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HOBEEEE POUR TOUS.
16/11/2007
Qui en veut à Edouard Sebushumba?
Actuel député à l'Assemblée nationale rwandaise, l'ancien maire (bourgmestre) de la commune de Giti de 1982 à mai 1994 risque d'être traduit aux tribunaux populaires gacaca.
Celui qui déclarait dans le journal Libération du 6 avril 2004 " Ma plus grande récompense, c'est ma conscience.Quand je me promène dans le village, personne ne me crache dans le dos.Le génocide ne s'est pas arrêté comme un match de foot.Il faudra beaucoup de temps pour comprendre.Il y a des choses que je ne m'explique pas.Un chef des Interahamwe était un Tutsi.Des hommes ont tué leurs femmes; des femmes, leurs enfants.Pourquoi, pourquoi?" risque de payer pour un acte qu'il n'a pas commis.Pourtant la commune qu'il dirigeait fut la seule parmi les 150 communes que comptait le pays où aucun Tutsi n'a été tué par les Hutus pendant le génocide rwandais de 1994.Il a même reçu une récompense offerte en 1996 par l'ancien président de la république rwandaise, Pasteur Bizimungu, lors d'un déplacement dans la commune de Giti. Cette commune située à une heure de route de la capitale rwandaise Kigali en allant vers le nord,était peuplée de 45000 habitants dont un tiers de Tutsis.
Les ennuis de Sebushumba viennent d'une disparition d'un séminariste du petit séminaire de Rwesero en 1992.Claude, fils de Claudien Munyaneza, était soupçonné d'être à la tête d'un groupe d'étudiants qui tentaient de provoquer des troubles au petit séminaire de Rwesero.Il fut interpelé avec deux autres séminaristes par des militaires venus de Byumba.Il fut emmené à la préfecture de Byumba où il sera assassiné.Un groupe d'extrémistes Tutsis de la commune de Giti veulent faire payer à Sebushumba cet acte ignoble qui a été perpétré par les militaires ex-FAR.Cette épée de Damoclès qui pèse sur lui serait-elle une façon de le faire taire sur les massacres du FPR dans sa commune?
A M
5 Mai 2008
Rwanda, notre Mai 1968


Général major Juvénal Habyarimana et le président Grégoire Kayibanda le 1er avril 1970
Libération des moeurs, année hippie, mai 1968 ne s'est pas arrêtée à Nanterre ni à la Sorbonne avec Cohn Bendit et ses camarades entrain de renverser les voitures, ni aux Etats Unis avec les anti-guerre au Vietnam ou la consommation des stupéfiants sous les rythmes endiablés de Bob Dylan. Au Rwanda le nord et le sud se déchiraient. Le congrés du MDR Parmehutu qui s'est tenu à Gitarama s'est transformé en guerre de tranchée provoquant le départ fracassant des ténors du nord. Retour sur ces événements dont l'onde de choc a pesé très lourd sur la politique du pays. Les séquelles se font sentir même aujourd'hui car ce fut le début du régionalisme au Rwanda. Malheureusement les mêmes erreurs provoquent les mêmes effets et les Rwandais semblent n'avoir rien compris.
Pourtant tout avait commencé dans un climat bon enfant. Les délégués venus des quatre coins du pays furent acceuillis par le secrétaire général du parti, Calliope Mulindahabi, dont le mandat touchait à sa fin. L'ordre du jour était l'adoption du programme du parti pour la future législature, l'élection du nouveau secrétaire général du parti, et dans la rubrique divers, la motion de censure du gouvernement après le rapport de la commission parlementaire sur le mécontentement du pays.
Pour le premier point, le programme du parti fut adopté à l'unanimité. Quant au deuxième point concernant l'élection du nouveau secrétaire du parti, la tension est montée d'un cran. Les leaders du nord (Byumba, Gisenyi et Ruhengeri) revendiquent le poste et présentent Lazare Mpakaniye de Ruhengeri comme candidat. En effet, un accord tacite prévoyait que tant que le président du parti sera du sud, le secrétaire général viendrait du nord. Cet accord n'avait pas été respecté car le président et le secrétaire général étaient tous les deux du sud et de la même préfecture Gitarama (Grégoire Kayibanda et Calliope Mulindahabi). Le sud opte pour la continuité et présente Calliope Mulindahabi, le secrétaire sortant et ministre de la défense, comme leur candidat.
Le nord gagne et Lazare Mpakaniye devient le nouveau secrétaire du parti. Mais cette élection laissa des traces et la discussion sur la motion de censure fut tendue. Des ministres du sud étaient particulièrement visés dans le rapport de la commission parlementaire qui demandait leur démission. Le plus visé était le ministre de l'éducation nationale, Gaspard Harerimana, de la commune de Taba, préfecture de Gitarama. Le parlement était divisé sur la question. Les députés du nord était pour la censure et le départ du gouvernement des ministres concernés, ceux du sud se sont prononcés contre. La motion de censure fut rejetée, ce qui provoqua la colère de Barthazar Bicamumpaka. Il fut limogé du gouvernement du poste de ministre de l'agriculture. Il fut remplacé par Damien Nkezabera de Kigali. Bicamumpaka fut nommé président de l'assemblée nationale mais ne fut pas calmé pour autant. Il céda finalement sa place à un autre nordiste mais fidèle du président Kayibanda, Thaddée Bagaragaza, marié à une femme du sud.
Après échec au poste de secrétaire général du parti, Calliope Mulindahabi perd également son poste de ministre de la défense. Il restera simple député et mécontent. Il fut remplacé à la défense par Juvénal Habyarimana qui venait de passer du grade de lieutenant à celui de colonel. Des changements furent opérés au niveau des responsables du parti dans toutes les préfectures. Des fidèles du président furent nommés aux postes-clés, ce qui accentua les tensions au sein du parti. Les nominations de hauts responsables de l'état étaient systématiquement dénoncées par les nordistes alors que le nouveau ministre de la défense réorganisait son armée en nommant des militaires du nord aux postes de commandement. Quatre-vingt-dix pourcent des militaires venaient du nord, car le président Kayibanda voulait une armée des Bakiga qu'il considérait comme une" race hutu pure" pour garder la république. Son dérapage verbal " un chien rassasié ne garde pas la maison" en dit long. Paul Kagame a repris cette image de maison lors de son meeting au stade de Nyamirambo en ces termes: " Nous avons construit notre maison en commençant par la fondation, puis l'élevation des murs, le toit, la peinture et la décoration, et maintenant d'autres voudraient l'inaugurer à notre place. Nous ne pouvons pas l'accepter. Mais nous allons les héberger si ils nous le demandent." Ils parlaient de son challenger Faustin Twagiramungu.
Après le départ des leaders du nord menés par Balthazar Bicamumpaka et Otto Rusingizandekwe, les petites phrases assassines n'ont cessé d'être lancées de part et d'autre. Les nordistes juraient de revenir pour chasser les démagogues du sud. Quant aux sudistes, ils prétendaient que les nordistes étaient incapables de diriger le pays. La situation politique se dégrada progressivement dans le pays jusqu'au coup d'état 5 juillet 1973 et la mise en demeure du MDR. Les nordistes s'emparent du pouvoir et fondent le MRND le 5 juillet 1975 dont on connait la fin tragique. Des dignitaires du sud furent arrêtés et tués dans la prison de Ruhengeri pour la plupart dans une impunité totale. Kayibanda fut emprisonné à Rwerere puis jugé devant un tribunal militaire à Ruhengeri dirigé par le major Ntibitura, un des membres du comité pour la paix et l'unité nationale qui avait pris le pouvoir. Il mourut chez-lui à Kavumu en résidence surveillée le 16 décembre 1976. Il n'aura pas droit aux funérailles nationales ni à une annonce nécrologique sur les antennes de Radio Rwanda.
La tentative de relance du MDR en 1991 s'est heurtée aux vieux démons soixante-huitards qui rôdaient encore. MDR et/ou Parmehutu canal historique pour l'appellation, Gitarama et/ou Ruhengeri pour la direction, MDR ou MDR Power pour la propagande, l'équation est devenue insoluble. Le MDR nouvelle formule fut utilisé par le FPR pour anéantir le MRND avant d'être enterré à son tour pour de bon. L'acte de décès fut signé par le FPR, une victoire psychologique.
Par manque d'opposition, le MDR s'est auto-suicidé en trouvant des opposants dans son propre camp. Son successeur, le MRND ne voulait pas d'opposants et en a fabriqué involontairement pour son auto-destruction. Le FPR qui ne veut pas dialoguer avec ses opposants, subira-t-il le même sort que ses prédécesseurs? Décidément qu'on soit Hutu ou Tutsi, le mot opposition reste un sujet tabou.
A M
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18 Avril 2008
Un ministre rwandais qui aurait honte de son ethnie
Selon la presse canadienne le ministre rwandais de la culture et des sports, Joseph Habineza, pourrait se voir refuser l'accès au Canada s'il n'indique pas son ethnie hutue ou tutsie sur sa demande de visa, comme l'exige le ministère canadien des affaires étrangères pour les ressortissants rwandais.Le ministre rwandais juge cette demande "insultante". Cette directive canadienne sur la
déclaration obligatoire de l'origine ethnique a par ailleurs fait la une du "New Times", le journal rwandais anglophone très proche du régime, dans son numéro du jeudi 17 avril 2008.Monsieur Habineza aurait-il honte d'être né Hutu ou nie l'existence des ethnies au Rwanda comme certains idéologues du FPR qui sont entrain de réecrire l'histoire du pays?
Qui est Joseph Habineza?
Ministre des sports et de la culture du gouvernement formé le 8 mars dernier, il est né à Kayenzi dans la préfecture de Gitarama.Son père, un Hutu, fut pendant longtemps secrétaire général de l'église protestante au Rwanda (EPR).Le clergé de l'EPR était majoritairement hutu alors que celui de l'église catholique était plutôt tutsi.Après l'école primaire EPA de Gitega à Kigali, il a poursuivi ses études secondaires à l'institut Saint Fidèle de Gisenyi puis à l'Université de Montpellier en France où il a obtenu un diplôme d'informaticien en 1988.Après son retour au pays, il fut recruté à la Bralirwa (Brasserie et limonaderie du Rwanda), filiale de la firme néerlandaise Heineken, comme Analyste programmeur avant d'être nommé au poste de chef du département informatique en 1991.En 1994,il était à l'étranger pour étudier un projet de restructuration du service TIC en Afrique pour le compte de Heineken,auprès de Bralima en RDC, Brarudi au Burundi et Bralirwa au Rwanda.Il fut nommé Directeur général de la Bralirwa le 26 août 2004 avant d'être nommé un mois après ministre de la jeunesse, des sports et de la culture.Lors du dernier remaniement, il a perdu la jeunesse mais garde les sports et la culture.
Révisionniste de l'histoire du Rwanda
En ouvrant le colloque sur la révision de l'histoire du Rwanda tenue à Kigali le 10 avril 2008 devant soixante jeunes délégués choisis dans les trente districts à raison de deux par district et les représentants des Clubs de l'Identité Africaine et Rwandaise implantés dans les écoles secondaires pilotes du pays ainsi que des professeurs encadreurs, le Ministre de la Culture a déclaré « Nous devons être fiers de notre identité d'africains enracinés dans les croyances de nos pères qui adoraient leur Dieu « Imana », le Tout-Puissant ».
Dans ce même colloque, monsieur Salama Jean-Marie-Vianney, membre du Conseil National des Sages
et organisateur de la conférence, a déclaré devant le ministre de la culture,
« Nous partons des preuves évidentes que le génocide a débuté en 1959. Nous remontons à notre histoire en privilégiant le projet d'unité et de réconciliation des rwandais, toujours en rapport avec l'apport précieux de notre identité africaine et rwandaise ».
L'Afrique compte des milliers d'ethnies et de tribus que les Africains respectent et qui co-habitent harmonieusement chacun gardant son identité.Chaque Rwandais doit être fier de son identité et ne devrait pas avoir honte de la décliner.En revanche, se servir de l'ethnie pour écraser l'autre devrait être considéré comme un délit passible de sanctions.Malheureusement hier c'était les Tutsis, aujourd'hui ce sont les Hutus qui sont relégués au statut de citoyens de seconde zone.
Par opportunisme ou pour se faire remarquer, Joseph Habineza s'en prend régulièrement aux Hutus et à Paul Rusesabagina en particulier, un Hutu comme lui originaire de la même préfecture de Gitarama.Il le traite de négationniste, de révisionniste et de "véhiculateur" de l'idéologie génocidaire du Parmehutu (Rwanda:Rusesabagina Represents Parmehutu genocide Views,témoignage en Anglais rapporté par l'Agence Rwandaise d'Information (ARI).Article à lire dans la rubrique Votre Courrier sur notre site).Cet excès de zèle peut se retourner contre lui.Il devrait se souvenir des déclarations de l'ex-président du Rwanda Pasteur Bizimungu et de l'ancien ministre des affaires etrangères, Anastase Gasana, qui niaient la présence des troupes de l'APR lors de la conquête de la RDC par Laurent-Désiré Kabila.Le vice-président de l'époque et ministre de la défense, un certain Paul Kagame, a dû intervenir pour les désavouer et confirmer la présence de ses troupes sur le sol congolais.On connait le sort réservé à ses Hutus de service "hyperzélés".
Quant à ceux qui tentent de réecrire l'histoire du Rwanda, ils devraient faire très attention.En niant l'existence d'ethnies au Rwanda, comment peuvent-ils continuer de parler de génocide des Tutsis?Contrairement aux idées véhiculées par les "négationnistes " de l'existence d'ethnies au Rwanda, Hutu, Tutsi et Twa faisaient partie du vocabulaire rwandais avant l'arrivée des colonisateurs.Les Belges n'y sont pour rien.Il faut rappeler que c'est la cour du roi qui a demandé aux Belges en 1931 de faire des cartes d'identité avec mention ethnique pour mieux contrôler l'ascension des Hutus qui profitaient de l'évangélisation du pays pour s'instruire car l'accès aux écoles publiques leur était interdit.
A M.
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KAGAME ET SES 40 VOLEURS(dixit F. REYNTJENS)
par Luc De Timmermann
Bruxelles,25 février 2008
Mesdames, Messieurs de la Presse ,
Mesdames,Messieurs les Politiciens et Diplomates,
Mesdames, Messieurs les Magistats compétents,
Je me permets d'attirer votre attention particulière sur un témoignage
(TAP-007) qui fait partie de l'acte d'inculpation par le Tribunal Central d
Instruction N° 4 de la Cour Nationale , Administration de la Justice du
Royaume d'Espagne en date du 6 février 2008 qui met en cause directement le
Président actuel du Rwanda et ses proches collaborateurs pour les crimes
commis dans ce pays depuis 1990
Ce témoignage circonscrit en 2 pages l'essentiel des explications qu'on peut
donner aux massacres interraciaux qui ont eu lieu au Rwanda entre le 1
janvier et le 31 décembre 1994, la période que le statut du Tribunal Pénal
International pour le Rwanda a décrété comme la période « criminelle » au
Rwanda qui, et une fois mis en place, a justifié, après des investigations
supposées « objectives » de différents Procureurs, la poursuite des
responsables militaires, politiques, économiques et religieux du Rwanda de l'
ethnie HUTU (à l'exception d'un inculpé italo-belge, « journaliste » qui a
plaidé coupable).
Je vous invite à découvrir ce témoignage avec moi :
4. [p.59] Le témoin TAP-007, militaire de profession
appartenant à l'ethnie Hutu, réfugié en Ouganda en l'année 1973 et
appartenant depuis l'année 1990 à l'organisation politique du Front
Patriotique Rwandais – F.P.R. en Ouganda jusqu'à ce qu'il démissionne de son
poste de secrétaire de la logistique du F.P.R. à Jinja/Ouganda en octobre
1993 (quoique décidant de rester membre de l'organisation du F.P.R. afin de
ne pas être éliminé, selon ses dires), a exposé au cours de son audition
judiciaire sa connaissance étendue des faits criminels perpétrés au Rwanda,
et plus particulièrement depuis qu'à cette période, en plus de servir l'
appareil politique du F.P.R., il servait d'appui de réserve à l'A.P.R.
depuis son lieu de résidence en Ouganda à la même époque (concrètement à
Jinja).
Le témoin TAP- 007 a dit confirmer intégralement lors de l'audition
judiciaire –reconnaissant aussi le rapport consigné à toutes ses pages comme
sien propre- un document original de témoignage écrit ainsi qu'une copie
originale d'une carte remise par ce témoin depuis Cotonou (Bénin) en date du
10 août 1999 et envoyée à la Commission de l'ONU chargée d'enquêter sur le
rôle de l'Organisation des Nations Unies dans le drame rwandais, documents
qui correspondent avec chacun des documents originaux déposés –selon ce qu'
il a pu démontrer- en enveloppe fermée devant le Notaire de Barcelone D.
Lorenzo P. Valverde Garcia, sous le numéro 35 de son protocole en date du 13
juin 2003.
Le témoin TAP-007 était d'une importance stratégique pour l'A.P.R./F.P. R.
parce qu'il s'agissait d'un militaire de l'opposition à partir de l'
extérieur du Rwanda contre le Président de l'époque Habyarimana, tout en
conservant de bonnes relations et des contacts avec les membres des Forces
Armées Rwandaises – F.A.R. à l'intérieur du pays. Au cours de l'année 1990,
il a fait connaissance avec les futurs officiels de l'A.P.R. qui étaient à
ce moment membres de la National Resistance Army – N.R.A. (l'armée de l'
Ouganda), comme par exemple Wilson Rutayisire, Alphonse Furuma, Frank
Mugambaje et Joseph Karemera.
Selon les explications du témoin, déjà depuis le début, les membres de l'A.P
R./F.P. R. lui demandèrent de faire des efforts pour contacter les
militaires du Rwanda afin de les attirer aux propres objectifs de l'
organisation, tentant de faire oublier que deux années auparavant, soit vers
1988, l 'A.P.R./F.P. R. naissante avait assassiné au moins un militaire Hutu.
Il a expliqué les débuts de la guerre d'octobre [p.60] 1990 de manière
plus complémentaire que le témoin TAP-003, témoignant que le général major
Fred Rwigema (qu'il a identifié comme le commandant en second de la N.R .A.
et vice ministre de la Défense de l'Ouganda sous les ordres de Museveni ; et
à quel moment de la guerre il était Président de l'A.P.R. et du F.P.R.)
voulait éviter au maximum les victimes civiles. De manière complémentaire au
témoin TAP-003, il a expliqué que, une fois mort, Rwigema fut remplacé par
Paul Kagame comme Chef du Haut Commandement militaire de l'A.P.R., tandis
que le colonel Alexis Kanyarengwe (militaire Hutu de l'A.P.R. comme le
témoin TAP-007, actuellement décédé) occupait le poste de Président de l'
organisation politique F.P.R. Le témoin TAP- 007 a dit avoir commencé à
recevoir en Ouganda des informations relatives aux massacres de population
civile parmi les populations conquises, commençant à découvrir un A.P.R./F.P
R. différent de ce qu'il avait imaginé, utilisant l'image des deux faces de
la monnaie.
Plus tard, en août 1992, alors qu'il assistait à une réunion au Quartier
Général situé à Mulindi (Rwanda), il a constaté que le F.P.R. ne souhaitait
pas rechercher la paix, selon les propres paroles prononcées par Paul Kagame
affirmant utiliser les négociations de paix pour tirer profit de ses
avantages, dans des buts strictement militaires, orientés dès le début sur
la prise du pouvoir par la force. Ayant constaté comme témoin direct que,
depuis le poste frontière de Gatuna jusqu'à Mulindi (poste frontière au
nord du Rwanda avec l'Ouganda, les deux localités étant situées au nord de
Byumba et Cyumba) toutes les localités par lesquelles il passait étaient
complètement vidées de populations civiles (maisons abandonnées, champs non
cultivés, absence de bétail), et il confirma comme témoin oculaire les
consignes politico-militaires qu'il a entendues dans ce Quartier Général de
Mulindi.
Le témoin TAP-007, lors de son retour en Ouganda, choisit de comparer ses
appréciations avec des gens en qui il considérait avoir confiance, entre
autres Murefu Leonard, le beau-père de Paul Kagame. Le témoin TAP- 007 a
confirmé lors de son audition militaire que le beau-père de Paul Kagame l'
avait informé de toutes les stratégies élaborées par le FPR afin de s'
assurer une victoire militaire, disant carrément que « Kagame ne peut pas
travailler avec Habyarimana ; il fallait que l'un des deux (Kagame ou
Habyarimana) doive mourir… », révélant les lignes de base de l'époque des
stratégies politico-militaires de l'A.P.R./F.P. R., stratégies qu'il [p.61]
a confirmé et détaillé lors de l'audition judiciaire et qui se trouvaient
contenues dans le document notarial prémentionné, et dont les principes de
base peuvent se présenter de la manière suivante :
- Stratégie adoptée sur le plan militaire : former des cadres
politico-militaires pour les envoyer sur le terrain dans le but de véhiculer
l'idéologie du F.P.R. chez les Tutsi à moitié convaincus (entornos) ;
infiltrer des petits groupes de 6 à 10 personnes avec une formation
militaire spécialisée sur tout le territoire rwandais dans le but de
perpétrer des actions terroristes planifiées en cascade contre la population;
semer la panique, le chaos et le désordre afin d'obtenir un pays
ingouvernable ; infiltrer aussi en secret de petites brigades de militaires
préparés à agir au jour « J » ; rassembler le maximum d'équipement militaire.
- Stratégie adoptée sur le plan politique : diaboliser le régime de
Habyarimana ; provoquer la colère des Hutu en massacrant leurs congénères
(plus particulièrement, tuer les leaders politiques Hutu en attribuant la
responsabilité au régime Habyarimana et à son parti, le Mouvement
Révolutionnaire National pour le Développement – M.R.N.D.) ; éveiller et
exploiter la haine interethnique Hutu-Tutsi ; camoufler l'identité ethnique
du F.P.R. en recrutant des Hutu et rechercher un Hutu populaire pour le
placer à la tête du mouvement politico-militaire du F.P.R. dans le but de
créer l'image d'un mouvement fédérateur ; infiltrer tous les partis
politiques et mouvements de jeunesse ; calomnier l'Eglise Catholique qui
prêche en faveur de l'égalité des hommes et qui a contribué à l'éducation
des masses populaires ; liquider les prêtres Hutu ; terroriser les
missionnaires et religieux catholiques pour qu'ils abandonnent le Rwanda et
assassiner les vieux missionnaires qui connaissent l'histoire du Rwanda et
ceux qu'ils considèrent comme responsable de la perte du pouvoir après des
siècles de domination Tutsi ; menacer les troupes étrangères et manipuler la
MINUAR.
- Stratégie adoptée sur le plan diplomatique et médiatique :
infiltrer les missions diplomatiques étrangères accréditées à Kigali dans le
but de filtrer les informations préalablement élaborées par la tête pensante
du F.P.R./A.P.R. ; informer les missions diplomatiques de toutes les actions
criminelles perpétrées par le même A.P.R./F.P.R et [p.62] en attribuer la
responsabilité aux extrémistes Interahamwe ; mettre en fonction une station
de radiodiffusion pour véhiculer l'idéologie du mouvement politico-militaire
de l'A.P.R./F.P. R., diabolisant le régime de Habyarimana et son parti MRND,
rompre l'unité en exacerbant un ethnisme destructeur contre les Hutu, le
régionalisme et les haines entre partis politiques… (cette radio fut appelée
« Radio Muhabura » et fut dirigée par un extrémiste Tutsi, le commandant
Shabani Ruta –qui sera identifié plus avant comme étant le major Rutayisire
Wilson-, une radio qui eut pour contre effet la création en réaction de la
Radio des extrémistes Hutu, connue comme étant la Radio Télévision des Mille
Collines – RTLM- et conçue pour faire le contrepoids en chemin inverse de «
Radio Muhabura » et fomenter la haine ethnique contre les Tutsi).
Le témoin TAP-007 fut particulièrement explicite en relation avec les
intentions de l'A.P.R./F.P. R. d'attaquer les membres de l'Eglise Catholique
et plus spécialement les missionnaires qui avaient consacré de nombreuses
années à servir le pays, institution à qui les membres de l'A.P.R./F.P. R.
attribuent la responsabilité de la perte du pouvoir en l'année 1959 après
des siècles d'exercice quasi exclusif du pouvoir, fait que l'on peut
vérifier ultérieurement dans les faits criminels qui se succédèrent dans le
pays contre les prêtres et les missionnaires, tant rwandais qu'étrangers,
ainsi que le confirmeront et le détailleront aussi plus tard les témoins
TAP-043 et TAP-002. Le beau-père de Paul Kagame a illustré sur un diagramme
pour le témoin TAP-007 qu'il fallait procéder à l'élimination des trois « P
», référés dans son témoignage écrit, et qui, de manière univoque, faisait
référence aux actions de prise de contrôle contre l'Eglise et ses membres
spécifiques ou symboliques. Le témoin TAP- 007 a fait une référence
explicite à des religieux rwandais et étrangers, dont il savait qu'ils
furent assassinés, donnant comme exemple l'archevêque Mgr Nsengiyumva et les
autres évêques, prêtres et religieux (crime au sujet duquel les témoins
TAP-004 et TAP-002 ont apporté non seulement les faits, mais aussi les
responsables directs, ainsi qu'il sera mentionné plus avant), Isidro Uzcudun
(crime au sujet duquel le témoin TAP-038 rapporta non seulement les faits,
mais aussi les responsables principaux), Joaquim Vallmajo (crime au sujet
duquel les témoins TAP-002 et TAP-043 ont rapporté non seulement les faits,
mais aussi les responsables [p.63] principaux), le prêtre canadien Claude
Simard, le prêtre croate Vijeko et la religieuse belge Griet Bosmans.
Le témoin TAP- 007 a fait référence explicite aux attaques de l'A.P.R./F.P.
R. en février 1993, à Byumba et Ruhengeri (au sujet de quoi le témoin
TAP-043 fit ultérieurement ample référence, en étant présent dans une des
unités qui opéra l'attaque contre Byumba), coïncidant avec le témoin TAP-003
dans la reconnaissance de ce qu'il qualifia d'authentique boucherie humaine
dans les massacres de Nyacyonga, une fois que la population civile fut
regroupée en cet endroit.
Avant de donner sa démission comme logisticien du F.P.R. en Ouganda en
octobre 1993, le témoin TAP- 007 a comparé avec diverses personnes la
situation au Rwanda, les massacres connus, la réalité de l'A.P.R./F.P. R.,
détaillant entre autres une conversation qu'il eut avec Rutayisire Wilson
(en ce moment chef de la radio de l'A.P.R. « Radio Muhabura »), où en s'
interrogeant sur les massacres de la population civile, il lui fut répondu
que cela ressortait de la « même sagesse de Kayumba Nyamwasa et de Paul
Kagame », ce qui signifie que le massacre de la population civile faisait
partie de la politique officielle quoique discrète du F.P.R. et de ses
dirigeants.
Ensuite, le témoin TAP- 007 a fait référence dans son témoignage aux
révélations du militaire de l'A.P.R., Lizinde Théoneste, et du major Furuma.
Lizinde Théoneste fut un militaire de l'A.P.R. de l'ethnie Hutu qui fut
libéré par l'A.P.R. de son emprisonnement à Ruhengeri, afin de pouvoir l'
incorporer parmi ses cadres, au point de l'inclure comme un des rares
membres Hutu du High Command (Haut Commandement Militaire) et de l'avoir
assassiné ultérieurement lors de son exil, de la même manière que l'ancien
ministre de l'Intérieur du F.P.R., Seth Sendashonga (lui aussi de l'ethnie
Hutu), apparemment par un commando spécial de l'A.P.R. (External Security
Operations - E.S.O., sous le commandement de Jack Nziza, ainsi que le révéla
le témoin TAP-002 dans son témoignage dont nous ferons connaissance
ultérieurement) , tous deux considérés comme « ennemis ». de même que les
témoins TAP-003, TAP-043 ou TAP-002, Théoneste Lizinde a fait part à TAP-007
avant de fuir en décembre 1995, qu'il avait entendu Paul Kagame ordonner
personnellement les massacres de civils à partir des appareils de
télécommunication de l'A.P.R. [p.64], disant littéralement « Débarrassez
ces imbéciles ». Théoneste Lizinde a également confirmé au témoin TAP-007
que Paul Kagame avait ordonné personnellement l'assassinat des évêques,
prêtres et religieuses à Kabgayi, Gakurazo en 1994 (ce qui coïncide avec les
témoins TAP-003, TAP-043 et TAP-002).
Le témoin TAP- 007 a ensuite signalé les personnes qui, selon ce qu'il sait
des faits en question, sont responsables de crimes de génocide, crimes de
guerre et crimes contre l'humanité, se concentrant sur les plus communs :
Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa, Charles Kayonga, James Kabarebe et Fred
Ibingira.
Ce témoignage corroboré avec des dizaines d'autres et vérifications faites
sur le terrain par les survivants, mais surtout par la disparition et la
mort effective de centaines de milliers de citoyens Rwandais, nous permet de
dire, sans risque de nous tromper :
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont recruté des opposants hutu pour
servir leur ambition de reprendre le pouvoir par les armes au Rwanda, perdu
suite à une révolution sociale en 1959.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont préparé, planifié et exécuté les
massacres de la population civile rwandaise.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont organisé, planifié et perpétré un
« génocide contre la nation rwandaise » et un « génocide contre l'église
catholique » les différents témoignages ne permettant plus de douter sur l'
intention de commettre ces crimes.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont manipulé l'opinion publique
mondiale, les missions diplomatiques et la MINUAR selon un plan bien établi
depuis 1990.
le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS ont eu comme base pour exécuter leurs
plans machiavéliques qui ont couté la vie à 1.000.000 de personnes en 3 mois
l'OUGANDA de MUSEVENI ;
Il reste à ajouter à ces constatations qu'il ne fait aucun doute pour la
justice Française et Espagnole que le FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS
sont les auteurs de l'attentat du 6 avril 1994, qui a déclenché ses
massacres, selon l'aveu même du Procureur auprès du Tribunal Pénal
International pour le Rwanda.
Enfin, cette enquête précise et détaillée, exécutée par la justice Espagnole
permet de dire que « le génocide des tutsi » perpétré par l'ancien régime du
Président Habyarimana, est une supercherie et tromperie de l'opinion
publique mondiale pour accuser exclusivement les perdants de la guerre
civile au Rwanda et surtout, mettre hors cause la responsabilité directe des
représentants de la communauté internationale dans les évènements
dramatiques du Rwanda en 1994, planifiés, organisés et exécutés par le
FPR/APR de KAGAME ET SES 40 VOLEURS depuis le 1 octobre 1990, date de l'
invasion du Rwanda par une partie d'une armée étrangère.
A mon avis, et dans l'intérêt de la Vérité et de la Justice , il y a lieu de
corriger vos analyses erronées depuis 14 ans, dues à la manipulation et la
corruption de ceux qui ont été désignés pour faire « justice »
Bruxelles, le 25 février 2008
Luc DE TEMMERMAN
JURISTE
…
Mandat d'arrêt international contre 40 militaires rwandais
Rwanda / Espagne : pour génocide, des généraux servant l'ONU poursuivis par la justice espagnole
MADRID, jeudi 7 février 2008
(LatinReporters.com) - Parmi les 40 militaires rwandais, dont 11 généraux, que la justice espagnole poursuit pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et/ou "terrorisme", plusieurs occupent aujourd'hui un poste diplomatique ou servent l'Organisation des Nations unies (ONU), notamment au Darfour, région de l'ouest du Soudan en rébellion et en proie à une grave crise humanitaire. Sans son immunité, l'actuel président du Rwanda, Paul Kagame, tomberait lui-même sous le coup de la compétence universelle que l'Espagne reconnaît à ses tribunaux pour certains délits graves.
Dans un acte daté du 6 février 2008, Fernando Andreu Merelles, juge d'instruction à Madrid du tribunal de l'Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, requiert un mandat international de "recherche et capture" des 40 militaires rwandais qu'il incrimine sur la base des déclarations de 22 témoins protégés, dont d'anciens collaborateurs du président Kagame.
L'accusation de génocide vise 32 des 40 accusés. La plupart doivent répondre aussi soit de crimes contre l'humanité, soit de terrorisme. Certains seraient coupables de l'ensemble de ces délits graves. Selon les "indices" dont fait état le juge Andreu, ce serait le cas du président Paul Kagame. Il ne figure toutefois pas parmi les accusés. Le juge explique dans son acte que l'immunité dont jouit le président rwandais le met à l'abri de poursuites tant qu'il sera chef d'Etat.
Commandant à l'époque l'APR/FPR (Armée patriotique rwandaise/Front patriotique rwandais) des rebelles tutsis, Paul Kagame aurait notamment, le 12 mai 1994, exécuté à la mitrailleuse antiaérienne entre 30 et 40 hommes, femmes et enfants de l'ethnie rivale hutu. L'acte du tribunal espagnol cite à ce propos le témoignage d'un ancien "membre de la garde personnelle" de Paul Kagame qui aurait assisté au mitraillage.
Les crimes attribués aux militaires poursuivis auraient été perpétrés entre 1990 et 2000, soit donc aussi pendant les années qui ont suivi la victoire, en juillet 1994, des Tutsis de l'APR/FPR et l'avènement d'un régime dont Paul Kagame fut d'abord le vice-président, avant d'accéder à la présidence en 2000.
L'exécution à cette époque par des membres ou des sympathisants de l'APR/FPR de neuf Espagnols, six religieux et trois membres de l'ONG Médecins du monde, fut à l'origine de l'ouverture, en 2005, de l'enquête judiciaire qui débouche aujourd'hui sur 40 inculpations.
Le juge Andreu donne crédit 'a "certaines sources", non identifiées, selon lesquelles le nombre de morts découlant des affrontements ethniques nés au Rwanda et qui ont aussi débordé sur certaines franges du Congo (l'ancien Zaïre) "pourrait être proche de quatre millions". Ce chiffre jusqu'à présent jamais évoqué dépasse de loin les 800.000 morts attribués par l'ONU au génocide rwandais.
En outre, l'acte de l'Audience nationale présente les Hutus comme les principales victimes de ce génocide, contrairement à l'opinion générale selon laquelle les Tutsis auraient été les plus frappés par des exterminations massives attribuées aux Hutus.
L'APR/FPR "a commis des attaques sélectives contre différents leaders intellectuels hutus afin de les éliminer de la vie sociale, provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile" indique l'acte, admettant qu'en représailles les Hutus massacraient à leur tour.
Une fois installés au pouvoir, les militaires de Kagame ont "pris le contrôle absolu de la structure de l'Etat, mettant en place un authentique régime de terreur", ajoute le même acte du juge Andreu.
Parmi les 40 militaires rwandais poursuivis par l'Audience nationale, le juge relève comme suit dans son acte, utilisant parfois le conditionnel,
ceux qui aujourd'hui exerceraient une fonction diplomatique ou serviraient les Nations unies (ONU):
"KAYUMBA NYAMWASA, Général Major... Il occuperait actuellement la fonction d'ambassadeur du Rwanda en Inde."
"KARENZI KARAKE, Général de Brigade... Actuellement, il aurait été nommé, avec l'approbation des Nations Unies, commandant adjoint du contingent hybride des Nations Unies et de l'Union Africaine envoyé au Darfour, appelé UNAMID Force."
"RUGUMYA GACINYA, Lieutenant-Colonel... Actuellement, il serait Defense, Military, Naval & Air Attaché de l'Ambassade du Rwanda aux Etats-Unis."
"WILSON GUMISIRIZA, Général de Brigade... Selon les dernières informations disponibles, il commanderait le Secteur 1 des Forces Rwandaises de Défense (FRD) destinées au Soudan par l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme du Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
"KARARA MISINGO, Capitaine. Selon les dernières informations, il a été nommé membre du groupe de trois qui dirige le service de Gestion de Vérification et Enregistrement de la Mission du Programme des Nations Unies pour le développement au Népal, sous le sigle UNDP Nepal."
"FRANK BAKUNZI, Capitaine... Selon les dernières informations disponibles, il est le porte-parole des Forces Rwandaises de Défense (FRD) à Khartoum (Soudan) et est aussi actuellement capitaine du contingent de soldats rwandais de l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
"CHARLES KARAMBA, Colonel... Selon les dernières informations disponibles, son dernier poste connu est attaché militaire à l'Ambassade du Rwanda en Erythrée, ainsi que directeur de recherche et développement des Forces Rwandaises de Défense (FRD) auprès de l'Union Africaine sous mission des Nations Unies dans le programme Soudan (UNAMIS), actuelle force hybride unifiée sous le sigle UNAMID Force."
