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HOBEEEE POUR TOUS.
Colloque sur le Rwanda, Paris le 20 octobre 2007
Démocraties
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La France et le drame rwandais
:
politique, acteurs et enjeux
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(1990-1994)
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PROGRAMMME DE LA JOURNEE
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9h : Accueil.
9h30 : Ouverture du colloque
par Paul QUILES, ancien ministre, président de la Mission d’information parlementaire sur le Rwanda.
10h – 12h45 : Quel rôle a joué la France ?
Président de séance : Henri WEILL, journaliste, écrivain.
-
L’opération Turquoise, attendus, déroulement, bilan, analyse politique et stratégique
, Général (2S) Jean-Claude LAFOURCADE, ancien commandant de l’opération Turquoise au Rwanda.
- Témoignage sur l’opération Turquoise
, Jacques HOGARD, Commandant du Groupe sud de l’opération Turquoise au Rwanda du 30 juin au 21 août 1994, auteur de « Les larmes de l’honneur ».
- Rwanda 1990 - 1994, la stratégie du désastre,
colonel de gendarmerie (er) Michel ROBARDEY, assistant technique « Police judiciaire » au Rwanda de septembre 1990 à septembre 1993.
- L’action de la France au Rwanda de 1990 à 1994 : les limites de l’engagement constructif,
Jean-Marie VIANNEY NDAGIJIMANA,
ancien ambassadeur et ancien ministre des Affaires étrangères du Rwanda.
- La France et le Rwanda,
Xavier de VILLEPIN
, sénateur honoraire, ancien président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées du Sénat.
12h 45 – 14h30 : déjeuner
au Restaurant Brussel’s
14h45 - 17h30 : La perception des évènements et les leçons à en tirer.
Présidente de séance : Raphaëlle DUFOUR, présidente de l’ONG « Dignité internationale ».
- Pour mieux comprendre… quelques questions impertinentes,
Jacques GERARD, membre honoraire du Conseil économique et social.
- La propagande de Kigali relayée par les médias et les ONG,
Pierre PEAN
, écrivain, enquêteur.
- Médias et politique,
Jean GUISNEL
, journaliste au Point.
- Quelle justice pour les victimes de la tragédie rwandaise ?
, Victoire
Ingabire Umuhoza, présidente des Forces Démocratiques Unifiées (opposition rwandaise).
- Témoignage d’un humanitaire, professeur Marc GENTILINI, professeur émérite des maladies infectieuses et tropicales, ancien président de la Croix Rouge française.
- Le génocide, entre identité contemporaine de la guerre et choix politique,
Lionel POURTAU, sociologue, chercheur à l’Université de Paris V.
17h30 : Conclusion
par le Général
(2S) Henri PARIS, président de DEMOCRATIES
.
Image du jour
Centre Monseigneur Joseph Ruzindana

pour veuves à Byumba.
L'ancien evêque du diocèse de Byumba a été tué avec l'archevêque de Kigali Vincent Nsengiyumva et l'evêque de Kabgayi Thaddée Nsengiyumva à Gakurazo non loin de Kabgayi dans la préfecture de Gitarama,par les soldats du FPR au mois de juin 1994. Monseigneur Phocas Nikwigize,evêque de Ruhengeri fut tué dès son retour d'exil en RDC en 1996. Au total 4 evêques tués et tous Hutus. Monseigneur Augustin Misago,evêque de Gikongoro a fait la prison et aurait échappé à plusieurs tentives d'empoisonnement.
Hier la France,aujourd'hui l'Espagne,peut-être demain la Pologne,le Canada et pourquoi pas le Vatican pour lancer des mandats d'arrêt. Des ressortissants de ces états ont péri sous les balles du FPR.
A M
8 février 2008
www.irwanda1.com
RWANDA
L`Assemblée dénonce l`"idéologie génocidaire" persistante à l`école

Juvénal Habyarimana,président du Rwanda du 5 juillet 1974 au 6 avril 1994
KIGALI, 20/12 - Les députés rwandais ont réclamé que les discours de l`ex-président Juvénal Habyarimana figurant dans des manuels scolaires soient supprimés du programme, les accusant de véhiculer une "idéologie génocidaire", a rapporté jeudi Radio Rwanda.
Depuis le début de la semaine dernière, l`Assemblée nationale discute en séance plénière des moyens de mettre fin à "l`idéologie génocidaire" au Rwanda, où le génocide a fait, selon l`ONU, environ 800.000 morts d`avril à juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.
Selon un rapport interne d`une commission parlemen- taire, cette idéologie reste vivace dans de nombreuses écoles secondaires rwandaises et dans des écoles primaires, a rapporté la radio gouvernementale.
Les députés jugent que les discours de M. Habyarimana - dont l`assassinat le 6 avril 1994 avait marqué le début du génocide - figurant dans ces manuels véhiculent un message divisionniste ayant conduit au génocide.
Certains comportements véhiculant cette idéologie sont toujours observés chez des responsables d`écoles, des enseignants et des élèves, selon la commission citée par Radio Rwanda.
Mardi et mercredi, la ministre rwandaise de l`Educa- tion, Jeanne d`Arc Mujawamariya, et son secrétaire d`Etat chargé de l`Enseignement primaire ont été interpellés par les députés sur cette situation.
http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=58316RWANDA
:
RWANDA
Branle-bas de combat contre "l’idéologie génocidaire" au Rwanda
Les manuels scolaires mis en accusation

Mathieu Ngirumpatse,président du MRND
Les députés rwandais ont engagé un véritable branle-bas de combat contre l’idéologie génocidaire. Ils ont demandé notamment, mardi, la suppression des manuels scolaires d’apprentissage de la langue rwandaise des discours de l’ex- président Juvénal Habyarimana, qui, selon eux, "véhiculent le message divisionniste qui a conduit au génocide de 1994 au Rwanda".
Selon les statistiques des Nations unies, près de 800.000 personnes, essentiellement au sein de l’ethnie tutsie, ont péri lors de ces évènements. Sont également visés par la demande des députés, des textes de Mathieu Ngirumpatse, président de l’ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national
pour la démocratie et le développement (MRND) fondé par Habyarimana en 1975, a rapporté mercredi, Radio rwandais.
Ngirumpatse est en procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avec deux autres dirigeants nationaux du MRND. Depuis le début de la semaine dernière, les députés planchent sur les voies et moyens de mettre fin à "l’idéologie génocidaire" qui, selon une commission parlementaire, reste vivace dans de nombreuses écoles secondaires, y compris dans quelques écoles primaires.
L’école minée par l’idéologie génocidaire
Certains comportements traduisant l’idéologie génocidaire sont observés chez des responsables d’écoles, des enseignants et des élèves, selon cette commission citée par Radio Rwanda. Cette radio gouvernementale rapporte que sur un échantillion de 32 écoles secondaires visitées par la commission parlementaire, 26 sont minées par cette idéologie qui se manifeste notamment par la marginalisation d’élèves ayant survécu au génocide de 1994.
La ministre de l’Education, Jeanne d’Arc Mujawamariya, était mardi au Parlement pour répondre aux questions des députés sur la persistance de l’idéologie du génocide dans les écoles. Elle devait poursuivre ses explications ce mercredi après–midi, selon la radio. Vendredi dernier, Mme Mujawamariya avait promis de sévir, affirmant qu’"un enseignant véhiculant l’idéologie du génocide ne doit pas être muté, mais immédiatement radié du métier et jeté en prison.
Les députés se sont engagés, de leur côté, à descendre eux-mêmes dans les écoles, et à accélérer le processus d’adoption de la loi réprimant l’idéologie du génocide. Le Rwanda dispose déjà d’une "loi sur le divisionnisme et le sectarisme" votée en décembre 2001.
En 2004, un rapport parlementaire avait accusé certaines organisations locales et internationales de prêcher l’idéologie du génocide. Suite à la publication de ce rapport, quelques responsables de ces associations avaient quitté le pays
.
http://www.afrik.com/article13209.html
20/12/2007
Rwanda: La Ministre Mujawamariya n'arrive pas à convaincre les parlementaires
Agence Rwandaise d'Information (Kigali)
16 Janvier 2008

Pour la deuxième fois, le parlement rwandais s'est dit non satisfait après une série des questions à Jeanne d'Arc Mujawamariya, Ministre de l'Education, sur une polémique de l'idéologie du génocide qui se manifeste dans les écoles secondaires.
Selon le rapport de 468 pages d'une commission de la Chambre des députés de l'année 2007, 84 des 637 écoles secondaires présentent des éléments vecteurs de l'idéologie du génocide. C'est suite à ce rapport que le parlement rwandais avait interpellé décembre dernier la ministre de l'éducation et son secrétaire d'état à l'enseignement primaire et secondaire, Joseph Murekeraho, afin de fournir plus de détails sur la persistance de l'idéologie du génocide dans les écoles secondaires.
Les explications de ces deux pivots du ministère de l'éducation au Rwanda ont été jugées moins convainquantes, raison pour laquelle il a été crée une commission spéciale, avec pour mandat interroger de nouveau la ministre afin d'en venir avec des informations exhaustives de la ministre et de son secrétaire.
Cette commission a rapporté ce 16 janvier que ces derniers ont eu des contradictions et des imprécisions dans leurs explications, et ont fait preuve de faiblesse dans ce qui est de faire des suivis des cas enregistrés. Le ministère est accusé de velléité dans ses recherches, de manque de mécanisme efficace de collecte d'informations.
Pourtant le ministère préconise des solutions
Quant aux efforts et stratégies entrepris par le ministère, la ministre Mujawamariya a fait savoir à la commission que chaque élève et enseignant aura une fiche de situation (familiale) qui fera objet de la cote de son comportement. C'est cette même fiche qui fera objet d'évaluation ou d'acceptation chaque fois que le possesseur change d'école. En plus de cela, la ministre a révélé que chaque école sera dotée d'un enseignant intègre qui s'occupera plus spécialement des problèmes en rapport avec l'idéologie du génocide.
Les députés rwandais se sont engagés dans un combat acharné contre l'idéologie génocidaire, et ont demandé la suppression des manuels scolaires d'apprentissage de la langue rwandaise contenant les discours de l'ex- président Juvénal Habyarimana, qui, selon eux, « véhiculent le message divisionniste qui a conduit au génocide ».
C'est dans cet optique que les députés désirent voir septembre 2008 tous ces livres et manuels détruis. La ministre a promis que de nouveaux manuels d'apprentissage en Kinyarwanda seront distribués avant mars 2008.
Dans sa lutte contre l'idéologie du génocide, le gouvernement a soumis au parlement un projet de loi réprimant l'idéologie génocidaire, le projet que les députés accélèrent le processus d'adoption. Le Rwanda dispose déjà d'une « loi sur le divisionnisme et le sectarisme » votée en décembre 2001.
allafrica.com
Le Rwanda refuse un visa à un journaliste de la VRT
Bruxelles-Belgique
Le Rwanda a refusé un visa à un journaliste de la chaîne de télévision flamande VRT, Peter Verlinden, traditionnellement critique envers le régime du président Paul Kagame, qui devait accompagner le ministre belge de la Coopération au développement, a-t-on appris dimanche de sources concordantes. Malgré de longues tractations diplomatiques, Peter Verlinden a dû quitter à l'escale de Goma (est de la République démocratique du Congo) la délégation de Charles Michel qui s'est envolée en fin d'après-midi en direction de Kigali. Son équipe technique, composée d'un cameraman et d'un preneur de son, a en revanche été admise au Rwanda. Peter Verlinden n'a pas hésité à imputer à M. Kagame lui-même le refus de l'obtention d'un visa d'entrée, dans une déclaration à l'agence BELGA. Ce refus lui avait été signifié la semaine dernière par l'ambassade du Rwanda à Bruxelles - comme cela s'est déjà passé à deux reprises dans le passé. Mais cette fois, les autorités rwandaises l'ont maintenu, malgré de nombreux contacts entre les deux gouvernements, y compris à haut niveau, jusque dimanche après-midi.
Source: La Libre Belgique
20/01/2008
L'article en Flamand ci-dessous explique les vraies raisons du refus d'octroi de visa à ce journaliste. Le reportage de la TV flamande en novembre 1997 sur l'assassinat de 4000 à 12000 Hutus par le FPR n'a pas plu à Kigali.
RT-journalist Verlinden krijgt geen Rwandees visum
KIGALI - Rwanda heeft VRT-journalist Peter Verlinden een visum geweigerd. Verlinden zou met minister van Ontwikkelingssamenwerking Charles Michel naar Rwanda reizen. Ondanks uitvoerig diplomatiek overleg moest de delegatie die Michel op zijn rondreis door Midden-Afrika vergezelt, uit Goma (Congo) zonder de journalist vertrekken. Zijn camera- en geluidsman kregen wel toegang.
Verlinden zei aan persbureau Belga dat de weigering volgens hem van president Paul Kagame van Rwanda zelf komt. De Rwandese ambassade in Brussel had de journalist van de openbare omroep vorige week laten weten dat hem een inreisvisum geweigerd werd.
In het verleden was hij al twee keer op een weigering gebotst. Maar dit keer werd ze door de Rwandese overheid gehandhaafd ondanks talrijke contacten tussen de twee regeringen, die tot vanmiddag voortduurden. Minister Michel zei dat al het mogelijke gedaan was om Kigali op andere gedachten te brengen.
Verlinden verslaat sinds meer dan tien jaar Midden-Afrika voor de VRT. De houding van de Rwandese regering is volgens hem harder geworden sinds de uitzending
van een reportage over moordpartijen op Hutu's die aan het Rwandees Patriottisch Front (RPF) worden toegeschreven. In november 1997, drie jaar na de genocide van 1994, vielen daarbij 4.000 tot 12.000 doden gevallen.
Giti, une des seules communes du Rwanda épargnées par le génocide
(AFP 03/04/2004)
GITI (Rwanda), 3 avr (AFP) - La région de Giti, dans le nord du Rwanda, où les bananiers et les eucalyptus poussent autour des maisons de boue et de tôle, fut la seule commune en territoire contrôlé par le gouvernement intérimaire hutu épargnée par le génocide de 1994.
Pourtant au premier abord, Giti est une commune comme tant d'autres de la province de Byumba. Dans la fraîcheur matinale des collines, les paysans transportent des bidons en plastique jaune pour les remplir d'eau et le passage d'un étranger suffit pour que les enfants abandonnent l'école.
"C'est le seul district, dans un territoire contrôlé par le gouvernement, où il n'y a pas eu de génocide et cela pour deux raisons: la proximité de la zone contrôlée par le FPR (Front patriotique rwandais, FPR) et le fait que les autorités à Giti s'opposaient aux tueries", explique un officier supérieur de l'armée rwandaise sous couvert d'anonymat.
"C'est grâce aux autorités locales de l'époque - le maire Edouard Sebushumba et ses conseillers - qu'il y n'a pas eu de génocide ici", reconnaît Innocent Murangira, un paysan de 54 ans qui porte des bottes de caoutchouc et un chapeau de velours marron.
"Ils ont dit à la population de ne pas tuer et la population a respecté cette consigne", affirme-t-il.
"Oui, c'était vraiment grâce à l'ancien maire", un Hutu respecté, assure un autre paysan, Boniface Bugingo, vêtu d'un grand pull rose délavé.
"Il disait qu'il ne fallait pas tuer. Même les gens qui pillaient une chèvre ou une vache, il les mettait en prison", se rappelle-t-il.
A l'époque du génocide, les maires au Rwanda avaient des pouvoirs très étendus. Ils pouvaient par exemple infliger des peines de prison allant jusqu'à sept jours. Depuis cette époque, les pouvoirs des maires ont été considérablement réduits.
Edouard Sebushumba, actuellement député à Kigali, revient régulièrement passer la nuit à Giti, selon Bosco Uwitonze qui gagne sa vie en photographiant les mariages avec un appareil photo bas de gamme.
L'arrivée très rapide dans cette commune du FPR, la rébellion tutsie qui a mis fin au génocide en juillet 1994, explique aussi que Giti ait échappé au malheur, reconnaissent les villageois.
Au début du génocide, le FPR a entamé sa marche sur Kigali depuis le nord du Rwanda, qu'il occupait. La capitale rwandaise est tombée en juillet 1994 et, avec elle, le régime extrémiste hutu qui avait planifié le génocide.
D'avril à juin 1994, au moins un million de personnes ont été tuées au Rwanda, selon les autorités actuelles.
Les hommes du FPR "ont fait vite ; ils sont arrivés le 10 avril à Giti, alors que le génocide dans les communes des alentours avait commencé le 6 avril au soir", raconte un enseignant, Claudien Munyaneza.
"Sans leur arrivée, Sebushumba et ses conseillers n'auraient pas tenu longtemps. Si le FPR avait mis deux jours de plus avant d'arriver, ça (le génocide) aurait éclaté", reconnaît Boniface Bugingo.
Si Edouard Sebushumba a réussi à contenir la violence à Giti, dans beaucoup d'autres communes les maires ont encouragé le génocide, parfois en participant eux-mêmes aux tueries.
Trois d'entre eux ont été condamnés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), un y est actuellement jugé, plusieurs autres sont au centre de détention du TPIR et d'autres encore dans des prisons rwandaises ou recherchés par la justice.
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Copyright AFP
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16/11/2007
Qui en veut à Edouard Sebushumba?
Actuel député à l'Assemblée nationale rwandaise, l'ancien maire (bourgmestre) de la commune de Giti de 1982 à mai 1994 risque d'être traduit aux tribunaux populaires gacaca.
Celui qui déclarait dans le journal Libération du 6 avril 2004 " Ma plus grande récompense, c'est ma conscience.Quand je me promène dans le village, personne ne me crache dans le dos.Le génocide ne s'est pas arrêté comme un match de foot.Il faudra beaucoup de temps pour comprendre.Il y a des choses que je ne m'explique pas.Un chef des Interahamwe était un Tutsi.Des hommes ont tué leurs femmes; des femmes, leurs enfants.Pourquoi, pourquoi?" risque de payer pour un acte qu'il n'a pas commis.Pourtant la commune qu'il dirigeait fut la seule parmi les 150 communes que comptait le pays où aucun Tutsi n'a été tué par les Hutus pendant le génocide rwandais de 1994.Il a même reçu une récompense offerte en 1996 par l'ancien président de la république rwandaise, Pasteur Bizimungu, lors d'un déplacement dans la commune de Giti. Cette commune située à une heure de route de la capitale rwandaise Kigali en allant vers le nord,était peuplée de 45000 habitants dont un tiers de Tutsis.
Les ennuis de Sebushumba viennent d'une disparition d'un séminariste du petit séminaire de Rwesero en 1992.Claude, fils de Claudien Munyaneza, était soupçonné d'être à la tête d'un groupe d'étudiants qui tentaient de provoquer des troubles au petit séminaire de Rwesero.Il fut interpelé avec deux autres séminaristes par des militaires venus de Byumba.Il fut emmené à la préfecture de Byumba où il sera assassiné.Un groupe d'extrémistes Tutsis de la commune de Giti veulent faire payer à Sebushumba cet acte ignoble qui a été perpétré par les militaires ex-FAR.Cette épée de Damoclès qui pèse sur lui serait-elle une façon de le faire taire sur les massacres du FPR dans sa commune?
A M
Image du jour
13 février 2008
Léché
hier,lâché aujourd'hui,lynché demain? Le président rwandais est dans une situation très délicate. La main du président américain George Bush dans quelques jours lors de sa 2è visite africaine du 15 au 19 février lèvera-t-elle l'épée de Damoclès qui pèse sur lui et ses proches? Les faits que lui reproche le juge espagnol sont graves et le dossier serait béton. Comme dirait un Espagnol "Estos ninos de hoy muy despabilados (Les enfants d'aujourd'hui sont très éveillés).

Bill Clinton et Paul Kagame le 4 juillet 2006 au Rwanda
Image du jour
Lâché?

Paul Kagame,président du Rwanda depuis 2000
Mandat d'arrêt international contre 40 militaires rwandais
Rwanda / Espagne : pour génocide, des généraux servant l'ONU poursuivis par la justice espagnole
MADRID, jeudi 7 février 2008
(LatinReporters.com) - Parmi les 40 militaires rwandais, dont 11 généraux, que la justice espagnole poursuit pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et/ou "terrorisme", plusieurs occupent aujourd'hui un poste diplomatique ou servent l'Organisation des Nations unies (ONU), notamment au Darfour, région de l'ouest du Soudan en rébellion et en proie à une grave crise humanitaire. Sans son immunité, l'actuel président du Rwanda, Paul Kagame, tomberait lui-même sous le coup de la compétence universelle que l'Espagne reconnaît à ses tribunaux pour certains délits graves.
Dans un acte daté du 6 février 2008, Fernando Andreu Merelles, juge d'instruction à Madrid du tribunal de l'Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, requiert un mandat international de "recherche et capture" des 40 militaires rwandais qu'il incrimine sur la base des déclarations de 22 témoins protégés, dont d'anciens collaborateurs du président Kagame.
L'accusation de génocide vise 32 des 40 accusés. La plupart doivent répondre aussi soit de crimes contre l'humanité, soit de terrorisme. Certains seraient coupables de l'ensemble de ces délits graves. Selon les "indices" dont fait état le juge Andreu, ce serait le cas du président Paul Kagame. Il ne figure toutefois pas parmi les accusés. Le juge explique dans son acte que l'immunité dont jouit le président rwandais le met à l'abri de poursuites tant qu'il sera chef d'Etat.
Commandant à l'époque l'APR/FPR (Armée patriotique rwandaise/Front patriotique rwandais) des rebelles tutsis, Paul Kagame aurait notamment, le 12 mai 1994, exécuté à la mitrailleuse antiaérienne entre 30 et 40 hommes, femmes et enfants de l'ethnie rivale hutu. L'acte du tribunal espagnol cite à ce propos le témoignage d'un ancien "membre de la garde personnelle" de Paul Kagame qui aurait assisté au mitraillage.
Les crimes attribués aux militaires poursuivis auraient été perpétrés entre 1990 et 2000, soit donc aussi pendant les années qui ont suivi la victoire, en juillet 1994, des Tutsis de l'APR/FPR et l'avènement d'un régime dont Paul Kagame fut d'abord le vice-président, avant d'accéder à la présidence en 2000.
L'exécution à cette époque par des membres ou des sympathisants de l'APR/FPR de neuf Espagnols, six religieux et trois membres de l'ONG Médecins du monde, fut à l'origine de l'ouverture, en 2005, de l'enquête judiciaire qui débouche aujourd'hui sur 40 inculpations.
Le juge Andreu donne crédit 'a "certaines sources", non identifiées, selon lesquelles le nombre de morts découlant des affrontements ethniques nés au Rwanda et qui ont aussi débordé sur certaines franges du Congo (l'ancien Zaïre) "pourrait être proche de quatre millions". Ce chiffre jusqu'à présent jamais évoqué dépasse de loin les 800.000 morts attribués par l'ONU au génocide rwandais.
En outre, l'acte de l'Audience nationale présente les Hutus comme les principales victimes de ce génocide, contrairement à l'opinion générale selon laquelle les Tutsis auraient été les plus frappés par des exterminations massives attribuées aux Hutus.
L'APR/FPR "a commis des attaques sélectives contre différents leaders intellectuels hutus afin de les éliminer de la vie sociale, provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile" indique l'acte, admettant qu'en représailles les Hutus massacraient à leur tour.
Une fois installés au pouvoir, les militaires de Kagame ont "pris le contrôle absolu de la structure de l'Etat, mettant en place un authentique régime de terreur", ajoute le même acte du juge Andreu.
Parmi les 40 militaires rwandais poursuivis par l'Audience nationale, le juge relève comme suit dans son acte, utilisant parfois le conditionnel,
ceux qui aujourd'hui exerceraient une fonction diplomatique ou serviraient les Nations unies (ONU):
"KAYUMBA NYAMWASA, Général Major... Il occuperait actuellement la fonction d'ambassadeur du Rwanda en Inde."
"KARENZI KARAKE, Général de Brigade... Actuellement, il aurait été nommé, avec l'approbation des Nations Unies, commandant adjoint du contingent hybride des Nations Unies et de l'Union Africaine envoyé au Darfour, appelé UNAMID Force."
"RUGUMYA GACINYA, Lieutenant-Colonel... Actuellement, il serait Defense, Military, Naval & Air Attaché de l'Ambassade du Rwanda aux Etats-Unis."
"WILSON GUMISIRIZA, Général de Brigade... Selon les dernières informations disponibles, il commanderait le Secteur 1 des Forces Rwandaises de Défense (FRD) destinées au Soudan par l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme du Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
"KARARA MISINGO, Capitaine. Selon les dernières informations, il a été nommé membre du groupe de trois qui dirige le service de Gestion de Vérification et Enregistrement de la Mission du Programme des Nations Unies pour le développement au Népal, sous le sigle UNDP Nepal."
"FRANK BAKUNZI, Capitaine... Selon les dernières informations disponibles, il est le porte-parole des Forces Rwandaises de Défense (FRD) à Khartoum (Soudan) et est aussi actuellement capitaine du contingent de soldats rwandais de l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
"CHARLES KARAMBA, Colonel... Selon les dernières informations disponibles, son dernier poste connu est attaché militaire à l'Ambassade du Rwanda en Erythrée, ainsi que directeur de recherche et développement des Forces Rwandaises de Défense (FRD) auprès de l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
Ces sept personnalités sont accusées de génocide. Cinq sont inculpées aussi de terrorisme. Trois cumulent les inculpations de génocide, terrorisme et crimes contre l'humanité. Plusieurs autres des 40 inculpés désormais sous le coup d'un mandat d'arrêt international occupent aujourd'hui des postes clés au sein de l'armée rwandaise.
Réaction du gouvernement rwandais
Le gouvernement rwandais appelle à ne pas "donner suite" aux mandats d'arrêts émis cette semaine par la justice espagnole contre 40 militaires, dont certains proches du président Paul Kagame, dans un communiqué officiel publié dimanche.v"Le gouvernement du Rwanda appelle l'Espagne et les autres Etats membres des Nations unies à refuser de donner suite à ces actes d'accusations infondés et ridicules", indique le texte daté de samedi.
"Il est particulièrement demandé à Interpol d'ignorer ces mandats d'arrêt", poursuit le communiqué, qui estime que "le soi-disant dossier judiciaire est plein d'un langage haineux et raciste, de négation du génocide et de faussetés absolues".
La justice espagnole a annoncé mercredi avoir émis des mandats d'arrêt contre 40 militaires de l'actuel régime rwandais, dont onze officiers, poursuivis pour "génocide, crime contre l'humanité et terrorisme" dans les années 90.
Ils sont notamment accusés d'avoir sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de s'emparer du pouvoir. L'assassinat de M. Habyarimana en avril 1994 avait déclenché le génocide contre les Tutsis qui a fait environ 800.000 morts, selon l'ONU.
La justice espagnole, qui avait débuté cette enquête en 2005, sur la mort de neuf ressortissants espagnols entre 1994 et 2000, s'octroie une compétence universelle pour les faits de "génocide" et de "crimes contre l'humanité".
"Cette compétence universelle ne l'autorise pas à nier le génocide rwandais, un fait établi par le Conseil de sécurité des Nations unies et par le Tribunal pénal international pour le Rwanda", poursuit le texte, qui accuse la justice espagnole de "transformer les auteurs du génocide en héros".
Publié le 10 février 2008.
http://www.afriquecentrale.info/central.php?o=1&s=340&d=3&i=1336
La compétence universelle de la justice espagnole
Cette loi définit aux points a, b et g du paragraphe 4 de son article 23 la compétence universelle actuelle de la justice espagnole en matière de certains crimes contre l'humanité, notamment celui de génocide. Les notions de génocide et de terrorisme soulèvent néanmoins une polémique au sein du monde juridique en Espagne.
Voici la traduction du paragraphe 4 susmentionné, qui prévoit des poursuites même contre des étrangers pour des faits commis hors du territoire espagnol:
"La juridiction espagnole sera également compétente pour connaître des faits commis par des Espagnols ou par des étrangers hors du territoire national susceptibles d'être considérés, selon la loi pénale espagnole, comme certains des délits suivants:
a) Génocide.
b) Terrorisme.
c) Piraterie et prise de possession illicite d'aéronefs.
d) Falsification de monnaie étrangère.
e) Les délits relatifs à la prostitution et ceux de corruption de mineurs ou d'incapables.
f) Trafic illégal de drogues psychotropes, toxiques et stupéfiants.
g) Et tout autre qui, selon les traités et conventions internationales, doit être poursuivi en Espagne."
"La juridiction espagnole sera également compétente pour connaître des faits commis par des Espagnols ou par des étrangers hors du territoire national susceptibles d'être considérés, selon la loi pénale espagnole, comme certains des délits suivants:
a) Génocide.
b) Terrorisme.
c) Piraterie et prise de possession illicite d'aéronefs.
d) Falsification de monnaie étrangère.
e) Les délits relatifs à la prostitution et ceux de corruption de mineurs ou d'incapables.
f) Trafic illégal de drogues psychotropes, toxiques et stupéfiants.
g) Et tout autre qui, selon les traités et conventions internationales, doit être poursuivi en Espagne."
"La juridiction espagnole sera également compétente pour connaître des faits commis par des Espagnols ou par des étrangers hors du territoire national susceptibles d'être considérés, selon la loi pénale espagnole, comme certains des délits suivants:
a) Génocide.
b) Terrorisme.
c) Piraterie et prise de possession illicite d'aéronefs.
d) Falsification de monnaie étrangère.
e) Les délits relatifs à la prostitution et ceux de corruption de mineurs ou d'incapables.
f) Trafic illégal de drogues psychotropes, toxiques et stupéfiants.
g) Et tout autre qui, selon les traités et conventions internationales, doit être poursuivi en Espagne."
(Le point g peut couvrir diverses atteintes aux droits de l'homme, dont la torture.)

Camp de réfugiés rwandais de Benaco en Tanzanie
Deux journalistes indépendants condamnés pour diffamation
Charles Kabonero
et Didas Gasana, respectivement Directeur de publication et Rédacteur en Chef de l'hebdomadaire indépendant "Umuseso" paraissant à Kigali, Capitale de la République du Rwanda, ont été condamnés, vendredi 8 Février 2008, par le tribunal de base de Nyarugenge à un an de prison avec sursis de deux ans et au paiement d'une amende de 1 million de francs rwandais (environ 2 000 $US).
allafrica.com
Bernard Kouchner et le Rwanda
Réaction du belge Filip Reyntjens,spécialiste de la région des Grands Lacs et ancien professeur de droit à l'université nationale du Rwanda
27 Janvier 2008

