent avec l'histoire", Dominique de Villepin au grand jury RTL-LCI-Le Figaro le 24 août 2008
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Faut-il faire le procès d'un pays, d'une armée française qui a pris le risque d'aller au Rwanda sauver des vies humaines?
Parce qu'elles craignent une mise en cause judiciaire de la justice française, les autorités rwandaises prennent cette occasion pour faire un rapport. Elles jouent avec l'histoire. Cela n'est pas conforme à la vérité".
L'intégralité de son interview sur lci.fr (Cliquer dans l'image). La question sur le rapport Mucyo dans lequel il est mis en cause lui a été posée vers la fin de l'interview avant la dernière concernant les élections américaines".
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Dimanche 21 septembre 2008
Rwanda: un parlement majoritairement féminin
Vingt-quatre femmes viennent d'être désignées par le Conseil national des femmes (National women council, NWC) pour siéger à l'assemblée nationale rwandaise au côté de celles élues sur la liste des partis, FPR et ses satellites PSD et PL. Le parlement rwandais comptera désormais 56,25% de femmes alors qu'elles étaient à 48 % à l'assemblée sortante. Ce pourcentage peut même augmenter après la nomination d'autres députés représentant la jeunesse et les handicapés. Le Rwanda serait numéro 1 dans le monde dans la réprésentativité féminine au parlement.
Mais quel pouvoir réel auront ces femmes dans une assemblée monocolore dominée par le parti-état FPR? Madame Oda Gasinzirwa, présidente du NWC, est optimiste. Selon elle, ce n'est pas tellement le nombre qui compte mais plutôt la capacité de celles qui ont été élues à accomplir leur tache. On aimerait bien la croire. Entre temps, les machos critiquent cette surreprésentation féminine qu'elle juge de poudre aux yeux face à un pouvoir exécutif qui décide tout.
A M
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21 septembre 2008
A Kigali, des élections sans opposition
Par Christophe Ayad, Libération du 19 septembre 2008
Un triomphe pour le Front patriotique rwandais (FPR), mais pas pour la démocratie. Le parti au pouvoir depuis 1994 au Rwanda a remporté 42 des 80 sièges aux élections législatives rwandaises qui se sont déroulées du lundi jusqu'à hier. Une victoire "relative" en trompe-l'oeil, car il faut ajouter aux résultats du FPR et de six micropartis satellites ceux du Parti social-démocrate (PSD, 7 députés) et du Parti libéral (PL, 4 députés). Le PSD et le PL avaient appelé, lors de la dernière présidentielle à vôter pour Paul Kagame, le président rwandais et chef du FPR. En plus des 53 sièges dévolus aux partis politiques, 27 sont réservés à des catégories "vulnérables" de la population: femmes, jeunes et handicapés (respectivement 24, 2 et 1 sièges).
Voix. Au final, le parlement rwandais présente la double particularité de compter la plus forte proportion de femmes au monde et celle, moins reluisante, de n'avoir aucun opposant. La scène politique rwandaise a été méthodiquement vidée de toute voix discordante. Une coalition de partis d'opposition, basées à Bruxelles, a dénoncé le scrutin: "Tant qu'un seul parti politique, le FPR, monopolise tout l'appareil d'état, décide quelle formation ou quel individu peut participer aux élections, boucle tout le pays pendant le processus électoral, les élections se résument à un écran de fumée".
Certes, l'opposition rwandaise compte d'anciens génocidaires dont le projet n'est autre que d'achever le génocide des Tutsis de 1994: les Forces démocratiques de libérations du Rwanda (FDLR), encore militairement actives dans l'est du Congo-Kinshasa, en font partie. Mais, en accusant tout opposant de "divisionniste" (terme officiel pour ethnisme, le régime radicalise les plus modérés, à l'instar de Pasteur Bizimungu, qui avait été président de la République de 1994 à 2000 sous la houlette du FPR, avant d'être jeté en prison (2002-2007) puis d'être gracié. Au fur et à mesure que s'éternise l'exil, les arguments des opposants les plus durs, ceux qui dénoncent la "clique tutsie" au pouvoir à Kigali et prônent la lutte armée, gagnent du terrain.
Paul Kagame n'en a cure. Dans un pays traumatisé par le génocide-auquel il a mis fin par les armes-, le président rwandais estime que la priorité est à la "stabilité": "La démocratie, cela ne veut pas dire les troubles", a-t-il rétorqué sèchement à des journalistes qui s'étonnaient du manque de compétition pendant la campagne.
Croissance. Le Rwanda ne cesse de collectionner les félicitations des bailleurs de fonds, dont l'Union européenne qui a dépêché des observateurs pour les élections, pour le dynamisme de son économie et de sa croissance, l'une des plus fortes d'Afrique en l'absence d'or noir ou de minerais. Pourtant, l'accroissement vertigineux des inégalités entre villes et campagnes, l'absence de libertés d'expression (Reporters sans frontières a classé Kagame parmi les "prédateurs" de la liberté de la presse) et de libertés politiques risque un jour de former un cocktail explosif au Rwanda.
Visiter le site du journal Libération sur http://www.liberation.fr/
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Samedi 13 septembre 2008
France-Rwanda: Quilès (PS) veut une nouvelle commission pour des conclusions "incontestables"

Photo: marianne2.fr
Paul Quilès, ancien président (PS) de la mission parlementaire d'information sur le génocide du Rwanda, demande la création "d'une commission de personnalités indépendantes" pour établir "de manière incontestable" les responsabilités dans le génocide au Rwanda en 1994.
L'ex-député et ministre de la Défense a rendu publique vendredi une lettre en ce sens, adressée la veille au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.
Selon M. Quilès, "la multiplicité des travaux publiés" sur le sujet "risque de donner une image éclatée, peu cohérente des évènements et ce d'autant plus que leurs conclusions sont souvent dissemblables, voire contradictoires".
Il cite, outre le rapport de 1998 de la mission qu'il présida, ceux de la commission d'enquête du Sénat de
Belgique
(1997), de la commission d'enquête indépendante instituée par Kofi Annan (1999), de la commission nationale indépendante rwandaise (2007), ainsi que "des travaux conduits souvent avec beaucoup de rigueur par des organisations non gouvernementales et des chercheurs".
M. Quilès fait aussi valoir que "des faits mis au jour dans le cadre des procédures judiciaires consécutives au génocide sont susceptibles de remettre en cause certaines conclusions des enquêtes menées jusqu'à présent".
"Je vous propose donc de soumettre l'ensemble des travaux conduits jusqu'à présent sur les causes, le déroulement et les conséquences du génocide du Rwanda à l'examen d'une commission constituée de personnalités indépendantes à l'expertise reconnue", écrit-il à M. Ban.
"Ainsi pourrait être établie, à l'intention des gouvernements et des opinions, une analyse impartiale et incontestable, qui apporterait, à mon sens, une contribution essentielle aux efforts de réconciliation et de reconstruction dans la région des Grands Lacs", ajoute M. Quilès.
Source: AFP
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Jeudi 25 septembre 2008
47è anniversaire du Referendum Kamarampaka


Le 25/9/1961 a eu lieu à Gitarama le Referendum Kamarampaka. Les Rwandais devaient se prononcer pour ou contre la monarchie. Ils ont voté à 80 % contre la monarchie. Ce même jour fut élu une assemblée législative de 44 députés dont 35 pour le parti MDR PARMEHUTU qui avait remporté le scrutin avec 78 % des voix, 7 sièges pour le parti monarchiste UNAR et 2 sièges pour le parti APROSOMA de Joseph Habyarimana Gitera. Les monarchistes déchus ont tenté de reprendre le pouvoir par les armes en attaquant le Rwanda en 1963,1965,1966 et 1967, mais sans succès.
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Le rapport Mucyo au format pdf :

L'ex-ministre rwandais de la justice, Augustin Mucyo, remettant le rapport qui porte son nom à Paul Kagame le 5 Août 2008
Cliquer dans le carré ci-dessous pour lire le rapport dans son intégralité ou le télécharger.
Mercredi 24 septembre 2008
Un opposant rwandais nie l’existence de la démocratie au Rwanda