Ces sept personnalités sont accusées de génocide. Cinq sont inculpées aussi de terrorisme. Trois cumulent les inculpations de génocide, terrorisme et crimes contre l'humanité. Plusieurs autres des 40 inculpés désormais sous le coup d'un mandat d'arrêt international occupent aujourd'hui des postes clés au sein de l'armée rwandaise.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
Liste des militaires FPR inculpés par la justice espagnole.
NB. Certains grades peuvent avoir changé suite à des promotions.
1
. JAMES KABAREBE, Général Major.
2. KAYUMBA NYAMWASA, Général Major
3. KARENZI KARAKE, Général de Brigade
4. FRED IBINGIRA, Général Major
5. RWAHAMA JACKSON MUTABAZI, Colonel
6. JACK NZIZA (JACKSON NKURUNZIZA (JAQUES NZIZA), Général de Brigade
7. RUGUMYA GACINYA, Teniente Colonel
8. DAN MUNYUZA, Colonel
9. CHARLES KAYONGA, Lieutenant Général
10. JOSEPH NZABAMWITA, Lieutenant-Colonel
11. CEASER KAYIZARI, Général Major
12. ERIK MUROKORE, Colonel
13. DENYS KARERA, Major
14. EVARISTE KABALISA, Capitaine
15. JUSTUS MAJYAMBERE, Major
16. EVARISTE KARENZI, Sous- Lieutenant
17. ALEX KAGAME, Général de Brigade
18. CHARLES MUSITU, Colonel
19. GASANA RURAYI, Lieutenant Colonel
20. SAMUEL KANYEMERA (SAM KAKA), Général Brigade
21. TWAHIRWA DODO, Colonel
22. FIRMIN BAYINGANA, Lieutenant Colonel
23. AGUSTÍN GASHAYIJA, Général de Brigade
24. WILSON GUMISIRIZA, Général de Brigade
25. WILLY BAGABE, Colonel
26. WILSON GABONZIZA, Lieutenant
27. SAMUEL KARENZEZI, alias "Viki", Caporal
28. JOAQUIM HABIMANA, Capitaine
29. KARARA MISINGO, Capitaine
30. ALPHONSE KAJE, Capitaine
31. FRANK BAKUNZI Capitaine
32. DAN GAPFIZI, Général de Brigade
33. JOHN BUTERA, Lieutenant
34. CHARLES KARAMBA Colonel
35. MATAYO Capitaine
36. PETER KALIMBA, Colonel
37. SILAS UDAHEMUKA, Major
38. STEVEN BALINDA, Major
39. JOHN BAGABO, Colonel
40. GODEFROID NTUKAYAJEMO, alias "Kiyago", Capitaine.
Kagame et ses proches accusés de massacres par la justice espagnole
Nouveau coup dur pour le régime du président rwandais Paul Kagame. Un peu plus d’un an après le coup de tonnerre provoqué par l’enquête du juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, l’accusant d’avoir commandité l’attentat du 6 avril 1994, qui avait préludé au génocide de 800 000 Tutsis et opposants hutus, la justice espagnole met en cause le chef de l’Etat rwandais et son entourage.
Epargné. L’Audience nationale, la principale instance judiciaire espagnole, a annoncé des poursuites contre 40 militaires rwandais, dont 11 généraux, pour«génocide, crimes contre l’humanité et terrorisme» commis dans les années 90. Le président Kagame, dont la responsabilité est désignée sans ambiguïté, est épargné, pour l’instant, en raison de son statut de chef d’Etat en exercice. Sept des quarante inculpés vivent à l’étranger : certains sont les mêmes que ceux visés par le juge Bruguière. Mais le cas le plus gênant pour Kigali, l’Union africaine et l’ONU est celui de Karenzi Karake, numéro 2 de la Minuad, la force de paix au Darfour.
Saisi en 2005 de l’assassinat, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols, six religieux et trois humanitaires, le juge Fernando Andreu, qui a instruit en vertu du principe de «compétence universelle», se livre à un réquisitoire de la méthode de prise de pouvoir puis de son exercice par le Front patriotique rwandais (FPR) de Kagame. Le juge accuse le mouvement rebelle tutsi d’avoir commis, entre 1990 et 1994, des attentats contre les politiques et intellectuels hutus, afin de «provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile», qui se livrait en représailles à des massacres de Tutsis. Autre point commun avec l’instruction Bruguière, l’enquête espagnole désigne Kagame et le FPR comme responsables de l’attentat du 6 avril.
Horreur. Pendant le «génocide» des Tutsis, dont le juge Andreu ne nie pas la réalité, le FPR est accusé d’avoir commis des massacres de civils. Il cite notamment, sur la foi d’un témoignage anonyme, un incident au cours duquel Paul Kagame en personne aurait fait usage d’une mitrailleuse lourde contre des civils hutus. Jusqu’à présent, le Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR), sis à Arusha en Tanzanie, s’est abstenu de juger les crimes du FPR commis entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994 et recensés dans le rapport Gersony. Kigali a menacé le tribunal international de mettre fin à toute coopération si jamais ce dossier-là était ouvert.
Après la prise de pouvoir du FPR, en juillet 1994, le juge espagnol accuse Kagame d’avoir «pris le contrôle absolu de la structure d’Etat» et mis en place «à partir de ce moment-là un authentique régime de terreur». C’est en république démocratique du Congo que cette politique a donné toute la mesure de son horreur, avec les massacres de réfugiés hutus en 1996-1997 puis le pillage des richesses minières de l’est du pays. Fernando Andreu estime à 4 millions les victimes de cette politique de «domination géostratégique».
CHRISTOPHE AYAD
Rwanda: un reporter recherché pour diffamation à l'égard du président Kagame
Le directeur de publication du bimensuel indépendant rwandais Umuco est recherché par la justice depuis la publication d'un article jugé diffamatoire à l'égard du chef de l'Etat Paul Kagame, a-t-on appris mercredi auprès du comité d'éthique des journalistes rwandais.
Dans un article publié récemment, Bonaventure Bizumuremyi a comparé Paul Kagame à Adolf Hitler. L'article était illustré de deux photographies de Kagame et Hitler publiées côte à côte.
"Le journaliste Bizumuremyi n'a pas respecté le code d'éthique et de déontologie professionnelle, nous avons décidé de le traduire en justice par le biais du Parquet de la République", a déclaré mercredi à l'AFP le président du comité d'éthique des journalistes rwandais, Louis Kamanzi.
"Il a commis un crime de lèse-majesté pour avoir osé insulter le chef de l'Etat", a-t-il ajouté, précisant que la carte de presse de M. Bizumuremyi lui serait retirée.
Des collègues journalistes de M. Bizumuremyi ont affirmé à l'AFP qu'il n'avait plus donné signe de vie depuis lundi soir, après avoir quitté les locaux de son journal.
"Personne ne connaît jusqu'ici les (faits et gestes) de notre confrère Bizumuremyi depuis sa disparition hier (mardi)", a indiqué le directeur de publication d'un autre bimensuel paraissant à Kigali, Jean Bosco Gasasira.
"S'il s'agit d'une éventuelle arrestation, nous demandons qu'il y ait respect de la loi en ce qui concerne la présomption d'innocence", a ajouté ce journaliste.
"Nous demandons aux instances compétentes pour cette poursuite judiciaire d'agir en toute indépendance", a de son côté réclamé le directeur d'Umuseso, un autre hebdomadaire privé paraissant à Kigali, Charles Kabonero.
Source: Le Monde.fr du 19 mars 2008
Justice
Un Rwandais réfugié en France prochainement transféré au TPIR
PARIS (AFP) - Pour la première fois depuis 2000, un Rwandais accusé de génocide et réfugié en France va être transféré au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), d'ici le 7 juin, après le rejet vendredi de son pourvoi par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
Cet ancien sous-préfet rwandais, Dominique Ntawukuriryayo, un Hutu de 65 ans, avait déposé une "requête en urgence" devant les juges européens après le rejet le 7 mai par la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire, d'un pourvoi contre son transfèrement au tribunal d'Arusha (Tanzanie).
"La requête a été rejetée jeudi par la CEDH, M. Ntawukuriryayo va donc être transféré au tribunal d'Arusha avant le 7 juin", a indiqué son avocat, Me Thierry Massis.
L'ancien sous-préfet avait été arrêté le 16 octobre à Carcassonne (Aude), où il vit depuis 1999 avec son épouse tutsie sans se cacher. Il est depuis incarcéré à la maison d'arrêt de la Santé à Paris.
Il était recherché depuis 2006 par le TPIR pour avoir, selon un acte d'accusation du 10 juin 2005, commis des actes de "génocide, complicité de génocide et d'incitation directe et publique au génocide" entre les 6 avril et le 17 juillet 1994.
Une plainte avait été déposée contre lui à Paris le 30 octobre 2007 par 27 rescapés rwandais et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda.
Il est notamment accusé d'avoir aidé et encouragé le massacre qui a eu lieu sur la colline de Kabuye, où des milliers de Tutsis s'étaient réfugiés à sa demande avant d'être massacrés.
"En raison des actes de Dominique Ntawukuriryayo et de ceux de ses subordonnés, pas moins de 25.000 réfugiés tutsis ont été tués sur la colline de Kabuye du 21 au 25 avril 1994", lit-on dans l'acte d'accusation. Il conteste les faits.
Selon Me Massis, le transfèrement à Arusha de M. Ntawukuriryayo n'est qu'un prélude à sa remise aux autorités rwandaises, le TPIR ayant reçu la consigne d'achever ses procès en première instance avant fin 2008.
Or, il n'y a, selon lui, "aucune assurance" que l'ancien sous-préfet bénéficie d'un procès équitable au Rwanda, dirigé par l'ancienne rébellion tutsie du FPR.
La Cour de cassation avait rejeté cet argument, assurant dans son arrêt du 7 mai ne pas disposer "de pièces (...) permettant de déduire que le TPIR ne sera pas matériellement en mesure de juger la personne réclamée".
Le transfèrement de M. Ntawukuriryayo au TPIR serait le premier depuis 2000 d'un Rwandais réfugié en France. Cette année-là, François-Xavier Nzuwonemeye, ex-officier de l'armée rwandaise, et Jean de Dieu Kamuhanda, ex-ministre de l'Enseignement supérieur, avaient été remis au tribunal d'Arusha.
Kigali suspecte neuf de ses ressortissants installés en France, dont M. Ntawukuriryayo, d'avoir pris part au génocide, selon la liste des 93 personnes établies à l'étranger recherchées par Kigali et remise à Interpol en mai 2006.
Le transfèrement au TPIR de deux d'entre eux, le prêtre Wenceslas Munyeshyaka et l'ancien préfet Laurent Bucyibaruta, était acquis avant que le tribunal d'Arusha ne décide finalement, en octobre 2007, de se dessaisir au profit de la France.
L'actuel régime rwandais accuse régulièrement Paris d'avoir soutenu les forces hutues qui ont commis le génocide de 1994, ce que la France a toujours démenti.
En novembre 2006, le Rwanda avait rompu ses relations diplomatiques avec la France. Une rencontre entre les deux présidents, Paul Kagame et Nicolas Sarkozy, en décembre, a jeté les bases d'un processus de normalisation, selon le gouvernement rwandais.
Source: AFP
www.irwanda1.com
16 mai 2008
Société
Relations Union Européenne - Rwanda
L'héritage laissé par le génocide rwandais continue à peser lourd dans le paysage politique du pays. Sur le plan économique, après une décennie d'excellentes performances macroéconomiques, le principal défi est de trouver de nouvelles sources de croissance durable, alors que la phase de redressement post-conflit arrive à son terme. Le premier D ocument de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP ) du Rwanda a donné lieu à de réels progrès dans les secteurs sociaux, moins en ce qui concerne le côté productif . Demeurant l’un des pays les plus pauvres et les plus densément peuplés d'Afrique, l’économie du Rwanda est essentiellement basée sur l'agriculture. La Stratégie Pays adoptée par la Communauté européenne (9ème Fonds Européen de Développement) a considéré la réduction de la pauvreté comme principale priorité, en fournissant une aide au développement rural ainsi qu'un soutien macroéconomique.
Les points clés des relations entre l’UE et le Rwanda
Pour la période 2008-2013, le 10ème FED totalise un montant de € 290 M. L'aide générale accordée à la Stratégie de Développement Economique et de Réduction de la Pauvreté (SDERP), notamment aux services sociaux tels que l'éducation, la santé et l'eau, représente 60 % de ce budget (€ 175 M). Les deux domaines de concentration sont le développement rural (€ 40 M) et les infrastructures (€ 50 M). Les domaines non-prioritaires tels que la gouvernance, l'appui au commerce et la facilité de coopération technique sont également inclus dans ce programme (€ 25 M). Pour couvrir les besoins imprévus, € 4,4 M sont prévus au titre de l'enveloppe B.
Le Rwanda, pays enclavé aux ressources naturelles rares et à l’industrie limitée, continue à recevoir des aides financières substantielles et a été admis à bénéficier de l’initiative de l’allègement de la dette en faveur des pays pauvres lourdement endettés (PPLE) du FMI et de la Banque mondiale, à la fin de l'année 2000.
En plus de la SDERP mise en œuvre en 2007, le Plan de la Stratégie Pays de la Communauté européenne projette de soutenir : i) le développement rural grâce au développement/transformation économique rural(e) dans le contexte du développement durable et de la décentralisation, ii) les infrastructures pour une interconnexion régionale grâce à une réduction des coûts des transports et une consolidation du secteur des transports.
Les questions de gouvernance dans ce contexte post-génocide, méritent une attention particulière. Au moment où les auteurs du génocide sortent de prison pour retourner dans leurs villages, il est nécessaire de mettre l'accent sur le renforcement de la justice traditionnelle et sur le processus de réconciliation et ses acteurs . La consolidation de la démocratie est cruciale, surtout en vue des élections parlementaires de 2008 et des élections présidentielles de 2010. Après avoir été l'un des deux premiers pays à s'être soumis au Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs au titre du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), le Rwanda a passé avec succès ce processus d'évaluation lors du 5ème sommet de l'African Review Forum à Banjul, en Gambie en juin 2006.
En dépit d’efforts réalisés dans le domaine de la justice liée au génocide, la réconciliation, processus long, reste un défi. Lorsque la réconciliation nationale et la justice sont en jeu, le règlement des questions judiciaires liées au génocide est un processus douloureux mais nécessaire. La réconciliation dépendra en fin de compte, de la croissance économique équitable et de la réduction de la pauvreté en particulier dans les régions rurales, et de la consolidation de la démocratie.
Article publié le 22 avril 2008 sur le site de l'UE
www.irwanda1.com
10 juin 2008
Rwanda: le FPR a tué 13 hommes d'Eglise en 1994, selon le procureur du TPIR
(la-croix.com du 9 juin 2008)

Le procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que des soldats de l'ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) avaient tué 13 hommes d'Eglise au Rwanda pendant le génocide de 1994.
"Dans mon dernier discours devant le Conseil, j'ai indiqué que des progrès avaient été réalisés dans l'enquête sur les accusations contre des membres du FPR. Le Rwanda a collaboré avec nous dans ce processus", a déclaré le procureur, Hassan Bubacar Jallow, selon son discours publié lundi sur le site internet du TPIR.
M. Jallow avait accompagné le président du TPIR, le juge Dennis Byron, pour la présentation du rapport semestriel du tribunal devant le Conseil.
"Ensemble, nous avons pu établir (...) que le 5 juin 1994, des soldats du FPR ont tué quelque 13 ecclésiastiques, dont cinq évêques, et deux civils dans le village de Kabgayi à Gitarama", déclare M. Jallow.
Parmi ces ecclésiastiques figurent Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali, Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba (nord) et Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi (centre) et alors président de la conférence des évêques catholiques du Rwanda.
"Certains des auteurs de ces crimes seraient décédés et d'autres servent actuellement dans l'armée rwandaise", précise-t-il.
Selon M. Jallow, le parquet général du Rwanda a fait part de sa décision, en relation avec cet incident, d'inculper et poursuivre rapidement pour meurtre et complicité de meurtre quatre officiers supérieurs de l'armée rwandaise.
"J'ai décidé de laisser en suspens toute action supplémentaire de mon côté, étant entendu que toute poursuite en ce sens à l'intérieur et par le Rwanda devra être efficace (...) équitable et ouverte au public", a expliqué M. Jallow dans son discours.
Jusqu'à présent, le TPIR n'a mis en accusation que des dignitaires de l'ancien régime hutu.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées dans le génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/080609135647.slb9pt0l.htm
www.irwanda1.com
10 juin 2008
Rwanda: le FPR a tué 13 hommes d'Eglise en 1994, selon le procureur du TPIR
(la-croix.com du 9 juin 2008)

Le procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que des soldats de l'ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) avaient tué 13 hommes d'Eglise au Rwanda pendant le génocide de 1994.
"Dans mon dernier discours devant le Conseil, j'ai indiqué que des progrès avaient été réalisés dans l'enquête sur les accusations contre des membres du FPR. Le Rwanda a collaboré avec nous dans ce processus", a déclaré le procureur, Hassan Bubacar Jallow, selon son discours publié lundi sur le site internet du TPIR.
M. Jallow avait accompagné le président du TPIR, le juge Dennis Byron, pour la présentation du rapport semestriel du tribunal devant le Conseil.
"Ensemble, nous avons pu établir (...) que le 5 juin 1994, des soldats du FPR ont tué quelque 13 ecclésiastiques, dont cinq évêques, et deux civils dans le village de Kabgayi à Gitarama", déclare M. Jallow.
Parmi ces ecclésiastiques figurent Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali, Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba (nord) et Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi (centre) et alors président de la conférence des évêques catholiques du Rwanda.
"Certains des auteurs de ces crimes seraient décédés et d'autres servent actuellement dans l'armée rwandaise", précise-t-il.
Selon M. Jallow, le parquet général du Rwanda a fait part de sa décision, en relation avec cet incident, d'inculper et poursuivre rapidement pour meurtre et complicité de meurtre quatre officiers supérieurs de l'armée rwandaise.
"J'ai décidé de laisser en suspens toute action supplémentaire de mon côté, étant entendu que toute poursuite en ce sens à l'intérieur et par le Rwanda devra être efficace (...) équitable et ouverte au public", a expliqué M. Jallow dans son discours.
Jusqu'à présent, le TPIR n'a mis en accusation que des dignitaires de l'ancien régime hutu.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées dans le génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/080609135647.slb9pt0l.htm
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7 avril 2008
Carla Del Ponte priée de se taire

Photo: suissinfo
La diplomatie suisse a interdit à Carla Del Ponte de présenter à Milan son livre consacré à son expérience en tant que procureure du Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie. A Berne, on juge cette promotion incompatible avec sa fonction d'ambassadrice.
Carla Del Ponte aurait dû présenter «La chasse, moi et les criminels de guerre» dimanche dernier dans la capitale lombarde. Or, le Ministère des Affaires étrangères a mis son veto, dans une lettre adressée la veille à la nouvelle ambassadrice de Suisse en Argentine. La missive se conclut par cette phrase: «Nous vous remercions pour un retour rapide à Buenos Aires».
«Il y a dans l'ouvrage des déclarations qui ne peuvent être faites en tant que représentante du gouvernement suisse», a indiqué lundi le porte-parole du Ministère.
Le livre, qui paraît aux éditions Feltrinelli, a été écrit en collaboration avec Chuck Sudetic, un reporter du New York Times. Il évoque les obstacles auxquels Carla Del Ponte à dû faire face dans sa traque des principaux responsables des crimes de guerres dans les Balkans dans les années 90, mais également au Rwanda, où elle a aussi été procureure.
Elle y accuse notamment les indépendantistes du Kosovo de s'être livré à un trafic d'organes prélevés sur leurs prisonniers serbes. Et affirme que l'actuel premier ministre de la province devenue indépendante était au courant.
Le Temps.ch/Dépêche suisse
7 avril 2008
Le Département fédéral des affaires étrangères a interdit à Carla Del Ponte de présenter à Milan son livre "La chasse". La promotion de cet ouvrage n'est pas compatible avec la fonction d'ambassadrice de Mme del Ponte, a expliqué le DFAE.
"Il y a dans l'ouvrage des déclarations qui ne peuvent être faites en tant que représentante du gouvernement suisse", a indiqué le porte-parole du DFAE, Jean-Philippe Jeannerat. Son livre est consacré à son expérience précédente en tant que procureure du Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie (TPIY).
Ecrit en collaboration avec un journaliste du "New York Times", "La chasse, moi et les criminels de guerre" évoque notamment les obstacles auxquels Carla Del Ponte a dû faire face dans sa traque des principaux responsables des crimes de guerres dans les Balkans dans les années 90.
Son expérience comme cheffe de l'accusation au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est également évoquée. Dans cet ouvrage, l'ancienne procureure générale de la Confédération critique sévèrement plusieurs responsables politiques.
Carla Del Ponte a été nommée procureure du TPIY et du TPIR en août 1999. Son mandat au TPIR a pris fin en 2003, celui au TPIY fin 2007. Elle est en poste dans la capitale
argentine depuis début janvier.
www.letemps.ch
Rwanda : La condamnation d’un médecin pour génocide doit être réexaminée
Il faut réparer l’injustice commise contre un chirurgien, ex-candidat à l’élection présidentielle

(New York, le 15 février 2008) – Les responsables du système rwandais de justice populaire connu sous le nom de gacaca devraient immédiatement procéder au réexamen d’une récente décision judiciaire qui a reconnu coupable de complicité de génocide le Dr Théoneste Niyitegeka, chirurgien et ex-candidat à l’élection présidentielle, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Le Dr Niyitegeka, chirurgien qui a soigné un nombre incalculable de blessés pendant le génocide de 1994, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à l’élection présidentielle de 2003. En octobre 2007, Niyitegeka avait été acquitté en première instance de toutes les charges pesant contre lui mais le 5 février 2008, il a été reconnu coupable par une juridiction d’appel. Cette dernière n’a pas motivé sa décision d’annuler le verdict d’acquittement.
« Les preuves présentées dans cette affaire sont vagues et contradictoires. Aucun élément probant n’étaye le verdict de culpabilité à l’encontre du Dr Niyitegeka », a déclaré Alison Des Forges, conseillère principale à la division Afrique de Human Rights Watch. « Les responsables rwandais se doivent maintenant de réparer ce cas d’injustice grave. »
La décision survient à un moment où les juges du Tribunal pénal international pour le Rwanda et un juge du Royaume-Uni sont en train d’évaluer l’équité des procédures judiciaires rwandaises, car ils envisagent de renvoyer dans leur pays des Rwandais accusés de génocide afin qu’ils y soient jugés. Les juridictions gacaca font partie intégrante du système judiciaire rwandais mais aux termes de la loi rwandaise, elles ne seraient pas compétentes pour juger les personnes renvoyées de l’étranger.
Lors du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis, des soldats et des membres de milices ont recherché des personnes ciblées dans les hôpitaux ainsi que dans les églises et les écoles. Dans cette affaire, le Dr Niyitegeka est accusé d’avoir livré un patient à des tueurs à l’hôpital de Kabgayi, où il exerçait en tant que chirurgien.
Le principal témoin a fait une déposition vague et contradictoire à propos de la date du prétendu crime, déclarant d’une part qu’il avait été commis début avril et d’autre part qu’il avait eu lieu après l’arrivée de patients transférés d’un hôpital de Kigali, fait qui s’est déroulé fin mai 1994.
Le seul autre témoin à charge contre le Dr Niyitegeka, une femme, a fait une déposition lors du procès qui contredisait celle qu’elle avait faite précédemment.
Une douzaine de témoins au moins, notamment des médecins et des infirmières qui travaillaient chaque jour avec le Dr Niyitegeka, ont affirmé sous serment qu’il était innocent des chefs d’accusation retenus contre lui. Ils ont également fourni des informations factuelles complémentaires en contradiction avec les déclarations des accusateurs.
Une rescapée tutsie du génocide a fait une déposition émouvante, expliquant que le Dr Niyitegeka lui avait fourni d’excellents soins pour une plaie qui suppurait abondamment.
« Vraiment je ne savais pas qu’un docteur pouvait accepter de soigner une chose aussi répugnante. C’était quelqu’un qui soignait tous les malades, sans distinction », a déclaré cette rescapée du génocide au tribunal. « Il a fait preuve d’un amour pour autrui que je n’avais encore jamais vu auparavant. »
Le Dr Niyitegeka a comparu dans le cadre d’un système judiciaire novateur connu sous le nom de gacaca, mis en place pour juger plus d’un million de personnes suite au génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis au Rwanda. Selon le Service National des Juridictions Gacaca, les juges gacaca, qui sont élus et ne reçoivent qu’une formation de quelques jours sur les questions juridiques, ont statué sur des centaines de milliers d’affaires, pour la plupart depuis avril 2007. La procédure devait se clôturer fin décembre, mais le gouvernement a récemment décidé de renvoyer devant le système gacaca des milliers de dossiers qui devaient initialement être traités par des tribunaux conventionnels.
A l’instar des tribunaux coutumiers, les juridictions gacaca peuvent condamner des personnes reconnues coupables à des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité. Contrairement aux tribunaux conventionnels, les juridictions gacaca n’accordent toutefois pas à l’accusé le droit de disposer d’un avocat. Outre une procédure en appel, comme celle qui a débouché sur le verdict à l’encontre du Dr Niyitegeka, le système gacaca rwandais prévoit également une possibilité de réexamen par un autre groupe de juges. Les responsables du Service National des Juridictions Gacaca peuvent ordonner ce réexamen.
Selon Human Rights Watch, la question se pose de savoir si des motifs politiques ne sont pas à l’origine de la décision inexplicable prise en appel de condamner le Dr Niyitegeka. En 2003, le Dr Niyitegeka, qui venait de rentrer des États-Unis, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à la présidentielle organisée cette même année. Sa candidature a été rejetée par la commission électorale et juste avant l’élection, il a été incarcéré pendant une courte période sous le chef d’accusation de « divisionnisme ». Le Rwanda se prépare actuellement pour les élections législatives qui auront lieu fin 2008.
Le Dr Niyitegeka, qui a parfois émis des commentaires sur les questions de politique rwandaise dans la presse locale et étrangère, a critiqué le système gacaca lors d’une interview accordée en 2005 au service radiophonique La Voix de l’Amérique (Voice of America). Il a été interrogé par la police à propos de ses commentaires et, intimidé par cette expérience, il a fui le pays pendant une courte période. Lors de son retour, des malfaiteurs non identifiés ont fait exploser sa voiture, garée derrière chez lui. Peu de temps après, des soldats sont arrivés chez lui pour essayer de le contraindre à revenir sur ses critiques des gacaca.
Après que le médecin eut été acquitté du chef d’accusation de génocide en octobre 2007 par la juridiction gacaca du secteur de Gihuma, dans la Province du Sud, la personne qui avait déposé plainte a interjeté appel de l’acquittement. La juridiction d’appel a programmé des audiences mais les a reportées à trois reprises en raison de l’absence de témoins. Lorsque la juridiction d’appel s’est réunie le 5 février, les juges ont délibéré sur le dossier pendant huit heures à l’intérieur d’un petit bâtiment, criant parfois si fort qu’ils pouvaient être entendus par le public qui était venu en grand nombre et attendait le verdict dehors.
En fin d’après-midi, les juges ont déclaré qu’ils avaient annulé le verdict d’acquittement en raison de « nouveaux éléments » versés au dossier, mais ils n’ont pas expliqué en quoi consistaient ces éléments. Ils ont condamné le Dr Niyitegeka à 15 ans de prison.
Fait inhabituel, des soldats en uniforme et armés ont assisté au procès ainsi qu’à l’audience en appel. Après la condamnation du Dr Niyitegeka, celui-ci a immédiatement dû monter à l’arrière d’un pick-up de l’armée et il a été emmené sous la pluie.
« Lorsque les faits semblent manquer pour étayer une décision judiciaire, il est facile pour les gens de supposer une ingérence extérieure », a relevé Alison Des Forges. « Plus ces cas se répètent, plus le système perd rapidement de sa crédibilité. Dans ce cas précis, la disparité entre les faits et le jugement est saisissante et la façon dont l’acquittement a été annulé soulève de sérieuses questions. Pour le bien du système et pour que justice soit rendue pour le Dr Niyitegeka, les responsables devraient immédiatement réexaminer la décision. »
Human Rights Watch (Communiqués de presse) - New York,NY,USA
11 juin 2008
DES RESPONSABLES RWANDAIS SOUS LE COUP D’UN MANDAT D’ARRÊT
LA VERSION ESPAGNOLE DU GÉNOCIDE
La mort, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols engagés au Rwanda est attribuée à d’actuels hauts responsables de l’armée rwandaise, dont le président Paul Kagame. Les mandats d’arrêt sont lancés.
( Suite de l'extrait de la revue suisse La liberté du lundi 17 mars 2008)
L’AVOCAT DES VICTIMES
«L’enquête se poursuit»
«L’enquête se poursuit»
«L’enquête se poursuit»
«L’enquête se poursuit»
Me
Jordi Palou Loverdos, du Barreau de Barcelone et de Madrid, est l’avocat des familles des victimes espagnoles ainsi que de plusieurs familles rwandaises.
On dit que des responsables rwandais en poste à l’étranger rentrent pour se mettre à l’abri dans leur pays, après le rapport du juge Fernando Andreu Merelles?
M
e
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
e
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
Me
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
Il est donc sous le coup du mandat international?
Me
Loverdos:
Les informations dont je dispose, pas officielles, confirment que plusieurs d’entre eux sont effectivement retournés au Rwanda. Quant au général Karake Karenzi, numéro deux de la Minuad au Darfour, il est lui aussi rentré à Kigali, avant de reprendre sa place au sein des forces de maintien de paix des Nations Unies.
Il est donc sous le coup du mandat international?
C’est l’objet actuel de discussions avec le Tribunal espagnol. On peut considérer qu’il n’est aucunement à l’abri. A mon sens, l’ONU doit le livrer. Quant à Kagame, il faudra bien entendu attendre qu’il soit déchu de son pouvoir présidentiel pour le poursuivre.
Le juge français Jean-Louis Bruguière avait lui aussi émis des mandats contre des personnalités rwandaises. Sans suite.
La décision du juge Bruguière ne concernait que les personnes impliquées dans l’attentat terroriste de 1994, qui a notamment coûté la vie au président Juvénal Habyarimana. Mais, fait bizarre, si vous allez aujourd’hui sur le site internet d’Interpol, vous ne verrez pas figurer les mandats d’arrêt du juge Bruguière. Pourquoi? Je ne me l’explique pas.
Mais les mandats contre les 40 responsables rwandais ne figurent pas davantage sur ce site…
Pas encore, c’est vrai. Mais je
vous confirme que nous nous
organisons dans ce sens, et que
le juge espagnol fera suivre le
dossier à Interpol.
PR
Le HCR sur la sellette
Le Haut-Commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est accusé par le juge Andreu d’avoir collaboré «à la chasse aux réfugiés». Selon le magistrat espagnol, à partir de 1996, le Zaïre (actuellement Congo RDC) comptait un million de réfugiés hutu ayant fui le Rwanda après la prise du pouvoir par le FPR de Kagame. Or, révèle le magistrat, le HCR, organisme censé venir en aide aux victimes de la guerre qui cherchent refuge dans d’autres pays, a décidé de mettre en marche un programme de rapatriement forcé, obligeant, peut-on lire dans ce document, des centaines de milliers de personnes à monter dans des camions du HCR. «Des menaces étaient formulées à l’encontre de ceux qui s’y refusaient.» Tout aussi surprenant: comme les membres du HCR ne pouvaient parvenir dans tous les lieux où se trouvaient les réfugiés, l’organisation onusienne a instauré un système de récompense sous forme d’argent pour les Zaïrois: 10 dollars pour chaque réfugié rwandais. «Ce qui, estime le magistrat espagnol, cité par José Yoldi, journaliste au quotidien «El Pais», a eu pour conséquence d’accroître cette véritable chasse aux réfugiés » qui a fait de nombreuses victimes.
En février 1997,
commente encore Fernando Andreu
dans ses conclusions consacrées à ce chapitre, Sadako
Ogata, haut-commissaire du HCR, est arrivée au camp
de Tingi-Tingi, pour y déclarer qu’elle ne pouvait garantir
la protection des réfugiés, offrant uniquement
un secours à ceux qui acceptaient le rapatriement. Le
26 février, le camp fut détruit. Et le nombre de morts
incalculable.
PR
La «zaïrisation» du conflit
Le génocide a causé
la mort d’environ 800000 Tutsi et Hutu modérés au Rwanda. Cette morbide estimation ne s’arrête pas là. Après leur prise du pouvoir, les rebelles de l’actuel président Kagame ont exporté le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) en compagnie d’autres groupes politico-militaires créés à cet effet. Un objectif à cela: «L’immense pillage du pays, en particulier des ressources naturelles précieuses.» Le juge espagnol Andreu parle de «zaïrisation du conflit». «Dans la région de Lubumbashi, constate le juge, on a assisté au pillage d’importantes quantités d’or, de diamants et de coltan.» Les actes de pillage auraient servi tant pour financer la guerre et les opérations militaires que pour l’enrichissement personnel des hauts responsables militaires.
Le document
de l’Audience nationale
met en relief le rôle de
Washington. Soulignant que le
président rwandais Kagame, à
la tête de ses hommes, avait
suivi un entraînement aux
Etats-Unis, et l’implication de
sociétés nord-américaines
pour «aider au pillage» de cette
région. «Paul Kagame s’est, du
reste, rendu à Washington en
août 1996 afin d’y confirmer ses
plans de guerre sur le Zaïre,
avec l’appui du Pentagone.»
Au lendemain de la parution
du document espagnol, M
e
Jordi Palou Loverdos, avocat
des familles des victimes espagnoles,
déclarait que «pour
aboutir à un procès, il était nécessaire
d’avoir la coopération
des Etats pour procéder aux arrestations
». Une gageure,
compte tenu des intérêts en
présence, opposés souvent,
pour ne pas dire plus. D’un
côté, Washington et Londres
sont proches de Kagame. De
l’autre, jusqu’en 1994, la France
soutenait les Hutu au pouvoir
et leur président Juvénal Habyarimana.
Au milieu, il y a
maintenant l’Espagne qui, elle,
tient à emprisonner les coupables.
Mais c’est là une autre
histoire.
PR
www.irwanda1.com
10 juin 2008
DES RESPONSABLES RWANDAIS SOUS LE COUP D’UN MANDAT D’ARRÊT
(Extrait de la revue suisse La liberté du 17 mars 2008)
LA VERSION ESPAGNOLE DU GÉNOCIDE
La mort, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols engagés au Rwanda est attribuée à d’actuels hauts
responsables de l’armée rwandaise, dont le président Paul Kagame. Les mandats d’arrêt sont lancés.
PIERRE ROTTET
Les mandats d’arrêt lancés le 6 février dernier par la justice espagnole contre une quarantaine de hauts responsables de l’armée rwandaise ne sont pas restés longtemps sans lendemain. De grosses pointures de l’appareil rwandais en place à l’étranger regagnent leur pays pour se mettre à l’abri des poursuites internationales. Parapluie qui les protégera – momentanément?– de leurs actes criminels commis contre des centaines de milliers de citoyens massacrés, rayés de la carte. On ouvre là une autre page de l’histoire rwandaise des années 90. Alors que les génocidaires hutu, rendus responsables de la mort, en 1994, de 800000 Tutsi, sont actuellement traduits devant la justice dans leur pays ou devant une cour internationale à Arusha, en Tanzanie, les rebelles tutsi qui ont envahi le pays dans le but – réussi – de prendre le pouvoir ont toujours été à l’abri des poursuites. Or, eux aussi ont commis des crimes. Avant, pendant et après le génocide.
Echec international
La justice espagnole réussira-t-elle là où d’autres ont échoué? En France, l’enquête du célèbre juge Jean-Louis Bruguière pointait également la responsabilité de l’actuel président Kagame et de ses hommes du Front patriotique rwandais (FPR). Mais le dossier est au point mort. Par souci de rétablir de bonnes relations avec Kigali? De son côté, le Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR), basé à Arusha, a toujours traîné les pieds pour juger les crimes commis par le FPR entre le 1
er
janvier et le 31 décembre 1994, période faisant pourtant partie de sa compétence. Il fait là, estiment les observateurs, le jeu de Kigali, qui a menacé le tribunal international de mettre fin à toute coopération si jamais ce dossier- là était ouvert. Ce même TPIR s’est également déclaré incompétent pour poursuivre les responsables de l’attentat terroriste contre l’avion de l’ancien dictateur hutu, Juvénal Habyarimana, en 1994, dont la mort a marqué le début du génocide.