Filip Reyntjens
Etonnante opinion que celle publiée sur l’avenir des relations franco-rwandaises par Bernard Kouchner dans Le Figaro du 26 janvier.
Puisqu’il veut « respecter la vérité », essayons de la découvrir. Même si Kouchner dit ne pas savoir qui a commandité l’attentat contre l’avion du président Habyarimana
, il ne croit pas que Kagame « ait sciemment décidé d’allumer l’étincelle qui embraserait son pays ». On ne sait pas sur quoi cette croyance est basée, et dès lors quelle vérité est respectée.
Kouchner ne peut pas «
cautionner cette vision simpliste et infamante qui fait des Tutsis les responsables de leur propre malheur ». Il tombe ici dans le vieux piège qui veut que FPR = Tutsi.
Or, ce n’est pas Kagame ni le FPR qui ont été victime du génocide, mais les Tutsi de l’intérieur. Si donc le FPR a commis l’attentat, sachant quelles en seraient les conséquences,
ce ne sont pas les Tutsi qui ont été responsables de leur malheur, mais bien le FPR.
Toujours dans le respect pour la vérité, Kouchner reconnaît que
la France a commis des erreurs
politiques, mais
il affirme qu’il ne transigera pas sur la complicité de crimes et sur l’honneur de l’armée française. Or, une commission rwandaise «
chargée d’enquêter sur le rôle de la France dans le génocide », dite « commission Mucyo », a déposé son rapport chez Kagame il y a plusieurs mois. D’après son président, la commission disposerait «
des preuves permettant de déférer de hauts responsables français devant la justice internationale ». Sans croire un instant dans l’honnêteté de la démarche rwandaise,
il est permis de se poser la question de savoir ce qui arrivera, lorsque la vérité rwandaise s’avère être différente de celle de Kouchner.
Bernard Kouchner avance ensuite un argument d’autorité qu’il a déjà utilisé par le passé :
« il y
était », et donc il sait. Que sait-il ? Qu’a-t-il vu pendant les
quarante-huit heures passées à Kigali à la mi-mai 1994 ?
Se rendait-il compte que pendant son séjour, au moment où il était « témoin » du génocide, le FPR commettait des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité à une échelle inouïe ?
Toujours dans le respect pour la vérité, Kouchner reconnaît que
la France a commis des erreurs
politiques, mais
il affirme qu’il ne transigera pas sur la complicité de crimes et sur l’honneur de l’armée française. Or, une commission rwandaise «
chargée d’enquêter sur le rôle de la France dans le génocide », dite « commission Mucyo », a déposé son rapport chez Kagame il y a plusieurs mois. D’après son président, la commission disposerait «
des preuves permettant de déférer de hauts responsables français devant la justice internationale ». Sans croire un instant dans l’honnêteté de la démarche rwandaise,
il est permis de se poser la question de savoir ce qui arrivera, lorsque la vérité rwandaise s’avère être différente de celle de Kouchner.
Bernard Kouchner affirme enfin que la normalisation des relations avec le Rwanda est une nécessité, et qu’elle est même conforme au droit international. Il est vrai que l’absence de relations diplomatiques doit être une exception, mais
Kouchner semble oublier que c’est le Rwanda qui les a rompues, après qu’un juge d’instruction français ait simplement fait son devoir.
Plutôt que par le respect de la vérité, Bernard Kouchner semble être inspiré par la « Realpolitik », et notamment –
il le dit lui-même- le rôle « incontournable » du Rwanda en République démocratique du Congo, pays qu’il a occupé et pillé et où cinq millions de personnes ont péri à cause des guerres imposées par des voisins.
Le régime de Kigali a l’habitude de raisonner en termes de puissance et de faiblesse. Il considérera
la démarche de Bernard Kouchner comme un signe de faiblesse qu’il exploitera dès que l’occasion se présente. Lorsque ce moment viendra,
il sera très difficile d’entretenir des relations normales telles que le chef de la diplomatie française se les imagine.
Filip Reyntjens
Professeur à l’Université d’Anvers
Libération, no. 8314
COUP DE SANG
Juppé irrité par les propos de Kouchner sur le Rwanda
Thomas Hofnung; T.H.
Comment se réconcilier avec le Rwanda, qui a rompu ses relations diplomatiques avec Paris en novembre 2006, sans se brouiller en France ? L'équation n'est pas simple, comme peut le constater le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Samedi, à Kigali, l'ex-French doctor a évoqué la «faute politique» de la France lors du génocide du printemps 1994, dans une déclaration soigneusement soupesée. Les autorités de Kigali en ont pris acte. Colère du prédécesseur de Kouchner au Quai d'Orsay au moment des faits. Sur son blog, Alain Juppé écrit : «Je comprends bien que la France veuille se réconcilier avec le Rwanda. Le réalisme politique le commande. C'est l'intérêt de notre pays. Mais de là à tomber dans les amalgames de la repentance ou les compromissions de la realpolitik, il y a un fossé.» Et l'ex-Premier ministre d'interpeller Kouchner : «On nous dit qu'au Rwanda, la France aurait commis une "faute politique". C'est trop ou trop peu. De quelle faute s'agit-il ? Il faut l'expliquer
!»
Chiche !
Article envoyé par B M
Rwanda: Rusesabagina Represents Parmehutu Genocide Views
'Hotel Rwanda' film hero Mr. Paul Rusesabagina is at the center of another row involving a senior government official who has described him as an embodiment of the historical hard-line ethnic political grouping - the PARMEHUTU, RNA reports.
"The Rwandans are now working hand in hand to heal the wounds of this tragedy (Genocide) despite some revisionists and divisionists like Paul Rusesabagina who is using "Hotel Rwanda" for his own hidden agenda."
Under the leadership of Grégoire Kayibanda, Rwanda's first president, the Party for Hutu Emancipation (PARMEHUTU) emerged in 1959 as the spearhead of what was then said to be 'time for the Hutu majority'. The subsequent years were marked by massive killing and expulsions of Tutsis.
Minister Habineza was reacting to an article by 'Hotel Rwanda' Director Terry George in the Washington Post in 2006 and comments by Mr. Rusesabagina on the BBC Great Lakes Service.
Mr. Rusesabagina has repeatedly termed 'Hutu' officials in Government as 'empty suits' that do not have any political authority as argument that the government in Kigali is not inclusive. Mr. Terry George for his part proposed that there should be some form of mediation talks between President Paul Kagame and Mr. Rusesabagina.
"When Mr. Paul Rusesabagina requests inclusiveness in Rwanda's politics, who does he want to fool? People should understand that in our country politics are done in political parties, and it is mentioned in our constitution that a political party should not be a basis of any discriminations based on Religion, Ethnics, Regions, etc..", Minister Habineza said.
"We are tired of hearing this kind of nonsense which describes Rwandans (and other Africans) as People who can't plan, think and act out of their tribes or ethnics."
The Minister added: "This is really an insult to the Rwandans who are busy rebuilding our country which was destroyed by this ideology of divisionism and hatred."
"Who can treat Ms. Condoleezza Rice as an empty suit as she works for a Republican government? (Either) Are all the Afro-Americans in the same political party!?" Habineza poses.
Mr. Rusesabagina has also maintained that Rwanda is under the leadership of a small clique that he calls AKAZU (little house in Kinyarwanda) in reference to officials in the inner circles of former president Juvenal Habyarimana. Minister Habineza says that an insult to the people of Rwanda.
"I remember, under Habyarimana regime, his brothers in law detained all key positions in politics and economy. Today, I have never heard about HE Paul Kagame's family member occupying any high ranking positions.", he wrote. "The ones I know are just artists."
The Minister rejected the proposal by Terry George for talks saying it is 'irrelevant because the problem is not between HE Paul Kagame and Paul Rusesabagina'.
Instead, as he says the problem is between the latter and many Rwandans who are feeling insulted by Paul Rusesabagina's statements. Playing with genocide for his own political agenda is unfair for those orphans and widows who are still experiencing the consequences of genocide, the Minister said.
"He should apologize for that and also for being a self-claimed hero."
Source:Agence Rwandaise d'Information/Rwanda News Agency (4 mars 2008)
Réaction du gouvernement rwandais
Le gouvernement rwandais appelle à ne pas "donner suite" aux mandats d'arrêts émis cette semaine par la justice espagnole contre 40 militaires, dont certains proches du président Paul Kagame, dans un communiqué officiel publié dimanche.v"Le gouvernement du Rwanda appelle l'Espagne et les autres Etats membres des Nations unies à refuser de donner suite à ces actes d'accusations infondés et ridicules", indique le texte daté de samedi.
"Il est particulièrement demandé à Interpol d'ignorer ces mandats d'arrêt", poursuit le communiqué, qui estime que "le soi-disant dossier judiciaire est plein d'un langage haineux et raciste, de négation du génocide et de faussetés absolues".
La justice espagnole a annoncé mercredi avoir émis des mandats d'arrêt contre 40 militaires de l'actuel régime rwandais, dont onze officiers, poursuivis pour "génocide, crime contre l'humanité et terrorisme" dans les années 90.
Ils sont notamment accusés d'avoir sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de s'emparer du pouvoir. L'assassinat de M. Habyarimana en avril 1994 avait déclenché le génocide contre les Tutsis qui a fait environ 800.000 morts, selon l'ONU.
La justice espagnole, qui avait débuté cette enquête en 2005, sur la mort de neuf ressortissants espagnols entre 1994 et 2000, s'octroie une compétence universelle pour les faits de "génocide" et de "crimes contre l'humanité".
"Cette compétence universelle ne l'autorise pas à nier le génocide rwandais, un fait établi par le Conseil de sécurité des Nations unies et par le Tribunal pénal international pour le Rwanda", poursuit le texte, qui accuse la justice espagnole de "transformer les auteurs du génocide en héros".
Publié le 10 février 2008.
http://www.afriquecentrale.info/central.php?o=1&s=340&d=3&i=1336
La justice espagnole poursuit 40 militaires rwandais pour génocide
>
MADRID (AFP) -
mercredi 06 février 2008
-
La justice espagnole a annoncé mercredi avoir émis des mandats d'arrêt contre 40 militaires du régime rwandais, accusés de "génocide" et d'avoir fomenté des affrontements ethniques dans les années 90 afin de s'emparer du pouvoir et de mettre en place un "régime de terreur". L'Audience nationale, principale instance pénale espagnole, poursuit ces 40 militaires, parmi lesquels 11 généraux, pour "génocide, crime contre l'humanité et terrorisme".
L'actuel président Paul Kagame, dont l'arrivée au pouvoir en 1994 avait mis fin au génocide rwandais, n'est pas poursuivi en raison de l'immunité que lui confère son statut présidentiel, précise l'Audience nationale.
Le génocide de 1994 avait fait selon l'ONU environ 800.000 morts, majoritairement parmi la minorité tutsie ainsi que chez les Hutus modérés.
Mais la justice espagnole estime que les hommes de Kagame ont sciemment destabilisé le régime extrémiste hutu de Juvenal Habyarimana, en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de s'emparer du pouvoir.
Il existe des "indices rationnels" selon lesquels "à partir d'octobre 1990, un groupe de structure politico-miliaire, fortement armé et organisé, a entamé une série d'actions criminelles, à partir de l'Ouganda, sur le territoire du Rwanda", selon l'acte de renvoi.
Le coeur de cette structure, l'APR et le FPR (Armée patriotique rwandaise et et Front patriotique rwandais), est composé essentiellement de Tutsis réfugiés en Ouganda avant 1990, explique la justice espagnole.
Elle leur reproche toute une série d'attaques et d'attentats sur le territoire rwandais, notamment contre des leaders hutus, ce qui, selon l'Audience nationale, a déclenché le génocide contre les Tutsis.
L'APR/FPR "a commis des attaques sélectives contre différents leaders intellectuels hutus afin de les éliminer de la vie sociale, provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile (qui a son tour commettait des tueries en représailles)", selon l'acte de renvoi.
En 2006, un magistrat français avait émis neuf mandats d'arrêt contre des proches du président Kagame, qu'il soupçonne d'être impliqués dans le meurtre du président Habyarimana, dont la mort a marqué le début du génocide. Kigali avait ensuite rompu ses relations diplomatiques avec Paris.
La procédure espagnole "n'est pas (différente) de la campagne menée par (le juge Jean-Louis) Bruguière", a protesté mercredi le porte-parole de l'armée rwandaise, le major Jill Rutaremara. "Cela ne vise qu'à ternir l'image du Rwanda dans son ensemble".
La justice espagnole affirme que "durant les années 90, plus de quatre millions de Rwandais ont été assassinés ou ont disparu dans le cadre d'un plan d'extermination pour raisons ethniques et/ou politiques". Un chiffre jusqu'à présent jamais évoqué.
L'Audience nationale accuse aussi les militaires de Kagame d'avoir "pris le pouvoir par la force (...), prenant le contrôle absolu de la structure de l'Etat et mettant en place à partir de ce moment-là (après le génocide) un authentique régime de terreur".
La justice espagnole poursuit les 40 militaires pour avoir "commis des crimes contre la population civile, nationale et étrangère, sélectionnée pour des raisons ethniques et/ou politique (...) sous prétexte d'assurer la sécurité".
Elle s'octroie une compétence universelle pour les faits de "génocide" et de "crimes contre l'humanité", ce qui avait notamment permis au juge Baltasar Garzon d'obtenir en 1998 l'arrestation à Londres de l'ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet.
La justice espagnole avait démarré son enquête en 2005, portant initialement sur la mort de neuf ressortissants assassinés au Rwanda entre 1994 et 2000, à la suite d'une plainte du Forum international pour la vérité et la justice dans l'Afrique des Grands Lacs.
Le génocide de 1994 avait fait selon l'ONU environ 800.000 morts, majoritairement parmi la minorité tutsie ainsi que chez les Hutus modérés.
Mais la justice espagnole estime que les hommes de Kagame ont sciemment destabilisé le régime extrémiste hutu de Juvenal Habyarimana, en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de s'emparer du pouvoir.
Il existe des "indices rationnels" selon lesquels "à partir d'octobre 1990, un groupe de structure politico-miliaire, fortement armé et organisé, a entamé une série d'actions criminelles, à partir de l'Ouganda, sur le territoire du Rwanda", selon l'acte de renvoi.
Le coeur de cette structure, l'APR et le FPR (Armée patriotique rwandaise et et Front patriotique rwandais), est composé essentiellement de Tutsis réfugiés en Ouganda avant 1990, explique la justice espagnole.
Elle leur reproche toute une série d'attaques et d'attentats sur le territoire rwandais, notamment contre des leaders hutus, ce qui, selon l'Audience nationale, a déclenché le génocide contre les Tutsis.
L'APR/FPR "a commis des attaques sélectives contre différents leaders intellectuels hutus afin de les éliminer de la vie sociale, provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile (qui a son tour commettait des tueries en représailles)", selon l'acte de renvoi.
En 2006, un magistrat français avait émis neuf mandats d'arrêt contre des proches du président Kagame, qu'il soupçonne d'être impliqués dans le meurtre du président Habyarimana, dont la mort a marqué le début du génocide. Kigali avait ensuite rompu ses relations diplomatiques avec Paris.
La procédure espagnole "n'est pas (différente) de la campagne menée par (le juge Jean-Louis) Bruguière", a protesté mercredi le porte-parole de l'armée rwandaise, le major Jill Rutaremara. "Cela ne vise qu'à ternir l'image du Rwanda dans son ensemble".
La justice espagnole affirme que "durant les années 90, plus de quatre millions de Rwandais ont été assassinés ou ont disparu dans le cadre d'un plan d'extermination pour raisons ethniques et/ou politiques". Un chiffre jusqu'à présent jamais évoqué.
L'Audience nationale accuse aussi les militaires de Kagame d'avoir "pris le pouvoir par la force (...), prenant le contrôle absolu de la structure de l'Etat et mettant en place à partir de ce moment-là (après le génocide) un authentique régime de terreur".
La justice espagnole poursuit les 40 militaires pour avoir "commis des crimes contre la population civile, nationale et étrangère, sélectionnée pour des raisons ethniques et/ou politique (...) sous prétexte d'assurer la sécurité".
Elle s'octroie une compétence universelle pour les faits de "génocide" et de "crimes contre l'humanité", ce qui avait notamment permis au juge Baltasar Garzon d'obtenir en 1998 l'arrestation à Londres de l'ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet.
La justice espagnole avait démarré son enquête en 2005, portant initialement sur la mort de neuf ressortissants assassinés au Rwanda entre 1994 et 2000, à la suite d'une plainte du Forum international pour la vérité et la justice dans l'Afrique des Grands Lacs.
Le génocide de 1994 avait fait selon l'ONU environ 800.000 morts, majoritairement parmi la minorité tutsie ainsi que chez les Hutus modérés.
Mais la justice espagnole estime que les hommes de Kagame ont sciemment destabilisé le régime extrémiste hutu de Juvenal Habyarimana, en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de s'emparer du pouvoir.
Il existe des "indices rationnels" selon lesquels "à partir d'octobre 1990, un groupe de structure politico-miliaire, fortement armé et organisé, a entamé une série d'actions criminelles, à partir de l'Ouganda, sur le territoire du Rwanda", selon l'acte de renvoi.
Le coeur de cette structure, l'APR et le FPR (Armée patriotique rwandaise et et Front patriotique rwandais), est composé essentiellement de Tutsis réfugiés en Ouganda avant 1990, explique la justice espagnole.
Elle leur reproche toute une série d'attaques et d'attentats sur le territoire rwandais, notamment contre des leaders hutus, ce qui, selon l'Audience nationale, a déclenché le génocide contre les Tutsis.
L'APR/FPR "a commis des attaques sélectives contre différents leaders intellectuels hutus afin de les éliminer de la vie sociale, provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile (qui a son tour commettait des tueries en représailles)", selon l'acte de renvoi.
En 2006, un magistrat français avait émis neuf mandats d'arrêt contre des proches du président Kagame, qu'il soupçonne d'être impliqués dans le meurtre du président Habyarimana, dont la mort a marqué le début du génocide. Kigali avait ensuite rompu ses relations diplomatiques avec Paris.
La procédure espagnole "n'est pas (différente) de la campagne menée par (le juge Jean-Louis) Bruguière", a protesté mercredi le porte-parole de l'armée rwandaise, le major Jill Rutaremara. "Cela ne vise qu'à ternir l'image du Rwanda dans son ensemble".
La justice espagnole affirme que "durant les années 90, plus de quatre millions de Rwandais ont été assassinés ou ont disparu dans le cadre d'un plan d'extermination pour raisons ethniques et/ou politiques". Un chiffre jusqu'à présent jamais évoqué.
L'Audience nationale accuse aussi les militaires de Kagame d'avoir "pris le pouvoir par la force (...), prenant le contrôle absolu de la structure de l'Etat et mettant en place à partir de ce moment-là (après le génocide) un authentique régime de terreur".
La justice espagnole poursuit les 40 militaires pour avoir "commis des crimes contre la population civile, nationale et étrangère, sélectionnée pour des raisons ethniques et/ou politique (...) sous prétexte d'assurer la sécurité".
Elle s'octroie une compétence universelle pour les faits de "génocide" et de "crimes contre l'humanité", ce qui avait notamment permis au juge Baltasar Garzon d'obtenir en 1998 l'arrestation à Londres de l'ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet.
La justice espagnole avait démarré son enquête en 2005, portant initialement sur la mort de neuf ressortissants assassinés au Rwanda entre 1994 et 2000, à la suite d'une plainte du Forum international pour la vérité et la justice dans l'Afrique des Grands Lacs.
L’état-major rwandais visé par un juge d’instruction espagnol
Si la justice espagnole n’est pas compétente pour poursuivre le président rwandais Paul Kagame, qui bénéficie de l’immunité accordée aux chefs d’Etat, la requête du juge espagnol pointe sa responsabilité directe dans la mise en place, depuis sa prise de pouvoir en juillet 1994, d’une « méthode criminelle » visant à s’emparer du pouvoir. Le Front patriotique rwandais (FPR), mouvement rebelle devenu un parti politique, a généré, « depuis cette époque, un véritable règne de la terreur, non seulement par la structure même de cette dictature, mais surtout, par la mise en place de structures parallèles responsables de crimes odieux commis contre la population civile, tant nationale qu’étrangère ».
Le « point culminant de cette politique », écrit le juge Fernando Andreu Merelles, est la politique d’« invasion et de conquête » de
la République démocratique du Congo « en compagnie d’autres groupes politico-militaires créés à cet effet » pour permettre la « réalisation d’un immense pillage et le pillage, en particulier des ressources naturelles précieuses », de sorte à se « maintenir au pouvoir et exercer une domination géostratégique sur la région ».
Une guerre pour s’enrichir
Dans ce document de 181 pages, le magistrat espagnol attribue aux rebelles tutsis l’attentat perpétré contre l’ancien dictateur hutu, Juvénal Habyarimana, et qui avait déclenché le génocide contre les tutsis. La prise de Kigali par les rebelles et leur accession au pouvoir, en juillet 1994, avait mis fin au génocide, mais s’était suivie de nombreux massacres et le déclenchement d’une guerre en 1997, dans l’est de
la République démocratique du Congo (RDC), sous des motifs sécuritaires mais destinée en réalité à piller les ressources et « enrichir des groupes ou des individus ».
Le juge poursuit les auteurs de cette politique pour génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et terrorisme. Mais rien cependant, dans son document, ne sous-tend la perpétration d’un génocide par les rebelles, animés par la domination plus que par l’extermination d’un groupe ethnique.
Quarante mandats d’arrêts
Au terme des 181 pages du document, le juge espagnol requiert l’émission de 40 mandats d’arrêt à l’encontre d’officiers supérieurs des Forces de défense rwandaises (FDR), l’armée au pouvoir, au premier rang desquels figure le chef d’état-major James Kabarebe.
Le juge avait été saisi par les proches de victimes espagnoles – religieux et membres d’associations humanitaires – et par plusieurs organisations rwandaises. L’avocat des parties civiles, Jordi Palou-Loverdos estimait ce mercredi que « pour aboutir à un procès, il est nécessaire d’avoir la coopération des Etats pour procéder aux arrestations ». Selon le document du juge, sept des personnes visées résideraient à l’étranger. Parmi ces derniers, figure le général Karake Karekezi, actuel numéro deux de
la Mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad), le lieutenant colonel Rugumya Gacinya, attaché militaire de l’ambassade du Rwanda aux Etats-Unis ou encore Kayumba Nyamwasa, ambassadeur du Rwanda en Inde.
L’inaction du TPIR
Kayumba Nyamwasa avait engagé une procédure à Paris, pour demander le retrait d’un mandat émis contre lui par le juge français Jean-Louis Bruguière. Certains des officiers visés par l’Espagne figuraient déjà dans les conclusions relatives à l’enquête sur l’attentat perpétré contre l’ex-président Juvénal Habyarimana. Les conclusions du juge anti-terroriste avaient entraînées la rupture des relations diplomatiques entre
la France et le Rwanda, en novembre 2006.
Alors que la justice espagnole a compétence universelle – elle peut poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide quelle que soit leur nationalité et celle des victimes – le juge français enquêtait suite à la mort de coopérants français. Reste que pour les crimes commis en 1994, c’est le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui devrait être compétent. Or malgré plusieurs résolutions des Nations unies en ce sens, son procureur, Hassan Bubacar Jallow, n’a jamais bouclé son enquête sur les crimes commis par les membres de l’armée au pouvoir.
Un juge d’instruction espagnol a lancé, mercredi 6 février, des mandats d’arrêt à l’encontre de quarante hauts responsables de l’armée rwandaise pour actes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et terrorisme commis au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC) entre le 1er octobre 1990 et 2002. Visé par cette enquête, le président du Rwanda, Paul Kagame, bénéficie de l’immunité.
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http://www.rfi.fr/actufr/articles/098/article_62446.asp
Société
Rwanda: Les survivants du tremblement de terre se plaignent des mauvaises conditions d'hébergement
Les survivants du séisme qui a frappé le sud-ouest du Rwanda au début du mois de février se plaignent que leurs besoins d'hébergement ne sont pas correctement couverts, malgré les efforts déployés par ailleurs pour leur fournir d'autres produits de première nécessité.
« Les conditions de vie pénibles auxquelles nous sommes confrontés chaque jour restent largement ignorées, en dépit des secours que nous avons reçus dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre », a déploré Gaston Minani, père de cinq enfants, dont la maison a été détruite dans le district de Rusizi
La plupart des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP) vivent sous des tentes ou dans des salles bondées, dont bon nombre servaient de dortoirs d'école. Dans certains cas, des centaines de personnes ont été contraintes de partager des dortoirs prévus pour 20 élèves seulement.
Au moins 43 personnes ont été tuées et des centaines d'autres déplacées depuis que des séismes de différentes amplitudes ont frappé les régions de Rusizi et Nyamasheke, dans le sud-ouest du Rwanda, et la région du Kivu, en République démocratique du Congo, entre les 3 et 15 février.
Au Rwanda, environ 1 201 familles ont perdu leurs maisons et une vingtaine d'écoles primaires et quatre établissements secondaires ont subi des dégâts.
« Je ne pense même pas au bétail que j'ai perdu ni à ma maison détruite », a indiqué Thérèse Nyirambababazi. Cette mère de famille de 38 ans fait partie des déplacés hébergés dans le camp de Gihundwe.
« Je ne pense qu'à mon mari et à mon frère qui ont perdu la vie. Nous dormions lorsque le tremblement de terre a secoué et détruit notre maison. Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'échapper avant que les murs ne s'effondrent », a-t-elle raconté à IRIN. « Des familles entières ont été écrasées et sont mortes dans leurs lits ».
Selon Pénélope Kantarama, gouverneur de la province Occidentale, la distribution de l'aide alimentaire aux victimes se poursuit dans les régions isolées des districts de Rusizi et de Nyamasheke.
Le gouvernement rwandais, la Croix-Rouge locale, les agences des Nations Unies et l'organisation non-gouvernementale (ONG) World Vision fournissent divers types d'assistance aux victimes.
Quelque 700 kits familiaux, dont des bâches en plastique, des couvertures et d'autres produits, ont déjà été distribués, mais selon le gouvernement rwandais, 501 kits familiaux supplémentaires sont nécessaires. Au cours de sa conférence de presse du 14 février, le Premier ministre rwandais, Bernard Makuza, a indiqué que les colis humanitaires contenaient des ustensiles de cuisine, des couvertures et des matelas.
Des équipes médicales ont également mis en place des cliniques mobiles et apporté une aide nutritionnelle aux populations.
« Tous les déplacés ne sont pas hébergés dans des camps. Certains vivent actuellement parmi les habitants des villages qui n'ont pas été frappés par le séisme », a indiqué Jean-Pierre Turatsinze, le maire de Rusizi.
Certaines victimes se plaignent de cas de malnutrition chez les enfants et de mauvais systèmes d'assainissement, qui pourraient provoquer des diarrhées dans les camps.
Plusieurs habitants de Rusizi et de Nyamasheke ont dit qu'ils hésitaient à retourner chez eux parce que des répliques sismiques avaient été ressenties depuis leur départ.
La région du sud-ouest du Rwanda, proche du lac Kivu, est située dans une zone de la vallée du Grand Rift est-africain où les mouvements de plaques tectoniques sont fréquents.
De l'autre côté de la frontière, dans l'est de la République démocratique du Congo, une nouvelle secousse, suivie de plusieurs répliques, a été ressentie dans la ville de Bukavu et aux alentours le 27 février, selon des vulcanologues.
D'après Dieudonné Wafula, responsable du centre volcanique de Goma, un tremblement de terre d'une amplitude de 4,7 sur l'échelle de Richter a été ressenti à 4h07.
« Le tremblement de terre a été suivi de quatre ou cinq répliques qui ont semé la panique parmi les habitants de Bukavu, alors que ceux-ci commençaient à oublier les précédentes secousses et retournaient dans leurs maisons pour y passer la nuit », a indiqué M. Wafula. Sept personnes sont mortes et 44 autres ont été blessées pendant le premier tremblement de terre du 3 février.
La dernière secousse n'aurait fait aucun blessé et une mission d'évaluation est en cours pour déterminer si elle a occasionné des dégâts matériels.
D'après Bonga Laisi, le maire de Bukavu, 3 465 maisons et édifices publics ont été endommagés par les précédentes secousses.
UN Integrated Regional Information Networks
29 Février 2008
Rwanda: Les survivants du tremblement de terre se plaignent des mauvaises conditions d'hébergement
Les survivants du séisme qui a frappé le sud-ouest du Rwanda au début du mois de février se plaignent que leurs besoins d'hébergement ne sont pas correctement couverts, malgré les efforts déployés par ailleurs pour leur fournir d'autres produits de première nécessité.
« Les conditions de vie pénibles auxquelles nous sommes confrontés chaque jour restent largement ignorées, en dépit des secours que nous avons reçus dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre », a déploré Gaston Minani, père de cinq enfants, dont la maison a été détruite dans le district de Rusizi
La plupart des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP) vivent sous des tentes ou dans des salles bondées, dont bon nombre servaient de dortoirs d'école. Dans certains cas, des centaines de personnes ont été contraintes de partager des dortoirs prévus pour 20 élèves seulement.
Au moins 43 personnes ont été tuées et des centaines d'autres déplacées depuis que des séismes de différentes amplitudes ont frappé les régions de Rusizi et Nyamasheke, dans le sud-ouest du Rwanda, et la région du Kivu, en République démocratique du Congo, entre les 3 et 15 février.
Au Rwanda, environ 1 201 familles ont perdu leurs maisons et une vingtaine d'écoles primaires et quatre établissements secondaires ont subi des dégâts.
« Je ne pense même pas au bétail que j'ai perdu ni à ma maison détruite », a indiqué Thérèse Nyirambababazi. Cette mère de famille de 38 ans fait partie des déplacés hébergés dans le camp de Gihundwe.
« Je ne pense qu'à mon mari et à mon frère qui ont perdu la vie. Nous dormions lorsque le tremblement de terre a secoué et détruit notre maison. Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'échapper avant que les murs ne s'effondrent », a-t-elle raconté à IRIN. « Des familles entières ont été écrasées et sont mortes dans leurs lits ».
Selon Pénélope Kantarama, gouverneur de la province Occidentale, la distribution de l'aide alimentaire aux victimes se poursuit dans les régions isolées des districts de Rusizi et de Nyamasheke.
Le gouvernement rwandais, la Croix-Rouge locale, les agences des Nations Unies et l'organisation non-gouvernementale (ONG) World Vision fournissent divers types d'assistance aux victimes.
Quelque 700 kits familiaux, dont des bâches en plastique, des couvertures et d'autres produits, ont déjà été distribués, mais selon le gouvernement rwandais, 501 kits familiaux supplémentaires sont nécessaires. Au cours de sa conférence de presse du 14 février, le Premier ministre rwandais, Bernard Makuza, a indiqué que les colis humanitaires contenaient des ustensiles de cuisine, des couvertures et des matelas.
Des équipes médicales ont également mis en place des cliniques mobiles et apporté une aide nutritionnelle aux populations.
« Tous les déplacés ne sont pas hébergés dans des camps. Certains vivent actuellement parmi les habitants des villages qui n'ont pas été frappés par le séisme », a indiqué Jean-Pierre Turatsinze, le maire de Rusizi.
Certaines victimes se plaignent de cas de malnutrition chez les enfants et de mauvais systèmes d'assainissement, qui pourraient provoquer des diarrhées dans les camps.
Plusieurs habitants de Rusizi et de Nyamasheke ont dit qu'ils hésitaient à retourner chez eux parce que des répliques sismiques avaient été ressenties depuis leur départ.
La région du sud-ouest du Rwanda, proche du lac Kivu, est située dans une zone de la vallée du Grand Rift est-africain où les mouvements de plaques tectoniques sont fréquents.
De l'autre côté de la frontière, dans l'est de la République démocratique du Congo, une nouvelle secousse, suivie de plusieurs répliques, a été ressentie dans la ville de Bukavu et aux alentours le 27 février, selon des vulcanologues.
D'après Dieudonné Wafula, responsable du centre volcanique de Goma, un tremblement de terre d'une amplitude de 4,7 sur l'échelle de Richter a été ressenti à 4h07.
« Le tremblement de terre a été suivi de quatre ou cinq répliques qui ont semé la panique parmi les habitants de Bukavu, alors que ceux-ci commençaient à oublier les précédentes secousses et retournaient dans leurs maisons pour y passer la nuit », a indiqué M. Wafula. Sept personnes sont mortes et 44 autres ont été blessées pendant le premier tremblement de terre du 3 février.
La dernière secousse n'aurait fait aucun blessé et une mission d'évaluation est en cours pour déterminer si elle a occasionné des dégâts matériels.
D'après Bonga Laisi, le maire de Bukavu, 3 465 maisons et édifices publics ont été endommagés par les précédentes secousses.
UN Integrated Regional Information Networks
29 Février 2008
Rwanda: Les survivants du tremblement de terre se plaignent des mauvaises conditions d'hébergement
Les survivants du séisme qui a frappé le sud-ouest du Rwanda au début du mois de février se plaignent que leurs besoins d'hébergement ne sont pas correctement couverts, malgré les efforts déployés par ailleurs pour leur fournir d'autres produits de première nécessité.
« Les conditions de vie pénibles auxquelles nous sommes confrontés chaque jour restent largement ignorées, en dépit des secours que nous avons reçus dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre », a déploré Gaston Minani, père de cinq enfants, dont la maison a été détruite dans le district de Rusizi
La plupart des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP) vivent sous des tentes ou dans des salles bondées, dont bon nombre servaient de dortoirs d'école. Dans certains cas, des centaines de personnes ont été contraintes de partager des dortoirs prévus pour 20 élèves seulement.
Au moins 43 personnes ont été tuées et des centaines d'autres déplacées depuis que des séismes de différentes amplitudes ont frappé les régions de Rusizi et Nyamasheke, dans le sud-ouest du Rwanda, et la région du Kivu, en République démocratique du Congo, entre les 3 et 15 février.
Au Rwanda, environ 1 201 familles ont perdu leurs maisons et une vingtaine d'écoles primaires et quatre établissements secondaires ont subi des dégâts.
« Je ne pense même pas au bétail que j'ai perdu ni à ma maison détruite », a indiqué Thérèse Nyirambababazi. Cette mère de famille de 38 ans fait partie des déplacés hébergés dans le camp de Gihundwe.
« Je ne pense qu'à mon mari et à mon frère qui ont perdu la vie. Nous dormions lorsque le tremblement de terre a secoué et détruit notre maison. Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'échapper avant que les murs ne s'effondrent », a-t-elle raconté à IRIN. « Des familles entières ont été écrasées et sont mortes dans leurs lits ».
Selon Pénélope Kantarama, gouverneur de la province Occidentale, la distribution de l'aide alimentaire aux victimes se poursuit dans les régions isolées des districts de Rusizi et de Nyamasheke.
Le gouvernement rwandais, la Croix-Rouge locale, les agences des Nations Unies et l'organisation non-gouvernementale (ONG) World Vision fournissent divers types d'assistance aux victimes.
Quelque 700 kits familiaux, dont des bâches en plastique, des couvertures et d'autres produits, ont déjà été distribués, mais selon le gouvernement rwandais, 501 kits familiaux supplémentaires sont nécessaires. Au cours de sa conférence de presse du 14 février, le Premier ministre rwandais, Bernard Makuza, a indiqué que les colis humanitaires contenaient des ustensiles de cuisine, des couvertures et des matelas.
Des équipes médicales ont également mis en place des cliniques mobiles et apporté une aide nutritionnelle aux populations.
« Tous les déplacés ne sont pas hébergés dans des camps. Certains vivent actuellement parmi les habitants des villages qui n'ont pas été frappés par le séisme », a indiqué Jean-Pierre Turatsinze, le maire de Rusizi.
Certaines victimes se plaignent de cas de malnutrition chez les enfants et de mauvais systèmes d'assainissement, qui pourraient provoquer des diarrhées dans les camps.
Plusieurs habitants de Rusizi et de Nyamasheke ont dit qu'ils hésitaient à retourner chez eux parce que des répliques sismiques avaient été ressenties depuis leur départ.
La région du sud-ouest du Rwanda, proche du lac Kivu, est située dans une zone de la vallée du Grand Rift est-africain où les mouvements de plaques tectoniques sont fréquents.
De l'autre côté de la frontière, dans l'est de la République démocratique du Congo, une nouvelle secousse, suivie de plusieurs répliques, a été ressentie dans la ville de Bukavu et aux alentours le 27 février, selon des vulcanologues.
D'après Dieudonné Wafula, responsable du centre volcanique de Goma, un tremblement de terre d'une amplitude de 4,7 sur l'échelle de Richter a été ressenti à 4h07.
« Le tremblement de terre a été suivi de quatre ou cinq répliques qui ont semé la panique parmi les habitants de Bukavu, alors que ceux-ci commençaient à oublier les précédentes secousses et retournaient dans leurs maisons pour y passer la nuit », a indiqué M. Wafula. Sept personnes sont mortes et 44 autres ont été blessées pendant le premier tremblement de terre du 3 février.
La dernière secousse n'aurait fait aucun blessé et une mission d'évaluation est en cours pour déterminer si elle a occasionné des dégâts matériels.
D'après Bonga Laisi, le maire de Bukavu, 3 465 maisons et édifices publics ont été endommagés par les précédentes secousses.
UN Integrated Regional Information Networks
29 Février 2008
Rwanda : guerre autour d'un génocide
par Jean-Philippe Rémy
Le Monde.fr
L'indépendance de la justice n'y change rien. Entre Paris et Kigali, un équilibre de la terreur judiciaire vient d'être rompu avec la publication de l'enquête du juge Jean-Louis Bruguière, après deux ans et demi d'atermoiements inexpliqués. Le temps de latence qui sépare ces mises en accusations de la fin de l'enquête n'a en rien diminué leur gravité. Le juge vise le sommet de l'Etat rwandais, le président Paul Kagamé, protégé par l'immunité, et neuf personnes de son entourage, contre lesquelles des mandats d'arrêt internationaux doivent être émis.
A Kigali, on s'était préparé de longue date aux conséquences de cette mise en cause. La "réponse" avait commencé à être formalisée en 2004, l'année du dixième anniversaire du génocide, qui avait été, aussi, celle de la révélation du contenu de l'enquête Bruguière par Le Monde. Ce contenu avait été jugé suffisamment sérieux pour justifier qu'un responsable comme James Kabarebe, chef d'état-major général aujourd'hui incriminé par le juge Bruguière, entame une tournée d'explications au Rwanda.
Au cours des deux années suivantes, Kigali a préparé un contre-feu, en annonçant la constitution d'une commission d'enquête sur l'implication de la France dans le génocide et précisant, par avance, que ses membres devaient "rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide". On ne saurait imaginer accusation plus grave, ni donner plus précisément les conclusions d'un travail d'investigation avant que de l'avoir entrepris.
Cette commission, constituée de sept membres, est entrée en fonctionnement en avril 2006, et poursuit depuis ses travaux d'enquête au Rwanda, bientôt à l'étranger. Kigali, au départ, disposait d'une partie des archives de l'ex-pouvoir rwandais. La commission peut également compter sur les témoignages d'anciens responsables du pouvoir hutu, soucieux aujourd'hui de se démarquer de leur passé. Au final, des Français, civils et militaires, devraient être mis en cause. Certains pourraient même être accusés d'avoir été les complices de la "planification du génocide", selon une source bien informée.
Même si la preuve même de cette planification, avec ou sans la France, n'a pas encore été établie, ces accusations préalables sont si graves que, pendant deux ans, les capacités de nuisance des deux processus judiciaires, en France et au Rwanda, se sont neutralisées, aboutissant à un équilibre de la terreur. Or le besoin d'éclaircissements, dans les deux cas, est une nécessité. Il est impossible que, douze ans après le génocide, les circonstances exactes de l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, événement déclencheur du génocide rwandais, continuent d'être négligées.
Il est également indispensable que toute la lumière soit faite, à la fin, sur le détail des agissements de responsables civils ou militaires français dans le Rwanda de l'avant-génocide et pendant la période de l'opération "Turquoise", comblant les nombreuses lacunes du travail en 1998 de la mission d'information parlementaire française.
Il y a cependant tout lieu de redouter que, dans un premier temps, ni l'enquête française ni la commission d'enquête rwandaise n'obtiennent plus d'effet qu'une tension des relations entre les deux pays, sans que justice soit rendue aux victimes, laissant en tête à tête les responsables des deux pays.
Cette guerre froide judiciaire ne peut être comprise qu'en rappelant qu'à l'origine, la France et la rébellion aujourd'hui au pouvoir à Kigali, le Front patriotique rwandais (FPR), se sont fait la guerre, la guerre tout court.
Le FPR, formé de Tutsis en exil, avait attaqué le Rwanda depuis l'Ouganda, le 1er octobre 1990. La France, principale alliée du président hutu Juvénal Habyarimana, à Kigali, entretenait alors avec le Rwanda une coopération militaire qui a permis de contenir l'avancée du FPR jusqu'à l'effondrement du régime hutu, après l'assassinat du président Habyarimana et l'accomplissement simultané du génocide.
LECTURE POLITIQUE
Mais, comme toute guerre froide, celle que se mènent depuis 1994 la France et le Rwanda est pleine d'arrangements, de phases de réchauffement entrecoupées de périodes de retour à l'hostilité. Justement, les relations franco-rwandaises s'étaient récemment améliorées, sur la base des intérêts de leurs gouvernements respectifs. Au cours de l'année écoulée, la coopération, notamment militaire, entre la France et le Rwanda s'est densifiée.
Quant à la communication entre Paris et Kigali, loin d'être inexistante, elle passe plus par des canaux discrets, entre services de renseignement, que par les diplomates. Un haut responsable du renseignement rwandais devait être récemment reçu à Paris par ses homologues français. Ces derniers ont finalement été contraints de différer leur invitation au dernier moment, en apprenant que leur collègue rwandais était incriminé par les conclusions de l'enquête de Jean-Louis Bruguière, qui risquaient d'être rendues publiques au moment de sa visite.
Tandis que la France et le Rwanda continuent de s'empoigner sur ce mode ambigu, l'histoire du génocide, elle, fait du surplace. Alors qu'ils couvrent aujourd'hui plusieurs mètres de rayonnage, une infime minorité des ouvrages consacrés à l'extermination des Tutsis est animée par un souci d'objectivité. La vaste majorité de ces livres fait surtout la part belle à une lecture politique des massacres, sans jamais parvenir à établir, de manière irréfutable, le récit complet du génocide rwandais, ni répondre de manière définitive à une question fondamentale : y a-t-il eu planification de l'extermination et, si oui, quand et par qui ?
Sans doute le temps de l'histoire du "crime des crimes" n'est-il pas encore advenu. Douze ans après le génocide, le temps des témoignages n'est pas encore clos. Les témoignages, ceux des victimes comme ceux des bourreaux "repentis", voire ceux des anciens membres de la rébellion tutsie, n'ont pas permis encore d'écrire la "somme" sur le génocide, comme La Destruction des juifs d'Europe, de Raul Hilberg, le fut pour l'histoire du génocide des juifs. Vingt ans après sa perpétration.
En une décennie, un seul progrès a été enregistré, mais il est de taille. C'est "la reconnaissance du crime pour ce qu'il a été, c'est-à-dire un génocide, après avoir fait taire la parole négationniste", analyse Thierry Cruvellier, auteur du Tribunal des vaincus (Calmann-Lévy), plongée la plus complète à ce jour dans les méandres de la justice internationale aux prises avec le génocide des Tutsis.
Jean-Philippe Rémy
Article paru dans l'édition du 23.11.06.
Une conférence sur le génocide au Rwanda aura lieu à Montréal le 29 mars 2008
Des auteurs accusés de minimiser l'importance du génocide au Rwanda et d'en nier l'existence présenteront leur version des événements dans le cadre d'une conférence à Montréal, à la fin du mois, tout juste avant le 14e anniversaire des massacres.
Un spécialiste des droits de la personne et survivant du génocide affirme que cette conférence est une insulte, tant en raison de la date choisie pour sa présentation que parce qu'elle vise à minimiser la souffrance des Rwandais de l'ethnie des Tutsis.
«Pour les survivants et les victimes, je trouve inacceptable de nier la réalité», a déclaré Callixte Kabayiza, président de l'Association des parents et amis des victimes du génocide au Rwanda.
M. Kabayiza, résidant de Montréal qui a fui le pays africain alors que les massacres y avaient lieu, a affirmé que la conférence semblait avoir été organisée pour voler la vedette aux événements prévus afin de souligner la mémoire des victimes.
Intitulée «Les médias et le Rwanda: la difficile recherche de la vérité», la conférence aura lieu le 29 mars. Quatre hommes qui mettent en doute la version officielle du génocide rwandais doivent alors prendre la parole.
La conférence débutera alors que les Rwandais se préparent à souligner le 14e anniversaire du génocide d'une durée de 100 jours dans le cadre duquel des milices appuyées par les Hutus ont procédé au massacre de Tutsis et de Hutus modérés, en 1994, tuant entre 800 000 et un million de Rwandais.
L'auteur et journaliste français Pierre Péan, l'avocat espagnol Jordi Palou-Loverdos, le journaliste belge Peter Verlinden et l'auteur canadien Robin Philpot doivent tous prendre part à la conférence.
Pierre Péan et son éditeur font face à des accusations de diffamation raciale et provocation en France en raison de la publication en 2005 d'un ouvrage sur le génocide rwandais.
Dans son livre, ayant pour titre «Noires fureurs, Blancs menteurs», Pierre Péan avance que les Tutsis ont orchestré un contre-génocide de Hutus. La majeure partie de la communauté internationale a depuis longtemps accepté la version voulant que les Tutsis aient été la cible principale des massacres.
Peter Verlinden s'est quant à lui vu refuser un visa de visiteur par le Rwanda, le gouvernement de ce pays estimant qu'il a nié l'existence du génocide dans ses reportages télévisés.
Quant à Robin Philpot, qui est l'auteur de quelques ouvrages sur le Rwanda, dont l'un s'intitule «Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali», il estime qu'il est très important, étant donné l'ampleur des massacres, d'en discuter.
M. Philpot, qui a été candidat du Parti québécois en 2007, rejette l'accusation selon laquelle il ait nié qu'un holocauste ait eu lieu au Rwanda, mais il considère que la version officielle des événements est mensongère.
«Je n'ai pas nié que des crimes aient été perpétrés», mais les massacres ont été le fait de toutes les parties, dit-il.
L'éditeur de M. Philpot, Les Éditions les Intouchables, est l'un des organisateurs de la conférence.
www.tqs.ca
13 mars 2008
Organisation de la conférence
Date et lieu
: 29 mars 2008 à 13 h 30 dans la salle du Gesù,1220, rue de Bleury,Montréal
Organisateur: Les Editions les Intouchables en collaboration avec des ressortissants de la communauté des pays des grands lacs africains
Titre: Les Médias et le Rwanda : la difficile recherche de la vérité
Modérateur: Le journaliste et écrivain Normand Lester, réunira notamment :
Intervenants:
- Pierre Péan, écrivain et journaliste enquêteur français, auteur du livre Noires fureurs, blancs menteurs et de plus de 20 livresimportants
- Jordi Palou-Loverdos, avocat espagnol du Forum international pour la Vérité et la Justice en Afrique des Grands Lacs, organisme à l'origine de la plainte ayant abouti aux 40 mandats d'arrêt contre d'actuels et d'anciens dirigeants du Rwanda
- Peter Verlinden, journaliste de la VRT télévision belge (en néerlandais), spécialisé depuis 1992 dans la région de l'Afrique des Grands Lacs et auteur d'un livre sur le Québec en néerlandais.
- Robin Philpot, écrivain québécois, auteur de deux livres sur le Rwanda.
www.irwanda1.com
20 mars 2008
Une conférence sur le Rwanda soulève l'ire des rescapés du génocide
Une conférence réunissant des auteurs jugés révisionnistes par les rescapés du génocide rwandais aura lieu le 29 mars au Gesù, une célèbre salle de spectacle montréalaise, appartenant aux jésuites, qui se targue de faire des «choix éthiques».
Le but de la conférence sur le Rwanda qui aura lieu à Montréal le 29 mars, c’est «la recherche de la vérité», dit le polémiste Robin Philpot, très en demande parmi les groupes qui remettent en question la version officielle des événements au Rwanda.
Organisée par les éditions Les Intouchables, la conférence réunira des auteurs accusés de minimiser l'ampleur du génocide au Rwanda, voire d'en nier l'existence. Parmi eux, le polémiste Robin Philpot, qui prétend que «ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali». La candidature de M. Philpot sous la bannière du Parti québécois avait soulevé une polémique, l'an dernier, en raison de ses positions sur la tragédie rwandaise.
Un second conférencier est le journaliste français Pierre Péan, dont le livre Noires fureurs, Blancs menteurs lui a valu une poursuite pour diffamation raciale et provocation en France.
Un autre invité est l'avocat espagnol Jordi Palou Loverdos, porte-parole d'un juge ayant lancé 40 mandats d'arrêt internationaux contre d'actuels dirigeants rwandais. Le journaliste belge Peter Verlinden, qui s'est récemment vu refuser l'entrée au Rwanda parce qu'il y est considéré comme un négationniste, participera aussi à la conférence.
«Cela me choque beaucoup, parce que ce sont tous des révisionnistes. C'est scandaleux qu'ils viennent à Montréal», dénonce Paulin Nteziryayo, dont la famille a été décimée lors du génocide. Le vice-président de PAGE-Rwanda, un regroupement montréalais de rescapés, se dit d'autant plus choqué que la conférence se déroulera quelques jours seulement avant le 14e anniversaire du génocide.
En Belgique, l'Université catholique de Louvain a annulé une conférence semblable, en novembre, après avoir reçu des plaintes de groupes de survivants tutsis.
Mais les responsables jésuites du Gesù ne comptent pas imiter l'université belge. «Il s'agit d'une location, explique le porte-parole, Nicolas Sado. Lorsque nous produisons des spectacles, nous faisons des choix éthiques. Pour le reste, on a assez peu d'informations sur le contenu. On fait de notre mieux pour surveiller ce qui se passe ici, mais il faut savoir que la programmation ne reflète pas la position du Gesù.»
M. Philpot, qui soutient que les massacres des années 90 ont été provoqués par le Front patriotique rwandais (FPR) appuyé par les États-Unis, affirme qu'il n'a jamais nié le génocide. «Je suis prêt à utiliser ce terme-là, mais je pense qu'il y a une faiblesse dans ce terme, puisqu'il a pour effet de nous empêcher de regarder ce qui s'est passé, et pourquoi», explique-t-il.
Le but de la conférence, c'est «la recherche de la vérité», dit M. Philpot, très en demande parmi les groupes qui remettent en question la version officielle des événements au Rwanda. Depuis 2003, il a donné des conférences à Bruxelles, à Paris, à Munich, à Washington et en Finlande.
Michel Brûlé, patron des éditions Les Intouchables, souscrit à la thèse de M. Philpot. Il va même plus loin que l'auteur puisque, selon lui, il n'y a tout simplement pas eu de génocide au Rwanda. «Il y a eu une guerre épouvantable, il y a eu des morts des deux côtés. Ce n'est pas simple et manichéen comme on l'a présenté, dit-il. On est en train de mettre les pendules à l'heure dans cette histoire.»
www.cyberpresse.ca
Conférence sur le conflit au Rwanda au Québec
La Communauté congolaise de Montréal en collaboration avec les Éditions Les Intouchables présentent une conférence dont le thème est :
" Les conséquences du conflit Rwandais en République démocratique du Congo et les violations des droits humains".
Avec :
- Mr. Pierre PÉAN, écrivain et journaliste enquêteur français, auteur du livre Noires fureurs, blancs menteurs et de plus de 20 livres importants.
- Mr. Jordi PALOU-LOVERDOS, avocat espagnol du Forum international pour la Vérité et la Justice en Afrique des Grands Lacs, organisme à l'origine de la plainte ayant abouti aux 40 mandats d'arrêt contre d'actuels et d'anciens dirigeants du Rwanda.
- Mr. Peter VERLINDEN, journaliste de la VRT télévision belge (en néerlandais), spécialisé depuis 1992 dans la région de l'Afrique des Grands Lacs et auteur d'un livre sur le Québec en néerlandais.
- Mr. Robin PHILPOT, écrivain québécois, auteur de deux livres sur le Rwanda
Sous la modération du politologue Paul KANAMBY.
Auteur de « La politique internationale du Congo-Kinshasa de 1960 à 1965: essai d'explication de l'échec de cette politique fondée sur le non-alignement et le panafricanisme » Ph. D., Université Laval, 1982.
Date : Dimanche, le 30 mars de 14h 00 à 18 h 00
Lieu : Auditorium du Centre Ville de Montréal, situé au 66, boulevard René-Lévesque Est, 3ème étage (entrée par la porte rue St-Dominique)
Métros : Place d’Armes ou St-Laurent
Source:
Réseau de communication pour la prévention des actes criminels (RÉCOPAC)
RÉCOPAC est impliqué dans l’action communautaire et a comme mission de proposer de nouvelles pistes d’intervention afin de répondre au fléau de la délinquance, de la violence et de la criminalité dans les communautés ethnoculturelles.
14 mars 2008
www.irwanda1.com
Photo:Harvard university Gazette du 8 février 2001
5 avril 2008
Martin Luther King prononçant son fameux discours « J'ai un rêve (I have a dream) » le 28 août 1963 à Washington sur les marches du Lincorn Memorial pendant la Marche vers Washington pour le travail et la liberté. Il fut assassiné à Memphis dans le Tennessee le 4 avril 1968 sur le balcon du Môtel Lorraine devant la chambre tristement célebre, la 306.(Photo AP Images)
Traduction de son discours en Français:
-
« "Je vous le dis aujourd'hui, mes amis, bien que nous devions faire face aux difficultés d'aujourd'hui et de demain, j'ai tout de même un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain."
-
« Je fais le rêve qu'un jour, cette nation se lève et vive sous le véritable sens de son credo : “Nous considérons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux.”
-
« Je fais le rêve qu'un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des esclaves et les fils des propriétaires d'esclaves puissent s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
-
« Je fais le rêve qu'un jour, même l'État du Mississippi, désert étouffant d'injustice et d'oppression, soit transformé en une oasis de liberté et de justice.
-
« Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur personne. Je fais ce rêve aujourd'hui !
-
« Je fais le rêve qu'un jour juste là-bas en Alabama, avec ses racistes vicieux, avec son gouverneur qui a les lèvres dégoulinantes des mots interposition et annulation; un jour juste là-bas en Alabama les petits garçons noirs et les petites filles noires puissent joindre leurs mains avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et sœurs.
-
« Je fais ce rêve aujourd'hui.
-
« Je fais le rêve qu'un jour chaque vallée soit glorifiée, que chaque colline et chaque montagne soit aplanie, que les endroits rudes soient transformées en plaines, que les endroits tortueux soient redressés, que la gloire du Seigneur soit révélée et que tous les vivants le voient tous ensemble.»
Version originale en Anglais:
- « I say to you today, my friends, so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
- I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: “We hold these truths to be self-evident: that all men are created equal.”
- I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at a table of brotherhood.
- I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice and oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
- I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character. I have a dream today!
- I have a dream that one day down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of interposition and nullification; one day right down in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.
- I have a dream today.
- I have a dream that one day every valley shall be exalted, every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plains and the crooked places will be made straight and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together. »
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Economie
Rwanda: Le budget de développement de l'Agriculture a augmenté de 27%
Kigali 8 février 2008 (Agence rwandaise d'information)
Le budget du Plan de Développement de l'Agriculture en Afrique par le Rwanda a augmenté de 27% pour l'année 2008 et il passe de 21 milliards Frw à 26 milliards Frw, selon Ernest Ruzindana, Directeur de la Planification au Ministère de l'Agriculture et des Ressources Animales.
Ernest Ruzindaza a tenu ces propos lors de l'Evaluation du CAADP et du lancement officiel d'utilisation de la Recherche dans les programmes agricoles (RIV) hier à Kigali.
« Pour atteindre les objectifs de Développement du Millénaire (ODM), le Rwanda a initié un programme de développement de l'Agriculture pour augmenter sa production agricole en vue d'assurer sa sécurité alimentaire. Et vendre plus sur les marchés. Il a mis ainsi en oeuvra un programme d'intensification des plantes comme le maïs, l'horticulture, le thé et le café. Il tient à renforcer aussi l'irrigation pour les cultures qui rapportent plus et qui sont à exporter », a dit Ernest Ruzindaza.
Conformément au plan stratégique de transformation économique et de réduction de la pauvreté (EDPRS sigle en anglais), le Rwanda favorise les exportations des produits agricoles et envisage de résoudre le dépendance vis-à-vis de la pluviosité, grâce au recours à l'irrigation. Il privilégiera aussi les fertilisants et les services d'appui.
Le plan détaillé de Développement de l'Agriculture en Afrique (CAADP) est un programme du NEPAD qui est mis en oeuvre par le Rwanda par le biais du COMESA. Le CAADP est mis en oeuvre au niveau des régions par les communautés économiques régionales.
Parmi les 16 pays du COMESA, le Rwanda est le seul qui a signé les accords de mise en oeuvre et qui a montré comment toutes les politiques du secteur agricole s'alignent parfaitement avec l'agenda du CAADP. Sur le continent africain, 40 pays ont pris les devants pour accélérer la mise en oeuvre du CAADP au niveau national.
L'engagement de mise en oeuvre du CAADP a été pris par les Chefs d'Etat africains en 2003 à Maputo au Mozambique. Le principe est que pour atteindre les ODM, les pays qui appliquent le CAADP doivent réaliser une croissance économique moyenne de 6% dans l'agriculture, consacrer 10% de leur budget national à l'agriculture, et faire des revues par les pairs.
Le CAADP s'articule sur quatre piliers qui sont la gestion du sol et de l'eau, la sécurité alimentaire et réduction de la faim, la recherche et la dissémination de l'information, ainsi que les infrastructures rurales et l'accès aux marchés.
La représentante de la Banque Mondiale à Kigali, Madame Victoria Kwakwa, a insisté sur la nécessité de surmonter les obstacles de mise en oeuvre du CAADP au Rwanda.
« Il faut s'assurer que les programmes sont bien préparés au niveau de l'analyse socio-économique afin d'arriver à donner les meilleurs résultats et en même temps justifier les investissements. L'on doit aussi évaluer l'impact des interventions, rendre cohérents l'harmonisation et alignement des bailleurs, en conformité avec la vision 2020 », a-t-elle conseillé.
Le Ministre de l'Agriculture et des Ressources Animales Anastase Murekezi a prôné la synergie de tous les acteurs : gouvernement, partenaires, secteur privé et société civile. Il a insisté aussi sur la nécessité d'évaluation des programmes.
Dans l'après-midi, la Secrétaire d'Etat à l'Agriculture, Dr Daphrose Gahakwa a procédé au lancement officiel du programme d'utilisation de la Recherche (RIV, sigle en anglais) qui va de pair avec l'évaluation du CAADP. RIV sera utilisé dans l'allègement de la pauvreté et l'attention des problèmes écologiques. La recherche touchera à l'agri-élevage, la foresterie, la pêche, les systèmes de ressources naturelles et les cultures.
Il est financé par le Royaume-Uni par le biais de l'Agence britannique pour le développement international (DFID). Il est doté d'un budget de 190 millions des livres sterling. Et il est dirigé par Sam Kanyarukiga.
http://fr.allafrica.com/stories/200802080698.html
Société
Les projects du Diocèse de Byumba
1.
Le Diocèse aidé par la solidarité des Eglises sœurs réhabilite petit à petit les infrastructures ecclésiales: églises, presbytères, salles paroissiales, couvents de religieuses...
2.Le Diocèse a un projet de lutte contre le SIDA étant donné que la population rwandaise souffre de ce fléau. Il a aussi un programme de lutte contre les maladies chroniques et endémiques. Cela se fait aussi bien pour la prévention, pour les soins aux malades que pour l'encadrement des victimes de ces maladies.
3.
Le Diocèse a un projet d'encadrer un grand nombre de veuves. Un centre Mgr Joseph RUZINDANA a été construit dans ce but grâce à l'aide des chrétiens de Trèves en Allemagne. Ce projet opère dans deux paroisses : Byumba et Rushaki
Ce projet vise à sortir ces veuves de l'isolement, à les aider à rester fidèle à leur état et à se vouer à l'apostolat de la famille par un engagement officiel dans l'Eglise.
4. Le Diocèse, à travers la Caritas diocésaine, a un projet d'organiser, susciter, diriger et soutenir toutes les oeuvres caritatives au service des pauvres. Il assiste, selon ses moyens, les personnes nécessiteuses et promeut le développement intégral de l'homme à la lumière de l'Evangile
5. Le Diocèse a un projet de terrasses radicales.
La colline de Nyinawimana a été transformée en terrasses radicales grâce au financement de l'Association Kwizera, de Gallicano en Italie. Ils ont aussi aidé le Diocèse dans les projets d'élevage des bovins, des chèvres, des abeilles. Cette même Association a aussi un projet de construire sur la même colline un hangar pour la récolte et une grande citerne. L'eau recueillie aidera dans l'agriculture et dans l'élevage.
Elèvage de vaches
Ruches modernes