Ce lundi 15 septembre, des élections parlementaires ont eu lieu au Rwanda. C’était une occasion la semaine passée pour Paul Kagame de donner une interview au journal belge « Le Soir », dans laquelle il donne ses points de vue sur le bilan de sa politique en tant que Président de ce pays et sur le conflit avec la France, notamment les accusations mutuelles concernant la période du génocide de 1994.
La guerre fait de nouveau rage au Kivu. Nous avons recueilli les réactions de l’opposition rwandaise. Voici la teneur de l’interview que nous a accordée depuis Bruxelles, Jean-Baptiste Mberabahizi. Jean-Baptiste Mberabahizi est Secrétaire-général et Porte-parole des FDU (Forces Démocratiques Unifiées), la principale organisation de l’opposition rwandaise.
Question : Paul Kagame dit que les élections législatives qui se commenceront ce lundi 15 septembre sont « un processus démocratique ». Il dit : « Les Rwandais auront le droit de choisir librement et régulièrement leurs dirigeants. ». Pourquoi l’opposition Rwandaise ne participe-t-elle pas à ces élections ?
Jean-Baptiste Mberabahizi : Parce que les Rwandais ne sont pas libres de choisir leurs dirigeants. Il n’y a pas de liberté dans le pays. On ne peut pas parler de processus démocratique quand il n’existe pas les conditions minimales pour une élection démocratique. La constitution ne permet pas la liberté de l’activité politique, la presse n’est pas libre. Dernièrement il y a encore un journaliste qui a été expulsé vers la Tanzanie. Il collaborait à « Umeseso », un journal qui fait montre un tout petit peu d’indépendance vis-à-vis du pouvoir. En plus, les lois qui régissent les partis politiques, la conduite des élections, la composition et le fonctionnement de la commission électorale, comportent tellement de limitations qu’il est tout simplement ridicule de sa part de parler de processus démocratique. Parler de « processus démocratique » est tout simplement du cynisme.
Question : Pouvez-vous nous donner quelques exemples de ces limitations à la liberté de l’activité politique ?
Jean-Baptiste Mberabahizi : Premièrement, tous les partis politiques ont le devoir de faire partie de ce qu’on appelle le « Forum de Concertation » des partis politiques. Donc, s’ils veulent être actifs légalement, ils doivent obligatoirement être membres de ce « forum » qui est financé par l’Etat, qui prend ses décisions par consensus et qui peut s’immiscer dans les affaires internes des partis. Ce forum présidé par le secrétaire général et le secrétaire permanent du Fpr, est aussi un cadre du FPR. Cela fait du régime politique rwandais un régime à parti unique de fait.
La deuxième limitation est le fait que les partis politiques ne peuvent pas fonctionner sur tout le territoire national. Le régime a agi de telle façon que les partis politiques n’ont pas de structures au niveau local. Le plus grave je trouve, c’est que la sécurité n’existe pas pour les dirigeants de l’opposition. L’ancien président Pasteur Bizimungu a été emprisonné et après libéré sans aucune explication. Il avait été arrêté pour la simple raison qu’il avait tenté de créer un parti politique indépendant du FPR. D’ailleurs, un des codirigeants de ce parti, Charles Ntkirutinka, ancien ministre des travaux publics après 1994, se trouve en prison jusqu’à présent. C’est pour dire que toute possibilité de contester la politique du FPR légalement ou pacifiquement est simplement empêchée au Rwanda.
Il y a aussi l’exemple de l’ancien secrétaire d’Etat à la planification économique, Charles Kabanda, qui a voulu créer un parti juste avant les élections de 2003. C’était l’ADEP-Amisero, un parti qui n’a jamais pu voir le jour. La raison principale c’était que ce parti n’était pas inféodé au FPR et qu’il aurait représenté une véritable opposition au régime.
Troisièmement, les structures de sécurité de l’Etat, notamment de la police et des services de renseignements sont anti-démocratiques et ne peuvent absolument pas garantir la sécurité des opposants. Par exemple, l’activité principale de la principale organisation des renseignements, on l’appelle « cushing the opposition », donc « traquer les opposants », va jusqu’à les poursuivre à l’étranger. Par exemple, elle a assassiné à Nairobi, le 16 mai 1998 Seth Sendashonga, l’un des fondateurs des Forces de résistance pour la démocratie (FRD), l’une des organisations fondatrices des FDU. Ce n’est pas dans des conditions pareilles que l’on peut parler d’élections démocratiques.
Quatrièmement, j’ai parlé tantôt de la loi électorale. La commission électorale est présidée par un membre du Comité exécutif du FPR, Chrysologue Karangwa. Elle ne comprend évidemment aucun membre d’un parti politique indépendant du FPR. D’ailleurs cela n’existe pas. Il y a neuf partis politiques y compris le FPR. Six d’entre eux présentent des candidats sur la liste du FPR. Ce sont en fait des factions du FPR. Les deux qui restent sont le parti libéral et le parti social-démocrate. Le parti libéral est présidé par un soldat de l’armée rwandaise, Protais Mitali. A ma connaissance n’a jamais quitté l’armée. En plus les membres de ce parti ont, depuis la guerre de 90, toujours été en même temps des membres du FPR. Quant au parti social-démocrate, la situation n’est pas meilleure. Son président, Vincent Biruta, est aussi le président du sénat et il est aussi membre du FPR depuis 1991. Il fait semblant d’être un opposant mais en réalité il est membre du FPR.
Enfin, le plus grave qui n’a rien à voir avec la législation ou le fonctionnement des partis politiques, c’est le fait que la plupart des dirigeants politiques et militaires du FPR sont suspectés d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Certains ont été commis au Rwanda, d’autres ont été commis en RDC. Certains entre ’90 et ’94 et d’autres après ’94. Les populations qui ont été victimes de ces crimes dont certains ont été qualifiés comme des crimes contre l’humanité, voire de génocide, des crimes de guerre, donc les populations qui ont été victimes de ces crimes là, n’ont aucun moyen de s’exprimer. Quand vous avez devant vous des gens qui viennent vous demander de voter pour eux, alors que vous n’avez même pas le droit d’enterrer vos morts, que vous êtes un paria dans votre propre pays, alors on ne peut décemment pas parler de processus démocratique.
En Afrique du Sud, sous l’apartheid, la majorité des Sud-Africains ne pouvaient pas voter. C’est pareil au Rwanda. La seule différence, c’est que Kagame prétend qu’il n’y a plus de discrimination ethnique et que tous les Rwandais sont égaux et qu’en même temps il met tout en œuvre pour empêcher toute possibilité de contester la discrimination ethnique qui existe dans le pays.
Question : Le bilan que Kagame fait de ses réalisations, ainsi que les perspectives qu’il se donne semblent ambitieux. Il déclare avoir « bataillé très dur » et il veut qu’en 2020, « le produit intérieur brut soit de 900 dollars par citoyen ».
Jean-Baptiste Mberabahizi : C’est un gros mensonge. L’année passée en 2007, une équipe pluridisciplinaire du PNUD a rédigé un rapport sur le développement humain au Rwanda. Le titre est « transformer la vision 2020 en réalité ». La description dans ce rapport des conditions de vie de la population rwandaise est tout le contraire de ce que Kagame met en avant comme dans son bilan.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Entre 1994 et 2005, les revenus des 20% des Rwandais les plus riches ont doublé pendant que ceux des 20% des plus pauvres ont soit stagné, soit diminué. Le rapport constate que sur 3 provinces des 5, la pauvreté a augmenté et que dans les autres, la pauvreté s’est même approfondie. 80% des Rwandais vivant à la campagne vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
En ville ce chiffre est de 60%. Le taux de mortalité infantile reste en dessous du niveau de 1990 et il reste inférieur à celui de la région. L’espérance de vie des Rwandais est aujourd’hui de 44 ans, alors qu’avant la guerre il était de 49 ans. En plus, le niveau du PIB (produit intérieur brut) n’a pas augmenté au dessus du niveau d’avant la guerre en 1990. En 2007 il était à 361$ par personne. L’amélioration vantée pour les années 2000, 2001 et 2002, correspondent avec l’occupation et le pillage des ressources de la RDC. En plus, cette amélioration ne se situe pas au niveau qu’on aurait pu atteindre si on tient compte avec l’aide extérieure massive dont le Rwanda bénéficie depuis 10 ans, une aide qui est en moyenne de 400 à 500 millions $ par an. L’impact de l’aide est donc largement en dessous des possibilités.
Le rapport confirme aussi que le Rwanda se trouve parmi les 15 pays les plus inégalitaires au monde. Les 20% des plus riches détiennent 51,4% du PIB, alors que les 20% les plus pauvres survivent avec seulement 5,4% du PIB. Le rapport note aussi que si la répartition des revenus était restée la même qu’avant la guerre en 90, le revenu des 20% les plus pauvres auraient pu doubler.
Donc, le second problème le plus aigu du régime FPR, c’est que ce régime est profondément inégalitaire. Par exemple, alors que 90% de la population rwandaise vit à la campagne, il n’y a que 3% du budget gouvernemental qui est consacré à l’agriculture.
Alors on regarde où vont les crédits des banques ? Ce pourquoi on mobilise et à quoi on affecte l’épargne des Rwandais ? 60% des crédits vont en ville pour des projets de construction ou du commerce import/export. D’ailleurs, on voit cela à Kigali, les chantiers ne concernent presque rien d’autre que des bâtiments, surtout privés. Et on emploie cela comme une sorte de vitrine, pour montrer au monde entier que le régime est actif et réalise des « miracles ». Quand on regarde combien de crédits vont aux secteurs de l’énergie, de l’eau, et agriculture, cela ne dépasse guère le niveau de 4%.
La meilleure illustration du caractère inégal du régime est bien la différence entre le revenu officiel mensuel de Kagame qui est de 26.000$ par mois (selon l’arrêté présidentiel qui règle les émoluments et les indemnités des dirigeants du pays) et le revenu d’un soldat simple de l’armée rwandaise qui est de 41$ par mois. Devant un bilan pareil, je crois que Kagame ferait mieux d’être modeste et même de demander pardon. Ce rapport a d’ailleurs fait l’objet d’une grande polémique. Le gouvernement a fait pression sur le PNUD, cela n’a rien changé au rapport, mais le PNUD a du ajouter un addendum où on a fait du rafistolage de ce rapport, pour redorer son sale blason.
Question : Dans cette interview, Paul Kagame se présente aussi comme un homme qui ose aller à l’encontre de l’Occident. Il dit : « il n’y a pas deux justices, l’une qui serait appliquée à l’Ouest et une autre justice qui serait réservée aux pays en développement. »
Jean-Baptiste Mberabahizi : Paul Kagame est un agent de l’impérialisme américain en Afrique. La signé un accord bilatéral dans lequel il garantit l’impunité aux ressortissants américains en cas de poursuite par la Cour pénale internationale. Depuis 1998 jusqu’à aujourd’hui, il mène une guerre par procuration pour le compte des Etats-Unis et du Royaume-Uni contre la RDC. Une guerre qui a fait 5,4 millions de morts. Lors de l’invasion de l’Irak par l’armée américaine en 2003, Kagame était un des seuls dirigeants africains à soutenir cette guerre, même si cette guerre était jugée illégitime par les Nations Unies.
Lors de l’élection du Président de la Banque Africaine de Développement, Kagame a aidé les Occidentaux à imposer leur candidat, son ministre des finances d’alors et commissaire aux finances du FPR, Donald Kaberuka, contre le candidat proposé par le groupe des pays africains, un ressortissant nigérian jugé indomptable par les Occidentaux. N’oublions enfin pas le fait qu’il y a une semaine l’armée rwandaise vient de recevoir de la part des Etats-Unis 20 millions $ d’équipements militaires et que cette armée est liée à l’armée américaine à travers des accords particuliers dans le domaine de l’information et de la logistique. Ce sont des accords de caractère néocolonial qui font que l’armée de Kagame est une organisation supplétive pour l’armée américaine dans la région et en Afrique. Comment est-ce que dans ces conditions, Kagame peut se présenter comme un anti-impérialiste ?
Question : Pourquoi Kagame s’en prend-t-il à la France ?
Jean-Baptiste Mberabahizi : La France est une puissance en déclin. Ce n’est certainement pas la puissance la plus dangereuse dans le monde aujourd’hui. Kagame s’attaque à la France pour des raisons d’intérêts politiques. Il joue la carte anti-française pour continuer à profiter de la protection des ses maîtres britanniques et américains. Il y a naturellement aussi le fait que Paul Kagame a commis des crimes. Les Français n’ont pas commencé l’instruction concernant l’affaire de l’attentat contre l’avion présidentiel rwandais, abattu le 6 avril 1994, parce qu’ils n’aimaient pas Kagame. Cette instruction est le résultat d’un dépôt de plainte de la part des familles des membres de l’équipage français de l’avion de Habyarimana, qui ont péri dans cet attentat.
L’enquête n’a fait que mettre à nu la responsabilité de Paul Kagame. Pour se défendre, il attaque la France en tant qu’Etat et tente de se faire passer aux yeux des Africains surtout des Africains francophones pour un anti-néocolonialiste. Ce qui est du pur cynisme.
D’abord la thèse qui prétend que ce sont les extrémistes hutus qui ont abattu l’avion n’a pas de sens. Dans cet avion se trouvaient des personnes que le FPR a toujours accusées d’être les cerveaux des extrémistes hutu, notamment le Colonel Elie Sagatwa et le Général Deogratias Nsabimana.
Comment peut-on les accuser d’avoir commandité l’attentat qui devait les emporter eux-mêmes ? Ensuite, l’armée gouvernementale d’alors, n’a jamais tiré un seul missile dans toute la guerre qui a duré d’octobre 90 jusqu’au 94. Jamais, il n’y a eu la moindre preuve que les FAR auraient eu des missiles en dépôt. Comment peut-on supposer que, soudainement, ils ont employé un missile pour cet attentat. Par contre, le FPR avait effectivement des missiles et avait déjà employé un tel engin contre un avion de la compagnie Scibe Zaïre, de l’homme d’affaires Bemba Saolona, le père de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, dont il tente dans l’interview de se faire l’avocat devant la CPI.
En plus, le FPR contrôlait le terrain, défendait son quartier général à Mulindi ainsi que le siège de sa radio, grâce à des missiles. Paul Kagame s’est toujours opposé à une quelconque enquête sur l’attentat. Ce n’est que quand la justice française l’a mis en cause qu’il a mis en place « un comité d’Experts », uniquement rwandais, auquel il a commandé un rapport attendu en novembre de cette année et dont les conclusions sont déjà connues. Or les restants de l’avion sont toujours là, mais ils sont bien gardés et surveillés par les soldats du FPR. L’ancien chef d’Etat-major de l’APR, Sam Kaka, a même poussé le cynisme, jusqu’à organiser son mariage sur ce lieu, en octobre 1994. Mais une enquête n’a jamais été permise par le FPR. Et enfin, il y a une liste de témoins qui étaient au quartier général du FPR et qui disent que c’est bien Kagame qui a décidé d’abattre l’avion de Habyarimana.
Question : Est-ce que la France n’a pas une part de responsabilité dans ce qui s’est passé en 1994 au Rwanda ?
Jean-Baptiste Mberabahizi : La France était présente jusqu’en 1993. Puis, elle a envoyé des missions après l’attentat contre l’avion. Quelle que soit sa responsabilité, ce n’est pas à Kagame d’en juger, car sa part de responsabilité est maintes fois plus importante que celle de la France.
Pour casser le discours raciste qui est à la base du génocide, il faut une organisation qui se profile comme étant une organisation nationale qui défend les intérêts du peuple rwandais, sans distinction d’ethnie. Il tentait et tente encore de se faire passer pour une telle organisation.
Or, le FPR n’était pas et n’est toujours pas une organisation nationale et populaire. La direction n’a jamais fait un effort pour recruter des cadres hutus, hormis quelques recrutements cosmétiques. Elle n’avait aucun travail clandestin à l’intérieur du pays et n’avait aucun souci non plus pour les intérêts des paysans pauvres ou sans terre, qui avaient besoin de terre pour cultiver et des prix convenables pour leurs produits. Au contraire, dans les zones qu’ils ont occupé au nord du pays pendant la période 90-94, ils ont massacrés ces paysans pour les chasser de leur zone. Le FPR les traitait comme des ennemis.
Le FPR savait pertinemment bien l’état d’esprit des milices et des extrémistes hutus, ils savaient de quoi ces gens étaient capables et à quoi ils étaient disposés. Il les avait de plus infiltré d’agents qui ont participé et encouragé les massacres. Il savait qu’en cas de reprise des hostilités, ce qui était inévitable après l’attentat contre l’avion de Habyarimana, il y aurait des tueries à grande échelle et qu’il n’allait pas pouvoir protéger les gens.
La vérité, c’est que chez les dirigeants du FPR, il y avait et il y a toujours, un mépris pour la vie des Tutsis de l’intérieur. Le FPR était surtout composé de Tutsi exilés. Le raisonnement était que « ce serait le sacrifice nécessaire pour obtenir la victoire ». En plus, dans le camp du FPR, on regardait et on regarde toujours les Tutsis de l’intérieur comme des gens qui n’étaient pas des Tutsis « purs ». Beaucoup de ces Tutsis étaient mariés avec des Hutu ou vivaient ensemble avec leurs voisins hutus. Les gens du FPR les considéraient et les considèrent toujours comme des Tutsi dégénérés, voire même des « traîtres ».
Propos recueillis par Jean-Pierre Bourras
Bruxelles, le 17 septembre 2008
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Jeudi 21 Août 2008
Pierre Péan : «le président rwandais cherche à négocier son impunité»
Pour le journaliste d'investigation Pierre Péan, le rapport rwandais est une falsification de la vérité orchestrée par Paul Kagamé pour obtenir la levée des poursuites du juge Bruguière contre lui.
Marianne2.fr : Que pensez-vous de la thèse développée par le rapport de la commission d'enquête rwandaise sur le génocide de 1994 présentée mardi 5 août, selon laquelle la France aurait été impliquée dans la préparation et l'exécution des massacres ?
Pierre Péan : Ce document (disponible ci-dessus en pdf, ndr) est une incroyable falsification de l'histoire qui s'attache à des détails et multiplie les faux témoins. Mais ce n'est pas surprenant : voilà plus de dix ans que Paul Kagamé enchaîne les déclarations contre la France. Ce mouvement a connu une accélération quand l'enquête du juge Bruguière a conclu à la responsabilité du président rwandais dans l'attentat contre l'avion de l'ancien président Habyarimana, qui est reconnu comme l'élément déclencheur du génocide.
Avec les accusations qu'il porte contre des responsables politiques français, Paul Kagamé espère pouvoir engager des poursuites et obtenir des mandats d'arrêt contre des hautes personnalités comme Hubert Védrine ou Alain Juppé. Son idée est de créer une symétrie avec le dossier du juge Bruguière pour demander la levée des poursuites contre lui et son entourage en échange de l'abandon des accusations qui visent hommes politiques français.
Que pensez-vous des réactions françaises à la publication de ce rapport ?
Pierre Péan : Pour l'instant, elles sont très timides mais il ne faut pas sous estimer le rôle des vacances et des Jeux olympiques. Bernard Kouchner espère que les attaques rwandaises se borneront à la publication de ce rapport car il espère toujours poursuivre son œuvre de réconciliation avec son ami Kagamé. Mais le pragmatisme finira par l'emporter car l'Etat rwandais ira plus loin dans ses accusations et je ne peux pas imaginer que la France reste passive quand on accuse des personnes comme Dominique de Villepin, Edouard Balladur ou d'autres.
Depuis 1994, le gouvernement n'a pas trop bougé ni pris de position très claire. Mais ce que Kagamé fait porte atteinte à l'image de la France alors que c'est le seul pays qui a essayé de faire quelque chose pour empêcher ces violences. Au Congo où je suis actuellement, le président Sassou-Nguesso ne comprend pas cette passivité. Au final, l'Elysée prendra les choses en main : il n'a pas le choix !
Que pensez-vous du traitement de cette affaire par les médias ?
Pierre Péan : Je suis étonné du crédit qu'on accorde à un régime soviétique comme celui du Rwanda. On préfère un rapport fait par un politique aux enquêtes sur les massacres. Voir un journal comme
Le Monde publier ce rapport en une est choquant
, quand on se souvient que
la mise en examen par les Espagnols de 40 militaires rwandais
pour leur implication dans le génocide avait valu un tout petit papier dans le même quotidien en février dernier.
Je crois que le mot génocide tétanise les gens : dès que vous tentez d'enquêter, vous êtes confronté à des accusations monstrueuses de racisme ou de révisionnisme. La compassion est un sentiment noble et légitime mais il n'a jamais été un bon moteur de recherche de la vérité.
Pierre Péan est l'auteur de
Noires fureurs, Blancs menteurs, paru en novembre 2005 aux éditions des Mille et une nuits.
Propos recueillis le 8 août 2008 par Sylvain Lapoix
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Mardi 7 octobre 2008
Une femme élue présidente de l'assemblée nationale au Rwanda

Photo: The New Times du 7 octobre 2008
Madame Rose Mukantabana (à gauche du président Paul Kagame sur la photo) a été élue à la présidence de l'Assemblée nationale rwandaise, seule institution parlementaire au monde où les hommes ne sont pas majoritaires. Elle a recueilli 70 voix contre 10 à son adversaire masculin, Mukama Abbas. Quarante-quatre femmes disposent de sièges au parlement contre 36 hommes. Le Rwanda devance ainsi la Suède où 47% des députés sont des femmes, le Cuba (43,26%), la Finlande (41,5%) et l'Argentine (40%).
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Dimanche 10 Août 2008
France-Rwanda: le silence de Bernard Kouchner

Invité du JT de 20 H de France 2 hier, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, n'a dit aucun mot sur l'accusation portée par Kigali contre 33 personalités politiques et militaires français dans le génocide rwandais de 1994. Pendant les quelques minutes de son interview, il n'a parlé que de la guerre en Ossétie du Sud, une province séparatiste de la Georgie.
Il est vrai que le présentateur du journal, Olivier Galzi, ne lui a pas posé de question sur le Rwanda. Mais tout de même, trois anciens premiers ministres de la France, Edouard Balladur, Alain Juppé et Dominique de Villepin, respectivement premier ministre, ministre des affaires étrangères et chef de cabinet au ministère des affaires étrangères en 1994, un ancien ministre des affaires étrangères, Hubert Védrine, conseiller à la présidence de la république à l'époque et récemment agressé dans la rue par des agitateurs à la solde de Kigali, un ancien ministre de la défense, François Léotard, des officiers de l'armée française, sont accusés nommément dans le rapport présenté à la presse par le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugarama, et le ministre des affaires étrangères n'en dit aucun mot à la télévision, c'est étonnant. Est-il gêné par ce rapport, lui qui s'est contre-dit dans les propos tenus à Kigali au mois de Février dernier pour plaire à son ami Paul Kagame?
Le ministre de la défense, Hervé Morin, qui était à l'époque des événements chef de cabinet du ministre de la défense, François Léotard, a jugé inacceptable ce rapport sur les antennes de France info. L'Elysée a fait un communiqué allant dans le même sens en se référant aux conclusions de la commission parlementaire dirigée par le député socialiste Paul Quilès.
L'élection de Nicolas Sarkozy et la nomination de Bernard Kouchner à la tête de la diplomatie française avaient contribué à un réchauffement des relations entre Paris et Kigali. Les autorités rwandaises espéraient se débarrasser des mandats d'arrêt délivrés par le juge Jean-Louis Bruguière contre 9 hauts responsables du régime actuel mis en cause dans l'attentat terroriste du 6 avril 1994 contre l'avion du président Juvénal Habyarimana qui a déclenché le génocide. Ces mandats ont entraîné, en novembre 2006, la rupture des relations diplomatiques par Kigali. Le rapport Mucyo peut d'ailleurs apparaître comme une riposte à ces mises en cause qui entravent la liberté de circuler de plusieurs dignitaires rwandais.
Ce rapport sort au moment où le juge espagnol Fernando Merelles a lancé lui aussi des mandats d'arrêt contre 30 hauts responsables politiques et militaires rwandais. L'Espagne qui n'a pas été impliquée dans les événements du Rwanda, demande que justice soit rendue pour ses ressortissants massacrés par le FPR.
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Le rapport Mucyo au format pdf :