Compétence universelle
Saisi en 2005 de l’assassinat, entre 1994 et 2002, de neuf Espagnols (six religieux et trois humanitaires), le juge Fernando Andreu Merelles a instruit son dossier en vertu du principe de «compétence universelle» qui permet à l’Espagne de poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide quelle que soit leur nationalité et celle des victimes. Ainsi, dans ses considérants, le juge se livre à un réquisitoire contre la méthode de prise de pouvoir puis de son exercice par le FPR de Paul Kagame. Le juge accuse le mouvement rebelle tutsi d’avoir commis, entre 1990 et 1994, des attentats contre les politiques et intellectuels hutu, afin de «provoquer la terreur». Le document espagnol de 181pages est explosif, tant par les conclusions et les accusations, que par les témoignages– terrifiants – de centaines de personnes auditionnées. Tout au long du document de la justice espagnole s’égrènent les chiffres, qui s’additionnent aux chiffres: 10000 morts ici, 2000 là, 30000 ça et là, dans d’autres villes ou camps de réfugiés… Il y a aussi les récits des témoins, dont ceux qui se rapportent aux trois coopérants et six religieux espagnols décédés. Joaquin Vallmajo a été enlevé le 26 avril 1994. «Tu parles mal de nous dans tes homélies», diront ses bourreaux.On n’a jamais retrouvé son corps.
Les morts espagnols
Servantes Mayor Garcia, Julio Rodriguez Jorge, Miguel Angel Isla Lucio, Fernando de la Fuente, étaient frères maristes engagés dans le camp de réfugiés de Nyamitangwe, au Congo RDC. Un camp pourtant placé sous la responsabilité de la Croix-Rouge, sous le patronage de l’ONU. Tous ont été enlevés le 31 octobre 1996. Leurs corps ont été retrouvés le 9 novembre. Ils portaient des traces profondes de machettes, de tortures et de balles. Le sixième religieux espagnol, Isidro Uzcudum Pouzo, a été abattu le 10 juin 2000 au Rwanda. Quant aux trois coopérants de l’organisation Médecins du monde, ils ont été fauchés à la mitraillette le 18 janvier 1997 par les militaires tutsi. Ils étaient les témoins gênants de massacres de réfugiés de retour au Rwanda après avoir trouvé un éphémère refuge au Congo RDC. Le président Kagame, dont la responsabilité est désignée sans ambiguïté, y compris comme auteur de massacres, échappe pour l’instant au mandat d’arrêt, en raison de son statut de chef d’Etat en exercice. Immunité oblige. Sept des quarante inculpés vivaient à l’étranger au moment de la parution du document. Parmi les personnes inculpées, outre le général Karekezi, actuel numéro deux de la Mission des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad), figurent le lieutenant colonel Rugumya Gacinya, attaché militaire du Rwanda aux Etats-Unis, et Kayumba Nyamwasa, ambassadeur du Rwanda en Inde.
APIC/COLLABORATION MAG
Après le génocide rwandais, le FPR au pouvoir a continué la guerre chez les voisins zaïrois. Des violences qui perdurent aujourd’hui encore.
KEYSTONE
ET LE RAPPORT
BRUGUIÈRE?
Certains criminels
pointés du doigt par le juge espagnol Andreu sont les mêmes que ceux désignés par le juge français Jean-Louis Bruguière, qui avait émis en 2006 neuf mandats d’arrêt contre des proches de Kagame.Autre point commun entre les rapports français et espagnol: les deux désignent le FPR responsable de l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana. Un acte sur lequel le juge Bruguière a mené son enquête, avant de lancer sans suite ses mandats d’arrêt. Alors que la justice espagnole a compétence internationale – elle peut poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide quelle que soit leur nationalité – le juge français enquêtait suite à la mort de coopérants français et de l’équipage français de l’avion visé par les terroristes.A noter que le juge Bruguière, joint à Paris par téléphone, confirme être aujourd’hui mis en «disponibilité». En d’autres termes dessaisi du dossier qu’il avait instruit.
pointés du doigt par le juge espagnol Andreu sont les mêmes que ceux désignés par le juge français Jean-Louis Bruguière, qui avait émis en 2006 neuf mandats d’arrêt contre des proches de Kagame. Autre point commun entre les rapports français et espagnol: les deux désignent le FPR responsable de l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana. Un acte sur lequel le juge Bruguière a mené son enquête, avant de lancer sans suite ses mandats d’arrêt. Alors que la justice espagnole a compétence internationale – elle peut poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide quelle que soit leur nationalité – le juge français enquêtait suite à la mort de coopérants français et de l’équipage français de l’avion visé par les terroristes.A noter que le juge Bruguière, joint à Paris par téléphone, confirme être aujourd’hui mis en «disponibilité». En d’autres termes dessaisi du dossier qu’il avait instruit.
PR
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Afrique Centrale: Kagame, est-ce la fin avec l'arrogance ? L'argument du génocide est spécieux!
Depuis les années 1990 (et même un peu plus tôt), l'Afrique des Grands Lacs est pris en otage par un groupe de bandits et criminels de grand chemin. Meurtres, génocides, viols, vols pillages sont commis dans cette partie du continent africain dans l'indifférence et l'impunité totales. Les dénonciations ne suffisent pas pour mettre un terme au calvaire aux populations civiles du Rwanda, du Burundi et du Congo dit démocratique.

A plusieurs reprises, les analystes philosophico-politiques de cette région et leurs alliés ont prouvé, avec des faits à l'appui, que Kagame, ses parrains et sa bande de bandits avaient organisé la terreur en Afrique des Grands Lacs pour servir leur goût dévoyé du pouvoir sans que cela ne m'émeuve autre-mesure les pays dits de "vieille démocratie", engagés hypocritement dans la lutte contre "le terrorisme". Combattre "ce fléau" au niveau des Etats manqués de l'Afrique Centrale a été et est encore une quadrature du cercle dans la mesure où organiser la violence à l'encontre des populations civiles rentre dans l'essence même des Etats manqués et de leur coalition mondiale. Une lueur semble poindre à l'horizon: les mouvements sociaux mondaiux et les autres collectifs citoyens comprennent de plus en plus qu'ils n'ont rien de juste et d'équitable à attendre de ces réseaux maffieux de la prédation, au Sud comme au Nord du monde.
S'inspirant du modèle des "résistants" latino-américains, partisans du multilatéralisme, ils sont en train de contourner les relations bilatérales corrompues. Au sujet de ce qui se passe en Afrique Centrale, le déclic que vient de donner la justice espagnole risque de sonner le glas de l'arrogance de Kagame et de ses hommes de paille du Rwanda et du Congo. Sur ce point, il ne serait pas mal que nous revenions sur le rôle historique joué par certains médias occidentaux, certains hommes politiques belges encore actifs dans le calvaire de l'Afrique des Grands Lacs. Ce rappel historique nous aiderait à ne pas être naïfs sur l'issue de l'aventure des réseaux opérants chez nous. Ils peuvent, à tout moment, se métamorphoser
I. La part de Colette Braeckman et celle de certains politiciens belges

Dans un article fustigeant le comportement irresponsable de Colette Braeckman s'envolant pour Kigali avec le fils Michel sans son collègue Peter Verlinden, journaliste du VRT, Luc De Temmerman notait ce qui suit: "Cette journaliste du SOIR, en connaissance de cause, se rend donc aujourd'hui auprès de cet autre criminel de guerre, chef du FPR, formateur militaire de NKUNDA, qui est en réalité à la base du titre de son article "Au fond de la détresse humaine", un président qui a fait éliminer le Président en fonction du pays qu'il prétendait libérer, et dont l'armée a tué des millions de citoyens Rwandais et Congolais dans la région depuis 1994 uniquement pour installer son pouvoir militaire au détriment de la démocratie pour le peuple rwandais." (L. DE TEMMERMAN, Kagame-feu J. Gol-G. Verhostadt-L.Michel-K. DE GUCHT: 6000.000 de morts dans la Région des Grands Lacs, dans Congoforum).
Luc publiait cet article pour réagir aux propos de Colette Braeckman écrits dans Le Soir du 21 janvier 2008, propos selon lesquels la paix dans les Kivu était liée, aux dires du Ministre des Affaires Etrangères de la RD Congo, à l'amnistie à accorder à Nkunda à l'issue de la conférence de Goma. Mbusa Nyamwisi aurait dit à Colette Braeckman ceci: "Si nous n'acceptons pas, Goma tombera demain aux mains de Nkunda." En reprenant ces inepties de Mbusa, Colette Braeckman faisait semblant de ne pas savoir que Nkunda est "un individu reconnu par le monde entier comme un criminel de guerre" et que ses "crimes contre l'humanité sont de la compétence du Procureur auprès du Tribunal Pénal International, dont la RDC a accepté la compétence sur son territoire."(Ibidem) Ceci fait dire à Luc De Temmerman (comme à plus d'un Congolais) que "cette journaliste Belge est donc manifestement un danger pour la cohésion de la population congolaise dans sa recherche pour une paix et une stabilité politique au Kivu." Pour Luc De Temmerman, Colette Braeckman ne peut évoquer, pour justifier son comportement irresponsable, le soutien dont jouit le créateur-protecteur de Nkunda auprès de "certains politiciens belges, dont feu J. Gol, G. Verhostadt, K. De Gucht et le clan Michel ( ) mais il suffit de regarder de quelle famille politique et surtout de quelle organisation philosophique font parti ces défenseurs de Kagame pour savoir qu'ils ne représentent pas l'ensemble de la population belge. Un journaliste qui n'a pas peur de détourner la vérité pour plaire à une minorité militaire, qui déstabilise la région depuis maintenant plus de 17 ans ne mérite pas de bénéficier su soutien d'un jour respecté." (Ibidem)
Ceux d'entre nous qui ont lu Pierre Péan savent de quoi parle Luc De Temmerman. En effet, "la guerre lancée par le FPR s'est jouée autant à Bruxelles que dans les collines rwandaises. C'est en effet dans la capitale belge qu'ont été installés l'état-major de la propagande et un bureau du FPR dans les mois qui ont précédé l'attaque militaire. L'équipe dirigeante du FPR, et en particulier Fred Rwigema, ont chargé des gens efficaces de répandre le "bonne parole" auprès des médias et de l'opinion publique. Disposant de relais en Allemagne, en France et en Suisse, ceux-ci ont constitué une véritable plaque tournante des actions de désinformation." (P. PEAN, Noires Fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994, Paris, Mille et une nuits, 2005, 68. Ce texte et ceux qui suivent sont tirés du chapitre intitulé Bruxelles, plaque tournante des actions de désinformation du FPR)
Jp Mbelu, Le Potentiel (Kinshasa),13 février 2008
http://fr.allafrica.com/stories/200802130256.html
22 avril 2008
Congo-Kinshasa: Le Rwanda impliqué dans le pillage de la RDC - Paul Kagame nie l'évidence, les chiffres accablent Kigali
Le président rwandais s'évertue, dans une interview à Jeune Afrique, à nier l'implication de son pays dans le pillage des minerais précieux de la République démocratique du Congo. Menaçant qu'il « n'accepte plus » » qu'on l'interroge à ce sujet, Paul Kagame se vante par ailleurs d'avoir « « beaucoup aidé le Congo ».
Mais, un document établi par le gouvernement congolais en date du 31 octobre 2002 dévoile des chiffrés et l'identité des personnalités rwandaises impliquées dans ce vaste pillage.
MEPRIS ET ARROGANCE
A l'analyse de ses réponses aux questions posées par Jeune Afrique, qui a publié l'interview dans son édition n°2466 du 13 au 19 avril 2008, le président rwandais apparaît comme un homme arrogant et qui manie le mensonge sans état d'âme.
Interrogé sur la poursuite de l'exportation depuis Kigali des minerais précieux pillés en RDC, Paul Kagame a une réaction méprisante. « Et comment ces minerais quittent-ils le Rwanda ? Via des vols hebdomadaires de Brussels Airlines ? Les Belges, qui ont pendant des décennies exploité et pillé le Congo et le Rwanda, devraient le savoir ! Tout cela est assez minable. Laissez-moi vous dire ceci : je n'accepte plus qu'on me pose ces genres de questions insultantes. Je n'y répondrai plus. C'est pour moi une perte de temps. Je n'ai que du mépris pour les gens qui colportent ces genres de rumeurs », déclare-t-il.
A propos de l'aide en sous-main que Kigali apporterait au général renégat Laurent Nkunda, le chef de l'Etat rwandais réagit sèchement : « Nous avons beau coup aidé le gouvernement congolais. Posez-lui la question et posez la question au président Kabila. Le Rwanda les a beaucoup aidés. La réalité est là. Dès lors, ne me demandez pas si nous aidons Nkunda ».
Si Nkunda est - pour les autorités de Kinshasa - un criminel de guerre, qu'est-il pour Paul Kagame ? « C'est leur problème. Elles ont essayé de le combattre et elles ont échoué, idem pour les forces négatives des FDLR. Comment comptent-elles s'y prendre désormais ? Veulent-elles vivre avec Nkunda ou sans lui ? C'est au président Kabila de le décider, pas à moi. Si Nkunda devenait un problème pour le Rwanda, je saurais ce qu'il faut faire. Mais, ce n'est pas le cas aujourd'hui », répond-il.
KINSHASA BRANDI DES PREUVES
Le 31 octobre 2002, le gouvernement de Kinshasa a rendu publique une synthèse de l'additif à son mémoire n°S/2001/1156 déposé auprès du secrétaire général de l'Onu sur le pillage systématique et l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses dans les territoires occupés de la RDC par les agresseurs rwandais, ougandais et burundais.
Au chapitre 2, consacré à la « criminalisation de l'économie congolaise », il considère que « le pillage et l'exploitation illégale des ressources de la RDC ont atteint une ampleur qui dépasse de loin le constat établi par le Panel (des experts des Nations unies); car ce phénomène porte sur l'ensemble des ressources qu'elles soient minérales, écologiques, agro-pastorales, financières, énergétiques, industrielles et surtout humaines ».
Il affirme, en ce qui concerne le diamant, que l'ampleur du trafic est confirmée par les faits et chiffres incontestables. « Des sources indépendantes crédibles évaluent des exportations rwandaises, ougandaises et burundaises des diamants de joaillerie à 12.967.047,83 carats pour une valeur de 427.046.578,39 dollars américains de 1998 en mai 2001 », révèle-t-il.Une première évaluation sommaire effectuée par Kinshasa montre que « l'estimation faite par le Groupe d'Experts des Nations unies selon laquelle le coltan a déjà rapporté au Rwanda environ 250 millions de dollars est sous - évaluée au regard du montant relevé par le Commission des Experts Nationaux Indépendants pour la période allant de 1998 à mai 2001 qui est de 774.811.256,00 dollars ».
Sans prendre en compte l'évaluation du coût humain de la guerre, le gouvernement congolais estime provisoirement les préjudices subis par l'Etat congolais « à 10 milliards de dollars américains ».
« Cette évaluation concerne les ressources minières pour 1.510.331.115,59 dollars, les ressources agro-pastorales et écologiques pour 1.737.407.196,42 dollars, les ressources financières pour 6.247.963.961,45 dollars et les ressources matérielles y compris les infrastructures sanitaires pour 622.565.026,00 » pour la période allant d'août 1998 à mai 2001, précise-t-il.
http://www.lepotentiel.com/
27 avril 2008
Justice
Allemagne : une Rwandaise de la délégation de Kagame recherchée par la France

Rose Kabuye
Une Rwandaise de la délégation ayant accompagné mercredi et jeudi le président Paul Kagame en Allemagne fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par la France, a indiqué aujourd’hui un porte-parole du gouvernement allemand, confirmant une information du quotidien Die Welt.
La responsable du protocole du chef de l'Etat rwandais, Rose Kabuye, est recherchée pour sa participation présumée dans l’accident de l'avion de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, abattu en avril 1994.
La mort de Habyarimana avait servi de prétexte pour les milices extrémistes hutues pour lancer le génocide contre les Tutsis et les Hutus modérés.
En novembre 2006, le juge français Jean-Louis Bruguière avait signé neuf mandats d'arrêt contre des proches du président Kagame qu'il soupçonne d'être impliqués dans le meurtre du président Habyarimana.
Lors d'un point-presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Jäger, a confirmé que ce mandat d'arrêt était «connu» du gouvernement allemand avant la visite et avait été «un thème» abordé par Berlin lors des préparatifs du voyage avec la partie rwandaise.
Berlin avait même informé Kigali des réticences allemandes, a précisé le porte-parole.
Martin Jäger a expliqué que rien n'avait pu être entrepris contre Rosa Kabuye, une loi allemande restreignant la compétence de la justice allemande quand il s'agit de représentants d'autres Etats qui se trouvent en Allemagne à l'invitation du gouvernement allemand, ainsi que de leur délégation.
Paul Kagame a rencontré mercredi et jeudi à Berlin la chancelière Angela Merkel, le président Horst Köhler, les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération, Frank-Walter Steinmeier et Heidemarie Wieczorek-Zeul.
www.irwanda1.com
Diaspora et Developpement: Le Point de vue d’Alain Anyouzoa
Spécialiste en Intelligence Artificielle, il est “Principal Scientist”, l’équivalent académique de Professeur d’Université aux Etats-Unis, et travaille pour la compagnie Global Info Tek Incorporated qui fait dans la recherche militaire et les systemes informatique pour le renseignement. Global Info Tek Incorporated est située à Reston en Virginie sur la côte est des Etats-Unis. Le domaine de recherche du Dr. Alain Anyouzoa est à la frontière entre la théorie des jeux, la biologie, l’économetrie, les statistiques…et la mécanique quantique.Courtisé par des multinationales, le 27 mai prochain, il occupera un nouveau poste chez Microsoft Corporation à Redmond dans l’État de Washington.Le 16 octobre 2003, il a gagné à Halifax au Canada sur 593 chercheurs venus du monde entier et travaillant pour des universités et compagnies prestigieuses comme le MIT, IBM, Microsoft, Dassault Aviation, le Best Paper Award de l’IEEE/WIC/IAT pour sa publication scientifique intitulee:” Dynamic Stochastic Capacity Princing for Resource Allocation”. Il a également été nominé pour le même titre l’année suivante pour son travail sur la stabilité des systemes dynamiques. Mais n’a pas pu competir à Beijing en 2004 parce qu’il defendait sa thèse de doctorat au même moment.Agé de 39 ans, marié et père de 3 enfants, l’universitaire donne son point de vue sur la situation peu honorable de l’Afrique et tente de proposer des solutions pour sortir le continent en général, et le Cameroun en particulier du sous développement.
Quel est d’après vous, les raisons profondes du sous développement de l’Afrique et de son retard dans l’acquisition du know how technologique ou industriel?
Alain Anyouzoa: Ma réponse sera simple et brève: le manque de volonté politique. Si je peux développer encore plus. Au lendemain des indépendances, les Africains qui étaient allés se former en Occident revenaient parce qu’ils savaient que l’avenir de leurs jeunes nations reposait entre leurs mains. Presque tous nos pays sont actuellement dirigés par ces derniers. Par la suite, l’élite intellectuelle qui avait suivi cette première génération jusque dans les années 1980, les boursiers africains et autres intellectuels formés en Occident revenaient fièrement après leurs études participer à l’effort de développement du continent. La majorité de ces intellectuels qui ont acquis le savoir scientifique et technologique, revenue au bercail, au lieu d’appliquer ce qu’ils ont appris à l’étranger, se sont vus confier des postes de bureaucrates et ont par conséquent abandonné leur mission première qui était d’aider l’Afrique à rattrapper son retard technologique. Certains de nos confrères font le choix d’abandonner la recherche pour un poste politique ou administratif. Ce qui est compréhensible dans un environnement où les ascenseurs sociaux sont grippés. Salaires misérables, manque de profil de carrière. Ayant des familles à nourrir et certainement des ambitions personnelles, c’est à qui mieux mieux.
La conséquence immédiate est que les moins résistants font tous l’école buissonnière et se mettent au service des régimes qui les abrutissent, adhèrent à des sectes et réseaux, pendant que les plus résistants s’accrochent en espèrant vainement qu’un jour viendra où nos responsables politiques comprendront la nécessité de soutenir la recherche. Le paradoxe à ce moment est que ceux de nos confrères qui sont passés dans l’administratif ou le politique sont les premiers à défendre l’indéfendable. Ceci très souvent dans une masturbation intellectuelle qui n’a d’égale que l’energie avec laquelle ils vouaient ceux qui les opprimaient aux gemonies. Comme disait un de nos compatriotes dans une lettre publique aux camerounais, “ils ont succombé aux délices faciles du quotidien et affichent leurs diplômes comme de simples médailles rappelant leur exploits passés”. Ils ne lisent plus, ils n’apprennent plus, ils ne se remettent plus en question. Ils sont supposés être les “éveilleurs de consciences”. Mais non! Ils sont repus et compromis! Pourquoi les met-on derrière des bureaux si ce n’est une stratégie pour tuer leur génie! Un pays peut-il avancer quand la science est sacrifiée à l'autel des lubies de ses dirigeants? On a l’impression que ceux qui étaient qualifiés d’illettrés lors et après nos indépendances avaient fait mieux! Comprenez-moi bien. Je ne suis pas entrain de dire que des ingénieurs et des docteurs ne devraient pas occuper des postes de responsabilités.
Mais la proportion de docteurs, ingénieurs et techniciens de tous bords “fonctionaires” en Afrique est alarmante!Aujourd’hui, le constat est clair et evident. La grande majorité des hommes de science de l’Afrique formés après les années 1980 et surtout à partir des années 1990 ne rentrent plus en Afrique une fois leurs études terminées. Ces derniers occupent des postes de professeurs ou de chercheurs dans des universités et des grands centres de recherche à la pointe de la science et de la technologie soit en Europe, en Asie et de plus en plus en Amérique du nord. D’autres préfèrent ”laver les assiettes dans les pays où ils ont etudié quand ils n’arrivent pas à trouver un travail à la hauteur de leur compétences”. L’Afrique compte aujourd’hui à travers le monde, pas moins de 40.000 PhDs ou docteurs d’État dans des domaines de la science et la technologie, et une grande majorité se trouve en ce moment aux Etats-Unis.
Toute cette diaspora africaine de la matière grise est prête à aider le continent et je suis certain qu’une grande majorité veut rentrer aider l’Afrique à relever le défi technologique pour son développement. Mais, il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de pesanteurs au sein des classes dirigeantes de nos jeunes États. L’Afrique ne fait rien ou pas assez pour encourager le retour des intellectuels africains comme ça se fait en Chine, en Inde, etc. Le véritable problème n’est pas financier ou économique. Il est plutot politique. Nous en discutons assez souvent entre nous. Nos politiques ne font rien pour nous encourager à retourner dans nos pays.Si je prends mon cas particulier et mon champ de recherche, aucune structure de recherche au Cameroun ne peut me donner les conditions minimales nécessaires pour poursuivre ma recherche. Ce n’est pas un problème de salaire qui me préoccupe, mais plutôt la situation socio-politique. Des conditions de travail adéquates et un environnement stable et viable sont nécessaires pour favoriser l’éclosion du savoir et la compétition avec d’autres chercheurs du monde. Je pense personnellement que nos confrères qui travaillent actuellement en Afrique sont des héros. Quand je pense à leurs conditions de travail, j’ai beaucoup de respect pour eux au vu de leur productivité scientifique. Imaginez un seul instant qu’on leur donne un peu plus de moyens!Pour vous faire comprendre la difficulté d’aider l’Afrique et les freins que nous rencontrons à l’exemple du Cameroun, je vais vous donner un exemple bien simple.
J’ai rencontré un haut responsable en charge de l’enseignement supérieur au Cameroun et lui ai proposé d’aller, à mes frais, donner chaque année, des cours pendant au moins deux semaines, gratuitement aux étudiants de l’école Polytechnique ou d’une université camerounaise afin de leur faire profiter de l’avancement des connaissances, et de mes recherches dans mon domaine. Je n’ai jamais reçu une suite à ma demande. J’étais même prêt à mobiliser un certain nombre de mes collègues et amis africains et non-africains qui aimeraient aider le continent africain! Quelques temps après, j’ai fait la même proposition à la présidence rwandaise. Le courriel que j’avais envoyé autour de 22 heures, heure de Washington DC avait été répondu favorablement en l’espace d’une heure d’intervalle le même jour. Le choix du Rwanda était guidé par la volonté du régime à doter ce jeune pays d’une des meilleures plateformes technologiques d’ici l’horizon 2020. Le Rwanda, ce petit pays africain qui a connu des traumatismes inoubliables en 1994 a compris qu’il ne peut pas exister sans la volonté de sortir de la pauvreté, et donc du sous-développement. Au même moment, les dirigeants de mon pays d’origine se plaisent à voir le Cameroun dans la situation dans laquelle il se trouve puisqu’ ils refusent l’apport gratuit des camerounais de la diaspora.
Pouvez-vous imaginer qu’un chargé de cours gagne près de 4 millions de FCFA par mois au Rwanda alors qu’un enseignant dans une université camerounaise gagne à peine 200 mille FCFA par mois? J’ai rencontré un jeune enseignant béninois en Novembre 2007 à une conférence à la Silicon Valley en Californie qui voulait partir de son poste qu’il occupe dans une université de la région des grands lacs pour le Rwanda pour faire un million de FCFA en plus par mois! Connaissant le Cameroun, j’avais l’impression que l’histoire de ce jeune enseignant africain, jonglant ainsi entre deux pays en Afrique relevait d’un recit Kafkaen. J’étais à la fois intrigué et fier de voir un tel dynamisme et cet intérêt poussé pour ce petit État montagneux et enclavé de la région des grands lacs – Le Rwanda.La raison pour laquelle un pays comme le Cameroun est en retard n’est nullement le manque d’expertise. Je peux vous garantir que vous trouverez des camerounais dans tous les domaines scientifiques et techniques imaginables. Le problème est le manque de volonté politique, le manque de vision, l’absence de conditions nécessaires pour un meilleur epanouissement intellectuel. On peut aussi debattre sur les libertés individuelles Vous ne pouvez pas envoyer vos enfants aller étudier à l’étranger, et leur demander à leur retour d’oublier les valeurs morales et sociales (positives) qu’ils ramenent avec eux dans leurs bagages quand ils rentrent au pays. C’est leur demander de renier une partie d’eux-mêmes. Voilà d’une façon non exhaustive, autant de goulots d’étranglement à l’essor et la prospérité d’un pays comme le Cameroun.La clé de notre retard se résume simplement par le manque de volonté politique de nos dirigeants.
Vous aviez appris que le chef de l’État Paul Biya du Cameroun a modifié récemment la constitution surtout l’Art 6 alinéa 2 pour se représenter N+1 fois aux élections présidentielles. Face à une gouvernance politique de cette nature, pensez-vous qu’il existe une possibilité de sortir du sous-développement?
Personnellement, je ne pense pas que le chef de l’État soit seul responsable du pourrissement de la situation au Cameroun. Le dire serait de la malhonnêteté intellectuelle. En dehors du chef de l’État, je pense qu’il y a des gens autour de lui qui prennent aussi des décisions. Pensez vous que M. Paul Biya, se trouverait offensé qu’un ministre en charge de l’Enseignement supérieur ou de la Recherche scientifique aie pris des mesures, visant à encourager le transfert du savoir faire des hommes de sciences camerounais de la diaspora pour le bénéfice du Cameroun.Je ne pense pas que ce dernier se verrait blâmer ou limoger de son porte-feuille ministériel. Pour cette raison, le tort ne saurait revenir au chef de l’État tout seul, même s’il est à la tête du pays. Le tort revient au système tout entier. C’est tout un systeme qui est responsable de nos malheurs. C’est ce systeme qui nous abrutit, nous accable, traîne les pieds et freine toute velléité de progrès.Si le prochain président de la république est de l’entourage du chef de l’État Paul Biya, je suis certain qu’il sera difficile de voir changer les mentalités qui compromettent le progrès du Cameroun. Cependant, il faudrait s’attendre à certains changements parce que le nouveau président amenera certainement avec lui ses hommes de confiance. Il bâtira son propre système, un système qui lui permettra de diriger. Qui sait?
Il nous surprendra peut-être. Je n’ai pas de solution magique, mais je suis convaincu que la majorité des camerounais de la diaspora ayant un réel souci de transformation de notre société veulent voir les choses changer. Ils pensent être mieux placés pour gérer de manière efficiente et mener le pays vers un développement durable. Cependant, ils doivent comprendre que le Cameroun n’est pas un pays facile. Mon père a fait sa carrière dans le commandement. Pour avoir servi dans diverses régions du pays, il connaissait bien le Cameroun. Il me disait toujours que le Cameroun n’est pas facile à diriger. Nous avons nos réalites qui nous sont propres, et, malgré tous les diplômes que nous engrangeons à l’etranger, sans une connaissance et une comprehension profondes de nos réalites locales, il est impossible de diriger efficacement le Cameroun. Ceux de la diaspora qui veulent aider leurs pays doivent composer avec ceux qui sont sur place. Il n’y a pas que des idiots et des repus sur place. Il y’a aussi des gens competents qui n’attendent que la bonne occasion pour éclore. J’aimerais aussi que nous de la diaspora soyons francs avec nous-mêmes. Nous avons toutes ces belles idées quand nous sommes à l’exterieur et/ou hors de la mangeoire. Dès que nous recevons un petit strapontin, nous morphons et devenons ce que nous recusions par le passé. Puis, nous commençons à parler la bouche pleine.
La panacée pour sortir les pays africains du sous-développement semble être le développement durable. Seigneur! Quelle belle expression! Je vous parie que la majorité des intervenants africains dans les colloques internationaux, ne comprennent même pas ce que cette expression veut dire. Loin de moi l’intention d’insulter leur intellect. Je ne vois tout simplement pas les signes accompagnateurs de la maîtrise de ce concept dans nos societés. Les projets sont menés sans tenir compte des études environnementales qui ont été faites à coup de centaines de millions de FCFA, des édifices construits avec l’argent des contribuables ne sont pas entretenus. On attend que les ascenseurs ne fonctionnent plus du tout pour les remplacer tout simplement! On signe des contrats d’achats de systèmes informatiques avec des societés occidentales (françaises en occurence) à la BEAC sans exiger que les fichiers sources soient la proprieté de la BEAC. Au moindre petit problème, il faut appeler “UN SPECIALISTE BLANC” –formé sur le tas s’il vous plaît - qui viendra à coup de millions, passer une semaine sous le beau soleil africain pour résoudre un petit problème de 10 minutes au frais de la BEAC! Grand Dieu! Et on parle de développement durable. Le développement durable nécessite une culture de développement. Une vision. On doit apprendre à prevoir. Pouvoir adapter des solutions qui ont marché ailleurs à nos problèmes en tenant compte de nos specificités. Pouvoir se reinventer! Le développement durable est plus difficile que vous ne le croyez. Pour une societé aussi ancré dans le laxisme et les passe-droits comme le Cameroun, permettez-moi de douter de la volonté de certains quand ils prononcent ces deux mots.
Un proverbe chinois dit que le poisson pourrit toujours par la tête. Il est vrai, le problème du Cameroun tout comme celui de l’Afrique entière est celui du système en place. Cependant, à la tête d’un système tout comme celui d’un équipage de bateau ou d’avion, il y a un capitaine de navire ou un commandant d’aéronef. Dès lors, tous les malheurs de ce système reposent avant tout sur la tête du commandant en chef qui est le chef de l’État. C’est clair. D’où l’intérêt de pointer le doigt accusateur d’abord sur le Président Paul Biya. Qu’en dites-vous?
Je ne suis pas entrain de faire la défense du Chef de l’État tout comme je me refuse de politiser le débat. Mais pour vous donner un exemple de progrès dans le totalitarisme, regardez la Chine. J’invite les uns et les autres à faire la différence entre la politique et le développement, bien que les deux soient intimement liés! Je ne suis pas un spécialiste des questions de développement, mais je sais tout de même additionner 2 et 2.La Chine est l’une des dictatures les plus violentes au monde. Cependant, l’empire du milieu est entrain de rivaliser, voire même menacer la légitimité de la superpuissance américaine dans ce 21ème siecle. Ceci grâce à la maîtrise de la science et de la technologie et à l’apport de sa diaspora à travers le monde. La Chine a su créer les conditions d’un développement durable. La Chine a créée les conditions nécessaires à l’éclosion d’une classe moyenne qui est le veritable moteur de son développement. La Chine a créée les conditions favorables au retour de sa diapora. Les chinois ont par exemple le droit d’avoir plusieurs nationalités. Ce qui permet une meilleure circulation de ses citoyens. Qui dit circulation dit mobilité et opportunités d’études, de travail, etc. C’est la preuve que même dans une dictature, on peut faire avancer les choses si la volonté existe réellement. Pour vous dire la vérité, je ne suis qu’un scientifique et je ne peux proposer que des solutions scientifiques aux problèmes africains. Je formule le vœux que les dirigeants politiques au pouvoir en Afrique mesurent le retard de leur pays respectif et manifestent plus de volonté politique à changer le visage peu honorable que nous montrons. L’image d’une Afrique meurtrie par la misère et le poids trop lourd de son sous développement.
L’Afrique représente trois fois la superficie du continent européen et environ 14% de la population mondiale. Malgré son potentiel, le continent noir demeure à la traîne du progrès. Est-ce qu’il faut décidément donner raison aux européocentristes et afro pessimistes qui pensent que les africains sont congénitalement réfractaires à tout ce qui relève du développement?
Les africains ne sont pas réfractaires au progrès social, au développement. Cependant, je crois qu’il y a des pesanteurs intérieures et extérieures qui empêchent le take off ou le décollage de l’Afrique. J’ai la conviction que certaines personnes aussi bien dans nos États qu’à l’extérieur travaillent dur pour nous garder sous-développés. J’ai la ferme conviction que les classes dirigeantes africaines sont des coopérants au service des puissances occidentales dans leur propres pays. Ils sont en mission d’abrutissement et d’exploitation en Afrique. Ils ont tous des passports étrangers et ont leur enfants en occident. Ils ont toujours sous la main un billet d’avion pour partir au moindre soubresaut. Cette situation de l’Afrique joue en leur faveur parce qu’ils n’ont pas de compte à rendre à ceux-la qu’ils administrent pour le compte de leurs maîtres occidentaux. Ils traîtent mieux leurs animaux domestiques que le contribuable qui paie les impôts avec lesquels ils sont grassement payés. Je les plains à la fin parce qu’ils sont eux-mêmes prisonniers dans ces vastes prisons que sont les pays africains. Ils sont autant prisonniers que ces prisonniers qu’ils tiennent fermement sous leurs jougs pour le compte de leurs maîtres.
Malheureusement pour eux, quand ces populations en haillons se rebellent parce que trop affamées et brimées, ils n’ont que ces prisons pour se sentir vivre parce que ne pouvant pas supporter les hivers occidentaux qui tyrannisent leur rhumatisme. Les bons mets de chez eux leur manquent, pour ceux qui choisissent l’exil. Ils sont parfois obligés de négocier leur retour et deviennent prisonniers des nouveaux gardes prisonniers. Et le cycle recommence.Il faut savoir que le développement de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur. Notre changement viendra de l’intérieur. Pour cela, il faut une réelle prise de conscience de l’intérieur, des africains, pour faire bouger les choses dans l’optique de booster le développement de l’Afrique. Prenons un autre exemple. La Tunisie et le Maroc. Ces deux pays ne peuvent pas se prévaloir d’avoir plus de liberté individuelle que le Cameroun. Cependant, en matière de progrès social, économique voire technologique, ces pays sont de loin plus avancés que le Cameroun car la volonté de développement y existe. C’est tout le contraire au Camroun. Au Cameroun, nous assistons à une frenesie devorante et destructrice dans laquelle les camerounais de tous bords, certains avec l’aide de l’étranger, se bousculent autour de ce grand malade qu’est le Cameroun, le charcutent de toutes parts comme des fauves, et vont cacher des morceaux dans l’attente des mauvais jours. Ils jouent à qui pillera plus et le plus vite.