6. A coté du Lac Muhazi, près du Petit Séminaire de Rwesero, le Diocèse compte y construire une maison d'accueil et des salles de conférences en vue de l'autofinancement de ce Petit
Séminaire.
Le Diocèse, sous la conduite de l'Esprit saint et avec la protection maternelle de la Sainte vierge Marie, s'engage avec les forces vives de tous ses membres à la réalisation de la volonté de Dieu et à la poursuite de son projet de salut pour tous les
hommes.
Société
Le président Paul Kagame préside la
c
érémonie de redistribution des terres dans la province de l'Est
Depuis la prise du pouvoir par le FPR, les cadres de ce mouvement politico-militaire se sont taillés la part du lion au Mutara dans l'ancienne préfecture de Byumba. Des collines entières ont été annexées par les Afandi provoquant la colère des paysans qui n'avaient plus de terres cultivables. Le découpage de ces Ibikingi présidé par le chef de l'état rwandais a commencé par les propriétés de plusieurs hectares appartenant à la vieille garde du FPR, le sénateur colonel médecin Karemera,ancien ministre de la santé et ambassadeur en Afrique du Sud, le général Kayumba Nyamwasa,ancien directeur de la DMI (Direction du renseignement militaire),actuel ambassadeur du Rwanda en Inde et sous le coup du mandat d'arrêt international lancé par un juge français après l'enquête du juge Jean Louis Bruguière, le général Franck Mugambage qui serait en fuite et le tristement célèbre général Fred Ibingira responsable des massacres de Kibeho.
A M
www.irwanda1.com
Société
Rwanda: Les agences onusiennes travaillent désormais en synergie pour plus d'efficacité
Les agences de l'Organisation des Nations Unies au Rwanda ont célébré à la fin du mois l'implémentation d'une nouvelle hiérarchie conçue pour soigner, nourrir et aider les rwandais démunis de façon plus efficace.
La nouvelle approche, dénommé le 'One UN Programme,' a pour but d'harmoniser les activités des diverses agences de l'ONU, dont l'UNICEF, le Programme Alimentaire Mondial, et l'ONU-SIDA, entre autres. Dorénavant, ces agences n'entreprendront plus des initiatives de développement de façon individuelle, elles optent pour l'entraide et la coopération des agences.
Par exemple, le développement des écoles tiendra l'UNICEF responsable de la construction des salles de classes, le PAM de l'entretien d'un jardin communautaire, et l'UNIFEM de l'intégration des jeunes filles à l'éducation.
Elisabeth Balepa, une représentative de FAO, a dit que si jamais les récentes inondations dans le nord du pays se répètent, l'ONU sera mieux placée pour aider les gens, grâce à l'approche 'One UN.'
'Le PAM pourrait donner des aliments, tandis que le HCR pourrait donner de l'appui non-alimentaire, tandis que nous pourrions nous assurer que la population puisse retrouver la productivité,' a-t-elle dit.
Le Rwanda est parmi huit pays où l'approche 'One UN' a été implémentée comme projet pilote. L'ONU dépensera $ 488 million sur quatre ans pour harmoniser les efforts de ses agences au Rwanda.
On estime qu'il reste à peu près $155 millions à combler du budget anticipé. L'ONU au Rwanda dépendra des dons de la part de la part de la communauté internationale. Les britanniques ont déjà versé $15 millions au projet, tandis que les norvégiens y ont contribué $3,6 millions.
'Nous prenons cette nouvelle approche puisque en ce moment, ça arrive que certaines agences font le même travail sans le savoir,' a expliqué Moustapha Soumaré, le coordinateur résident du PNUD.
'Nous travaillerons ensemble plus souvent, et ces travaux seront plus axés sur les résultats,' a-t-il poursuivi. 'Nous pourrons aussi établir un système de gestion où nous déciderons qui se charge de quoi. S'assurer que nous progressons vers la création d'un seul bureau de l'ONU, complètement intégré.'
Soumaré a souligné des problèmes de communication entres agences comme exemple des difficultés que l'approche 'One UN' visera à combler. 'Par exemple, nous avons des bureaux avec de différentes plateformes de technologie informatique,' a-t-il dit. 'Ceci rend la communication difficile.'
'L'idée c'est vraiment de s'assurer dorénavant que la diversité des compétences de l'ONU puissent s'exercer de façon plus organisée.'
31 janvier 2008
http://fr.allafrica.com/stories/200801311011.html
Société
La patate pour tous
L’Assemblée générale des Nations unies proclame 2008 Année de la pomme de terre. La démarche initiée a pour vocation d’attirer l’attention sur le rôle vital que peut jouer cette denrée dans la lutte contre la malnutrition et la pauvreté.
Nourrir la planète, tel est le défi que va tenter de relever l’ONU. La désignation d’une Année internationale consacrée à la pomme de terre peut paraître loufoque de prime abord. Pourtant, cette démarche peut être salutaire. La communauté internationale dresse un bilan alarmant : dans les vingt prochaines années, la population mondiale devrait croître de plus de 100 millions d’habitants par an dont 95 % dans les pays en développement où la pression sur la terre et l’eau est déjà très forte. Pour pallier ces contraintes naturelles, l’Assemblée générale des Nations unies a choisi de mettre en exergue la contribution de ce tubercule, indispensable à la sécurité alimentaire de millions de personnes vivant dans un monde en développement.
Un potentiel productif élevé
Les chiffres sont éloquents. La culture vivrière de la pomme de terre est foisonnante. En terme de quantités récoltées, elle se classe derrière le maïs, le blé et le riz, avec une production de plus de 323 millions de tonnes en 2005. La valeur totale de cette culture avoisine les 27 milliards d’euros. La croissance de la production de pommes de terre est exponentielle, augmentant en moyenne de 4,5 % par an. Si la consommation du produit a reculé en Europe, dans les pays en développement, particulièrement en Asie, elle augmente, passant de 10 kg par an et par personne dans les années 60 à 22 kg en 2003. Dans la patate, tout est bon… ou presque. Elle est comestible à 85 %, contre 50 % pour les céréales. Riche en glucides, elle possède la plus haute teneur en protéine, environ 2,1 % en poids frais. De surcroît, la pomme de terre est parfaitement adaptée aux besoins nutritifs de l’homme.
Edition France Soir du jeudi 3 janvier 2008 n°19685 page 10
Visiter le site de France Soir: www.francesoir.fr
Histoire de la pomme de terre
Un trésor enfoui:la pomme de terre
Souvent sous-estimé, ce tubercule des Andes pousse vite, s'adapte bien, a des rendements élevés et se contente de faibles quantités d'intrants...
"Autrefois, la désignation par l'ONU d'une Année internationale avait un sens. Mais que penser de l'Année de la pomme de terre proclamée pour 2008?" Tel était le ton caustique d'un éditorial récent publié dans un quotidien canadien en ligne, qui rapportait que l'Année internationale IYP 2008 aboutirait à une "Déclaration des droits de la pomme de terre et autres tubulaires comestibles".
L'éditorialiste a révélé non seulement un manque de connaissances générales en botanique - la pomme de terre n'est pas un "tubulaire", mais un "tubercule"! - mais, surtout, qu'il n'avait aucune idée de sa place dans l'agriculture, l'économie et la sécurité alimentaire mondiale.
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Pomme de terre 2008
En proclamant 2008 l'Année internationale de la pomme de terre (IYP), l'Assemblée générale de l'ONU cherche à attirer l'attention du monde entier sur le rôle que la pomme de terre peut jouer dans la lutte contre la faim et la pauvreté. L'Assemblée générale a prié la FAO de faciliter la mise en oeuvre de l'Année, en collaboration avec les gouvernements, les organismes des Nations Unies, les centres du GCRAI et les ONG. Cest au Représentant Permanent du Pérou auprès de la FAO à Rome que nous devons l'idée de cette Année internationale. Visiter le site de
l'IYP 2008
En proclamant 2008 l'Année internationale de la pomme de terre (IYP), l'Assemblée générale de l'ONU cherche à attirer l'attention du monde entier sur le rôle que la pomme de terre peut jouer dans la lutte contre la faim et la pauvreté. L'Assemblée générale a prié la FAO de faciliter la mise en oeuvre de l'Année, en collaboration avec les gouvernements, les organismes des Nations Unies, les centres du GCRAI et les ONG. Cest au Représentant Permanent du Pérou auprès de la FAO à Rome que nous devons l'idée de cette Année internationale. Visiter le site de
l'IYP 2008
En proclamant 2008 l'Année internationale de la pomme de terre (IYP), l'Assemblée générale de l'ONU cherche à attirer l'attention du monde entier sur le rôle que la pomme de terre peut jouer dans la lutte contre la faim et la pauvreté. L'Assemblée générale a prié la FAO de faciliter la mise en oeuvre de l'Année, en collaboration avec les gouvernements, les organismes des Nations Unies, les centres du GCRAI et les ONG. Cest au Représentant Permanent du Pérou auprès de la FAO à Rome que nous devons l'idée de cette Année internationale. Visiter le site de
l'IYP 2008
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En termes de quantités récoltées, notre humble tubercule est, en réalité, la quatrième culture vivrière au monde - après le maïs, le blé et le riz - avec une production de plus de 323 millions de tonnes en 2005. Pour les 10 premiers pays producteurs, qui assurent les deux tiers de la production mondiale de pommes de terre (voir tableau ci-dessous), la valeur totale de la culture était estimée aux alentours de 40 milliards de dollars.
Les pommes de terre sont en outre indispensables à la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes vivant dans le monde en développement, où la consommation annuelle est passée de 10 kg par habitant au début des années 60 à environ 21kg. Si la production de pommes de terre a reculé en Europe, sa croissance est si forte dans les pays en développement- notamment en Chine et en Inde - que la production mondiale a quasiment doublé au cours des 20 dernières années. Depuis le début des années 60, selon la FAO, l'accroissement des superficies consacrée aux cultures de pommes de terre dans le monde en développement a dépassé celui de toutes les autres principales denrées vivrières, et d'ici 2020, la demande de pomme de terre devrait s'établir à deux fois celle de 1993.
Potentiel élevé. "Pour les populations à faible revenu des zones urbaines comme rurales, la pomme de terre est un véritable trésor enfoui", affirme Eric Kueneman, chef du Service des cultures et des herbages de la FAO, qui fera fonction d'unité chef de file de la FAO pour la mise en oeuvre de l'IYP 2008. "Elle pousse vite, est adaptable, a des rendements élevés et se contente de faibles quantités d'intrants. Les pommes de terre sont parfaitement adaptées aux sites qui abondent en terres et en main d'oeuvre, conditions qui caractérisent une grande partie du monde en développement.
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Production de pommes de terre, 2005 (en tonnes)
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1. Chine |
73,036,500 |
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2. Féd. de Russie |
36,400,000 |
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3. Inde |
25,000,000 |
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4. Ukraine |
19,480,000 |
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5. Etats-Unis |
19,111,030 |
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6. Allemagne |
11,157,500 |
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7. Pologne |
11,009,390 |
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8. Belarus |
8,185,000 |
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9. Pays-Bas |
6,835,985 |
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10. France |
6,347,000 |
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Source:
FAO/ESS |
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Elle détient en outre un potentiel considérable d'accroissement des rendements et de la productivité, en particulier dans certaines zones agricoles marginales inadaptées à d'autres cultures".
La pomme de terre (Solanum tuberosum) est née il y a environ 8 000 ans dans les zones tropicales de haute altitude des Andes, où des générations d'agriculteurs ont développé le nombre stupéfiant de 5 500 variétés. Arrivée en Europe grâce aux Espagnols au XVIème siècle, le tubercule s'est rapidement adapté aux conditions de végétation du nord, devenant un aliment de base à une époque de grande croissance démographique. De l'Europe, il gagne le reste du globe: aujourd'hui, les pommes de terre sont cultivées sur quelque 180 000 km2 de terres, du plateau du Yunnan en Chine aux plaines subtropicales de l'Inde, aux hauts plateaux équatoriaux de Java et aux steppes de l'Ukraine.
Si les pommes de terre sont considérées relativement pauvres en nutriments, elles sont riches en glucides, ce qui en fait une bonne source d'énergie. Elles ont la plus haute teneur en protéines de toute la famille des racines et tubercules (environ 2,1 pour cent en termes de poids frais), et de surcroît, de qualité relativement élevée, avec une combinaison d'acides aminés parfaitement adaptée aux besoins de l'homme. Elles sont également très riches en vitamine C - une pomme de terre de taille moyenne contient environ la moitié des apports quotidiens recommandés.
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Patrimoine génétique
Le Centre international de la pomme de terre (CIP) au Pérou détient les plus vastes collections mondiales de ressources génétiques du tubercule, dont 3 800 échantillons de pommes de terre traditionnelles cultivées dans les Andes et quelque 1 500 échantillons d'une centaine d'espèces sauvages apparentées. Puisant dans cette banque de diversité génétique, le CIP identifie de nouveaux gènes d'importance agronomique et aide à concevoir des outils pour orienter leur utilisation.
Plus sur le CIP...
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Dans des conditions tempérées et subtropicales, une culture irriguée d'environ 120 jours donne de 25 à 35 tonnes/ha de tubercules frais, tandis que, sous les tropiques, les agriculteurs peuvent récolter de 15 à 25 tonnes en l'espace de 90 jours. Dans les plaines du Bangladesh et de l'Inde orientale, la pomme de terre est devenue une culture commerciale d'hiver précieuse, alors qu'aux Philippines et en Indonésie, la production de pommes de terre aide à satisfaire la demande en rapide expansion des industries des snacks. En Afrique subsaharienne, la pomme de terre est devenue un aliment de prédilection dans les zones urbaines, et une importante denrée de base et de rente dans les zones de production des hautes terres de l'Afrique du Sud, du Cameroun, du Kenya, du Malawi, du Nigeria et du Rwanda.
D'après la FAO, "les questions de genre ont une importance particulière pour les cultures de pommes de terre". Le tubercule est généralement l'affaire des femmes en raison de leur rôle de premier ordre dans les systèmes de jardins familiaux et de la féminisation de l'agriculture. Dans de nombreux pays en développement, la production et la commercialisation des pommes de terre sont également du domaine des femmes dans les familles rurales. La valeur nutritive du tubercule et la facilité relative de production en ont fait également un élément important de l'agriculture urbaine en rapide expansion, qui garantit la sécurité alimentaire et l'emploi de 800 millions de personnes dans les pays en développement.
Stress biotiques. Avec une consommation de pommes de terre dans les pays en développement inférieure à un quart de celle de l'Europe et de l'Amérique du Nord, il existe une grande marge d'accroissement de la production et de la consommation. Cependant, met en garde la FAO, la hausse de la production exigera des améliorations de la qualité du matériel végétal, des systèmes de production exploitant mieux les ressources naturelles et réduisant les impacts négatifs sur l'environnement et, surtout, des tubercules ayant une plus grande résistance aux stress biotiques causés par les ravageurs et les maladies.
Le mildiou de la pomme de terre - causé par une moisissure aérienne, est la plus grave maladie de la pomme de terre à l'échelle mondiale. A l'échelle des pays en développement, la maladie touche 3 millions d'hectares de superficies, et les pertes de récolte sont estimées à 2,75 milliards de dollars par an. Les efforts de lutte contre le mildiou sont également onéreux - au nord de l'Équateur, les agriculteurs dépensent en moyenne 120 $ par hectare pour les fongicides, soit environ 10 pour cent de leurs coûts de production totaux.
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"Paradis de la pomme de terre"
Dans le district de Butha-Buthe au Lesotho, qui assure l'essentiel de la production céréalière du pays, un projet de la FAO est en train d'inciter les agriculteurs à se tourner vers la pommes de terre, compte tenu des baisses récentes et importantes de rendements de maïs, la principale culture du district. Selon les agronomes, les hauts plateaux et contreforts de Butha-Buthe sont parfaitement adaptés à la production de pommes de terre et pourraient devenir un "paradis pour les plants de pommes de terre" si les agriculteurs avaient accès à du matériel végétal exempt de maladies. Grâce aux financements de la FAO, les groupes d'agriculteurs locaux sont en train de constituer une parcelle de 10 hectares destinée à la production de 75 tonnes de plants de pomme de terre, qui seront vendues aux agriculteurs de Butha-Buthe et des districts voisins. |
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La menace du mildiou pour la sécurité alimentaire est tristement illustrée par les famines du milieu du XIXème siècle en Irlande, qui se nourrissait presque exclusivement de pommes de terre: le mildiou a dévasté la plus grande partie de la récolte, causant la mort d'un million de personnes et l'émigration de plusieurs autres millions. Les chercheurs du Centre international de la pomme de terre (CIP) sont en train de mettre au point des systèmes de lutte intégrée contre le mildiou qui utilisent des variétés dotées d'une résistance "stable et durable" à la maladie, en les associant aux Écoles pratiques d'agriculture qui testent et adaptent les différentes approches. Le CIP affirme que des mesures de lutte plus efficaces contre le mildiou permettraient d'engendrer des bénéfices annuels de 530 $ l'hectare.
Pendant ce temps, la FAO aide plusieurs pays en développement à accroître leur production de pommes de terre en éliminant les maladies et virus des "plants de pomme de terre" utilisés pour les cultures de chaque campagne. Au Tadjikistan, par exemple, la production de pommes de terre a chuté de plus de 50% durant les années 90 à cause du manque de matériel végétal local de bonne qualité et des virus introduits avec les tubercules d'importation. La FAO a détaché un expert international en culture des tissus pour aider le pays à mettre en place une production de plants de pomme de terre exempts de maladies, et à former des groupes de techniciens et d'agriculteurs aux techniques de multiplication.
Un autre projet récent en Syrie a élaboré des procédures pour la production de plants de pomme de terre exempts de virus, formé des agriculteurs à la multiplication et commercialisation des tubercules, et créé un mécanisme national pour la production d'antisérums contre les souches virales locales.
Résistance à la sécheresse. La recherche se penche sur d'autres problèmes clés liés à la production de pommes de terre, notamment le fait qu'elle exige des ressources en eau coûteuses et qui vont en s'amenuisant: les variétés modernes de pommes de terre ont besoin d'une irrigation fréquente et peu profonde. Afin de réduire les besoins en eau, les chercheurs sont en train de mettre au point des variétés avec des propriétés de résistance à la sécheresse et des systèmes radiculaires plus longs. Par ailleurs, la réduction des pertes après récolte permettra d'augmenter les disponibilités. Au Belize, un projet de la FAO en cours aide les coopératives agricoles à réduire les pertes à la fois des plants de pommes de terre stockés et des pommes de terre récoltées, qui s'élèvent à 20 pour cent par an. Le projet entend abaisser ces pertes à 3 pour cent en construisant, dans des sites stratégiques, des entrepôts de refroidissement revêtus en bambou, en guise de démonstration pour les agriculteurs.
Enfin, les cultures de pommes de terre dans certains pays en développement impliquent l'utilisation de produits agrochimiques dangereux. Dans les Andes, en particulier, la mauvaise utilisation des pesticides a porté à de nombreux décès et maladies parmi les travailleurs agricoles et leurs familles. Les sols denses des hautes terres absorbent de grandes quantités d'insecticides, qui pénètrent dans les cultures et qui, en ruisselant, vont contaminer les nappes phréatiques. La mise au point des variétés de plants de pommes de terre fiables et résistantes aux ravageurs et aux virus et la lutte intégrée contre les ennemis des cultures porteront des avantages appréciables à l'environnement en réduisant considérablement le recours aux produits chimiques.
Document publié en novembre 2006 par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Département de l'Agriculture et de la Protection des Consommateurs
Visiter le site de la FAO :
www.fa
o.org
Société
Rwanda: Les pygmées survivent grâce au commerce de poteries
Inter Press Service (Johannesburg):18/01/2008
Photo Leadership magazine
"Avec cet argent que j'ai gagné, je paierai le minerval (les frais de scolarité) de mon enfant, et j'achèterai de la nourriture pour ma famille et de quoi fabriquer d'autres poteries", déclare à IPS M'zée Tarigemana, un pygmée rwandais, assis à l'entrée du centre commercial des poteries, en train de palper quelques billets de francs rwandais.
"Il faut que je dégage assez d'argent pour acheter du bois et de l'argile pour refaire d'autres poteries et espérer gagner un peu plus prochainement", ajoute-t-il. Tarigemana habite le village Munzanga, dans le district de Kibuye, à environ 90 kilomètres à l'ouest de Kigali, la capitale rwandaise.
Selon Zéphyrin Kalimba, le directeur de la Communauté des potiers du Rwanda (COPORWA) -- qui anime le centre commercial des poteries --, on compte quelque 30.000 pygmées dans ce pays des Grands Lacs. "Plus de 90 pour cent sont des potiers. C'est grâce aux produits de poteries que nous survivons. En l'absence des forêts, notre communauté ne pratique pas la chasse et vit difficilement de la cueillette", explique Kalimba qui est lui-même un pygmée. La COPORWA est une organisation non gouvernementale (ONG) basée à Kigali.
Habituellement, les pygmées vont vendre leurs ouvrages au marché. Mais, ils éprouvent d'énormes difficultés lors des marchandages avec les autres populations rwandaises -- les Hutu et les Tutsi. "Ces poteries sont sous-payées au marché, vraiment à très bas prix, entre 100 et 500 francs rwandais (environ un dollar au plus)". Mais depuis que nous avons ouvert ce centre, les pygmées sont contents et viennent presque tous les jours", affirme Kalimba à IPS.
"C'est difficile de vendre pour 2.000 francs rwandais (environ quatre dollars) à chaque déplacement vers le marché. On se contente de quoi payer des habits et de la nourriture pour la famille. Le marché est très difficile, les Hutu et les Tutsi font de bonnes affaires par rapport à nous. Ils savent marchander", se plaint à IPS, Léonard Batomuliza, un potier pygmée de la vallée de Kacyiru, au centre de Kigali, rencontré au marché de Matewusi, au sud de la ville.
La COPORWA a créé en 2003 le centre commercial des poteries, où l'on découvre des oeuvres d'art d'excellente qualité et de grande inspiration, dans le quartier Rugunga, à Kigali. On y trouve des oeuvres à l'image de gorilles, de zèbres, d'éléphants ou de lions. Ces souvenirs rappellent une vie dans un environnement sauvage, devenu des parcs nationaux depuis 1973.
"Il y a ici des pots et vases faits en matière grésée. Nous les achetons à un prix qui satisfait les pygmées, par rapport à ce qu'ils gagnent au marché", affirme à IPS, Patrick Ritega, un gestionnaire du centre. "Ils viennent avec des modèles, et nous leur demandons de fabriquer davantage par rapport aux besoins de nos clients. Les pygmées sont libres, nous n'influençons pas leurs créations".
Dans un rapport d'enquête sur la pauvreté, menée par le ministère en charge des statistiques, publié en Kinyarwanda (la langue nationale rwandaise) en mars 2007, le gouvernement reconnaît de sérieux écarts entre les riches et les pauvres.
"Vraiment c'est déplorable de constater qu'une partie des Rwandais vivent dans de telles conditions, alors que le pays est tellement petit, et que nous vivons très serrés", déplore Joseph Habumukiza, conseiller en charge du développement des médias au ministère de l'Information.
Selon le Programme des Nations Unies pour le développement, 51,2 pour cent des Rwandais vivent en 2007 avec moins d'un dollar par jour. Ils étaient 58 pour cent en 2003.
L'enquête a été menée pour permettre au gouvernement d'assister les plus vulnérables, selon les autorités. Mais cette assistance ne touche pas encore toutes les populations concernées. "Nous ne recevons encore rien de ces aides. Nous sommes dans une profonde misère, il nous manque tout ici", se plaint à IPS Joas Gasizigua, chef du village pygmée Bwiza, dans le district de Kasobo, au sud-est de Kigali
L'avocat Laurent Ngongoli, membre de la Commission nationale des droits de l'Homme du Rwanda, confirme cette situation : "Pendant mes descentes dans les provinces, je constate que tout ce qui est promis en faveur des potiers ou des pygmées n'arrive pas sur terrain".
Mais, les potiers ne peuvent pas vivre pleinement de leurs ouvrages. Les poteries ne rapportent pas grand-chose et permettent juste aux artisans pygmées de survivre. "C'est grâce à certaines organisations internationales comme le Programme des peuples de la forêt que nous avons pu inscrire cette année plus de 150 enfants à l'école, 14 étudiants pygmées à l'Université (nationale du Rwanda, à Kigali). Mais c'est encore rien", souligne Kalimba. Ce programme est une ONG britannique basée à Londres.
allafrica.com
Economie
RWANDA :Une industrie pour produire des carreaux sera opérationnelle à la fin de 2008
Kigali 15/01/5/2008. Agence rwandaise d'information ( ARI )
Le Rwanda aura mis en place à Nkuli dans la province de l'Ouest vers la fin de cette année 2008 une industrie pour produire des carreaux à partir des pierres, et cette initiative coûtera $ 2,5 millions, selon le Ministre en charge de la Terre, des Mines et de l'Eau, Christophe Bazivamo.
« Le Gouvernement du Rwanda a décidé de mettre en place une industrie pour extraire des pierres et produire des carreaux qui seront utilisés dans la construction à l'intérieur du pays ou exportés dans les pays de la région ou sur d'autres marchés étrangers. Il le fera seul ou en partenariat avec le secteur privé dont il invite les membres à se faire inscrire pour s'associer au projet », a annoncé le Ministre Christophe Bazivamo.
Le Ministre des Mines a précisé que les machines de l'usine coûteront $ 1million, les machines pour extraire les pierres exigeront $ 1,2 million, tandis que le salaire des six Experts chinois qui assureront la maintenance des équipements et la formations des techniciens rwandais s'élèvera à $ 300 mille.
Les Experts chinois qui viennent de séjourner au Rwanda ont fait le tour du Rwanda et ont jugé que Nkuli dans le district Nyabihu dans la Province de l'Est dispose des pierres qui produiront des carreaux de très bonne qualité.
Bien plus, le site est doté de l'eau et de l'électricité dans sa proximité, deux atouts majeurs pour la mise en place d'une industrie.
Le deuxième site qui a été retenu est Nyagatare dans la province de l'Est. Les autres sites dont les pierres ont été appréciées sont Munanira à Kigoma dans l'actuel district de Nyanza dans la Province du Sud. L'île de Mbabara à Mushubati dans l'ex-Province de Kibuye qui produit la pierre de marbre a aussi attiré l'attention des Experts chinois.
Le Rwanda jugera de l'opportunité de construire d'autres usines à pierres. « L'essentiel est de commencer d'abord. Ce qui est sûr, c'est que notre pays dispose d'un bon nombre de potentialités, dont une grande quantité de pierres qui méritent d'être exploitées afin d'intégrer le revenu dans le programme de développement économique et de réduction de la pauvreté », a poursuivi le Ministre Christophe Bazivamo.
L'on doit rappeler que cette industrie à carreaux est le fruit du voyage en Chine du Président Paul Kagame qui a visité le site d'une industrie chinoise qui taille des pierres pour apprêter des carreaux.
Ensuite le Ministre Christophe Bazivamo s'est rendu lui-même en Chine pour s'inspirer d'une expérience qui permettrait de créer une industrie rwandaise des pierres. C'est dans ce cadre que des Experts chinois viennent de séjourner au Rwanda.
Ils ont donné de riches conseils qui ont guidé le Gouvernement rwandais à mettre en place cette industrie.
Selon l'Office rwandais de Géologie, le Gouvernement rwandais a prévu que le secteur minier rapportera $ 60 millions pour l'année 2007.
Le Girecteur Général de l'Office rwandais de Géologie, le Dr. Biryabarema Michael, a fait savoir que la cassitérite, le coltan, le wolfram et l'or sont les principaux minerais qui sont exportés par le Rwanda.
Les trois premiers, c'est-à-dire la cassitérite, le coltan et le wolfram sont les matières précieuses qui génèrent des revenus substantiels au niveau du secteur minier. Ce qui n'est pas le cas pour l'or.
A titre d'exemple pour l'année 2007, jusqu'au mois de septembre, la commercialisation de l'or n'a rapporté au trésor public que 300.000 dollars. Les pays importateurs des minerais du Rwanda se trouvent essentiellement en Europe et aux Etats-Unis.
Le Wolfram est acheté par une société australienne qui le transforme avant de l'acheminer dans d'autres pays.
allafrica.com
Economie
RWANDA:Les 128 banques populaires se sont transformées en une seule banque
Kigali 11/01/2008.Agence rwandaise d'information ( ARI )
Les 128 banques d'épargne et de crédit (COOPEC) et banques populaires se sont transformées à partir de ce 05 janvier 2008 en une seule et même Banque Populaire du Rwanda S.A, selon Rusiha Gaston, Vice-Président de cette institution lors d'une conférence de presse, a établi l'Agence Rwandaise d'Information (ARI).
« Les nouvelles lois en vigueur qui régissent les institutions bancaires et financières du Rwanda autorisent les Coopératives d'Epargne et de Crédit (COOPEC) et les Banques Populaires d'exercer au bénéfice des populations des activités d'épargne et de crédit. Les autres activités sont exécutées par les banques commerciales. Ceci oblige les membres qui ont connu des progrès grâce aux services de la Banque Populaire à quitter à cette institution pour travailler avec les banques commerciales afin de bénéficier des services que la Banque Populaire ne peut pas fournir », a dit Rusiha Gaston.
Ce handicap a amené les 128 Coopec et Banques Populaires à se doter d'une nouvelle vision pour fonctionner comme une banque commerciale tout en demeurant une coopérative proche de la population.
« La nouvelle Banque Populaire S.A. délivrera tous les services fournis par une banque commerciale dans le milieu rural et urbain. Les clients prioritaires restent les agri-éleveurs, les opérateurs économiques, les investisseurs dans le secteur agricole, le secteur privé, ainsi que les petites et moyennes entreprises. La Banque Populaire S.A. demeure le moteur du développement et de la transformation économique dans le but d'accélérer la croissance », a ajouté le Directeur Général de la Banque Populaire, Bernard Itangishaka.
Bernard Itangishaka a informé que les 630 membres des Coopec et des Banques Populaires jusqu'au 31 juillet deviennent les actionnaires et fondateurs de la Banque Populaire S.A. Les fonds qu'ils ont épargnés dans cette institution se transforment en actions. Et une action vaut 500 Frw, soit un pe plus d'un dollar$. Ce changement a l'avantage de permettre à tous les actionnaires d'avoir droit aux dividendes, c-à-d au partage des bénéfices réalisés par la banque.
Bernard Itangishaka a précisé que l'ensemble des actifs de la Banque Populaire S.A. sont estimés à 75 milliards Frw ($136,4 millions) Tandis que ses fonds propres constituent un capital de dix milliards Frw ($18,18 millions). Les fonds que la banque a octroyés à titre de crédits sont chiffrés à 65 milliards Frw ($118,2 millions) au 31 décembre 2007. Les fonds gardés à la banque sont évalués à 56 milliards Frw ($101,8). Les crédits octroyés aident la population à éradiquer la pauvreté.
Il est à noter qu'une banque hollandaise, Rabobank, a investi dans la Banque Populaire S.A. pour 35% du capital, et qu'elle va contribuer à renforcer les capacités au niveau du fonctionnement et du personnel del'institution. Aucun agent ne sera renvoyé avec la nouvelle restructuration, sauf en cas d'infraction grave.
-Damascène Sebera, membre du Conseil d'Administration de la Banque Populaire du Rwanda S.A. a souligné que la nouvelle restructuration a visé l'intérêt du membre.
« Dorénavant, le client peut retirer ou épargner de l'argent à l'intérieur du pays et à n'importe quel guichet de la Banque Populaire du Rwanda S.A. désormais dotée d'un système informatisé. Bien plus, cette banque est en mesure d'opérer des transferts à l'étranger et d'utiliser les cartes bancaires. La banque n'a donc pas été dissoute. Elle reste une banque du peuple et toujours proche du peuple », a-t-il dit.
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Kinshasa, 19/03/2008 / Politique
En dressant une liste de plus de 6.000 prétendus génocidaires qui seraient sur le territoire congolais, le Rwanda veut dire clairement qu’il ne veut pas du rapatriement de ses citoyens.
L’autre source de blocage vient du fait qu’en dressant une liste de près de la totalité d’hommes valides que comptent les Fdlr, Kigali endigue les efforts de Kinshasa en faveur du rapatriement volontaire. C’est en préparation de ce blocage que Kigali a toujours exagéré le nombre des Fdlr en avançant le chiffre de quatorze mille hommes; Qu’à cela ne tienne, sur quatorze mille hommes, il y a des femmes et des enfants. II suffit de faire la soustraction pour comprendre que pour Kigali, tout ce qui reste est génocidaire. La conséquence est que Kigali ne voudra pas les recevoir. Le gouvernement congolais devra les amener ailleurs ou traduire en justice la presque totalité des Fdlr.
Lorsqu’on sait qu’il y a des femmes et des enfants qui n’accepteront pas de rentrer sans leurs pères géniteurs accusés de génocidaires, le refus de rapatriement se précise. Le langage de Kigali est clair. Il ne veut pas des réfugiés Hutu de retour au Rwanda. Les raisons de cette aversion sont facilement imaginables. Paul Kagame n’a aucune intention d’appliquer la politique d’introduire ce qu’il considère comme un ver dans le fruit. Si un noyau. solide des Hutu rentre au Rwanda, il va de soi qu’il se constituera un groupe politique solide capable de sortir Kigali du silence de cimetière où vivent les politiciens. Cela poussera Kigali à réprimer et finalement à exacerber la communauté internationale qui, aujourd’hui, caresse le Rwanda dans le sens des poils.
Rien n’est définitif dans ce monde. Des exemples démontrent que la communauté internationale change vite. Elle avait appliqué pendant des années la politique de compréhension vis-à-vis de l’apartheid. Mais, elle ne pouvait aller plus loin devant les injustices de cette politique. Elle a fait pression et finalement elle a participé à l’abolition de cette politique.
Tant que les Fdlr seront sur le territoire congolais, ce pays n’aura pas la paix dans sa partie orientale. C’est pourquoi, on ne peut pas résoudre l’équation Nkundabatware sans trouver une solution à la présence des Fdlr. Le chef de Cndp ne fait pas mystère à ce sujet. Il a pris les armes pour chasser les Fdlr. S’il s’en prend au gouvernement, c’est parce que ce dernier serait incapable de rapatrier ces génocidaire rwandais. Communauté internationale tend malheusement une oreille attentive à cette revendication du Cndp. Le Conseil de sécurité, croyant toujours qu’il suffisait de demander pour que les Fdlr s’exécutent, a pris la résolution 1804. Elle demande aux Fdlr de déposer les armes, de se mettre à la disposition du gouvernement congolais et de la Monuc pour leur rapatriement. La réponse des Fdlr est niet. Que va faire le Conseil de sécurité ? Se taire ? Qui dit qu’il suffirait au gouvernement congolais d’oser afin de réussir là où le Conseil de sécurité de l’Onu échoue ?
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Amnesty International dénonce un trafic d'armes à destination du Rwanda et du RCD-Goma
Kinshasa, 15/03/2008 / Politique