L'ex-ministre rwandais de la justice, Augustin Mucyo, remettant le rapport qui porte son nom à Paul Kagame le 5 Août 2008
Cliquer dans le carré ci-dessous pour lire le rapport dans son intégralité ou le télécharger.
25 octobre 2008
L'ancien et le nouvel hymne national du Rwanda
Ancien hymne national rwandais:
Rwanda rwacu gihugu cyambaye ( Rwanda, le pays qui m'a mis au monde)
Version instrumentale:
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Version en langue nationale, le Kinyarwanda
Rwanda rwacu Rwanda Gihugu cyambyaye
Ndakuratana ishyaka n'ubutwari
Iyo nibutse ibigwi wagize kugeza ubu
Nshimira Abarwanashyaka
Bazanye Repubulika idahinyuka
Bavandimwe, b'uru Rwanda rwacu twese
Nimuhaguruke
Turubumbatire mu mahoro, mu kuli
Mu bwigenge no mu bwumvikane
Impundu nizivuge mu Rwanda hose
Repuburika yakuye ubuhake
Ubukolonize bwagiye nk'ifuni iheze
Shinga umuzi Demokarasi
Waduhaye kwitorera Abategetsi
Banyarwanda: abakuru namwe abato
Mwizihiye u Rwanda
Turubumbatire mu mahoro, mu kuli
Mu bwigenge no mu bwumvikane
Bavuka Rwanda mwese muvuze impundu
Demokarasi yarwo iraganje
Twayiharaniye rwose twese uko tungana
Gatutsi, Gatwa na Gahutu
Namwe Banyarwana bandi mwabyiyemeje
Indepandansi twatsindiye twese hamwe
Tuyishyigikire
Tuyibumbatire mu mahoro, mu kuli
Mu bwigenge no mu bwumnvikane
Ni mucyo dusingize Ibendera ryacu
Arakabaho na Perezida wacu
Barakabaho abaturage b'iki Gihugu
Intego yacu Banyarwanda
Twishyire kandi twizane mu Rwanda rwacu
Twese hamwe, twunge ubumwe nta mususu
Dutere imbere ko
Turubumbatire mu mahoro, mu kuli
Mu bwigenge no mu bwumvikane.
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Le nouvel hymne national
INDIRIMBO Y'IGIHUGU / RWANDA NZIZA
Cliquez ici pour l'écouter
Rwanda nziza Gihugu cyacu
Wuje imisozi, ibiyaga n'ibirunga
Ngobyi iduhetse gahorane ishya.
Reka tukurate tukuvuge ibigwi
Wowe utubumbiye hamwe twese
Abanyarwanda uko watubyaye
Berwa, sugira, singizwa iteka.
Horana Imana, murage mwiza
Ibyo tugukesha ntibishyikirwa;
Umuco dusangiye uraturanga
Ururimi rwacu rukaduhuza
Ubwenge, umutima,amaboko yacu
Nibigukungahaze bikwiye
Nuko utere imbere ubutitsa.
Abakurambere b'intwari
Bitanze batizigama
Baraguhanga uvamo ubukombe
Utsinda ubukoroni na mpatisbihugu
Byayogoje Afurika yose
None uraganje mu bwigenge
Tubukomeyeho uko turi twese.
Komeza imihigo Rwanda dukunda
Duhagurukiye kukwitangira
Ngo amahoro asabe mu bagutuye
Wishyire wizane muri byose
Urangwe n'ishyaka, utere imbere
Uhamye umubano n'amahanga yose
Maze ijabo ryawe riguhe ijambo.
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Samedi 11 octobre 2008
Rwanda: l'enseignement sera désormais dispensé en anglais
KIGALI (AFP) - L'enseignement secondaire et universitaire sera désormais dispensé exclusivement en anglais au Rwanda, a annoncé vendredi à l'AFP la ministre rwandaise de l'Education, Daphrose Gahakwa.
"L'utilisation de l'anglais (dans le système éducatif) au Rwanda sera désormais obligatoire", a déclaré vendredi Mme Gahakwa, commentant une décision du gouvernement de jeudi.
L'anglais fait partie des trois langues officielles du pays avec le Français et le Kinyarwanda. De nombreux établissements scolaires au Rwanda dispensent actuellement un enseignement en français et en anglais. La ministre a précisé que des sessions de cours d'anglais obligatoires étaient prévues pour l'ensemble du corps enseignant dont une large partie est francophone.
La ministre a justifié cette mesure par la volonté de ce petit pays d'Afrique centrale d'adhérer au Commonwealth, une association de 53 pays totalement ou partiellement anglophones et indépendants.
"C'est l'une des démarches qui permettront au Rwanda d'adhérer prochainement à l'organisation du Commonwealth", a-t-elle assuré.
La décision finale sur l'adhésion du Rwanda pourrait être prise lors du prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'organisation prévu en 2009 à Trinité-et-Tobago.
Avant le génocide rwandais de 1994, Kigali entretenait des relations étroites avec la France.
Mais depuis, le régime du président Paul Kagame, dont l'arrivée au pouvoir avait mis fin aux massacres, accuse régulièrement Paris d'avoir entraîné et armé les auteurs du génocide, ce que la France a toujours démenti.
Le Rwanda a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre M. Kagame et d'autres responsables rwandais pour leur "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, qui avait déclenché le génocide.
Source: AFP
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Vendredi 31 octobre 2008
Les rebelles hutus rwandais au Congo : pour une nouvelle approche du désarmement et de la réintégration
Rapport Afrique N°63
23 mai 2003
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SYNTHÈSE ET RECOMMANDATIONS
Alors qu'un gouvernement de transition est attendu pour juin 2003 en République démocratique du Congo (RDC), le programme de désarmement volontaire et démobilisation, rapatriement, réinstallation et réintégration (DDRRR) opéré par la Mission de l'Organisation des Nations unies au Congo (MONUC), est au point mort. Autorisée par une résolution du Conseil de sécurité le 8 novembre 2001 à se déployer à l'est de la RDC, la MONUC n'a rapatrié que quelques centaines d'ex-rebelles hutus rwandais et n'a ouvert qu'un seul centre de regroupement à Lubéro au Nord Kivu. La participation d'observateurs sud-africains au mécanisme de vérification (TPVM) établi en juillet 2002 lors de la signature de l'accord bilatéral Rwanda-RDC n'a rien changé à ce bilan. Jusqu'à présent la MONUC n'a déployé aucune force conséquente ou construit de programme de désarmement crédible à l'est du Congo.
Plusieurs facteurs expliquent cet échec. En premier lieu, le contexte sécuritaire et politique est peu propice au déploiement d'une force des Nations unies – qui sont elles-mêmes désorganisées et ont besoin d'un nouveau mandat et de nouvelles structures - dans les territoires contrôlés par le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et d'autres alliés du Rwanda et de l'Ouganda. La multiplication des groupes armés et Seigneurs de guerre en contact avec les groupes hutus (FDLR) et l'hostilité ouverte de la rébellion du RCD rendent difficile le désarmement d'une force hostile d'un minimum de 15 000 hommes, aguerris par plus de huit ans de combats sur un terrain d'opération d'environ 150 000 km2. Mais surtout, le maintien d'une option militaire par le Rwanda et la RDC et les tensions actuelles entre le Rwanda et l'Ouganda qui ont mené à l'intensification des conflits en province d'Ituri réduisent les espoirs de démobilisation de la rébellion rwandaise. Le gouvernement de Kinshasa a repris son soutien aux FDLR en février 2003, après un arrêt de trois mois. La permanence des alliances entre groupes hutus et Mai Mai a permis à ceux ci de maintenir leur capacité militaire.
En second lieu, le DR souffre d'une faille conceptuelle. Jusqu'à aujourd'hui le mandat de la MONUC et l'accord de Pretoria de juillet 2002 traitent le désarmement comme un problème strictement sécuritaire et surtout strictement congolais. La dimension politique interne, rwando-rwandaise, de la question n'a jamais été sérieusement examinée. Ni la MONUC, ni la TPVM n'ont engagé de vrais contacts avec la rébellion à désarmer, les FDLR. Aucun acteur international n'a non plus officiellement fait le lien entre le DR des FDLR en RDC et une nécessaire politique d'ouverture et de réconciliation au Rwanda.
La seule alternative au désarmement volontaire est le désarmement de force. Cette option a été tentée, sans succès. Il n'y a pas de solution militaire au problème des FDLR. Les Forces Rwandaises de Défense (FRD, ex-Armée Patriotique Rwandaise) ne sont jamais parvenues à venir à bout des FDLR en six ans de présence militaire au Nord et Sud Kivu et l'état-major des FDLR refuse le processus de désarmement volontaire. L'attaque du camp militaire de Kamina au Katanga par les Forces armées congolaises (FAC) et le rapatriement forcé de huit civils membres de son mouvement par le mécanisme de vérification le 1 novembre 2002 l'a conduit à menacer de représailles l'Afrique du sud et la MONUC. Il est désormais nécessaire d'engager des efforts diplomatiques plus marqués qui prennent en compte les préoccupations sécuritaires, politiques et économiques des troupes non-génocidaires FDLR, y compris avec le gouvernement du Rwanda ainsi qu'entre le Rwanda et la RDC.
Loin de se réduire, le problème de l'opposition rwandaise ne fait que se compliquer. Les FDLR sont devenus membres de la concertation permanente de l'opposition démocratique rwandaise (CPODR) regroupant la quasi-totalité des partis d'opposition rwandais en exil, dont des représentants de Tutsis rescapés du génocide, et ils appellent à la suspension du calendrier de fin de transition, et dénoncent la dérive autoritaire du FPR. En attendant, son état-major réorganise ses troupes, et prépare des opérations de déstabilisation en cas d'échec de cette stratégie politique. De son côté le gouvernement rwandais rejette catégoriquement toute reconnaissance et tout dialogue avec une opposition qu'il considère comme génocidaire et « terroriste », et toute interférence internationale dans un problème qu'il considère comme interne. Il poursuit son programme de sortie de transition, en éliminant toute opposition politique interne avant les élections de juillet 2003 et en redéployant des troupes au Congo sous la couverture du RCD. Cette politique répressive permet aux opposants en exil d'accroître leur audience à l'intérieur du pays et ne fait qu'accroître les tensions.
Aujourd'hui, la tentation est grande pour la MONUC de compter sur l'inclusion des alliés du Rwanda dans le gouvernement de transition en RDC pour mener à bien le DR au Congo et de concentrer son action sur un soutien à la transition politique à Kinshasa. Mais ce calcul est faux. D'abord, malgré les perspectives de gouvernement de coalition, les alliés du Rwanda poursuivent les combats sur le terrain et le gouvernement de Kabila continue d'aider les FDLR. C'est cette réalité que la MONUC doit affronter avant d'espérer qu'un gouvernement de coalition puisse mener un vrai DR. La MONUC doit renforcer ses efforts diplomatiques et assurer un vrai maintien de la paix à l'est et au nord est, là où les combats se sont déroulés.
Comme on le voit actuellement en Ituri, l'impuissance de la MONUC est un handicap dramatique pour le processus de paix congolais. La MONUC doit immédiatement déployer une force de réaction rapide pour rétablir l'ordre et éviter d'autres massacres de civils qu'elle a déjà le mandat de protéger. Elle a aussi besoin d'une force militaire crédible pour empêcher les FDLR de déstabiliser le Rwanda et pour soutenir ses efforts diplomatiques en vue du désarmement volontaire. Si la guerre ne s'arrête pas à l'est, le nouveau gouvernement du Congo perdra vite toute crédibilité et toute l'entreprise de la MONUC deviendra caduque.
Il est vital que le Conseil de sécurité des Nations unies saisisse l'opportunité de la mise en place du gouvernement de transition en RDC pour impulser une nouvelle dynamique aux opérations de DR qui ont essentiellement souffert d'un contexte défavorable et d'un manque de leadership politique. La MONUC doit terminer son déploiement à l'est et remplir ses engagements vis à vis de ce programme. Ceci devrait permettre de soutenir le gouvernement de transition dans la restauration de son autorité à travers le pays, d'isoler et surveiller les FDLR tout en prenant contact avec eux, et finalement de proposer un processus de désarmement et réintégration crédible. Le gouvernement sud-africain et le Représentant spécial du Secrétaire général doivent travailler ensemble pour transformer l'accord de Pretoria en un accord de paix durable et complet entre la RDC et le Rwanda, et recevoir un mandat du Conseil de sécurité pour mener des consultations avec la rébellion hutu rwandaise à désarmer ainsi que le gouvernement du Rwanda. La communauté internationale dans son ensemble doit convaincre le gouvernement rwandais que la solution pour stopper la spirale qui s'enclenche est une ouverture politique préalablement soumise à un véritable débat national.
RECOMMANDATIONS
Au secrétaire général et au Conseil de sécurité des Nations unies :
1. Donner un mandat de maintien de la paix renforcé à la MONUC avec autorisation d'utiliser la force pour se défendre, défendre les populations civiles, surveiller la sécurité de la frontière entre le Rwanda et le Kivu et les infiltrations des FDLR. S'assurer que les objectifs actuels déclarés de la MONUC (déploiement en zones occupées, DR, soutien à la réconciliation locale) restent une priorité dans la phase de transition en RDC.
2. Donner un mandat spécifique au Représentant spécial pour conduire les consultations sur les modalités du désarmement et du rapatriement avec les FDLR et le gouvernement du Rwanda, en coordination avec le gouvernement sud-africain, pour accompagner la transformation de l'accord de Pretoria en un accord de durable et complet entre le prochain gouvernement de la RDC et le Rwanda.
3. Mettre en place une commission d'enquête sur les événements de Kamina du 31 octobre et 1
er
novembre 2002.
À la MONUC :
4. Accélérer son déploiement à l'Est du pays et remplir ses engagements de la Phase III dans son soutien à la transition.
5. Dénoncer le soutien continu aux FDLR par Kinshasa et la présence de soldats rwandais sur le territoire de la RDC.
6. Faciliter des négociations entre le RCD et les Mai Mai sur l'établissement de zones et de couloirs neutres menant aux centres de rassemblement et dans lesquels les candidats au désarmement volontaire pourront se déplacer sans être attaqués.
7. Demander aux États membres des Nations unies, en particulier l'Autriche, un soutien technique pour le brouillage des ondes de la radio des FDLR.
Aux bailleurs de fonds de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda :
8. Demander aux gouvernements de la RDC et du Rwanda le respect à la lettre les accords de Pretoria de juillet 2002 et conditionner l'aide bilatérale et multilatérale l'aide à cette demande.
9. Faire pression immédiatement sur le gouvernement rwandais pour qu'il opère une libéralisation contrôlée de son espace politique avant la fin de la transition.
Au gouvernement sud-africain :
10. Aider à la transformation de l'accord de Pretoria en un accord de paix durable et complet entre le futur gouvernement de transition de la RDC et le Rwanda.
11. Convaincre le gouvernement du Rwanda de libéraliser la vie politique interne et de faire des gestes d'ouverture vers les partis d'opposition en exil, à condition que ceux-ci ordonnent à leurs troupes de se désarmer, contribuent activement à l'arrestation des génocidaires par le Tribunal pénal pour le Rwanda dénoncent vigoureusement toute idéologie révisionniste du génocide et clarifient leur programme de réconciliation.
Au gouvernement (actuel et futur gouvernement de transition) congolais :
12. Respecter à la lettre les accords de Pretoria, malgré la fin de la période de surveillance prévue, soit :
(a) cesser immédiatement tout soutien aux FDLR ; et
(b) faire immédiatement parvenir à la MONUC et la TPVM toutes les informations en leur possession sur la branche armée des FDLR concernant les effectifs, leur organisation, localisation, et équipements.
13. Mettre en place un mécanisme de négociation de la pacification dans les Kivu avec les Mai Mai.
14. Engager parallèlement des consultations avec le gouvernement rwandais pour parvenir à un accord de paix globale et durable.
Au gouvernement rwandais :
15. Libéraliser les activités politiques sur l'ensemble du territoire national et organiser un débat national sur les règles d'intégration de toutes les composantes politiques en vue de la préparation des prochaines élections.
16. Autoriser le retour et la participation des partis politiques en exil avant les prochaines élections à condition qu'ils ordonnent à leur branche armée, les FDLR, de déposer les armes et d'accepter le programme DR de la MONUC, qu'ils reconnaissent sans ambiguïté et publiquement le génocide contre les Tutsis et qu'ils s'engagent sincèrement dans le processus de réconciliation.
17. Entamer des discussions directes avec l'opposition interne et externe en vue de l'élaboration négociée d'une nouvelle constitution post transition.
18. Créer un bureau de l'ombudsman indépendant du gouvernement, pour réguler les activités des partis politiques et superviser un processus de réconciliation dépolitisé.
Aux opposants en exil :
19. S'engager à cesser leur lutte armée, à cantonner, démobiliser et rapatrier leurs troupes à travers le programme DR de la MONUC. Suspendre toutes les activités en cours visant une solution armée aux problèmes politiques internes au Rwanda.
20. Faire parvenir au TPIR toutes les informations en leur possession sur les rwandais accusés de génocide.
21. Arrêter la diabolisation du FPR dans les communications publiques et ouvrir un débat franc sur leur propre responsabilité dans le génocide et le drame rwandais, comme gage de bonne foi.
Nairobi/Bruxelles, 23 mai 2003
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Lundi 20 octobre 2008
Le président rwandais a encore frappé fort en communication