C’est à qui mieux mieux. Un safari aux relents de crimes contre l’humanite!A l’époque où j’étais étudiant en Belgique, j’ai un ami tunisien qui m’avait dit que leur gouvernement envoyait chaque année, des hautes personnalités faire le tour des pays du monde pour recruter des médecins, des scientifiques, des ingénieurs pour venir combler des postes en création ou vacants dans le domaine médical, l’enseignement et la recherche. Aujourd’hui, la Tunisie a une expertise dans des domaines comme les travaux publics, le bâtiment, l’informatique, la médecine, le tourisme, etc. De nos jours, les européens traversent la méditerranée pour aller se faire soigner en Tunisie. Ce tourisme médical génère des millions de dollars chaque année dans ce pays. Tout ceci a été possible en Tunisie grâce à la prise de conscience de tous les maillons du système au pouvoir. Nous savons pourtant que le camarade Ben Ali est l’un des démocrates les plus respectueux des libertés individuelles au monde. Suivez mon regard. Il n’y a qu’à lire le discours de Sarkozy le mois dernier à Tunis. Le camarade Ben Ali n’est pourtant pas plus démocrate que Paul Biya. Comparé à la Tunisie, le Cameroun est un îlot de liberté. Mais au moins, les résultats économiques et le progrès social sont perceptibles dans tout le pays. Là encore se pose une question de volonté politique du chef de l’État et de tout son entourage. Jusqu’à une certaine année, et peut-être encore jusqu’à ce jour, les camerounais representaient le groupe étranger le plus representatif dans le corps médical et dans l’ingenierie en Belgique. Nombreux sont ces médecins et ingenieurs camerounais formés en Belgique qui sont rentrés au Cameroun. Deçus par les structures d’accueil ou leur manque, ont préféré repartir avec la ferme décision de ne plus revenir au pays si les choses ne changent pas. Le savoir faire ne manque pas en Afrique et particulièrement au Cameroun.
Une fois encore, j’insiste pour dire que c’est une question de volonté politique. Il y a beaucoup qui trouvent leur compte dans la frange dans laquelle nous insistons parce que cette situation fait leur affaire. Non pas qu’ils ignorent ce qu’il y’a lieu de faire pour le bien-être de tous. Un autre exemple que j’aime bien cité, c’est celui de la Corée du sud.La Corée du Sud s’est transformée à l’époque d’un président qui avait dirigée le pays d’une main de fer. J’ai vu à la télé, un documentaire saisissant dans lequel on montrait comment les sud-coréens ont appris à construire des ponts, et ont bâtis leur industie lourde, bien avant les investissements massifs des Etats-Unis d’Amerique dans leur économie. D’échec en échec, la Corée a fini par apprendre et est devenue le tigre qu’on connait aujourd’hui. Bien des camerounais ignorent que le PIB de la Corée du Sud était inferieur à celui du Cameroun dans les années soixante, et que le Cameroun pretait même de l’argent à ce pays. Ce qui voudrait dire que même dans une dictature, il est possible de créer des richesses et resorber le sous développement. Les africains ne sont pas des attardés. Les raisons de notre retard sont ailleur!
Pourquoi les chefs d’État africains ne peuvent pas œuvrer à mettre sur pied des masse critique, des regroupements, des centres d’excellence pour la recherche africaine pour attirer les chercheurs à revenir faire la science et la technologie sur le continent parce que la recherche demande énormément d’argent surtout dans certains domaines?
C’est bien pensé mais il faut savoir qu’il y a des domaines de la recherche qui ne demandent pas beaucoup d’argent. C’est le cas de l’informatique qui est devenu en quelques années la pierre angulaire sans laquelle aucun développement n’est possible. Pour faire de la recherche en informatique ajourd’hui, on a juste besoin d’un ordinateur et d’une connexion internet. Aujourd’hui, presque toute la connaissance est disponible sur le net, et ceci gratuitement s’il vous plaît! On peut s’eduquer et créer à moindre frais. Je défie quiconque va me prouver le contraire. Pour ce qui est de la technologie, sa maîtrise peut se faire de la même façon. Je vous prends le cas des programmeurs. On n’a pas besoin d’un grand bagage académique pour créer des programmes informatiques. En plus, vous trouvez gratuitement sur le net des solutions à pratiquement tous les problèmes que vous rencontrez dans le domaine. Sur le net, on trouve même des recettes pour construire des bombes. Il existe même des sites qui montrent comment construire une bombe atomique. Ce qui vous manquera, c’est le matériel pour le faire. C’est là qu’il faudrait faire la différence entre la science et la technologie. La science vous donne la theorie nécessaire à la conception de la bombe, et la technologie vous donne les outils, le materiaux et les techniques pour construire la bombe proprement dite. Ceux qui disent que l’Afrique n’a pas de moyen pour faire la recherche ou de maîtriser la technologie sont soit ignorants ou alors de mauvaise foi. Nous avons le “Know How”, c’est à- dire la connaissance. Pour construire une maison, un immeuble au Cameroun, faut-il faire venir des maçons en Guinée Équatorialeou du Gabon? Je pense que non car ils sont formés dans les collèges d’enseignement technique industriel et commercial(CETIC).
C’est la même chose en informatique parce que, pour construire un programme informatique, quelqu’il soit, on a pas besoin que tous ceux qui travaillent sur le projet soient titulaires d’un PhD. Dans la majorité des cas, vous ne trouvez même pas des docteurs et des personnes avec le titre formel d’ingenieur dans la construction des programmes informatiques. L’experience tout simplement fait souvent l’affaire! On peut former de bons programmeurs sans que ceux-ci ne soient passés dans une école d’informatique pour prendre des cours formels. Je vous forme un programmeur en un mois, et un bon programmeur en 6 mois sans connaissances préalables en informatique! Pour ceux qui ne le savent pas, construire un programme informatique c’est comme construire une maison. Vous avez un architecte qui conçoit la maquette de la maison, fait l’étude du terrain, les dessins techniques etc. Et vous avez les maçons qui savent comment mettre une brique l’une sur l’autre. Donc, vous aurez un architecte pour 10, 20, 50 maçons et voire plus. Vous pouvez aussi avoir un ou deux contre-maîtres qui s’occupent de certains aspects du programme informatique et vous aident à diriger les maçons. Je parle par expérience pour avoir occupé le poste de “Chief Architect”, et avoir construit des programmes informatiques valant des millions de dollars americains. Formez-nous ces programmeurs dans les CETICs! C’est possible. C’est pas de la magie! Nous pouvons former des programmeurs comme on forme des maçons dans nos CETICs!Nous manquons d’argent pour faire la recherche poussée dans des domaines comme la physique nucléaire.
Mais en informatique, il ne faut pas de grands moyens pour commencer. C’est une évidence. Seulement, nous devons savoir qu’il ne suffit pas de commencer à faire de la recherche, il faut être capable de la soutenir pour espérer en récolter les fruits. Le développement se soutient. On ne doit pas créer des stuctures de recherche et les laisser deperir comme on a si bien appris à le faire avec les bâtiments publics. On les construit et on les utilise jusqu’a ce qu’ils rendemt l’âme (i.e. deviennent insalubres et inutilisables). Il ne suffit pas de souhaiter le développement, il faut créer des conditions pour soutenir ce développement.Au vu de ce que le monde est entrain de devenir, un monde dans lequel la maîtrise de l’informatique et des technologies de l’information en général sont devenues incortournables, je me pose bien la question de savoir comment on entrevoit le développement durable sans la maîtrise de ces outils. Je lis la presse camerounaise tous les matins, et je tombe regulièrement sur les colloques et seminaires pour la maîtrise des TIC. Je pense que les discours ne nous menerons nul part. Pendant que nous donnons des discours, les autres avancent pratiquement. Le Cameroun, avec ses chômeurs licenciés en lettre, en droit ou en sciences économiques pourrait mettre sur pieds une vaste campagne de reconvertion vers l’informatique et ainsi attirer les compagnies étrangeres qui trouveront sur place une main d’oeuvre qualifiée et bon prix, et facilement renouvelable. Donnez moi un licencié en lettre, je vous en fait un programmeur, peut-être pas un informaticien. Il y a quelques années, la Belgique et l’Allemagne ont sollicitée la main d’œuvre informatique de certains pays comme l’Inde. L’intégration de ces indiens fut tellement difficile (xenophobie rempante, etc.) que l’Allemagne dut abandonner l’expérience au bout d’un certain temps. La Belgique quant à elle s’est résolue à faire de certains de ses chômeurs, des programmeurs en leur donnant une formation accélérée de trois mois, et ceci gratuitement. Parmi ces chômeurs, il y avait des africains notamment des camerounais formés dans d’autres domaines en Belgique.
Pourquoi au Cameroun a-t-on des difficultés à emuler et imiter les bonnes choses qui se font ailleurs si nous ne sommes pas capable de trouver des solutions innovatrices par nous-mêmes.La science nous a été donnée. Elle est enseignée un peu partout dans le monde, disponible sur la toile. Il en est de même de la technologie. Mais une certaine technologie ne nous sera jamais donnée. On nous permettra de l’utiliser sans toutefois nous permettre de la maîtriser. Vous n’avez qu’à voir comment les brevets sont libelés. La retro-ingenierie est sevèrement punie, bien que certaines nations s’en moquent et dissequent le travail fait par d’autres pour en maîtriser les contours. Cherchons à maîtriser la technologie à notre portée. Le gouvernement doit encourager les camerounais à acquerir par exemple des outils électroniques (commes des ordinateurs) et d’autres à des taux préférentiels en terme de taxation douanière, pour faciliter l’accès de ces outils au plus grand nombre. Vous verrez la suite. Nous devons aussi nous assurer que nous appliquons les connaissances scientifiques acquises à la résolution des problèmes locaux. Chaque pays, chaque région du monde a des problèmes qui lui sont propres. La science a ceci de bien qu’elle est juste un outil dans la chaîne de production. Un outil bien versatile. Les lois de la physique par exemple sont les mêmes sous tous les cieux. Il faut donc faire cette science notre.
Comme disait le Prix Nobel de littérature Portugais José Saramago, "La langue appartient à ceux qui la parlent, pour le meilleur et pour le pire", je dirais aussi que la science appartient à ceux qui la maîtrisent, pour le meilleur et pour le pire.Il faut aussi encourager les chercheurs. Sans un soutien réel des pouvoirs publics, ces derniers ne pourront pas soutenir le développement du continent. J’ai par exemple lu un article dans un journal camerounais dont je ne me souviens pas le nom qu’un chercheur camerounais avait mis au point, il y’a une dizaine d’années, une espèce de semence de riz très riche en proteine, et qui permettait aussi d’augmenter sensiblement la productivité. L’espèce de riz en question est actuellement cultivée en Afrique de l’ouest. Ce qui est une bonne chose. Mais pourquoi pas au Cameroun où elle a été conçue? Ah je vois. Les prescriptions du FMI. Qu’est-ce qui nous y a amenés? Le manque de prévision. A quoi servent donc tous ces “thésards ou docteurs” qui pullulent dans les ministères en charge de l’économie et de la planification? Le chercheur cité plus haut est un héros pour la région ouest africaine. Pas au Cameroun où il est clochardisé comme bien d’autres grands esprits de chez nous.
Comment pouvez vous imaginer qu’ un camerounais de la diaspora qui veut revenir dans son pays d’origine se voit obligé d’obtenir une invitation formelle de quelqu’ un du Cameroun. Pourtant en Chine ou ailleurs,tu auras beau avoir dix citoyennetés différentes,le jour où on veut rentrer en Chine, le pays vous offre les conditions d’une bonne intégration à votre retour. Ensuite, le gouvernement chinois met à votre disposition, des moyens soit pour créer un laboratoire de recherche avec une équipe de chercheurs si vous êtes un homme de science. Dailleurs, savez vous qu’après l’élection de Jean Ping à la tête de la Commission de l’Union africaine, l’agence Chine Nouvelle ou Xinhua s’est félicitée de son élection. En fait, ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que le père du gabonais Jean Ping était un chinois arrivé au Gabon dans les années 1930.Cela veut tout dire.
Au Cameroun, la diaspora ne fait-elle pas peur au régime?
Le problème que vous soulevez est réel. Cette politique peut être bonne et mauvaise. Personnellement, pour aller au pays, je dois faire la demande d’un visa. J’ai pris la nationalité américaine par nécessité. Je fais dans la recherche militaire et les systèmes informatiques pour le renseignement. Aux Etats-Unis, pour travailler dans des domaines comme ceux là, il faut avoir la citoyenneté américaine. Ce sont des domaines qui sont réservés uniquement aux américains. Le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité. Si je dois aller au pays, il faut que je donne des raisons à l’ambassade du bien fondé de mon voyage au Cameroun.Toutes ces mesures sont la preuve du manque de volonté politique de nos dirigeants. En effet, ces derniers savent que le pays possède des citoyens valables hors du pays. Le refus de les impliquer dans le combat pour le développement pourrait peut-être s’expliquer par la peur de l’inconnu. En effet, ces enfants qu’on a envoyés à l’exterieur pourraient venir créer des problèmes nouveaux, avoir des revendications qui pourraient remettre en question un certain ordre établi. D’ou des mesures restrictives et suicidaires comme celle prise à l’endroit des camerounais vivant à l’étranger. Nos dirigeants sont conscients du fait que la diaspora camerounaise ne sera pas docile comme le sont ces citoyens de l’intérieur. Ensuite, la plupart des camerounais de la diaspora ont une double nationalité et leur créer des problèmes n’est pas chose facile pour nos dirigeants compte tenu de l’influence du pays d’adoption. Cependant, une question se pose. Comment résoudre l’équation inextricable qui résulte de l’incompatibilité structurelle, doctrinale et idéologique entre la gestion de la chose publique telle qu’elle est faite sous les bananiers (en Afrique) et le besoin de développement? Toute la problématique du développement africain est là. Nos dirigeants devront un jour ou l’autre répondre à cette question.
La recherche scientifique est fonction de la spécificité de chaque pays?
Exactement, la recherche scientifique et technologique vise à résoudre les problèmes spécifiques de chaque pays. Les problèmes aux États-Unis sont différents de ceux du Cameroun. Prenons un autre exemple simple. L’obesité est un probleme de santé publique aux Etats-Unis alors que le Cameroun doit faire face aux maladies comme le paludisme qui prennent des proportions endémiques. Les priorités doivent forcement être differentes. Cependant, avec la mondialisation qui nous est imposée, certains types de problèmes deviennent progressivement les mêmes dans plusieurs, sinon tous les coins du globe. Vous avez ainsi le diabete qui devient un problème de santé publique dans des pays comme l’Inde, et même le Cameroun à cause entre autre du manque d’exercice, qui lui, est dû aux multiples facilités que nous avons aujourd’hui (vehicule, fast food, etc.). Nos priorités dans certains domaines pourraient donc rencontrer ceux d’autres pays où d’autres régions. Mais toujours est-il que cette science ou recherche qui sera faite sur des problèmes communs devra être adaptée à nos cultures, notre climat, notre biodiversité, etc. Si on prend l’example du diabete cité plus haut, vous verrez qu’il existe un diabete de type tropical que vous ne trouverez qu’en Afrique sub-saharienne.Pour ce qui me concerne, j’ai fait la recherche sur les systèmes distribués, et les agents intelligents. Je ne vois personnellement pas, du moins dans l’immediat comment ce genre de recherche peut profiter au Cameroun. Le genre de recherche que je fais entre plutôt dans l’outil de production, alors que le Cameroun n’est encore qu’un consommateur. Neanmoins, ça ne ferait pas de mal d’enseigner ces connaissances à des compatriotes.
Quel est le regard que vos collègues américains portent sur vous qui faites la recherche militaire?
En Europe, on pourrait avoir un autre regard sur moi. Je me rappelle d’un de mes professeurs en Belgique qui m’avait demandé si je rentrerais un jour au Cameroun, vu le genre de recherche que je fais, et les resultats que j’obtiens. Cet enseignant me prenait pour un oiseau rare. Et à cette époque, je me rappelle que j’étais l’un des rares africains dans le département d’informatique de mon université. Pour le lecteur, je dois preciser que j’ai fait toutes mes études d’informatique dans une université neerlandophone. Mais aux Etats-Unis, c’est différent, car les américains sont très ouverts. Le pays est un grand carrefour du monde. Les gens viennent de toutes les régions de la planète et les competences sont reconnues. Quand vous êtes compétent dans le pays de l’oncle Sam, Vous n’avez pas l’impression d’être un étranger. Le racisme devient un problème pour les couches pauvres de la societe et les moins scolarisés.
Est-ce que les africains de la diaspora se réunissent autour d’un cercle d’hommes de science aux Etats-Unis comme le font certaines communautés notamment indienne ou chinoise?
Vous allez trop loin. Dans la communaute camerounaise de la région de Washington DC où je vis, la communauté est morcelée en association sur des bases ethniques ou tribales. Ce qui n’est pas mauvais d’un point de vue culturelle et même sociale. Mais cela peut aussi representer un frein pour l’évolution de la communauté camerounaise dans son ensemble. Nous avons besoin d’un mouvement qui refletent toutes les couches et la diversité de la nation camerounaise. C’est la seule façon pour nous d’avoir une certaine visibilité et faire contre-poids face aux velleités d’hégemoniques d’autres communautés aux USA. Pour exemple, Il y avait des postes d’emploi ouverts au sein de l’ enterprise dans laquelle je travaille. J’ai fait circuler l’information demandant des CV de camerounais pendant trois mois dans la région de Washington DC. Ils sont pourtant nombreux, mais je n’ai reçu que deux CV venant de personnes n’ayant pas le profil requis. Pourquoi mon information n’a pas pu circuler? Je suis certain qu’il y’a eu retention de l’information. Il faut dire les choses comme elles sont. Nous camerounais savons être égoïstes. Nous avons des competences dans la communauté. Mais l’information n’a pas circulée. Raison pour laquelle, beaucoup de camerounais n’ont pas postulé. En face, vous avez les rouleaux compresseurs chinois et indien, et ceux d’autres communautés moins visibles, mais très soudées comme les Sénégalais et les Maliens. Eux ont compris que l’union fait la force. Résultats des courses, les nôtres ont des problèmes à trouver des emplois parce qu’ils n’ont pas eu de “tuyau”. Comprenez-moi bien. Il ne suffit pas que l’on dépose votre dossier sur la table d’un responsable des ressources humaines pour être engagé. Il faut aussi être competent.
Le plus dur, c’est d’avoir son CV sur la table de ce responsable. Quand la reférence vient de l’interieur de la boîte, très souvent le traitement du CV est différent. C’est ce que les autres communautés ont compris. C’est regrettable qu’il n’existe pas une communauté véritablement camerounaise. Pourtant, c’est au sein d’un regroupement de ce type qu’on peut discuter des vrais problèmes de développement de notre pays. Les clivages que j’ai relevés plus hauts apportent toutefois une certaine cohesion et un sentiment d’appartenance à une entité commune. Ils permettent de discuter des problèmes du village et apportez un certain développement dans nos contrées respectives. Mais la question que je me pose est celle de savoir où est le Cameroun dans tout cela? On s’intéresse à l’intérêt ethnique, ce qui n’est pas mauvais, mais pas à l’intérêt national. Ce sont des schémas que nous avons importés du Cameroun, et nous n’avons pas eu la force ou la volonté de transcender ces clivages et jouer le jeu du nombre comme font les autres communautés plus structurées. Si nous montons d’un cran dans cette analogie, vous comprenez que nous sommes loin de pouvoir parler d’une seule voix à l’échelle continentale. C’est pourtant pas des gens capables qui manquent.
La course au parti démocrate est rude entre deux candidats, le sénateur africain américain Barack Obama et une femme, la sénatrice Hillary Clinton. Quelle est votre analyse des deux forces en présence?
Je suis heureux des exploits du sénateur noir Barack Obama car il donne une certaine fierté aux africains. Je suis très fier de lui. Mais mon cœur continue de balancer entre les deux candidats. En effet, j’aime beaucoup madame Clinton autant que j’aime Obama. Mon souhait serait de les voir tous les deux à la Maison Blanche comme Président et Vice Président. De toute manière, quiconque sera nominé aura mon vote.L’élection de Barack Obama va certainement apporter un changement de mentalité et va forcer les uns et les autres à regarder le noir autrement à travers le monde. C’est sûr. Sa présence à la tête du pays le plus puissant du monde aura un impact majeur et certain sur la manière de faire la politique en Afrique. Mais j’ai peur qu’il ne puisse pas aider les noirs comme il voudrait. Tout geste en direction de l’Afrique sera interprété autrement par les lobbys et les autres communautés. Il aura les mains un peu liées. Je pense par exemple à un plan Marshall pour l’Afrique comme celui qui a été implementé en Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mais j’ai peur que cela ne puisse pas marcher si nous ne changeons pas notre façon de gerer la chose publique, si nous ne changeons pas nos mentalités. Ça ne servira à rien si nous continuons à nous adonner a notre sport favori: Detourner les fonds publics pour les cacher dans des paradis fiscaux.
Est ce que vous avez une dernière préoccupation que nous n’avons pas abordée mais donc vous souhaitez donner votre opinion?
Je voudrai revenir une derniere fois sur le problème de transfert de technologie. Je pense que nous devons nous reveiller. D’après moi, le transfert de technologie s’est déjà fait. Nous sommes formés dans plusieurs domaines à la pointe de la science et de la technologie dans des écoles et universités occidentales. Quel autre transfert de connaissance souhaitons nous obtenir de l’occident? Il est question de prendre cette science là et l’implémenter en Afrique. C’est tout. Je vous ai dit plus haut qu’il y’a des technologies que l’on ne nous donnera jamais. Ne rêvons pas. L’occident a eu à dépenser des budgets colossaux pour les recherches ayant menée à la création de ces technologies. Pourquoi voulez-vous qu’on vous donne ces technologies gratuitement? Nous avons le savoir theorique. Bâttons-nous pour créer des technologies adaptées à nos conditions, à notre environnement, des technologies propres. L’intelligence, c’est la faculté d’adapter les moyens aux fins. Nous avons l’intelligence qui semble la chose la mieux partagée au monde. Nous avons acquis des connaissances theoriques et pratiques. Mettons nous au travail. La balle est dans notre camp.Voilà plus ou moins ce que j’avais à dire.
Ferdinand Mayega au Québec, journal LECOMBATTANT
Rwanda : La condamnation d’un médecin pour génocide doit être réexaminée
Il faut réparer l’injustice commise contre un chirurgien, ex-candidat à l’élection présidentielle
(New York, le 15 février 2008) – Les responsables du système rwandais de justice populaire connu sous le nom de gacaca devraient immédiatement procéder au réexamen d’une récente décision judiciaire qui a reconnu coupable de complicité de génocide le Dr Théoneste Niyitegeka, chirurgien et ex-candidat à l’élection présidentielle, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Le Dr Niyitegeka, chirurgien qui a soigné un nombre incalculable de blessés pendant le génocide de 1994, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à l’élection présidentielle de 2003. En octobre 2007, Niyitegeka avait été acquitté en première instance de toutes les charges pesant contre lui mais le 5 février 2008, il a été reconnu coupable par une juridiction d’appel. Cette dernière n’a pas motivé sa décision d’annuler le verdict d’acquittement.
« Les preuves présentées dans cette affaire sont vagues et contradictoires. Aucun élément probant n’étaye le verdict de culpabilité à l’encontre du Dr Niyitegeka », a déclaré Alison Des Forges, conseillère principale à la division Afrique de Human Rights Watch. « Les responsables rwandais se doivent maintenant de réparer ce cas d’injustice grave. »
La décision survient à un moment où les juges du Tribunal pénal international pour le Rwanda et un juge du Royaume-Uni sont en train d’évaluer l’équité des procédures judiciaires rwandaises, car ils envisagent de renvoyer dans leur pays des Rwandais accusés de génocide afin qu’ils y soient jugés. Les juridictions gacaca font partie intégrante du système judiciaire rwandais mais aux termes de la loi rwandaise, elles ne seraient pas compétentes pour juger les personnes renvoyées de l’étranger.
Lors du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis, des soldats et des membres de milices ont recherché des personnes ciblées dans les hôpitaux ainsi que dans les églises et les écoles. Dans cette affaire, le Dr Niyitegeka est accusé d’avoir livré un patient à des tueurs à l’hôpital de Kabgayi, où il exerçait en tant que chirurgien.
Le principal témoin a fait une déposition vague et contradictoire à propos de la date du prétendu crime, déclarant d’une part qu’il avait été commis début avril et d’autre part qu’il avait eu lieu après l’arrivée de patients transférés d’un hôpital de Kigali, fait qui s’est déroulé fin mai 1994.
Le seul autre témoin à charge contre le Dr Niyitegeka, une femme, a fait une déposition lors du procès qui contredisait celle qu’elle avait faite précédemment.
Une douzaine de témoins au moins, notamment des médecins et des infirmières qui travaillaient chaque jour avec le Dr Niyitegeka, ont affirmé sous serment qu’il était innocent des chefs d’accusation retenus contre lui. Ils ont également fourni des informations factuelles complémentaires en contradiction avec les déclarations des accusateurs.
Une rescapée tutsie du génocide a fait une déposition émouvante, expliquant que le Dr Niyitegeka lui avait fourni d’excellents soins pour une plaie qui suppurait abondamment.
« Vraiment je ne savais pas qu’un docteur pouvait accepter de soigner une chose aussi répugnante. C’était quelqu’un qui soignait tous les malades, sans distinction », a déclaré cette rescapée du génocide au tribunal. « Il a fait preuve d’un amour pour autrui que je n’avais encore jamais vu auparavant. »
Le Dr Niyitegeka a comparu dans le cadre d’un système judiciaire novateur connu sous le nom de gacaca, mis en place pour juger plus d’un million de personnes suite au génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis au Rwanda. Selon le Service National des Juridictions Gacaca, les juges gacaca, qui sont élus et ne reçoivent qu’une formation de quelques jours sur les questions juridiques, ont statué sur des centaines de milliers d’affaires, pour la plupart depuis avril 2007. La procédure devait se clôturer fin décembre, mais le gouvernement a récemment décidé de renvoyer devant le système gacaca des milliers de dossiers qui devaient initialement être traités par des tribunaux conventionnels.
A l’instar des tribunaux coutumiers, les juridictions gacaca peuvent condamner des personnes reconnues coupables à des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité. Contrairement aux tribunaux conventionnels, les juridictions gacaca n’accordent toutefois pas à l’accusé le droit de disposer d’un avocat. Outre une procédure en appel, comme celle qui a débouché sur le verdict à l’encontre du Dr Niyitegeka, le système gacaca rwandais prévoit également une possibilité de réexamen par un autre groupe de juges. Les responsables du Service National des Juridictions Gacaca peuvent ordonner ce réexamen.
Selon Human Rights Watch, la question se pose de savoir si des motifs politiques ne sont pas à l’origine de la décision inexplicable prise en appel de condamner le Dr Niyitegeka. En 2003, le Dr Niyitegeka, qui venait de rentrer des États-Unis, a cherché à se présenter contre le Président Paul Kagame à la présidentielle organisée cette même année. Sa candidature a été rejetée par la commission électorale et juste avant l’élection, il a été incarcéré pendant une courte période sous le chef d’accusation de « divisionnisme ». Le Rwanda se prépare actuellement pour les élections législatives qui auront lieu fin 2008.
Le Dr Niyitegeka, qui a parfois émis des commentaires sur les questions de politique rwandaise dans la presse locale et étrangère, a critiqué le système gacaca lors d’une interview accordée en 2005 au service radiophonique La Voix de l’Amérique (Voice of America). Il a été interrogé par la police à propos de ses commentaires et, intimidé par cette expérience, il a fui le pays pendant une courte période. Lors de son retour, des malfaiteurs non identifiés ont fait exploser sa voiture, garée derrière chez lui. Peu de temps après, des soldats sont arrivés chez lui pour essayer de le contraindre à revenir sur ses critiques des gacaca.
Après que le médecin eut été acquitté du chef d’accusation de génocide en octobre 2007 par la juridiction gacaca du secteur de Gihuma, dans la Province du Sud, la personne qui avait déposé plainte a interjeté appel de l’acquittement. La juridiction d’appel a programmé des audiences mais les a reportées à trois reprises en raison de l’absence de témoins. Lorsque la juridiction d’appel s’est réunie le 5 février, les juges ont délibéré sur le dossier pendant huit heures à l’intérieur d’un petit bâtiment, criant parfois si fort qu’ils pouvaient être entendus par le public qui était venu en grand nombre et attendait le verdict dehors.
En fin d’après-midi, les juges ont déclaré qu’ils avaient annulé le verdict d’acquittement en raison de « nouveaux éléments » versés au dossier, mais ils n’ont pas expliqué en quoi consistaient ces éléments. Ils ont condamné le Dr Niyitegeka à 15 ans de prison.
Fait inhabituel, des soldats en uniforme et armés ont assisté au procès ainsi qu’à l’audience en appel. Après la condamnation du Dr Niyitegeka, celui-ci a immédiatement dû monter à l’arrière d’un pick-up de l’armée et il a été emmené sous la pluie.
« Lorsque les faits semblent manquer pour étayer une décision judiciaire, il est facile pour les gens de supposer une ingérence extérieure », a relevé Alison Des Forges. « Plus ces cas se répètent, plus le système perd rapidement de sa crédibilité. Dans ce cas précis, la disparité entre les faits et le jugement est saisissante et la façon dont l’acquittement a été annulé soulève de sérieuses questions. Pour le bien du système et pour que justice soit rendue pour le Dr Niyitegeka, les responsables devraient immédiatement réexaminer la décision. »
Human Rights Watch (Communiqués de presse) - New York,NY,USA
Vendredi 18 juillet 2008
Joyeux anniversaire Madiba

Nelson Mandela à la sortie de prison le 11 février 1990 en compagnie de son ex-épouse Winnie
Photo: www.nelsonmandela.org
Nelson Rolihlahla Mandela est né à Mevzo, à l’est de la province du Cap, le 18 Juillet 1918.
Il est issu d’une famille royale et c’est le premier à suivre une scolarité dès l’âge de 7 ans. C’est d’ailleurs l’un de ses professeurs qui lui donne le prénom de Nelson.
Son père meurt de la tuberculose lorsqu’il n’a que 9 ans. Initié à 16 ans selon la tradition familiale, il poursuit ses études et obtient son certificat scolaire. Il s’inscrit au collège en 1934, et une fois diplômé, intègre l’université de Fort Hare. Il y fait la connaissance d’Oliver Tambo, qui devient un ami proche, et participe activement au Conseil représentatif des Etudiants. Tous deux sont renvoyés de l’université après avoir participé à une grêve menée contre le règlement universitaire.
Pour fuir un mariage arrangé qu’il ne souhaitait pas, il part à Johannesburg. Il passe une licence par correspondance, puis débute des études de droit.
Nelson Mandela rejoint le Congrés National Africain en 1942. Il désire y lutter contre la domination politique de la minorité blanche. Il fonde une Ligue de Jeunesse de l’ANC en compagnie de son ami Oliver Tambo et de Walter Sisulu dès 1944.
1948 voit la mise en place de l’apartheid par le Parti National Afrikaner.
Nelson Mandela et Oliver Tambo se sont associés dans un cabinet d’avocats. Ils y donnent des conseils juridiques gratuits, dans la volonté d’aider la population noire la plus démunie.
En 1955, Mandela participe à la rédaction de la Charte de la Liberté visant à lutter contre la ségrégation raciale et l’apartheid. L’année suivante, il est arrêté avec 150 autres personnes pour trahison. Il est cependant acquitté.
En 1960, il abandonne la stratégie non-violente de l’ANC pour fonder une autre branche prônant l’action armée : l’Umkhonto We Sizwe. Ce mouvement, littéralement traduit par "fer de lance de la Nation", est crée suite au Massacre de Shaperville. Cet évènement, survenu le 21 Mars 1960, symbolise la brutalité du régime de l’apartheid. Ce qui, à l’origine, n’était qu’une protestation contre le port obligatoire d’un "passeport", dégénéra et fit 79 morts et 178 bléssés. Ce fut ce qui déclencha le début de la résistance armée noire.
Emprisonné en 1962 et condamné à 5 ans de prison en 1963, Nelson Mandela est, après son procés en 1964, condamné à perpétuité, pour activités politiques clandestines.
Il est mis en résidence surveillée à partir de Décembre 1988, et définitivement libéré le 11 Février 1990.
La durée de son emprisonnement fait de lui le plus ancien prisonnier politique connu...le plus célèbre aussi.
Nelson Mandela doit sa libération à Frederik de Klerk. Il est sollicité pour maintenir la paix civile en Afrique du Sud. De Klerk met fin à la clandestinité de l’ANC et ils travaillent ensemble à l’instauration de la fin de l’apartheid.
Après avoir reçu le Prix Nehru pour la Paix en 1979, et le Prix Kadhafi des Droits de l’Homme en 1989, Nelson Mandela est récompensé, ainsi que Frederik de Klerk, du Prix Nobel de la Paix, en 1993, pour leur action en faveur de la fin de l’apartheid et l’établissement de la démocratie dans le pays.
En Avril 1994 ont lieu les premières élèctions démocratiques. L’ANC remporte largement la victoire et Nelson Mandela est élu Président de la République d’Afrique du Sud. Une commission "vérité et réconciliation" est créée. Elle a pour but de confronter le passé pour se souvenir des faits douloureux mais pas de juger les crimes. Mandela donne ainsi au monde entier un exemple de réconciliation nationale.
Il quitte la vie politique en 1999, et crée la Fondation Nelson Mandela. Elle a pour but d’améliorer les conditions de vie des plus défavorisés dans divers domaines tels que la pauvreté, la liberté, la maladie et l’oppression. Les deux objectifs principaux sont l’amélioration de l’éducation dans les régions rurales et la lutte contre le sida, dont le fils de Mandela est mort en 2005.
Fort de son engagement, il est aujourd’hui l’une des personnalités les plus écoutées d’ Afrique.
Source:
http://www.buddhachannel.tv
www.irwanda1.com
Nouvelles enquêtes en France visant des génocidaires présumés
Associated Press (AP),
01/04/2008
Le parquet de Paris a ouvert récemment plusieurs enquêtes visant des ressortissants rwandais se trouvant en France et soupçonnés d'être impliqués dans le génocide au Rwanda en 1994, dont la veuve de l'ancien président du Rwanda, Agathe
Habyarimana, a-t-on appris aujourd'hui de sources judiciaires.
Au total, neuf enquêtes - huit informations judiciaires et une enquête préliminaire sous la houlette du parquet de Paris - sont instruites à Paris.
Deux informations judiciaires, ouvertes par le parquet d'Evry (Essonne) et celui de Lille (Nord), ont été dépaysées à Paris à la suite de décisions de la Cour de cassation, les dossiers concernant le génocide rwandais étant regroupés à Paris.
La première, ouverte contre X pour complicité de génocide et complicité de crime contre l'humanité, vise Agathe Habyarimana, la veuve du président rwandais, Juvénal Habyarimana, dont l'avion a été abattu par des missiles le 6 avril 1994. Un attentat considéré comme l'élément déclencheur du génocide de 1994 dans lequel 500 000 à 800 000 Rwandais, en grande majorité des tutsis, mais aussi des hutus modérés, ont trouvé la mort.
La seconde, ouverte pour génocide, crime contre l'humanité et complicité de ces deux crimes, vise nommément Eugène Rwamucyo, qui figure sur la liste des 93 Rwandais en exil recherchés par le régime de Kigali.
Le 13 mars, une information judiciaire pour génocide, crime contre l'humanité et complicité de ces deux crimes a été ouverte par le parquet de Paris contre Dominique Ntawukuriryayo, interpellé en France en vertu d'un mandat d'arrêt et de remise émis le 21 septembre 2007 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour son implication présumée dans le génocide à Kabuyé. Né en 1942, il est arrivé en France en 1999 où il bénéficiait d'un titre de séjour régulier.
Le 9 avril, la Cour de cassation doit examiner le pourvoi déposé par ses avocats contre la décision de la cour d'appel de Paris autorisant sa remise au TPIR. L'un de ses conseils, Me Philippe Gréciano, s'est félicité de l'ouverture d'une information judiciaire qui, selon lui, permettra à son client de s'expliquer devant la justice française. Et pourrait accélérer un possible dessaisissement du TPIR au profit de la France.
Par ailleurs, le parquet a diligenté une enquête préliminaire à la suite de plaintes déposées en février contre Calixte Mbarushimana, un Rwandais qui a travaillé entre 1992 et 1994 à Kigali pour le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Deux juges du tribunal de grande instance de Paris, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, sont saisies des huit informations judiciaires liées au génocide rwandais.