Le rôle de Victor Bout et de ses associés dans le processus de trafic d’armes à déstination de l’Afrique centrale était celui d’armer les deux parties, l’Ouganda et ses alliés d’une part et le Rwanda et le RCD-Goma de l’autre.
Les activités de l’homme d’affaires russe Victor Vasilevitchi Bout et de ses associés ont permis de faire la lumière sur le processus de trafics d’armes à destination de l’Afrique centrale. Bout a joué un rôle dans l’armement de membres de l’alliance gouvernementale de la RD Congo, ainsi que de divers groupes d’opposition armés soutenus par le Rwanda et l’Ouganda.
Depuis le début des années 90, il supervise le déploiement d’un réseau complexe de plus de 50 avions, plusieurs compagnies aériennes et autres sociétés de transport de fret opérant dans de nombreuses parties du monde. Il a fait l’objet d’enquêtes de la part des services de police et des Nations unies, qui le soupçonnent d’être impliqué dans des activités violant les sanctions en Afrique sub-saharienne.
Des responsables des Nations unies ont accusé Victor Bout d’utiliser les Emirats arabes unis comme base permanente et d’employer toute une gamme de paillions de complaisance et d’arrangements de sous-traitance pour ses avions, afin de faciliter le trafic illicite d’armes et de diamants, en particulier en Afrique.
Les avions de Victor Bout auraient servi à exporter du coltan et de la cassitérite hors de RD-Congo, à transporter des fournitures sur des sites d’exploitation minière en RD Congo, et à acheminer des troupes et du matériel militaire. Néanmoins, Bout n’a jamais fait l’objet de poursuites pour trafic d’armes, en raison du vide juridique qui existe dans la plupart des pays, où les activités relatives au courtage et au transport d’armes ne sont pas régies par la loi.
Fourniture d’armes à l’Ouganda et ses alliés
Après avoir été contraint de quitter l’Afrique du Sud pour avoir fourni des armes au mouvement d’opposition angolais UNITA, Victor Bout était en 1999 – selon certaines sources – instructeur en chef d’une équipe de formateurs de pilotes israéliens pour l’armée de l’air ougandaise. Dans son rapport final, publié en novembre 2002, la Commission Porter indiquait que 97 vols avaient quitté Entebbe à destination de la RD-Congo entre 1998 et 2002, dont des avions appartenant à Victor Bout, qui était décrit comme un criminel international.
Le journaliste belge Dirk Draulans a eu le rare privilège de rencontrer Bout en 2001, lorsque celui-ci travaillait avec Jean-Pierre Bemba, le leader du Mouvement pour la libération du Congo. Lors de cette rencontre, le journaliste a vu deux avions de Victor Bout – immatriculés 9T-ALC et MLC –, tous deux inconnus des autorités internationales de l’aviation. Un chercheur belge a pu certifier que ces avions avaient fait le trajet entre l’Ouganda et la RD Congo jusqu’au moins novembre 2001. Un courrier des UPDF daté du 11 janvier 2001 demandait l’envoi de 600 fusils slovaques à la province d’Ituri, dans le Nord-Est de la RD Congo. Cette demande a coïncidé avec un épisode particulièrement violent du conflit en RD-Congo.
Fourniture d’armes au Rwanda et au RCD-Goma
Le rapport des Nations unies sur l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RD Congo daté d’avril 2001 indiquait que, selon plusieurs sources, Victor Bout avait été en contact avec James Kabarebe, chef d’état-major de l’Armée patriotique rwandaise. Les deux hommes auraient discuté de la location d’un appareil Iliouchine 76 utilisé pour transporter du coltan congolais vers Kigali.
En février 2002, Sanjivan Ruprah a été arrêté en Belgique pour faux et usage de faux passeport. Selon son avocat en Belgique, il essayait de vendre des diamants à Anvers pour le compte du président rwandais Paul Kagame. Un communiqué de presse de cet avocat indiquait que le président du Rwanda devait encore à Victor Bout plusieurs millions de dollars. Les fonctionnaires des Nations unies enquêtant sur le trafic d’armes opéré par Victor Bout ont également découvert un transfert d’argent entre le ministère de la Défense rwandais et San Air.
En février 2002, les autorités belges ont délivré un mandat d’arrêt international à l’encontre de Victor Bout pour blanchiment d’argent, mais les autorités de Russie, où résidait l’intéressé, ont refusé de l’arrêter.
En octobre 2002, le Groupe d’experts des Nations unies sur la RD Congo indiquait que les avions de Victor Bout étaient utilisés dans l’Est de la RD Congo à diverses fins.
(Yes)
Extrait du rapport d’Amnesty International intitulé « Les flux d’armes à destination de l’Est de la RDC » et daté le 5 juillet 2005
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Somalie: Attentat suicide contre le contingent burundais
9 avril 2008
"Nous sommes désolés d'annoncer que le soldat blessé dans l'attentat-suicide le mardi est mort de ses blessures", a déclaré le capitaine Cimana Clément un porte-parole de la force de l'Union africaine (UA) de maintien de la paix du contingent Burundais. Ainsi a été la première perte d'un soldat Burundais en Somalie.
Cimana parlant à l'AFP a aussi indiqué qu'un autre soldat a été également blessé dans l'attaque, l'une des plus graves contre la force de l'UA en Somalie à ce jour.
Le conducteur de la voiture employé pour l'attentat-suicide a forcé une position de l'union Africaine qui contenait les logements des forces de maintien de la paix Burundais.
Plusieurs autres attaques ont secoué Mogadiscio tôt mercredi, dont un avait pour cible un convoi militaire burundais en direction de l'aéroport. Les rebelles islamistes ont revendiqué l'attentat.
Une communication des islamistes qui était envoyée à la rédaction de Burundi Réalités déjà depuis l'été passé avertissait les Burundais de ne pas se rendre en Somalie. Des critiques s'étaient aussi manifestées contre cette mission du Burundi en Somalie sur base qu'il n'y avait pas de paix à garder. Le Burundi n'avait même pas de matériel ou équipement pour cette mission. C'est la France et les États-Unis qui ont donné au Burundi les moyens de cette mission.
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5 Mai 2008
Rwanda, notre Mai 1968


Général major Juvénal Habyarimana et le président Grégoire Kayibanda le 1er avril 1970
Libération des moeurs, année hippie, mai 1968 ne s'est pas arrêtée à Nanterre ni à la Sorbonne avec Cohn Bendit et ses camarades entrain de renverser les voitures, ni aux Etats Unis avec les anti-guerre au Vietnam ou la consommation des stupéfiants sous les rythmes endiablés de Bob Dylan. Au Rwanda le nord et le sud se déchiraient. Le congrés du MDR Parmehutu qui s'est tenu à Gitarama s'est transformé en guerre de tranchée provoquant le départ fracassant des ténors du nord. Retour sur ces événements dont l'onde de choc a pesé très lourd sur la politique du pays. Les séquelles se font sentir même aujourd'hui car ce fut le début du régionalisme au Rwanda. Malheureusement les mêmes erreurs provoquent les mêmes effets et les Rwandais semblent n'avoir rien compris.
Pourtant tout avait commencé dans un climat bon enfant. Les délégués venus des quatre coins du pays furent acceuillis par le secrétaire général du parti, Calliope Mulindahabi, dont le mandat touchait à sa fin. L'ordre du jour était l'adoption du programme du parti pour la future législature, l'élection du nouveau secrétaire général du parti, et dans la rubrique divers, la motion de censure du gouvernement après le rapport de la commission parlementaire sur le mécontentement du pays.
Pour le premier point, le programme du parti fut adopté à l'unanimité. Quant au deuxième point concernant l'élection du nouveau secrétaire du parti, la tension est montée d'un cran. Les leaders du nord (Byumba, Gisenyi et Ruhengeri) revendiquent le poste et présentent Lazare Mpakaniye de Ruhengeri comme candidat. En effet, un accord tacite prévoyait que tant que le président du parti sera du sud, le secrétaire général viendrait du nord. Cet accord n'avait pas été respecté car le président et le secrétaire général étaient tous les deux du sud et de la même préfecture Gitarama (Grégoire Kayibanda et Calliope Mulindahabi). Le sud opte pour la continuité et présente Calliope Mulindahabi, le secrétaire sortant et ministre de la défense, comme leur candidat.
Le nord gagne et Lazare Mpakaniye devient le nouveau secrétaire du parti. Mais cette élection laissa des traces et la discussion sur la motion de censure fut tendue. Des ministres du sud étaient particulièrement visés dans le rapport de la commission parlementaire qui demandait leur démission. Le plus visé était le ministre de l'éducation nationale, Gaspard Harerimana, de la commune de Taba, préfecture de Gitarama. Le parlement était divisé sur la question. Les députés du nord était pour la censure et le départ du gouvernement des ministres concernés, ceux du sud se sont prononcés contre. La motion de censure fut rejetée, ce qui provoqua la colère de Barthazar Bicamumpaka. Il fut limogé du gouvernement du poste de ministre de l'agriculture. Il fut remplacé par Damien Nkezabera de Kigali. Bicamumpaka fut nommé président de l'assemblée nationale mais ne fut pas calmé pour autant. Il céda finalement sa place à un autre nordiste mais fidèle du président Kayibanda, Thaddée Bagaragaza, marié à une femme du sud.
Après échec au poste de secrétaire général du parti, Calliope Mulindahabi perd également son poste de ministre de la défense. Il restera simple député et mécontent. Il fut remplacé à la défense par Juvénal Habyarimana qui venait de passer du grade de lieutenant à celui de colonel. Des changements furent opérés au niveau des responsables du parti dans toutes les préfectures. Des fidèles du président furent nommés aux postes-clés, ce qui accentua les tensions au sein du parti. Les nominations de hauts responsables de l'état étaient systématiquement dénoncées par les nordistes alors que le nouveau ministre de la défense réorganisait son armée en nommant des militaires du nord aux postes de commandement. Quatre-vingt-dix pourcent des militaires venaient du nord, car le président Kayibanda voulait une armée des Bakiga qu'il considérait comme une" race hutu pure" pour garder la république. Son dérapage verbal " un chien rassasié ne garde pas la maison" en dit long. Paul Kagame a repris cette image de maison lors de son meeting au stade de Nyamirambo en ces termes: " Nous avons construit notre maison en commençant par la fondation, puis l'élevation des murs, le toit, la peinture et la décoration, et maintenant d'autres voudraient l'inaugurer à notre place. Nous ne pouvons pas l'accepter. Mais nous allons les héberger si ils nous le demandent." Ils parlaient de son challenger Faustin Twagiramungu.
Après le départ des leaders du nord menés par Balthazar Bicamumpaka et Otto Rusingizandekwe, les petites phrases assassines n'ont cessé d'être lancées de part et d'autre. Les nordistes juraient de revenir pour chasser les démagogues du sud. Quant aux sudistes, ils prétendaient que les nordistes étaient incapables de diriger le pays. La situation politique se dégrada progressivement dans le pays jusqu'au coup d'état 5 juillet 1973 et la mise en demeure du MDR. Les nordistes s'emparent du pouvoir et fondent le MRND le 5 juillet 1975 dont on connait la fin tragique. Des dignitaires du sud furent arrêtés et tués dans la prison de Ruhengeri pour la plupart dans une impunité totale. Kayibanda fut emprisonné à Rwerere puis jugé devant un tribunal militaire à Ruhengeri dirigé par le major Ntibitura, un des membres du comité pour la paix et l'unité nationale qui avait pris le pouvoir. Il mourut chez-lui à Kavumu en résidence surveillée le 16 décembre 1976. Il n'aura pas droit aux funérailles nationales ni à une annonce nécrologique sur les antennes de Radio Rwanda.
La tentative de relance du MDR en 1991 s'est heurtée aux vieux démons soixante-huitards qui rôdaient encore. MDR et/ou Parmehutu canal historique pour l'appellation, Gitarama et/ou Ruhengeri pour la direction, MDR ou MDR Power pour la propagande, l'équation est devenue insoluble. Le MDR nouvelle formule fut utilisé par le FPR pour anéantir le MRND avant d'être enterré à son tour pour de bon. L'acte de décès fut signé par le FPR, une victoire psychologique.
Par manque d'opposition, le MDR s'est auto-suicidé en trouvant des opposants dans son propre camp. Son successeur, le MRND ne voulait pas d'opposants et en a fabriqué involontairement pour son auto-destruction. Le FPR qui ne veut pas dialoguer avec ses opposants, subira-t-il le même sort que ses prédécesseurs? Décidément qu'on soit Hutu ou Tutsi, le mot opposition reste un sujet tabou.
A M
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18 Avril 2008
Un ministre rwandais qui aurait honte de son ethnie
Selon la presse canadienne le ministre rwandais de la culture et des sports, Joseph Habineza, pourrait se voir refuser l'accès au Canada s'il n'indique pas son ethnie hutue ou tutsie sur sa demande de visa, comme l'exige le ministère canadien des affaires étrangères pour les ressortissants rwandais.Le ministre rwandais juge cette demande "insultante". Cette directive canadienne sur la
déclaration obligatoire de l'origine ethnique a par ailleurs fait la une du "New Times", le journal rwandais anglophone très proche du régime, dans son numéro du jeudi 17 avril 2008.Monsieur Habineza aurait-il honte d'être né Hutu ou nie l'existence des ethnies au Rwanda comme certains idéologues du FPR qui sont entrain de réecrire l'histoire du pays?
Qui est Joseph Habineza?
Ministre des sports et de la culture du gouvernement formé le 8 mars dernier, il est né à Kayenzi dans la préfecture de Gitarama.Son père, un Hutu, fut pendant longtemps secrétaire général de l'église protestante au Rwanda (EPR).Le clergé de l'EPR était majoritairement hutu alors que celui de l'église catholique était plutôt tutsi.Après l'école primaire EPA de Gitega à Kigali, il a poursuivi ses études secondaires à l'institut Saint Fidèle de Gisenyi puis à l'Université de Montpellier en France où il a obtenu un diplôme d'informaticien en 1988.Après son retour au pays, il fut recruté à la Bralirwa (Brasserie et limonaderie du Rwanda), filiale de la firme néerlandaise Heineken, comme Analyste programmeur avant d'être nommé au poste de chef du département informatique en 1991.En 1994,il était à l'étranger pour étudier un projet de restructuration du service TIC en Afrique pour le compte de Heineken,auprès de Bralima en RDC, Brarudi au Burundi et Bralirwa au Rwanda.Il fut nommé Directeur général de la Bralirwa le 26 août 2004 avant d'être nommé un mois après ministre de la jeunesse, des sports et de la culture.Lors du dernier remaniement, il a perdu la jeunesse mais garde les sports et la culture.
Révisionniste de l'histoire du Rwanda
En ouvrant le colloque sur la révision de l'histoire du Rwanda tenue à Kigali le 10 avril 2008 devant soixante jeunes délégués choisis dans les trente districts à raison de deux par district et les représentants des Clubs de l'Identité Africaine et Rwandaise implantés dans les écoles secondaires pilotes du pays ainsi que des professeurs encadreurs, le Ministre de la Culture a déclaré « Nous devons être fiers de notre identité d'africains enracinés dans les croyances de nos pères qui adoraient leur Dieu « Imana », le Tout-Puissant ».
Dans ce même colloque, monsieur Salama Jean-Marie-Vianney, membre du Conseil National des Sages
et organisateur de la conférence, a déclaré devant le ministre de la culture,
« Nous partons des preuves évidentes que le génocide a débuté en 1959. Nous remontons à notre histoire en privilégiant le projet d'unité et de réconciliation des rwandais, toujours en rapport avec l'apport précieux de notre identité africaine et rwandaise ».
L'Afrique compte des milliers d'ethnies et de tribus que les Africains respectent et qui co-habitent harmonieusement chacun gardant son identité.Chaque Rwandais doit être fier de son identité et ne devrait pas avoir honte de la décliner.En revanche, se servir de l'ethnie pour écraser l'autre devrait être considéré comme un délit passible de sanctions.Malheureusement hier c'était les Tutsis, aujourd'hui ce sont les Hutus qui sont relégués au statut de citoyens de seconde zone.
Par opportunisme ou pour se faire remarquer, Joseph Habineza s'en prend régulièrement aux Hutus et à Paul Rusesabagina en particulier, un Hutu comme lui originaire de la même préfecture de Gitarama.Il le traite de négationniste, de révisionniste et de "véhiculateur" de l'idéologie génocidaire du Parmehutu (Rwanda:Rusesabagina Represents Parmehutu genocide Views,témoignage en Anglais rapporté par l'Agence Rwandaise d'Information (ARI).Article à lire dans la rubrique Votre Courrier sur notre site).Cet excès de zèle peut se retourner contre lui.Il devrait se souvenir des déclarations de l'ex-président du Rwanda Pasteur Bizimungu et de l'ancien ministre des affaires etrangères, Anastase Gasana, qui niaient la présence des troupes de l'APR lors de la conquête de la RDC par Laurent-Désiré Kabila.Le vice-président de l'époque et ministre de la défense, un certain Paul Kagame, a dû intervenir pour les désavouer et confirmer la présence de ses troupes sur le sol congolais.On connait le sort réservé à ses Hutus de service "hyperzélés".
Quant à ceux qui tentent de réecrire l'histoire du Rwanda, ils devraient faire très attention.En niant l'existence d'ethnies au Rwanda, comment peuvent-ils continuer de parler de génocide des Tutsis?Contrairement aux idées véhiculées par les "négationnistes " de l'existence d'ethnies au Rwanda, Hutu, Tutsi et Twa faisaient partie du vocabulaire rwandais avant l'arrivée des colonisateurs.Les Belges n'y sont pour rien.Il faut rappeler que c'est la cour du roi qui a demandé aux Belges en 1931 de faire des cartes d'identité avec mention ethnique pour mieux contrôler l'ascension des Hutus qui profitaient de l'évangélisation du pays pour s'instruire car l'accès aux écoles publiques leur était interdit.
A M.
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7 avril 2008
LE GOUVERNEMENT RWANDAIS MASSACRE 466 PRISONNIERS
Kigali, Rwanda, le 21 mars 2008 (Grands Lacs Confidentiel) –
Le gouvernement rwandais de Paul Kagame a massacré 466 prisonniers de l'élite Hutu qui étaient dans la prison appelée familièrement au Rwanda « Prison 1930 ».Ces prisonniers ont été soigneusement sélectionnés sur base de leur ethnie, leur niveau d'études et leurs responsabilités dans le gouvernement Habyarimana. Parmi eux figuraient un major, quatre capitaines, huit lieutenants ainsi que plusieurs autres personnalités de l'ancien régime du président Habyarimana.
La délégation qui est venue chercher ces prisonniers hutus était composée des officiers suivants du gouvernement rwandais : le général Jacques Musemakweli, le colonel Robert Lambert, le général Rose Kabuye (chargé de la sécurité) et James Kabarebe, chef d'état-major de l'armée. Ils sont venus à la prison vers 19h30 locales, alors que la nuit commençait à tomber sur Kigali.Ensuite on a fait sortir de la prison quatre cents soixante-dix prisonniers sous le faux prétexte de les déménager dans une des deux
nouvelles prisons que le gouvernement rwandais a récemment construites et qui peuvent contenir respectivement 7000 et 4000 prisonniers. Vers 20h00, ils ont été mis dans des camions et conduits dans la province de Kibungo, province située au Sud-Est de Kigali et voisine de la Tanzanie et du Burundi.
C'est dans un endroit qui avait été bien choisi d'avance et où les attendaient des militaires gouvernementaux que les prisonniers sont descendus des camions et ont été regroupés. Lorsque le carnage a commencé quatre de ces prisonniers se sont miraculeusement échappés et au moment où Grands-Lacs Confidentiel met ce communiqué sous presse, ils seraient dans un endroit relativement sécuritaire.
Les corps des 466 prisonniers hutus ont été jetés dans des fosses communes. Le gouvernement rwandais a déployé des troupes importantes pour boucler les villages des environs du lieu de carnage pour effectuer des fouilles minutieuses dans toutes les maisons afin de dénicher les quatre disparus.
Grands-Lacs Confidentiel lance un appel pressant à Amnesty International, Human Rights Watch et d'autres organisations internationales des droits humains; d'enquêter sur ces massacres perpétrés dans un silence absolu, d'obtenir tous les détails et d'en faire des rapports qui exposeront ces tueries devant la justice internationale.
Mandats d’arrêt de l’Espagne contre des militaires rwandai
s
par Robin Philpot