Paul Kagame au sommet de la francophonie à Ouagadougou au Burkina Faso en 2004
Photo: alterpresse.org
Stratège militaire, expert en communication, Paul Kagame vient de faire un grand coup médiatique. Profitant du sommet de la francophonie tenu au Québec largement eclipsé par la crise financière mondiale, il annonce l'interdiction de l'usage du français dans l'enseignement et la correspondance officielle au Rwanda, pays majoritairement francophone.
Il avait déjà fait un coup de pub lors des derniers jeux olympiques de Pékin en lançant le rapport de la commission Mucyo accusant la France de complicité de génocide. Ce rapport lui avait été remis depuis longtemps mais il a attendu le moment où la presse occidentale n'avait plus de une en dehors des jeux olympiques pour occuper la scène médiatique.
Ce sommet de la francophonie devait appeler les pays membres à défendre le Français, en particulier dans les instances internationales, selon un projet de résolution finale. Le Français occupe le neuvième rang sur la liste des langues les plus parlées dans le monde avec 175 millions de francophones, selon un rapport parlementaire français de 2007. L'organisation internationale de la francophonie (OIF) compte 55 pays et gouvernements membres ainsi que 13 pays observateurs
L'absence au sommet du président Joseph Kabila de la République démocratique du Congo (RDC), premier pays francophone en terme de superficie, a provoqué des réactions d'inquiétude. La RDC était pourtant candidat pour l'organisation du prochain sommet de la francophonie à Kinshasa en compétition avec Madagascar.
Au Rwanda, l'enseignement sera dispensé exclusivement anglais de l'école primaire jusqu'à l'université. Dans la correspondance officielle, seuls l'anglais et le kinyarwanda seront autorisés. Les Rwandais sont majoritairement hostiles à la suppression du français tout en adoptant l'anglais qui était largement enseigné à l'école secondaire même avant l'arrivée au pouvoir des anglophones du FPR venus d'Ouganda. Certains réclament un referendum.
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Mardi 21 octobre 2008
Léger remaniement ministériel au Rwanda
Le président rwandais, Paul Kagame, a procédé dimanche soir à un léger remaniement ministériel marqué par la nomination, au poste de ministre de la santé, de son envoyé spécial dans la région des Grands Lacs, le major Dr Richard Sezibera. Il remplace Dr Jean Damascène Ntawukuriryayo nommé 2è vice/président de l'assemblée nationale chargé des finances et de l'administration.
Vincent Karega, précédemment Secrétaire d'État, chargé du commerce et de l'industrie, a été nommé Secrétaire d'Etat chargé de l'environnement et de l'exploitation minière auprès du ministre des ressources naturelles. Il remplace Pr Munyanganizi Bikoro, élu député le mois dernier sur l'étiquette du FPR.
L'ambassadeur Joseph Mutaboba est nommé envoyé spécial dans la région des Grands Lacs en remplacement de Richard Sezibera, nommé ministre de la santé.
Dr Anita Asiimwe est nommée Secrétaire exécutive de la Commission nationale de lutte contre le Sida en remplacement de Dr Agnes Bunagwaho qui est nommée Secrétaire permanente du ministère de la santé.
Mme Caroline Kayonga est nommée Secrétaire permanente du Ministère des ressources naturelles.
Madame Penelope Kantarama, est nommée Secrétaire permanente du ministère de la sécurité intérieure en remplacement de Joseph Mutaboba, nouveau représentant spécial de Paul Kagame dans la région des Grands Lacs.
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Mardi 28 octobre 2008
DESINFORMATION : "LE CAS CONCRET RWANDAIS"
(Colonel Jacques Hogard) Paru dans Libres opinions Cahiers du CESAT n° 13 Septembre 2008 (page 92-…) Par Jacques Hogard, colonel (er), ancien commandant du groupement sud de l'opération Turquoise au Rwanda (1994), président d'E.P.E.E. (www.epee.fr), auteur du témoignage « Les larmes de l'honneur » sur l'opération Turquoise (éditions Hugo&Cie, Paris, 2005).
«L'important n'est pas la réalité de la vie mais ce que les gens croient» Roger Mucchielli.
Alors officier de Légion, j'ai participé durant l'été 1994, comme Commandant du Groupement Sud, à l'opération Turquoise (21 juin - 21 août 1994), déclenchée avec l'aval de l'ONU (résolution 924) dans le sud-ouest du Rwanda pour y établir une Zone Humanitaire Sûre durant une période limitée à 2 mois... Je n'avais jamais servi auparavant au Rwanda, ni au titre de la coopération militaire (des accords militaires de coopération avaient été signés par la France et le Rwanda en 1975), ni au titre des opérations militaires déclenchées par la France d'octobre 1990 à décembre 1993 (dates du déclenchement et de la fin de l'opération Noroît) puis en avril 1994 (évacuation des ressortissants français et étrangers de Kigali au début des massacres qui allaient devenir le génocide de 1994). D'emblée, le contexte de l'opération m'apparut singulier et pour le moins sensible et «controversé».. . En effet, à peine arrivé au Rwanda, je me souviens d'avoir été aussitôt interviewé par des médias anglo-américains et d'avoir été interloqué par la question qui m'était ingénument posée de savoir si je n'avais pas «honte» d'intervenir au Rwanda «après ce que la France y avait fait ou laissé faire»! Depuis, devant l'ampleur des accusations portées contre notre pays et son armée, dans le monde entier mais également en France, y compris au sein de grands médias, j'ai acquis la conviction que les dramatiques évènements du Rwanda faisaient l'objet d'une opération de désinformation, d'ailleurs parfaitement menée et réussie jusqu'à ces derniers temps... Si l'on en croit un expert, Vladimir Volkoff3, la désinformation est la «manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés». Volkoff précise que «généralement, lorsqu'un désinformateur a recours à des mensonges purs et simples, à la longue, on les découvre, sans d'ailleurs que cela modifie nécessairement l'effet de l'opération»! Il donne à l'appui de ses affirmations quelques exemples historiques récents: • «le charnier de Timisoara était bien une morgue mais Ceausescu a bien été renversé»; • «les armes de destruction massives dénoncées par le Pentagone et prétextes de l'intervention alliée en Irak, n'existaient pas mais Saddam Hussein a bien été renversé»; • «les 100.000 morts albanais au Kosovo n'étaient en réalité «que» moins de 4.000 mais la Serbie a bien été chassée de sa province septentrionale» ... • etc.. Aussi bien, on pourrait rajouter: • «La France n'était pour rien dans le déclenchement du génocide rwandais en 1994 mais son influence est aujourd'hui réduite comme jamais en Afrique»! L'opération de désinformation concernant le Rwanda est en effet très intéressante à analyser, car elle a abouti à deux effets conjoints, indiscutables, et non des moindres: Au travers de sa soi-disant culpabilité dans le génocide, • La France a réellement perdu en 14 ans l'essentiel de son influence en Afrique, au point de n'être plus aujourd'hui qu'un spectateur plus ou moins passif de la lutte que se livrent Chinois et Américains pour le contrôle stratégique du Continent noir et de ses formidables réserves de matières premières; y compris en Afrique francophone; • Face à cette situation, la France, frappée d'un terrible complexe, voire de remords, n'a plus de politique africaine digne de ce nom et ne semble pas prête à s'en doter de manière claire et déterminée. L'exemple ivoirien est à ce titre très significatif. L'approche Volkoff Si l'on en croit Volkoff, une opération de désinformation se présente toujours comme une opération d'information, mais quatre symptômes permettent cependant de l'en différencier et de prendre conscience de la réalité des choses. Il me semble par conséquent très intéressant d'appliquer sa «grille des symptômes» au cas rwandais: «Tout le monde dit la même chose. Or, il est si peu dans la nature des hommes de penser la même chose».. . Sur l'affaire rwandaise, lisez la presse, internationale et française, écoutez les radios et regardez les télévisions: tout le monde (ou presque) est unanimement persuadé de la même vérité: «il y a eu un terrible génocide au Rwanda en 1994» (ce qui est vrai) «et la France, qu'elle le reconnaisse ou non, a une importante part de responsabilité dans le déroulement de cette tragédie» (ce qui est faux). «L'opinion est surinformée d'un seul aspect de la question au détriment des autres. Et pourtant, «malheur à l'homme d'un seul livre» et «il faut écouter tous les sons de cloche». Si nous croyons avoir lu tous les livres, et si nous croyons avoir entendu tous les sons de cloche et que ceux-ci ne nous ramènent qu'à une seule vision du problème, c'est que quelqu'un l'a voulu ainsi et qu'il y a de la prestidigitation là-dessous» L'ensemble des médias, des livres parus - à de très rares exceptions près, aussitôt suspectes et rapidement diabolisées (faut-il rappeler le cas exemplaire de la parution de l'ouvrage du journaliste Pierre Péan, hier adulé, et depuis lors taxé de tous les épithètes: «raciste, négationniste, truqueur au service des militaires et de la mémoire de son ami François Mitterrand) - s'est attaché à la description du génocide des Tutsis (et, on l'oublie souvent, d'innombrables Hutus modérés!) comme le seul fait de la majorité hutu (ce qui est vrai mais insuffisant sans autres explications), soutenue sans faiblir par la France (ce qui est faux). «Tous les bons sont d'un côté, tous les mauvais de l'autre. Or, la réalité d'expérience est rarement manichéenne. Sans doute y a t-il des causes justes et des causes injustes, mais il n'arrive jamais que tous les justes soient d'un côté, et tous les salauds de l'autre. Toute présentation de l'information qui tend à nous faire croire une chose aussi peu naturelle est suspecte parce qu'elle relève de l'idéologie du western, où la couleur du chapeau Stetson - blanc ou noir - permet de reconnaître les bons des mauvais. Cette simplification outrancière plaît à l'enfant qui est en nous et nous sommes toujours prêts à nous faire duper de cette manière, autant par paresse de l'intelligence que par innocence du cœur». Les «bons»: ce sont bien sûr les victimes, les martyrs du génocide: les Tutsis (on oublie volontairement les Hutus exterminés, tant par leurs frères Hutus, qu'auparavant ou par la suite, par les Tutsis!), mais aussi leurs libérateurs: le FPR (Front Patriotique Rwandais), l'Ouganda, et l'opinion mondiale, meilleure amie des Tutsis et du FPR, Bernard Kouchner compris, mais aussi aujourd'hui, les organisations telles que Voltaire, Golias, Survie, Ibuka, et tous ceux qui dénoncent pêle-mêle «le colonialisme» , «l'Église», «François Mitterrand», la «Françafrique», «l'armée française»... Les «mauvais»: les Hutus et la France qui les a aidés sans faillir (mais non sans contrepartie: la démocratisation forcée du régime!) de 1990 à 1993... En clair, tous les Hutus sont des salauds, la France officielle aussi, et tous les Tutsis sont intouchables parce que martyrs. «L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective. C'est là le véritable objectif de toute opération de désinformation. Il faut que le consommateur en redemande, qu'il abandonne tout sens critique, qu'il réclame une confirmation permanente de la désinformation qui lui a été administrée comme un drogué redemande de la drogue, qu'il succombe au «vampirisme» de la désinformation: tout mordu devient mordeur, tout désinformé devient désinformateur» . Il n'est que de prendre l'exemple du film «Opération Turquoise» réalisé par Alain Tasma et Gilles Taurand et diffusé par Canal + en novembre 2007, pour vérifier toute la pertinence de ce quatrième symptôme. Tous les poncifs s'y retrouvent, les accusations larvées ou non contre la politique française au Rwanda, les allusions plus que directes au comportement nécessairement partial de l'armée française dans cette tragédie. Ainsi, eux mêmes désinformés, Tasma et Taurand se mettent à désinformer à leur tour, de bonne foi, bien sûr... La grille de lecture des Toffler Selon les chercheurs américains Alvin et Heidi Toffler (4), cités par Volkoff, une opération de désinformation se caractérise par l'emploi de: L'accusation d'atrocités C'est d'autant plus facile ici qu'il y a bien eu d'innombrables atrocités, notamment constitutives du génocide. Mais elles ne sont évidemment imputées et imputables qu'aux seuls Hutus et à ceux qui les ont armés, c'est à dire les Français. En aucun cas à la rébellion tutsie qui est réputée avoir menée sa guerre en dentelles - alors que l'on dispose aujourd'hui de nombreux témoignages, et non des moindres, sur les massacres de grande ampleur pratiqués par elle sur les paysans hutus au cours des quatre années précédant le génocide, et bien après, dans les années qui suivront sa prise du pouvoir5 Le gonflement hyperbolique des enjeux Dans le cas du Rwanda, si l'on occulte les centaines de milliers de morts d'avant et d'après le génocide, pour la plupart hutus, on se focalise aujourd'hui sur le chiffre communément admis de 1.200.000 martyrs lors du génocide, sous entendu tous tutsis, alors que la seule recherche de la vérité inclinerait à davantage de prudence et de modération dans ce décompte macabre, qui s'avère plus proche de 800.000 morts. Comme s'il fallait absolument atteindre, et mieux!, dépasser le chiffre fatidique de ce million de morts, pour mieux frapper les esprits et les convaincre de l'abomination de ce nouvel Holocauste. Car, là aussi, il est vital de faire un parallèle entre les génocides juif et tutsi... Comme s'il s'agissait de la même chose... En oubliant de rappeler non seulement les représentations respectives des communautés tutsie et hutue dans cette tragédie mais aussi en oubliant d'en rappeler les vraies responsabilités. La diabolisation ou la déshumanisation de l'adversaire Le régime de feu le président Juvénal Habyarimana (assassiné le 6 avril 1994), plus autoritaire et paternaliste que totalitaire (au contraire de son successeur), contraint à partir de 1990 par François Mitterrand au multipartisme et au dialogue intercommunautaire, a fini par en mourir. Mais il est, sans hésiter, aujourd'hui décrit sans crainte de ridicule, comme une sorte de «nazisme tropical». La raison du plus fort est toujours la meilleure, disait La Fontaine. Aujourd'hui c'est donc tout un peuple, le peuple hutu (80% de la population rwandaise) qui est ainsi mis à l'index par le monde entier. Il ne fait pas bon être Hutu aujourd'hui, fussiez-vous un saint! La diabolisation a joué et joue pleinement son rôle permettant au régime du président Paul Kagamé tous les excès et toutes les atteintes au droits de l'Homme sans que quiconque ne bouge ou presque dans la communauté internationale. La polarisation Elle consiste à supprimer toute nuance. En désinformation, elle est nécessairement totale. Si vous n'êtes pas aujourd'hui partisan de Kagamé et de son régime, c'est donc que vous étiez hier - forcément- complice du génocide! Si vous accordez quelque crédit aux conclusions du juge antiterroriste Bruguière (qui, clôturant l'enquête sur les circonstances de l'assassinat du président Habyarimana le 6 avril 1994, a eu pour conséquence l'émission par la justice française de 9 mandats d'arrêts internationaux contre l'entourage proche du président Kagamé), c'est donc que vous êtes coupable de complicité de génocide et de crimes contre l'humanité! L'invocation d'une sanction divine On a beau vivre dans un monde laïcisé, l'invocation d'une sanction divine - même non explicite - conserve une connotation moralisatrice intéressante: Si les Hutus en sont là aujourd'hui (sous entendu, s'ils souffrent sous la botte de Kagamé et de son régime), c'est qu'en vérité ils l'ont bien mérité. Allez, la messe est dite! La métapropagande, ou autrement dit, l'art de discréditer l'information venant de l'adversaire en la traitant de «propagande», méthode subtile et efficace. Les accusations de «révisionnisme», de «négationnisme» à l’encontre des universitaires, chercheurs, journalistes, écrivains, témoins professant un avis divergent voire seulement différent du son de cloche autorisé, soulignent cette évidence. La version imposée de l'histoire, en l'occurrence «le génocide est l'œuvre du régime hutu soutenu par la France» est de l'information. Tandis que le fait de resituer ce génocide dans son contexte, c'est-à-dire celui d'une guerre civile commencée quatre ans plus tôt, jalonnée de massacres terribles de part et d'autre, et poursuivie les années suivantes par d'autres abominables massacres de grande ampleur (en particulier celui de quelques centaines de milliers de réfugiés hutus massacrés par l'armée tutsie dans les forêts orientales du Zaïre durant l'hiver 1995-1996) vous fait immédiatement cataloguer comme négationniste et révisionniste. Deux poids, deux mesures!...La métapropagande a fait son effet. Ainsi l'examen de l'affaire rwandaise à la lumière des grilles de lecture des époux Toffler ou de Vladimir Volkoff, est comme on vient de le voir, particulièrement riche de réflexions et d'enseignements. Il ne fait pas de doute que le Rwanda est un magnifique cas école de désinformation. Il n'est cependant pas d'opération de désinformation qui n'ait à la fois un mobile stratégique et un inspirateur directement intéressé à sa réussite. S'agissant du Rwanda et de l'Afrique centrale, il faut évidemment rappeler que ce petit pays joue au cœur de cette région des Grands Lacs africains, un rôle aujourd'hui essentiel, de tout premier plan, sans mesure avec son poids démographique, sa superficie ou ses atouts naturels. Il convient à cet égard de lire absolument le passionnant dernier ouvrage du romancier britannique et ancien du MI6, John Le Carré, «Le chant de la mission». On y comprend tout des grandes manœuvres permanentes que mènent les grandes puissances mondiales dans cette région du Congo (les provinces orientales de l'ex-Zaïre, le Kivu et le Katanga, qu'on a souvent qualifiées de «scandale géologique»!) pour le contrôle de ses exceptionnelles ressources en minerais rares et variés, notamment le coltan. Le Rwanda de Kagamé, l'ex-chef de la rébellion tutsie formé à Fort Leavenworth qui fut aussi le chef des services spéciaux ougandais, est le fidèle allié des États-Unis. Il en est même le «produit», via les œuvres de l'Ouganda de Museveni. Il est le premier acteur aujourd'hui de cette mainmise militaire sur les fabuleuses richesses minières de la région. Oui, l'opération de désinformation menée contre le rôle de la France au Rwanda n'est pas anodine. Oui, elle a bien atteint ses objectifs, tactique d'une part: «sortir» la France de la région des Grands Lacs, et stratégique d'autre part: affaiblir grandement et durablement l'influence de la France non seulement dans la région mais dans toute l'Afrique. Les résultats sont là.
1. Jacques HOGARD : Auteur du témoignage «Les larmes de l'honneur» sur l'opération Turquoise (éditions Hugo&Cie, Paris, 2005).
2. EPEE : Experts Partenaires pour l'Entreprise à l'Étranger (32 Avenue de Wagram 75 008 PARIS) HYPERLINK "http://www.epee.fr/" \t "_blank" www.epee.fr
3. Vladimir VOLKOFF (1932-2205), écrivain français né en France de parents russes orthodoxes, officier de renseignement en Algérie, est en particulier l'auteur de «La désinformation, arme de guerre» (Julliard - l'Age d'Homme), d'une «Petite histoire de la désinformation» (Editions du Rocher) et de «Désinformation: flagrant délit» (Editions du Rocher).
4 Alvin TOFFLER est un écrivain, sociologue et futurologue américain, né en 1928 à New York. Il l'est l'un des futurologues les plus célèbres dans le monde. Il est l'époux d'Heidi TOFFLER également écrivain et futurologue qui participe étroitement à l'écriture de ses livres dont beaucoup sont devenus des bestsellers mondiaux.
5. Lire les rapports de Human Rights Watch sur les massacres de centaines de milliers de Hutus perpétrés en 1994, 1995 et 1996 par l'armée tutsie exerçant son «droit de poursuite» au Zaïre voisin, lire aussi le témoignage d'Abdul Ruzibiza, «Rwanda, l'histoire secrète» parue en 2005 aux éditions Panama.
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Jeudi 16 octobre 2008
Décoration du général rwandais Emmanuel Karake Karenzi, une honte pour les Nations Unies

Le commandant-adjoint des casques bleus de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour au Soudan (UNAMID), le général Emmanuel Karake Karenzi, a été décoré par le sous-secrétaire des Nations Unies pour le maintien de la paix, monsieur Allain Le Roy. Pourtant ce général Rwandais est sous le coup de deux mandats d'arrêt internationaux pour crimes de génocide, de terrorisme et de crimes contre l'humanité lancés par un juge français et un juge espagnol.
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4 juillet 2008
Paul Kagame, un
bilan mitigé

Paul Kagame et le drapeau officiel de la République rwandaise à l'Université de Harvard.
Il a pris le pouvoir le 4 juillet 1994 mais depuis le Rwanda est plus divisé que jamais et la région des Grands Lacs est toujours à feu et à sang. Il règne en maître absolu sur le Rwanda à la tête d'un parti politico-militaire, le FPR, mais ses méthodes de gouvernance sont contestées tant par les Hutus que les Tutsis. Ses proches collaborateurs sont dans le collimateur de la justice internationale mais il est obligé de les couvrir pour se protéger lui-même car il ne doit son sort qu'à son immunité de chef d'Etat. Il a emprisonné son prédecesseur, Pasteur Bizimungu, qui souffre de séquelles de son incarcération et serait handicapé à vie. Il a eu le tort de créer un parti politique. Son ami Charles Ntakirutinka et co-fondateur de son parti Ubuyanja, est toujours en prison. Paul Kagame est également soupçonné d'être responsable de l'attentat terroriste qui a coûté la vie au président Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide rwandais. Un bilan macabre pour l'homme fort de Kigali également accusé de pillage des richesses de la RDC dans les zones contrôlées par son pion, Laurent Nkundabatware alias Nkunda.
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Un ministre humilié

