31 août 2010

Oups, Kagamé ne va pas aimer

Avant même d’être investi, le président Kagamé élu le 9 août dernier avec un score en voie d’extinction -93%-, devra ferrailler dur pour étouffer le débat sur la thèse du double génocide. François Mitterand qui en avait parlé le premier en référence à la répression du FPR contre les Hutus réfugiés à l’Est de la RDC, puis Jacques Chirac qui l’avait cru sans le dire, avaient subi les imprécations du chef de guerre rwandais. Nicolas Sarkozy avait, lui, réussi à normaliser avec Kigali où il s’est rendu en février dernier. Et même s’il n’est pas allé jusqu’à désavouer la thèse officielle française, il s’est recueilli sur les charniers de 1994, regretté la tragédie de 1994 et déploré la brouille entre Paris et Kigali.

Mais voilà que quinze ans plus tard, les Nations-Unies rouvrent le dossier sensible, dénonçant les crimes contre l’humanité voire le génocide - une qualification inacceptable pour Kagamé-  dont le FPR se rendait coupable lorsqu’après la conquête de Kigali en été 1994, elle poursuivit ce qu’il appelait alors les génocidaires hutus alors passés en RDC. Quinze ans plus tard, évoquer ce douloureux épisode n’a pas le même impact qu’au moment où l’administration française et quelques dissidents rwandais le disaient. Kagamé a,  depuis, pris de l’étoffe.

Le Rwanda sait plaider pour sa chapelle avec un art inégalé. Mais le rapport tombe tout de même au mauvais moment. Si son élection n’a pas été contestée, Kagamé est de plus en plus critiqué pour sa gouvernance sans opposition et l’état des libertés fondamentales dans son pays, y compris par les pays qui l’adoubaient voici peu. L’administration américaine se tiédit progressivement et l’Afrique du Sud muscle de plus en plus ses sorties contre les méthodes de l’homme fort de Kigali, son chouchou pendant longtemps.

Tout le monde se souviendra maintenant de Carla Del Ponte qui exigeait la comparution d’éléments du  RPR devant le tribunal d’Arusha. Notamment le juge Campo de la CPI. Pourtant la thèse du double génocide est techniquement peu recevable. Sauf si le rapport prouve que des Hutus ont été massacrés pour le simple fait d’être hutus et non complices ou auteurs du génocide le moins contestable : celui dont le « hutu power », du haut de l’Etat, affligea le Rwanda et le monde.

Adam Thiam

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7 août 2010

La tension monte entre le Rwanda et l'Afrique du Sud

L'Afrique du Sud a rappelé son ambassadeur à Kigali pour consultation. En terme diplomatique, c'est la première étape avant la rupture des relations entre deux pays. Après la tentative d'assassinat du général Faustin Kayumba Nyamwasa, les autorités sud africaines avaient pointé du doigt un pays  étranger impliqué dans cet acte ignoble mais sans le nommer. Le 2 août, l'autre officier supérieur rwandais réfugié en Afrique du Sud, le colonel Patrick Karegeya, a appelé, dans une interview paru dans le journal ougandais The Observer, toutes les forces vives de la nation rwandaise à se mobiliser pour combattre le dictateur Paul Kagame.

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20 juillet 2010  

Le camouflet espagnol de Paul Kagame

L'occasion était trop belle pour le président rwandais. Lui qui a toujours traité la justice espagnole de nulle, il voulait une photo avec le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero. Mais ce dernier n'est pas tombé dans le piège. A Kigali, on a minimisé le camouflet espagnol.

Alerté par six partis d'opposition et plusieurs associations espagnoles ainsi que par Amnesty international, le premier ministre espagnol a renoncé à s'afficher avec le président rwandais. Le scénario était pourtant bien fiscellé. Paul Kagame devait co-présider avec José Luis Zapatero une réunion de l'ONU sur la pauvreté. Il voulait profiter de cette occasion pour faire un coup médiatique. Dans la tragi-comédie franco-rwandaise mise en scène par Bernard Kouchner, c'est Rose Kabuye qui était l'actrice principale. A Madrid, Paul Kagame voulait être l'acteur principal d'une comédie mise en scène par Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU. Mais le monde entier commence à se réveiller et les comédies criminelles vivent peut-être leur derniers jours de gloire.