À la suite de l’Audience nationale entamée en 2005, la Justice espagnole vient de lancer 40 mandats d’arrêt contre des militaires rwandais proches de Paul Kagame, président du Rwanda et chef depuis 1990 du Front patriotique rwandais et de l’Armée patriotique rwandaise.
Parmi les nombreux crimes identifiés et détaillés, le Juge a obtenu diverses preuves testimoniales et documentaires pour inculper le général de brigade Karenzi Karake pour le meurtre du prêtre Guy Pinard le 2 février 1997 (Juzgado Central de Instruccion No. 4, Audienca National, p. 111,).
Selon l’ordonnance, Karenzi Karake, à titre de Chef de la Directorate Military Intelligence, a été informé et a approuvé les massacres de la population civile jusqu’en mars 1997, y compris le meurtre de 4 observateurs de l’ONU le 11 janvier 1997, le meurtre de trois coopérants espagnols de Médecins du Monde le 18 janvier 1997 et le « meurtre du prêtre Guy Pinard le 2 février 1997, à Kampanga. »
(Il est à noter que, malgré une opposition vive, le général Karenzi Karake a été nommé commandant second des forces de paix au Darfour en 2007.)
Il s’agit d’une grande nouvelle. C’est la première fois que la Justice de quel que pays que ce soit enquête sur l’assassinat crapuleux de Père Guy Pinard pendant qu’il célébrait la messe devant un grand nombre de témoins il y a 11 ans. Onze ans pendant lesquels le Canada n’a strictement rien fait.
Le Père Guy Pinard, originaire de Shawinigan et ancien camarade de classe de Jean Chrétien, vivait au Rwanda depuis 35 ans.
Quand il a été assassiné, le premier ministre Chrétien et son ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy ont déclaré que le Canada exigerait que les auteurs de ce meurtre soient traduits en justice.
Mais quelques mois plus tard, le Canada avait déjà oublié le décès du Père Pinard.
Dix ans après, en juin 1997, le porte-parole des Affaires étrangères, Réjean Beaulieu a déclaré : « À notre connaissance, le Rwanda ne nous a jamais fourni de rapports ou d’explications au sujet de l’assassinat du père Pinard. À notre connaissance, le Rwanda n’a jamais traduit qui que ce soit en justice. »
Et qu’est-ce que les Affaires étrangères ont fait? Ils ont « relancé leur bureau à Kigali. »
Outre le père Pinard, l’ordonnance de la Justice espagnole a identifié les assassins du père Claude Simard, tué par des agents du FPR le 17 octobre 1994.
L’heure est maintenant venue pour le Québec et le Canada d’exiger que justice soit faite dans le cas du Père Guy Pinard, mais aussi dans les cas des autres Québécois morts au Rwanda dans des circonstances mystérieuses, dont le père Claude Simard, le père François Cardinal, et Mme Hélène Pinske.
Écoutez l’entrevue avec l’avocat catalan Jordi Palou-Loverdos du Forum-Vérité qui est à l’origine de la plainte ayant abouti à ces mandats : lundi 11 février, 13 h 30, à l’Effet versant, à CIBL, 101,5, www.cibl1015.com .
Robin Philpot est l’auteur de Rwanda : crimes, mensonges et étouffement de la vérité (Les Intouchables 2007).
© Copyright Robin Philpot, L'aut'journal.info, 2008
RWANDA: Les députés demandent au gouvernement de poursuivre un juge espagnol
KIGALI, 05/03 - Les députés rwandais ont demandé mardi au gouvernement de poursuivre pour "négation du génocide" le juge espagnol Fernando Andreu Merelles qui a lancé en février des mandats d`arrêts contre 40 militaires rwandais en les accusant notamment de génocide et terrorisme.
"Les députés ont demandé au gouvernement (rwandais) de poursuivre le juge espagnol pour négation du génocide (de 1994) qui a pourtant été reconnu par les Nations unies", a rapporté mercredi Radio Rwanda, organe officiel gouvernemental.
"C`est une recommandation que les députés ont faite après un débat (mardi) sur le dossier du juge espagnol", a précisé à l`AFP le premier vice-président de la chambre des députés, Denis Polisi.
Lors de ce débat, le ministre de la Justice rwandais, Tharcisse Karugarama, "a indiqué que ces mandats ne devraient en aucune façon inquiéter la population rwandaise parce qu`ils ont été émis en violation de la loi", a rapporté la radio.
"Le ministre a indiqué que le juge espagnol est manipulé par les auteurs du génocide et d`autres qui les soutiennent", selon Radio Rwanda.
Le juge de l`Audience nationale, principale instance pénale espagnole, Fernando Andreu Merelles, a annoncé le 6 février avoir émis des mandats d`arrêt contre 40 militaires de l`actuel régime rwandais, dont onze officiers, poursuivis pour "génocide, crime contre l`humanité et terrorisme" dans les années 90.
http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=600280
KAGAME ET SES 40 VOLEURS(dixit F. REYNTJENS)
par Luc De Timmermann
Bruxelles,25 février 2008
Mesdames, Messieurs de la Presse ,
Mesdames,Messieurs les Politiciens et Diplomates,
Mesdames, Messieurs les Magistats compétents,
Je me permets d'attirer votre attention particulière sur un témoignage
(TAP-007) qui fait partie de l'acte d'inculpation par le Tribunal Central d
Instruction N° 4 de la Cour Nationale , Administration de la Justice du
Royaume d'Espagne en date du 6 février 2008 qui met en cause directement le
Président actuel du Rwanda et ses proches collaborateurs pour les crimes
commis dans ce pays depuis 1990
Ce témoignage circonscrit en 2 pages l'essentiel des explications qu'on peut
donner aux massacres interraciaux qui ont eu lieu au Rwanda entre le 1
janvier et le 31 décembre 1994, la période que le statut du Tribunal Pénal
International pour le Rwanda a décrété comme la période « criminelle » au
Rwanda qui, et une fois mis en place, a justifié, après des investigations
supposées « objectives » de différents Procureurs, la poursuite des
responsables militaires, politiques, économiques et religieux du Rwanda de l'
ethnie HUTU (à l'exception d'un inculpé italo-belge, « journaliste » qui a
plaidé coupable).
Je vous invite à découvrir ce témoignage avec moi :
4. [p.59] Le témoin TAP-007, militaire de profession
appartenant à l'ethnie Hutu, réfugié en Ouganda en l'année 1973 et
appartenant depuis l'année 1990 à l'organisation politique du Front
Patriotique Rwandais – F.P.R. en Ouganda jusqu'à ce qu'il démissionne de son
poste de secrétaire de la logistique du F.P.R. à Jinja/Ouganda en octobre
1993 (quoique décidant de rester membre de l'organisation du F.P.R. afin de
ne pas être éliminé, selon ses dires), a exposé au cours de son audition
judiciaire sa connaissance étendue des faits criminels perpétrés au Rwanda,
et plus particulièrement depuis qu'à cette période, en plus de servir l'
appareil politique du F.P.R., il servait d'appui de réserve à l'A.P.R.
depuis son lieu de résidence en Ouganda à la même époque (concrètement à
Jinja).
Le témoin TAP- 007 a dit confirmer intégralement lors de l'audition
judiciaire –reconnaissant aussi le rapport consigné à toutes ses pages comme
sien propre- un document original de témoignage écrit ainsi qu'une copie
originale d'une carte remise par ce témoin depuis Cotonou (Bénin) en date du
10 août 1999 et envoyée à la Commission de l'ONU chargée d'enquêter sur le
rôle de l'Organisation des Nations Unies dans le drame rwandais, documents
qui correspondent avec chacun des documents originaux déposés –selon ce qu'
il a pu démontrer- en enveloppe fermée devant le Notaire de Barcelone D.
Lorenzo P. Valverde Garcia, sous le numéro 35 de son protocole en date du 13
juin 2003.
Le témoin TAP-007 était d'une importance stratégique pour l'A.P.R./F.P. R.
parce qu'il s'agissait d'un militaire de l'opposition à partir de l'
extérieur du Rwanda contre le Président de l'époque Habyarimana, tout en
conservant de bonnes relations et des contacts avec les membres des Forces
Armées Rwandaises – F.A.R. à l'intérieur du pays. Au cours de l'année 1990,
il a fait connaissance avec les futurs officiels de l'A.P.R. qui étaient à
ce moment membres de la National Resistance Army – N.R.A. (l'armée de l'
Ouganda), comme par exemple Wilson Rutayisire, Alphonse Furuma, Frank
Mugambaje et Joseph Karemera.
Selon les explications du témoin, déjà depuis le début, les membres de l'A.P
R./F.P. R. lui demandèrent de faire des efforts pour contacter les
militaires du Rwanda afin de les attirer aux propres objectifs de l'
organisation, tentant de faire oublier que deux années auparavant, soit vers
1988, l 'A.P.R./F.P. R. naissante avait assassiné au moins un militaire Hutu.
Il a expliqué les débuts de la guerre d'octobre [p.60] 1990 de manière
plus complémentaire que le témoin TAP-003, témoignant que le général major
Fred Rwigema (qu'il a identifié comme le commandant en second de la N.R .A.
et vice ministre de la Défense de l'Ouganda sous les ordres de Museveni ; et
à quel moment de la guerre il était Président de l'A.P.R. et du F.P.R.)
voulait éviter au maximum les victimes civiles. De manière complémentaire au
témoin TAP-003, il a expliqué que, une fois mort, Rwigema fut remplacé par
Paul Kagame comme Chef du Haut Commandement militaire de l'A.P.R., tandis
que le colonel Alexis Kanyarengwe (militaire Hutu de l'A.P.R. comme le
témoin TAP-007, actuellement décédé) occupait le poste de Président de l'
organisation politique F.P.R. Le témoin TAP- 007 a dit avoir commencé à
recevoir en Ouganda des informations relatives aux massacres de population
civile parmi les populations conquises, commençant à découvrir un A.P.R./F.P
R. différent de ce qu'il avait imaginé, utilisant l'image des deux faces de
la monnaie.
Plus tard, en août 1992, alors qu'il assistait à une réunion au Quartier
Général situé à Mulindi (Rwanda), il a constaté que le F.P.R. ne souhaitait
pas rechercher la paix, selon les propres paroles prononcées par Paul Kagame
affirmant utiliser les négociations de paix pour tirer profit de ses
avantages, dans des buts strictement militaires, orientés dès le début sur
la prise du pouvoir par la force. Ayant constaté comme témoin direct que,
depuis le poste frontière de Gatuna jusqu'à Mulindi (poste frontière au
nord du Rwanda avec l'Ouganda, les deux localités étant situées au nord de
Byumba et Cyumba) toutes les localités par lesquelles il passait étaient
complètement vidées de populations civiles (maisons abandonnées, champs non
cultivés, absence de bétail), et il confirma comme témoin oculaire les
consignes politico-militaires qu'il a entendues dans ce Quartier Général de
Mulindi.
Le témoin TAP-007, lors de son retour en Ouganda, choisit de comparer ses
appréciations avec des gens en qui il considérait avoir confiance, entre
autres Murefu Leonard, le beau-père de Paul Kagame. Le témoin TAP- 007 a
confirmé lors de son audition militaire que le beau-père de Paul Kagame l'
avait informé de toutes les stratégies élaborées par le FPR afin de s'
assurer une victoire militaire, disant carrément que « Kagame ne peut pas
travailler avec Habyarimana ; il fallait que l'un des deux (Kagame ou
Habyarimana) doive mourir… », révélant les lignes de base de l'époque des
stratégies politico-militaires de l'A.P.R./F.P. R., stratégies qu'il [p.61]
a confirmé et détaillé lors de l'audition judiciaire et qui se trouvaient
contenues dans le document notarial prémentionné, et dont les principes de
base peuvent se présenter de la manière suivante :
- Stratégie adoptée sur le plan militaire : former des cadres
politico-militaires pour les envoyer sur le terrain dans le but de véhiculer
l'idéologie du F.P.R. chez les Tutsi à moitié convaincus (entornos) ;
infiltrer des petits groupes de 6 à 10 personnes avec une formation
militaire spécialisée sur tout le territoire rwandais dans le but de
perpétrer des actions terroristes planifiées en cascade contre la population;
semer la panique, le chaos et le désordre afin d'obtenir un pays
ingouvernable ; infiltrer aussi en secret de petites brigades de militaires
préparés à agir au jour « J » ; rassembler le maximum d'équipement militaire.
- Stratégie adoptée sur le plan politique : diaboliser le régime de
Habyarimana ; provoquer la colère des Hutu en massacrant leurs congénères
(plus particulièrement, tuer les leaders politiques Hutu en attribuant la
responsabilité au régime Habyarimana et à son parti, le Mouvement
Révolutionnaire National pour le Développement – M.R.N.D.) ; éveiller et
exploiter la haine interethnique Hutu-Tutsi ; camoufler l'identité ethnique
du F.P.R. en recrutant des Hutu et rechercher un Hutu populaire pour le
placer à la tête du mouvement politico-militaire du F.P.R. dans le but de
créer l'image d'un mouvement fédérateur ; infiltrer tous les partis
politiques et mouvements de jeunesse ; calomnier l'Eglise Catholique qui
prêche en faveur de l'égalité des hommes et qui a contribué à l'éducation
des masses populaires ; liquider les prêtres Hutu ; terroriser les
missionnaires et religieux catholiques pour qu'ils abandonnent le Rwanda et
assassiner les vieux missionnaires qui connaissent l'histoire du Rwanda et
ceux qu'ils considèrent comme responsable de la perte du pouvoir après des
siècles de domination Tutsi ; menacer les troupes étrangères et manipuler la
MINUAR.
- Stratégie adoptée sur le plan diplomatique et médiatique :
infiltrer les missions diplomatiques étrangères accréditées à Kigali dans le
but de filtrer les informations préalablement élaborées par la tête pensante
du F.P.R./A.P.R. ; informer les missions diplomatiques de toutes les actions
criminelles perpétrées par le même A.P.R./F.P.R et [p.62] en attribuer la
responsabilité aux extrémistes Interahamwe ; mettre en fonction une station
de radiodiffusion pour véhiculer l'idéologie du mouvement politico-militaire
de l'A.P.R./F.P. R., diabolisant le régime de Habyarimana et son parti MRND,
rompre l'unité en exacerbant un ethnisme destructeur contre les Hutu, le
régionalisme et les haines entre partis politiques… (cette radio fut appelée
« Radio Muhabura » et fut dirigée par un extrémiste Tutsi, le commandant
Shabani Ruta –qui sera identifié plus avant comme étant le major Rutayisire
Wilson-, une radio qui eut pour contre effet la création en réaction de la
Radio des extrémistes Hutu, connue comme étant la Radio Télévision des Mille
Collines – RTLM- et conçue pour faire le contrepoids en chemin inverse de «
Radio Muhabura » et fomenter la haine ethnique contre les Tutsi).
Le témoin TAP-007 fut particulièrement explicite en relation avec les
intentions de l'A.P.R./F.P. R. d'attaquer les membres de l'Eglise Catholique
et plus spécialement les missionnaires qui avaient consacré de nombreuses
années à servir le pays, institution à qui les membres de l'A.P.R./F.P. R.
attribuent la responsabilité de la perte du pouvoir en l'année 1959 après
des siècles d'exercice quasi exclusif du pouvoir, fait que l'on peut
vérifier ultérieurement dans les faits criminels qui se succédèrent dans le
pays contre les prêtres et les missionnaires, tant rwandais qu'étrangers,
ainsi que le confirmeront et le détailleront aussi plus tard les témoins
TAP-043 et TAP-002. Le beau-père de Paul Kagame a illustré sur un diagramme
pour le témoin TAP-007 qu'il fallait procéder à l'élimination des trois « P
», référés dans son témoignage écrit, et qui, de manière univoque, faisait
référence aux actions de prise de contrôle contre l'Eglise et ses membres
spécifiques ou symboliques. Le témoin TAP- 007 a fait une référence
explicite à des religieux rwandais et étrangers, dont il savait qu'ils
furent assassinés, donnant comme exemple l'archevêque Mgr Nsengiyumva et les
autres évêques, prêtres et religieux (crime au sujet duquel les témoins
TAP-004 et TAP-002 ont apporté non seulement les faits, mais aussi les
responsables directs, ainsi qu'il sera mentionné plus avant), Isidro Uzcudun
(crime au sujet duquel le témoin TAP-038 rapporta non seulement les faits,
mais aussi les responsables principaux), Joaquim Vallmajo (crime au sujet
duquel les témoins TAP-002 et TAP-043 ont rapporté non seulement les faits,
mais aussi les responsables [p.63] principaux), le prêtre canadien Claude
Simard, le prêtre croate Vijeko et la religieuse belge Griet Bosmans.
Le témoin TAP- 007 a fait référence explicite aux attaques de l'A.P.R./F.P.
R. en février 1993, à Byumba et Ruhengeri (au sujet de quoi le témoin
TAP-043 fit ultérieurement ample référence, en étant présent dans une des
unités qui opéra l'attaque contre Byumba), coïncidant avec le témoin TAP-003
dans la reconnaissance de ce qu'il qualifia d'authentique boucherie humaine
dans les massacres de Nyacyonga, une fois que la population civile fut
regroupée en cet endroit.
Avant de donner sa démission comme logisticien du F.P.R. en Ouganda en
octobre 1993, le témoin TAP- 007 a comparé avec diverses personnes la
situation au Rwanda, les massacres connus, la réalité de l'A.P.R./F.P. R.,
détaillant entre autres une conversation qu'il eut avec Rutayisire Wilson
(en ce moment chef de la radio de l'A.P.R. « Radio Muhabura »), où en s'
interrogeant sur les massacres de la population civile, il lui fut répondu
que cela ressortait de la « même sagesse de Kayumba Nyamwasa et de Paul
Kagame », ce qui signifie que le massacre de la population civile faisait
partie de la politique officielle quoique discrète du F.P.R. et de ses
dirigeants.
Ensuite, le témoin TAP- 007 a fait référence dans son témoignage aux
révélations du militaire de l'A.P.R., Lizinde Théoneste, et du major Furuma.
Lizinde Théoneste fut un militaire de l'A.P.R. de l'ethnie Hutu qui fut
libéré par l'A.P.R. de son emprisonnement à Ruhengeri, afin de pouvoir l'
incorporer parmi ses cadres, au point de l'inclure comme un des rares
membres Hutu du High Command (Haut Commandement Militaire) et de l'avoir
assassiné ultérieurement lors de son exil, de la même manière que l'ancien
ministre de l'Intérieur du F.P.R., Seth Sendashonga (lui aussi de l'ethnie
Hutu), apparemment par un commando spécial de l'A.P.R. (External Security
Operations - E.S.O., sous le commandement de Jack Nziza, ainsi que le révéla
le témoin TAP-002 dans son témoignage dont nous ferons connaissance
ultérieurement) , tous deux considérés comme « ennemis ». de même que les
témoins TAP-003, TAP-043 ou TAP-002, Théoneste Lizinde a fait part à TAP-007
avant de fuir en décembre 1995, qu'il avait entendu Paul Kagame ordonner
personnellement les massacres de civils à partir des appareils de
télécommunication de l'A.P.R. [p.64], disant littéralement « Débarrassez
ces imbéciles ». Théoneste Lizinde a également confirmé au témoin TAP-007
que Paul Kagame avait ordonné personnellement l'assassinat des évêques,
prêtres et religieuses à Kabgayi, Gakurazo en 1994 (ce qui coïncide avec les
témoins TAP-003, TAP-043 et TAP-002).
Le témoin TAP- 007 a ensuite signalé les personnes qui, selon ce qu'il sait
des faits en question, sont responsables de crimes de génocide, crimes de
guerre et crimes contre l'humanité, se concentrant sur les plus communs :
Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa, Charles Kayonga, James Kabarebe et Fred
Ibingira.
Ce témoignage corroboré avec des dizaines d'autres et vérifications faites
sur le terrain par les survivants, mais surtout par la disparition et la
mort effective de centaines de milliers de citoyens Rwandais, nous permet de
dire, sans risque de nous tromper :
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont recruté des opposants hutu pour
servir leur ambition de reprendre le pouvoir par les armes au Rwanda, perdu
suite à une révolution sociale en 1959.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont préparé, planifié et exécuté les
massacres de la population civile rwandaise.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont organisé, planifié et perpétré un
« génocide contre la nation rwandaise » et un « génocide contre l'église
catholique » les différents témoignages ne permettant plus de douter sur l'
intention de commettre ces crimes.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont manipulé l'opinion publique
mondiale, les missions diplomatiques et la MINUAR selon un plan bien établi
depuis 1990.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont eu comme base pour exécuter leurs
plans machiavéliques qui ont couté la vie à 1.000.000 de personnes en 3 mois
l'OUGANDA de MUSEVENI ;
Il reste à ajouter à ces constatations qu'il ne fait aucun doute pour la
justice Française et Espagnole que le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS
sont les auteurs de l'attentat du 6 avril 1994, qui a déclenché ses
massacres, selon l'aveu même du Procureur auprès du Tribunal Pénal
International pour le Rwanda.
Enfin, cette enquête précise et détaillée, exécutée par la justice Espagnole
permet de dire que « le génocide des tutsi » perpétré par l'ancien régime du
Président Habyarimana, est une supercherie et tromperie de l'opinion
publique mondiale pour accuser exclusivement les perdants de la guerre
civile au Rwanda et surtout, mettre hors cause la responsabilité directe des
représentants de la communauté internationale dans les évènements
dramatiques du Rwanda en 1994, planifiés, organisés et exécutés par le
FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS depuis le 1 octobre 1990, date de l'
invasion du Rwanda par une partie d'une armée étrangère.
A mon avis, et dans l'intérêt de la Vérité et de la Justice , il y a lieu de
corriger vos analyses erronées depuis 14 ans, dues à la manipulation et la
corruption de ceux qui ont été désignés pour faire « justice »
Bruxelles, le 25 février 2008
Luc DE TEMMERMAN
JURISTE
…
Mandat d'arrêt international contre 40 militaires rwandais
Rwanda / Espagne : pour génocide, des généraux servant l'ONU poursuivis par la justice espagnole
MADRID, jeudi 7 février 2008
(LatinReporters.com) - Parmi les 40 militaires rwandais, dont 11 généraux, que la justice espagnole poursuit pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et/ou "terrorisme", plusieurs occupent aujourd'hui un poste diplomatique ou servent l'Organisation des Nations unies (ONU), notamment au Darfour, région de l'ouest du Soudan en rébellion et en proie à une grave crise humanitaire. Sans son immunité, l'actuel président du Rwanda, Paul Kagame, tomberait lui-même sous le coup de la compétence universelle que l'Espagne reconnaît à ses tribunaux pour certains délits graves.
Dans un acte daté du 6 février 2008, Fernando Andreu Merelles, juge d'instruction à Madrid du tribunal de l'Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, requiert un mandat international de "recherche et capture" des 40 militaires rwandais qu'il incrimine sur la base des déclarations de 22 témoins protégés, dont d'anciens collaborateurs du président Kagame.
L'accusation de génocide vise 32 des 40 accusés. La plupart doivent répondre aussi soit de crimes contre l'humanité, soit de terrorisme. Certains seraient coupables de l'ensemble de ces délits graves. Selon les "indices" dont fait état le juge Andreu, ce serait le cas du président Paul Kagame. Il ne figure toutefois pas parmi les accusés. Le juge explique dans son acte que l'immunité dont jouit le président rwandais le met à l'abri de poursuites tant qu'il sera chef d'Etat.
Commandant à l'époque l'APR/FPR (Armée patriotique rwandaise/Front patriotique rwandais) des rebelles tutsis, Paul Kagame aurait notamment, le 12 mai 1994, exécuté à la mitrailleuse antiaérienne entre 30 et 40 hommes, femmes et enfants de l'ethnie rivale hutu. L'acte du tribunal espagnol cite à ce propos le témoignage d'un ancien "membre de la garde personnelle" de Paul Kagame qui aurait assisté au mitraillage.
Les crimes attribués aux militaires poursuivis auraient été perpétrés entre 1990 et 2000, soit donc aussi pendant les années qui ont suivi la victoire, en juillet 1994, des Tutsis de l'APR/FPR et l'avènement d'un régime dont Paul Kagame fut d'abord le vice-président, avant d'accéder à la présidence en 2000.
L'exécution à cette époque par des membres ou des sympathisants de l'APR/FPR de neuf Espagnols, six religieux et trois membres de l'ONG Médecins du monde, fut à l'origine de l'ouverture, en 2005, de l'enquête judiciaire qui débouche aujourd'hui sur 40 inculpations.
Le juge Andreu donne crédit 'a "certaines sources", non identifiées, selon lesquelles le nombre de morts découlant des affrontements ethniques nés au Rwanda et qui ont aussi débordé sur certaines franges du Congo (l'ancien Zaïre) "pourrait être proche de quatre millions". Ce chiffre jusqu'à présent jamais évoqué dépasse de loin les 800.000 morts attribués par l'ONU au génocide rwandais.
En outre, l'acte de l'Audience nationale présente les Hutus comme les principales victimes de ce génocide, contrairement à l'opinion générale selon laquelle les Tutsis auraient été les plus frappés par des exterminations massives attribuées aux Hutus.
L'APR/FPR "a commis des attaques sélectives contre différents leaders intellectuels hutus afin de les éliminer de la vie sociale, provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile" indique l'acte, admettant qu'en représailles les Hutus massacraient à leur tour.
Une fois installés au pouvoir, les militaires de Kagame ont "pris le contrôle absolu de la structure de l'Etat, mettant en place un authentique régime de terreur", ajoute le même acte du juge Andreu.
Parmi les 40 militaires rwandais poursuivis par l'Audience nationale, le juge relève comme suit dans son acte, utilisant parfois le conditionnel,
ceux qui aujourd'hui exerceraient une fonction diplomatique ou serviraient les Nations unies (ONU):
"KAYUMBA NYAMWASA, Général Major... Il occuperait actuellement la fonction d'ambassadeur du Rwanda en Inde."
"KARENZI KARAKE, Général de Brigade... Actuellement, il aurait été nommé, avec l'approbation des Nations Unies, commandant adjoint du contingent hybride des Nations Unies et de l'Union Africaine envoyé au Darfour, appelé UNAMID Force."
"RUGUMYA GACINYA, Lieutenant-Colonel... Actuellement, il serait Defense, Military, Naval & Air Attaché de l'Ambassade du Rwanda aux Etats-Unis."
"WILSON GUMISIRIZA, Général de Brigade... Selon les dernières informations disponibles, il commanderait le Secteur 1 des Forces Rwandaises de Défense (FRD) destinées au Soudan par l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme du Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
"KARARA MISINGO, Capitaine. Selon les dernières informations, il a été nommé membre du groupe de trois qui dirige le service de Gestion de Vérification et Enregistrement de la Mission du Programme des Nations Unies pour le développement au Népal, sous le sigle UNDP Nepal."
"FRANK BAKUNZI, Capitaine... Selon les dernières informations disponibles, il est le porte-parole des Forces Rwandaises de Défense (FRD) à Khartoum (Soudan) et est aussi actuellement capitaine du contingent de soldats rwandais de l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
"CHARLES KARAMBA, Colonel... Selon les dernières informations disponibles, son dernier poste connu est attaché militaire à l'Ambassade du Rwanda en Erythrée, ainsi que directeur de recherche et développement des Forces Rwandaises de Défense (FRD) auprès de l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
Ces sept personnalités sont accusées de génocide. Cinq sont inculpées aussi de terrorisme. Trois cumulent les inculpations de génocide, terrorisme et crimes contre l'humanité. Plusieurs autres des 40 inculpés désormais sous le coup d'un mandat d'arrêt international occupent aujourd'hui des postes clés au sein de l'armée rwandaise.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
NB. Certains grades peuvent avoir changé suite à des promotions.
1
. JAMES KABAREBE, Général Major.
2. KAYUMBA NYAMWASA, Général Major
3. KARENZI KARAKE, Général de Brigade
4. FRED IBINGIRA, Général Major
5. RWAHAMA JACKSON MUTABAZI, Colonel
6. JACK NZIZA (JACKSON NKURUNZIZA (JAQUES NZIZA), Général de Brigade
7. RUGUMYA GACINYA, Teniente Colonel
8. DAN MUNYUZA, Colonel
9. CHARLES KAYONGA, Lieutenant Général
10. JOSEPH NZABAMWITA, Lieutenant-Colonel
11. CEASER KAYIZARI, Général Major
12. ERIK MUROKORE, Colonel
13. DENYS KARERA, Major
14. EVARISTE KABALISA, Capitaine
15. JUSTUS MAJYAMBERE, Major
16. EVARISTE KARENZI, Sous- Lieutenant
17. ALEX KAGAME, Général de Brigade
18. CHARLES MUSITU, Colonel
19. GASANA RURAYI, Lieutenant Colonel
20. SAMUEL KANYEMERA (SAM KAKA), Général Brigade
21. TWAHIRWA DODO, Colonel
22. FIRMIN BAYINGANA, Lieutenant Colonel
23. AGUSTÍN GASHAYIJA, Général de Brigade
24. WILSON GUMISIRIZA, Général de Brigade
25. WILLY BAGABE, Colonel
26. WILSON GABONZIZA, Lieutenant
27. SAMUEL KARENZEZI, alias "Viki", Caporal
28. JOAQUIM HABIMANA, Capitaine
29. KARARA MISINGO, Capitaine
30. ALPHONSE KAJE, Capitaine
31. FRANK BAKUNZI Capitaine
32. DAN GAPFIZI, Général de Brigade
33. JOHN BUTERA, Lieutenant
34. CHARLES KARAMBA Colonel
35. MATAYO Capitaine
36. PETER KALIMBA, Colonel
37. SILAS UDAHEMUKA, Major
38. STEVEN BALINDA, Major
39. JOHN BAGABO, Colonel
40. GODEFROID NTUKAYAJEMO, alias "Kiyago", Capitaine.
Kagame et ses proches accusés de massacres par la justice espagnole
Nouveau coup dur pour le régime du président rwandais Paul Kagame. Un peu plus d’un an après le coup de tonnerre provoqué par l’enquête du juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, l’accusant d’avoir commandité l’attentat du 6 avril 1994, qui avait préludé au génocide de 800 000 Tutsis et opposants hutus, la justice espagnole met en cause le chef de l’Etat rwandais et son entourage.
Epargné. L’Audience nationale, la principale instance judiciaire espagnole, a annoncé des poursuites contre 40 militaires rwandais, dont 11 généraux, pour«génocide, crimes contre l’humanité et terrorisme» commis dans les années 90. Le président Kagame, dont la responsabilité est désignée sans ambiguïté, est épargné, pour l’instant, en raison de son statut de chef d’Etat en exercice. Sept des quarante inculpés vivent à l’étranger : certains sont les mêmes que ceux visés par le juge Bruguière. Mais le cas le plus gênant pour Kigali, l’Union africaine et l’ONU est celui de Karenzi Karake, numéro 2 de la Minuad, la force de paix au Darfour.
Saisi en 2005 de l’assassinat, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols, six religieux et trois humanitaires, le juge Fernando Andreu, qui a instruit en vertu du principe de «compétence universelle», se livre à un réquisitoire de la méthode de prise de pouvoir puis de son exercice par le Front patriotique rwandais (FPR) de Kagame. Le juge accuse le mouvement rebelle tutsi d’avoir commis, entre 1990 et 1994, des attentats contre les politiques et intellectuels hutus, afin de «provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile», qui se livrait en représailles à des massacres de Tutsis. Autre point commun avec l’instruction Bruguière, l’enquête espagnole désigne Kagame et le FPR comme responsables de l’attentat du 6 avril.
Horreur. Pendant le «génocide» des Tutsis, dont le juge Andreu ne nie pas la réalité, le FPR est accusé d’avoir commis des massacres de civils. Il cite notamment, sur la foi d’un témoignage anonyme, un incident au cours duquel Paul Kagame en personne aurait fait usage d’une mitrailleuse lourde contre des civils hutus. Jusqu’à présent, le Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR), sis à Arusha en Tanzanie, s’est abstenu de juger les crimes du FPR commis entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994 et recensés dans le rapport Gersony. Kigali a menacé le tribunal international de mettre fin à toute coopération si jamais ce dossier-là était ouvert.
Après la prise de pouvoir du FPR, en juillet 1994, le juge espagnol accuse Kagame d’avoir «pris le contrôle absolu de la structure d’Etat» et mis en place «à partir de ce moment-là un authentique régime de terreur». C’est en république démocratique du Congo que cette politique a donné toute la mesure de son horreur, avec les massacres de réfugiés hutus en 1996-1997 puis le pillage des richesses minières de l’est du pays. Fernando Andreu estime à 4 millions les victimes de cette politique de «domination géostratégique».
CHRISTOPHE AYAD
Rwanda: un reporter recherché pour diffamation à l'égard du président Kagame
Le directeur de publication du bimensuel indépendant rwandais Umuco est recherché par la justice depuis la publication d'un article jugé diffamatoire à l'égard du chef de l'Etat Paul Kagame, a-t-on appris mercredi auprès du comité d'éthique des journalistes rwandais.
Dans un article publié récemment, Bonaventure Bizumuremyi a comparé Paul Kagame à Adolf Hitler. L'article était illustré de deux photographies de Kagame et Hitler publiées côte à côte.
"Le journaliste Bizumuremyi n'a pas respecté le code d'éthique et de déontologie professionnelle, nous avons décidé de le traduire en justice par le biais du Parquet de la République", a déclaré mercredi à l'AFP le président du comité d'éthique des journalistes rwandais, Louis Kamanzi.
"Il a commis un crime de lèse-majesté pour avoir osé insulter le chef de l'Etat", a-t-il ajouté, précisant que la carte de presse de M. Bizumuremyi lui serait retirée.
Des collègues journalistes de M. Bizumuremyi ont affirmé à l'AFP qu'il n'avait plus donné signe de vie depuis lundi soir, après avoir quitté les locaux de son journal.
"Personne ne connaît jusqu'ici les (faits et gestes) de notre confrère Bizumuremyi depuis sa disparition hier (mardi)", a indiqué le directeur de publication d'un autre bimensuel paraissant à Kigali, Jean Bosco Gasasira.
"S'il s'agit d'une éventuelle arrestation, nous demandons qu'il y ait respect de la loi en ce qui concerne la présomption d'innocence", a ajouté ce journaliste.
"Nous demandons aux instances compétentes pour cette poursuite judiciaire d'agir en toute indépendance", a de son côté réclamé le directeur d'Umuseso, un autre hebdomadaire privé paraissant à Kigali, Charles Kabonero.
Source: Le Monde.fr du 19 mars 2008
Justice
Un Rwandais réfugié en France prochainement transféré au TPIR
PARIS (AFP) - Pour la première fois depuis 2000, un Rwandais accusé de génocide et réfugié en France va être transféré au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), d'ici le 7 juin, après le rejet vendredi de son pourvoi par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
Cet ancien sous-préfet rwandais, Dominique Ntawukuriryayo, un Hutu de 65 ans, avait déposé une "requête en urgence" devant les juges européens après le rejet le 7 mai par la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire, d'un pourvoi contre son transfèrement au tribunal d'Arusha (Tanzanie).
"La requête a été rejetée jeudi par la CEDH, M. Ntawukuriryayo va donc être transféré au tribunal d'Arusha avant le 7 juin", a indiqué son avocat, Me Thierry Massis.
L'ancien sous-préfet avait été arrêté le 16 octobre à Carcassonne (Aude), où il vit depuis 1999 avec son épouse tutsie sans se cacher. Il est depuis incarcéré à la maison d'arrêt de la Santé à Paris.
Il était recherché depuis 2006 par le TPIR pour avoir, selon un acte d'accusation du 10 juin 2005, commis des actes de "génocide, complicité de génocide et d'incitation directe et publique au génocide" entre les 6 avril et le 17 juillet 1994.
Une plainte avait été déposée contre lui à Paris le 30 octobre 2007 par 27 rescapés rwandais et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda.
Il est notamment accusé d'avoir aidé et encouragé le massacre qui a eu lieu sur la colline de Kabuye, où des milliers de Tutsis s'étaient réfugiés à sa demande avant d'être massacrés.
"En raison des actes de Dominique Ntawukuriryayo et de ceux de ses subordonnés, pas moins de 25.000 réfugiés tutsis ont été tués sur la colline de Kabuye du 21 au 25 avril 1994", lit-on dans l'acte d'accusation. Il conteste les faits.
Selon Me Massis, le transfèrement à Arusha de M. Ntawukuriryayo n'est qu'un prélude à sa remise aux autorités rwandaises, le TPIR ayant reçu la consigne d'achever ses procès en première instance avant fin 2008.
Or, il n'y a, selon lui, "aucune assurance" que l'ancien sous-préfet bénéficie d'un procès équitable au Rwanda, dirigé par l'ancienne rébellion tutsie du FPR.
La Cour de cassation avait rejeté cet argument, assurant dans son arrêt du 7 mai ne pas disposer "de pièces (...) permettant de déduire que le TPIR ne sera pas matériellement en mesure de juger la personne réclamée".
Le transfèrement de M. Ntawukuriryayo au TPIR serait le premier depuis 2000 d'un Rwandais réfugié en France. Cette année-là, François-Xavier Nzuwonemeye, ex-officier de l'armée rwandaise, et Jean de Dieu Kamuhanda, ex-ministre de l'Enseignement supérieur, avaient été remis au tribunal d'Arusha.
Kigali suspecte neuf de ses ressortissants installés en France, dont M. Ntawukuriryayo, d'avoir pris part au génocide, selon la liste des 93 personnes établies à l'étranger recherchées par Kigali et remise à Interpol en mai 2006.
Le transfèrement au TPIR de deux d'entre eux, le prêtre Wenceslas Munyeshyaka et l'ancien préfet Laurent Bucyibaruta, était acquis avant que le tribunal d'Arusha ne décide finalement, en octobre 2007, de se dessaisir au profit de la France.
L'actuel régime rwandais accuse régulièrement Paris d'avoir soutenu les forces hutues qui ont commis le génocide de 1994, ce que la France a toujours démenti.
En novembre 2006, le Rwanda avait rompu ses relations diplomatiques avec la France. Une rencontre entre les deux présidents, Paul Kagame et Nicolas Sarkozy, en décembre, a jeté les bases d'un processus de normalisation, selon le gouvernement rwandais.
Source: AFP
www.irwanda1.com
16 mai 2008
Société
Relations Union Européenne - Rwanda
L'héritage laissé par le génocide rwandais continue à peser lourd dans le paysage politique du pays. Sur le plan économique, après une décennie d'excellentes performances macroéconomiques, le principal défi est de trouver de nouvelles sources de croissance durable, alors que la phase de redressement post-conflit arrive à son terme. Le premier D ocument de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP ) du Rwanda a donné lieu à de réels progrès dans les secteurs sociaux, moins en ce qui concerne le côté productif . Demeurant l’un des pays les plus pauvres et les plus densément peuplés d'Afrique, l’économie du Rwanda est essentiellement basée sur l'agriculture. La Stratégie Pays adoptée par la Communauté européenne (9ème Fonds Européen de Développement) a considéré la réduction de la pauvreté comme principale priorité, en fournissant une aide au développement rural ainsi qu'un soutien macroéconomique.
Les points clés des relations entre l’UE et le Rwanda
Pour la période 2008-2013, le 10ème FED totalise un montant de € 290 M. L'aide générale accordée à la Stratégie de Développement Economique et de Réduction de la Pauvreté (SDERP), notamment aux services sociaux tels que l'éducation, la santé et l'eau, représente 60 % de ce budget (€ 175 M). Les deux domaines de concentration sont le développement rural (€ 40 M) et les infrastructures (€ 50 M). Les domaines non-prioritaires tels que la gouvernance, l'appui au commerce et la facilité de coopération technique sont également inclus dans ce programme (€ 25 M). Pour couvrir les besoins imprévus, € 4,4 M sont prévus au titre de l'enveloppe B.
Le Rwanda, pays enclavé aux ressources naturelles rares et à l’industrie limitée, continue à recevoir des aides financières substantielles et a été admis à bénéficier de l’initiative de l’allègement de la dette en faveur des pays pauvres lourdement endettés (PPLE) du FMI et de la Banque mondiale, à la fin de l'année 2000.
En plus de la SDERP mise en œuvre en 2007, le Plan de la Stratégie Pays de la Communauté européenne projette de soutenir : i) le développement rural grâce au développement/transformation économique rural(e) dans le contexte du développement durable et de la décentralisation, ii) les infrastructures pour une interconnexion régionale grâce à une réduction des coûts des transports et une consolidation du secteur des transports.
Les questions de gouvernance dans ce contexte post-génocide, méritent une attention particulière. Au moment où les auteurs du génocide sortent de prison pour retourner dans leurs villages, il est nécessaire de mettre l'accent sur le renforcement de la justice traditionnelle et sur le processus de réconciliation et ses acteurs . La consolidation de la démocratie est cruciale, surtout en vue des élections parlementaires de 2008 et des élections présidentielles de 2010. Après avoir été l'un des deux premiers pays à s'être soumis au Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs au titre du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), le Rwanda a passé avec succès ce processus d'évaluation lors du 5ème sommet de l'African Review Forum à Banjul, en Gambie en juin 2006.
En dépit d’efforts réalisés dans le domaine de la justice liée au génocide, la réconciliation, processus long, reste un défi. Lorsque la réconciliation nationale et la justice sont en jeu, le règlement des questions judiciaires liées au génocide est un processus douloureux mais nécessaire. La réconciliation dépendra en fin de compte, de la croissance économique équitable et de la réduction de la pauvreté en particulier dans les régions rurales, et de la consolidation de la démocratie.
Article publié le 22 avril 2008 sur le site de l'UE
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10 juin 2008
Rwanda: le FPR a tué 13 hommes d'Eglise en 1994, selon le procureur du TPIR
(la-croix.com du 9 juin 2008)

Le procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que des soldats de l'ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) avaient tué 13 hommes d'Eglise au Rwanda pendant le génocide de 1994.
"Dans mon dernier discours devant le Conseil, j'ai indiqué que des progrès avaient été réalisés dans l'enquête sur les accusations contre des membres du FPR. Le Rwanda a collaboré avec nous dans ce processus", a déclaré le procureur, Hassan Bubacar Jallow, selon son discours publié lundi sur le site internet du TPIR.
M. Jallow avait accompagné le président du TPIR, le juge Dennis Byron, pour la présentation du rapport semestriel du tribunal devant le Conseil.
"Ensemble, nous avons pu établir (...) que le 5 juin 1994, des soldats du FPR ont tué quelque 13 ecclésiastiques, dont cinq évêques, et deux civils dans le village de Kabgayi à Gitarama", déclare M. Jallow.
Parmi ces ecclésiastiques figurent Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali, Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba (nord) et Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi (centre) et alors président de la conférence des évêques catholiques du Rwanda.
"Certains des auteurs de ces crimes seraient décédés et d'autres servent actuellement dans l'armée rwandaise", précise-t-il.
Selon M. Jallow, le parquet général du Rwanda a fait part de sa décision, en relation avec cet incident, d'inculper et poursuivre rapidement pour meurtre et complicité de meurtre quatre officiers supérieurs de l'armée rwandaise.
"J'ai décidé de laisser en suspens toute action supplémentaire de mon côté, étant entendu que toute poursuite en ce sens à l'intérieur et par le Rwanda devra être efficace (...) équitable et ouverte au public", a expliqué M. Jallow dans son discours.
Jusqu'à présent, le TPIR n'a mis en accusation que des dignitaires de l'ancien régime hutu.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées dans le génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/080609135647.slb9pt0l.htm
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10 juin 2008
Rwanda: le FPR a tué 13 hommes d'Eglise en 1994, selon le procureur du TPIR
(la-croix.com du 9 juin 2008)

Le procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que des soldats de l'ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) avaient tué 13 hommes d'Eglise au Rwanda pendant le génocide de 1994.
"Dans mon dernier discours devant le Conseil, j'ai indiqué que des progrès avaient été réalisés dans l'enquête sur les accusations contre des membres du FPR. Le Rwanda a collaboré avec nous dans ce processus", a déclaré le procureur, Hassan Bubacar Jallow, selon son discours publié lundi sur le site internet du TPIR.
M. Jallow avait accompagné le président du TPIR, le juge Dennis Byron, pour la présentation du rapport semestriel du tribunal devant le Conseil.
"Ensemble, nous avons pu établir (...) que le 5 juin 1994, des soldats du FPR ont tué quelque 13 ecclésiastiques, dont cinq évêques, et deux civils dans le village de Kabgayi à Gitarama", déclare M. Jallow.
Parmi ces ecclésiastiques figurent Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali, Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba (nord) et Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi (centre) et alors président de la conférence des évêques catholiques du Rwanda.
"Certains des auteurs de ces crimes seraient décédés et d'autres servent actuellement dans l'armée rwandaise", précise-t-il.
Selon M. Jallow, le parquet général du Rwanda a fait part de sa décision, en relation avec cet incident, d'inculper et poursuivre rapidement pour meurtre et complicité de meurtre quatre officiers supérieurs de l'armée rwandaise.
"J'ai décidé de laisser en suspens toute action supplémentaire de mon côté, étant entendu que toute poursuite en ce sens à l'intérieur et par le Rwanda devra être efficace (...) équitable et ouverte au public", a expliqué M. Jallow dans son discours.
Jusqu'à présent, le TPIR n'a mis en accusation que des dignitaires de l'ancien régime hutu.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées dans le génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/080609135647.slb9pt0l.htm
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7 avril 2008
Carla Del Ponte priée de se taire

Photo: suissinfo
La diplomatie suisse a interdit à Carla Del Ponte de présenter à Milan son livre consacré à son expérience en tant que procureure du Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie. A Berne, on juge cette promotion incompatible avec sa fonction d'ambassadrice.
Carla Del Ponte aurait dû présenter «La chasse, moi et les criminels de guerre» dimanche dernier dans la capitale lombarde. Or, le Ministère des Affaires étrangères a mis son veto, dans une lettre adressée la veille à la nouvelle ambassadrice de Suisse en Argentine. La missive se conclut par cette phrase: «Nous vous remercions pour un retour rapide à Buenos Aires».
«Il y a dans l'ouvrage des déclarations qui ne peuvent être faites en tant que représentante du gouvernement suisse», a indiqué lundi le porte-parole du Ministère.
Le livre, qui paraît aux éditions Feltrinelli, a été écrit en collaboration avec Chuck Sudetic, un reporter du New York Times. Il évoque les obstacles auxquels Carla Del Ponte à dû faire face dans sa traque des principaux responsables des crimes de guerres dans les Balkans dans les années 90, mais également au Rwanda, où elle a aussi été procureure.
Elle y accuse notamment les indépendantistes du Kosovo de s'être livré à un trafic d'organes prélevés sur leurs prisonniers serbes. Et affirme que l'actuel premier ministre de la province devenue indépendante était au courant.
Le Temps.ch/Dépêche suisse
7 avril 2008
Le Département fédéral des affaires étrangères a interdit à Carla Del Ponte de présenter à Milan son livre "La chasse". La promotion de cet ouvrage n'est pas compatible avec la fonction d'ambassadrice de Mme del Ponte, a expliqué le DFAE.
"Il y a dans l'ouvrage des déclarations qui ne peuvent être faites en tant que représentante du gouvernement suisse", a indiqué le porte-parole du DFAE, Jean-Philippe Jeannerat. Son livre est consacré à son expérience précédente en tant que procureure du Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie (TPIY).
Ecrit en collaboration avec un journaliste du "New York Times", "La chasse, moi et les criminels de guerre" évoque notamment les obstacles auxquels Carla Del Ponte a dû faire face dans sa traque des principaux responsables des crimes de guerres dans les Balkans dans les années 90.
Son expérience comme cheffe de l'accusation au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est également évoquée. Dans cet ouvrage, l'ancienne procureure générale de la Confédération critique sévèrement plusieurs responsables politiques.
Carla Del Ponte a été nommée procureure du TPIY et du TPIR en août 1999. Son mandat au TPIR a pris fin en 2003, celui au TPIY fin 2007. Elle est en poste dans la capitale
argentine depuis début janvier.
www.letemps.ch
Rwanda : La condamnation d’un médecin pour génocide doit être réexaminée
Il faut réparer l’injustice commise contre un chirurgien, ex-candidat à l’élection présidentielle