Général major Marcel Gatsinzi, ministre de la défense
Ancien G3 à l'Etat-major de l'armée rwandaise, il était commandant de l'ESO (Ecole des sous-officiers) de Butare et commandant de place au moment où le FPR a attaqué le Rwanda le premier octobre 1990.Après l'assassinat de son frère d'arme le général Déogratias Nsabimana le 6 avril 1994 dans l'avion présidentiel, il fut nommé chef d'Etat-major des FAR (Forces armées rwandaises) mais il ne restera à ce poste que dix jours.Sa nomination fut contestée par les militaires qui étaient sur le terrain car ils le suspectaient d'être de connivence avec l'ennemi.Il fut remplacé par le général Augustin Bizimungu actuellement incarcéré à Arusha.A Butare il fut remplacé par le colonel Tharcisse Muvunyi également en détention à Arusha dans la prison du TPIR.Marcel Gatsinzi et co-signataire de la déclaration de Kigeme appellant à l'arrêt de la guerre. Il a rallié l'armée du FPR avec le général Léonidas Rusatira actuellement en exil en Belgique.Il est le seul rescapé de la troupe de militaires ex-FAR qui ont été incorporés dans l'APR.Son prédécesseur au ministère de la défense le général Habyarimana est en exil en Suisse.Gatsinzi est considéré comme un Hutu de service sans réel pouvoir.Il fut humilié lors de sa comparution devant le tribunal Gacaca de Butare.Sa défection signerait son arrêt de mort.Son épouse vit en exil en Bretagne en France.
Il "s'est confessé" devant le tribunal gacaca de Butare.
20 mars 2008
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Jeudi 13 novembre 2008
Troublante présence de Rose Kabuye en Allemagne
Pourquoi Rose Kabuye, qui se savait faire l'objet d'un mandat d'arrêt de la part d'un juge français, et qui avait déjà été inquiétée en Allemagne a-t-elle effectué le voyage de Francfort ? Berlin avait pourtant averti récemment Kigali que madame Kabuye s'exposait à une arrestation en cas de retour sur le sol allemand. Selon des sources bien informées, madame Kabuye était de passage en Allemagne pour une affaire privée en rapport avec l'incarcération à Londres d'un homme d'affaires rwandais.
En avril dernier, la police d'outre-rhin s'était abstenue d'interpeller la patronne du protocole présidentiel rwandais, qui accompagnait alors le président Kagame lors de sa dernière visite officielle sur invitation du gouvernement allemand. La police germanique avait invoqué une loi qui restreint la compétence de la justice à l'égard d'officiels étrangers venus à l'invitation des autorités fédérales allemandes.
L'arrivée en Europe de madame Rose Kabuye avait été signalé par les internautes à l'aéroport de Zaventem à Bruxelles en tenue déguisée. Elle serait venue non pas pour préparer la tournée européenne de son patron selon la version officielle de Kigali mais plutôt pour négocier la libération de Tribert Ayabatwa Rujugiro, un homme d'affaires rwandais arrêté à Londres à la demande de la justice sud-africaine. Il est accusé de fraude fiscale en Afrique du Sud où il possédait une entreprise de tabac. Rose Kabuye devait obtenir la libération de Rujugiro détenteur de plusieurs passeports notamment congolais, rwandais et ougandais.
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Mercredi 26 novembre 2008
Bravo l'artiste. Paul Kagame aurait-il trouvé une des failles du dossier du juge Bruguière?
Tous les militaires du FPR inculpés par le juge français Jean-Louis Bruguière figurent également sur la liste du juge espagnol sauf Rose Kabuye. Envoyée en "terrain ennemi", sa mission est de saboter le dossier d'instruction qui arrivait à sa fin sans être inquiétée par le juge espagnol Fernando Merelles qui a lancé lui aussi des mandats d'arrêt internationaux contre 40 militaires rwandais. Les inculpés du juge français allaient être condamnés par contumace.
Rose Kabuye est accusée d'avoir hébergé le commando qui a abattu l'avion du président Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide rwandais.
Les militaires du FPR inculpés par le juge espagnol:
1
. JAMES KABAREBE, Général Major.
2. KAYUMBA NYAMWASA, Général Major
3. KARENZI KARAKE, Général de Brigade
4. FRED IBINGIRA, Général Major
5. RWAHAMA JACKSON MUTABAZI, Colonel
6. JACK NZIZA (JACKSON NKURUNZIZA (JAQUES NZIZA), Général de Brigade
7. RUGUMYA GACINYA, Teniente Colonel
8. DAN MUNYUZA, Colonel
9. CHARLES KAYONGA, Lieutenant Général
10. JOSEPH NZABAMWITA, Lieutenant-Colonel
11. CEASER KAYIZARI, Général Major
12. ERIK MUROKORE, Colonel
13. DENYS KARERA, Major
14. EVARISTE KABALISA, Capitaine
15. JUSTUS MAJYAMBERE, Major
16. EVARISTE KARENZI, Sous- Lieutenant
17. ALEX KAGAME, Général de Brigade
18. CHARLES MUSITU, Colonel
19. GASANA RURAYI, Lieutenant Colonel
20. SAMUEL KANYEMERA (SAM KAKA), Général Brigade
21. TWAHIRWA DODO, Colonel
22. FIRMIN BAYINGANA, Lieutenant Colonel
23. AGUSTÍN GASHAYIJA, Général de Brigade
24. WILSON GUMISIRIZA, Général de Brigade
25. WILLY BAGABE, Colonel
26. WILSON GABONZIZA, Lieutenant
27. SAMUEL KARENZEZI, alias "Viki", Caporal
28. JOAQUIM HABIMANA, Capitaine
29. KARARA MISINGO, Capitaine
30. ALPHONSE KAJE, Capitaine
31. FRANK BAKUNZI Capitaine
32. DAN GAPFIZI, Général de Brigade
33. JOHN BUTERA, Lieutenant
34. CHARLES KARAMBA Colonel
35. MATAYO Capitaine
36. PETER KALIMBA, Colonel
37. SILAS UDAHEMUKA, Major
38. STEVEN BALINDA, Major
39. JOHN BAGABO, Colonel
40. GODEFROID NTUKAYAJEMO, alias "Kiyago", Capitaine.
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Mercredi 12 novembre 2008
Kigali perd la boule après l'arrestation de Rose Kabuye
Expulsion de l'ambassadeur d'Allemagne, manifestations guidées contre la France, menace de lancement des mandats d'arrêt contre des ressortissants français, Kigali est entrain de perdre la boule après l'arrestation d'une proche du président rwandais. L'attitude des dirigeants rwandais frise le ridicule et risque de compliquer la situation de leur protégée qui doit être extradée en France dans 10 à 15 jours.
Madame Rose Kabuye Kanyange, colonel de réserve, a été arrêtée par la police allemande à l'aéroport de Francfort dimanche 9 novembre. En voulant transformer une affaire de justice en un acte politique, les responsables du FPR risquent d'enfoncer madame Kabuye accusée d'avoir participé à l'assassinat de l'ancien président de la République rwandaise Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide rwandais. Le juge français Jean-Louis Bruguière avait lancé en 2006 des mandats d'arrêt contre neuf hauts responsables du Front patriotique rwandais (FPR). Madame Kabuye figure sur cette liste.
Les familles des trois français tués dans l'attentat peuvent profiter de la présence de l'accusée sur le sol français pour porter plainte contre la chef du protocole présidentiel de Paul Kagame. Des associations de défense des droits de l'homme et des associations rwandaises peuvent aussi se porter partie civile contre l'ex-préfet de la ville de Kigali qui aurait supervisé le massacre des civils dans la capitale rwandaise après la victoire du FPR. Elle avait à l'époque le grade de major dans l'armée patriotique rwandaise (APR), branche armée du FPR.
En France, aucune personnalité politique n'a commenté l'arrestation de madame Kabuye. C'est la règle dans les pays démocratiques, le politique ne doit pas se mêler dans une affaire de justice. Les autorités rwandaises devraient opter pour un profil bas car la défense de la première personnalité inculpée du FPR ne sera pas chose facile. Les faits reprochés à madame Kabuye sont d'une extrême gravité car ils ont conduit tout de même à un génocide. Elle a besoin d'un ou plutôt de bons avocats! Le fait que le FPR ait mis fin au génocide n'exonère pas ses membres de répondre de leurs présumés actes criminels devant la justice.
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5 avril 2009
Les délégations rwandaises observées à la loupe à l'étranger
La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Rosemary Museminali, s'est rendue mardi à Bruxelles pour une visite officielle de travail. Elle a rencontré mercredi son homologue belge Karel De Gucht. La délégation rwandaise ne comportait aucune personnalité sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
Madame Museminali avait annulé à deux reprises un voyage en Belgique parce que Bruxelles menaçait d'arrêter Joseph Nzabamwita, numéro deux des services de renseignements extérieurs du Rwanda qui faisait partie de sa délégation, suite à un mandat d'arrêt international lancé contre lui par l'Espagne. Monsieur Nzamwita est accusé par Madrid d'avoir assassiné trois ressortissants espagnols membres d'ONG qui opéraient dans l'Est de la RD Congo à l'époque de l'invasion des troupes du Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir au Rwanda depuis juillet 1994.
Les délégations rwandaises qui se rendent à l'étranger sont actuellement auscultées à la loupe par les ambassades avant l'octroi des visas. Une quarantaine de hauts responsables rwandais membres du FPR, sont sous le coup de mandats d'arrêt internationaux lancés par l'Espagne et la France. Neuf mandats d'arrêt ont été lancés par la justice française et quarante par l'Espagne. Parmi les 9 personnalités inculpées par la justice française, huit sont également sur la liste des Espagnols. Seule Rose Kabuye Kanyange n'y figure pas.
Maillon faible du dossier du juge français Jean-Louis Bruguière, madame Kabuye a été utilisée par le gouvernement rwandais pour avoir accès au dossier d'instruction. Elle était accusée d'avoir hébergé le commando qui a tiré sur l'avion. Elle était donc moins chargée juridiquement par rapport aux huit autres, accusés d'avoir organisé l'attentat du 6 avril 1994 qui fut le détonateur du génocide rwandais.
L'Allemagne avait arrêté madame Rose Kabuye au mois de novembre 2008 au nom du respect des mandats lancés par la justice française. Elle fut emprisonnée dans une prison pour femmes à Francfort avant son transfert en France où elle a été hébergée dans un hôtel luxueux parisien avant de se livrer à une campagne médiatique bien huilée pour dénigrer la France. Paul Kagame lui a rendu visite en prison avant de rompre unilatéralement les relations diplômatiques avec l'Allemagne. La France vient de lever les poursuites contre madame Kabuye pour des "raisons d'état". Et si les autres pays refusaient d'appliquer les mandats d'arrêt lancés par la France qui ne les respecte pas sur son propre territoire?
Le gouvernement rwandais tente par tous les moyens pour faire annuler les mandats d'arrêt lancés contre les hauts responsables du FPR. Mais les choses sont beaucoup plus compliquées. La plainte déposée récemment contre la France devant un tribunal belge par deux généraux rwandais a été rejetée. Ils accusent la France de les empêcher de voyager à cause des mandats d'arrêt lancés contre eux. Mais il n'y a pas que la France, il y a aussi l'Espagne et peut-être d'autres pays, toujours pour les mêmes personnes!
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5 avril 2009
Les délégations rwandaises observées à la loupe à l'étranger
La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Rosemary Museminali, s'est rendue mardi à Bruxelles pour une visite officielle de travail. Elle a rencontré mercredi son homologue belge Karel De Gucht. La délégation rwandaise ne comportait aucune personnalité sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
Madame Museminali avait annulé à deux reprises un voyage en Belgique parce que Bruxelles menaçait d'arrêter Joseph Nzabamwita, numéro deux des services de renseignements extérieurs du Rwanda qui faisait partie de sa délégation, suite à un mandat d'arrêt international lancé contre lui par l'Espagne. Monsieur Nzamwita est accusé par Madrid d'avoir assassiné trois ressortissants espagnols membres d'ONG qui opéraient dans l'Est de la RD Congo à l'époque de l'invasion des troupes du Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir au Rwanda depuis juillet 1994.
Les délégations rwandaises qui se rendent à l'étranger sont actuellement auscultées à la loupe par les ambassades avant l'octroi des visas. Une quarantaine de hauts responsables rwandais membres du FPR, sont sous le coup de mandats d'arrêt internationaux lancés par l'Espagne et la France. Neuf mandats d'arrêt ont été lancés par la justice française et quarante par l'Espagne. Parmi les 9 personnalités inculpées par la justice française, huit sont également sur la liste des Espagnols. Seule Rose Kabuye Kanyange n'y figure pas.
Maillon faible du dossier du juge français Jean-Louis Bruguière, madame Kabuye a été utilisée par le gouvernement rwandais pour avoir accès au dossier d'instruction. Elle était accusée d'avoir hébergé le commando qui a tiré sur l'avion. Elle était donc moins chargée juridiquement par rapport aux huit autres, accusés d'avoir organisé l'attentat du 6 avril 1994 qui fut le détonateur du génocide rwandais.
L'Allemagne avait arrêté madame Rose Kabuye au mois de novembre 2008 au nom du respect des mandats lancés par la justice française. Elle fut emprisonnée dans une prison pour femmes à Francfort avant son transfert en France où elle a été hébergée dans un hôtel luxueux parisien avant de se livrer à une campagne médiatique bien huilée pour dénigrer la France. Paul Kagame lui a rendu visite en prison avant de rompre unilatéralement les relations diplômatiques avec l'Allemagne. La France vient de lever les poursuites contre madame Kabuye pour des "raisons d'état". Et si les autres pays refusaient d'appliquer les mandats d'arrêt lancés par la France qui ne les respecte pas sur son propre territoire?
Le gouvernement rwandais tente par tous les moyens pour faire annuler les mandats d'arrêt lancés contre les hauts responsables du FPR. Mais les choses sont beaucoup plus compliquées. La plainte déposée récemment contre la France devant un tribunal belge par deux généraux rwandais a été rejetée. Ils accusent la France de les empêcher de voyager à cause des mandats d'arrêt lancés contre eux. Mais il n'y a pas que la France, il y a aussi l'Espagne et peut-être d'autres pays, toujours pour les mêmes personnes!
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Samedi 1er novembre 2008
Les amis de Paul Kagame s'activent pour désamorcer la bombe du Nord Kivu
Bernard Kouchner à Kinshasa et à Goma, Louis Michel à Kigali, les deux amis de Paul Kagame s'activent pour désamorcer la bombe du Nord Kivu qui risque d'exploser et d'embraser toute la région des Grands Lacs.

Louis Michel et Paul Kagame au Village Urugwiro. Photo:The New Times
Le commissaire européen au dévéloppement et à l'aide humanitaire, le belge Louis Michel a été reçu par le président rwandais Paul Kagame au Village Urugwiro. A la sortie de l'audience, il a déclaré à la presse: " J'ai eu un entretien intéréssant et fructueux avec le président Kagame. Il m'a rappelé que ce qui se passe en RDC est plus un problème interne que les Congolais doivent résoudre eux-mêmes".
Sur ce dossier du Nord Kivu qui a provoqué le déplacement de un million de personnes, Paul Kagame a déclaré que la RDC est responsable à 95 %. Mais il n'a pas précisé le responsable des 5 % restant qui pourrait lui être attribué car son soutien militaire, diplomatique et logistique au général déchu Laurent Nkundabatware alias Nkunda n'est qu'un secret de polichinelle. Des milliers de jeunes Rwandais sont enrôlés de force pour aller combattre du côté de la rebéllion.
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24 juin 2009
Le nouveau ministre français de la culture, Fréderic Mitterrand