Une magistrate du tribunal aux armées de Paris (TAP) est chargée d'une enquête sur l'éventuelle complicité de l'armée française dans le génocide.
Deux juges d'instruction antiterroristes enquêtent sur l'attentat contre l'avion du président Habyarimana. Dans ce dossier, le juge Jean-Louis Bruguière, qui a quitté la magistrature, a lancé des mandats d'arrêts contre neuf proches de l'actuel président Paul Kagamé ce qui a conduit à la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.
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8 juin 2008
La France extrade au TPIR un ancien sous-préfet de la zone Turquoise. La main de Bernard Kouchner suspectée.
L'ancien sous-préfet Dominique Ntawukuriryayo, accusé d'avoir participé au génocide de 1994, a été remis jeudi 5 juin au Tribunal pénal international (TPIR) par la France. Il avait été arrêté le 16 octobre 2007 à Carcassonne dans le département de l'Aude au sud de la France, à la suite d'une plainte déposée contre lui en 2006 par des réfugiés rwandais.
Agé de 65 ans, Dominique Ntawukuriryayo résidait en France depuis 1999. Un mandat d'arrêt fut délivré en septembre 2006 par le TPIR. Il est suspecté de "génocide et crimes contre l'humanité" car il aurait joué un rôle dans la mort de 25.000 tutsis sur la colline de Kabuye du 21 au 25 avril 1994 dans la préfecture de Gikongoro, selon l'acte d'accusation officiel du TPIR. La Cour de cassation française avait rejeté son dernier recours le 7 mai dernier. Pourquoi la France ne le juge pas car il vit sur son territoire depuis 1999? Pourquoi la France l'extrade alors que le mandat du TPIR expire à la fin de cette année? Autant de questions que se pose la communauté rwandaise vivant en France qui voit la main du ministre français des affaires étrangères qui faute d'avoir la tête de l'ex-préfet de la zone Turquoise, décharge son adrénaline sur le sous-préfet. Dominique Ntawukuriryayo est originaire de Gikongoro et était sous-préfet dans la zone Turquoise.
Le génocide rwandais envenime les relations entre Kigali et Paris. Les incidents de procédure sont fréquents. En 2000, la France avait arrêté et extradé les premiers suspects demandés par le TPIR, le major François-Xavier Nzuwonemeye et l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Jean de Dieu Kamuhanda. Le jugement de ce dernier fut expéditif. Il fut lourdement condamné alors que des zones d'ombre planaient sur son dossier. Un témoin dépêché de Kigali pour l'accuser ne l'a même pas reconnu (Justice des vaincus).
L'extradition au TPIR du préfet Laurent Bucyibaruta et du père Wenceslas Munyeshyaka a été annulée par la justice française malgré la pression de Bernard Kouchner, l'ami de Paul Kagame qui reste le seul au monde à lui trouver des vertus. Ils seront jugés en France.
Les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ont été rompues, en novembre 2006, après la délivrance par le juge français Jean-Louis Bruguière, de 9 mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais Paul Kagame, accusé d'avoir fomenté l'assassinat de son prédécesseur. Le ministre français des affaires étrangères est le seul à ne pas croire à la responsabilité du FPR dans l'assassinat du président Juvénal Habyarimana. Cet acte terroriste fut l'élément déclencheur du génocide rwandais. Depuis la nomination de Bernard Kouchner au poste de ministre des affaires étrangères, la communauté hutue de France vit dans l'inquiétude. Il est soupçonné d'être manipulé par Kigali. Une association rwandaise a porté plainte contre lui pour des propos anti-hutu prononcés sur une chaîne de radio française.
Paul Kagame exige la levée des mandats lancés contre ses proches pour la reprise des relations diplomatiques avec la France. Mais entretemps 40 mandats d'arrêt ont été lancés par un juge espagnol, Fernando Andreu Merelles, contre de hauts responsables politiques et militaires du FPR et sur cette liste figurent les 9 inculpés par le juge français. L'Espagne n'est pas impliquée dans les événements du Rwanda mais ses ressortissants ont été massacrés par les militaires du FPR.
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Rwanda: Ambassadeur Joseph Mutaboba - « Les FDLR devraient rentrer chez eux et dialoguer chez eux »
Agence Rwandaise d'Information (Kigali), 14 avril 2008

Joseph Mutaboba, Secrétaire général au ministère de la sécurité intérieure
Le désarmement et le rapatriement des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, mouvement rebelle hutu rwandais) prévus par l'Accord de Nairobi signé entre le Rwanda et la RDC sont d'actualité. La date butoir du 15 mars est largement dépassée. Le Conseil de sécurité, à travers la résolution 1804, a demandé au mouvement rebelle de déposer les armes et de se mettre à la disposition du gouvernement congolais pour rapatriement.
Les FDLR s'y opposent et exigent un dialogue direct avec le gouvernement rwandais comme préalable au rapatriement. Soutenues en cela par députés et sénateurs congolais dans deux rapports parlementaires sur l'insécurité dans la partie orientale de leur pays qui héberge les unités combattantes des FDLR.
Pour faire le point sur la situation, nous avons rencontré l'Ambassadeur Joseph Mutaboba qui a représenté le Rwanda à l'ONU. Il est présentement secrétaire général au Ministère de la sécurité intérieure. Il est impliqué dans le processus né de la conférence internationale sur la sécurité, la paix, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs. C'est l'une des trois personnalités qui dirigent la diplomatie rwandaise au niveau sous régional. «Députés ou Sénateurs congolais ou autres devraient encourager les FDLR à rentrer chez eux et à dialoguer chez eux », dit-il. Lire entretien.
Agence Rwandaise d'Information (ARI) - La liste de 6.997 génocidaires transmise par le Rwanda dépasse de loin le nombre de combattants FDLR estimé à 6.000 par la RDC et l'ONU. Se référant sur la liste publiée par le TPIR, la RDC dit qu'il n'y a pas une dizaine de génocidaires sur son territoire. Comment expliquer ces disparités dans les chiffres ? Et comment contourner cette difficulté ?
Ambassadeur Joseph Mutaboba (A.J.M) - Si vous vous attelez à compter le nombre de génocidaires par actions déjà posées ou par idéologie apprise et acquise du milieu familial, ce chiffre peut même augmenter et dépasser les chiffres jusque-là utilisés par les uns et les autres.
La guerre des chiffres n'est donc pas un point de réflexion sur lequel les différents acteurs devraient se pencher mais plutôt concentrer leurs efforts sur la recherche de la solution de comment rééduquer ces milliers ou millions de génocidaires et partager avec eux l'ubumuntu qui leur échappe au fil des jours qui se suivent mais ne se ressemblent guère tant pour eux que pour ceux occupés à reconstruire le pays.
ARI - La RDC affirme que le groupe FDLR compte des mineurs dans ses rangs, des combattants qui étaient encore gosses en 1994 et leurs dépendants (femmes et enfants). Et elle demande au Rwanda de faire la différence entre ceux qui ont le sang sur les mains des autres. Pourquoi le Rwanda ne se livre-t-il pas à cet exercice et met tout le monde dans le box des génocidaires ?
A.J.M - Chaque combattant/e a une hiérarchie de commandement qu'il/elle suit et à laquelle il/elle obéit et une idéologie à suivre. Si nous sommes d'accord que l'idéologie enseignée par les FDLR n'est autre que l'idéologie de la haine, diabolisation, exclusion et extermination de l'autre, cette idéologie se résume ni plus ni moins au génocide. Que vous l'acquerriez jeune ou vieux/vieille, elle vous change et vous marque, surtout quand vous vous en imprégnez les pratiques et les slogans quotidiennement à la maison comme à l'école.
Les frères et soeurs congolais sont les meilleurs rapporteurs de ces faits car ils les vivent chaque jour quand les FDLR déclarent ce qu'ils ont comme projet de société: renverser le régime des tutsi et les exterminer une fois pour toutes. Ce sont les faits qui pourtant se passent chez eux et chez leurs voisins dont ils ont peur et phobie et dont ils veulent se débarrasser en vain car utilisant des grands de velours pour une longue durée et scandant le chéri rapatriement volontaire. Bararuma bagahuha!!!. A tort ou à raison, ce serait un bon sujet de discussion.
Par ailleurs, ceux/celles-là qui se sentent pris en otage par les FDLR/génocidaires font tout pour se désengager des griffes de leur leadership. Jeunes combattants, femmes, enfants et vieux combattants et même leurs officiers supérieurs, leurs commandants se dérobent chaque jour de la forêt répondant aux appels répétés du Rwanda qui veut que tous ses enfants rentrent dans leur pays natal et oeuvrer à la reconstruction.
Nous en avons reçu des millions, laissez ces autres aussi rentrer de la même façon et ils savent pertinemment bien que le Rwanda les recevra et tout est en place pour les recevoir. Ils n'ont pas besoin de comite international de suivi ou d'autres bureaucraties inutiles qui ne sont que manoeuvres dilatoires.
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24 juillet 2008
Bill Clinton de nouveau au Rwanda
Après la visite éclaire et tenue secrète de l'épouse du candidat républicain à la Maison blanche, John Mc Cain, l'ancien président américain Bill Clinton a annoncé qu'il allait entamer mardi prochain une tournée en Afrique qui l'amenera de nouveau au Rwanda. Derrière sa fondation pour la lutte contre le SIDA, Bill Clinton ne fait que protéger ses intérêts commerciaux dans la région des Grands Lacs.
«Cette année, je m'enthousiasme pour le développement de projets qui marqueront une différence énorme dans la lutte contre l'épidémie du sida, l'amélioration des conditions de vie des gens et de leur avenir», a dit M. Clinton. Derrière ses bonnes paroles, les Rwandais n'oublieront jamais que c'est lui qui a laissé faire le génocide rwandais alors qu'il avait les moyens pour l'arrêter. Il a même refusé d'utiliser le mot génocide qui l'aurait contraint à intervenir.
Décidément le Rwanda est devenu un passage obligé pour tous ceux qui convoitent les richesses naturelles des pays d'Afrique centrale, Chery et Tony Blair, Laura et George Bush, Cindy Mc Cain, le président allemand, Bernard Kouchner et l'infatigable Bill Clinton pour ne citer que ceux-là.
Les Rwandais commencent à comprendre pourquoi un génocide a été perpetré au vu et au su de tout le monde sans que personne ne lève le doigt pour l'arrêter. La raison est simple: il fallait changer les régimes en place pour s'accaparer des richesses de la région peu importe les dégâts humains. On parle maintenant d'énormes gisements de gaz et de pétrole dans le lac Kivu en plus des diamants, or, cuivre et autre coltan en RDC dans les régions du nord et sud Kivu. Du pétrole vient d'être découvert également dans le lac Albert en Ouganda.
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21 avril 2008
Poème d'Alexandre Kimenyi en l'honneur de Fred Rwigema, paru dans Impuruza no 17 de Décembre 1990
Traduction en Français (Décembre 1995)
(Poème original en Kinyarwanda dans la rubrique Votre Courrier sur notre site)
Dans ce texte la tombe de Rwigema sur le champ de bataille lors de l'invasion du Rwanda par les troupes venues d'Uganda est interprétée par l'auteur comme "l'Ubutabazi" , pratique qui consistait dans le Rwanda féodal à envoyer un Prince désigné par le devin du Roi mourir dans le camp ennemi dans le but d'attirer la faveur des dieux pour gagner la guerre.
QUE JE LOUE GISA, LE JEUNE HOMME A BEAUTE INDESCRIPTIBLE
C'était le premier jour du mois d'Octobre
Le mois qui suit le beau mois de Septembre
Tu as répondu vivement a notre appel à la guerre
En qualité de Chef d'Etat Major
tu pris fièrement le chemin du front
Assisté par Bayingana et Bunyenyezi
Qui brillaient comme les étoiles
Vous aviez terminé les préparatifs
A une expédition majeure
L'invasion du Rwanda [
Octobre 1, 1990
]
Les troupes et munitions étaient rassemblées
A l'aube vous avez franchi la frontière Rwandaise pour assaillir
Et vous avez vite pris vos positions d'attaque
Au lever du soleil, vous avez donné l'ordre de tirer
Vers la fin de la matinée, les échanges de tirs étaient intenses
Le bruit des balles retentissait à chaque heure
Et quand les "braves" [
Tutsi, FPR]
tiraient, les sangliers [
hutu, Forces Armées Rwandaises
] tremblaient
La victoire était certaine.
Tôt le matin, après que tu aies vu que tes troupes abattaient
furieusement et fièrement
tu dis Adieu à tes soldats
Et tu ajoutas: nous sommes enfin arrivés à la maison [
au Rwanda
] et le temps est venu pour que je vous passe le flambeau
Je deviens le sacrifice mais ne déméritez pas
Cette tradition de donner sa vie pour le salut des nourrissons et des déshérités
A été commencée par le roi Bwimba [
monarque Tutsi
], reprise par Gihana
[
guerrier envoyé pour sacrifice du temps féodal
] et est devenue un rituel sacré dans le pays de Gihanga [
Fondateur mythique du Rwanda
].
Soyez courageux et évitez le déshonneur
Battez-vous ardemment pour que votre nom Inkotanyi [
ceux qui tuent avec l'épée ou tueurs à gage du temps féodal
] inspire la terreur
Battez-vous courageusement pour que le pays respire la paix
Pour que les réfugiés [
tutsi des années 1959
] retournent chez eux sans crainte ni anxiété.
A l'heure du midi, les soldats se réunirent pour un dernier adieu
Ils tonnèrent ensemble: Anéantisseurs des intrigants
Même celui qui sautera le plus haut en hauteur ne saura jamais te surpasser
Rentre là où tes ancêtres t'ont précédé
Pour qu'ils te décorent de la médaille d'honneur
Toi Gisa que j'exalte, tu es un vaillant soldat, d'une beauté indescriptible.
Toi, le fameux, dont la beauté rayonne à l'étranger
Celui dont les adolescentes se distraient en contemplant le visage [
allusion au phénotype tutsi
]
Il n'est guère surprenant que tu aies donné le premier ta vie en sacrifice, afin que tu nous délivres de ces bêtes sauvages et gourmands [
Hutus
]
Que tu t'es privé de ta vie pour délivrer le Tambour [
signe de la Royauté du temps de la monarchie tutsi
] des méchants
Et que tu aies offert comme en hospitalité ta vie sans réserve.
La raison véritable de ta mort est une bonté qui mérite louanges
dont la nature t'a doté et que tu partages avec ceux que tu rejoints [
ancêtres morts
]
A toute qualité il y a une origine,
Ce bon caractère tu le tiens de nos arrières parents [
Tutsi
]
Toi qui ne tolères jamais être sous les ordres d'autrui,
de voir les errants [
réfugiés tutsi
] vivre dans l'humiliation à l'étranger
Laisse- moi te vénérer, Toi le véritable Inkotanyi [
tueur de gage
] de rang supérieur.
Tu nous a donné le pari et nous voici avancés d'un pas
nous sommes des élus [
aristocrates
], même notre jeunesse en chante
Nous sommes des Nobles
["
Imfura"
signifie l'aîné dans une famille, à qui dans la coutume rwandaise les autres enfants doivent accorder le plus haut respect. Dans le second sens, ce mot signifie noble et les Tutsi se donnent ce nom dans le sens de "Noble"
signifie l'aîné dans une famille, à qui dans la coutume rwandaise les autres enfants doivent accorder le plus haut respect. Dans le second sens, ce mot signifie noble et les Tutsi se donnent ce nom dans le sens de "Noble"
]
Et nous avons les moyens pour réaliser notre objectif
Même les jeunes adolescents recrutés que tu as mobilisés se lèvent et pressent le pas à ton exemple
Ainsi déclarai-je malheur pour le camp ennemi.
Tu nous a montré le courage et personne ne nous le prendra
Tu laisses des combattants exemplaires [
tutsi],
les termites [
Hutu
] nous allons les bouter dehors.
[
Le paragraphe ci-dessous est constitué d'insultes d'une force et d'une haine telles qu'il est virtuellement impossible de les traduire exactement dans une langue étrangère
]
Toi, taureau combattant qui a attaqué pour libérer la Noblesse [
tutsi
]
Comme tu as décidé de vider l'arsenal et de lancer les premiers obus
Ces misérables [
Hutu
] ne tarderont pas de déguerpir
Ces rats sauvages qui passent pour des cambrioleurs corrompus [
Hutu
] tremblent de panique
Ces vauriens [
Hutu
] qui ne cessent de nous piller
Qui ne cessent de nous massacrer dans le but de nous exterminer
Ces traîtres qui se caractérisent par leurs joues dilates [
allusion au phénotype hutu
],
Je les voie très vite détaler à pieds, démunis,
Ces voleurs [
Hutu
] qui nous troublent tant
Ces laides créatures [
dans la mythologie Tutsi, le Tutsi est beau, le Bantou est laid], insensées à la mine furieuse [
Hutu
]
Ces ennemis du Rwanda, qui le salissent et le déshonorent
Ces crétins qui ne pensent qu'a leurs ventres gonflés
Plaise au ciel qu'il n'aient jamais de progéniture [
L'insulte la plus méchante que l'on peut adresser à un Rwanda: c'est lui exprimer comme ici un voeu d'extinction génétique
]
Ces vicieux maudits qui exploitent à perte nos richesses
Ils ont entendu nos coups de canon tonner et ils sont pris de panique
Ils ont perdu la tête et les voilà aboyer comme des chiens
Derrière les Blancs [
France, Belgique
] qu'ils supplient de les protéger
Afin que les Nobles ne puissent les évincer et les soumettre à leur merci.
Oh toi, l'Omnipotent, tu nous es venu à l'aide
Tu seras récompensé au Palais du Roi
Aujourd'hui, nos enfants sont torturés dès qu'ils quittent le dos de leur mères
La Population travaille constamment à l'Umuganda [
travaux manuels communautaires de développement instaurés par la deuxième République au Rwanda
] sur les routes
Et le Roi Hutu [
Président Habyarimana]
l'agresse en l' utilisant pour planter des arbres inutilisables[
projets de reboisement réalisés au Rwanda d'avant l'invasion
].
Les hommes/femmes d'affaires voient leur biens pris de force par des hommes stupides [
hutus
]
Mais toi le commandant d'armée, tu nous as sonné la trompette de guerre et l'ennemi sue de peur.
Tes mots d'ordre et plans
Resteront pour l'éternité et nous ne serons jamais fatigués de les écouter
Aujourd'hui, nous tous avons mis le costume de combat
Homme respectueux que les vanteurs chantent éloges
Donne-nous le temps de te glorifier tu es magnifique à contempler
Ces rapaces vautours [
hutus
] qui engloutissent tout dans le ventre
comme Ngunda [
une créature gourmande dans la mythologie Rwandaise
] ou comme des cochons
Ces malfaiteurs qui abîment les prairies destinées aux importants bergers [
Tutsi
]
Tu as ordonné que les Nobles [
Tutsi]
les flanquent au pied [
hutus
] pour qu'ils disparaissent
Afin que les élus [
tutsi
] s'autogouvernent écartés de ces salauds
Et jouissent librement sans ces bandits [
hutus
] des villages et champs qui nous seront ouverts à merci.
Notre Support, Tout Puissant Rwigema
Ne doute pas, n'aie pas peur, nous te ferons plaisir
Nous nous réjouissons de notre dignité retrouvée,
nous n'avons plus de chagrin et de moquerie dont l'ennemi nous faisais souffrir
Bien- Aimé du Royaume de Mutara [
nom du monarque tutsi du Rwanda féodal
]
tu as été notre lumière
Le jour de veillée tu rassemblas les trois
Tu préparas les jeunes enfants à prendre le devant
Tu ramenas les hommes pour le retour des réfugies [
de 1959
].
Et maintenant les Nobles intellectuels [
tutsi
] vont redonner au pays son rayonnement d'antan
Maintenant que l'horizon est clair et beau
Nous rentrons fiers et patriotiques
Nous laissons le malheur à l'étranger
Nous unissons ensemble les forces
Pour développer le pays de nos ancêtres.
Perle qui a plus de bonté et de bon coeur qu'une vache- mère
Tu nous as vus en difficultés et devins notre berger.
Maintenant que ton cadavre gît dans les pâturages des "Belles vaches Inyambo" [
Mutara, Nord du Rwanda où Rwigema fut tué, caractérisé par des plaines pour l'élevage; une partie abritait le Parc National de l'Akagera
],
Et que tu nous fais boire de ton sang au calice
Nous serons encore plus forts de façon à ne plus subir des blessures
Nous renforcerons nos muscles,
nous aurons le philtre de victoire pour toujours vaincre
Et nous débarrasserons le Rwanda de ceux qui le vilipendent,
et nous les combattrons.
Tu as été créé pour nous être utile et nous servir de lumière
Tu seras notre grand pilier de maison où nous suspendrons nos bijoux précieux
Nous te suivrons pour que tu nous guides et afin que nous ne nous perdions pas
L' Assemblée Dirigeante décrétera une loi pour que nous pensions à toi à jamais.
Trône au palais Royal et sois heureux, héro que nous vantons à ceux qui ne te connaissent pas
Vive à jamais le grand Courageux Rwigema
Celui qui conduit l'armée au combat,
l'homme qui récompense les sujets méritants.
Gisa le pourfendeur qui nous laisse ses enfants et son épouse pour nous faire rentrer de l'exil
Vis Foudroyant Guerrier, j'arrête de te vanter pour l'instant,
Je ferai encore des poèmes quand j'aurai plus de temps et de muses
J'inventerai pour toi une grande verve poétique,
une poésie digne d'un Grand Homme
Mobilisateur et Surnaturel, Extraordinaire.
Source (texte en Kinyarwanda) : IMPURUZA No. 17, Décembre 1990
Auteur: Dr. Alexandre KIMENYI, Professeur, California State University at Sacramento, USA.
SETH SENDASHONGA, ASSASSINE SAMEDI AU KENYA, DEVAIT TEMOIGNER AU TPIR
Fondation Hirondelle
Arusha
18.05.98
Fondation Hirondelle
Arusha
18.05.98
L'opposant rwandais en exil, Seth Sendashonga, assassiné samedi 16 mai dernier à Naïrobi au Kenya, devait témoigner pour la défense dans un procès pour génocide et crimes contre l'humanité au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a appris lundi matin l'agence indépendante de presse Hirondelle, qui suit les débats au TPIR.
Selon l'avocat français Me Pascal Besnier, Seth Sendashonga devait témoigner dans le procès conjoint pour génocide et crimes contre l'humanité de l'ex-préfet de Kibuye Clément Kayishema et de l'homme d'affaires Obed Ruzindana.
Cité à titre de témoin expert, Seth Sendashonga avait accepté de témoigner à visage découvert, mais il avait souhaité, pour des raisons de sécurité, que la date de sa comparution soit divulguée le plus tard possible, a précisé l'avocat.
Les avocats français de Clément Kayishema et d'Obed Ruzindana, Mes Besnier et André Ferran, avaient contacté l'exilé rwandais huit jours avant son assassinat, survenu le samedi 16 mai à Nairobi.
Selon Me Besnier, Seth Sendashonga avait accepté de venir témoigner au TPIR, "parce qu'il s'opposait à la répression qui frappe certains prétendus génocidaires et aux manipulations de témoignages".
Me Besnier a porté au dossier une fiche d'identification portant la signature de Seth Sendashonga, établissant son accord formel de venir déposer au TPIR.
L'avocat français a indiqué qu'il pourrait reconstituer le témoignage de Seth Sendashonga, à partir des notes qu'il aurait pu laisser et des travaux de ses collaborateurs.
Le parquet ne s'est pas opposé à ce que ces pièces soient versées au dossier, "mais s'il s'agissait d'une déclaration, nous aurions pris une autre position" a indiqué le substitut malgache du procureur, Jonah Rahetlah.
C'est la première fois qu'un ex-ministre du Front patriotique rwandais (FPR) acceptait de témoigner, "malgré les menaces qui pesaient sur lui" a précisé l'avocat français. Seth Sendashonga avait déjà l'objet d'une tentative d'assassinat, le 26 février 1996, dans la capitale kenyane.
Selon l'avocat français de la défense, "la seule protection qu'il souhaitait était que nous révélions le plus tard possible son témoignage au Tribunal". Selon Me Besnier, la section de protection des témoins du TPIR n'était pas encore informée de sa venue.
Les juges russe et tanzanien de la deuxième chambre de première instance du TPIR devant laquelle les avocats français s'exprimaient lundi matin ont exprimé leurs regrets face à cet assassinat, indiquant qu'ils "partagent l'émotion et les inquiétudes de la défense, qui perd ainsi un témoin potentiel".
Interrogé par l'Agence Hirondelle à Kigali, un assistant de l'adjoint au procureur Bernard Muna, Maxwell Nkole, a indiqué qu'il "ne voit pas en quoi les enquêtes du Tribunal pourraient être affectées" par la disparition de l'exilé rwandais, soulignant que la "bonne coopération avec le gouvernement de Kigali devrait se poursuivre comme avant".
Seth Sendashonga était ministre de l'Intérieur du FPR dans un gouvernement "d'union nationale" au lendemain de la victoire du FPR en juillet 1994. Fin août 1995, Seth Sendashonga fit l'objet d'une "démission-limogeage", pour avoir critiqué la multiplication des "actes de vengeance" es soldats du FPR à l'encontre de civils hutus. Le Premier ministre d'alors, Faustin Twagiramungu, et deux autres ministres hutus de son gouvernement,
L'EX-MINISTRE RWANDAIS ASSASSINE ALLAIT METTRE EN CAUSE L'ACCUSATION
L'ex-ministre rwandais assassiné en exil au Kenya le 16 mai dernier, Seth Sendashonga, s'apprêtait à remettre en cause les témoins rwandais de l'accusation entendus dans des procès pour génocide, tant au Rwanda que devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPI), a-t-on appris lundi. "Les témoins [de l'accusation] ont été conduits aux enquêteurs [du TPIR] par les autorités rwandaises" a affirmé lundi à l'agence de presse Hirondelle l'avocat français Pascal Besnier.
Me Pascal Besnier défend l'ex-commerçant Obed Ruzindana, coaccusé dans un procès pour génocide et crimes contre l'humanité au TPIR, où comparaît également l'ancien préfet de Kibuye (ouest du Rwanda), Clément Kayishema.
Selon Me Besnier, le témoignage de Seth Sendashonga devait notamment permettre de "préciser les conditions dans lesquelles les enquêteurs [du parquet] s'étaient arrangés pour avoir leurs témoins".
L'avocat français a précisé que la déposition de l'ancien ministre rwandais "allait dans le prolongement de celle de Joseph Matata", mais qu'elle aurait été "plus forte, car Seth Sendashonga avait plus d'autorité et était mieux qualifié", du fait de ses anciennes fonctions ministérielles.
Les personnes poursuivies par les tribunaux rwandais et par le TPIR le sont sur la base de témoignages orchestrés par des "syndicats des délateurs" avait affirmé le 10 février dernier un activiste rwandais des droits de l'homme, Joseph Matata, cité par la défense dans le procès de l'ancien maire de Taba, Jean-Paul Akayesu.
Lundi en début d'après-midi, les responsables du ministère rwandais de la Justice n'ont pu être atteints par l'agence Hirondelle pour répondre à ces allégations.
Seth Sendashonga avait été ministre de l'Intérieur dans un gouvernement "d'union national", le premier cabinet formé par le Front patriotique rwandais, au lendemain de sa victoire, en juillet 1994, au Rwanda. Il avait fait l'objet d'une "démission-limogeage" en août 1995 pour avoir critiqué les "actes de vengeances" du FPR à l'encontre de civils, puis gagné l'exil, en même temps que le premier ministre de ce gouvernement, Faustin Twagiramungu et de deux autres ministres hutus.
Me Besnier a indiqué qu'il ignorait comment Seth Sendashonga entendait démontrer "la manipulation des témoins", mais que selon l'opinion qu'il a pu se faire à la lumière des explications de l'ancien ministre, "les témoins ont été conduits aux enquêteurs par les autorités" rwandaises.
Huit jours avant son assassinat à Nairobi, les avocats français d'Obed Ruzindana et de Clément Kayishema, Mes Pascal Besnier et André Ferran, se sont entretenus pendant plus d'une heure par téléphone avec Seth Sendashonga.
Rendez-vous avait été pris entre Me Ferran et Seth Sendashonga pour le 3 juin prochain, "pour finaliser les détails de sa déposition" a indiqué Me Besnier. L'accord écrit de l'ancien ministre, en vue de sa déposition au TPIR, porte la date du 12 avril 1998. Plusieurs entretiens se sont entre-temps déroulés à Nairobi, avec l'enquêteur rwandais assigné par le greffe au deux avocats.
"Sa déposition devait porter sur son parcours personnel, son expérience d'ancien ministre du FPR, comment il a dû quitter le Rwanda, et sur les conditions dans lesquelles les témoignages de l'accusation ont été receuilli" a précisé Me Besnier à l'agence Hirondelle.
"Seth Sendashonga ne voulait pas témoigner spécifiquement sur Kayishema et Ruzindana, car il ne les connaissaient pas" a encore précisé l'avocat, pour conclure : "Très sincèrement, c'était un de mes principaux témoins, autant pour Kayishema et Ruzindana", avant d'acquieser sur l'importance de ce témoignage pour l'ensemble des accusés de génocide, tant au TPIR que devant les juridictions rwandaises.
Quelque 130'000 personnes sont détenues au Rwanda, la plupart l'étant pour participation présumée au génocide. Au moins cent-quatorze personnes ont été condamnées à mort et vingt-deux exécutées publiquement pour ce motif fin avril au Rwanda.
Le TPIR détient à Arusha vingt-trois des vingt-cinq accusés déférés à la justice internationale. Créé en novembre 1994 par les Nations unies, le TPIR a ouvert sur le fond les procès de quatre accusés, et prononcé un seul verdict, obtenu grâce aux aveux de culpabilité de l'ancien premier ministre Jean Kambanda, condamné pour génocide et crimes contre l'humanité alors qu'il était en poste pendant le génocide anti-Tutsi et les massacres d'opposants politiques qui ont fait plus d'un demi-million de victimes d'avril à juillet 1994.
La peine de l'ex-premier ministre ne sera pas prononcée avant la fin août 1998. Il encourt la détention à perpétuité, la plus peine la plus grave que puisse prononcer le TPIR.
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Assassinat d'Emmanuel Gapyisi le
18/5/199
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C'est à cette date que le président de la commission politique du MDR et président du forum "Paix et démocratie"[Note: ce forum avait attiré des personnalités de plusieurs partis sur une ligne à la fois anti-Habyarimana et anti-FPR] , Emmanuel Gapyisi, fut assassiné par les commandos de l'APR dirigés par le P/JO2 Charles Ngomanziza sous les ordres de SO Karake Karenzi. La raison de son assassinat était d'avoir dénoncé ouvertement le projet du FPR d'accaparer tout le pouvoir. Des émissaires lui furent envoyés pour obtenir son silence, mais sans succès. Paul Kagame ordonna son assassinat. La mort de Gapyisi a créé une grande confusion dans la population. La plupart des gens croyaient qu'il avait été assassiné par le clan présidentiel. Très peu d'hommes politiques affirmaient , sans pouvoir en fournir la preuve, que c'était le FPR." Abdul Ruzibiza, Rwanda: Histoire secrète(Paris:Editions du Panama,2005 ), p. 202
Lettre ouverte de l’opposition rwandaise
L'Humanité du 14 mai 1994
Des survivants de la classe politique, décimée par les tueries d’avril, s’adressent aux plus hautes autorités internationales.
De notre envoyé spécial au Rwanda.
LES partis politiques (autres que le MRND et son allié CDR, liés à la dictature) ont été décimés par la vague d’assassinats ayant précédé puis accompagné les massacres de la population, en particulier des Tutsi. Quatre de ces formations participaient au « gouvernement de transition élargie » (GTE) et, sur le plan politique et idéologique, étaient fort éloignées du Front patriotique rwandais : Parti libéral, Parti démocrate chrétien, Mouvement démocratique rwandais, Parti social-démocrate. Leurs ministres et leurs dirigeants n’en furent pas moins assassinés dans les heures suivant la mort du général Habyarimana ; et leurs adhérents littéralement décimés à la faveur des massacres « ethniques ».
Plusieurs rescapés de ces quatre formations se sont réunis récemment à Buymba, ville du nord-est du pays libérée par les combattants du FPR. Ils ont rédigé en commun une lettre ouverte à l’adresse du pape Jean-Paul II, des secrétaires généraux de l’ONU et de l’OUA, de nombreux chefs d’Etat, dont, pour l’Europe, ceux de la France, de la Belgique et de la Grande-Bretagne. Voici quelques extraits de ce document.
« Les cadres politiques des partis MDR, PSD, PDC et PL, rescapés des massacres entrepris par les escadrons de la mort des partis MRND-CDR, certains éléments de l’armée gouvernementale (spécialement la garde présidentielle) et par certains éléments de nos partis débauchés par l’ancien parti unique (le MRND), avons l’honneur de nous adresser à votre haute autorité pour vous brosser la situation inhumaine qui prévaut dans notre pays depuis le 6 avril 1994 et vous proposer les mesures les plus appropriées qu’il y aurait lieu de prendre pour sortir le Rwanda du gouffre actuel.
« (…) Vu la rapidité et l’ampleur de ces tueries d’un autre âge, il ne subsiste plus aucun doute qu’elles procèdent d’un plan machiavélique connu depuis longtemps par l’entourage du président Habyarimana et des politiciens à sa solde, comme déjà dénoncé par ailleurs dans le rapport de la commission internationale d’enquête sur les massacres perpétrés au Rwanda par le régime du président Juvénal Habyarimana et ses escadrons de la mort entraînés par le MRND. Le président et le gouvernement autoproclamés le 9 avril 1994 sont les organisateurs de ces massacres : les discours d’appel au soulèvement populaire qu’ils ont tenu par la suite n’ont fait que confirmer largement cette affirmation.
« Les cadres politiques issus des partis MDR, PSD, PDC et PL rescapés de ce pogrom prient vos hautes autorités de faire tout ce qui est possible : pour que le conflit rwandais trouve une solution juste, rapide et définitive. Cette solution procède tout d’abord par la mise hors d’état de nuire des escadrons de la mort, de la garde présidentielle et des milices interahamwe, ainsi que la protection de populations vulnérables.
« Pour que le communauté internationale procède à l’isolement complet du président et du gouvernement sanguinaires qui viennent d’entreprendre une campagne de mensonge sur leur véritable nature à travers le monde. Pour ce faire, nous recommandons les actions suivantes : 1. Refus des visas de transit et de séjour à tout membre de ce gouvernement, aux membres de leurs familles, aux fonctionnaires qui seraient mandatés par ledit gouvernement, ainsi qu’aux dirigeants des partis politiques qui déclarent le soutenir. 2. Embargo total sur les armes que souhaite acquérir ce gouvernement (…). 3. Extradition, sans conditions, au moment opportun, de toute personne ayant participé directement ou indirectement aux massacres actuels et antérieurs. 4. Mise en place d’une commission internationale d’enquête (…).
« Signataires de cette lettre ouverte, rédigée collectivement :
« - pour le MDR : L. Ngirabanzi, membre du Bureau politique. E. Nkavaho, directeur de cabinet au ministère de l’Information.
« - pour le PSD : M.E Rugenera, membre du Bureau politique. Dr Rwangabo, chef de service des Affaires sociales dans les services du premier ministre. J. Nkugi, vice-président du secrétariat régional de Kigali-ville.
« - pour le PDL : J. Nayinzira, président du parti.