(New York, le 15 février 2008) – Les responsables du système rwandais de justice populaire connu sous le nom de gacaca devraient immédiatement procéder au réexamen d’une récente décision judiciaire qui a reconnu coupable de complicité de génocide le Dr Théoneste Niyitegeka, chirurgien et ex-candidat à l’élection présidentielle, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Le Dr Niyitegeka, chirurgien qui a soigné un nombre incalculable de blessés pendant le génocide de 1994, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à l’élection présidentielle de 2003. En octobre 2007, Niyitegeka avait été acquitté en première instance de toutes les charges pesant contre lui mais le 5 février 2008, il a été reconnu coupable par une juridiction d’appel. Cette dernière n’a pas motivé sa décision d’annuler le verdict d’acquittement.
« Les preuves présentées dans cette affaire sont vagues et contradictoires. Aucun élément probant n’étaye le verdict de culpabilité à l’encontre du Dr Niyitegeka », a déclaré Alison Des Forges, conseillère principale à la division Afrique de Human Rights Watch. « Les responsables rwandais se doivent maintenant de réparer ce cas d’injustice grave. »
La décision survient à un moment où les juges du Tribunal pénal international pour le Rwanda et un juge du Royaume-Uni sont en train d’évaluer l’équité des procédures judiciaires rwandaises, car ils envisagent de renvoyer dans leur pays des Rwandais accusés de génocide afin qu’ils y soient jugés. Les juridictions gacaca font partie intégrante du système judiciaire rwandais mais aux termes de la loi rwandaise, elles ne seraient pas compétentes pour juger les personnes renvoyées de l’étranger.
Lors du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis, des soldats et des membres de milices ont recherché des personnes ciblées dans les hôpitaux ainsi que dans les églises et les écoles. Dans cette affaire, le Dr Niyitegeka est accusé d’avoir livré un patient à des tueurs à l’hôpital de Kabgayi, où il exerçait en tant que chirurgien.
Le principal témoin a fait une déposition vague et contradictoire à propos de la date du prétendu crime, déclarant d’une part qu’il avait été commis début avril et d’autre part qu’il avait eu lieu après l’arrivée de patients transférés d’un hôpital de Kigali, fait qui s’est déroulé fin mai 1994.
Le seul autre témoin à charge contre le Dr Niyitegeka, une femme, a fait une déposition lors du procès qui contredisait celle qu’elle avait faite précédemment.
Une douzaine de témoins au moins, notamment des médecins et des infirmières qui travaillaient chaque jour avec le Dr Niyitegeka, ont affirmé sous serment qu’il était innocent des chefs d’accusation retenus contre lui. Ils ont également fourni des informations factuelles complémentaires en contradiction avec les déclarations des accusateurs.
Une rescapée tutsie du génocide a fait une déposition émouvante, expliquant que le Dr Niyitegeka lui avait fourni d’excellents soins pour une plaie qui suppurait abondamment.
« Vraiment je ne savais pas qu’un docteur pouvait accepter de soigner une chose aussi répugnante. C’était quelqu’un qui soignait tous les malades, sans distinction », a déclaré cette rescapée du génocide au tribunal. « Il a fait preuve d’un amour pour autrui que je n’avais encore jamais vu auparavant. »
Le Dr Niyitegeka a comparu dans le cadre d’un système judiciaire novateur connu sous le nom de gacaca, mis en place pour juger plus d’un million de personnes suite au génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis au Rwanda. Selon le Service National des Juridictions Gacaca, les juges gacaca, qui sont élus et ne reçoivent qu’une formation de quelques jours sur les questions juridiques, ont statué sur des centaines de milliers d’affaires, pour la plupart depuis avril 2007. La procédure devait se clôturer fin décembre, mais le gouvernement a récemment décidé de renvoyer devant le système gacaca des milliers de dossiers qui devaient initialement être traités par des tribunaux conventionnels.
A l’instar des tribunaux coutumiers, les juridictions gacaca peuvent condamner des personnes reconnues coupables à des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité. Contrairement aux tribunaux conventionnels, les juridictions gacaca n’accordent toutefois pas à l’accusé le droit de disposer d’un avocat. Outre une procédure en appel, comme celle qui a débouché sur le verdict à l’encontre du Dr Niyitegeka, le système gacaca rwandais prévoit également une possibilité de réexamen par un autre groupe de juges. Les responsables du Service National des Juridictions Gacaca peuvent ordonner ce réexamen.
Selon Human Rights Watch, la question se pose de savoir si des motifs politiques ne sont pas à l’origine de la décision inexplicable prise en appel de condamner le Dr Niyitegeka. En 2003, le Dr Niyitegeka, qui venait de rentrer des États-Unis, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à la présidentielle organisée cette même année. Sa candidature a été rejetée par la commission électorale et juste avant l’élection, il a été incarcéré pendant une courte période sous le chef d’accusation de « divisionnisme ». Le Rwanda se prépare actuellement pour les élections législatives qui auront lieu fin 2008.
Le Dr Niyitegeka, qui a parfois émis des commentaires sur les questions de politique rwandaise dans la presse locale et étrangère, a critiqué le système gacaca lors d’une interview accordée en 2005 au service radiophonique La Voix de l’Amérique (Voice of America). Il a été interrogé par la police à propos de ses commentaires et, intimidé par cette expérience, il a fui le pays pendant une courte période. Lors de son retour, des malfaiteurs non identifiés ont fait exploser sa voiture, garée derrière chez lui. Peu de temps après, des soldats sont arrivés chez lui pour essayer de le contraindre à revenir sur ses critiques des gacaca.
Après que le médecin eut été acquitté du chef d’accusation de génocide en octobre 2007 par la juridiction gacaca du secteur de Gihuma, dans la Province du Sud, la personne qui avait déposé plainte a interjeté appel de l’acquittement. La juridiction d’appel a programmé des audiences mais les a reportées à trois reprises en raison de l’absence de témoins. Lorsque la juridiction d’appel s’est réunie le 5 février, les juges ont délibéré sur le dossier pendant huit heures à l’intérieur d’un petit bâtiment, criant parfois si fort qu’ils pouvaient être entendus par le public qui était venu en grand nombre et attendait le verdict dehors.
En fin d’après-midi, les juges ont déclaré qu’ils avaient annulé le verdict d’acquittement en raison de « nouveaux éléments » versés au dossier, mais ils n’ont pas expliqué en quoi consistaient ces éléments. Ils ont condamné le Dr Niyitegeka à 15 ans de prison.
Fait inhabituel, des soldats en uniforme et armés ont assisté au procès ainsi qu’à l’audience en appel. Après la condamnation du Dr Niyitegeka, celui-ci a immédiatement dû monter à l’arrière d’un pick-up de l’armée et il a été emmené sous la pluie.
« Lorsque les faits semblent manquer pour étayer une décision judiciaire, il est facile pour les gens de supposer une ingérence extérieure », a relevé Alison Des Forges. « Plus ces cas se répètent, plus le système perd rapidement de sa crédibilité. Dans ce cas précis, la disparité entre les faits et le jugement est saisissante et la façon dont l’acquittement a été annulé soulève de sérieuses questions. Pour le bien du système et pour que justice soit rendue pour le Dr Niyitegeka, les responsables devraient immédiatement réexaminer la décision. »
Human Rights Watch (Communiqués de presse) - New York,NY,USA
11 juin 2008
DES RESPONSABLES RWANDAIS SOUS LE COUP D’UN MANDAT D’ARRÊT
LA VERSION ESPAGNOLE DU GÉNOCIDE
La mort, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols engagés au Rwanda est attribuée à d’actuels hauts responsables de l’armée rwandaise, dont le président Paul Kagame. Les mandats d’arrêt sont lancés.
( Suite de l'extrait de la revue suisse La liberté du lundi 17 mars 2008)
L’AVOCAT DES VICTIMES
«L’enquête se poursuit»
«L’enquête se poursuit»
«L’enquête se poursuit»
«L’enquête se poursuit»
Me
Jordi Palou Loverdos, du Barreau de Barcelone et de Madrid, est l’avocat des familles des victimes espagnoles ainsi que de plusieurs familles rwandaises.
On dit que des responsables rwandais en poste à l’étranger rentrent pour se mettre à l’abri dans leur pays, après le rapport du juge Fernando Andreu Merelles?
M
e
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
e
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
Me
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
Il est donc sous le coup du mandat international?
Me
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
Il est donc sous le coup du mandat international?
C’est l’objet actuel de discussions avec le Tribunal espagnol. On peut considérer qu’il n’est aucunement à l’abri. A mon sens, l’ONU doit le livrer. Quant à Kagame, il faudra bien entendu attendre qu’il soit déchu de son pouvoir présidentiel pour le poursuivre.
Le juge français Jean-Louis Bruguière avait lui aussi émis des mandats contre des personnalités rwandaises. Sans suite.
La décision du juge Bruguière ne concernait que les personnes impliquées dans l’attentat terroriste de 1994, qui a notamment coûté la vie au président Juvénal Habyarimana. Mais, fait bizarre, si vous allez aujourd’hui sur le site internet d’Interpol, vous ne verrez pas figurer les mandats d’arrêt du juge Bruguière. Pourquoi? Je ne me l’explique pas.
Mais les mandats contre les 40 responsables rwandais ne figurent pas davantage sur ce site…
Pas encore, c’est vrai. Mais je
vous confirme que nous nous
organisons dans ce sens, et que
le juge espagnol fera suivre le
dossier à Interpol.
PR
Le HCR sur la sellette
Le Haut-Commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est accusé par le juge Andreu d’avoir collaboré «à la chasse aux réfugiés». Selon le magistrat espagnol, à partir de 1996, le Zaïre (actuellement Congo RDC) comptait un million de réfugiés hutu ayant fui le Rwanda après la prise du pouvoir par le FPR de Kagame. Or, révèle le magistrat, le HCR, organisme censé venir en aide aux victimes de la guerre qui cherchent refuge dans d’autres pays, a décidé de mettre en marche un programme de rapatriement forcé, obligeant, peut-on lire dans ce document, des centaines de milliers de personnes à monter dans des camions du HCR. «Des menaces étaient formulées à l’encontre de ceux qui s’y refusaient.» Tout aussi surprenant: comme les membres du HCR ne pouvaient parvenir dans tous les lieux où se trouvaient les réfugiés, l’organisation onusienne a instauré un système de récompense sous forme d’argent pour les Zaïrois: 10 dollars pour chaque réfugié rwandais. «Ce qui, estime le magistrat espagnol, cité par José Yoldi, journaliste au quotidien «El Pais», a eu pour conséquence d’accroître cette véritable chasse aux réfugiés » qui a fait de nombreuses victimes.
En février 1997,
commente encore Fernando Andreu
dans ses conclusions consacrées à ce chapitre, Sadako
Ogata, haut-commissaire du HCR, est arrivée au camp
de Tingi-Tingi, pour y déclarer qu’elle ne pouvait garantir
la protection des réfugiés, offrant uniquement
un secours à ceux qui acceptaient le rapatriement. Le
26 février, le camp fut détruit. Et le nombre de morts
incalculable.
PR
La «zaïrisation» du conflit
Le génocide a causé
la mort d’environ 800000 Tutsi et Hutu modérés au Rwanda. Cette morbide estimation ne s’arrête pas là. Après leur prise du pouvoir, les rebelles de l’actuel président Kagame ont exporté le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) en compagnie d’autres groupes politico-militaires créés à cet effet. Un objectif à cela: «L’immense pillage du pays, en particulier des ressources naturelles précieuses.» Le juge espagnol Andreu parle de «zaïrisation du conflit». «Dans la région de Lubumbashi, constate le juge, on a assisté au pillage d’importantes quantités d’or, de diamants et de coltan.» Les actes de pillage auraient servi tant pour financer la guerre et les opérations militaires que pour l’enrichissement personnel des hauts responsables militaires.
Le document
de l’Audience nationale
met en relief le rôle de
Washington. Soulignant que le
président rwandais Kagame, à
la tête de ses hommes, avait
suivi un entraînement aux
Etats-Unis, et l’implication de
sociétés nord-américaines
pour «aider au pillage» de cette
région. «Paul Kagame s’est, du
reste, rendu à Washington en
août 1996 afin d’y confirmer ses
plans de guerre sur le Zaïre,
avec l’appui du Pentagone.»
Au lendemain de la parution
du document espagnol, M
e
Jordi Palou Loverdos, avocat
des familles des victimes espagnoles,
déclarait que «pour
aboutir à un procès, il était nécessaire
d’avoir la coopération
des Etats pour procéder aux arrestations
». Une gageure,
compte tenu des intérêts en
présence, opposés souvent,
pour ne pas dire plus. D’un
côté, Washington et Londres
sont proches de Kagame. De
l’autre, jusqu’en 1994, la France
soutenait les Hutu au pouvoir
et leur président Juvénal Habyarimana.
Au milieu, il y a
maintenant l’Espagne qui, elle,
tient à emprisonner les coupables.
Mais c’est là une autre
histoire.
PR
www.irwanda1.com
10 juin 2008
DES RESPONSABLES RWANDAIS SOUS LE COUP D’UN MANDAT D’ARRÊT
(Extrait de la revue suisse La liberté du 17 mars 2008)
LA VERSION ESPAGNOLE DU GÉNOCIDE
La mort, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols engagés au Rwanda est attribuée à d’actuels hauts
responsables de l’armée rwandaise, dont le président Paul Kagame. Les mandats d’arrêt sont lancés.
PIERRE ROTTET
Les mandats d’arrêt lancés le 6 février dernier par la justice espagnole contre une quarantaine de hauts responsables de l’armée rwandaise ne sont pas restés longtemps sans lendemain. De grosses pointures de l’appareil rwandais en place à l’étranger regagnent leur pays pour se mettre à l’abri des poursuites internationales. Parapluie qui les protégera – momentanément?– de leurs actes criminels commis contre des centaines de milliers de citoyens massacrés, rayés de la carte. On ouvre là une autre page de l’histoire rwandaise des années 90. Alors que les génocidaires hutu, rendus responsables de la mort, en 1994, de 800000 Tutsi, sont actuellement traduits devant la justice dans leur pays ou devant une cour internationale à Arusha, en Tanzanie, les rebelles tutsi qui ont envahi le pays dans le but – réussi – de prendre le pouvoir ont toujours été à l’abri des poursuites. Or, eux aussi ont commis des crimes. Avant, pendant et après le génocide.
Echec international
La justice espagnole réussira-t-elle là où d’autres ont échoué? En France, l’enquête du célèbre juge Jean-Louis Bruguière pointait également la responsabilité de l’actuel président Kagame et de ses hommes du Front patriotique rwandais (FPR). Mais le dossier est au point mort. Par souci de rétablir de bonnes relations avec Kigali? De son côté, le Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR), basé à Arusha, a toujours traîné les pieds pour juger les crimes commis par le FPR entre le 1
er
janvier et le 31 décembre 1994, période faisant pourtant partie de sa compétence. Il fait là, estiment les observateurs, le jeu de Kigali, qui a menacé le tribunal international de mettre fin à toute coopération si jamais ce dossier- là était ouvert. Ce même TPIR s’est également déclaré incompétent pour poursuivre les responsables de l’attentat terroriste contre l’avion de l’ancien dictateur hutu, Juvénal Habyarimana, en 1994, dont la mort a marqué le début du génocide.
Compétence universelle
Saisi en 2005 de l’assassinat, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols (six religieux et trois humanitaires), le juge Fernando Andreu Merelles a instruit son dossier en vertu du principe de «compétence universelle» qui permet à l’Espagne de poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide quelle que soit leur nationalité et celle des victimes. Ainsi, dans ses considérants, le juge se livre à un réquisitoire contre la méthode de prise de pouvoir puis de son exercice par le FPR de Paul Kagame. Le juge accuse le mouvement rebelle tutsi d’avoir commis, entre 1990 et 1994, des attentats contre les politiques et intellectuels hutu, afin de «provoquer la terreur». Le document espagnol de 181pages est explosif, tant par les conclusions et les accusations, que par les témoignages– terrifiants – de centaines de personnes auditionnées. Tout au long du document de la justice espagnole s’égrènent les chiffres, qui s’additionnent aux chiffres: 10000 morts ici, 2000 là, 30000 ça et là, dans d’autres villes ou camps de réfugiés… Il y a aussi les récits des témoins, dont ceux qui se rapportent aux trois coopérants et six religieux espagnols décédés. Joaquin Vallmajo a été enlevé le 26 avril 1994. «Tu parles mal de nous dans tes homélies», diront ses bourreaux.On n’a jamais retrouvé son corps.
Les morts espagnols
Servantes Mayor Garcia, Julio Rodriguez Jorge, Miguel Angel Isla Lucio, Fernando de la Fuente, étaient frères maristes engagés dans le camp de réfugiés de Nyamitangwe, au Congo RDC. Un camp pourtant placé sous la responsabilité de la Croix-Rouge, sous le patronage de l’ONU. Tous ont été enlevés le 31 octobre 1996. Leurs corps ont été retrouvés le 9 novembre. Ils portaient des traces profondes de machettes, de tortures et de balles. Le sixième religieux espagnol, Isidro Uzcudum Pouzo, a été abattu le 10 juin 2000 au Rwanda. Quant aux trois coopérants de l’organisation Médecins du monde, ils ont été fauchés à la mitraillette le 18 janvier 1997 par les militaires tutsi. Ils étaient les témoins gênants de massacres de réfugiés de retour au Rwanda après avoir trouvé un éphémère refuge au Congo RDC. Le président Kagame, dont la responsabilité est désignée sans ambiguïté, y compris comme auteur de massacres, échappe pour l’instant au mandat d’arrêt, en raison de son statut de chef d’Etat en exercice. Immunité oblige. Sept des quarante inculpés vivaient à l’étranger au moment de la parution du document. Parmi les personnes inculpées, outre le général Karekezi, actuel numéro deux de la Mission des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad), figurent le lieutenant colonel Rugumya Gacinya, attaché militaire du Rwanda aux Etats-Unis, et Kayumba Nyamwasa, ambassadeur du Rwanda en Inde.
APIC/COLLABORATION MAG
Après le génocide rwandais, le FPR au pouvoir a continué la guerre chez les voisins zaïrois. Des violences qui perdurent aujourd’hui encore.
KEYSTONE
ET LE RAPPORT
BRUGUIÈRE?
Certains criminels
pointés du doigt par le juge espagnol Andreu sont les mêmes que ceux désignés par le juge français Jean-Louis Bruguière, qui avait émis en 2006 neuf mandats d’arrêt contre des proches de Kagame.Autre point commun entre les rapports français et espagnol: les deux désignent le FPR responsable de l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana. Un acte sur lequel le juge Bruguière a mené son enquête, avant de lancer sans suite ses mandats d’arrêt. Alors que la justice espagnole a compétence internationale – elle peut poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide quelle que soit leur nationalité – le juge français enquêtait suite à la mort de coopérants français et de l’équipage français de l’avion visé par les terroristes.A noter que le juge Bruguière, joint à Paris par téléphone, confirme être aujourd’hui mis en «disponibilité». En d’autres termes dessaisi du dossier qu’il avait instruit.
pointés du doigt par le juge espagnol Andreu sont les mêmes que ceux désignés par le juge français Jean-Louis Bruguière, qui avait émis en 2006 neuf mandats d’arrêt contre des proches de Kagame. Autre point commun entre les rapports français et espagnol: les deux désignent le FPR responsable de l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana. Un acte sur lequel le juge Bruguière a mené son enquête, avant de lancer sans suite ses mandats d’arrêt. Alors que la justice espagnole a compétence internationale – elle peut poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide quelle que soit leur nationalité – le juge français enquêtait suite à la mort de coopérants français et de l’équipage français de l’avion visé par les terroristes.A noter que le juge Bruguière, joint à Paris par téléphone, confirme être aujourd’hui mis en «disponibilité». En d’autres termes dessaisi du dossier qu’il avait instruit.
PR
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Afrique Centrale: Kagame, est-ce la fin avec l'arrogance ? L'argument du génocide est spécieux!
Depuis les années 1990 (et même un peu plus tôt), l'Afrique des Grands Lacs est pris en otage par un groupe de bandits et criminels de grand chemin. Meurtres, génocides, viols, vols pillages sont commis dans cette partie du continent africain dans l'indifférence et l'impunité totales. Les dénonciations ne suffisent pas pour mettre un terme au calvaire aux populations civiles du Rwanda, du Burundi et du Congo dit démocratique.

A plusieurs reprises, les analystes philosophico-politiques de cette région et leurs alliés ont prouvé, avec des faits à l'appui, que Kagame, ses parrains et sa bande de bandits avaient organisé la terreur en Afrique des Grands Lacs pour servir leur goût dévoyé du pouvoir sans que cela ne m'émeuve autre-mesure les pays dits de "vieille démocratie", engagés hypocritement dans la lutte contre "le terrorisme". Combattre "ce fléau" au niveau des Etats manqués de l'Afrique Centrale a été et est encore une quadrature du cercle dans la mesure où organiser la violence à l'encontre des populations civiles rentre dans l'essence même des Etats manqués et de leur coalition mondiale. Une lueur semble poindre à l'horizon: les mouvements sociaux mondaiux et les autres collectifs citoyens comprennent de plus en plus qu'ils n'ont rien de juste et d'équitable à attendre de ces réseaux maffieux de la prédation, au Sud comme au Nord du monde.
S'inspirant du modèle des "résistants" latino-américains, partisans du multilatéralisme, ils sont en train de contourner les relations bilatérales corrompues. Au sujet de ce qui se passe en Afrique Centrale, le déclic que vient de donner la justice espagnole risque de sonner le glas de l'arrogance de Kagame et de ses hommes de paille du Rwanda et du Congo. Sur ce point, il ne serait pas mal que nous revenions sur le rôle historique joué par certains médias occidentaux, certains hommes politiques belges encore actifs dans le calvaire de l'Afrique des Grands Lacs. Ce rappel historique nous aiderait à ne pas être naïfs sur l'issue de l'aventure des réseaux opérants chez nous. Ils peuvent, à tout moment, se métamorphoser
I. La part de Colette Braeckman et celle de certains politiciens belges

Dans un article fustigeant le comportement irresponsable de Colette Braeckman s'envolant pour Kigali avec le fils Michel sans son collègue Peter Verlinden, journaliste du VRT, Luc De Temmerman notait ce qui suit: "Cette journaliste du SOIR, en connaissance de cause, se rend donc aujourd'hui auprès de cet autre criminel de guerre, chef du FPR, formateur militaire de NKUNDA, qui est en réalité à la base du titre de son article "Au fond de la détresse humaine", un président qui a fait éliminer le Président en fonction du pays qu'il prétendait libérer, et dont l'armée a tué des millions de citoyens Rwandais et Congolais dans la région depuis 1994 uniquement pour installer son pouvoir militaire au détriment de la démocratie pour le peuple rwandais." (L. DE TEMMERMAN, Kagame-feu J. Gol-G. Verhostadt-L.Michel-K. DE GUCHT: 6000.000 de morts dans la Région des Grands Lacs, dans Congoforum).
Luc publiait cet article pour réagir aux propos de Colette Braeckman écrits dans Le Soir du 21 janvier 2008, propos selon lesquels la paix dans les Kivu était liée, aux dires du Ministre des Affaires Etrangères de la RD Congo, à l'amnistie à accorder à Nkunda à l'issue de la conférence de Goma. Mbusa Nyamwisi aurait dit à Colette Braeckman ceci: "Si nous n'acceptons pas, Goma tombera demain aux mains de Nkunda." En reprenant ces inepties de Mbusa, Colette Braeckman faisait semblant de ne pas savoir que Nkunda est "un individu reconnu par le monde entier comme un criminel de guerre" et que ses "crimes contre l'humanité sont de la compétence du Procureur auprès du Tribunal Pénal International, dont la RDC a accepté la compétence sur son territoire."(Ibidem) Ceci fait dire à Luc De Temmerman (comme à plus d'un Congolais) que "cette journaliste Belge est donc manifestement un danger pour la cohésion de la population congolaise dans sa recherche pour une paix et une stabilité politique au Kivu." Pour Luc De Temmerman, Colette Braeckman ne peut évoquer, pour justifier son comportement irresponsable, le soutien dont jouit le créateur-protecteur de Nkunda auprès de "certains politiciens belges, dont feu J. Gol, G. Verhostadt, K. De Gucht et le clan Michel ( ) mais il suffit de regarder de quelle famille politique et surtout de quelle organisation philosophique font parti ces défenseurs de Kagame pour savoir qu'ils ne représentent pas l'ensemble de la population belge. Un journaliste qui n'a pas peur de détourner la vérité pour plaire à une minorité militaire, qui déstabilise la région depuis maintenant plus de 17 ans ne mérite pas de bénéficier su soutien d'un jour respecté." (Ibidem)
Ceux d'entre nous qui ont lu Pierre Péan savent de quoi parle Luc De Temmerman. En effet, "la guerre lancée par le FPR s'est jouée autant à Bruxelles que dans les collines rwandaises. C'est en effet dans la capitale belge qu'ont été installés l'état-major de la propagande et un bureau du FPR dans les mois qui ont précédé l'attaque militaire. L'équipe dirigeante du FPR, et en particulier Fred Rwigema, ont chargé des gens efficaces de répandre le "bonne parole" auprès des médias et de l'opinion publique. Disposant de relais en Allemagne, en France et en Suisse, ceux-ci ont constitué une véritable plaque tournante des actions de désinformation." (P. PEAN, Noires Fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994, Paris, Mille et une nuits, 2005, 68. Ce texte et ceux qui suivent sont tirés du chapitre intitulé Bruxelles, plaque tournante des actions de désinformation du FPR)
Jp Mbelu, Le Potentiel (Kinshasa),13 février 2008
http://fr.allafrica.com/stories/200802130256.html
22 avril 2008
Congo-Kinshasa: Le Rwanda impliqué dans le pillage de la RDC - Paul Kagame nie l'évidence, les chiffres accablent Kigali
Le président rwandais s'évertue, dans une interview à Jeune Afrique, à nier l'implication de son pays dans le pillage des minerais précieux de la République démocratique du Congo. Menaçant qu'il « n'accepte plus » » qu'on l'interroge à ce sujet, Paul Kagame se vante par ailleurs d'avoir « « beaucoup aidé le Congo ».
Mais, un document établi par le gouvernement congolais en date du 31 octobre 2002 dévoile des chiffrés et l'identité des personnalités rwandaises impliquées dans ce vaste pillage.
MEPRIS ET ARROGANCE
A l'analyse de ses réponses aux questions posées par Jeune Afrique, qui a publié l'interview dans son édition n°2466 du 13 au 19 avril 2008, le président rwandais apparaît comme un homme arrogant et qui manie le mensonge sans état d'âme.
Interrogé sur la poursuite de l'exportation depuis Kigali des minerais précieux pillés en RDC, Paul Kagame a une réaction méprisante. « Et comment ces minerais quittent-ils le Rwanda ? Via des vols hebdomadaires de Brussels Airlines ? Les Belges, qui ont pendant des décennies exploité et pillé le Congo et le Rwanda, devraient le savoir ! Tout cela est assez minable. Laissez-moi vous dire ceci : je n'accepte plus qu'on me pose ces genres de questions insultantes. Je n'y répondrai plus. C'est pour moi une perte de temps. Je n'ai que du mépris pour les gens qui colportent ces genres de rumeurs », déclare-t-il.
A propos de l'aide en sous-main que Kigali apporterait au général renégat Laurent Nkunda, le chef de l'Etat rwandais réagit sèchement : « Nous avons beau coup aidé le gouvernement congolais. Posez-lui la question et posez la question au président Kabila. Le Rwanda les a beaucoup aidés. La réalité est là. Dès lors, ne me demandez pas si nous aidons Nkunda ».
Si Nkunda est - pour les autorités de Kinshasa - un criminel de guerre, qu'est-il pour Paul Kagame ? « C'est leur problème. Elles ont essayé de le combattre et elles ont échoué, idem pour les forces négatives des FDLR. Comment comptent-elles s'y prendre désormais ? Veulent-elles vivre avec Nkunda ou sans lui ? C'est au président Kabila de le décider, pas à moi. Si Nkunda devenait un problème pour le Rwanda, je saurais ce qu'il faut faire. Mais, ce n'est pas le cas aujourd'hui », répond-il.
KINSHASA BRANDI DES PREUVES
Le 31 octobre 2002, le gouvernement de Kinshasa a rendu publique une synthèse de l'additif à son mémoire n°S/2001/1156 déposé auprès du secrétaire général de l'Onu sur le pillage systématique et l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses dans les territoires occupés de la RDC par les agresseurs rwandais, ougandais et burundais.
Au chapitre 2, consacré à la « criminalisation de l'économie congolaise », il considère que « le pillage et l'exploitation illégale des ressources de la RDC ont atteint une ampleur qui dépasse de loin le constat établi par le Panel (des experts des Nations unies); car ce phénomène porte sur l'ensemble des ressources qu'elles soient minérales, écologiques, agro-pastorales, financières, énergétiques, industrielles et surtout humaines ».
Il affirme, en ce qui concerne le diamant, que l'ampleur du trafic est confirmée par les faits et chiffres incontestables. « Des sources indépendantes crédibles évaluent des exportations rwandaises, ougandaises et burundaises des diamants de joaillerie à 12.967.047,83 carats pour une valeur de 427.046.578,39 dollars américains de 1998 en mai 2001 », révèle-t-il.Une première évaluation sommaire effectuée par Kinshasa montre que « l'estimation faite par le Groupe d'Experts des Nations unies selon laquelle le coltan a déjà rapporté au Rwanda environ 250 millions de dollars est sous - évaluée au regard du montant relevé par le Commission des Experts Nationaux Indépendants pour la période allant de 1998 à mai 2001 qui est de 774.811.256,00 dollars ».
Sans prendre en compte l'évaluation du coût humain de la guerre, le gouvernement congolais estime provisoirement les préjudices subis par l'Etat congolais « à 10 milliards de dollars américains ».
« Cette évaluation concerne les ressources minières pour 1.510.331.115,59 dollars, les ressources agro-pastorales et écologiques pour 1.737.407.196,42 dollars, les ressources financières pour 6.247.963.961,45 dollars et les ressources matérielles y compris les infrastructures sanitaires pour 622.565.026,00 » pour la période allant d'août 1998 à mai 2001, précise-t-il.
http://www.lepotentiel.com/
27 avril 2008
Justice
Allemagne : une Rwandaise de la délégation de Kagame recherchée par la France