Le neveu du président François Mitterrand est un fin connaisseur du dossier rwandais. Sa nomination est très bien acceuillie dans le monde de la culture. Il est auteur de plusieurs ouvrages dont Mémoires d'exil; Les aigles foudroyés; Destins d'étoiles; Les années de Gaulle; Tous désirs confondus et La mauvaise vie. Il était directeur de la Villa Medicis à Rome.
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17 juin 2009
L'Agence Américaine pour le Développement International (USAID) s'associe avec Western Union et lance le programme African Diaspora Marketplace
Denver, Colo., Washington, DC — USAID, Western Union, société leader dans les transferts d'argent, et la banque panafricaine Ecobank se mobilisent contre la pauvreté en Afrique et stimulent l'esprit d'innovation et d'entreprise grâce à African Diaspora Marketplace, un programme de développement qui permettra aux émigrés africains vivant aux États-Unis de créer une entreprise en Afrique sub-saharienne. Ainsi, ce sont 10 à 20 PME présentant de solides business plans et visant à renforcer les opportunités économiques et les créations d'emplois en Afrique Sub-saharienne qui se verront attribuer des subventions par ce programme.
"Les membres de la diaspora africaine connaissent parfaitement les besoins de leur pays d'origine et disposent de la motivation nécessaire pour envisager des investissements en Afrique," a affirmé Alonzo Fulgham, Administrateur de USAID. "Cela représente une opportunité exceptionnelle pour la diaspora africaine basée aux États-Unis d'atténuer les disparités qui marquent actuellement la situation économique de l'Afrique." Alonzo Fulgham a ajouté : "Travailler de concert avec cette population estimée à 1,4 millions d'individus est essentiel dans la réduction de la pauvreté en Afrique."
"Ce programme novateur modèle pour les entreprises, l'administration et les ONG soutiendra des projets d'entreprises qui favorisent la création d'emplois et offrent des perspectives d'avenir," a affirmé Christina Gold, Directrice Générale de Western Union. "Western Union permet aux immigrés d'investir dans leur pays d'origine et de jouer un rôle actif dans l'économie mondiale grâce à son propre exemple. À travers ce programme, nous pouvons faire bénéficier de l'expertise de Western Union en matière de flux migratoires ainsi que de son vaste réseau et ses ressources pour agir durablement sur l'économie et les questions sociales."
"Ecobank est heureux d'être partenaire de cette initiative, car elle offre une excellente occasion de collaborer avec d'autres organisations engagées dans le développement économique de l'Afrique" a déclaré Arnold Ekpe, Directeur Général du groupe Ecobank Transnational Incorporated (ETI), société mère du groupe Ecobank. « African Diaspora Marketplace est conforme avec notre objectif d'atteindre les millions d'Africains résidant à l'étranger et les encourager à investir dans l'avenir de l'Afrique » a ajouté Arnold Ekpe.
African Diaspora Marketplace vise à démontrer l'impact que les entrepreneurs de la diaspora mondiale ou des communautés de migrants peuvent avoir sur le développement de leur pays d'origine. Tout au long du programme, le niveau de soutiens apportés aux participants et le rôle que ce soutien joue dans le développement de chaque entreprise seront surveillés. Cette démarche permettra d'identifier les meilleurs exemples en termes de soutiens aux petites entreprises aspirant à prospérer sur les marchés en développement.
Les projets sélectionnés devront être réalisés dans l'un des pays d'Afrique Sub-Saharienne où USAID est implanté et dispose de programmes d'assistance technique pour les entrepreneurs : Angola, Burundi, Ethiopie, Ghana, Kenya, Liberia, Malawi, Mali, Mozambique, Namibie, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Afrique du Sud, Tanzanie, Ouganda et Zambie.
Pour participer, les candidats doivent remplir les critères suivants :
La liste complète des critères d'admissibilité est accessible sur www.diasporamarketplace.org
Lors d'une première étape, un comité de sélection examinera les dossiers de candidatures. Les personnes dont les projets seront sélectionnés, seront invitées à soumettre un «business plan» complet pour étude. Afin d'assurer le succès et permettre une comparaison des dossiers de soumission, les finalistes seront conseillés et bénéficieront d'une assistance technique dans l'élaboration de leur «business plans». Tous les finalistes auront accès à une gamme complète d'outils techniques et de ressources, parmi lesquels les marchés des crédits et des créances afin de favoriser la création d'un grand nombre d'entreprises, que ces finalistes aient été ou non sélectionnés pour une subvention.
Les finalistes seront également invités à une conférence de deux jours à Washington, pendant laquelle ils présenteront leur «business plans» complet devant un comité d'experts composé de représentants du monde des affaires, de personnalités de la diaspora, de membres de l'USAID et d'autres organisations de développement et d'entreprises du secteur privé. Ce comité évaluera les « business plans » et sélectionnera les bénéficiaires des subventions sur la base de critères qui incluent l'idée du projet d'entreprise et le cadre de gestion, les perspectives de pérennisation, la capacité à tirer avantage des ressources de la diaspora et les objectifs de résultats.
A la suite de ces sélections rigoureuses, 10 à 20 entrepreneurs se verront attribuer chacun une subvention de 50.000 à 100.000 dollars US afin de mettre en application leur « business plan ». Les fonds proviendront du pool initial de financement de African Diaspora Marketplace qui s'élève à près de 1,5 million de dollars US, financé conjointement par USAID, la société Western Union et la Fondation Western Union ainsi que par « Western Union Agent Giving Circles». Un «Agent Giving Circle», dont Ecobank Transnational Incorporated (ETI) en Afrique et Irv Barr Management aux Etats-Unis, a déjà contribué à hauteur de 250.000 dollars US en soutien à cette initiative. African Diaspora Marketplace facilitera l'accès à l'assistance technique disponible, le développement des compétences et l'information sur une gamme d'options de financement pour tous les finalistes. Les américains pourront également participer individuellement au financement du pool de African Diaspora Marketplace en faisant des dons à «Academy for Educationnal Development » (AED) à travers toute agence Western Union aux Etats-Unis et cela jusqu'au 21 juillet 2009.
Les membres de la diaspora africaine vivant aux Etats-Unis peuvent dès à présent soumettre leurs propositions sur le site
www.diasporamarketplace.org
et ce jusqu'au 21 juillet 2009. Les gagnants seront désignés en décembre 2009. Pour de plus amples informations ainsi que le règlement complet, visiter
www.diasporamarketplace.org
.
À propos de USAID
USAID est la plus importante agence fédérale américaine en charge du développement économique et de l'assistance humanitaire dans le monde. GDA (Global Development Alliance) est la division dont la mission est d'accompagner l'aide américaine en la connectant avec les ressources, l'expertise et la créativité du secteur privé et des ONG. Depuis son lancement en 2001, GDA a permis de changer la façon dont les projets de développement international américain sont financés et réalisés. 9,6 milliards de dollars de ressources ont pu être générés grâce à plus de 900 partenariats public privé et à l'implication de 1 700 particuliers.
Pour plus d'information à propos de USAID et de ses programmes internationaux rendez-vous sur le site
www.usaid.gov
. Pour plus d'information concernant GDA rendez-vous sur
www.usaid.gov/gda/index.html
.
A propos de Western Union
Western Union (NYSE:WU) est l'un des leaders de services de transfert d'argent. Western Union qui comprend également Vigo et Orlandi Valuta offre aux consommateurs le moyen le plus pratique et le plus sûr d'envoyer et de recevoir de l'argent, partout dans le monde.
Le réseau fonctionne grâce à un réseau de 379 000 agents basés dans 200 pays et territoires. La société fut fondée en 1851 et s'est rendue célèbre grâce à son innovant service de télégraphe. Pour plus d'information, visitez www.WesternUnion.com. Western Union s'est engagé pour 5 ans au travers d'un ambitieux programme caritatif de 50 millions de dollars qui vise a aider les populations. Grâce à Our World, Our Family®, Western Union permet aux familles de rester en contact, de dépasser les barrières et réaliser leurs rêves.
A propos de la Fondation Western Union
Grâce aux dons généreusement effectués par Western Union, ses collaborateurs et ses agents, la Fondation Western Union contribue à financer des programmes destinés à développer des opportunités économiques. La Fondation Western Union a financé de nombreux projets de plus de 1750 ONG dans 75 pays, et cela pour une valeur de plus de 52 millions de dollars.
Au sujet de ECOBANK (
www.ecobank.com
)
Constituée en 1985, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) est la maison mère du groupe Ecobank, le principal groupe bancaire régional indépendant d'Afrique. Le groupe Ecobank opère actuellement dans 27 pays africains, à savoir : Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroon, Cap Vert, Centrafrique, Tchad, Congo, Congo (République Démocratique), Côte d'Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Malawi, Mali, Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tome et Principe, Sénégal, Sierra Leone, Togo et Ouganda. ETI opère également en France à travers sa filiale EBI SA, une compagnie financière agréée par les autorités monétaires Françaises, qui appartient en propre à ETI et qui fournit des services des financement du commerce et de courtage aux grandes entreprises.
ETI est cotée sur les places boursières de Lagos, Accra et de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine-UEMOA, la BRVM. Le groupe appartient à plus de 180 000 actionnaires, y compris des investisseurs institutionnels. Le groupe emploie plus de 11 000 personnes, ressortissants de 29 pays, dans plus de 600 agences. Ecobank est une banque avec une gamme de services complets, offrant les produits et services de la banque de grande clientèle, de détail, d'investissement et transactionnelle, aux gouvernements, aux institutions financières, aux sociétés multinationales, aux agences internationales, aux moyennes, petites et micro entreprises, et aux particuliers.
Pour plus d'information, merci de contacter:
Lisa McConnell, Western Union, +27 11 549 3310, lisa.mcconnell@intl.westernunion.com
Maureen O'Connell, Cone, +1 617-939-8330, moconnell@coneinc.com
Gina Jackson, USAID, +1 202-712-1917, gjackson@usaid.gov
Abou Koné, Ecobank, +228 221 03 03, abokone@ecobank.com
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7 mai 2008
Rwanda: Américains et Britanniques exhortés à encourager une médiation entre Kigali et les FDLR

Général Emmanuel Habyarimana
Ancien ministre de la défense de Paul Kagame
Ex-FAR formé aux Etats Unis d'Amérique
Président du Partenariat Intwari,coalition hétéroclite de partis d'opposition
(www.irwanda1.com)
Les forces d'opposition demandent aux parrains du pouvoir rwandais de suivre l'exemple de la Belgique, l'ancienne puissance coloniale, qui préconise par l'entremise de son Ministre des Affaires étrangères un dialogue direct entre le gouvernement en place à Kigali et les rebelles hutu rwandais des FDLR, a établi l'Agence Rwandaise d'Information (ARI).
De retour d'une mission en Afrique centrale, le Ministre belge des Affaires étrangères Karl De Gucht a en effet déclaré à la presse que la solution au retour de la paix dans la sous-région dépendrait d'un dialogue entre les rebelles des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) et le gouvernement de Kigali.
«Le Partenariat-Intwari renouvelle son appel aux principaux parrains du régime de Kigali à savoir les Gouvernements américain et britannique afin qu'ils suivent l'exemple du Gouvernement belge en privilégiant une solution pacifique au conflit rwandais dont les incidences négatives sur la région ne sont plus à démontrer », indique un communiqué parvenu à ARI.
Dirigé par l'ancien Ministre rwandais de la Défense, le Général Emmanuel Habyarimana, le Partenariat-Intwari regroupe trois partis d'opposition en exil. Cette organisation estime que « le dialogue inter rwandais ne peut être vraiment efficace que dans son format national et absolument inclusif. Celui-ci devra impérativement tenir compte de l'opposition et de la société civile rwandaises dans toute leur diversité».
Rosemary Museminali qui dirige la diplomatie rwandaise a qualifié les prises de position du chef de la diplomatie belge de « scandaleuses », arguant que son gouvernement ne peut pas négocier avec des « forces génocidaires». Le Partenariat-Intwari affirme de son coté qu'«il n'y aurait aucun scandale à dialoguer. Un Dialogue national et inclusif s'impose au Rwanda ».
Source:
www.ari-rna.co.rw
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2 juillet 2009
Le Rwanda veut annuler de façon définitive le programme de la BBC en langue Kinyarwanda
APA-Kigali (Rwanda) Le Rwanda est en train de considérer la possibilité d’interdire de manière définitive la diffusion de l’émission de la BC en kinyarwanda (langue locale), suite à un malentendu persistant entre le gouvernement et la chaîne britannique, au sujet de ses programmes en langues nationales.
La ministre rwandaise de l’Information, Louise Mushikiwabo, a expliqué à APA mercredi que le programme avait pour objectif initial d’unifier le peuple, comme le suggère son nom ‘Gahuzamiryango’ (rassembler les familles).
“Mais au lieu de cela, les journalistes se servent des ondes pour semer la zizanie au sein de ce même peuple”, a-t-elle martelé.
“Nous envisageons de signer un accord politique avec la direction de la BBC pour qu’elle raye l’émission en Kinyarwanda de la grille de ses programmes au lieu de nous laisser divertir par des informations mensongères distillées par des journalistes malveillants”.
Selon Mme Mushikiwabo, le gouvernement a besoin des divers supports médiatiques mais ne saurait tolérer que ces derniers aillent à l’encontre de ses plans.
Elle s’exprimait mardi devant le parlement, lors de la présentation d’un projet de loi qui devrait s’appliquer à tous les supports et professionnels des médias installés dans le pays.
“Nous n’avons que trois radios internationales au Rwanda : la BBC, le Voix de l’Amérique (VOA) et la Deutchwelle, mais les deux premières nous causent beaucoup de soucis. Pour des raisons que nous ne connaissons pas, les journalistes de ces radios ne cessent de dénigrer les programmes du gouvernement”, a-t-elle indiqué.
BB/pm/fss/od/APA
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23 juin 2009
Deux officiers et plusieurs soldats congolais tués par les FDLR

Combattants FDLR
Un major et un capitaine ainsi que plusieurs soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été tués au Nord Kivu la semaine dernière. D'autres ont été grièvement blessés. Ils sont tombés dans une embuscade tendue par les combattants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Cette information a été confirmée par plusieurs sources dont la MONUC par son porte-parole, le Lt Col Jean Paul Dietrich.
Les troupes de la MONUC appuient les FARDC dans l'opération Kimia II pour traquer les FDLR dont les attaques ont redoublé d'intensité depuis l'opération conjointe APR/FARDC baptisée Umoja wetu. Cette opération très médiatisée et saluée par les puissances soutenant le régime de Kigali, s'est terminée dans une confusion totale. L'ambassadeur des USA à Kinshasa avait même parlé de succès de cette opération ayant mobilisé plusieurs troupes rwando-congolaises. La presse congolaise parlait plutôt d'échec car le bilan était maigre, une dizaine de combattants des FDLR tués et quelques rappatriés de force. La suite a donné raison à la presse congolaise car les FDLR sont plus déterminées que jamais à se faire entendre puisque Kigali et ses soutiens continuent à les diaboliser et à travers elles toute la communauté Hutu.
Du côté des FARDC le moral n'est pas au bon fixe. Des défections, des viols, des pillages, des agressions de civils innocents, voire des mutineries, sont signalés dans ses rangs pour non versement de soldes. En plus les relations seraient tendues entre les militaires Congolais et les combattants Rwandais du CNDP incorporés au sein des FARDC après l"éviction de Laurent Nkundabatware Mihigo actuellement en résidence surveillée au Rwanda.
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2 juillet 2009
Le Rwanda fête ses 47 ans d'indépendance sans festivités
Aucune festivité officielle n'a été organisée pour marquer l’anniversaire de l’accession du Rwanda à la souveraineté nationale le 1er juillet 1962.
Cet anniversaire a toujours été célébré sous la présidence de Grégoire Kayibanda, père de l'indépendance du Rwanda avec son parti politique PARMEHUTU (Parti du Mouvement pour l'Emancipation des Hutu).
Grégoire Kayibanda et ses compagnons voulaient d'abord se débarrasser de la féodalité avant d'accéder à l'indépendance. Les événements ont été précipités par le refus du partage du pouvoir par les monarchistes qui voulaient une indépendance immédiate en gardant leurs privilèges.
Après le renversement de Grégoire Kayibanda, le nouveau président Juvénal Habyarimana, a déplacé les célébrations au jour anniversaire de son coup d'état le 5 juillet. Le 1er juillet a été célébré une seule fois au cours de ses 21 ans de règne. C'était le 2 juillet 1987 lors du 25è anniversaire de l'indépendance de la République rwandaise.
Depuis le règne du FPR (Front patriotique rwandais), les festivités ont lieu le 4 juillet, date anniversaire de la chute de Kigali, capitale du Rwanda. A chacun son jour de gloire! Kayibanda c'est le 1er juillet, Habyarimana le 5 juillet, Kagame le 4 juillet. Il reste le 2 et le 3 juillet à prendre!
Hier, le président Paul Kagame n'a, à aucun moment, évoqué cet anniversaire en recevant au village Urugwiro l'acteur noir américain, Danny Glover (Arme fatale). Le Rwanda est devenu une terre de stars du show-biz attirées probablement par le trafic des pierres précieuses piquées de la RDC.
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5 août 2009
Rwanda: Le PSP dans la tourmente.
Le parti de la prospérité et de la solidarité (Prosperity and solidarity party, PSP/PPS) est dans la tourmente. Il risque de subir le même sort que le Mouvement démocratique républicain, MDR.
Le président du PSP dans la province Sud, Jean Baptiste Nsanganira, a contesté l'élection de madame Phoebe Kanyange comme nouvelle présidente du parti en remplacement de Stanley Safari en fuite à l'étranger. Il a déclaré que tous les membres du parti devant vôter n'ont pas été invités. L'attitude de monsieur Nsanganira a provoqué un tollé au sein du FPR, le parti au pouvoir mais qui s'occupe aussi de la gestion des autres partis politiques autorisés au Rwanda à travers le Forum des partis qu'il contrôle et le ministère du gouvernement local.
La candidate élue a déclaré que Nsanganira prêche une "idéologie génocidaire". Elle a ajouté: "He is on record pushing forward his ethnicity-based ideas, he has always said that PSP has to be led by a Hutu and not a Tutsi; this is something we want to eliminate in this party. "
Au FPR qui soutenait certainement la candidature de madame Kanyange, le secrétaire permanent au ministère du gouvernement local, Eugène Barikana, a enfoncé le clou. "This party has two factions of which one is made up ardent followers of Safari and are characterized by the Genocide ideologies," a-t-il déclaré au journal rwandais anglophone très informé des coulisses du pouvoir à Kigali, The New Times. Le sénateur colonel docteur Joseph Karemera, ancien ministre de l'éducation et ambassadeur du Rwanda en Afrique du Sud, a déjà présenté au sénat un rapport sur le parti de Stanley Safari qui serait miné par "l'idéologie génocidaire et le divisionnisme".
Le PSP était le dernier parti indépendant au Rwanda dirigé par un Hutu, Stanley Safari, ancien sénateur et membre du MDR avant sa dissolution, actuellement en exil en Ouganda. Le gouvernement rwandais a demandé son extradition.
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1er Août 2009
Les FDLR à travers la presse allemande
Extrait de Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande.
La région des Grands Lacs se taille aussi une place importante dans les journaux allemands. Tout d'abord avec un article de l'hebdomadaire Die Zeit sur un chef de guerre qui opère depuis l'Allemagne.
Il parle couramment l'allemand, il a fait des études d'économie en Rhénanie et il a fondé une famille en Allemagne, lit-on dans Die Zeit. Ignace Murwanashyaka, né en 1963 à Butaré au Rwanda , domicilié à Mannhein dans le Bade-Würtemberg, serait à vrai dire un exemple d'intégration réussie. Mais l'Allemagne est moins pour lui une seconde patrie qu'une base solide pour une guerre dont le champ de bataille se situe à 4 000 km. Murwanashyaka est le président des Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR. Derrière ce nom se cache une force d'environ 6 000 combattants hutus. Certains de leurs commandants ont démontré en 1994, par leur participation au génocide des tutsis, ce qu'ils entendent par "libération du Rwanda". Depuis, poursuit le journal, les FDLR se sont retranchées dans l'est du Congo, où elles contrôlent des régions riches en matières premières et terrorisent la population. Ignace Murwanashyaka dirige sa milice depuis l'exil non seulement en faisant de la propagande et en collectant des dons, mais aussi en téléphonant régulièrement avec des généraux sur place. Se peut-il, s'interroge Die Zeit, que des massacres au Congo soient téléguidés par téléphone depuis Mannhein? L'homme qui est recherché par Interpol pour crimes de guerre, dont l'extradition est réclamée par le Rwanda, vit dans une maison sans charme près de la gare de Mannhein. Mais il a l'asile politique en Allemagne. Et lit-on un peu plus loin, si une procédure a été ouverte contre lui en 2006 par le parquet fédéral allemand pour crimes contre l'humanité, elle a été close pour manque de preuves.
Source: http://www.dw-world.de/dw/article/0,,4532955,00.html?maca=fra-rss-fre-all-1482-rdf
22 août 2009
Pour être Rwandais, il faut connaitre le nom du dernier roi