« - pour le PL : P. Higiro, directeur de cabinet au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. J. Ngengimana, membre du Conseil national. E. Kayiranga, député. »
JEAN CHATAIN
Le FPR / APR, responsable et coupable du génocide rwandais
Pour des raisons de contrôle de la frontière ougandaise, le FPR a fait entrer le plus possible de munitions au Rwanda, pour une utilisation de longue durée. Ceci s'est déroulé à la fin du mois de septembre 1993, sur trois localités différentes, et pour deux raisons : reprendre les hostilités de manière décisive pour nous emparer du pouvoir, dans le cas contraire, les dissimuler pour les utiliser à semer le trouble après notre entrée au Gouvernement en vue de nous emparer du pouvoir par la force... Pour celui qui veut comprendre le Network, ici il y a un signal. Ceux qui ont été sélectionnés, moi-même y compris, ont du creuser de très grosses fosses, comme là où je me trouvais, la cavité mesurait 50 m x 30 m x 7 m. Nous y avons déposé des munitions et des bombes de différents calibres de 7,62 mm, 11.5 mm, 12.7 mm, 14.5 mm, 23 mm, 37 mm, 75 mm, 76 mm, 81 mm, 82 mm, 107 mm, 120 mm, 122 mm. Tout cet armement a été transporté par des citoyens ougandais. Ils étaient plus de 1.000 et l'ont transporté toute une journée. Nous qui avions la charge d'en assurer la garde, nous étions convenus que l'un d'entre nous pouvait entraîner la mort de tous à la vieille houe si ce secret s'échappait. En cet endroit, trois d'entre nous ont été fusillés parce qu'ils avaient été acheter des cigarettes sans l'autorisation du commandant. Ce qui nous a été affirmé par Kabarebe et Kayumba Nyamwasa était que même s'il était que nous entrions au Gouvernement, qu'il n'était pas question pour nous d'y rester. Nous allions être installés tout près des cachettes de nos équipements sur la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda, qu'on allait nous approvisionner discrètement, jusqu'au moment où il sera possible de faire un coup d'Etat. L'autre cachette se trouvait à Kirama dans le Mutara, Bungwe dans Cyumba, et entre Kaniga et Gatonde. En réalité, rien d'autre n'était envisagé si ce n'est pouvoir semer les troubles pour nous emparer du pouvoir. Très peu de gens étaient impliqués dans cette affaire, on les comptait au bout des doigts, c'était Kagame lui-même, Kabarebe son second, Kayumba Nyamwasa, le Chef des Renseignements, Colonel Ngoga au Nord, Colonel Bagire au Mutara, Major Jacob surnommé Rubondo qui était responsable de la logistique militaire et d'autres qui arrivaient en visite organisée par les responsables des opérations militaires ou ceux qui nous étaient envoyés.. Les militaires du FPR qu'on sélectionnait pour ce genre de travail devaient mériter une très grande confiance, et c'est parmi eux qu'on a recruté ceux qui devaient espionner la ville de Kigali avant l'assassinat de Habyarimana.
- Plu
sieurs militaires ont été disséminés partout dans le pays, avec mission de poser les mines, implanter les structures de base du FPR, entraîner au maniement d'armes ceux qui pouvaient nous épauler pendant la guerre, connaître le fonctionnement de chaque parti politique, se mêler aux jeunesses des partis politiques, et suivre de près ceux que le FPR décidait d ‘éliminer.
- Le FPR et ses cadres ont pénétré dans la zone tampon, zone démilitarisée, où il a commencé à propager son idéologie. Pour moi c'était une bonne action, seulement l'erreur qui a été commise était que celui qui n'adhérait pas immédiatement à cette idéologie était tué à coups de la vieille houe. Généralement toute sa famille était exécutée peu de temps après. Le FPR a testé sa tactique d'intoxication de l'opinion publique en attribuant les crimes dont il était l'auteur au MRND. Pour le FPR, il assassinait des gens qu'il avait en aversion ou pas, pour provoquer des occasions d'accuser le régime. En utilisant les techniciens du Network ou sa branche élargie d'officiers de l'intelligence des unités ou des bandes de tueurs, ou de jeunes auxquels il avait appris à fabriquer des petites bombes, la sélection des cibles à abattre se faisait selon les critères ci-après :
1) Le Hutu qui s'acquittait convenablement de sa fonction, qui aimait Habyarimana et son Gouvernement.
2) Tout Hutu qui faisait montre d'un certain niveau intellectuel (Gapyisi).
3) Tout Hutu dont l'assassinat pouvait être facilement attribué au gouvernement.
4) Tout Hutu que l'enquête avait des difficultés à situer.
5) Tout officier supérieur si c'était possible.
6) Aucun Tutsi né au Rwanda ne pouvait susciter la confiance du FPR, si sa mort pouvait facilement être attribuée à Habyarimana, il n y avait rien à déplorer (il faut sacrifier le Tutsi de l'intérieur).
7) Le Tutsi intellectuel qui pouvait ne pas adhérer spontanément à l'idéologie du FPR comme Landoald [Ndasingwa] que nous avons raté plusieurs fois.
8) Les Tutsi qui en général résidaient dans des lieux isolés étaient assassinés collectivement, et ce genre de crimes était immédiatement imputé au MRND, par exemple les militaires du FPR ont fait ça à Kabatwa à Gisenyi, sous le commandement de Gashayija Bagirigomwa, Moses Rubimbura du service de renseignement. Ce ne sont pas des rumeurs, cela s'est passé au début de l'année 1994.
9) Même après la guerre, le FPR n'a pas hésité à sacrifier les Tutsi pour trouver le prétexte d'aller piller au Zaïre - il a sacrifié les Bagogwe à Mudende, celui qui en doute peut en demander les preuves, nous les lui fournirons - il a sacrifié les Banyamurenge à Biura et ailleurs, et cela n'est un secret pour personne.
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Les techniciens de la Ville de Kigali (Network) ont commis d'innombrables crimes. Comme je l'ai dit au début, le Network est un large réseau composé d'éléments connus seulement par ceux qui les sélectionnent. Pour le reste, chacun connaissait celui avec qui il était affecté. S'il arrivait que vous vous rencontriez quelque part avec un autre que vous soupçonniez être votre camarade Inkotanyi, il n'était même pas question de lui faire un clin d'œil, parce qu'il était en train d'accomplir une mission différente de la votre. Nous avons été entraînés à ne nous occuper que de ce qui nous concernait, chacun exécutant personnellement les consignes reçues. Les critères de sélection étaient les suivants :
1. Etre tutsi de père et de mère : l'examen de ce critère ne devait laisser aucun doute et n'était accepté qu'après un examen approfondi, le candidat devait ensuite jouir de la plus grande confiance.
2. Avoir des traits physiques de Hutu était un atout, car il n'était pas nécessaire pour eux de se camoufler, les autres qui affichions le visage de Tutsi, il nous fallait circuler à motos. Chaque fois
que l'on craignait d'être observé, on mettait le casque sur sa tête, et on endossait l'outillage des agronomes, ce camouflage vous permettait d'aller exécuter la tâche pour laquelle vous étiez venu.
3. Connaître parfaitement le Rwanda, surtout la ville de Kigali. C'était avantageux parce que là se trouvait le centre de la plupart des activités.
4. Etre un Hutu, de notoriété publique, à condition de n'avoir jamais résidé au Rwanda, et d'avoir fait preuve d'une grande hostilité envers les Hutu, en reniant votre appartenance ethnique, et sans crainte de verser votre sang.
5. Etre hutu, né au Rwanda pour des missions très bien déterminées et isolées des autres, on se gardait de vous mettre en contact avec d'autres missions dépêchées à Kigali. Ouvertement ou à votre insu, vous étiez filé par plus de cinq agents des services de renseignements des Inkotanyi.
- Le travail personnel était différent de celui des autres, il arrivait qu'on s'y croisait au cours de l ‘exécution d'une mission sans se connaître, mais certaines consignes secrètes pouvaient vous permettre de vous reconnaître mutuellement en cas de nécessité. Il y avait des jeunes qui assuraient les services de taxi motos partout dans le pays, ils sillonnaient tous les lieux de rassemblements des politiciens, des taximen, des commandants des unités militaires ou des dignitaires hutu. Des garçons de rue étaient envoyés dans les rues de Cyimihurura, parmi les dockers des marchés, certains allaient se mêler aux Interahamwe et aux Impuzamugambi ou aux Bakombozi. D'autres travaillaient dans la clandestinité, ils travaillaient la nuit, d'autres encore étaient embauchés comme pompistes aux stations d'essence. Le travail était tellement diversifié que quand il y a eu reprise des hostilités, Kagame possédait toutes les informations dont il avait besoin pour entreprendre sa dernière bataille décisive.
Chacun de ceux qui étaient jugés capables d'entraîner les autres, recevait l'ordre de recruter le plus grand nombre de complices, et souvent ces derniers ne savaient pas qu'ils avaient devant eux un militaire Inkotanyi, ils avaient seulement l'impression d'avoir un interlocuteur en sympathie avec le FPR. Nous recevions aussi des instructions de mener des enquêtes spéciales sur des personnalités, d'en fournir les rapports en spécifiant si leur assassinat pouvait nous être utile et s'il était possible.
- Lorsque les négociations aboutirent à la conclusion que le FPR Inkotanyi pouvait entrer à Kigali avec ses 600 militaires, le piège du FPR se referma sur une nouvelle prise. La sélection de ces militaires se fit par un calcul hautement intelligent, parce qu'il ne s'agissait pas de militaires que nous avions l'habitude de voir. Voici comment ça s'est passé:
1. Chaque unité a envoyé un homme de grande confiance, un militaire qui avait mangé les dents du cœur (impitoyable), excessivement dévoué, qui n'avait presque pas besoin d'un supérieur, capable de se tirer de situations compliquées sans être assisté, tireur d'élite, un exemple de courage et de gâchette facile.
2. La sélection s'est portée sur les meilleurs commandants, les meilleurs dans les services de renseignements, et qui avaient eu un entraînement suffisant pour la guérilla urbaine, de façon à ne voir aucun obstacle à s'emparer de Kigali. Nous avions mémorisé qu'on meurt le jour venu, que tous les risques méritaient d'être pris, que le courage était la mère de toutes les autres valeurs, qu'en aucun cas, il ne fallait donner à l'ennemi l'occasion de remporter la victoire.
3. Suivant les structures habituelles de commandement de l'armée, les Sergents et Caporaux avaient des hommes de troupes sous leur commandement au niveau de la Section. Ce n'était pas ainsi au troisième bataillon des Inkotanyi, les sergents étaient mêlés aux caporaux sous le commandement d'un sous-lieutenant ou d'un sergent estimé avoir les compétences des officiers. Ce que je veux expliquer ici, c'est qu'il s'agissait d'une force autonome, qui n'avait pas besoin de recevoir trop d'instructions, où chaque militaire pouvait obéir à ses propres ordres et réussir.
4. En plus des enseignements dispensés sur la situation de la ville de Kigali, nos militaires se relayaient dans les convois d'escortes qui se rendaient à Kigali, pour que le plus grand nombre d'entre nous aient la possibilité de regarder de leurs propres yeux tous les quartiers de la Ville de Kigali et de ses banlieues.
- Concernant le Network ordinaire qui se trouvait sous le haut commandement de Mulindi, la structure s'est quelque peu modifiée, après l'arrivée des 600 militaires à Kigali ; nous avons été tous placés sous le commandement du Lt-Colonel Kayonga. Avant, les renseignements urgents transitaient par Karake Karenzi qui représentait l'APR au GOMN et auprès de la MINUAR. C'est à partir de ce moment que les choses ont réellement changé dans nos têtes, nous avions tous réalisé que Kigali était tombée entre nos mains, et que nous allions crever le ventre des Hutu de Habyarimana. C'est ici qu'allait s'accomplir l'Apocalypse prédit par le Colonel Bagosora, sans savoir que le FPR en avait préparé un également.
- Le désordre au sein de l'armée gouvernementale, l'absence de protection de la ville malgré l'omniprésence des Interahamwe, des militaires et des gendarmes nous donnait envie de nous en emparer. Tout le monde s'accordait pour dire qu'il était facile de s'emparer de Kigali, mais que les conséquences seraient difficiles à gérer. Tous ceux qui travaillaient sur le terrain auprès de la population, auprès des partis politiques, auprès des Interahamwe, auprès des politiciens s'accordaient pour dire que le plus grand nombre des Rwandais privilégiaient la voie des accords d'Arusha, mais que pour les extrémistes, Arusha restait une illusion. Pour les deux parties au conflit, il ne restait plus qu'à envisager le plan A, qui consistait à rechercher comment reprendre les hostilités, parce que le plan B qui devait intervenir après l'intégration des deux armées en une armée nationale, demeurait un secret propre à chacune des parties. Toutes les prédictions affirmaient que les hostilités devaient reprendre sans faute, qu'elles seraient très violentes et qu'elles allaient emporter énormément de vies humaines parmi la population civile
POURQUOI LES CRIMES COMMIS PAR LE FPR
SONT-ILS RESTES MECONNUS ?
La première ruse du FPR est de nier en bloc tous les crimes qu'il a commis jusqu'au moment où il constate que ses aveux ne peuvent plus lui porter aucun préjudice. Pendant toute la durée de la guerre, le FPR n'a accepté la présence des journalistes sur son territoire que quand il était sûr que ces derniers n'étaient pas hostiles à sa politique. Les autres étaient parmi ceux qu'il avait corrompus comme le nommé Hussein Abdou Hassan de BBC. Tout le monde se demandait s'il était un Inkotanyi ou s'il s'agissait d'un journaliste d'une radio digne de respect comme la BBC. Lorsqu'il laissait circuler les journalistes sur son territoire, le FPR les faisait venir selon sa convenance, les conduisait là où il voulait et leur disait selon les circonstances que la zone à visiter était piégée de mines, ou que des combats violents s'y déroulaient. Finalement, on les promenait seulement dans des localités prévues longtemps à l'avance. Souvent, on les conduisait le long de la frontière au lieu de leur montrer l'intérieur du Pays. Ils parcouraient ainsi de longues distances et dormaient après s'être fatigués sans avoir eu à entrer au Rwanda même sur 1 km de profondeur. Cette ruse a profité aux Inkotanyi, aucun journaliste n'ayant jamais pu arriver là où ils commettaient des crimes abominables.
Un autre point où les Inkotanyi étaient plus rusés que les forces gouvernementales, consistait à tuer puis à brûler les cadavres, pour en éparpiller les cendres loin du lieu du crime. Ce n'était pas facile de repérer les restes des corps. Cependant, nous nous connaissons ces endroits. Il était pratiquement impossible de surprendre les Inkotanyi, parce que l'entrée dans leur zone était subordonnée à une autorisation, et que celui qui vous recevait vous emmenait là où il voulait.
L
a cruaute avec laquelle les interahamwe tuaient a ete empruntee aux inkontanyi
Mourir de quelque manière que ce soit fait peur, mais je vais parler du genre de mort telle qu'infligée des deux côtés par les protagonistes. C'est ce que j'ai vu de mes propres yeux, que ce soit chez les Inkotanyi, chez les extrémistes du Gouvernement ou chez leurs services de sécurité.
Chez les Inkotanyi, eux qui ont ouvert les atrocités le 4-10-1990 après la mort de Rwigyema survenue le 02/10/1990. Je le cite parce que lui n'aurait jamais accepté que l'armée qu'il dirigeait tue la population civile:
1. Attacher les jambes, les bras sur le dos, tirer jusqu'à l'éclatement de la poitrine, mettre la victime à genoux, la frapper d'une vieille houe sur la tête ; elle tombe directement dans le coma ; vous fracassez les deux tempes, et la tête se brise comme un morceau de terre.
2. Attacher comme je l'ai décrit plus haut, enfoncer des coups de poignards dans les côtes, donner des coups de pieds et de baïonnette dans le ventre.
3. Attacher quelqu'un, lui mettre une branche dans la tête jusqu'à ce que mort s'en suive faute d'air.
4. Attacher quelqu'un, lui verser du pétrole dans les deux oreilles, lui donner simultanément des gifles sur les tempes, la victime est prise de vertige qui la fait écrouler.
5. Attacher quelqu'un avec des chaînes au cou et le coucher à même le sol, le tirer jusqu'à l'étranglement total.
6. Attacher quelqu'un fortement les bras et les jambes, le suspendre renversé sur une poutre dressée horizontalement jusqu'à ce que son sang gicle des oreilles, de la bouche et du nez, jusqu'à ce que mort s'en suive.
7. Quand il fallait soutirer des renseignements à quelqu'un avant de le tuer, on le torturait pour le faire mourir à petit feu : coups de couteaux sur tout le corps, brûler le corps avec le jus des bidons en plastic chauffés, percer le sexe avec des épingles. Obliger l'enfant à avoir des relations sexuelles avec son père ou avec sa mère, obliger les frères et sœurs à avoir des relations sexuels avant de les tuer, etc.
8. À plusieurs reprises, les victimes demandaient de pouvoir être tuées à la grenade ou à la cartouche, mais elles n'obtenaient pas satisfaction. Car les bourreaux prenaient plaisir à contempler patiemment leur longue agonie. Les seules qui de temps en temps pouvaient être tuées à la cartouche étaient des filles qui avaient été violées par les Inkotanyi, pour éviter qu'elles ne leur jettent un mauvais sort qui les ferait périr sur le champ de bataille. Cependant, même si ce crime a été commis à plusieurs reprises, la loi le réprimait sévèrement. Celui qui était attrapé, était puni de manière exemplaire. Pourtant, les filles violées qui n'avaient pas été tuées n'étaient pas informées des sanctions infligées à leurs violeurs. Un autre point que je ne peux pas ne pas mentionner est celui du viol des femmes, même si ce crime était sévèrement réprimé. Après les avoir violées, on leur enfonçait des morceaux de fer ou de bois dans le sexe et les victimes mouraient d'hémorragie vaginale.
9. Tuer les enfants pour ne pas faire perdre le temps aux soldats, ; on les prenaient par les jambes pour les fracasser sur le mur, l'enfant mourait la tête brisée.
10. Je ne connais pas autrement que par Radio Rwanda et RTLM qui diffusaient que les Inkotanyi avaient dépecé les femmes enceintes pour provoquer l'avortement des enfants qu'elles portaient. Si ces faits ont eu lieu, je n'en sais rien du tout. Plutôt pour tuer les femmes enceintes, les militaires leurs donnaient des coups de genoux au ventre et dans les côtes, les étouffaient en recouvrant leur tête de feuilles plastiques, parce que d'après les techniques de torture dont j'ignore comment les Inkotanyi les ont apprises, ces derniers affirmaient que la femme enceinte résistaient aux coups des vieilles houes ou qu'elles mettaient trop de temps à mourir.
Des motifs qui pouvaient provoquer la reprise des hostilités conformément aux vœux du FPR
Comprendre ce point permettrait de connaître pourquoi le génocide a été possible, et ce qui a été fait pour l'activer pour que le FPR dispose du prétexte de relancer la guerre, pour emporter la victoire finale.
Ceci demeurait l'intention invariable de Kagame, c'était le plan qu'il avait conçu en 1992, 1993, et en 1994 : montrer à l'opinion internationale que le Gouvernement massacrait des populations innocentes, qu'il était incapable de respecter les droits de l'homme. Il y parvenait après s'être livré à l'assassinat des politiciens ou des Tutsi, pour imputer ces crimes au Gouvernement. La victoire rapide était uniquement possible s'il y avait des motifs de réduire le nombre de combattants sur le champ de bataille, ce qui impliquait de diviser les Hutu au préalable, et de chercher les motifs de détournement de l'attention du plus grand nombre des militaires en faveur d'autres objectifs, au moment où lui envisageait de manière prioritaire de s'emparer du pouvoir. Ceci demandait de passer par la voie la plus rapide, qui consistait à semer les troubles en tuant Habyarimana, mais en sacrifiant en échange, les Tutsi qui vivaient à l'intérieur du pays.
Ensuite, pour que cette victoire soit possible, l'APR devait appliquer le plan de Kagame : « Faisons en sorte que la plupart des militaires s'engagent dans des tueries, dans des viols des filles, mais gardons nous de tout ce qui peut nous détourner de notre seul objectif de prendre le pouvoir, secourir les personnes en danger seulement là où cela correspond au tracé de notre parcours. ». Nous, les enfants qui avions quitté le Rwanda sachant que nous y laissions nos parents, avons été choqués par le comportement de Kagame, dans ce qu'il appelait arrêter le génocide. Nous sommes arrivés à nous demander si la rumeur qu'on répandait n'était pas vraie, « qu'il n'y avait plus de Tutsi au Rwanda, ou que s'il y'avait des Rwandais qui avaient la physionomie des Tutsi, que leur manière de penser et d'agir correspondait à celle des Hutu »....
Commençons par la seule ville de Kigali.
- Comment peut-on comprendre, à l'examen de nos forces, de l'étendue des grandes distances que nous pouvions parcourir, que l'APR n'ait pas pu secourir les gens qui ont péri à l'ETO de Kicukiro, si réellement il avait voulu secourir ces gens ? Est-ce parce qu'il n'a pas su qu'ils s'y trouvaient ? Serait-ce parce que ce lieu qu'on peut atteindre en traversant la route qui mène au CND à moins d'une heure de marche, s'était éloigné d'avantage ?
- Quelle est la distance à parcourir entre Rebero et Rwampara qui nous a empêchés de venir au secours des gens qui y périssaient ?
- Comment expliquer que sur le petit pont près de la gare de Nyabugogo, en direction de Gatsyata, les Interahamwe aient installé une barrière qui a permis de décimer les gens en dépit de l'installation du Bataillon Bravo par Kagame sur le mont Jari ? Comment comprendre que les gens aient été tués à Gisozi, Kagugu, et Kinyinya qui se trouvaient à moins de deux kilomètres des Inkotanyi ?
- Quelle distance y-a-t-il entre le CND et Kacyiru, Cyimicanga, et même entre le CND et l'église de la Sainte Famille pour que les gens périssent sans que rien ne soit fait pour les secourir ?
- Comment expliquer qu'au Bugesera, à Nyamata qui n'est qu'à 35 km de Kigali et qui regorge des Inkotanyi, les gens aient été décimés sans la moindre réaction ? Y a-t-il des camps militaires de plus grande envergure que les positions militaires de Ruhengeri et Byumba où les militaires pleins de rage de Habyarimana n'ont pas pu nous empêcher d'avancer ?
Voyons maintenant en dehors de Kigali.
- Hormis le Bugesera dont j'ai parlé, quel obstacle nous a empêchés d'intervenir à Kabuga, à Rwamagana ? Est ce tellement loin qu'il nous était impossible d'y arriver ? Si après nous avons montré aux Rwandais et au monde entier que nous étions capables de marcher jusqu'à Kinshassa à 4000 km, car ce parcours n'a pas été effectué en avion alors que nous nous étions obligés de faire des zigzags pour allonger la distance à parcourir, ce qui ne nous empêcha pas d'arriver à Kinshasa dans 150 jours, cela veut dire que nous faisions 26 km par jour. C'était le plus petit trajet puisque nous pouvions parcourir 80 km.
- Concernant les régions éloignées comme Butare, pourquoi les Tutsi ont-ils été massacrés, alors que le génocide n'a commencé qu'un mois plus tard... À Kibuye, qui a secouru ces gens, qui ont seuls organisé leur résistance jusqu'à la fin du mois de juin, pour finalement se laisser abattre comme des animaux sans berger ?
- Sans aller trop loin, revenons près de l'entrée du CND à 20 mètres des Inkotanyi qui aimaient les gens : pourquoi Kayonga qui savait que l'avion du président allait être abattu, a-t-il ordonné de chasser les civils et de fermer les portes du CND pour que personne n'ait à nous reprocher d'avoir caché les Tutsi au CND ? Combien de cadavres de Tutsi sur lesquels les véhicules roulaient n'a-t-on pas vu au rond-point de Kimihurura après leur avoir fermé l'entrée au CND où ces gens pouvaient sauver leur vie ? Comment sacrifier les Tutsi plus que cela ?
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Document source:
Abdul J. Ruzibiza |
Author:
Abdul J. Ruzibiza |
Our URL:
http://www.abarundi.org |
GACACA NI GENOCIDE IGAMIJE KURIMBURA ABAHUTU
(Gacaca est un génocide dont le but est d'éliminer les Hutus)
ITEGURWA N’ISHYIRWA MU BIKORWA BYA GENOCIDE (Planification et exécution du génocide)
Tumaze imyaka irenga ibili tubona gacaca ziterana zigaca imanza, zigatanga ibihano bitandukanye kuva ku kwezi kugera ku myaka mirongo itatu.
Uko izo manza zaciwe twarabikulikiranye. Abafungwa bariyongereye kuburyo buteye ubwoba kandi abanyamahanga bali batanze amafranga yo kuzishyigikira bakeka ko zizarenganura abantu , zikagabanya abafungiwe ubusa bamaze imyaka irenga cumi n’itatu bali mu kagozi. Ikibabaje kurushaho ni uko abagizwe abere n’inkiko zisanzwe bagafungurwa gacaca zabashubije mu munyururu. Gacaca yabaye inzira ya bugufi yo kwikiza abantu b’inzirakarengane badafite icyo bishinja mu byabaye mu Rwanda, benshi bazira ubwoko bwabo, imitungo yabo, amashyali, amashuli yabo, ndetse n’ibitekerezo byabo.
Ikindi kibabaje ni uko abanyamahanga bashyigikiye gacaca babeshywa n’ubutegetsi bwa Kigali bakagwa mu mutego wa genocide ikorerwa abahutu batazi uko yateguwe n’uko ikorwa.
Domitila Mukantaganzwa n’abambali be bilirwa bagaragaza umurava mu gushyira mu bikorwa iliya genocide bitwikiliye gacaca. Mwese muzi ingufu bashyize mu kugarura ku ngufu abanyarwanda benshi bahungiye i Burundi batinya ko gacaca izabarenganya. Mulibuka kandi ukuntu leta y’u Rwanda ifatanyije niy’u Burundi zashushubikanyije izo mpunzi za gacaca zikabagarura ku ngufu mu Rwanda zigahita zibafungira mu mabohero anyuranye ndetse amenshi atazwi. Abenshi bahasize ubuzima bwabo, abandi bicwa urubozo. Abatarishwe baciliwe gufungwa imyaka 15 abandi 30 kuburyo bazagwa bose mu buroko.
Ikindi kigaragara ni uko abafunzwe cyangwa bagenda bafatwa buli munsi ali abafite ingufu zo gukorera ingo zabo, abageze igihe cyo kubyara bo mu bitsina byombi, abafite imitungo, ndetse n’abize amashuli makuru n’acililitse ibi bikaba bigaragaza ko ali genocide ikorwa mu nzego zose. Abashakanye n’abafunzwe bafatwa ku ngufu n’abasoda bakwirakwijwe mu makomini kandi batagira ibigo batahamo, aba Local Defense bakabatera amada abenshi bakababibamo agakoko gatera Sida. cyangwa (extermination, génocide intellectuel, génocide par asservissement, par insémination du virus du SIDA, par arrêt de naissances….) . Imirimo yiswe iy’insimbura gifungo igamije kugarura uburetwa na shiku ndetse ikiboko ntacyo nticyabura mu gukubitwa buka imfungwa igaragayeho ingufu nke no gucika intege nkuko ingoyi nayo yagarutse barayibatije Akandoya.
Uturere twose tw’u Rwanda twibasiwe n’icyorezo cya gacaca tutatinya kwita genocide ikorerwa inyoko mputu. Imfungwa nyinshi zigaragara mu turere twa Kibungo, Butare, Kigali kibuye na Gitarama akaba kandi ali uturere dutuwe n’abatutsi benshi byumvikana ko aliho hapfuye abatutsi benshi aliko hanarokotse benshi ndetse n’abatahutse akaba aliho babohoje amasambu n’imitungo y’abahutu benshi (squatters).
Aho kandi niho hagaragara ibyobo byinshi batabyemo abahutu babyita iby’abatutsi kuko aho umututsi umwe yishwe FPR yagiye imuhorera yishe nibura abahutu icumi nkuko abasilikari ba FPR bakunze kubyigamba. Mu nama yakorewe i Gitarama na Gikongoro, abasilikari bategekaga utwo turere babwiye abaturage ko nihagira umututsi upfa nyuma ya gacaca bazaza bakalimbura umusozi wose kubera ko abaturage bagomba kuba abalinzi b’abatutsi baturanye nabo.
Ni ukuvuga ko haramutse ndetse n’umututsi yishe mwene wabo abahutu batuye ahabereye ubwo bwicanyi bagomba kubigwamo bonyine. Niyo mpamvu mu mujyi wa Kigali hali hatuwe abatutsi ibuhumbi mirongo itanu gusa (50.000 Tutsi) ku baturage bihumbi magana atatu (300.000 ) byali i Kigali muli 1994 ubu hagaragara uduhanga ndeshya ba mukerarugendo ibihumbi 250.000 tuba mu rwibutso rwa genocide i Gisozi. Niba se abatutsi bali i Kigali batarapfuye bose (ibi nibyo kuko AVEGA na IBUKA zifite abatutsi benshi kandi bizwi ko nta mututsi wavuye hanze wagombye kuba muli iyo miryango kuko bo atali abacikacumu (Kagame nta cumu yacitse birazwi kandi nawe ntarasaba kwinjira muli Ibuka. Icumu niwe waliteye abanyarwanda bali imbere mu bitero binyuranye yagabye kugeza amalira abanyarwanda mu byobo mu gihugu no hanze yacyo). Tuliya duhanga ibihumbi 250.000 ni utw’abahutu gusa gusa n’abatutsi bacye cyane kubera ko abatutsi benshi bishwe twabashyinguye mu cyubahiro, tukabunamira kandi imva zabo zikubakirwa n’imitamenwa ya sima.
Tuliya duhanga rero ni utwa ba Baliyanga, Mbanzarugamba, Habarushaka, ba Hakizimana Pontiyani
….
Ni abaturage benshi b’inzirakarengane baguye za Gisozi, Kagugu, Kicukiro, Remera na za Kanombe.
Mutsindashyaka
wali muli ratissage hamwe n’abasoda ba DMI nibo bakoze ziliya gahunda zo kwica abahutu bakabataba mu byobo noneho igihe cyagera bakabataburuza bakabogesha bene wabo bacitse ku icumu bakajya kubanika i Gisozi. Bamugororeye gutegeka umujyi agasimbura Rose Kabuye bafatanyije uwo mugambi mubisha. Yavanywe i Kigali ajya gutegeka akarere k’iburasira zuba kugirango arangize umugambi wo kumaraho abahutu b’i Kibungo n’Umutara kugira ngo inka bavanye i Buganda na Tanzaniya zizabone inzuri zihagije. Yahiswemo kubera umurava mwinshi yagaragaje i Kigali.
wali muli ratissage hamwe n’abasoda ba DMI nibo bakoze ziliya gahunda zo kwica abahutu bakabataba mu byobo noneho igihe cyagera bakabataburuza bakabogesha bene wabo bacitse ku icumu bakajya kubanika i Gisozi. Bamugororeye gutegeka umujyi agasimbura Rose Kabuye bafatanyije uwo mugambi mubisha. Yavanywe i Kigali ajya gutegeka akarere k’iburasira zuba kugirango arangize umugambi wo kumaraho abahutu b’i Kibungo n’Umutara kugira ngo inka bavanye i Buganda na Tanzaniya zizabone inzuri zihagije. Yahiswemo kubera umurava mwinshi yagaragaje i Kigali.
Mu majya ruguru Gisenyi, Ruhengeri no ku Ndiza ya Gitarama, abahutu bishwe ku bwinshi igihe cy’intambara yiswe iy’abacengezi. Uturere twa Bugoyi, Karago, Giciye ndetse n’i Kingogo muli Gisenyi na Mukingo, Nyamutera, Nkuli, Gatonde, Ndusu Nkumba, Nyamugali, mu cyali Prefecture ya Ruhengeri, Bulinga, Nyakabanda, Nyabikenke, Rutobwe na Kayenzi za Gitarama, Rutsiro, Mabanza za Kibuye haguye ingogo kuva ku basaza, impinja, abangavu n’abasore benshi bagera mu bihumbi amagana n’amagana. Abo bose baracyaryamye mu byobo tuzi kandi tubona mu misozi igihumbi.
Byumba yo ntawakwirwa agira icyo avuga kuko aliyo iteye agahinda mu bwicanyi bwa FPR dore ko kuva muli 1990 ubwicanyi butigeze buhagarara. Kubona umunyabyumba ni nko kubonekerwa kandi hejuru y’igice cya kabili cy’abanyabyumba bibera munsi y’ubutaka. FPR niyo yatanga umubare udakuka y’abo yisasiye mbere yuko igera i Kigali inyuze za Rutare, Giti na za Nyacyonga aho benshi bali barahungiye.
GACACA YIBASIYE CYANE BANDE ?
Ntabwo gacaca yigeze yibasira abicanyi kuko abitwa ba Setiba, ba Cyasa, ba Amri Karekezi,
… bose bidegembya bahembwa gushinja inzirakarengane bagahembwa amadollari menshi. Ndetse benshi mu bicanyi bigishijwe kuzajya gushinja mu Bubiligi, mu Bufransa no mu Rukiko Mpuza Mahanga rwashyliweho u Rwanda ruli Arusha. Benshi baza bigamba ngo bahamije ba Bizimungu bombi (Casimir na Augustin, ba Mugiraneza, Ndindiliyimana, Bagosora, Ntagerura, Ngirumpatse…. ).
Umuhutu wese wabyukije agatwe nyuma y’intambara yo muli 1994 ndetse na nyuma y’itsemba bahutu ryo muli Congo n’iryakorewe abahutu ba Gisenyi na Ruhengeri mu ntambara yiswe iy’abacengezi nta mahoro afite kuko gacaca itagomba kumusiga. Arahigwa bukware ngo akatirwe imyaka mirongo 30. Ibyo kandi bituma imiryango isenyuka abana bakaba ba Mayibobo kubera kudashobora kujya mu mashuli. Ngabo ba Dogiteri barafunzwe, abalimu ba kaminuza, abacuruzi, abapadri n’ababikira, abalimu ba primaire na secondaire, abahinzi n’aborozi bitunze.
Kagame yabeshye abantu ngo basubizwe amazu yabo aliko yababujije kuyabamo abamalira mu munyururu abali barayafashe ku ngufu ngo babone igihe cyo kuzayisubiza burundu ba nyirayo bamaze kuruca bakarumira. Abatutsi benshi bakoreshwa buka ngo bishongore kuba Bahutu babumvishe bababeshyere ko ali abicanyi, ibipinga, ibirumira habili, kugira ngo bashye ubwoba bahunge abatinyutse gutuza bafatwe bashyirwe mu kagozi maze ibyabo byigaruzwe bufuni na buhoro.
Abahutu rero ubu bararyozwa genocide yiteguliwe na Kagame igashyirwa mu bikorwa ihereye ku Bahutu b’iByumba na Ruhengeri (mbere ya 1994) igakomereza ku Batutsi(Avril- Juin 1994) igakomereza ku Bahutu mu Rwanda, Burundi na Congo (1996-1997), igaca igikuba muli Gisenyi na Ruhengeri mu ntambara yiswe iy’abacengezi (1997-1999) ikaba ikibandanyiliza muli Gacaca.
Abandi bibasiwe na genocide ikorerwa abahutu ni abanyeshuli bo mu nzego zose. Kuregwa ibyo bise gupfobya genocide nta kindi bigamije uretse gushyira mu kagozi urubyiruko rudashobora gushinjwa genocide y’abatutsi kubera ko yabaye bakili bato. Ikindi kigaragara ni ukugirango nihagira n’umuhutu wiga akamenya ubwenge atazigera arangiza ngo abone diplôme imuhesha akazi. Hali gahunda ikorwa n’abacurabwenge ba FPR yo gukomeza intwaro ya genocide kugira ngo izakulikirane inyoko mputu igihe cyose kandi hatazigera uwibeshya akarota yihumuliza inkono y’ubutegetsi mu nzego zose z’igihugu. Ndetse nuwo bazabeshya ngo bamuhaye ubutegetsi agomba kurangiliza mu buroko kugira ngo kibe ikizira kuzongera kwicara kumwanya w’ubutegetsi ku muhutu uwo aliwe wese.
Abahutu bacitse FPR bagashobora guhunga nabo ntibibagiranywe muli gahunda ya genocide. Hali amafranga menshi gouvernement yashyize muli za ambassade, muli DMI (external branch), ndetse no muli za club des jeunes baba hanze ngo icyitwa diaspora kibone ingufu zihagije. Daspora nta kindi igamije uretse gushyira ku rutonde abanyarwanda bose Kigali itazi aho baherereye maze ibashukishe indangamuntu, ndetse na passeport batinyuke kugaruka mu Rwanda haba kurusura cyangwa kubona akazi ka nyirarureshwa. Mugihe rero bagarutse ali benshi kubafata ukabarega genocide kubali bafite imyaka 16 muli 1994 n’ipfobya genocide ku bato byaba ali ubufindo (short cut).
GENOCIDE Y’ABAHUTU IGOMBA KUZAREGWA NDE ?
Nta kushidikanya ko uwateguye gacaca akayishyira mu bikorwa atazacika urubanza rwa genocide. Za commissions n’abazigizemo uruhare barazwi, abashyizeho amategeko ya gacaca barazwi ndetse n’abacira inzirakarengane imyaka mirongo itatu y’igifungo bazira ubusa nabo barazwi singombwa gukora listes zabo kuko amazina yabo bayishyiriye ku karubanda. Bazasobanulira abanyarwanda ukuntu abicanyi ba ruharwa bilirwa bidegembya mu gihe ab’inzirakarengane baborera mu munyururu cg birirwa basa urutare nta n’urutege bigilira.