Rose Kabuye
Une Rwandaise de la délégation ayant accompagné mercredi et jeudi le président Paul Kagame en Allemagne fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par la France, a indiqué aujourd’hui un porte-parole du gouvernement allemand, confirmant une information du quotidien Die Welt.
La responsable du protocole du chef de l'Etat rwandais, Rose Kabuye, est recherchée pour sa participation présumée dans l’accident de l'avion de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, abattu en avril 1994.
La mort de Habyarimana avait servi de prétexte pour les milices extrémistes hutues pour lancer le génocide contre les Tutsis et les Hutus modérés.
En novembre 2006, le juge français Jean-Louis Bruguière avait signé neuf mandats d'arrêt contre des proches du président Kagame qu'il soupçonne d'être impliqués dans le meurtre du président Habyarimana.
Lors d'un point-presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Jäger, a confirmé que ce mandat d'arrêt était «connu» du gouvernement allemand avant la visite et avait été «un thème» abordé par Berlin lors des préparatifs du voyage avec la partie rwandaise.
Berlin avait même informé Kigali des réticences allemandes, a précisé le porte-parole.
Martin Jäger a expliqué que rien n'avait pu être entrepris contre Rosa Kabuye, une loi allemande restreignant la compétence de la justice allemande quand il s'agit de représentants d'autres Etats qui se trouvent en Allemagne à l'invitation du gouvernement allemand, ainsi que de leur délégation.
Paul Kagame a rencontré mercredi et jeudi à Berlin la chancelière Angela Merkel, le président Horst Köhler, les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération, Frank-Walter Steinmeier et Heidemarie Wieczorek-Zeul.
www.irwanda1.com
Diaspora et Developpement: Le Point de vue d’Alain Anyouzoa
Spécialiste en Intelligence Artificielle, il est “Principal Scientist”, l’équivalent académique de Professeur d’Université aux Etats-Unis, et travaille pour la compagnie Global Info Tek Incorporated qui fait dans la recherche militaire et les systemes informatique pour le renseignement. Global Info Tek Incorporated est située à Reston en Virginie sur la côte est des Etats-Unis. Le domaine de recherche du Dr. Alain Anyouzoa est à la frontière entre la théorie des jeux, la biologie, l’économetrie, les statistiques…et la mécanique quantique.Courtisé par des multinationales, le 27 mai prochain, il occupera un nouveau poste chez Microsoft Corporation à Redmond dans l’État de Washington.Le 16 octobre 2003, il a gagné à Halifax au Canada sur 593 chercheurs venus du monde entier et travaillant pour des universités et compagnies prestigieuses comme le MIT, IBM, Microsoft, Dassault Aviation, le Best Paper Award de l’IEEE/WIC/IAT pour sa publication scientifique intitulee:” Dynamic Stochastic Capacity Princing for Resource Allocation”. Il a également été nominé pour le même titre l’année suivante pour son travail sur la stabilité des systemes dynamiques. Mais n’a pas pu competir à Beijing en 2004 parce qu’il defendait sa thèse de doctorat au même moment.Agé de 39 ans, marié et père de 3 enfants, l’universitaire donne son point de vue sur la situation peu honorable de l’Afrique et tente de proposer des solutions pour sortir le continent en général, et le Cameroun en particulier du sous développement.
Quel est d’après vous, les raisons profondes du sous développement de l’Afrique et de son retard dans l’acquisition du know how technologique ou industriel?
Alain Anyouzoa: Ma réponse sera simple et brève: le manque de volonté politique. Si je peux développer encore plus. Au lendemain des indépendances, les Africains qui étaient allés se former en Occident revenaient parce qu’ils savaient que l’avenir de leurs jeunes nations reposait entre leurs mains. Presque tous nos pays sont actuellement dirigés par ces derniers. Par la suite, l’élite intellectuelle qui avait suivi cette première génération jusque dans les années 1980, les boursiers africains et autres intellectuels formés en Occident revenaient fièrement après leurs études participer à l’effort de développement du continent. La majorité de ces intellectuels qui ont acquis le savoir scientifique et technologique, revenue au bercail, au lieu d’appliquer ce qu’ils ont appris à l’étranger, se sont vus confier des postes de bureaucrates et ont par conséquent abandonné leur mission première qui était d’aider l’Afrique à rattrapper son retard technologique. Certains de nos confrères font le choix d’abandonner la recherche pour un poste politique ou administratif. Ce qui est compréhensible dans un environnement où les ascenseurs sociaux sont grippés. Salaires misérables, manque de profil de carrière. Ayant des familles à nourrir et certainement des ambitions personnelles, c’est à qui mieux mieux.
La conséquence immédiate est que les moins résistants font tous l’école buissonnière et se mettent au service des régimes qui les abrutissent, adhèrent à des sectes et réseaux, pendant que les plus résistants s’accrochent en espèrant vainement qu’un jour viendra où nos responsables politiques comprendront la nécessité de soutenir la recherche. Le paradoxe à ce moment est que ceux de nos confrères qui sont passés dans l’administratif ou le politique sont les premiers à défendre l’indéfendable. Ceci très souvent dans une masturbation intellectuelle qui n’a d’égale que l’energie avec laquelle ils vouaient ceux qui les opprimaient aux gemonies. Comme disait un de nos compatriotes dans une lettre publique aux camerounais, “ils ont succombé aux délices faciles du quotidien et affichent leurs diplômes comme de simples médailles rappelant leur exploits passés”. Ils ne lisent plus, ils n’apprennent plus, ils ne se remettent plus en question. Ils sont supposés être les “éveilleurs de consciences”. Mais non! Ils sont repus et compromis! Pourquoi les met-on derrière des bureaux si ce n’est une stratégie pour tuer leur génie! Un pays peut-il avancer quand la science est sacrifiée à l'autel des lubies de ses dirigeants? On a l’impression que ceux qui étaient qualifiés d’illettrés lors et après nos indépendances avaient fait mieux! Comprenez-moi bien. Je ne suis pas entrain de dire que des ingénieurs et des docteurs ne devraient pas occuper des postes de responsabilités.
Mais la proportion de docteurs, ingénieurs et techniciens de tous bords “fonctionaires” en Afrique est alarmante!Aujourd’hui, le constat est clair et evident. La grande majorité des hommes de science de l’Afrique formés après les années 1980 et surtout à partir des années 1990 ne rentrent plus en Afrique une fois leurs études terminées. Ces derniers occupent des postes de professeurs ou de chercheurs dans des universités et des grands centres de recherche à la pointe de la science et de la technologie soit en Europe, en Asie et de plus en plus en Amérique du nord. D’autres préfèrent ”laver les assiettes dans les pays où ils ont etudié quand ils n’arrivent pas à trouver un travail à la hauteur de leur compétences”. L’Afrique compte aujourd’hui à travers le monde, pas moins de 40.000 PhDs ou docteurs d’État dans des domaines de la science et la technologie, et une grande majorité se trouve en ce moment aux Etats-Unis.
Toute cette diaspora africaine de la matière grise est prête à aider le continent et je suis certain qu’une grande majorité veut rentrer aider l’Afrique à relever le défi technologique pour son développement. Mais, il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de pesanteurs au sein des classes dirigeantes de nos jeunes États. L’Afrique ne fait rien ou pas assez pour encourager le retour des intellectuels africains comme ça se fait en Chine, en Inde, etc. Le véritable problème n’est pas financier ou économique. Il est plutot politique. Nous en discutons assez souvent entre nous. Nos politiques ne font rien pour nous encourager à retourner dans nos pays.Si je prends mon cas particulier et mon champ de recherche, aucune structure de recherche au Cameroun ne peut me donner les conditions minimales nécessaires pour poursuivre ma recherche. Ce n’est pas un problème de salaire qui me préoccupe, mais plutôt la situation socio-politique. Des conditions de travail adéquates et un environnement stable et viable sont nécessaires pour favoriser l’éclosion du savoir et la compétition avec d’autres chercheurs du monde. Je pense personnellement que nos confrères qui travaillent actuellement en Afrique sont des héros. Quand je pense à leurs conditions de travail, j’ai beaucoup de respect pour eux au vu de leur productivité scientifique. Imaginez un seul instant qu’on leur donne un peu plus de moyens!Pour vous faire comprendre la difficulté d’aider l’Afrique et les freins que nous rencontrons à l’exemple du Cameroun, je vais vous donner un exemple bien simple.
J’ai rencontré un haut responsable en charge de l’enseignement supérieur au Cameroun et lui ai proposé d’aller, à mes frais, donner chaque année, des cours pendant au moins deux semaines, gratuitement aux étudiants de l’école Polytechnique ou d’une université camerounaise afin de leur faire profiter de l’avancement des connaissances, et de mes recherches dans mon domaine. Je n’ai jamais reçu une suite à ma demande. J’étais même prêt à mobiliser un certain nombre de mes collègues et amis africains et non-africains qui aimeraient aider le continent africain! Quelques temps après, j’ai fait la même proposition à la présidence rwandaise. Le courriel que j’avais envoyé autour de 22 heures, heure de Washington DC avait été répondu favorablement en l’espace d’une heure d’intervalle le même jour. Le choix du Rwanda était guidé par la volonté du régime à doter ce jeune pays d’une des meilleures plateformes technologiques d’ici l’horizon 2020. Le Rwanda, ce petit pays africain qui a connu des traumatismes inoubliables en 1994 a compris qu’il ne peut pas exister sans la volonté de sortir de la pauvreté, et donc du sous-développement. Au même moment, les dirigeants de mon pays d’origine se plaisent à voir le Cameroun dans la situation dans laquelle il se trouve puisqu’ ils refusent l’apport gratuit des camerounais de la diaspora.
Pouvez-vous imaginer qu’un chargé de cours gagne près de 4 millions de FCFA par mois au Rwanda alors qu’un enseignant dans une université camerounaise gagne à peine 200 mille FCFA par mois? J’ai rencontré un jeune enseignant béninois en Novembre 2007 à une conférence à la Silicon Valley en Californie qui voulait partir de son poste qu’il occupe dans une université de la région des grands lacs pour le Rwanda pour faire un million de FCFA en plus par mois! Connaissant le Cameroun, j’avais l’impression que l’histoire de ce jeune enseignant africain, jonglant ainsi entre deux pays en Afrique relevait d’un recit Kafkaen. J’étais à la fois intrigué et fier de voir un tel dynamisme et cet intérêt poussé pour ce petit État montagneux et enclavé de la région des grands lacs – Le Rwanda.La raison pour laquelle un pays comme le Cameroun est en retard n’est nullement le manque d’expertise. Je peux vous garantir que vous trouverez des camerounais dans tous les domaines scientifiques et techniques imaginables. Le problème est le manque de volonté politique, le manque de vision, l’absence de conditions nécessaires pour un meilleur epanouissement intellectuel. On peut aussi debattre sur les libertés individuelles Vous ne pouvez pas envoyer vos enfants aller étudier à l’étranger, et leur demander à leur retour d’oublier les valeurs morales et sociales (positives) qu’ils ramenent avec eux dans leurs bagages quand ils rentrent au pays. C’est leur demander de renier une partie d’eux-mêmes. Voilà d’une façon non exhaustive, autant de goulots d’étranglement à l’essor et la prospérité d’un pays comme le Cameroun.La clé de notre retard se résume simplement par le manque de volonté politique de nos dirigeants.
Vous aviez appris que le chef de l’État Paul Biya du Cameroun a modifié récemment la constitution surtout l’Art 6 alinéa 2 pour se représenter N+1 fois aux élections présidentielles. Face à une gouvernance politique de cette nature, pensez-vous qu’il existe une possibilité de sortir du sous-développement?
Personnellement, je ne pense pas que le chef de l’État soit seul responsable du pourrissement de la situation au Cameroun. Le dire serait de la malhonnêteté intellectuelle. En dehors du chef de l’État, je pense qu’il y a des gens autour de lui qui prennent aussi des décisions. Pensez vous que M. Paul Biya, se trouverait offensé qu’un ministre en charge de l’Enseignement supérieur ou de la Recherche scientifique aie pris des mesures, visant à encourager le transfert du savoir faire des hommes de sciences camerounais de la diaspora pour le bénéfice du Cameroun.Je ne pense pas que ce dernier se verrait blâmer ou limoger de son porte-feuille ministériel. Pour cette raison, le tort ne saurait revenir au chef de l’État tout seul, même s’il est à la tête du pays. Le tort revient au système tout entier. C’est tout un systeme qui est responsable de nos malheurs. C’est ce systeme qui nous abrutit, nous accable, traîne les pieds et freine toute velléité de progrès.Si le prochain président de la république est de l’entourage du chef de l’État Paul Biya, je suis certain qu’il sera difficile de voir changer les mentalités qui compromettent le progrès du Cameroun. Cependant, il faudrait s’attendre à certains changements parce que le nouveau président amenera certainement avec lui ses hommes de confiance. Il bâtira son propre système, un système qui lui permettra de diriger. Qui sait?
Il nous surprendra peut-être. Je n’ai pas de solution magique, mais je suis convaincu que la majorité des camerounais de la diaspora ayant un réel souci de transformation de notre société veulent voir les choses changer. Ils pensent être mieux placés pour gérer de manière efficiente et mener le pays vers un développement durable. Cependant, ils doivent comprendre que le Cameroun n’est pas un pays facile. Mon père a fait sa carrière dans le commandement. Pour avoir servi dans diverses régions du pays, il connaissait bien le Cameroun. Il me disait toujours que le Cameroun n’est pas facile à diriger. Nous avons nos réalites qui nous sont propres, et, malgré tous les diplômes que nous engrangeons à l’etranger, sans une connaissance et une comprehension profondes de nos réalites locales, il est impossible de diriger efficacement le Cameroun. Ceux de la diaspora qui veulent aider leurs pays doivent composer avec ceux qui sont sur place. Il n’y a pas que des idiots et des repus sur place. Il y’a aussi des gens competents qui n’attendent que la bonne occasion pour éclore. J’aimerais aussi que nous de la diaspora soyons francs avec nous-mêmes. Nous avons toutes ces belles idées quand nous sommes à l’exterieur et/ou hors de la mangeoire. Dès que nous recevons un petit strapontin, nous morphons et devenons ce que nous recusions par le passé. Puis, nous commençons à parler la bouche pleine.
La panacée pour sortir les pays africains du sous-développement semble être le développement durable. Seigneur! Quelle belle expression! Je vous parie que la majorité des intervenants africains dans les colloques internationaux, ne comprennent même pas ce que cette expression veut dire. Loin de moi l’intention d’insulter leur intellect. Je ne vois tout simplement pas les signes accompagnateurs de la maîtrise de ce concept dans nos societés. Les projets sont menés sans tenir compte des études environnementales qui ont été faites à coup de centaines de millions de FCFA, des édifices construits avec l’argent des contribuables ne sont pas entretenus. On attend que les ascenseurs ne fonctionnent plus du tout pour les remplacer tout simplement! On signe des contrats d’achats de systèmes informatiques avec des societés occidentales (françaises en occurence) à la BEAC sans exiger que les fichiers sources soient la proprieté de la BEAC. Au moindre petit problème, il faut appeler “UN SPECIALISTE BLANC” –formé sur le tas s’il vous plaît - qui viendra à coup de millions, passer une semaine sous le beau soleil africain pour résoudre un petit problème de 10 minutes au frais de la BEAC! Grand Dieu! Et on parle de développement durable. Le développement durable nécessite une culture de développement. Une vision. On doit apprendre à prevoir. Pouvoir adapter des solutions qui ont marché ailleurs à nos problèmes en tenant compte de nos specificités. Pouvoir se reinventer! Le développement durable est plus difficile que vous ne le croyez. Pour une societé aussi ancré dans le laxisme et les passe-droits comme le Cameroun, permettez-moi de douter de la volonté de certains quand ils prononcent ces deux mots.
Un proverbe chinois dit que le poisson pourrit toujours par la tête. Il est vrai, le problème du Cameroun tout comme celui de l’Afrique entière est celui du système en place. Cependant, à la tête d’un système tout comme celui d’un équipage de bateau ou d’avion, il y a un capitaine de navire ou un commandant d’aéronef. Dès lors, tous les malheurs de ce système reposent avant tout sur la tête du commandant en chef qui est le chef de l’État. C’est clair. D’où l’intérêt de pointer le doigt accusateur d’abord sur le Président Paul Biya. Qu’en dites-vous?
Je ne suis pas entrain de faire la défense du Chef de l’État tout comme je me refuse de politiser le débat. Mais pour vous donner un exemple de progrès dans le totalitarisme, regardez la Chine. J’invite les uns et les autres à faire la différence entre la politique et le développement, bien que les deux soient intimement liés! Je ne suis pas un spécialiste des questions de développement, mais je sais tout de même additionner 2 et 2.La Chine est l’une des dictatures les plus violentes au monde. Cependant, l’empire du milieu est entrain de rivaliser, voire même menacer la légitimité de la superpuissance américaine dans ce 21ème siecle. Ceci grâce à la maîtrise de la science et de la technologie et à l’apport de sa diaspora à travers le monde. La Chine a su créer les conditions d’un développement durable. La Chine a créée les conditions nécessaires à l’éclosion d’une classe moyenne qui est le veritable moteur de son développement. La Chine a créée les conditions favorables au retour de sa diapora. Les chinois ont par exemple le droit d’avoir plusieurs nationalités. Ce qui permet une meilleure circulation de ses citoyens. Qui dit circulation dit mobilité et opportunités d’études, de travail, etc. C’est la preuve que même dans une dictature, on peut faire avancer les choses si la volonté existe réellement. Pour vous dire la vérité, je ne suis qu’un scientifique et je ne peux proposer que des solutions scientifiques aux problèmes africains. Je formule le vœux que les dirigeants politiques au pouvoir en Afrique mesurent le retard de leur pays respectif et manifestent plus de volonté politique à changer le visage peu honorable que nous montrons. L’image d’une Afrique meurtrie par la misère et le poids trop lourd de son sous développement.
L’Afrique représente trois fois la superficie du continent européen et environ 14% de la population mondiale. Malgré son potentiel, le continent noir demeure à la traîne du progrès. Est-ce qu’il faut décidément donner raison aux européocentristes et afro pessimistes qui pensent que les africains sont congénitalement réfractaires à tout ce qui relève du développement?
Les africains ne sont pas réfractaires au progrès social, au développement. Cependant, je crois qu’il y a des pesanteurs intérieures et extérieures qui empêchent le take off ou le décollage de l’Afrique. J’ai la conviction que certaines personnes aussi bien dans nos États qu’à l’extérieur travaillent dur pour nous garder sous-développés. J’ai la ferme conviction que les classes dirigeantes africaines sont des coopérants au service des puissances occidentales dans leur propres pays. Ils sont en mission d’abrutissement et d’exploitation en Afrique. Ils ont tous des passports étrangers et ont leur enfants en occident. Ils ont toujours sous la main un billet d’avion pour partir au moindre soubresaut. Cette situation de l’Afrique joue en leur faveur parce qu’ils n’ont pas de compte à rendre à ceux-la qu’ils administrent pour le compte de leurs maîtres occidentaux. Ils traîtent mieux leurs animaux domestiques que le contribuable qui paie les impôts avec lesquels ils sont grassement payés. Je les plains à la fin parce qu’ils sont eux-mêmes prisonniers dans ces vastes prisons que sont les pays africains. Ils sont autant prisonniers que ces prisonniers qu’ils tiennent fermement sous leurs jougs pour le compte de leurs maîtres.
Malheureusement pour eux, quand ces populations en haillons se rebellent parce que trop affamées et brimées, ils n’ont que ces prisons pour se sentir vivre parce que ne pouvant pas supporter les hivers occidentaux qui tyrannisent leur rhumatisme. Les bons mets de chez eux leur manquent, pour ceux qui choisissent l’exil. Ils sont parfois obligés de négocier leur retour et deviennent prisonniers des nouveaux gardes prisonniers. Et le cycle recommence.Il faut savoir que le développement de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur. Notre changement viendra de l’intérieur. Pour cela, il faut une réelle prise de conscience de l’intérieur, des africains, pour faire bouger les choses dans l’optique de booster le développement de l’Afrique. Prenons un autre exemple. La Tunisie et le Maroc. Ces deux pays ne peuvent pas se prévaloir d’avoir plus de liberté individuelle que le Cameroun. Cependant, en matière de progrès social, économique voire technologique, ces pays sont de loin plus avancés que le Cameroun car la volonté de développement y existe. C’est tout le contraire au Camroun. Au Cameroun, nous assistons à une frenesie devorante et destructrice dans laquelle les camerounais de tous bords, certains avec l’aide de l’étranger, se bousculent autour de ce grand malade qu’est le Cameroun, le charcutent de toutes parts comme des fauves, et vont cacher des morceaux dans l’attente des mauvais jours. Ils jouent à qui pillera plus et le plus vite.
C’est à qui mieux mieux. Un safari aux relents de crimes contre l’humanite!A l’époque où j’étais étudiant en Belgique, j’ai un ami tunisien qui m’avait dit que leur gouvernement envoyait chaque année, des hautes personnalités faire le tour des pays du monde pour recruter des médecins, des scientifiques, des ingénieurs pour venir combler des postes en création ou vacants dans le domaine médical, l’enseignement et la recherche. Aujourd’hui, la Tunisie a une expertise dans des domaines comme les travaux publics, le bâtiment, l’informatique, la médecine, le tourisme, etc. De nos jours, les européens traversent la méditerranée pour aller se faire soigner en Tunisie. Ce tourisme médical génère des millions de dollars chaque année dans ce pays. Tout ceci a été possible en Tunisie grâce à la prise de conscience de tous les maillons du système au pouvoir. Nous savons pourtant que le camarade Ben Ali est l’un des démocrates les plus respectueux des libertés individuelles au monde. Suivez mon regard. Il n’y a qu’à lire le discours de Sarkozy le mois dernier à Tunis. Le camarade Ben Ali n’est pourtant pas plus démocrate que Paul Biya. Comparé à la Tunisie, le Cameroun est un îlot de liberté. Mais au moins, les résultats économiques et le progrès social sont perceptibles dans tout le pays. Là encore se pose une question de volonté politique du chef de l’État et de tout son entourage. Jusqu’à une certaine année, et peut-être encore jusqu’à ce jour, les camerounais representaient le groupe étranger le plus representatif dans le corps médical et dans l’ingenierie en Belgique. Nombreux sont ces médecins et ingenieurs camerounais formés en Belgique qui sont rentrés au Cameroun. Deçus par les structures d’accueil ou leur manque, ont préféré repartir avec la ferme décision de ne plus revenir au pays si les choses ne changent pas. Le savoir faire ne manque pas en Afrique et particulièrement au Cameroun.
Une fois encore, j’insiste pour dire que c’est une question de volonté politique. Il y a beaucoup qui trouvent leur compte dans la frange dans laquelle nous insistons parce que cette situation fait leur affaire. Non pas qu’ils ignorent ce qu’il y’a lieu de faire pour le bien-être de tous. Un autre exemple que j’aime bien cité, c’est celui de la Corée du sud.La Corée du Sud s’est transformée à l’époque d’un président qui avait dirigée le pays d’une main de fer. J’ai vu à la télé, un documentaire saisissant dans lequel on montrait comment les sud-coréens ont appris à construire des ponts, et ont bâtis leur industie lourde, bien avant les investissements massifs des Etats-Unis d’Amerique dans leur économie. D’échec en échec, la Corée a fini par apprendre et est devenue le tigre qu’on connait aujourd’hui. Bien des camerounais ignorent que le PIB de la Corée du Sud était inferieur à celui du Cameroun dans les années soixante, et que le Cameroun pretait même de l’argent à ce pays. Ce qui voudrait dire que même dans une dictature, il est possible de créer des richesses et resorber le sous développement. Les africains ne sont pas des attardés. Les raisons de notre retard sont ailleur!
Pourquoi les chefs d’État africains ne peuvent pas œuvrer à mettre sur pied des masse critique, des regroupements, des centres d’excellence pour la recherche africaine pour attirer les chercheurs à revenir faire la science et la technologie sur le continent parce que la recherche demande énormément d’argent surtout dans certains domaines?
C’est bien pensé mais il faut savoir qu’il y a des domaines de la recherche qui ne demandent pas beaucoup d’argent. C’est le cas de l’informatique qui est devenu en quelques années la pierre angulaire sans laquelle aucun développement n’est possible. Pour faire de la recherche en informatique ajourd’hui, on a juste besoin d’un ordinateur et d’une connexion internet. Aujourd’hui, presque toute la connaissance est disponible sur le net, et ceci gratuitement s’il vous plaît! On peut s’eduquer et créer à moindre frais. Je défie quiconque va me prouver le contraire. Pour ce qui est de la technologie, sa maîtrise peut se faire de la même façon. Je vous prends le cas des programmeurs. On n’a pas besoin d’un grand bagage académique pour créer des programmes informatiques. En plus, vous trouvez gratuitement sur le net des solutions à pratiquement tous les problèmes que vous rencontrez dans le domaine. Sur le net, on trouve même des recettes pour construire des bombes. Il existe même des sites qui montrent comment construire une bombe atomique. Ce qui vous manquera, c’est le matériel pour le faire. C’est là qu’il faudrait faire la différence entre la science et la technologie. La science vous donne la theorie nécessaire à la conception de la bombe, et la technologie vous donne les outils, le materiaux et les techniques pour construire la bombe proprement dite. Ceux qui disent que l’Afrique n’a pas de moyen pour faire la recherche ou de maîtriser la technologie sont soit ignorants ou alors de mauvaise foi. Nous avons le “Know How”, c’est à- dire la connaissance. Pour construire une maison, un immeuble au Cameroun, faut-il faire venir des maçons en Guinée Équatorialeou du Gabon? Je pense que non car ils sont formés dans les collèges d’enseignement technique industriel et commercial(CETIC).
C’est la même chose en informatique parce que, pour construire un programme informatique, quelqu’il soit, on a pas besoin que tous ceux qui travaillent sur le projet soient titulaires d’un PhD. Dans la majorité des cas, vous ne trouvez même pas des docteurs et des personnes avec le titre formel d’ingenieur dans la construction des programmes informatiques. L’experience tout simplement fait souvent l’affaire! On peut former de bons programmeurs sans que ceux-ci ne soient passés dans une école d’informatique pour prendre des cours formels. Je vous forme un programmeur en un mois, et un bon programmeur en 6 mois sans connaissances préalables en informatique! Pour ceux qui ne le savent pas, construire un programme informatique c’est comme construire une maison. Vous avez un architecte qui conçoit la maquette de la maison, fait l’étude du terrain, les dessins techniques etc. Et vous avez les maçons qui savent comment mettre une brique l’une sur l’autre. Donc, vous aurez un architecte pour 10, 20, 50 maçons et voire plus. Vous pouvez aussi avoir un ou deux contre-maîtres qui s’occupent de certains aspects du programme informatique et vous aident à diriger les maçons. Je parle par expérience pour avoir occupé le poste de “Chief Architect”, et avoir construit des programmes informatiques valant des millions de dollars americains. Formez-nous ces programmeurs dans les CETICs! C’est possible. C’est pas de la magie! Nous pouvons former des programmeurs comme on forme des maçons dans nos CETICs!Nous manquons d’argent pour faire la recherche poussée dans des domaines comme la physique nucléaire.
Mais en informatique, il ne faut pas de grands moyens pour commencer. C’est une évidence. Seulement, nous devons savoir qu’il ne suffit pas de commencer à faire de la recherche, il faut être capable de la soutenir pour espérer en récolter les fruits. Le développement se soutient. On ne doit pas créer des stuctures de recherche et les laisser deperir comme on a si bien appris à le faire avec les bâtiments publics. On les construit et on les utilise jusqu’a ce qu’ils rendemt l’âme (i.e. deviennent insalubres et inutilisables). Il ne suffit pas de souhaiter le développement, il faut créer des conditions pour soutenir ce développement.Au vu de ce que le monde est entrain de devenir, un monde dans lequel la maîtrise de l’informatique et des technologies de l’information en général sont devenues incortournables, je me pose bien la question de savoir comment on entrevoit le développement durable sans la maîtrise de ces outils. Je lis la presse camerounaise tous les matins, et je tombe regulièrement sur les colloques et seminaires pour la maîtrise des TIC. Je pense que les discours ne nous menerons nul part. Pendant que nous donnons des discours, les autres avancent pratiquement. Le Cameroun, avec ses chômeurs licenciés en lettre, en droit ou en sciences économiques pourrait mettre sur pieds une vaste campagne de reconvertion vers l’informatique et ainsi attirer les compagnies étrangeres qui trouveront sur place une main d’oeuvre qualifiée et bon prix, et facilement renouvelable. Donnez moi un licencié en lettre, je vous en fait un programmeur, peut-être pas un informaticien. Il y a quelques années, la Belgique et l’Allemagne ont sollicitée la main d’œuvre informatique de certains pays comme l’Inde. L’intégration de ces indiens fut tellement difficile (xenophobie rempante, etc.) que l’Allemagne dut abandonner l’expérience au bout d’un certain temps. La Belgique quant à elle s’est résolue à faire de certains de ses chômeurs, des programmeurs en leur donnant une formation accélérée de trois mois, et ceci gratuitement. Parmi ces chômeurs, il y avait des africains notamment des camerounais formés dans d’autres domaines en Belgique.
Pourquoi au Cameroun a-t-on des difficultés à emuler et imiter les bonnes choses qui se font ailleurs si nous ne sommes pas capable de trouver des solutions innovatrices par nous-mêmes.La science nous a été donnée. Elle est enseignée un peu partout dans le monde, disponible sur la toile. Il en est de même de la technologie. Mais une certaine technologie ne nous sera jamais donnée. On nous permettra de l’utiliser sans toutefois nous permettre de la maîtriser. Vous n’avez qu’à voir comment les brevets sont libelés. La retro-ingenierie est sevèrement punie, bien que certaines nations s’en moquent et dissequent le travail fait par d’autres pour en maîtriser les contours. Cherchons à maîtriser la technologie à notre portée. Le gouvernement doit encourager les camerounais à acquerir par exemple des outils électroniques (commes des ordinateurs) et d’autres à des taux préférentiels en terme de taxation douanière, pour faciliter l’accès de ces outils au plus grand nombre. Vous verrez la suite. Nous devons aussi nous assurer que nous appliquons les connaissances scientifiques acquises à la résolution des problèmes locaux. Chaque pays, chaque région du monde a des problèmes qui lui sont propres. La science a ceci de bien qu’elle est juste un outil dans la chaîne de production. Un outil bien versatile. Les lois de la physique par exemple sont les mêmes sous tous les cieux. Il faut donc faire cette science notre.
Comme disait le Prix Nobel de littérature Portugais José Saramago, "La langue appartient à ceux qui la parlent, pour le meilleur et pour le pire", je dirais aussi que la science appartient à ceux qui la maîtrisent, pour le meilleur et pour le pire.Il faut aussi encourager les chercheurs. Sans un soutien réel des pouvoirs publics, ces derniers ne pourront pas soutenir le développement du continent. J’ai par exemple lu un article dans un journal camerounais dont je ne me souviens pas le nom qu’un chercheur camerounais avait mis au point, il y’a une dizaine d’années, une espèce de semence de riz très riche en proteine, et qui permettait aussi d’augmenter sensiblement la productivité. L’espèce de riz en question est actuellement cultivée en Afrique de l’ouest. Ce qui est une bonne chose. Mais pourquoi pas au Cameroun où elle a été conçue? Ah je vois. Les prescriptions du FMI. Qu’est-ce qui nous y a amenés? Le manque de prévision. A quoi servent donc tous ces “thésards ou docteurs” qui pullulent dans les ministères en charge de l’économie et de la planification? Le chercheur cité plus haut est un héros pour la région ouest africaine. Pas au Cameroun où il est clochardisé comme bien d’autres grands esprits de chez nous.
Comment pouvez vous imaginer qu’ un camerounais de la diaspora qui veut revenir dans son pays d’origine se voit obligé d’obtenir une invitation formelle de quelqu’ un du Cameroun. Pourtant en Chine ou ailleurs,tu auras beau avoir dix citoyennetés différentes,le jour où on veut rentrer en Chine, le pays vous offre les conditions d’une bonne intégration à votre retour. Ensuite, le gouvernement chinois met à votre disposition, des moyens soit pour créer un laboratoire de recherche avec une équipe de chercheurs si vous êtes un homme de science. Dailleurs, savez vous qu’après l’élection de Jean Ping à la tête de la Commission de l’Union africaine, l’agence Chine Nouvelle ou Xinhua s’est félicitée de son élection. En fait, ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que le père du gabonais Jean Ping était un chinois arrivé au Gabon dans les années 1930.Cela veut tout dire.
Au Cameroun, la diaspora ne fait-elle pas peur au régime?
Le problème que vous soulevez est réel. Cette politique peut être bonne et mauvaise. Personnellement, pour aller au pays, je dois faire la demande d’un visa. J’ai pris la nationalité américaine par nécessité. Je fais dans la recherche militaire et les systèmes informatiques pour le renseignement. Aux Etats-Unis, pour travailler dans des domaines comme ceux là, il faut avoir la citoyenneté américaine. Ce sont des domaines qui sont réservés uniquement aux américains. Le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité. Si je dois aller au pays, il faut que je donne des raisons à l’ambassade du bien fondé de mon voyage au Cameroun.Toutes ces mesures sont la preuve du manque de volonté politique de nos dirigeants. En effet, ces derniers savent que le pays possède des citoyens valables hors du pays. Le refus de les impliquer dans le combat pour le développement pourrait peut-être s’expliquer par la peur de l’inconnu. En effet, ces enfants qu’on a envoyés à l’exterieur pourraient venir créer des problèmes nouveaux, avoir des revendications qui pourraient remettre en question un certain ordre établi. D’ou des mesures restrictives et suicidaires comme celle prise à l’endroit des camerounais vivant à l’étranger. Nos dirigeants sont conscients du fait que la diaspora camerounaise ne sera pas docile comme le sont ces citoyens de l’intérieur. Ensuite, la plupart des camerounais de la diaspora ont une double nationalité et leur créer des problèmes n’est pas chose facile pour nos dirigeants compte tenu de l’influence du pays d’adoption. Cependant, une question se pose. Comment résoudre l’équation inextricable qui résulte de l’incompatibilité structurelle, doctrinale et idéologique entre la gestion de la chose publique telle qu’elle est faite sous les bananiers (en Afrique) et le besoin de développement? Toute la problématique du développement africain est là. Nos dirigeants devront un jour ou l’autre répondre à cette question.
La recherche scientifique est fonction de la spécificité de chaque pays?
Exactement, la recherche scientifique et technologique vise à résoudre les problèmes spécifiques de chaque pays. Les problèmes aux États-Unis sont différents de ceux du Cameroun. Prenons un autre exemple simple. L’obesité est un probleme de santé publique aux Etats-Unis alors que le Cameroun doit faire face aux maladies comme le paludisme qui prennent des proportions endémiques. Les priorités doivent forcement être differentes. Cependant, avec la mondialisation qui nous est imposée, certains types de problèmes deviennent progressivement les mêmes dans plusieurs, sinon tous les coins du globe. Vous avez ainsi le diabete qui devient un problème de santé publique dans des pays comme l’Inde, et même le Cameroun à cause entre autre du manque d’exercice, qui lui, est dû aux multiples facilités que nous avons aujourd’hui (vehicule, fast food, etc.). Nos priorités dans certains domaines pourraient donc rencontrer ceux d’autres pays où d’autres régions. Mais toujours est-il que cette science ou recherche qui sera faite sur des problèmes communs devra être adaptée à nos cultures, notre climat, notre biodiversité, etc. Si on prend l’example du diabete cité plus haut, vous verrez qu’il existe un diabete de type tropical que vous ne trouverez qu’en Afrique sub-saharienne.Pour ce qui me concerne, j’ai fait la recherche sur les systèmes distribués, et les agents intelligents. Je ne vois personnellement pas, du moins dans l’immediat comment ce genre de recherche peut profiter au Cameroun. Le genre de recherche que je fais entre plutôt dans l’outil de production, alors que le Cameroun n’est encore qu’un consommateur. Neanmoins, ça ne ferait pas de mal d’enseigner ces connaissances à des compatriotes.
Quel est le regard que vos collègues américains portent sur vous qui faites la recherche militaire?
En Europe, on pourrait avoir un autre regard sur moi. Je me rappelle d’un de mes professeurs en Belgique qui m’avait demandé si je rentrerais un jour au Cameroun, vu le genre de recherche que je fais, et les resultats que j’obtiens. Cet enseignant me prenait pour un oiseau rare. Et à cette époque, je me rappelle que j’étais l’un des rares africains dans le département d’informatique de mon université. Pour le lecteur, je dois preciser que j’ai fait toutes mes études d’informatique dans une université neerlandophone. Mais aux Etats-Unis, c’est différent, car les américains sont très ouverts. Le pays est un grand carrefour du monde. Les gens viennent de toutes les régions de la planète et les competences sont reconnues. Quand vous êtes compétent dans le pays de l’oncle Sam, Vous n’avez pas l’impression d’être un étranger. Le racisme devient un problème pour les couches pauvres de la societe et les moins scolarisés.
Est-ce que les africains de la diaspora se réunissent autour d’un cercle d’hommes de science aux Etats-Unis comme le font certaines communautés notamment indienne ou chinoise?
Vous allez trop loin. Dans la communaute camerounaise de la région de Washington DC où je vis, la communauté est morcelée en association sur des bases ethniques ou tribales. Ce qui n’est pas mauvais d’un point de vue culturelle et même sociale. Mais cela peut aussi representer un frein pour l’évolution de la communauté camerounaise dans son ensemble. Nous avons besoin d’un mouvement qui refletent toutes les couches et la diversité de la nation camerounaise. C’est la seule façon pour nous d’avoir une certaine visibilité et faire contre-poids face aux velleités d’hégemoniques d’autres communautés aux USA. Pour exemple, Il y avait des postes d’emploi ouverts au sein de l’ enterprise dans laquelle je travaille. J’ai fait circuler l’information demandant des CV de camerounais pendant trois mois dans la région de Washington DC. Ils sont pourtant nombreux, mais je n’ai reçu que deux CV venant de personnes n’ayant pas le profil requis. Pourquoi mon information n’a pas pu circuler? Je suis certain qu’il y’a eu retention de l’information. Il faut dire les choses comme elles sont. Nous camerounais savons être égoïstes. Nous avons des competences dans la communauté. Mais l’information n’a pas circulée. Raison pour laquelle, beaucoup de camerounais n’ont pas postulé. En face, vous avez les rouleaux compresseurs chinois et indien, et ceux d’autres communautés moins visibles, mais très soudées comme les Sénégalais et les Maliens. Eux ont compris que l’union fait la force. Résultats des courses, les nôtres ont des problèmes à trouver des emplois parce qu’ils n’ont pas eu de “tuyau”. Comprenez-moi bien. Il ne suffit pas que l’on dépose votre dossier sur la table d’un responsable des ressources humaines pour être engagé. Il faut aussi être competent.
Le plus dur, c’est d’avoir son CV sur la table de ce responsable. Quand la reférence vient de l’interieur de la boîte, très souvent le traitement du CV est différent. C’est ce que les autres communautés ont compris. C’est regrettable qu’il n’existe pas une communauté véritablement camerounaise. Pourtant, c’est au sein d’un regroupement de ce type qu’on peut discuter des vrais problèmes de développement de notre pays. Les clivages que j’ai relevés plus hauts apportent toutefois une certaine cohesion et un sentiment d’appartenance à une entité commune. Ils permettent de discuter des problèmes du village et apportez un certain développement dans nos contrées respectives. Mais la question que je me pose est celle de savoir où est le Cameroun dans tout cela? On s’intéresse à l’intérêt ethnique, ce qui n’est pas mauvais, mais pas à l’intérêt national. Ce sont des schémas que nous avons importés du Cameroun, et nous n’avons pas eu la force ou la volonté de transcender ces clivages et jouer le jeu du nombre comme font les autres communautés plus structurées. Si nous montons d’un cran dans cette analogie, vous comprenez que nous sommes loin de pouvoir parler d’une seule voix à l’échelle continentale. C’est pourtant pas des gens capables qui manquent.
La course au parti démocrate est rude entre deux candidats, le sénateur africain américain Barack Obama et une femme, la sénatrice Hillary Clinton. Quelle est votre analyse des deux forces en présence?
Je suis heureux des exploits du sénateur noir Barack Obama car il donne une certaine fierté aux africains. Je suis très fier de lui. Mais mon cœur continue de balancer entre les deux candidats. En effet, j’aime beaucoup madame Clinton autant que j’aime Obama. Mon souhait serait de les voir tous les deux à la Maison Blanche comme Président et Vice Président. De toute manière, quiconque sera nominé aura mon vote.L’élection de Barack Obama va certainement apporter un changement de mentalité et va forcer les uns et les autres à regarder le noir autrement à travers le monde. C’est sûr. Sa présence à la tête du pays le plus puissant du monde aura un impact majeur et certain sur la manière de faire la politique en Afrique. Mais j’ai peur qu’il ne puisse pas aider les noirs comme il voudrait. Tout geste en direction de l’Afrique sera interprété autrement par les lobbys et les autres communautés. Il aura les mains un peu liées. Je pense par exemple à un plan Marshall pour l’Afrique comme celui qui a été implementé en Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mais j’ai peur que cela ne puisse pas marcher si nous ne changeons pas notre façon de gerer la chose publique, si nous ne changeons pas nos mentalités. Ça ne servira à rien si nous continuons à nous adonner a notre sport favori: Detourner les fonds publics pour les cacher dans des paradis fiscaux.
Est ce que vous avez une dernière préoccupation que nous n’avons pas abordée mais donc vous souhaitez donner votre opinion?
Je voudrai revenir une derniere fois sur le problème de transfert de technologie. Je pense que nous devons nous reveiller. D’après moi, le transfert de technologie s’est déjà fait. Nous sommes formés dans plusieurs domaines à la pointe de la science et de la technologie dans des écoles et universités occidentales. Quel autre transfert de connaissance souhaitons nous obtenir de l’occident? Il est question de prendre cette science là et l’implémenter en Afrique. C’est tout. Je vous ai dit plus haut qu’il y’a des technologies que l’on ne nous donnera jamais. Ne rêvons pas. L’occident a eu à dépenser des budgets colossaux pour les recherches ayant menée à la création de ces technologies. Pourquoi voulez-vous qu’on vous donne ces technologies gratuitement? Nous avons le savoir theorique. Bâttons-nous pour créer des technologies adaptées à nos conditions, à notre environnement, des technologies propres. L’intelligence, c’est la faculté d’adapter les moyens aux fins. Nous avons l’intelligence qui semble la chose la mieux partagée au monde. Nous avons acquis des connaissances theoriques et pratiques. Mettons nous au travail. La balle est dans notre camp.Voilà plus ou moins ce que j’avais à dire.
Ferdinand Mayega au Québec, journal LECOMBATTANT
Rwanda : La condamnation d’un médecin pour génocide doit être réexaminée
Il faut réparer l’injustice commise contre un chirurgien, ex-candidat à l’élection présidentielle
(New York, le 15 février 2008) – Les responsables du système rwandais de justice populaire connu sous le nom de gacaca devraient immédiatement procéder au réexamen d’une récente décision judiciaire qui a reconnu coupable de complicité de génocide le Dr Théoneste Niyitegeka, chirurgien et ex-candidat à l’élection présidentielle, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Le Dr Niyitegeka, chirurgien qui a soigné un nombre incalculable de blessés pendant le génocide de 1994, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à l’élection présidentielle de 2003. En octobre 2007, Niyitegeka avait été acquitté en première instance de toutes les charges pesant contre lui mais le 5 février 2008, il a été reconnu coupable par une juridiction d’appel. Cette dernière n’a pas motivé sa décision d’annuler le verdict d’acquittement.
« Les preuves présentées dans cette affaire sont vagues et contradictoires. Aucun élément probant n’étaye le verdict de culpabilité à l’encontre du Dr Niyitegeka », a déclaré Alison Des Forges, conseillère principale à la division Afrique de Human Rights Watch. « Les responsables rwandais se doivent maintenant de réparer ce cas d’injustice grave. »
La décision survient à un moment où les juges du Tribunal pénal international pour le Rwanda et un juge du Royaume-Uni sont en train d’évaluer l’équité des procédures judiciaires rwandaises, car ils envisagent de renvoyer dans leur pays des Rwandais accusés de génocide afin qu’ils y soient jugés. Les juridictions gacaca font partie intégrante du système judiciaire rwandais mais aux termes de la loi rwandaise, elles ne seraient pas compétentes pour juger les personnes renvoyées de l’étranger.
Lors du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis, des soldats et des membres de milices ont recherché des personnes ciblées dans les hôpitaux ainsi que dans les églises et les écoles. Dans cette affaire, le Dr Niyitegeka est accusé d’avoir livré un patient à des tueurs à l’hôpital de Kabgayi, où il exerçait en tant que chirurgien.
Le principal témoin a fait une déposition vague et contradictoire à propos de la date du prétendu crime, déclarant d’une part qu’il avait été commis début avril et d’autre part qu’il avait eu lieu après l’arrivée de patients transférés d’un hôpital de Kigali, fait qui s’est déroulé fin mai 1994.
Le seul autre témoin à charge contre le Dr Niyitegeka, une femme, a fait une déposition lors du procès qui contredisait celle qu’elle avait faite précédemment.
Une douzaine de témoins au moins, notamment des médecins et des infirmières qui travaillaient chaque jour avec le Dr Niyitegeka, ont affirmé sous serment qu’il était innocent des chefs d’accusation retenus contre lui. Ils ont également fourni des informations factuelles complémentaires en contradiction avec les déclarations des accusateurs.
Une rescapée tutsie du génocide a fait une déposition émouvante, expliquant que le Dr Niyitegeka lui avait fourni d’excellents soins pour une plaie qui suppurait abondamment.
« Vraiment je ne savais pas qu’un docteur pouvait accepter de soigner une chose aussi répugnante. C’était quelqu’un qui soignait tous les malades, sans distinction », a déclaré cette rescapée du génocide au tribunal. « Il a fait preuve d’un amour pour autrui que je n’avais encore jamais vu auparavant. »
Le Dr Niyitegeka a comparu dans le cadre d’un système judiciaire novateur connu sous le nom de gacaca, mis en place pour juger plus d’un million de personnes suite au génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis au Rwanda. Selon le Service National des Juridictions Gacaca, les juges gacaca, qui sont élus et ne reçoivent qu’une formation de quelques jours sur les questions juridiques, ont statué sur des centaines de milliers d’affaires, pour la plupart depuis avril 2007. La procédure devait se clôturer fin décembre, mais le gouvernement a récemment décidé de renvoyer devant le système gacaca des milliers de dossiers qui devaient initialement être traités par des tribunaux conventionnels.
A l’instar des tribunaux coutumiers, les juridictions gacaca peuvent condamner des personnes reconnues coupables à des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité. Contrairement aux tribunaux conventionnels, les juridictions gacaca n’accordent toutefois pas à l’accusé le droit de disposer d’un avocat. Outre une procédure en appel, comme celle qui a débouché sur le verdict à l’encontre du Dr Niyitegeka, le système gacaca rwandais prévoit également une possibilité de réexamen par un autre groupe de juges. Les responsables du Service National des Juridictions Gacaca peuvent ordonner ce réexamen.
Selon Human Rights Watch, la question se pose de savoir si des motifs politiques ne sont pas à l’origine de la décision inexplicable prise en appel de condamner le Dr Niyitegeka. En 2003, le Dr Niyitegeka, qui venait de rentrer des États-Unis, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à la présidentielle organisée cette même année. Sa candidature a été rejetée par la commission électorale et juste avant l’élection, il a été incarcéré pendant une courte période sous le chef d’accusation de « divisionnisme ». Le Rwanda se prépare actuellement pour les élections législatives qui auront lieu fin 2008.
Le Dr Niyitegeka, qui a parfois émis des commentaires sur les questions de politique rwandaise dans la presse locale et étrangère, a critiqué le système gacaca lors d’une interview accordée en 2005 au service radiophonique La Voix de l’Amérique (Voice of America). Il a été interrogé par la police à propos de ses commentaires et, intimidé par cette expérience, il a fui le pays pendant une courte période. Lors de son retour, des malfaiteurs non identifiés ont fait exploser sa voiture, garée derrière chez lui. Peu de temps après, des soldats sont arrivés chez lui pour essayer de le contraindre à revenir sur ses critiques des gacaca.
Après que le médecin eut été acquitté du chef d’accusation de génocide en octobre 2007 par la juridiction gacaca du secteur de Gihuma, dans la Province du Sud, la personne qui avait déposé plainte a interjeté appel de l’acquittement. La juridiction d’appel a programmé des audiences mais les a reportées à trois reprises en raison de l’absence de témoins. Lorsque la juridiction d’appel s’est réunie le 5 février, les juges ont délibéré sur le dossier pendant huit heures à l’intérieur d’un petit bâtiment, criant parfois si fort qu’ils pouvaient être entendus par le public qui était venu en grand nombre et attendait le verdict dehors.
En fin d’après-midi, les juges ont déclaré qu’ils avaient annulé le verdict d’acquittement en raison de « nouveaux éléments » versés au dossier, mais ils n’ont pas expliqué en quoi consistaient ces éléments. Ils ont condamné le Dr Niyitegeka à 15 ans de prison.
Fait inhabituel, des soldats en uniforme et armés ont assisté au procès ainsi qu’à l’audience en appel. Après la condamnation du Dr Niyitegeka, celui-ci a immédiatement dû monter à l’arrière d’un pick-up de l’armée et il a été emmené sous la pluie.
« Lorsque les faits semblent manquer pour étayer une décision judiciaire, il est facile pour les gens de supposer une ingérence extérieure », a relevé Alison Des Forges. « Plus ces cas se répètent, plus le système perd rapidement de sa crédibilité. Dans ce cas précis, la disparité entre les faits et le jugement est saisissante et la façon dont l’acquittement a été annulé soulève de sérieuses questions. Pour le bien du système et pour que justice soit rendue pour le Dr Niyitegeka, les responsables devraient immédiatement réexaminer la décision. »
Human Rights Watch (Communiqués de presse) - New York,NY,USA
Vendredi 18 juillet 2008
Joyeux anniversaire Madiba