Kigeri V Ndahindurwa. Photo: www.time.com
Une vingtaine d'étrangers aspirant à la nationalité rwandaise ont récemment passé des tests d'évaluation écrite supervisée par la direction de l'immigration et de l'émigration. Les questions étaient sous forme de choix multiples. A la question concernant le nom du dernier roi du Rwanda, cinq propositions ont été données parmi lesquelles la reine "Kangogera". Un des participants au concours d'origine asiatique, né au Rwanda il y a 41 ans et parlant couramment le Kinyarwanda, a fait remarquer aux superviseurs de l'examen qu'il y a une faute d'orthographe dans cette proposition car il n'y a jamais eu de reine au Rwanda portant ce nom mais plutôt "Kanjogera". Aura-t-il la nationalité rwandaise ou sera peut-être recalé pour avoir donné une leçon d'histoire au jury?
Le projet de loi de juillet 2008 détermine les conditions d'acquisition et de perte de la nationalité rwandaise. Ceux qui l'ont perdue entre novembre 1959 et décembre 1994 sont réintégrés d'office sans aucune formalité. Quant à ceux qui l'ont perdue après décembre 1994, ils doivent expliquer pour quoi ils ont perdu la citoyenneté rwandaise et pourquoi ils veulent la retrouver. Pour les autres, ils doivent passer un concours d'évaluation des connaissances sur l'histoire du Rwanda et démontrer qu'ils aiment le pays dont ils veulent la nationalité.
Mais au fait quelle est la réponse à cette question? Le dernier roi est-il Kigeri Ndahindurwa qui n'a jamais régné et devenu indésirable au Rwanda ou Mutara Rudahigwa vénéré par le régime actuel?
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31 août 2009
Le FPR s'empare de l'association rwandaise des femmes universitaires

Dr Odette Nyiramilimo, Dr Marie Mukantabana, Spéciose Ayinkamiye,
membres de l'Association rwandaise des femmes universitaires (ARFU).
Photo: www.ifuw.org/rwanda
L'assemblée générale de l'association rwandaise des femmes universitaires (ARFU) a élu madame Angelina Muganza au poste de présidente. Membre actif du FPR et ancienne élève de Ntare school et de l'université de Makerere en Ouganda, sa désignation a un caractère politique. Les femmes seront en première ligne lors des prochaines élections présidentielles pour la réélection de Paul Kagame en 2010. La désignation récente de madame Phoebe Kanyange, proche du FPR, à la tête du parti de la solidarité et de la prospérité (PSP) de Stanley Safari va dans ce sens.
L'ARFU compte 360 membres. Les femmes universitaires ayant été formées au pays semblent jouer de seconds rôles dans l'association comme Dr Odette Nyiramilimo. La nouvelle présidente de l'ARFU a affirmé qu'au cours de son mandat qui expire en 2012, l'effectif d'adhérentes à l'association va augmenter.
Ex-ministre de la fonction publique et du travail, madame Angelina Muganza a été également ministre du genre et du dévéloppement des femmes et secrétaire d'état au ministère de la fonction publique chargé du travail.
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7 août 2009
Le général Marcel Gatsinzi réforme les RDF

Devant l'assemblée nationale mardi 4 août, le ministre de la défense, le général Marcel Gatsinzi, a donné les grandes lignes de la réforme des forces rwandaises de défense (RDF). Pas de force navale dans un pays qui n'a pas d'accès à la mer ni de grand réseau fluvial navigable, a-t-il déclaré en annonçant la fusion de l'armée de terre et de la marine. La nouvelle armée rwandaise comportera trois forces: l'armée de terre, l'armée de l'air et une nouvelle force dite de réserve qui comprendra des ex-militaires, les démobilisés compris et d'autres personnes recrutées dans la population selon des critères qui seront définis par la loi.
Le ministre de la défense a annoncé également la création d'une unité spéciale indépendante chargée de la protection des cinq hautes personnalités de l'état et des invités de marque. Elle portera le nom de Service spécial de protection qui remplacera l'actuelle garde républicaine, ex-garde présidentielle.
Le général Gatsinzi a rappelé que cette réforme était nécessaire et que l'article 173 de la constitution prévoit des changements dans la composition de l'armée en cas de nécessité. Les Forces rwandaises de défense sont issues de l'armée patriotique rwandaise (APR), branche armée du FPR qui a vaincu les forces armées rwandaises (FAR) dont certains ne sont pas prêts à baisser les armes et se battent encore en RDC sous l'étiquette des FDLR.
Les RDF comptent une dizaine de généraux issus de l'APR et trois généraux ex-FAR, le général Marcel Gatsinzi, le général Paul Rwarakabije et le général Jérome Ngendahimana. Les deux derniers sont des ex-membres des FDLR.
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27 juillet 2009
Les FDLR, les vrais et les faux
Extrait du Résumé de l’entretien d’Edgar Kahindo avec le Major M.J du FPC publié par
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A la question de savoir où sont passés les FDLR, le Major M.J. a répondu qu’il y a trois sortes des FDLR, à savoir les FDLR création de Paul Kagame qui sont une partie du CNDP, les FDLR résidus de l’ex-armée de Juvénal Habyarimana et accusés du génocide de 1994 au Rwanda, et les FDLR qui ont grandi au Congo où ils avaient pris refuge en 1994 et qui ne savent rien du Rwanda ni du génocide de 1994 car ils étaient trop jeunes. Ce sont ces derniers qui sont les alliés du FPC-Lafontaine
Selon le Major M.J. toutes les opérations militaires conjointes qui se succèdent au Nord et au Sud-Kivu n’ont fait que repousser les vrais FDLR dans les forêts, laissant intacte leur force militaire. Les Opérations militaires conjointes avaient comme premier but d’occuper le terrain abandonné par les militaires loyalistes de Kinshasa. D’après le Major M.J. ce geste de trahison de Joseph Kabila, lui a valu un rapprochement avec Kigali et Kampala. Les Fardc issus du CNDP occupent aujourd’hui ce territoire abandonné par l’armée congolaise. Pour y préparer l’arrivée des colons Tutsi, la branche « FDLR » du CNDP est celle qui est responsable des massacres des populations, des assassinats, des incendies des maisons, etc. Les vrais FDLR qui sont dans les forêts à 3 jours de marche à pieds ne peuvent pas incendier des maisons à Kanyabayonga ou à Kirumba, des cités très militarisées par les Fardc issus du CNDP ! Une des raisons du retrait du FPC de Lafontaine des accords de paix de Goma c’est effectivement la découverte de ce grand mensonge contre les FDLR et surtout les attaques des éléments issus des mouvements de résistants congolais qui étaient déployés dans les mêmes cités aux côtés des Fardc issus du CNDP. Le FPC de Lafontaine a voulu mettre fin au mensonge qui faisait porter la responsabilité des violations massives des droits humains commises par les Tutsi aux FDLR ou aux Fardc congolais, faisant apparaitre aux yeux du monde le génocide congolais comme une question congolo-congolaise, ce qui est inacceptable.
Le Major M.J. fait remarquer que certains rapports actuels de l’ONU sur la situation en R.D. Congo entretiennent cette confusion sur l’identité de ceux qui y commettent aujourd’hui des crimes contre l’humanité. Ainsi par exemple, tous les crimes contre l’humanité commis ces derniers temps par les Fardc issus du CNDP, sont attribués sans aucune nuance aux FDLR ou Fardc ou militaires congolais impayés, indisciplinés, pas bien formés, etc. Au dernier conseil de securité de l’ONU, une demande a été faite pour renforcer la capacité de la MONUC en R.D.Congo afin de suppléer aux faiblesses des militaires congolais. D’après le Major M.J. toute aide internationale à la MONUC servirait à la matérialisation du plan d’occupation du Nord-Kivu, à la formation de l’armée des colons Tutsi, etc. La guerre finale contre les vrais FDLR et les résistants congolais qui continueront à s’opposer à ce plan d’occupation n’est pas non plus à exclure de l’agenda de la MONUC et des grandes puissances qui financent l’occupation du Nord-Kivu. Le FPC-Lafontaine voudrait révéler ce mensonge entretenu sur l’identité de ceux qui commettent actuellement les crimes contre l’humanité contre les populations civiles innocentes. Les coupables des assassinats et des incendies des maisons sont les anciens miliciens du CNDP de Nkunda et non les militaires congolais loyalistes ni les FDLR qui sont à trois jours à pieds de villages victimes.
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4 septembre 2009
La condamnation de l'ex-président du parlement rwandais est un scandale

On savait déjà que ceux qui osent dire que le FPR a tiré sur l'avion du président Habyarimana sont traités de "négationistes", mais être condamné pour acte de génocide car on a écrit que Juvénal Habyarimana est mort en héros, est un scandale. Quatre vingt cinq pour cent de la population rwandaise risque la prison à perpétuité.
Alfred Mukenzamfura, ancien président de l'assemblée nationale de 2003 à 2008 a été condamné à la prison à perpétuité par le tribunal gacaca du secteur Nyakabanda dans les faubourgs de Kigali. Il n'était pas présent lors de l'énoncé du verdict car il a fui le Rwanda au mois de mars dernier. Il vit en Belgique où il a demandé l'asile politique.
Ancien journaliste à l'office rwandais d'information (ORINFOR), il était accusé d'avoir écrit des articles considérés comme incitateurs au génocide. Il lui est en particulier reproché la rédaction, en mai 1994, d'un éditorial publié dans le journal gouvernemental Imvaho au mois de mai 1994 (en plein génocide), et intitulé Intwari yaratabarutse (le héros est décédé) en hommage au président Juvénal Habyarimana, dont la mort dans un attentat le 6 avril 1994 avait déclenché le génocide.
Mais au delà de cette condamnation qui ne surprend personne car monsieur Mukezamfura est un haut responsable politique hutu qui aurait eu l'intention d'être candidat aux prochaines élections présidentielles de 2010 au nom de son parti le PDC (Parti démocratique centriste), c'est la manière méprisante de juger les Hutus devant les tribunaux gacaca, peu importe leur statut. Le premier ministre Bernad Makuza a comparu en temps que témoin ainsi que le ministre de la défense le général Marcel Gatsinzi. Le général Paul Rwarakabije a été blanchi par un tribunal gacaca. Le général Laurent Munyakazi a été condamné à la prison à perpétuité par un tribunal gacaca ainsi que Stanley Safari, président fondateur du parti pour la solidarité et la prospérité (PSP), et la députée Béatrice Nirere. Plusieurs députés, sénateurs, hauts fonctionnaires, maires Hutus ont écopés de plusieurs années de prisons par des tribunaux gacaca. Même l'ex-député et maire de la commune de Giti, Edouard Sebushumba a comparu devant le tribunal gacaca de Bitsibo. Le procès a été reporté sine die car la population a crié au scandale. On se souvient qu'aucun Tutsi n'a été tué dans la commune de Giti dirigé par Sebushumba qui a été récompensé pour sa bravoure. Il a été mis récemment sur la liste des présumés génocidaires de première catégorie car il était maire en avril 1994 même si il continue à couvrir les exactions du FPR perpétrées dans sa commune.
Jusque maintenant aucun Tutsi n'a comparu devant les tribunaux gacaca. Même les militaires du FPR qui ont massacré les évêques catholiques et plusieurs prêtres à Gakurazo non loin de Kabgayi ont été traduits devant une juridiction classique. Les hauts gradés ont été blanchis, les subaternes ont eu une sentence symbolique.
Les Hutus n'ont encore rien compris. Les tribunaux gacaca financés par l'Union européenne ont été conçus pour juger les Hutus de l'intérieur, le TPIR s'occupe de ceux qui sont à l'extérieur. L'ex-ambassadeur du Rwanda à Paris, Jacques Bihuzagara, l'avait pourtant bien dit. "Nous les jugerons tous, même si ils sont à 5 millions", a-t-il précisé. C'était du temps où le Rwanda était peuplé de 7100000 habitants. Aujourd'hui, selon les chiffres donnés par Kigali, la population rwandaise est de dix millions d'habitants. Reste à savoir si ces dix millions sont vraiment des Rwandais.
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22 juin 2099
Rwandex, un patrimoine national difficile à vendre

Rwandex au parc industriel de Gikondo
Depuis le lancement en 2005 d'un vaste programme de privatisation des entreprises publiques, le gouvernement rwandais ne parvient pas à vendre Rwandex, l'usine de traitement et d'exportation du café au Rwanda. Il avait misé sur un milliard et 700 millions de francs rwandais de recettes de vente de ses actions dans cette entreprise qui fait partie du patrimoine national rwandais. La 3è tentative s'est soldée par un échec.
Pour un paysan rwandais, Rwandex c'est la campagne café, la fête au village, la bière Primus, un repas de famille tant désiré, le mariage d'une fille ou d'un fils, les nouveaux habits, le minerval pour les enfants, bref une délivrance financière après avoir déposé son sac de café sec sur une balance d'un commerçant du coin.
Créée en 1964 par le gouvernemenr rwandais, Rwandex était un des symboles de l'indépendance du Rwanda. Cette entreprise avait pour mission: achat du café parche, usinage, entreposage et exportation de café marchand. Le prix du café auprès des producteurs paysans était garanti par l'Etat pour ne pas subir les fluctuations sur le marché international dominé par le Brésil et la Colombie. Si cette entreprise qui fait l'honneur du Rwanda est privatisée, le paysan n'aura plus la garantie de revenu suffisant pour subvenir à ses besoins. En effet chaque agriculteur rwandais a au moins une parcelle de caféier qui lui rapporte chaque année des revenus pendant la campagne café de juillet et août. Des camions sillonnent le pays pour charger les sacs de café sec dans les centres commerciaux ruraux et les ramènent chez Rwandex pour traitement avant l'exportation dans les pays consommateurs.
Rwandex a déjà perdu le monopole de l'exportation du café rwandais mais reste numéro 1. Elle dispose de 7 actionnaires dont l'Etat à travers l'Office des cafés avec 5.880 actions (49%) et l'Office du thé avec 240 actions (2%), Albert Hasson avec 3.941 actions (32,85%), Paul Hoffman avec 521 actions (4,34%), Chris Jermyn avec 521 actions (4,34%), Alain Serge avec 521 actions (4,34%) et David Michael Compton avec 376 actions (3,13%). Le total des actions étant de 12.000 soient 100%. Rwandex est dirigé par un Conseil d'Administration de 7 membres à savoir Laurien Ngirabanzi (OCIR/Café) comme président, Grégoire Vianney Gaforomo (OCIR/Thé), Joseph Akilimali (Secrétariat de privatisation), Faustin Rwigema (Ministère des Finances et de la Planification économique), Jean Berchmas Birara (Kigali), Alain Vigneron et Albert Hasson (Bruxelles) comme administrateurs. Les autres sociétés qui exportent le café rwandais sont: RWACOF,AGROCOFFE,SICAF et CBC (Source Rwandex 2005).
Après la privatisation des PTT (Poste, Téléphone, Télécommunication), ELECTROGAZ (Electricité, Eau et Gaz), autres services publics symboles de la république rwandaise, d'autres entreprises publiques étaient sur la liste de privatisation en 2005: IMPRISCO, (Imprimerie scolaire), les usines à riz, la porcinoculture de Kabuye et SOPROTEL (Société de promotion hotellière).
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27 septembre 2009
Paul Kagame boude le sommet Afrique-Amérique du Sud
Le deuxième sommet Afrique-Amérique du Sud se tient ce week-end sur l'île de Margharita au Vénézuela. Vingt chefs d’Etat africains et huit latino-américains sont attendus à ce sommet. Paul Kagame qui était pourtant à l'assemblée nationale de l'ONU à New York, ne fera pas le déplacement. Les chefs d'état africains soutenus par les Etats Unis ont peur de s'afficher avec le disciple de l'anti-impérialisme américain. Le président libyen Mouammar Kadhafi, le président du Zimbabwe Robert Mugabe, le Nigérien Mamadou Tandja et l'Algérien Abdelaziz Bouteflika ont été les premiers à arriver au Vénézuela. Le président vénézuélien tentera de convaincre ses homologues africains présents au sommet d'un renforcement de la coopération Sud-Sud.
Hugo Chavez rêve de la création d'une banque du Sud et d'une monnaie commune pour contourner le FMI et la Banque mondiale qui selon lui appauvrissent les pays du Tiers-Monde. Il veut également vendre son pétrole à bas prix aux pays africains en construisant des raffineries sur place. Le gouvernement vénézuélien a déjà financé la construction d'une raffinerie en Mauritanie. Le premier sommet Afrique-Amérique latine a eu lieu à Abuja au Nigéria.
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25 septembre 2009
48è anniversaire du référendum Kamarampaka
 File d'attente au cours du référendum Kamaramampaka le 25 septembre 1961
Le 25 septembre 1961, deux questions furent posées aux électeurs rwandais: 1. Désirez-vous conserver l'institution du Mwami au Ruanda ? 2. Dans l'affirmative désirez-vous que Kigeri V reste le Mwami du Ruanda?
Résultats: Sur 1337096 électeurs inscrits, il y eut 1255896 votes valides et 22248 bulletins nuls ou blancs. La monarchie et le Mwami Kigeri furent rejetés à 80 % des voix. Un mois après le 26 octobre 1961, Grégoire Kayibanda fut élu par l'assemblée nationale premier président de la république rwandaise. Kamarampaka veut dire "qui a mis définitivement fin aux différends". Ceux qui disent que Kamarampaka n'a servi à rien ont donc tort. C'est grâce à ce référendum populaire que Paul Kagame est président de la république et non Mwami du Rwanda.
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7 octobre 2009
Africom : la recolonisation de l’Afrique
Africom (United States African Commandle commandement militaire des Etats-Unis d’Amérique pour l’Afrique, fut lancé par Bush en 2008 sur l’instigation des néoconservateurs, connus aux Etats-Unis sous le diminutif américain "neocons" qui voyaient - et voient encore - partout des djihadistes affiliés à Al-Qaeda, y compris en Afrique, en Somalie par exemple.
Récemment, Africom est devenu une sorte de branche armée de la diplomatie étatsunienne en Afrique. Et il y a des gens qui suspectent que cette nouvelle ruée militaire vers l’Afrique n’ait rien à voir avec le terrorisme - que les USA semblent avoir provoqué en Somalie par leur interventionnisme dans ce conflit -, mais tout à voir avec la percée chinoise. En d’autres termes, un moyen de défendre l’approvisionnement de l’économie américaine en ressources naturelles dont regorge le continent africain.
Pourtant le ton de l’opposition à Africom monte aux Etats-Unis. Surtout parmi les Afro-américains. Ainsi, le 31 août 2009, la puissante organisation afro-américaine, la Conférence nationale des avocats noirs — la National Conference of Black Lawyers (NCBL) lançait une campagne en règle contre Africom, avec une longue lettre ouverte de quatre pages adressée au ministre de la Justice Eric Holder, lui aussi Afro-américain. La missive a été intitulée « Arrêtez Africom au nom de la Loi ! » .
A part les dangers juridiques que cette organisation voit dans l’engagement militaire américain aux côtés des armées des régimes africains, la lettre ouverte remet en question le principe même à la base de la création d’Africom. « Africom affirme que sa mission est "de promouvoir un environnement africain stable et sécurisé en appui de la politique étrangère étatsunienne". Selon les déclarations publiques d’Africom, la mission est fondée sur la proposition selon laquelle Al-Qaeda et des forces terroristes opèrent en Afrique et présentent des défis aux gouvernements africains qui sont incapables de les relever sans l’aide américaine. L’acceptation par le Président Obama d’une mission défectueuse pour combattre des terroristes qui ne sont probablement même pas en Afrique nous induit à penser = qu’il a été mal conseillé sur cette question. Selon toute vraisemblance, on l’a persuadé de faire sienne l’idée selon laquelle l’Afrique a besoin de l’appui militaire américain. A notre avis, la justification de l’existence d’Africom a été fabriquée de toutes pièces par l’Administration Bush dans le but de donner un prétexte pour utiliser des moyens militaires afin d’assurer la domination sur les ressources pétrolières africaines et de bloquer l’influence croissante de la Chine et des autres pays sur le continent africain. »
Rageh Omaar, un journaliste somalien d’investigation travaillant pour la chaîne qatarie Al Jazeera, s’est récemment penché sur Africom dans un reportage en 4 parties intitulé "Le Nouveau front de l’Amérique : Diplomates ou Combattants ? " , qui a été diffusé pour la première fois le 20 septembre. Rageh Omaar remet d’abord en question la triple ambition d’Africom : « Défense, diplomatie et développement ». Ces deux dernières tâches, dit-il, étant traditionnellement le travail des diplomates et des coopérants, mais guère celui des soldats. Des intervenants interviewés dans ce reportage, dont Hank Cohen, Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines sous Bush père, s’étonnent de cette ruée américaine vers l’Afrique. Un continent, selon Cohen, traditionnellement non-aligné du fait de son passé colonial…
On ne s’étonnera donc pas de voir qu’un pays africain, le Liberia, se soit porté volontaire pour héberger le quartier-général d’une organisation militaire que certains considèrent comme la branche armée de la recolonisation de l’Afrique. Rageh Omaar rappelle aussi le passé trouble de l’interventionnisme américain en Afrique : l’appui étatsunien aux dictateurs africains de tous poils, dont Mobutu.
Le journaliste s’étonne aussi du fait qu’ Africom collabore activement avec les armées des pays qui ne contribuent pas particulièrement à la cause de la démocratie en Afrique : l’Ouganda et le Rwanda… Et ce, en contradiction flagrante avec le discours-leçon d’Obama à Accra, au Ghana…
L’Afrique sortira-t-elle indemne de l’assaut d’une machine militaire disposant d’un budget astronomique de 515 milliards de dollars ? La météo de l’indépendance de l’Afrique paraît en tout cas fort sombre pour certains analystes.
Source: http://www.afrik.com
30 septembre 2009
La société civile rwandaise en exil demande à Paul Rusesabagina d'être candidat aux prochaines élections présidentielles
 Paul Rusesabagina et Barack Obama Photo: http://farm4.static.flickr.com
Les représentants de la société civile rwandaise en exil qui se sont réunis à San Antonio au Texas en date du 19 septembre 2009 à l’invitation de l’organisation Women for Truth and Reconciliation in Rwanda (WTRR) ont demandé à Paul Rusesabagina d'être candidat aux prochaines élections présidentielles rwandaises au mois d'août 2010 contre Paul Kagame. Au cours de cette réunion à laquelle assistait le héros du film de Terry Georges, Hôtel Rwanda, ils ont examiné le récent témoignage accablant de Mme Claire Uwamutara, la situation catastrophique qui prévaut actuellement au Rwanda sur le plan des droits de la personne ainsi que l ’épuration ethnique secrète et habilement exécutée qui sévit contre les Hutu au Rwanda et la persécution que subissent tous ceux qui s’y opposent. Lire la déclaration de San Antonio
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23 octobre 2009
Le conseiller spécial de Paul Kagame n'est plus favori pour la présidence du Conseil européen