Deux poids deux mesures

Quarante quatre proches de Paul Kagame sont poursuivis par la justice espagnoles pour crimes de génocide et crimes contre l'humanité. Les mandats d'arrêt lancés par le juge espagnols Fernando Merelles l'ont épargné à cause de son immunité en tant que chef d'état. Il est donc obligé de s'accrocher au pouvoir pour y échapper. Mais un autre président en exercice n'a pas eu cette chance, Omar El Bechir président du Soudan, dont un mandat d'arrêt a été lancé contre lui.


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27 mars 2010

Au Rwanda, la loi réprimant l''idéologie du génocide' sert à harceler l'opposition

Le Rwanda, adulé par les Occidentaux pour ses succès économiques et sa stabilité, peut-il progresser vers la démocratie seize ans après le traumatisme du génocide ? L'interpellation de Victoire Ingabire, potentielle candidate d'opposition à Paul Kagamé à la présidentielle d'août à l'aéroport de Kigali, mardi 23 mars, pose cette question largement occultée jusqu'à présent par l'ombre portée du génocide de 1994. L'interdiction de quitter le territoire notifiée à Mme Ingabire est motivée par une enquête judiciaire ouverte notamment pour 'négationnisme'.  Lire la suite de l'article sur Le Monde.fr

6 mars 2010

Un vent de fin de règne souffle sur Kigali

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   Lt général Kayumba Nyamwasa

Seize personnes ont été blessées au cours de deux attaques simultanées à la grenade à Kigali, la capitale rwandaise. Ces deux attentats ont eu lieu à Kimironko et à Kinamba sur la route menant au Memorial du génocide de Gisozi. Pour la première fois, le gouvernement rwandais accuse deux officiers de l'ancienne rebellion d'être derrière ces attentats qui portent effectivement la marque de l'APR (Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR). Cette fissure au sein de la forteresse FPR  aboutira inéluctablement à un changement à la tête du Rwanda.

L'attaque de Kimironko a fait douze blessés dont deux grièvement. Celle de Kinama a fait quatre blessés légers. Il y a quelques jours, d'autres attaques à la grenade ont faits deux morts et plusieurs blessés dont certains grièvement. Le président rwandais a accusé nommément, ses anciens compagnons, le Lt général Faustin Kayumba Nyamwasa et le colonel Patrick Karegeya, de vouloir destabiliser le pays. De son exil en Afrique du Sud, le général Kayumba Nyamwasa a réfuté ses accusations.

Ancien Ambassadeur démissionnaire en Inde, patron de la DMI pendant la guerre et chef d'état-major de l'Armée patriotique rwandaise, le général Kayumba Nyamwasa est très populaire à l'armée malgré sa cure d'éloignement que lui a infligée Paul Kagame. Son ami le colonel Patrick Karegeya ne l'est pas moins. Il est parvenu à redorer son image dans la diaspora rwandaise pour avoir refusé de liquider certains opposants Hutus à la demande du président rwandais. Ses deux officiers accusent le président rwandais d'être un dictateur qui ne veut pas laisser de place à l'opposition. Ils critiquent également les méthodes d'intimidation utilisées dans l'armée pour museler toute dissension.

Dans une conférence de presse tenue à Kigali le 3 mars, le chef de l'Etat rwandais a déclaré que le colonel Patrick Karegeya circule dans les pays limitrophes du Rwanda pour préparer des actes de destabilisation de son pays. "Personne, pas une seule personne, ni même Kayumba, ne peut faire un coup d'Etat ici, a ajouté Paul Kagame. 

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