Nelson Mandela à la sortie de prison le 11 février 1990 en compagnie de son ex-épouse Winnie
Photo: www.nelsonmandela.org
Nelson Rolihlahla Mandela est né à Mevzo, à l’est de la province du Cap, le 18 Juillet 1918.
Il est issu d’une famille royale et c’est le premier à suivre une scolarité dès l’âge de 7 ans. C’est d’ailleurs l’un de ses professeurs qui lui donne le prénom de Nelson.
Son père meurt de la tuberculose lorsqu’il n’a que 9 ans. Initié à 16 ans selon la tradition familiale, il poursuit ses études et obtient son certificat scolaire. Il s’inscrit au collège en 1934, et une fois diplômé, intègre l’université de Fort Hare. Il y fait la connaissance d’Oliver Tambo, qui devient un ami proche, et participe activement au Conseil représentatif des Etudiants. Tous deux sont renvoyés de l’université après avoir participé à une grêve menée contre le règlement universitaire.
Pour fuir un mariage arrangé qu’il ne souhaitait pas, il part à Johannesburg. Il passe une licence par correspondance, puis débute des études de droit.
Nelson Mandela rejoint le Congrés National Africain en 1942. Il désire y lutter contre la domination politique de la minorité blanche. Il fonde une Ligue de Jeunesse de l’ANC en compagnie de son ami Oliver Tambo et de Walter Sisulu dès 1944.
1948 voit la mise en place de l’apartheid par le Parti National Afrikaner.
Nelson Mandela et Oliver Tambo se sont associés dans un cabinet d’avocats. Ils y donnent des conseils juridiques gratuits, dans la volonté d’aider la population noire la plus démunie.
En 1955, Mandela participe à la rédaction de la Charte de la Liberté visant à lutter contre la ségrégation raciale et l’apartheid. L’année suivante, il est arrêté avec 150 autres personnes pour trahison. Il est cependant acquitté.
En 1960, il abandonne la stratégie non-violente de l’ANC pour fonder une autre branche prônant l’action armée : l’Umkhonto We Sizwe. Ce mouvement, littéralement traduit par "fer de lance de la Nation", est crée suite au Massacre de Shaperville. Cet évènement, survenu le 21 Mars 1960, symbolise la brutalité du régime de l’apartheid. Ce qui, à l’origine, n’était qu’une protestation contre le port obligatoire d’un "passeport", dégénéra et fit 79 morts et 178 bléssés. Ce fut ce qui déclencha le début de la résistance armée noire.
Emprisonné en 1962 et condamné à 5 ans de prison en 1963, Nelson Mandela est, après son procés en 1964, condamné à perpétuité, pour activités politiques clandestines.
Il est mis en résidence surveillée à partir de Décembre 1988, et définitivement libéré le 11 Février 1990.
La durée de son emprisonnement fait de lui le plus ancien prisonnier politique connu...le plus célèbre aussi.
Nelson Mandela doit sa libération à Frederik de Klerk. Il est sollicité pour maintenir la paix civile en Afrique du Sud. De Klerk met fin à la clandestinité de l’ANC et ils travaillent ensemble à l’instauration de la fin de l’apartheid.
Après avoir reçu le Prix Nehru pour la Paix en 1979, et le Prix Kadhafi des Droits de l’Homme en 1989, Nelson Mandela est récompensé, ainsi que Frederik de Klerk, du Prix Nobel de la Paix, en 1993, pour leur action en faveur de la fin de l’apartheid et l’établissement de la démocratie dans le pays.
En Avril 1994 ont lieu les premières élèctions démocratiques. L’ANC remporte largement la victoire et Nelson Mandela est élu Président de la République d’Afrique du Sud. Une commission "vérité et réconciliation" est créée. Elle a pour but de confronter le passé pour se souvenir des faits douloureux mais pas de juger les crimes. Mandela donne ainsi au monde entier un exemple de réconciliation nationale.
Il quitte la vie politique en 1999, et crée la Fondation Nelson Mandela. Elle a pour but d’améliorer les conditions de vie des plus défavorisés dans divers domaines tels que la pauvreté, la liberté, la maladie et l’oppression. Les deux objectifs principaux sont l’amélioration de l’éducation dans les régions rurales et la lutte contre le sida, dont le fils de Mandela est mort en 2005.
Fort de son engagement, il est aujourd’hui l’une des personnalités les plus écoutées d’ Afrique.
Source:
http://www.buddhachannel.tv
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Nouvelles enquêtes en France visant des génocidaires présumés
Associated Press (AP),
01/04/2008
Le parquet de Paris a ouvert récemment plusieurs enquêtes visant des ressortissants rwandais se trouvant en France et soupçonnés d'être impliqués dans le génocide au Rwanda en 1994, dont la veuve de l'ancien président du Rwanda, Agathe
Habyarimana, a-t-on appris aujourd'hui de sources judiciaires.
Au total, neuf enquêtes - huit informations judiciaires et une enquête préliminaire sous la houlette du parquet de Paris - sont instruites à Paris.
Deux informations judiciaires, ouvertes par le parquet d'Evry (Essonne) et celui de Lille (Nord), ont été dépaysées à Paris à la suite de décisions de la Cour de cassation, les dossiers concernant le génocide rwandais étant regroupés à Paris.
La première, ouverte contre X pour complicité de génocide et complicité de crime contre l'humanité, vise Agathe Habyarimana, la veuve du président rwandais, Juvénal Habyarimana, dont l'avion a été abattu par des missiles le 6 avril 1994. Un attentat considéré comme l'élément déclencheur du génocide de 1994 dans lequel 500 000 à 800 000 Rwandais, en grande majorité des tutsis, mais aussi des hutus modérés, ont trouvé la mort.
La seconde, ouverte pour génocide, crime contre l'humanité et complicité de ces deux crimes, vise nommément Eugène Rwamucyo, qui figure sur la liste des 93 Rwandais en exil recherchés par le régime de Kigali.
Le 13 mars, une information judiciaire pour génocide, crime contre l'humanité et complicité de ces deux crimes a été ouverte par le parquet de Paris contre Dominique Ntawukuriryayo, interpellé en France en vertu d'un mandat d'arrêt et de remise émis le 21 septembre 2007 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour son implication présumée dans le génocide à Kabuyé. Né en 1942, il est arrivé en France en 1999 où il bénéficiait d'un titre de séjour régulier.
Le 9 avril, la Cour de cassation doit examiner le pourvoi déposé par ses avocats contre la décision de la cour d'appel de Paris autorisant sa remise au TPIR. L'un de ses conseils, Me Philippe Gréciano, s'est félicité de l'ouverture d'une information judiciaire qui, selon lui, permettra à son client de s'expliquer devant la justice française. Et pourrait accélérer un possible dessaisissement du TPIR au profit de la France.
Par ailleurs, le parquet a diligenté une enquête préliminaire à la suite de plaintes déposées en février contre Calixte Mbarushimana, un Rwandais qui a travaillé entre 1992 et 1994 à Kigali pour le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Deux juges du tribunal de grande instance de Paris, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, sont saisies des huit informations judiciaires liées au génocide rwandais.
Une magistrate du tribunal aux armées de Paris (TAP) est chargée d'une enquête sur l'éventuelle complicité de l'armée française dans le génocide.
Deux juges d'instruction antiterroristes enquêtent sur l'attentat contre l'avion du président Habyarimana. Dans ce dossier, le juge Jean-Louis Bruguière, qui a quitté la magistrature, a lancé des mandats d'arrêts contre neuf proches de l'actuel président Paul Kagamé ce qui a conduit à la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.
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8 juin 2008
La France extrade au TPIR un ancien sous-préfet de la zone Turquoise. La main de Bernard Kouchner suspectée.
L'ancien sous-préfet Dominique Ntawukuriryayo, accusé d'avoir participé au génocide de 1994, a été remis jeudi 5 juin au Tribunal pénal international (TPIR) par la France. Il avait été arrêté le 16 octobre 2007 à Carcassonne dans le département de l'Aude au sud de la France, à la suite d'une plainte déposée contre lui en 2006 par des réfugiés rwandais.
Agé de 65 ans, Dominique Ntawukuriryayo résidait en France depuis 1999. Un mandat d'arrêt fut délivré en septembre 2006 par le TPIR. Il est suspecté de "génocide et crimes contre l'humanité" car il aurait joué un rôle dans la mort de 25.000 tutsis sur la colline de Kabuye du 21 au 25 avril 1994 dans la préfecture de Gikongoro, selon l'acte d'accusation officiel du TPIR. La Cour de cassation française avait rejeté son dernier recours le 7 mai dernier. Pourquoi la France ne le juge pas car il vit sur son territoire depuis 1999? Pourquoi la France l'extrade alors que le mandat du TPIR expire à la fin de cette année? Autant de questions que se pose la communauté rwandaise vivant en France qui voit la main du ministre français des affaires étrangères qui faute d'avoir la tête de l'ex-préfet de la zone Turquoise, décharge son adrénaline sur le sous-préfet. Dominique Ntawukuriryayo est originaire de Gikongoro et était sous-préfet dans la zone Turquoise.
Le génocide rwandais envenime les relations entre Kigali et Paris. Les incidents de procédure sont fréquents. En 2000, la France avait arrêté et extradé les premiers suspects demandés par le TPIR, le major François-Xavier Nzuwonemeye et l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Jean de Dieu Kamuhanda. Le jugement de ce dernier fut expéditif. Il fut lourdement condamné alors que des zones d'ombre planaient sur son dossier. Un témoin dépêché de Kigali pour l'accuser ne l'a même pas reconnu (Justice des vaincus).
L'extradition au TPIR du préfet Laurent Bucyibaruta et du père Wenceslas Munyeshyaka a été annulée par la justice française malgré la pression de Bernard Kouchner, l'ami de Paul Kagame qui reste le seul au monde à lui trouver des vertus. Ils seront jugés en France.
Les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ont été rompues, en novembre 2006, après la délivrance par le juge français Jean-Louis Bruguière, de 9 mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais Paul Kagame, accusé d'avoir fomenté l'assassinat de son prédécesseur. Le ministre français des affaires étrangères est le seul à ne pas croire à la responsabilité du FPR dans l'assassinat du président Juvénal Habyarimana. Cet acte terroriste fut l'élément déclencheur du génocide rwandais. Depuis la nomination de Bernard Kouchner au poste de ministre des affaires étrangères, la communauté hutue de France vit dans l'inquiétude. Il est soupçonné d'être manipulé par Kigali. Une association rwandaise a porté plainte contre lui pour des propos anti-hutu prononcés sur une chaîne de radio française.
Paul Kagame exige la levée des mandats lancés contre ses proches pour la reprise des relations diplomatiques avec la France. Mais entretemps 40 mandats d'arrêt ont été lancés par un juge espagnol, Fernando Andreu Merelles, contre de hauts responsables politiques et militaires du FPR et sur cette liste figurent les 9 inculpés par le juge français. L'Espagne n'est pas impliquée dans les événements du Rwanda mais ses ressortissants ont été massacrés par les militaires du FPR.
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Rwanda: Ambassadeur Joseph Mutaboba - « Les FDLR devraient rentrer chez eux et dialoguer chez eux »
Agence Rwandaise d'Information (Kigali), 14 avril 2008

Joseph Mutaboba, Secrétaire général au ministère de la sécurité intérieure
Le désarmement et le rapatriement des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, mouvement rebelle hutu rwandais) prévus par l'Accord de Nairobi signé entre le Rwanda et la RDC sont d'actualité. La date butoir du 15 mars est largement dépassée. Le Conseil de sécurité, à travers la résolution 1804, a demandé au mouvement rebelle de déposer les armes et de se mettre à la disposition du gouvernement congolais pour rapatriement.
Les FDLR s'y opposent et exigent un dialogue direct avec le gouvernement rwandais comme préalable au rapatriement. Soutenues en cela par députés et sénateurs congolais dans deux rapports parlementaires sur l'insécurité dans la partie orientale de leur pays qui héberge les unités combattantes des FDLR.
Pour faire le point sur la situation, nous avons rencontré l'Ambassadeur Joseph Mutaboba qui a représenté le Rwanda à l'ONU. Il est présentement secrétaire général au Ministère de la sécurité intérieure. Il est impliqué dans le processus né de la conférence internationale sur la sécurité, la paix, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs. C'est l'une des trois personnalités qui dirigent la diplomatie rwandaise au niveau sous régional. «Députés ou Sénateurs congolais ou autres devraient encourager les FDLR à rentrer chez eux et à dialoguer chez eux », dit-il. Lire entretien.
Agence Rwandaise d'Information (ARI) - La liste de 6.997 génocidaires transmise par le Rwanda dépasse de loin le nombre de combattants FDLR estimé à 6.000 par la RDC et l'ONU. Se référant sur la liste publiée par le TPIR, la RDC dit qu'il n'y a pas une dizaine de génocidaires sur son territoire. Comment expliquer ces disparités dans les chiffres ? Et comment contourner cette difficulté ?
Ambassadeur Joseph Mutaboba (A.J.M) - Si vous vous attelez à compter le nombre de génocidaires par actions déjà posées ou par idéologie apprise et acquise du milieu familial, ce chiffre peut même augmenter et dépasser les chiffres jusque-là utilisés par les uns et les autres.
La guerre des chiffres n'est donc pas un point de réflexion sur lequel les différents acteurs devraient se pencher mais plutôt concentrer leurs efforts sur la recherche de la solution de comment rééduquer ces milliers ou millions de génocidaires et partager avec eux l'ubumuntu qui leur échappe au fil des jours qui se suivent mais ne se ressemblent guère tant pour eux que pour ceux occupés à reconstruire le pays.
ARI - La RDC affirme que le groupe FDLR compte des mineurs dans ses rangs, des combattants qui étaient encore gosses en 1994 et leurs dépendants (femmes et enfants). Et elle demande au Rwanda de faire la différence entre ceux qui ont le sang sur les mains des autres. Pourquoi le Rwanda ne se livre-t-il pas à cet exercice et met tout le monde dans le box des génocidaires ?
A.J.M - Chaque combattant/e a une hiérarchie de commandement qu'il/elle suit et à laquelle il/elle obéit et une idéologie à suivre. Si nous sommes d'accord que l'idéologie enseignée par les FDLR n'est autre que l'idéologie de la haine, diabolisation, exclusion et extermination de l'autre, cette idéologie se résume ni plus ni moins au génocide. Que vous l'acquerriez jeune ou vieux/vieille, elle vous change et vous marque, surtout quand vous vous en imprégnez les pratiques et les slogans quotidiennement à la maison comme à l'école.
Les frères et soeurs congolais sont les meilleurs rapporteurs de ces faits car ils les vivent chaque jour quand les FDLR déclarent ce qu'ils ont comme projet de société: renverser le régime des tutsi et les exterminer une fois pour toutes. Ce sont les faits qui pourtant se passent chez eux et chez leurs voisins dont ils ont peur et phobie et dont ils veulent se débarrasser en vain car utilisant des grands de velours pour une longue durée et scandant le chéri rapatriement volontaire. Bararuma bagahuha!!!. A tort ou à raison, ce serait un bon sujet de discussion.
Par ailleurs, ceux/celles-là qui se sentent pris en otage par les FDLR/génocidaires font tout pour se désengager des griffes de leur leadership. Jeunes combattants, femmes, enfants et vieux combattants et même leurs officiers supérieurs, leurs commandants se dérobent chaque jour de la forêt répondant aux appels répétés du Rwanda qui veut que tous ses enfants rentrent dans leur pays natal et oeuvrer à la reconstruction.
Nous en avons reçu des millions, laissez ces autres aussi rentrer de la même façon et ils savent pertinemment bien que le Rwanda les recevra et tout est en place pour les recevoir. Ils n'ont pas besoin de comite international de suivi ou d'autres bureaucraties inutiles qui ne sont que manoeuvres dilatoires.
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24 juillet 2008
Bill Clinton de nouveau au Rwanda
Après la visite éclaire et tenue secrète de l'épouse du candidat républicain à la Maison blanche, John Mc Cain, l'ancien président américain Bill Clinton a annoncé qu'il allait entamer mardi prochain une tournée en Afrique qui l'amenera de nouveau au Rwanda. Derrière sa fondation pour la lutte contre le SIDA, Bill Clinton ne fait que protéger ses intérêts commerciaux dans la région des Grands Lacs.
«Cette année, je m'enthousiasme pour le développement de projets qui marqueront une différence énorme dans la lutte contre l'épidémie du sida, l'amélioration des conditions de vie des gens et de leur avenir», a dit M. Clinton. Derrière ses bonnes paroles, les Rwandais n'oublieront jamais que c'est lui qui a laissé faire le génocide rwandais alors qu'il avait les moyens pour l'arrêter. Il a même refusé d'utiliser le mot génocide qui l'aurait contraint à intervenir.
Décidément le Rwanda est devenu un passage obligé pour tous ceux qui convoitent les richesses naturelles des pays d'Afrique centrale, Chery et Tony Blair, Laura et George Bush, Cindy Mc Cain, le président allemand, Bernard Kouchner et l'infatigable Bill Clinton pour ne citer que ceux-là.
Les Rwandais commencent à comprendre pourquoi un génocide a été perpetré au vu et au su de tout le monde sans que personne ne lève le doigt pour l'arrêter. La raison est simple: il fallait changer les régimes en place pour s'accaparer des richesses de la région peu importe les dégâts humains. On parle maintenant d'énormes gisements de gaz et de pétrole dans le lac Kivu en plus des diamants, or, cuivre et autre coltan en RDC dans les régions du nord et sud Kivu. Du pétrole vient d'être découvert également dans le lac Albert en Ouganda.
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21 avril 2008
Poème d'Alexandre Kimenyi en l'honneur de Fred Rwigema, paru dans Impuruza no 17 de Décembre 1990
Traduction en Français (Décembre 1995)
(Poème original en Kinyarwanda dans la rubrique Votre Courrier sur notre site)
Dans ce texte la tombe de Rwigema sur le champ de bataille lors de l'invasion du Rwanda par les troupes venues d'Uganda est interprétée par l'auteur comme "l'Ubutabazi" , pratique qui consistait dans le Rwanda féodal à envoyer un Prince désigné par le devin du Roi mourir dans le camp ennemi dans le but d'attirer la faveur des dieux pour gagner la guerre.
QUE JE LOUE GISA, LE JEUNE HOMME A BEAUTE INDESCRIPTIBLE
C'était le premier jour du mois d'Octobre
Le mois qui suit le beau mois de Septembre
Tu as répondu vivement a notre appel à la guerre
En qualité de Chef d'Etat Major
tu pris fièrement le chemin du front
Assisté par Bayingana et Bunyenyezi
Qui brillaient comme les étoiles
Vous aviez terminé les préparatifs
A une expédition majeure
L'invasion du Rwanda [
Octobre 1, 1990
]
Les troupes et munitions étaient rassemblées
A l'aube vous avez franchi la frontière Rwandaise pour assaillir
Et vous avez vite pris vos positions d'attaque
Au lever du soleil, vous avez donné l'ordre de tirer
Vers la fin de la matinée, les échanges de tirs étaient intenses
Le bruit des balles retentissait à chaque heure
Et quand les "braves" [
Tutsi, FPR]
tiraient, les sangliers [
hutu, Forces Armées Rwandaises
] tremblaient
La victoire était certaine.
Tôt le matin, après que tu aies vu que tes troupes abattaient
furieusement et fièrement
tu dis Adieu à tes soldats
Et tu ajoutas: nous sommes enfin arrivés à la maison [
au Rwanda
] et le temps est venu pour que je vous passe le flambeau
Je deviens le sacrifice mais ne déméritez pas
Cette tradition de donner sa vie pour le salut des nourrissons et des déshérités
A été commencée par le roi Bwimba [
monarque Tutsi
], reprise par Gihana
[
guerrier envoyé pour sacrifice du temps féodal
] et est devenue un rituel sacré dans le pays de Gihanga [
Fondateur mythique du Rwanda
].
Soyez courageux et évitez le déshonneur
Battez-vous ardemment pour que votre nom Inkotanyi [
ceux qui tuent avec l'épée ou tueurs à gage du temps féodal
] inspire la terreur
Battez-vous courageusement pour que le pays respire la paix
Pour que les réfugiés [
tutsi des années 1959
] retournent chez eux sans crainte ni anxiété.
A l'heure du midi, les soldats se réunirent pour un dernier adieu
Ils tonnèrent ensemble: Anéantisseurs des intrigants
Même celui qui sautera le plus haut en hauteur ne saura jamais te surpasser
Rentre là où tes ancêtres t'ont précédé
Pour qu'ils te décorent de la médaille d'honneur
Toi Gisa que j'exalte, tu es un vaillant soldat, d'une beauté indescriptible.
Toi, le fameux, dont la beauté rayonne à l'étranger
Celui dont les adolescentes se distraient en contemplant le visage [
allusion au phénotype tutsi
]
Il n'est guère surprenant que tu aies donné le premier ta vie en sacrifice, afin que tu nous délivres de ces bêtes sauvages et gourmands [
Hutus
]
Que tu t'es privé de ta vie pour délivrer le Tambour [
signe de la Royauté du temps de la monarchie tutsi
] des méchants
Et que tu aies offert comme en hospitalité ta vie sans réserve.
La raison véritable de ta mort est une bonté qui mérite louanges
dont la nature t'a doté et que tu partages avec ceux que tu rejoints [
ancêtres morts
]
A toute qualité il y a une origine,
Ce bon caractère tu le tiens de nos arrières parents [
Tutsi
]
Toi qui ne tolères jamais être sous les ordres d'autrui,
de voir les errants [
réfugiés tutsi
] vivre dans l'humiliation à l'étranger
Laisse- moi te vénérer, Toi le véritable Inkotanyi [
tueur de gage
] de rang supérieur.
Tu nous a donné le pari et nous voici avancés d'un pas
nous sommes des élus [
aristocrates
], même notre jeunesse en chante
Nous sommes des Nobles
["
Imfura"
signifie l'aîné dans une famille, à qui dans la coutume rwandaise les autres enfants doivent accorder le plus haut respect. Dans le second sens, ce mot signifie noble et les Tutsi se donnent ce nom dans le sens de "Noble"
signifie l'aîné dans une famille, à qui dans la coutume rwandaise les autres enfants doivent accorder le plus haut respect. Dans le second sens, ce mot signifie noble et les Tutsi se donnent ce nom dans le sens de "Noble"
]
Et nous avons les moyens pour réaliser notre objectif
Même les jeunes adolescents recrutés que tu as mobilisés se lèvent et pressent le pas à ton exemple
Ainsi déclarai-je malheur pour le camp ennemi.
Tu nous a montré le courage et personne ne nous le prendra
Tu laisses des combattants exemplaires [
tutsi],
les termites [
Hutu
] nous allons les bouter dehors.
[
Le paragraphe ci-dessous est constitué d'insultes d'une force et d'une haine telles qu'il est virtuellement impossible de les traduire exactement dans une langue étrangère
]
Toi, taureau combattant qui a attaqué pour libérer la Noblesse [
tutsi
]
Comme tu as décidé de vider l'arsenal et de lancer les premiers obus
Ces misérables [
Hutu
] ne tarderont pas de déguerpir
Ces rats sauvages qui passent pour des cambrioleurs corrompus [
Hutu
] tremblent de panique
Ces vauriens [
Hutu
] qui ne cessent de nous piller
Qui ne cessent de nous massacrer dans le but de nous exterminer
Ces traîtres qui se caractérisent par leurs joues dilates [
allusion au phénotype hutu
],
Je les voie très vite détaler à pieds, démunis,
Ces voleurs [
Hutu
] qui nous troublent tant
Ces laides créatures [
dans la mythologie Tutsi, le Tutsi est beau, le Bantou est laid], insensées à la mine furieuse [
Hutu
]
Ces ennemis du Rwanda, qui le salissent et le déshonorent
Ces crétins qui ne pensent qu'a leurs ventres gonflés
Plaise au ciel qu'il n'aient jamais de progéniture [
L'insulte la plus méchante que l'on peut adresser à un Rwanda: c'est lui exprimer comme ici un voeu d'extinction génétique
]
Ces vicieux maudits qui exploitent à perte nos richesses
Ils ont entendu nos coups de canon tonner et ils sont pris de panique
Ils ont perdu la tête et les voilà aboyer comme des chiens
Derrière les Blancs [
France, Belgique
] qu'ils supplient de les protéger
Afin que les Nobles ne puissent les évincer et les soumettre à leur merci.
Oh toi, l'Omnipotent, tu nous es venu à l'aide
Tu seras récompensé au Palais du Roi
Aujourd'hui, nos enfants sont torturés dès qu'ils quittent le dos de leur mères
La Population travaille constamment à l'Umuganda [
travaux manuels communautaires de développement instaurés par la deuxième République au Rwanda
] sur les routes
Et le Roi Hutu [
Président Habyarimana]
l'agresse en l' utilisant pour planter des arbres inutilisables[
projets de reboisement réalisés au Rwanda d'avant l'invasion
].
Les hommes/femmes d'affaires voient leur biens pris de force par des hommes stupides [
hutus
]
Mais toi le commandant d'armée, tu nous as sonné la trompette de guerre et l'ennemi sue de peur.
Tes mots d'ordre et plans
Resteront pour l'éternité et nous ne serons jamais fatigués de les écouter
Aujourd'hui, nous tous avons mis le costume de combat
Homme respectueux que les vanteurs chantent éloges
Donne-nous le temps de te glorifier tu es magnifique à contempler
Ces rapaces vautours [
hutus
] qui engloutissent tout dans le ventre
comme Ngunda [
une créature gourmande dans la mythologie Rwandaise
] ou comme des cochons
Ces malfaiteurs qui abîment les prairies destinées aux importants bergers [
Tutsi
]
Tu as ordonné que les Nobles [
Tutsi]
les flanquent au pied [
hutus
] pour qu'ils disparaissent
Afin que les élus [
tutsi
] s'autogouvernent écartés de ces salauds
Et jouissent librement sans ces bandits [
hutus
] des villages et champs qui nous seront ouverts à merci.
Notre Support, Tout Puissant Rwigema
Ne doute pas, n'aie pas peur, nous te ferons plaisir
Nous nous réjouissons de notre dignité retrouvée,
nous n'avons plus de chagrin et de moquerie dont l'ennemi nous faisais souffrir
Bien- Aimé du Royaume de Mutara [
nom du monarque tutsi du Rwanda féodal
]
tu as été notre lumière
Le jour de veillée tu rassemblas les trois
Tu préparas les jeunes enfants à prendre le devant
Tu ramenas les hommes pour le retour des réfugies [
de 1959
].
Et maintenant les Nobles intellectuels [
tutsi
] vont redonner au pays son rayonnement d'antan
Maintenant que l'horizon est clair et beau
Nous rentrons fiers et patriotiques
Nous laissons le malheur à l'étranger
Nous unissons ensemble les forces
Pour développer le pays de nos ancêtres.
Perle qui a plus de bonté et de bon coeur qu'une vache- mère
Tu nous as vus en difficultés et devins notre berger.
Maintenant que ton cadavre gît dans les pâturages des "Belles vaches Inyambo" [
Mutara, Nord du Rwanda où Rwigema fut tué, caractérisé par des plaines pour l'élevage; une partie abritait le Parc National de l'Akagera
],
Et que tu nous fais boire de ton sang au calice
Nous serons encore plus forts de façon à ne plus subir des blessures
Nous renforcerons nos muscles,
nous aurons le philtre de victoire pour toujours vaincre
Et nous débarrasserons le Rwanda de ceux qui le vilipendent,
et nous les combattrons.
Tu as été créé pour nous être utile et nous servir de lumière
Tu seras notre grand pilier de maison où nous suspendrons nos bijoux précieux
Nous te suivrons pour que tu nous guides et afin que nous ne nous perdions pas
L' Assemblée Dirigeante décrétera une loi pour que nous pensions à toi à jamais.
Trône au palais Royal et sois heureux, héro que nous vantons à ceux qui ne te connaissent pas
Vive à jamais le grand Courageux Rwigema
Celui qui conduit l'armée au combat,
l'homme qui récompense les sujets méritants.
Gisa le pourfendeur qui nous laisse ses enfants et son épouse pour nous faire rentrer de l'exil
Vis Foudroyant Guerrier, j'arrête de te vanter pour l'instant,
Je ferai encore des poèmes quand j'aurai plus de temps et de muses
J'inventerai pour toi une grande verve poétique,
une poésie digne d'un Grand Homme
Mobilisateur et Surnaturel, Extraordinaire.
Source (texte en Kinyarwanda) : IMPURUZA No. 17, Décembre 1990
Auteur: Dr. Alexandre KIMENYI, Professeur, California State University at Sacramento, USA.
SETH SENDASHONGA, ASSASSINE SAMEDI AU KENYA, DEVAIT TEMOIGNER AU TPIR
Fondation Hirondelle
Arusha
18.05.98
Fondation Hirondelle
Arusha
18.05.98
L'opposant rwandais en exil, Seth Sendashonga, assassiné samedi 16 mai dernier à Naïrobi au Kenya, devait témoigner pour la défense dans un procès pour génocide et crimes contre l'humanité au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a appris lundi matin l'agence indépendante de presse Hirondelle, qui suit les débats au TPIR.
Selon l'avocat français Me Pascal Besnier, Seth Sendashonga devait témoigner dans le procès conjoint pour génocide et crimes contre l'humanité de l'ex-préfet de Kibuye Clément Kayishema et de l'homme d'affaires Obed Ruzindana.
Cité à titre de témoin expert, Seth Sendashonga avait accepté de témoigner à visage découvert, mais il avait souhaité, pour des raisons de sécurité, que la date de sa comparution soit divulguée le plus tard possible, a précisé l'avocat.
Les avocats français de Clément Kayishema et d'Obed Ruzindana, Mes Besnier et André Ferran, avaient contacté l'exilé rwandais huit jours avant son assassinat, survenu le samedi 16 mai à Nairobi.
Selon Me Besnier, Seth Sendashonga avait accepté de venir témoigner au TPIR, "parce qu'il s'opposait à la répression qui frappe certains prétendus génocidaires et aux manipulations de témoignages".
Me Besnier a porté au dossier une fiche d'identification portant la signature de Seth Sendashonga, établissant son accord formel de venir déposer au TPIR.
L'avocat français a indiqué qu'il pourrait reconstituer le témoignage de Seth Sendashonga, à partir des notes qu'il aurait pu laisser et des travaux de ses collaborateurs.
Le parquet ne s'est pas opposé à ce que ces pièces soient versées au dossier, "mais s'il s'agissait d'une déclaration, nous aurions pris une autre position" a indiqué le substitut malgache du procureur, Jonah Rahetlah.
C'est la première fois qu'un ex-ministre du Front patriotique rwandais (FPR) acceptait de témoigner, "malgré les menaces qui pesaient sur lui" a précisé l'avocat français. Seth Sendashonga avait déjà l'objet d'une tentative d'assassinat, le 26 février 1996, dans la capitale kenyane.
Selon l'avocat français de la défense, "la seule protection qu'il souhaitait était que nous révélions le plus tard possible son témoignage au Tribunal". Selon Me Besnier, la section de protection des témoins du TPIR n'était pas encore informée de sa venue.
Les juges russe et tanzanien de la deuxième chambre de première instance du TPIR devant laquelle les avocats français s'exprimaient lundi matin ont exprimé leurs regrets face à cet assassinat, indiquant qu'ils "partagent l'émotion et les inquiétudes de la défense, qui perd ainsi un témoin potentiel".
Interrogé par l'Agence Hirondelle à Kigali, un assistant de l'adjoint au procureur Bernard Muna, Maxwell Nkole, a indiqué qu'il "ne voit pas en quoi les enquêtes du Tribunal pourraient être affectées" par la disparition de l'exilé rwandais, soulignant que la "bonne coopération avec le gouvernement de Kigali devrait se poursuivre comme avant".
Seth Sendashonga était ministre de l'Intérieur du FPR dans un gouvernement "d'union nationale" au lendemain de la victoire du FPR en juillet 1994. Fin août 1995, Seth Sendashonga fit l'objet d'une "démission-limogeage", pour avoir critiqué la multiplication des "actes de vengeance" es soldats du FPR à l'encontre de civils hutus. Le Premier ministre d'alors, Faustin Twagiramungu, et deux autres ministres hutus de son gouvernement,
L'EX-MINISTRE RWANDAIS ASSASSINE ALLAIT METTRE EN CAUSE L'ACCUSATION
L'ex-ministre rwandais assassiné en exil au Kenya le 16 mai dernier, Seth Sendashonga, s'apprêtait à remettre en cause les témoins rwandais de l'accusation entendus dans des procès pour génocide, tant au Rwanda que devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPI), a-t-on appris lundi. "Les témoins [de l'accusation] ont été conduits aux enquêteurs [du TPIR] par les autorités rwandaises" a affirmé lundi à l'agence de presse Hirondelle l'avocat français Pascal Besnier.
Me Pascal Besnier défend l'ex-commerçant Obed Ruzindana, coaccusé dans un procès pour génocide et crimes contre l'humanité au TPIR, où comparaît également l'ancien préfet de Kibuye (ouest du Rwanda), Clément Kayishema.
Selon Me Besnier, le témoignage de Seth Sendashonga devait notamment permettre de "préciser les conditions dans lesquelles les enquêteurs [du parquet] s'étaient arrangés pour avoir leurs témoins".
L'avocat français a précisé que la déposition de l'ancien ministre rwandais "allait dans le prolongement de celle de Joseph Matata", mais qu'elle aurait été "plus forte, car Seth Sendashonga avait plus d'autorité et était mieux qualifié", du fait de ses anciennes fonctions ministérielles.
Les personnes poursuivies par les tribunaux rwandais et par le TPIR le sont sur la base de témoignages orchestrés par des "syndicats des délateurs" avait affirmé le 10 février dernier un activiste rwandais des droits de l'homme, Joseph Matata, cité par la défense dans le procès de l'ancien maire de Taba, Jean-Paul Akayesu.
Lundi en début d'après-midi, les responsables du ministère rwandais de la Justice n'ont pu être atteints par l'agence Hirondelle pour répondre à ces allégations.
Seth Sendashonga avait été ministre de l'Intérieur dans un gouvernement "d'union national", le premier cabinet formé par le Front patriotique rwandais, au lendemain de sa victoire, en juillet 1994, au Rwanda. Il avait fait l'objet d'une "démission-limogeage" en août 1995 pour avoir critiqué les "actes de vengeances" du FPR à l'encontre de civils, puis gagné l'exil, en même temps que le premier ministre de ce gouvernement, Faustin Twagiramungu et de deux autres ministres hutus.
Me Besnier a indiqué qu'il ignorait comment Seth Sendashonga entendait démontrer "la manipulation des témoins", mais que selon l'opinion qu'il a pu se faire à la lumière des explications de l'ancien ministre, "les témoins ont été conduits aux enquêteurs par les autorités" rwandaises.
Huit jours avant son assassinat à Nairobi, les avocats français d'Obed Ruzindana et de Clément Kayishema, Mes Pascal Besnier et André Ferran, se sont entretenus pendant plus d'une heure par téléphone avec Seth Sendashonga.
Rendez-vous avait été pris entre Me Ferran et Seth Sendashonga pour le 3 juin prochain, "pour finaliser les détails de sa déposition" a indiqué Me Besnier. L'accord écrit de l'ancien ministre, en vue de sa déposition au TPIR, porte la date du 12 avril 1998. Plusieurs entretiens se sont entre-temps déroulés à Nairobi, avec l'enquêteur rwandais assigné par le greffe au deux avocats.
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