L'ancien premier ministre britanique, Tony Blair, fait face à un torrent de critiques. Seul candidat déclaré pour diriger l'Europe, le conseiller spécial de Paul Kagame n'apparait plus favori pour le poste suprême à la tête du Conseil européen. Les opposants à sa candidature en tête les dirigeants du Benelux, lui reprochent de s'être inconditionnellement aligné à la guerre de Georges Bush en Irak contre l'avis de la majorité des gouvernements européens. Il est perçu également comme candidat d'un état eurosceptique qui a un pied dans l'Europe et l'autre à l'extérieur proche des Américains. Le Royaume Uni ne fait pas partie de la zone euro ni de l'espace Schengen.
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6 juillet 2008
Le Forum des partis, une vieille recette rwandaise
C'est en 1960 que le Parmehutu, vainqueur des premières élections démocratiques au Rwanda, a inventé le concept de Forum des partis qu'il appelait le Front commun. Il était composé du Parmehutu (Parti du mouvement pour l'émancipation des Hutus), de l'Aprosoma (Association pour la promotion sociale de la masse) et du RADER ( Rassemblement démocratique rwandais). Son but était d'encadrer les autres partis politiques afin de marginaliser l'UNAR (Union nationale rwandaise). Le FPR a utilisé exactement la même technique pour éliminer définitivement le MDR (Mouvement démocratique républicain) nouvelle formule. Mais cette tactique politicienne finit par se retourner contre le parti dominant. C'est le 6 juillet 1960 que la recette du Parmehutu a volé en éclat. Le parti RADER se retira du Forum des partis ayant participé aux premières élections communales au Rwanda du 27 juin au 30 juillet 1960. Ces élections boudées par l'UNAR qui défendait la monarchie, avaient été remportées haut la main par le Parmehutu de Grégoire Kayibanda par 70,4 % des voix contre 7,4 % pour l'Aprosoma de Joseph Gitera Habyarimana et 6,6 % pour le RADER de L. Ndazaro. 229 bourgmestres (maires) et 2896 conseillers communaux avaient été élus. Le RADER était un parti composé essentiellement de Tutsis intellectuels républicains de tendance modérée. L'UNAR était un parti des aristocrates hostiles au changement de régime. Le Parmehutu avait pensé au Forum des partis pour mieux dominer les autres mais sans l'imposer dans la constitution. Le FPR a réhabilité cette pratique en l'imposant dans la constitution pour contrôler les autres mouvements politiques tolérés et se débarrasser des indésirables. Le MRND (Mouvement révolutionnaire national pour le dévéloppement) de Juvénal Habyarimana était le seul parti constitutionnellement autorisé au Rwanda jusqu'en 1991. Depuis le 4 juillet 1994, le FPR régne en maître absolu et encadre ses partis satellites. Décidément au Rwanda il n'y a que les noms qui changent. Copyright © 2008 irwanda1.com
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4 octobre 2009
Rwanda: Le parti des Verts interdit de réunion
 Frank Habineza, président du parti des Verts rwandais (Green Party)
Les responsables administratives du district de Nyarugenge ont empêché une réunion organisée par le parti des Verts (Green Party) rwandais. Le parti dirigé par Franck Habineza n'a pas encore reçu l'agrément du fameux Forum des partis contrôlé par le parti au pouvoir, le FPR. Les autorités rwandaises auraient l'intention de tout vérrouiller avant les prochaines élections présidentielles. Mais elles auront du mal car la grogne monte, dans les prisons, dans les campagnes avec l'exode des habitants de la province Sud vers le Burundi, dans la classe politique, et même dans l'armée. Les Rwandais de l'extérieur n'ont pas dit leurs derniers mots et les FDLR n'ont pas été annéantis. Les élections de 2010 seront chaudes a prédit un observateur politique rwandais. "Personne ne nous confisquera la démocratie", a déclaré le président du Parti des Verts rwandais sur la BBC Gahuzamiryango dans son édition du Vendredi 2 octobre.
13 septembre 2009
L'adhésion du Rwanda au Commonwealth, Paul Rusesabagina lance le débat Dans un débat organisé par la radio britanique BBC Gahuzamiryango au cours de l'émission populaire hebdomadaire Imvo n'Imvano (le fond du problème) du 12 septembre 2009 animé par Ally Yusuf Mugenzi, le héros du film Hôtel Rwanda, s'insurge contre l'entrée du Rwanda au Commonwealth. Paul Rusesabagina évoque le non respect des droits de l'homme par le gouvernement rwandais et le fait que le Rwanda est un pays historiquement francophone.
"Un pays qui ne respecte pas les droits de l'homme ne peut pas prétendre faire partie d'une grande famille comme le Commonwealth", a-t-il précisé. Monsieur Rusesabagina qui parle couramment le français et l'anglais, a donné plusieurs exemples dont certains ont été dénoncés par Human Rights Watch, Amnesty International, et d'autres associations de défense des droits de l'homme.
La position de Paul Rusesabagina est partagée par une écrasante majorité de Rwandais. "Une poignée d'anglophones venus d'Ouganda estimés à 30000 personnes ne peuvent pas se permettre de faire entrer un pays majoritairement francophone dans une communauté des ex-colonies britaniques sans consultation des citoyens", a-t-il ajouté. Sa fondation Hôtel Rwanda Paul Rusesabagina a écrit aux pays membres du Commonwealth pour leur demander de vôter contre l'adhésion du Rwanda lors du prochain sommet à Trinidad Tobaggo dans les Caraïbes au mois de novembre.
L'adhésion du Rwanda était attendue au dernier sommet de Kampala auquel avait participé la reine Elizabeth mais elle fut reportée pour le prochain sommet. Entretemps il y a eu la suspension de la BBC en FM au Rwanda et 40 hauts responsables de l'armée rwandaise dont certains très proches du président rwandais sont sous le coup d'un mandat d'arrêt international lancé par le juge espagnol, Fernando Andreu Merelles. Le président rwandais refuse de les livrer à la justice. Un mauvais présage peut-être.
Le conseiller spécial "bénévole" de Paul Kagame, l'ancien premier ministre britaniqueTony Blair, a du pain sur la planche. Les communiqués de bonne santé économique du Rwanda innonde la toile et la presse internationale pour la propagande. La bataille n'est pas gagnée et les Rwandais ne voient pas l'intérêt de l'entrée de leur pays au Commonwealth dont ils n'ont pas la culture. Les Rwandais ont une culture plutôt latine. Les Anglo-saxons sont perçus au Rwanda comme des protestants dans un pays majoritairement catholique.
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27 octobre 2009
Un deuxième candidat déclaré aux prochaines élections présidentielles rwandaises

Bernard Ntaganda (à droite) à Bruxelles le 26 septembre 2009. Photo: www.musabyimana.be
Le Parti social Imberakubiri a désigné son président, Bernard Ntaganda, candidat aux prochaines élections présidentielles rwandaises. Son parti a été aggrémenté il y a un mois. La nouvelle a été annoncée sur les antennes de Radio Rwanda. Monsieur Bernard Ntaganda, qui est avocat, a déclaré avoir entrepris des démarches auprès de l'opposition en exil notamment les FDU (Forces démocratiques unifiées) qui présentera sa candidate, Mme Victoire Ingabire Umuhoza. Il a assisté à Bruxelles le 26 septembre 2009 à la désignation de la candidate du parti FDU qui n'est pas encore autorisé au Rwanda. Les élections présidentielles rwandaises auront lieu le 9 août 2010.
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26 octobre 2009
Elections présidentielles rwandaises: Mme Ingabire ne partira pas sans ses lieutenants.
Mme Victoire Ingabire Umuhoza, candidate aux prochaines élections présidentielles au Rwanda de 2010, a déclaré avoir reçu son passeport il y a un mois. Sur dix passeports demandés par le FDU-Inkingi, son parti politique, seuls deux ont été octroyés par le gouvernement rwandais. L'autre bénéficiaire des papiers rwandais est Jean de Dieu Ndikumana. Mme Ingabire a ajouté qu'elle ne partira pas au Rwanda pour lancer sa campagne sans tous ses lieutenants en particulier son premier vice président Eugène Ndahayo. Ce dernier, ancien chef de cabinet au ministère de l'information du gouvernement de transition dirigé par Faustin Twagiramungu, est le plus expérimenté en politique de l'équipe de Mme Ingabire Umuhoza Victoire. Réfugié en France depuis plusieurs années, l'ex-secrétaire exécutif du MDR, a fui le Rwanda après avoir signé un memorandum dénonçant les massacres perpétrés par le FPR. Ses amis lui déconseillent son retour au Rwanda même en groupe.
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2 novembre 2009
Des blessés graves au cours d'une réunion d'un parti rwandais d'opposition

Franck Habineza, président du parti des Verts rwandais (Green Party), à la journée mondiale de l'eau à Brazzaville au mois de mai 2007.Photo:www.iisd.ca
Une réunion du parti des Verts rwandais (Green Party) a été perturbée. Des personnes non membres du parti se sont introduites dans la salle de réunion au centre pastoral Saint Paul à Kigali et se sont mises à frapper les participants. Il y a eu plusieurs blessés dont certains grièvement.
La police rwandaise est intervenue et a suspendu la réunion. Selon le président du parti, Franck Habineza, candidat aux élections présidentielles, ce sont des membres du FPR qui ont fait le coup. Malgré ces incidents, le vice président du parti, André Kagwa, a déclaré que personne ne les empêchera de continuer leurs activités en vue d'un changement politique au Rwanda. Une réunion du même parti avait été interdite par les autorités du district de Nyarugenge au début du mois d'octobre.
Les élections présidentielles rwandaises d'août 2010 s'annoncent chaudes. Madame Victoire Ingabire Umuhoza, candidate déclarée, et ses amis sont prévenus.
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29 novembre 2009
Commonwealth: Paul Kagame n'a pas été invité au sommet de Port of Spain
Le président rwandais Paul Kagame, n'a pas été invité au sommet du Commonwealth qui se tient dans la capitale de la Trinité et Tobago depuis vendredi. Pourtant l'adhésion du Rwanda à cette communauté des ex-colonies britaniques est à l'ordre du jour. Mauvais présage?
Jamais une adhésion à cette communauté n'a fait couler autant d'encre. Traditionnellement francophone, le Rwanda lorgne vers les pays anglophones depuis qu'il est dirigé par une poignée d'Anglophones venus d'Ouganda. Deux cent mille Rwandais seraient rentrés d'Ouganda après la victoire du FPR. La majorité des Rwandais n'est pas contre cette adhésion, mais la juge prématurée. Certains pensent même qu'il s'agit d'une simple vengeance personnelle du président rwandais vis à vis de la France qui a refusé de lever les mandats d'arrêt lancés contre ses proches collaborateurs.
Même si le secrétaire général du Commonwealth s'est prononcé favorable à l'adhésion du Rwanda, la commission des droits de l'homme de cette communauté est farouchement contre. Le non respect des droits de l'homme, les tribunaux gacaca sans assistance juridique ni possibilité de recours, le manque de démocratie réelle, les élections truquées, la dominance d'un parti, le FPR, sans possiblité d'alternance, l'inégalité devant la justice, de hauts responsables politique et militaires du FPR qui échappent à la justice, autant de points négatifs que la commission a relevés et qui selon elle justifient la non adhésion du Rwanda au Commonwealth. Le dernier mot reviendra aux chefs d'état et de gouvernement réunis aux Caraïbes.
Au dernier sommet de Kampala, le président rwandais avait été invité par son ami et mentor, Yoweri Kaguta Museveni. Il était rentré à Kigali très déçu par le report de l'adhésion de son pays au Commnwealth.
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2 décembre 2009
Les dessous peu glorieux de la réconciliation France-Rwanda

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée
Photo: interet-general.info
Après un voyage à Kigali du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, la France et le Rwanda ont entamé une réconciliation diplomatique. Cette annonce souligne le rôle incontournable que joue Claude Guéant, véritable «Monsieur Afrique», et la marginalisation de Bernard Kouchner. Elle met en lumière les efforts faits par Paris pour enterrer le dossier judiciaire du juge Bruguière. Et elle souligne que la France a décidé d'oublier comment le gouvernement rwandais se rend coupable d'exactions et de pillage de richesses dans l'est de la RDC-Congo.
Source:http://www.mediapart.fr
17 décembre 2009
Paul Kagame boude le sommet de Paris
Le président rwandais Paul Kagame ne s'est pas déplacé hier pour participer au sommet des chefs d'Etat africains du bassin du fleuve Congo. Sa présence était pourtant très attendue par l'Elysée. Il a été représenté par son ministre de l'environnement, Stanislas Kamanzi. Malgré le réchauffement des relations diplomatiques, le mal franco-rwandais est encore profond.
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