Abilirwa bigisha abaturage kubeshyerana nabo barazwi. Abiyita inyangamugayo kandi bigaragara ko ali inkundamugayo nabo ntawe ubayobewe. Igihe ntikizatinda ngo mubazwe icyo mwakoze mu gupyinagaza inyoko mputu. Muzadusobanulira uwabahaye uburenganzira bwo kugira imfubyi abana b’abanyarwanda no gupfakaza abagore bagombye kubyarira urwababyaye kandi aliyo mission Imana yabahaye muli iyi si. Muzasobanura uwababwiye ko bo nta burenganzira bwo kugira Ibuka n’Avega kandi baliciwe ku manywa y’ihangu kandi benshi bazi aho ababo batabwe.
Paul Kagame nawe amaze kurengwa n’ibibazo yikuruliye mu gihe yahanuraga indege y’uwo yasimbuye. Ameze nka wa mwana w’igitambambuga washumitse inzu ababyeyi be bararamo yabona igurumana akabura izo abandwa agatangira avuza induru ngo ni umuyaga uyitwitse none ndarara hehe weeeeeeee ! Ababyeyi banjye nibaza baranyica kuko sinali nzi ko inkongi ikwira inzu yose.
Ikizere ni uko ikibi kigera aho kigaragara kandi abantu b’inyangamugayo bakakirwanya kugeza igihe kivuyeho. U Rwanda aho rugeze rukeneye Abahutu, n’Abatutsi ndetse n’Abatwa bareba kure bakamagana akarengane amazi atararenga inkombe. Inkoni ikubise mukeba kandi tujye tuyirenza urugo kuko uwahisemo gutanga abatutsi atali abakunze kimwe n’ugamije kumaraho abahutu nawe atarebera u Rwanda ahazaza ejo. Nta mwicanyi wica limwe iyo ahitanye mugenzi wawe ejo niwowe uba utahiwe.
Ba Mukantaganzwa niba bareba urubategereje nibegure amazi atararenga inkombe kandi inzira zikigendwa kubera ko babona amahano bashyize muli iki gihugu. Amadosiye y’amahimbano n’abatangabuhamya b’abacurano kenshi batazwi atuma abantu bakatirwa imyaka mirongo itatu idafite aho itaniye na burundu ni ikimenyetso ko mugeze kure iyi genocide mwateguye kuva muli 1990.
Kalimunda ni umwana w’umunyarwanda
Umulisa Emma
Source: Rwandanet
Réactions des Rwandais sur la visite de George Bush au Rwanda
* Une visite inutile pour les Rwandais. Parler du Darfour au Rwanda,les Rwandais n'en ont rien à cirer. Au Darfour c'est le pétrole qui intéresse les grandes puissances qui pillent les richesses des pays du Tiers- Monde. La vie des Soudanais n'a pas d'importance pour eux.
* Bush est venu féliciter un criminel qui a envoyé des enfants du Rwanda pour combattre là où les Américains ont refusé d'aller après leur défaite en Somalie.
*Le président des Etats-Unis d'Amérique a serré la main du diable. Quel scandale?
*Quelle hypocrisie? Le gouvernement américain a refusé de reconnaître le génocide rwandais afin de ne pas intervenir comme l'exige les conventions internationales sur de tels crimes. La secrétaire d'état de l'époque,Madeleine Albright, a refusé d'utiliser le mot génocide pour décrire la tragédie rwandaise.
* Paul Kagame subira le même sort que Mobutu Sese Seko,Samuel Doe,Charles Taylor,Jonas Savimbi,Laurent-Désiré Kabila,Saddam Hussein,Mengistu Hailé Mariam. Ils étaient les chou-chou des Américains. Ils ont été jetés dans la poubelle comme de vieilles chaussettes.
*L'Occident aime les dictateurs qui affament et écrasent leurs populations.
*
Les Etats-Unis ont entraîné près de 7.000 soldats du FPR et dépensé plus de 17 millions de dollars pour équiper et transporter les troupes rwandaises déployées au Soudan. Cet argent aurait dû être attribué aux rescapés du génocide.
*Quand on protège des criminels,on est complice de leurs crimes.
* A force de crier que le FPR est un mouvement de saints hommes on va finir par se demander si les saints existent vraiment!
* Les responsables du FPR ont fait croire aux Américains que les Hutus sont des ennemis de l'Amérique alors que ce n'est pas vrai. Les Hutus ont intérêt à promouvoir leur image auprès des Américains. George Bush a-t-il serré la main d'un Hutu lors de sa visite de quelques minutes à Kigali?
* Des bruits courent à propos d'entraînements militaires au Rwanda pour des combattants qui seront envoyés au Zimbabwe pour destabiliser le régime de Robert Mugabe afin de le punir car il a fait capoter la conquête de la RDC. Cette affaire serait très grave si elle s'avère vraie. Les entraînements se dérouleraient au Bugesera sous l'égide des instructeurs originaires des pays anglo-saxons qui ont juré avoir la peau du président zimbabwéen.
* "Uhagarikiwe n'ingwe aravoma" dit un dicton rwandais, mais le jour où le léopard ne sera plus là,il sera plus difficile de trouver une goutte d'eau! La colère gronde et les Américains suivent. A bon entendeur salut.
20 février 2008
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MANIFESTATION POUR LA JUSTICE ET LE DIALOGUE AU RWANDA
En collaboration avec FDU-INKINGI, HRRF (Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation), PARTENARIAT-INTWALI et PDR-IHUMURE,
l'association AVICA (Assistance aux Victimes des Conflits en Afrique Centrale) organise
une "MANIFESTATION-CARNAVAL".
BRUXELLES 09 février 2008.
Rond-Point SCHUMAN en face de la Commission européenne.
Pour demander aux autorités de l'Union Européenne:
- D'exécuter les mandats d'arrêt internationaux émis par les juridictions indépendantes sans discrimination;
- De soutenir le processus de Dialogue Inter-Rwandais pour prévenir de nouveaux conflits
Ballet diplomatique à Kigali. Y a-t-il du feu à la maison?
Depuis un mois on assiste à un ballet diplomatique au Rwanda. Le ministre belge de la coopération fils de Louis Michel,le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner,le président allemand dont le titre est honorifique,le président américain George Bush et l'ex-premier ministre britannique Tony Blair,ont fait le déplacement en un temps record. Mais qu'est ce qui fait courir ces personnalités dont le point commun est le soutien aveugle au régime rwandais mais dont les propos ont été surprenants? Y aurait-il du feu à la maison?
Le ministre belge de la coopération et le président de l'Allemagne sont passés presque inapperçus. Les déclarations de Bernard Kouchner devant son "grand ami" Paul Kagame ont provoqué un tollé dans la classe politique française et risquent de lui faire perdre son porte-feuille lors du prochain remaniement ministériel. George Bush fut prudent et n'a parlé que du Darfour oubliant qu'il était au Rwanda. Il n'a pas prononcé le mot pardon comme son prédécesseur Bill Clinton dont la responsabilité dans la tragédie rwandaise est bien connue. Son ambassadrice à l'ONU de 1993 à 1996 et future sécrétaire d'état de 1997 à 2001,Madeleine Albright,avait même refusé de reconnaître les événements qui se déroulaient au Rwanda en 1994 comme un génocide pour ne pas intervenir selon les conventions internationales. Mais la déclaration la plus surprenante est celle de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair qui a demandé un job de conseiller spécial du président Paul Kagame. Ce dernier serait-il tellement menacé qu'il a besoin d'un avocat aussi talentieux que Tony Blair actuellement en chômage? Il est vrai qu'après lancement des mandats d'arrêt internationaux contre 40 proches du président rwandais par un juge espagnol,parmi lesquels figurent ceux déjà inculpés par le juge français Jean-Louis Bruguière,le régime rwandais a besoin d'un bon avocat et non d'un cirque médiatico-diplomatique car la situation est grave.
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Rwanda: l'apologie des crimes handicape la vérité
Suite à la prise de position du ministre français Bernard Kouchner publiée vendredi le 25 janvier 2008 par le journal Le Figaro à la veille du voyage de ce ministre au Rwanda, il ressort nettement, une fois de plus, que deux visions extrêmes hypothèquent lourdement l'éclosion de la vérité sur la tragédie rwandaise dans son ensemble et partant l'espoir d'une justice équitable.
J'imagine combien est grand le désarroi de ceux qui, chaque jour davantage, se débattent pour fermer les yeux sur les responsabilités respectives des deux principaux acteurs des crimes hors normes commis au Rwanda spécialement depuis 1990, à savoir le camp pro-Habyarimana et celui pro-FPR.
En effet, monsieur Kouchner déclare en substance être en désaccord avec ceux qui soutiennent que : soit il n'y a pas eu de génocide au Rwanda, soit il y en a eu deux dont la responsabilité incombe au seul FPR. Dans le même ordre d'idées, le ministre rejette catégoriquement les tentatives du régime FPR de prêter à l'Etat français un rôle qui n'a jamais été le sien dans la tragédie rwandaise, certainement dans le but de camoufler sa propre part de responsabilité ainsi que celle de ses parrains, notamment américains.
Il se pose donc le problème épineux de la volonté affichée par les deux bords ethnistes radicaux de la scène politique de notre société de justifier les crimes commis contre des innocents. Comme pour nier aux victimes le statut d'êtres humains à part entière. L'enjeux essentiel semble résider moins dans la qualification des crimes contre l'humanité, que dans la propension de certains à justifier le crime d'Etat ou tout autre crime commis dans le contexte du maintien ou de la conquête du pouvoir.
Les contours d'une bipolarisation sans issue
Du côté hutu, on raconte que les interahamwe ont été inventés par Murenzi et Gasana Anastase et dirigés par Kajuga Robert. On ajoute que la branche « power » du MDR a été créée par Karamira Froduald. Selon les défenseurs de la théorie d'une responsabilité exclusive du FPR, soit ces acteurs sont tutsi de naissance, soit en tout cas ils ont agi dans le cadre d'un plan élaboré par le FPR et pour le compte de ce dernier. Ainsi, les massacres des Tutsi auraient été essentiellement l'œuvre d'infiltrés tutsi. Tandis que le journal Kangura n'aurait été qu'une création du FPR qui aurait été le véritable auteur des « dix commandements » des Bahutu.
D'après cette théorie, aucun Hutu n'aurait donc agi en âme et conscience ! La fiction est tellement fascinante qu'on se demanderait si demain les porteurs de pareilles « théories- révélations », encore véhiculées 14 ans après le génocide, ne déclareront pas eux-mêmes avoir été téléguidés par le FPR. Une fois de plus, ce dernier est, en effet, le seul qui a intérêt à avoir face à lui des adversaires aussi spectaculaires qu'impertinents, mais c'est trop oser que d'affirmer que c'est le FPR qui façonne ce genre de personnage.
De la même manière que leurs vrais jumeaux hutu, des ténors tutsi nient toute responsabilité dans la tragédie rwandaise de la part du FPR. Ils affirment n'avoir fait que combattre des génocidaires- nés et que rien n'aurait pu être fait pour éviter un génocide, présenté comme une fatalité. Car, justifient-ils, de toutes les façons ce crime s'inscrivait dans une logique imparable d'extermination des Tutsi, planifiée durant les quarante années de régimes hutu. C'est ainsi que le chef de file de ce camp, le président Kagame, ne cesse de répéter qu'il n'y a eu aucun lien entre l'attentat du 6 avril 1994, dont par ailleurs il n'essaye même plus de nier avoir été le commanditaire, et le génocide ! Ou encore qu'il regrette de n'avoir pas disposé du droit de vie et de mort sur les millions de personnes qui ont fui vers l'ex-Zaïre qui, d'après lui, n'étaient que des génocidaires. Il se targue même, éhontément, d'avoir arrêté (ou fait avorter ?) le génocide et de constituer le rempart pour la sécurité des Tutsi. Il revendique le droit d'étendre cette prérogative au-delà des frontières de son pays, au mépris de la vie de millions de Congolais.
L'état actuel de la question de la vérité
Au stade actuel des choses, la vérité se trouve totalement hypothéquée par la capacité d'intimidation dont disposent respectivement le régime FPR sur la population de l'intérieur du Rwanda, et les ténors de l'opposition dans les différents pays d'exil. Le règne de la terreur prolonge ses jours par tous les moyens, y compris les menaces proférées directement ou sous le couvert de l'anonymat. Ajouter à cette situation le peu de moyens dont dispose le peuple rwandais, partout où il se trouve, pour conquérir son autonomie vis-à-vis des différents groupes ethniques de pression.
Au bout du compte, les rescapés tutsi et hutu de l'intérieur sont contraints à se comporter comme s'ils étaient solidaires d'une politique dont ils sont certains qu'elle n'est pas compatible avec la sauvegarde de leurs intérêts. De même, en exil, l'on est constamment solidaire d'une tricherie et d'une fraude intellectuelles dont on sait qu'elles ne contribuent pas à affranchir les exilés de la double exclusion dont ils sont victimes, tant de la part de leur pays natal que de leur pays d'accueil.
Vers où se dirige-t-on à brève échéance ?
Hélas, l'heure de la désillusion n'a pas encore sonné. A l'intérieur comme à l'extérieur des frontières de son pays, le peuple rwandais fait face à un marchandage permanent qui l'empêche d'assumer pleinement la vérité sur son vécu le plus dramatique, ni sur la voie de s'en sortir. Quelques constats amers se dégagent :
1. Au Rwanda, le FPR a promis aux rescapés tutsi une justice- vengeance, raisonnablement incompatible avec leurs intérêts bien compris et durables.
Les tribunaux gacaca ne représentent un soulagement pour personne. Ni pour ces rescapés tutsi qui assistent constamment à un marché de dupes où seuls les faibles sont des éternels perdants, tandis que les plus malins obtiennent des garanties d'impunité, tant qu'ils témoignent de leur fidélité envers le FPR et son président. Non plus pour le commun des mortels hutu qui paye les frais des crimes qu'il a pour une large part subi, au même titre que son voisin tutsi.
Il n'est pas rare que le rescapé tutsi doive expliquer le pourquoi d'avoir survécu au génocide, tandis que le paysan hutu soit accusé de ne pas avoir protégé son voisin tutsi menacé, comme si ce paysan avait bénéficié du pouvoir d'une armée, gouvernementale ou en voie de le devenir. Pis encore, chacun des Rwandais assiste impuissant à l'impunité dont bénéficient les criminels du FPR, au plus haut niveau.
2. Le rapport Mucyo sur les révélations à l'encontre de l'Etat français risque fort de ne pas survivre aux marchandages entre les régimes Kagame et Sarkozy. Mais, qu'importe ? L'on se dira qu'après tout, un tel rapport n'était destiné qu'à retarder l'échéance de l'époque où les gros poissons du FPR devront répondre de leurs crimes. Et à semer la confusion au profit des parrains occidentaux du FPR.
3
. L'opposition en exil risque d'assumer durablement un passif gratuit, hérité de la culture de l'esprit grégaire, une sorte de solidarité négative dans le mal. Celle-ci demeure, aujourd'hui plus que jamais, prisonnière d'une logique suicidaire qui le pousse à taire et même couvrir les crimes qu'elle n'a pas commis, bizarrement dans l'intérêt des Hutu.
En conclusion
Je pense que la guerre pour la qualification des crimes contre l'humanité commis au Rwanda dans le contexte de la lutte pour le pouvoir ressemble de plus en plus à une sale lutte immorale sur le dos de la dignité humaine. Il n'est pas réaliste de se comporter comme si on espérait que
depuis que la communauté internationale a utilisé le mot génocide pour qualifier les crimes commis contre les Tutsi en 1994,
n'importe quelle bagarre inter- rwandaise sera qualifiée de génocide.
Ou que le génocide soit le seul crime qui compte.
Chaque crime doit être pris en considération et la mémoire de la victime respectée, tandis qu'aucune responsabilité dans le crime ne peut être minimisée, sous aucun prétexte.
Joseph Ndahimana.
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Chronologie des tueries et massacres dans le camp de déplacés de Nyacyonga

Le camp de déplacés de Nyacyonga (sis en commune Rutongo, préfecture Kigali-Rural) où vivaient des déplacés de guerre originaires des préfectures Byumba et Ruhengeri.
Les tueries perpétrées par les miliciens et déplacés Hutu :
Mercredi 6 avril vers 20h30 : Les présidents rwandais Juvénal HABYARIMANA et burundais Cyprien NTARYAMIRA ont été assassinés. Le personnel médical du Centre de Santé de MSF installé dans le camp de Nyacyonga logeaient dans les logements de MSF.
Jeudi le 7 avril : Les déplacés inquiets sont restés calmes. Le personnel médical a travaillé comme d’habitude.
Vendredi le 8 avril : C’était encore le calme à Nyacyonga.
Samedi le 9 avril vers 12h : Des miliciens hutu, interahamwe, blessés dans un accident survenu sur le pont de la rivière KARURUMA, sont venus se faire soigner au Centre de santé de MSF au camp de Nyacyonga. Ils étaient rempli dans un camion. Les miliciens ont menacé les infirmiers tutsi. Ces derniers, se sentant menacés, ont trouvé refuge dans le campement des gendarmes qui gardaient le camp de Nyacyonga et qui était situé derrière le Centre de MSF.
Après quelques minutes, des interahamwe habitant dans le voisinage du camp et ceux qui accompagnaient les blessés attaquèrent le Centre de santé à la recherche des infirmiers tutsi.
Entre temps, les tutsi de la commune Rutongo, qui avaient été blessés pendant les attaques des miliciens hutu dans leurs villages, sont venus se faire soigner au Centre MSF. Une femme tutsi, mise sous perfusion, fut attaquée par les miliciens hutu qui interrompirent la perfusion. La victime est morte quelques heures plus tard.
Pendant cette attaque, deux infirmiers tutsi (une fille et un jeune homme) ont disparu. Il paraît que quelques déplacés hutu étaient venus les chercher pour les protéger.
Dimanche le 10 avril, le matin : Les deux infirmiers furent découverts et tués. L’infirmière tutsi, on ne sait pas à quel endroit elle fut tuée, mais l’infirmier tutsi fut tué près du Centre MSF le dimanche matin par une foules de jeunes déplacés furieux contre les tutsi. : Les deux infirmiers furent découverts et tués. L’infirmière tutsi, on ne sait pas à quel endroit elle fut tuée, mais l’infirmier tutsi fut tué près du Centre MSF le dimanche matin par une foules de jeunes déplacés furieux contre les tutsi.
Ce dimanche après midi, les déplacés de guerre du camp de Rutongo (en commune Rutongo) sont arrivés très paniqués dans le camp de Nyacyonga en disant que les soldats du FPR sont sortis des carrières des mines de la Société minière du Rwanda (SOMIRWA) de Rutongo.
Lundi le 11 avril, le matin : Les déplacés de Nyacyonga ont été pris de panique car certains ont annoncé avoir vu dans le marais de Nyacyonga des soldats du FPR. Quelques déplacés ont fui vers la commune voisine de Gikomero. Les infirmiers du Centre MSF les ont suivi en espérant qu’ils seront protégés par leurs patients.
Du lundi 11 avril au mardi 12 avril : Les déplacés réfugiés à Gikomero y sont restés. Trois infirmiers de MSF ont été attaqués et tués à Gikomero le mardi matin 12 avril par les miliciens locaux de Gikomero. Une des infirmières hutu est restée avec cinq déplacés. Les miliciens Hutu ont continué de tuer les tutsi et ont mangé leurs vaches. Les militaires des FAR (forces armées rwandaises) envoyés pour pacifier n’ont pas pu arrêter les massacres car ils étaient peu nombreux face à la masse des miliciens hutus furieux et déterminés.
Mercredi 13 avril, le matin, les déplacés de Nyacyonga sont retournés à Nyacyonga et ils y ont retrouvés les autres qui n’avaient pas bougés du camp.
Jeudi le 14 avril,après-midi, les déplacés hutu ont remarqué une colonne d’environ une trentaine de personne en tenue civile qui marchaient sur une file indienne et qui étaient conduits par une personne en tenue militaire. Les déplacés crurent qu’il s’agissait des soldats infiltrés du FPR et paniquèrent. La colonne est passée non loin du Centre de MSF et est allée au domicile de la mère de Monsieur Landouard NDASINGWA (un ancien ministre tutsi du Parti Libéral, PL). Tous les résidents de cette maison avaient été tués déjà. Il paraît que chez la mère de Ndasingwa, les militaires HUTU des FAR y avaient découvert des uniformes des FAR. Les déplacés ont tiré la conclusion que la colonne des civils venaient peut-être chercher les uniformes cachées là-bas.
Vendredi le 15 avril,après-midi, les déplacés de Nyacyonga ont remarqué des soldats dans les rizières proches de leur camp. Ils ne savaient pas encore que c’étaient des militaires du FPR qui tentaient de les encercler. Quelques minutes après, les soldats du FPR ont fait irruption dans le camp et ont ordonné à tous les déplacés de retourner dans leur commune d’origine. Les déplacés commencèrent à rassembler leurs maigres équipements. Ils n’ont même pas eu le temps de vider leurs sheetings et d’emballer leurs ustensiles. Ils furent tout de suite pris sous le feu des soldats du FPR qui les ont mitraillés tout de suite. Ce fut le chaos total.
Jeudi le 14 avril,après-midi, les déplacés hutu ont remarqué une colonne d’environ une trentaine de personne en tenue civile qui marchaient sur une file indienne et qui étaient conduits par une personne en tenue militaire. Les déplacés crurent qu’il s’agissait des soldats infiltrés du FPR et paniquèrent. La colonne est passée non loin du Centre de MSF et est allée au domicile de la mère de Monsieur Landouard NDASINGWA (un ancien ministre tutsi du Parti Libéral, PL). Tous les résidents de cette maison avaient été tués déjà. Il paraît que chez la mère de Ndasingwa, les militaires HUTU des FAR y avaient découvert des uniformes des FAR. Les déplacés ont tiré la conclusion que la colonne des civils venaient peut-être chercher les uniformes cachées là-bas.
Vendredi le 15 avril,après-midi, les déplacés de Nyacyonga ont remarqué des soldats dans les rizières proches de leur camp. Ils ne savaient pas encore que c’étaient des militaires du FPR qui tentaient de les encercler. Quelques minutes après, les soldats du FPR ont fait irruption dans le camp et ont ordonné à tous les déplacés de retourner dans leur commune d’origine. Les déplacés commencèrent à rassembler leurs maigres équipements. Ils n’ont même pas eu le temps de vider leurs sheetings et d’emballer leurs ustensiles. Ils furent tout de suite pris sous le feu des soldats du FPR qui les ont mitraillés tout de suite. Ce fut le chaos total.
Jeudi le 14 avril,après-midi, les déplacés hutu ont remarqué une colonne d’environ une trentaine de personne en tenue civile qui marchaient sur une file indienne et qui étaient conduits par une personne en tenue militaire. Les déplacés crurent qu’il s’agissait des soldats infiltrés du FPR et paniquèrent. La colonne est passée non loin du Centre de MSF et est allée au domicile de la mère de Monsieur Landouard NDASINGWA (un ancien ministre tutsi du Parti Libéral, PL). Tous les résidents de cette maison avaient été tués déjà. Il paraît que chez la mère de Ndasingwa, les militaires HUTU des FAR y avaient découvert des uniformes des FAR. Les déplacés ont tiré la conclusion que la colonne des civils venaient peut-être chercher les uniformes cachées là-bas.
Vendredi le 15 avril,après-midi, les déplacés de Nyacyonga ont remarqué des soldats dans les rizières proches de leur camp. Ils ne savaient pas encore que c’étaient des militaires du FPR qui tentaient de les encercler. Quelques minutes après, les soldats du FPR ont fait irruption dans le camp et ont ordonné à tous les déplacés de retourner dans leur commune d’origine. Les déplacés commencèrent à rassembler leurs maigres équipements. Ils n’ont même pas eu le temps de vider leurs sheetings et d’emballer leurs ustensiles. Ils furent tout de suite pris sous le feu des soldats du FPR qui les ont mitraillés tout de suite. Ce fut le chaos total.
Jeudi le 14 avril,après-midi, les déplacés hutu ont remarqué une colonne d’environ une trentaine de personne en tenue civile qui marchaient sur une file indienne et qui étaient conduits par une personne en tenue militaire. Les déplacés crurent qu’il s’agissait des soldats infiltrés du FPR et paniquèrent. La colonne est passée non loin du Centre de MSF et est allée au domicile de la mère de Monsieur Landouard NDASINGWA (un ancien ministre tutsi du Parti Libéral, PL). Tous les résidents de cette maison avaient été tués déjà. Il paraît que chez la mère de Ndasingwa, les militaires HUTU des FAR y avaient découvert des uniformes des FAR. Les déplacés ont tiré la conclusion que la colonne des civils venaient peut-être chercher les uniformes cachées là-bas.
Vendredi le 15 avril,après-midi, les déplacés de Nyacyonga ont remarqué des soldats dans les rizières proches de leur camp. Ils ne savaient pas encore que c’étaient des militaires du FPR qui tentaient de les encercler. Quelques minutes après, les soldats du FPR ont fait irruption dans le camp et ont ordonné à tous les déplacés de retourner dans leur commune d’origine. Les déplacés commencèrent à rassembler leurs maigres équipements. Ils n’ont même pas eu le temps de vider leurs sheetings et d’emballer leurs ustensiles. Ils furent tout de suite pris sous le feu des soldats du FPR qui les ont mitraillés tout de suite. Ce fut le chaos total.
Les déplacés se sont dispersés dans tous les sens. Plusieurs déplacés furent fauchés par les balles et les grenades et moururent sur le champ. Certains déplacés rescapés de ces premiers massacres prirent la grande route asphaltée et se dirigèrent vers BYUMBA au nord du Rwanda. Ils passèrent la nuit du vendredi au samedi au petit centre de négoce de GASEKE.
Samedi le 16 avril,le matin : Certains déplacés sont retournés dans le camp de Nyacyonga pour tenter de prendre quelques provisions qu’ils y avaient abandonnés. Ils espéraient que les soldats du FPR étaient partis. Malheureusement, lorsqu’ils arrivèrent dans le camp déserté, ils trouvèrent des cadavres innombrables de telle sorte qu’il était difficile de trouver un endroit sans cadavres. Le spectacle était macabre. Les cadavres représentaient environ la moitié des occupants du camp de Nyacyonga ,le matin : Certains déplacés sont retournés dans le camp de Nyacyonga pour tenter de prendre quelques provisions qu’ils y avaient abandonnés. Ils espéraient que les soldats du FPR étaient partis. Malheureusement, lorsqu’ils arrivèrent dans le camp déserté, ils trouvèrent des cadavres innombrables de telle sorte qu’il était difficile de trouver un endroit sans cadavres. Le spectacle était macabre. Les cadavres représentaient environ la moitié des occupants du camp de Nyacyonga
Certains enfants vivaient encore et rampaient parmi les cadavres de leurs parents et certains bébés tentaient de téter encore les cadavres de leurs mères.
Quelques soldats du FPR étaient restés cachés dans les sheetings pour les fouiller et les piller. Ce sont ces soldats qui ont mitraillé ceux qui revenaient dans ce camp. La majorité fut tuée sur le champ. Seuls deux dizaines de rescapés de cette expédition sont revenus au petit centre de négoce de GASEKE et ont rapporté que tout le camp de Nyacyonga était jonchés de cadavres de femmes, d’enfants et de vieillards surpris par l’attaque du FPR. Ces déplacés survivants sont revenus accompagnés par les soldats du FPR jusqu’à Gaseke.
Pour éviter que les survivants reviennent dans le camp, les soldats du FPR ont incendié toutes les tentes en sheetings après les avoir complètement pillées.
Ce samedi 16 avril, dans l’après-midi, les soldats du FPR ordonnèrent aux déplacés rescapés de quitter GASEKE et retourner dans leurs communes d’origine vers la frontière rwando-ougandaise. Certains de ces déplacés rescapés des massacres de Nyacyonga étaient originaires des communes frontalières de Mukarange, Cyungo. Pour accélérer le mouvement, les soldats du FPR ont tiré dans la foule et d’autres déplacés furent tués encore à GASEKE. Les survivants se dispersèrent dans les collines et partirent en débandade.
Quelques jours après une marche forcée pour échapper à la mort, les déplacés survivants se retrouvèrent dans la commune de BUYOGA ;
Lundi le 18 avril,soit deux jours plus tard, les déplacés plus jeunes et forts sont arrivés les premiers à la frontière ougando-rwandaise de GATUNA où ils furent massacrés encore une fois par les militaires du FPR qui contrôlaient la frontière. Les survivants sont revenus en arrière et ont retrouvé le gros des déplacés fatigués à BUYOGA. Ils racontèrent les massacres de Gatuna et découragèrent les autres de retourner dans leurs communes où il n’y avait plus personne.
Les déplacés, ne sachant plus à quel saint se vouer, ils ont décidé de se diriger vers KISARO. Sur leur chemin, ils ont croisé les habitants de la ville de Byumba qui fuyaient devant l’avance du FPR qui venait de prendre la ville de Byumba. Les femmes et les enfants étaient mélangés aux soldats (Hutu) des FAR en débandade.
Les déplacés de Nyacyonga et ceux venus de Byumba se sont dirigés vers une école KIYANZA où ils ont passé une seule nuit pour se reposer loin des combats.
Les personnes résidant dans la capitale rwandaise qui décidèrent de se mettre sous la protection du FPR ont été acheminés vers BYUMBA. En passant à Kabuye et à Nyacyonga, ils ont vu plusieurs centaines de cadavres couchés dans les rigoles et les buissons proches de la route asphaltée. C’étaient des cadavres des déplacés hutu de Nyacyongo qui tentaient de se réfugier vers la capitale Kigali.
Vendredi 15 avril, ces déplacés sont tombés dans les embuscades des soldats du FPR sur le tronçon de la route Kabuye-Kigali autour de la sucrerie rwandaise.
ANONYME: 02/01/2008
Révélations sur les crimes de l’armée du FPR
(1ère Partie)
(Source Rwandanet, témoignage publié par Ismaël Mbonigaba dans « azmeco.org »)
Massacres des réfugiés hutu rwandais et burundais à l’est et dans les forets équatoriales du Zaïre (RDC) par l’armée patriotique rwandaise (APR) du Général Paul Kagame.

Camp de réfugiés rwandais de Mugunga près de la ville de Goma
1.Au S
ud Kivu
Introduction
En 1996, à la veille de la tragédie, prés de 500.000 réfugiés Hutu étaient recensés dans une trentaine de camps d’hébergement au Sud - KIVU, dans la ville de BUKAVU ainsi que dans les villages environnants. Voici les noms des camps qui hébergeaient les réfugiés au Sud – KIVU : Kabila, Katana, Kalehe, Adi Kivu, Kashusha, Inera, Mudaka I Et II, Hongo I et II, Shabahabe, Nyakavogo, Panzi, Muku, Mushweshwe, Nyamirangwe, Bideka, Rumonge, Izirangabo, Nyangezi I Et II, Nyangezi Mulua, Chimanga, Kamanyola, Rubalika, Ruberizi, Muningu, Kanganiro, Kiliba, Ruvungi I Et II, Sange, Gitemesho, Kjengo, Kagunga, Birava, Idjwi (Bwaza Nord et Sud, Shyute, ...)
Tous ces camps furent attaqués et détruits par l’APR aux armes automatiques et au mortiers.
I. Événements préludes de l’attaque des camps.
Au début de l’année 1996, le camp d’hébergement des réfugiés de PANZI fut bombardé à deux reprises à partir du territoire rwandais à CYANGUGU. Le camp de BIRAVA fut attaqué également par les soldats de l’APR, tuant plusieurs réfugiés.
Depuis le mois d’Août 1996, les informations en provenance de la population d’UVIRA parlaient de la présence, sur les hauts plateaux d’UVIRA des personnes qui se présentaient comme des techniciens en prospection pour des projets de développement de la région. En réalité il s’agissait des éléments de l’APR infiltrés pour encercler les camps qu’ils détruiraient en renvoyant les rescapés au RWANDA.
La veille et toute la nuit du 6 Septembre 1996, les réfugiés du camp de RUVUNGI avaient observé toute une colonne de grands camions remplis de militaire de l’Armée Patriotique Rwandaise « APR » avec des armes lourdes qui passaient de BUGARAMA du RWANDA vers GATUMBA, poste frontière de RUSIZI de la partie du BURUNDI pour entrer directement au ZAIRE. Le lendemain matin, après avoir dispersé les militaires gouvernementaux qui leur ont laissé beaucoup de matériel, les militaires rwandais, joints aux BANYAMULENGE de MULENGE et LEMERA (où il y avait un grand Hôpital pour les réfugiés Hutu rwandais et Burundais) ont attaqué le camps des réfugiés de RUVUNGI dont une partie qui a pu échapper s’est sauvée vers les camps de LUBILIZI, KANGANIRO et les autres vers la ville de BUKAVU, le chef lieu de la région du Sud KIVU.
II. Massacre des réfugiés dans la ville de BUKAVU.
En date du 29 Octobre 1996, la ville de BUKAVU fut investie par des soldats de l’APR. Ces derniers érigèrent des barrières sur toutes les artères de la ville pour opérer des massacres sélectifs qui visaient tout réfugié Hutu sans distinction ainsi que certains congolais ciblés. C’est ainsi que Mgr Christophe MUNZIHIRWA, Archevêque de BUKAVU fut assassiné le même jour à NYAWERA au Centre ville par les soldats de l’APR. Il fut enterré deux jours après dans la cours de la Cathédrale de BUKAVU. Mr. KAYOGORA Frédéric et toute sa famille sera assassiné le 04 Novembre 1996 à BAGIRA à BUKAVU.
III.Destruction des camps INERA - KASHUSHA et ADI-KIVU.
A eux seuls, les 3 camps INERA, KASHUSHA et ADI-KIVU totalisaient une population de près de 120.000 personnes. Par arrivée des réfugiés rescapés de NYANGEZI, BUKAVU et ceux des camps de NYAKAVOGO, SHABARABE, HONGO II, MUDAKA I et II la concentration des réfugiés atteignit plus de 250.000 personnes. On pouvait bien remarquer les réfugiés qui venaient des camps d’UVIRA, très fatigués et malades.
Les assaillants n’ont pas laissé un moindre moment de repos car dans la journée du 3 au 4 Novembre 1996, vers 10 heures du matin les réfugiés furent plongés dans un moment fatidique de leur existence. Les soldats de l’APR qui les poursuivaient surgirent dans le camp, mitraillant avec des armes automatiques, appuyés par des armes lourdes. Nul ne pourra dénombrer les réfugiés tombés sous les balles des soldats de l’APR pendant 4 jours de massacre acharné. Le sauve-qui-peut fut catastrophique ; aucun parent ne pouvait avoir le temps de prendre son enfant pour fuir avec, et jusqu'à présent certaines familles rescapés font encore des recherches des membres de leurs familles.
L’hécatombe de KASHUSHA - INERA fut de grande taille. Des fosses communes sont identifiables dans le périmètre de l’Institut National d’Études et de Recherches Agronomiques (INERA) à quelques centaines de km de l’Aéroport de KAVUMU. C’est à 30 km de BUKAVU. Lors de la débandade des réfugiés, certains ont pris la direction de la forêt du Parc national KAUZI BIEGA, d’autres se sont jetés sur la route en direction de GOMA.
Ceux qui sont entrés dans le Parc ont succombé de faim et de soif dans cette forêt inhospitalière, et ceux qui ont pu sortir par la route qui traverse le Parc sont tombés sous les balles des soldats de l’APR, provenant de BUKAVU en direction de WALIKALE. De KASHUSHA, les soldats de l’APR ont poursuivi les réfugiés sur la route qui longe le Lac KIVU jusqu'à NYABIBWE à 100 km de BUKAVU, tuant en chemin les femmes, les enfants, les vieux et vieillards qui n’ont pas pu se sauver à temps.
IV. Massacres de réfugiés à NYABIBWE, à 100 km de BUKAVU.
A NYABIBWE c’est là où les rescapés de KASHUSHA, les réfugiés des camps de KATANA, KALEHE, KABILA et ceux de l’Ile IDJWI ont fait escale à cause de la fatigue, découragé par les événements qui venaient de se passer à GOMA. Le camp de MUGUNGA venait d’être détruit tandis que les réfugiés descendaient vers SAKE. Cette masse de réfugiés fut attaqué de 3 côtés : Les assaillants qui venaient en poursuite, ceux qui avaient pris position sur les collines qui dominent la localité de NYABIBWE et ceux qui partaient du Lac KIVU. C’était en date du 15 Novembre 1996. Les assaillants enragés, mitraillaient dans la foule avec fureur dans le but d’exterminer tous les réfugiés. Ceux qui parviendront à s’échapper se dirigeront à CYEBUMBA en empruntant la route vers MINOVA, d’autres escarperont les collines pour se diriger vers SHANJE, à 30 km de NYABIBWE. Sur place, les fosses communes de plus de 5.000 réfugiés massacrés se localisent tout près du parking de la société STRABAD qui construisait la route GOMA - BUKAVU en 1996.
V. Massacre de réfugiés à CYEBUMBA.
Après les massacres de NYABIBWE, de nombreux réfugiés se sont dirigés vers CYEBUMBA. Les assaillants en uniformes noires et parlant KINYARWANDA ont surpris les réfugiés fatigués, tuant plus de 8.000 personnes dont Dr SINDIKUBWABO Théodore et certains membres de sa famille en date du 17 Novembre 1996.
VI. Massacre de NUMBI, SHANJE et LUMBISHI.
Les mêmes assassins, soldats de l’APR ont continué leur sale besogne et encerclé les réfugiés qui s’étaient établis à SHANJE en date du 19 Novembre 1996, en provenance de NUMBI. Plusieurs réfugiés ont été massacrés près du Centre de négoce de SHANJE et sur la colline qui surplombe le centre dans une forêt de Bambous. Le même jour, les réfugiés qui s’étaient dirigés à LUMBISHI en passant par NUMBI ont été massacrés. Les survivants de ces massacres citent le nom de Mr. BUSUNYU originaire de CYANGUGU qui fut décapité à LUMBISHI.
VII. Calvaire des survivants des massacres dans la forêt entre SHANJE et WALIKALE
Les assaillants, en uniformes noires, et bottines en plastique et parlant Kinyarwanda qui poursuivaient les réfugiés depuis BUKAVU en passant par la route qui longe le Lac KIVU se sont arrêtés à LUMBISHI et SHANJE pour s’occuper à faire des fouilles des rescapés parmi la population. Les réfugiés qui ont continué le chemin dans la forêt des collines, sous la pluie, vers WALIKALE ont connu une souffrance extrême. Ceux qui n’ont pas pu utiliser 17 à 18 jours de marche, pour atteindre la route BUKAVU - WALIKALE furent massacrés. Déjà, dans la nuit du 7 au 8 Décembre 1996, les assaillants, soldats de l’APR venant de BUKAVU - MITI - BUNYAKILI ont coupé la seule voie de sortie des réfugiés dans la forêt qui est le pont de CHAMBUCHA à HOMBO.
VIII. Massacre de HOMBO.
A HOMBO, les soldats de l’APR ont massacré les réfugiés qui ne s’attendaient pas à la présence des assaillants à ce lieu. Ces derniers se sont scindés en deux groupes. Un groupe a poursuivi les réfugiés vers WALIKALE ; un autre groupe fera chemin en contre direction des réfugiés vers NYABIBWE, dans le but de massacrer les réfugiés qui n’ont pas pu sortir avant l’occupation du pont CHAMBUCHA. Plus de 200.000 personnes étaient estimés être encore dans la forêt, fatiguées, malades. Les assaillants ne faisaient que les achever.
IX. Massacre de WALIKALE.
Les réfugiés qui étaient arrivés à WALIKALE ne savaient où s’arrêter. Pendant qu’ils étaient en train de chercher à manger, les assaillants provenant de BUKAVU, en passant par HOMBO les attaquèrent. Beaucoup de réfugiés périrent dans cette attaque meurtrière des réfugiés sans défense. Les rescapés on fui vers TINGI-TINGI où les premiers sont arrivés début Décembre 1996. Ceux qui traînaient les pas, les femmes, les enfants et les vieux ont miraculeusement échappé aux multiples éditions de massacres furent hébergés à AMISI à 60 km de TINGI-TINGI.
Plus de 150.000 réfugiés ont emprunté l’axe BUKAVU - CHIMANGA - SHABUNDA - KALIMA - KINDU - MBUJIMAYI ou KANANGA - KAMAKO - ANGOLA. Dans le récit suivant, nous allons mettre l’accent sur le calvaire vécu par les réfugiés de cet axe aux endroits inoubliables ci-haut cités. Durant tout ce processus, on signalera les massacres et les exactions de tous genres qui visaient non seulement tous les réfugiés mais très particulièrement les jeunes et l’élite Hutu (les intellectuels), quelques vieillards étant rapatriés au RWANDA comme un troupeau qu’on amène à l’abreuvoir afin de tromper l’opinion internationale. Parmi les cas graves de massacres et d’atteinte aux droits de l’homme, on citera à titre d’exemple les endroits précis suivants :
1. CHIMANGA. Après un mois de marche, beaucoup de réfugiés arrivent au début du mois d’Octobre 1996 en vagues au dernier camp de CHIMANGA situé à 80 km de l’Ouest de la ville de BUKAVU. Ils sont très fatigués, très pauvres et surtout affamés. Ils se reposent d’abord au camp de CHIMANGA, peuplé de plus de 20.000 personnes, qui se voit tout d’un coup saturé de plus de 150.000 personnes qui occupent toute la place libre du camp et les alentours jusqu'à la population locale. Mais, laissant l’ennemi proche au
camp de NYAMIRANGWE situé à 75 km de CHIMANGA vers BUKAVU, les réfugiés se décident à rendre la route de l’exil. Ceux qui ne sont pas morts ou rapatriés par force dans cette opération prennent la fuite vers les forêts du CONGO, chemin qui les amènera en ZAMBIE, ANGOLA, CONGO BRAZZA et en RCA,
pays limitrophes de la RDC.
Le 6 Octobre 96, vers 10 h 00 locales, les hommes habillés en civil avec de longues vestes où ils avaient caché des armes arrivent au camp des réfugiés de CHIMANGA en provenance du marché de KANKINDA situé à 1 km de ce camp. Les hommes en question se placent à chaque bout du camp qui avait la forme d’un « V ». La personne qui est au milieu fait un message à tous les réfugiés pour une réunion urgente du camp. Pendant ce temps, l’ONG « CARE » qui était responsable du camp venait d’abandonner les réfugiés suite à la sécurité qui devenait de plus en plus dégradante. Lors de la réunion, la personne en longue veste donne un ordre à tous les réfugiés de prendre immédiatement la direction du marché de KANKINDA où les véhicules les attendaient pour le rapatrier au RWANDA. Aussitôt tout le monde fut pris de panique et ne savait pas comment se sauver. Sans tarder, les hommes placés sur les bouts du camp font sortir leurs armes des vestes et commencent à tirer dans le camp. Les réfugiés sont en débandade. Les bombes commencent à tomber. Les réfugiés se mêlent à la population de la localité de NYAMALEGE dont son responsable le chef VUNINGOMA est témoin oculaire.
Le camp de réfugiés de CHIMANGA qui gardait encore à ce moment plus de cinq mille réfugiés s’est vite vu en feu et en poussière. Toutes ces personnes ont été les unes déchiquetées par les bombes, les autres conduites par force au RWANDA et d’autres ont suivi les autres dans la forêt.
2. KINGURUBE – SHABUNDA
Après deux semaines de marche dans la forêt en suivant une vieille route qui est redevenue un sentier, route coupée à plusieurs endroits par des eaux et des troncs d’arbres, les premiers réfugiés atteignent SHABUNDA situé à plus ou moins 400 km de l’Ouest de BUKAVU. L’ennemi atteint encore les réfugiés au niveau de KINGURUBE où les militaires gouvernementaux ont arrêté les réfugiés. Ces militaires avaient une politique de complicité avec l’ennemi. Quand le réfugié arrive, ils l’arrêtent, le dépouille de ses biens et font de lui un bouclier pour courir dès le premier coup de feu du rebelle.
A KINGURUBE, l’ennemi atteint les derniers réfugiés qui était très fatigués et couchés aux alentours de la route où ils ont fait un petit camp de transit, tout près du Poste de Commandement des militaires FAZ. Près de 1000 personnes (mille) ont été tuées là-bas par baïonnettes et coups de barre à mine. Depuis cet endroit, les avions, avec l’insigne de l’UNHCR commencent à sillonner le ciel au-dessus des réfugiés. L’ONU déclare qu’il a la chance de trouver ses réfugiés qu’il avait perdu de vue depuis leur entrée dans la forêt.
A SHABUNDA, les réfugiés qui venaient d’avancer plus loin encore sont retournés pour être encadrés dans le camp. Tous les réfugiés qui avaient avancé à plus de 200 km sont retournés par force à SHABUNDA. Ils sont installés dans trois camps dont un pour les Burundais le long de la rivière ULINDI en face de la ville de SHABUNDA.
Cette rivière a un vieux pont métallique de plus ou moins 100 m de longueur, et qui bouge parce qu’il a perdu tous les boulons. Les militaires FAZ se trouvent de l’autre côté de ce pont pour empêcher les réfugiés de traverser et d’aller salir la ville ou de continuer leur route, disent-ils. Deux mois durant, plus de 70.000 réfugiés qu’on a dénombrés meurent de faim en attendant l’aide du HCR, du PAM et du CICR, car le ravitaillement n’était jamais en quantité suffisante pour être distribué. Et le comble est que l’avion qui amenait seulement les biscuits sillonnait le ciel de la plaine de SHABUNDA sans atterrir sous prétexte qu’il y avait des pluies abondantes en cet endroit.
Le 6 Février 1997 une partie de l’ennemi encercla les réfugiés par derrière pour les jeter tous dans la rivière et une autre attaqua par devant dans ville de SHABUNDA pour se jalonner le long de la même rivière. Notons qu’il existe là-bas deux voies de sortie qui sont la route qui donne directement à la rivière qu’il faut traverser par les pirogues que les autorités ont bloquées du côté de SHABUNDA et la route qui mène directement au pont qui était gardé au paravent par les FAZ. De part et d’autre de la route, c’est la forêt équatoriale formée par des buissons à épines enchevêtrées ; de gros arbres abritant de gros serpents.
A 5 h 00 du matin du 6 Février 1997 une bombe de l’ennemi éclate dans le centre du camp des réfugiés. Le seul chemin est la route. Si on retourne en arrière on va vers l’ennemi et les pirogues sont bloquées de l’autre côté. Il faut avancer uniquement vers le pont. A la sortie du pont, l’ennemi s’est installé sur une route qui vient de la ville. Les bombes tombent, on voit les morceaux de corps sauter en l’air, les réfugiés se précipitent les uns dans l’eau et les autres sur le pont. Beaucoup passent entre les planches métalliques et tombent dans l’eau. A ce moment, celui qui est atteint par une balle ou tombe dans l’eau a eu sa chance de ne plus souffrir, dit-on. Le bombardement a duré plus de quatre heures de temps, après ce fut des tirs sporadiques et espacés. On ne peut pas déchiffrer exactement les personnes qui ont été victimes de ces bombardements. La population locale, témoin de ces événements malheureux ne manquera pas de fournir un témoignage complet sur ce qui s’est passé sur ce pont.
3.KALIMA.
Après deux semaines de marche, nous arrivons à KALIMA, un territoire de la région du KIVU MANIEMA voisine de SHABUNDA du Sud KIVU. Dans cette ville, il y a un grand gisement de minerais d’étain appartenant à la société « SOMINKI ».
A cet endroit, les autorités et les ONGS retiennent encore les réfugiés. Nous sommes réunis à la plaine d’aviation à 4 km de la ville de KALIMA. Les avions recommencent leur mouvement de ravitaillement pendant plus d’une semaine. A ce moment, les réfugiés qui ont pu arriver à cet endroit atteignent plus ou moins 40.000 hommes. Le 25 Février 1997, c’est le jour de la distribution des vivres. Alors que les réfugiés étaient rassemblés à la cours vers 13h00, autour des sacs de haricots et de farine de maïs et de cartons de biscuits, l’ennemi les encercle. Des coups de feu venant de toutes parts tombent et les réfugiés courent chacun dans sa direction sans trouver une seule issue dans la forêt équatoriale qui est complètement fermée à l’homme. Beaucoup de réfugiés sont morts dans cette plaine de KALIMA. En outre au moment où Sept Prêtres Rwandais et trois religieuses voulaient monter dans l’avion furent abattus par l’APR. Il s’agit de :
1. Abbé HATEGEKIMANA Antoine
2. Abbé MILIMO Norbert
3. Abbé MUNYAKAZI Emmanuel
4. Abbé MUYOBOKE François Xavier
5. Abbé NKURIKIYUMUKIZA Augustin
6. Abbé TWAGIRAYEZU Urbain
7. Abbé UWIZEYIMANA Jean.
et des soeurs :
1. Sœur Françoise NYIRARUKUNDO
2. Sœur Félicité MUKAMIHIGO
3. Sœur Clotilde NYIRABAKUNGU.
La Radio Vatican et les autres médias en ont fait écho. Par ailleurs la population locale peut donner beaucoup de témoignages sur ces tueries de l’APR. Depuis ce jour chaque réfugié a dû jeter tout ce qu’il pouvait porter pour pouvoir courir librement toute la journée et la nuit en vue d’atteindre KINDU, ville située à plus ou moins 130 km de KALIMA sur une route dont l’asphalte est très détériorée. C’est à ce moment que les réfugiés ont inventé des souliers de paille et de branches d’arbres pour essayer d’amortir la douleur des plaies sur cette asphalte. Les pieds sur cette asphalte étaient plus chauds que les pneus.
Pendant tous leurs arrêts, les réfugiés n’ont jamais pu être assistés. A partir de cette ville de KALIMA, l’ennemi commence à talonner le réfugié, à marcher avec lui jusqu'à KINDU puisque à plusieurs endroits où nous voulions nous reposer l’autochtone nous disait qu’on est en train de tuer des gens fatigués derrière nous. Beaucoup de gens sont morts au carrefour de cette route avec celle qui vient de LUBUTU (KISANGANI) toutes se dirigeant vers KINDU.
4.KINDU.
On est à KINDU le 27 Février 1997. Nous avons 320 orphelins venus des camps d’UVIRA, de BIDEKA et de tous les autres qui s’y sont joints et qu’on encadrait à SHABUNDA. Ils sont logés dans une école primaire en face de la grande rivière de LUALABA, le grand affluent du fleuve CONGO. Comme partout, les autorités locales ne veulent pas nous laisser traverser le fleuve soit par pirogue soit par bac. C’est une consigne qui a été donnée à la population et à toute personne qui a une pirogue. Entre-temps, un agent de l’UNICEF vient nous persuader que les 320 orphelins que nous avions appartiennent à l’Etat Rwandais et que par conséquent il fallait les remettre à l’ennemi qui devait les rapatrier. Parmi ces enfants, certains qui avaient plus de 12 ans ont refusé de rester et ont fui avec les autres réfugiés. Les 150 autres qui sont restés se sont remis à l’ennemi qui les a tous tués. Les médias en ont vite fait écho.
Pendant deux jours, les réfugiés deviennent nombreux au fleuve et les bombes tombent derrière eux à la rivière. Ulila située 20 km de KINDU. Les militaires gouvernementaux de SARM qui était restés derrière, pour essayer de résister reviennent affolés. Pour eux également, les autorités de KINDU refusent d’envoyer le bac pour les prendre. Ils commencent à tirer en l’air comme pour se révolter. Mais en définitive les uns enlèvent leur tenue militaire et se dissimulent dans la forêt, devenant ainsi confondus avec la population civile. Quant au réfugiés Hutu qui sont désolés, un Pasteur se met à circuler parmi eux en priant. Il est une heure du matin et personne n’a dormi. Il prie pour les âmes qui sont prêtes à se présenter devant le créateur. Le Pasteur dit à chacun d’entre nous qu’il est temps de se réconcilier seulement avec le Seigneur puisque c’est la dernière occasion de le faire ici sur terre afin de se présenter sans tâche devant lui. Depuis cette heure les réfugiés commencent les uns à se jeter dans l’eau pour se noyer et d’autres à longer la rivière. Beaucoup de gens fabriquent des radeaux à l’aide des troncs de bananiers ou de sheetings, mais tous sont noyés à cause de la peur et du courant d’eau.
Combien de personnes sont mortes à KINDU ? Nul ne le saura avec précision. Les rescapés prenaient la route de KASONGO placé à 200 km au Sud de KINDU, vers le KATANGA. Beaucoup sont atteints par l’ennemi qui les arrêtent en cours de route et d’autres essaient de traverser le fleuve moyennant l’échange de tout ce qu’on possédait encore, surtout les habits et le sheeting au pagayeurs.
Depuis KINDU, à cause de la traversée différente du fleuve à tout le monde du fleuve, certains réfugiés empruntent le chemin de LUBAO - KABINDA - MBUJIMAYI au KASAI Oriental et d’autres celui de LODJA - KANANGA au KASAI Occidental. En cours de route, on ne sait pas dénombrer combien de réfugiés sont tués par l’ennemi qui est avec eux depuis KINDU, combien sont morts à cause de la fatigue, de la faim, des intempéries de la maladie. Je me souviens qu’une fois je devais faire traverser à pied toute une colonne de personnes de petite taille (de moins de 1,70 m) dans une rivière qui avait un grand courant, heureusement qu’elle coulait dans un buisson où les arbres nous aidaient à la traverser.
Source: Rwandanet
Photo: Certains camps du Zaïre pouvaient abriter plus de quatre cents mille réfugiés. En haut, la photo du Camp de Mugunga au Nord Kivu.
03/01/2008
Du sang hutu coulerait dans les veines d'un leader du RCD Goma

Bizima Karaha
Brillant ministre des affaires etrangères de Laurent Désiré Kabila après la chute de Mobutu, ambassadeur de la RDC au Royaume Uni, membre fondateur du Rassemblement congolais pour la démocratie après repli des rwandophones à Goma chassés de Kinshasa, polyglotte et de formation médicale, Bizima Karaha aurait du sang mêlé.
Bizimana Karahamuheto de son vrai nom est né dans la commune Bwakira dans la préfecture de Kibuye.Son père Philippe Karahamuheto était sous-chef de Samurende.Il était marié à Musheshambugu qui lui a donné deux filles dont l'une serait l'épouse de l'ancien président du Rwanda Pasteur Bizimungu.Bizima Karaha est né d'une liaison extra-conjugale entre le sous-chef Philippe Karahamuheto et la femme du voisin qui s'appelait Sanduka, un couple hutu.Philippe qui était content d'avoir un fils, reconnut l'enfant et l'éleva au côté des ses deux filles.
Rongé par son sang rwandais, Bizima Karaha alors chef de la diplomatie de la RDC, convia la communauté congolaise de Belgique lors de son passage à Bruxelles non pas à l'ambassade du pays qu'il représentait mais bel et bien à l'ambassade du Rwanda.
Soixante pourcent des Rwandais auraient du sang mixte suite à des mariages inter-communautaires entre Hutu et Tutsi.
Bwakira-Kibuye, 12/01/2008
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21 avril 2008
Poème d'Alexandre Kimenyi en l'honneur de Fred Rwigema
(Original en Kinyarwanda)
Nsingize Gisa umusore utagira uko asa
IMPURUZA No. 17, Decembre 1990
Umuvugo wa Dr. Alexandre KIMENYI wigisha muri Kaminuza y'i Sacramento yitwa California State University at Sacramento, USA (Professor Alexander Kimenyi, CSU at Sacramento)
Ukwezi k'Ukwakira kumaze kwaka
Ari ko kwakira Nzeri nziza ni ho wafashe inzira
Wanze ko Intabaza ihogora urahaguruka
Urigaba Ingabo uzibera umugaba
Ufata ibarabara uberewe
Muganga Bayingana akunganiye
Bunyenyezi yakirana nk'inyenyeri.
Mutambutse icyambu amarembo y'u Rwanda arabarembuza
Imyambi murayambika murambuka
Isambiri abambari b'imbirikanyi bari bambariye isamburuma
Izuba rimaze kurasa urarasana
Urusaku rw'amasasu rusamira buri saha
Amasata yarasa isatura zikagira umususu zigasusumira.
Izo ngabo z'ingoboka zimaze kwigabagabanya ibigobe
Ubonye ziboneka ziboneye
Urabutswe ko izo ntsibage zidatsikira zikubita igitsiburira zizatsinda
Urazisezerera umuseso usatiriye agasusuruko
Uti: Turashyitse nimunshyingure
Mbaye umutabazi ntimuzantabane
Uyu muco wo gucungura incuke n'incike ukaba umucengeri
Wabambuwe na Bwimba uhama Gihana uba umuhango mu rwa Gihanga.
Murabe inyamibwa mwirinde urubwa
Mukotane izina Inkotanyi rivuge ituze
Muhatane igihugu gihumeke amahoro
Impunzi zitahe nta mpagarara nta mpungenge.
lsasita yisutse abasirikare barasakara bagukubitira isaruti
Bati: Ruti rutikiza abanyamatiku
N'uzasimbuka yisumbukuruza ntazagusumba
Ujye ikambere abakurambere bakwambike ikamba
Uyu nsingiza ni Gisa umusore utagira uko asa.
Kirangirire uburanga burangira mu mahanga
Uwo abangavu barangarira barangamiye uruhanga
Kuba waratanguranywe kwitanga ntibitangaje
Ukaba igitambo ng'udukize biriya bisimba by'ibisambo
Ukigomwa ngo ingoma uyikize abagome
Ukazimana ubuzima bwawe utizigamye
Impamvu y'impamo ni impuhwe zikwiye impundu
Usanganywe kandi usangiye n'abo usanze
Isuku igira isoko ubivana kuri ba sogokuru.
Wanga kwihanganira akarengane
No kubona indushyi zikubitwa inshyi i Bwidishyi
Reka nkurate umukogoto w'Inkotanyi y'ikirenga.
Waduhaye intego ducumye intambwe
N'interina iyo ntero ni yo zitera
Turi intore dufite intege zizatugeza ku ntego
Wabyukije urubyiruko aho rubyagiye rurabyukuruka
None abanyabyaha bafite ibyago.
Watweretse ubutwari ntawe uzabutwaka
Usize imena imonyo tuzazimenesha.
Mfizi ifora imfuruta imfura zigafungurwa
Ubwo wakoze mu ntagara ukarekura intanage
Abatindi ntibazatinda gutondora
Izo siha zisanzwe zisahura zirasuherewe
Ibyo birumbo bitarambirwa kutwambura
Bihora bidukindura bidutimbura bigamije kuturimbura
Izo menabanga zatekeye amabinga
Amaguru ndabona ziyabangiye ingata zigira bwangu
Abo bajura batujujubya
Ba majimbiri b'injiji zijunditse umujinya
Inyangarwanda zirwandarika rukandavura
Ba mabondo yamize imikondo bokabura ibibondo
Ibyo birumbo by'umururumba biduhombereza ibihumbi
Byumvise imbunda birabunda
Byatomotswe bimokorwa bimoka
Bizungerezwa bizunguruka mu bazungu
Ngo babihe inzaratsi Inziza ze kubizungura
Rugango rw'ingangare waratugobotse
Ingororano uzayigabanira mu ngoro
Ubu abana bava mu ngobyi mu mugongo bajya ku ngoyi
Rubanda ruhora mu muhanda rukora umuganda
Umuhinza akiyenza akaruteresha imiyenzi
Abacuruzi baracuzwa ibyabo bacunaguzwa n'ibicucu
None intabaza yakubise umurishyo umubisha yihanagura imirishyi.
Amagambo yawe n'imigambi
Bizaramba ntibizarambirana
Ubu twese twambariye intambara.
Cyubahiro abahizi birahira
Reka tugukeze uri urukerereza
Izo ngetura z'ingurusu zirunda mu nda nka Ngunda cyangwa ingurube
Izo ngeruza zangiriza abungeri b'ingirakamaro
Wagennye ko ingenzi zizitera imigeri zikisura mu ntege zikagenda
Maze ingeri zikagira ubwigenge zigakizwa ingegera
Imirenge n'imigende bikagendwa.
Rwego twegamiye rwema Rwigema
Wishidikanya shira intimba tuzagushimisha
Wadushubije ishema turishima dushira agahinda
Umubisha yari yatwicishije ishavu n'agashinyaguro.
Mutoni mu rwa Mutara watubereye itara
Kw'itariki utaramye ugatumira abatatu ngo baterane
Abato ukabatoza gutinyuka
Ugahuruza abahungu ngo bahunguke
Maze impuguke zikize igihugu amahugu.
None icyoko gikesheje umucyo
Dutahanye ishya n'ishyaka
Ishyano turisize ishyanga
Tubumbatiye hamwe imbaraga
Ng'urw'abakurambere turuteze imbere.
Simbi isumbya imbyeyi imbaraga n'imbabazi
Wabonye dusumbirijwe utubera umushumba
Ubwo umurambo wawe urambitse mu mirambi y'Iwinyambo
Ukaba waratwuhiye amaraso yawe muri karisa
Tuzarushaho gukomera twe gukomeza gukomereka
Dusobeke imitsi tugire imitsindo duhore dutsinda
U Rwanda turwondore abarwandarika tubarwanye.
Waremewe kugira akamaro ko kutumurikira
Uzatubera inkingi tujishaho inkindi
Tuzakuyoboka utuyobore ntituyobe
Inteko y'ubutegetsi ishyireho iteka ryo kugutekereza iteka.
Teka ijabiro utekane gitego turatira abatakuzi
Urakarama rwema rugemintwaza Rwigema
Mugaba w'ingabo w'umugabo ugabira abagabe.
Gisa sibo isize ibisage n'ugusasira ng'udusuhurukure
Sugira sata reka nsoze kugusingiza nzongera ngusige ndasigana
Nguhimbe mu nganzo y'ingango ingana n'ingangurarugo y'igihangange
10 juin 2008
Des Rwandais portent plainte contre Bernard Kouchner

François Fillon, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner
www.blogapart.info
L'association des Rwandais de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, a déposé plainte auprès de la Cour de Justice de la République contre le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner pour diffamation envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une ethnie. Selon cette association, Bernard Kouchner a assimilé les Hutus à des génocidaires en affirmant le 2 octobre 2007 que les « Hutus majoritaires ont tué les Tutsis minoritaires » lors du génocide rwandais en 1994.
Source: www.rfi.fr (10 juin 2008)
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19 mars 2008
Rwanda: « La liste de 6.997 génocidaires envoyée par le gouvernement de Kigali ne nous a pas aidé »
Interview du ministre congolais des affaires étrangères et de la coopération,Antipas Mbusa Nyamwisi, par Christophe Boisbouvier de Radio France Internationale
Pourquoi le plan de désarmement des FDLR ne marche pas ?
Qui dit que ce la ne marche pas, pour autant qu'il est en train d'être appliqué. Parce que de notre point de vue, il y a eu beaucoup d'initiatives qui ont été prises. Il est vrai qu'on n'a pas encore atteint les résultats escomptés, mais quelque chose a été fait.
Vous deviez sensibiliser les FDLR à un éventuel retour au Rwanda, avant le 15 mars. Et apparemment, rien n'a été fait ?
Beaucoup a été fait d'autant plus que moi-même j'ai été les voir, certains parmi eux, dans leur campement où j'ai discuté avec un peu plus de trois cent cinquante hommes armés et leurs dépendants. Il est vrai que jusque là, je n'ai pas obtenu le retour d'un nombre important pour des raisons diverses.
Quelles sont les raisons justement pour lesquelles vous n'avez pas réussi à les convaincre de rentrer ?
Je dois vous dire que c'est une liste de six mille neuf cent quatre vingt dix sept génocidaires qui nous a été envoyée par le gouvernement de Kigali. Et cela ne nous a pas aidé à les sensibiliser.
Cette liste que le gouvernement de Kigali vous a transmise, ne correspond-t-elle pas justement au nombre des combattants des FDLR ?
Pour le mauvais côté de l'affaire, c'était comme si nos partenaires nous disaient : « tout ce qui nous arrange, c'est le statu quo. Nous ne voulons voir personne ici ». Cela a été un mauvais signal. Mais je continue à espérer que dans le cadre des discussions que nous allons avoir bientôt à Bujumbura, d'ici le 24 ou le 25 mars, nous allons trouver une solution durable pour la population qui souffre.
Combien, à votre avis, des combattants des FDLR peuvent être considérés comme des génocidaires ?
En tous cas, sur les listes connues qui ont été publiées au Tribunal pénal international, il n' y en a pas une dizaine au Congo.
Dans les discussions avec vos interlocuteurs rwandais, ces dernières années, vous parliez déjà de plusieurs milliers de génocidaires parmi les FDLR ?
Je ne pense pas qu'il faille s'attarder trop sur cela. Ce qu'il faut, c'est de trouver un entendement commun entre nous, les Rwandais et nous-même, afin d'organiser leur retour.
Il y a eu, en 2005 à Rome, des discussions sous l'égide de Sant Egidio. Les FDLR non génocidaires acceptaient de rentrer au Rwanda en échange de la promesse d'un dialogue politique. Est-ce que cela est une base à vos yeux ou pas?
Oui. Voilà pourquoi l'on est en contact permanent avec le père Martin de Sant Egidio pour voir comment on peut évaluer la situation avec ces personnes qui sont, pour la plupart, en Europe. Et je pense que cela va être fait avant la fin de ce mois. Ensuite, nous organiserons une grande réunion à Kisangani aussi bien avec ceux qui sont en Europe que les commandants sur le terrain pour trouver une solution. Tout cela dans une échéance assez brève.
Mais les Etats-Unis ne veulent pas d'une rencontre à Kisangani ?
Il nous faut absolument faire quelque chose. Nous devons aller de l'avant.
Et la solution, pour vous, c'est plus un dialogue qu'une offensive militaire ?
Je pense que cela est possible. Il y a quelques jours, ils m'ont reçu chez eux. Je suis rentré vivant alors qu'ils avaient les moyens de m'en empêcher. Et s'ils étaient les jusqu'au-boutistes, incapables d'écouter la voix de la raison, de discuter, ils ne m'auraient pas reçu dans leur camp et me laisser partir vivant.
Mais l'on dit que l'armée congolaise est incapable de chasser les FDLR ?
Ils se trompent ceux qui croient qu'ils doivent rester éternellement ou indéfiniment au Congo. Un jour ou l'autre, quelqu'un devra payer.
Le Potentiel
7 juin 2008
Le massacre de trois Evêques Rwandais par les hommes de Kagame selon la justice Espagnole
L’Extrait de l’ordonnance du juge Espagnol Fernando Andreu Merelles sur le massacre des religieux dont trois Evêques catholiques du Rwanda :
« …Le témoin TAP-043 a poursuivi son témoignage en se focalisant ensuite sur la mort violente des évêques et religieux à Kakurazo au début de juin 1994.
Il a révélé à ce moment ses deux sources d'information en liaison avec ces faits : d'une part, sa sœur (laquelle sera désignée sous le code TAP-AAA) qui non seulement était présente sur le lieu des faits et connaissait de première main ce qui s'est passé, en plus d'avoir perdu au cours de cette opération son propre fils (en conséquence, le neveu du témoin TAP-043), ainsi qu'elle pourra en témoigner ensuite ; d'autre part, le témoin TAP-043 a fait sa propre et discrète enquête à partir de membres de l'A.P.R. (non seulement par intérêt pour la mort de son propre neveu, que pour le risque que cela pouvait consister pour sa propre vie, tenant compte des dynamiques internes d'élimination des éléments à risque, qui étaient connues au sein de l'A.P.R.), étant donné que les renseignements ultimes lui avaient été fournis par un militaire de l'A.P.R. (un militaire qui avait été officier du Bataillon n° 157 chargé de l'opération militaire et actuellement réfugié en Ouganda par crainte pour sa vie et qui sera désigné sous le code TAP-BBB).
Le témoin TAP-043 a expliqué comment au début de juin 1994, encore en temps de guerre « officielle », le bataillon n° 157 Mobile, sous le commandement du Commanding Officer, le colonel Fred Ibingira, a encerclé et investi la ville de Kabgayi, à proximité de Gakurazo (au centre du Rwanda, faisant partie de la Préfecture de Gitarama, au sud-est de Mugina, la localité où exerçait le prêtre espagnol Isidro Uzcudun, ainsi qu'en témoigna le témoin TAP-038).
Après avoir capturé militairement cette localité, les militaires de l'A.P.R. avertirent le Haut Commandant Fred Ibingira qu'en plus des milliers de personnes rassemblées, étaient présents de manière visible parmi la foule trois hautes personnalités ecclésiastiques et d'autres prêtres qui les accompagnaient. Le témoin TAP-043 expliqua comment le colonel Fred Ibingira ordonna de séparer ces évêques et prêtres du reste de la [p.113] population civile, dans le but de demander et recevoir les instructions appropriées en liaison avec ces « ennemis ». Après avoir été conduits vers divers lieux pour leur prétendue sécurité, « invités » à prendre leurs effets personnels pour partir vers un autre lieu plus sûr, les évêques et les prêtres furent déplacés à environ 3 kilomètres de Kabgayi, concrètement à Gakurazo, au siège des Frères Joséphites, où ils se trouvaient aussi pour des raisons de protection et de sécurité), dans ce cas à proximité de la sœur et du neveu du témoin TAP-043, entre autres personnes. Le témoin TAP-043 a dit qu'étaient présents trois évêques, Vincent Nsengiyumva (Archevêque de Kigali), Thaddée Nsengiyumva (Evêque de Kabgayi) et Joseph Ruzindana (Evêque de Byumba).
Parmi les prêtres, le témoin TAP-043 se souvint spécialement de deux d'entre eux : Innocent Gasabwoya, pour être un prêtre appartenant à l'ethnie Tutsi, une excellente personne et un grand ami de la famille des témoins TAP-043 et TAP-AAA (ancien Vicaire Général du Diocèse de Kamonyi), et Jean Baptiste Nsinga, pour être lui aussi un prêtre appartenant à l'ethnie Tutsi, dont le témoin se souvenait de lui-même qu'il était Supérieur des Frères Joséphites (Frères de Saint Joseph).
Selon le récit du témoin TAP-AAA, fait à son frère le témoin TAP-043, à un moment donné de l'après-midi du 5 juin 1994, se retrouvaient réunies dans un même local diverses personnes, parmi lesquelles se trouvait Innocent Gasabwoba, parlant avec elles, s'amusant et jouant à ce moment avec le fils du témoin TAP-AAA, un garçon de 8 ans environ et qui se nommait Richard Sheja. A un moment donné, un militaire non identifié ordonna à Innocent Gasabwoba qu'il devait l'accompagner, et vu qu'il se trouvait en présence de Richard Sheja, le militaire lui ordonna de l'accompagner sans le gamin, lequel refusa de quitter le prêtre de sorte qu'ils partirent ensemble. En parallèle, quoique le témoin TAP-043 ne connaissait pas exactement ni le jour ni l'heure, selon ce que pu apprendre le témoin TAP-BBB, le colonel Fred Ibingira informa le général major Paul Kagame de la situation et l'interrogea sur ce qu'il devait faire avec les évêques et les religieux (signalant probablement que parmi eux se trouvaient aussi deux personnes appartenant à l'ethnie Tutsi), recevant les instructions de mettre fin à la vie de tous sans distinction (ces instructions, comme on le verra plus [p.114] avant, furent entièrement corroborées par celles qui ont été entendues personnellement par le témoin TAP-002 qui se trouvait à ce moment auprès de Paul Kagame au moment de parler par radio avec lui).
Selon le récit du témoin TAP-043 lui-même, les évêques et prêtres furent rassemblés dans une pièce et furent ensuite mitraillés sans distinction, y compris son petit neveu, Richard Sheja. Le témoin a identifié deux des tireurs, le lieutenant Wilson Gaboniza et le caporal Samuel Karenzezi alias « Viki ». De même, il a identifié les commandants qui sont intervenus directement au cours de cette opération, signalant les suivants, par grade hiérarchique décroissant :
- colonel Fred Ibingira, Commanding Officer du Bataillon 157 Mobile, sous les ordres stricts du général major Paul Kagame,
- colonel Erik Murokore, adjoint au Commanding Officer du Bataillon 157 Mobile,
- capitaine Wilson Gumisiriza, Intelligence Officer (I.O.) du Bataillon 157 Mobile, et
- capitaine Willy Bagabe, adjoint de l'Intelligence Officer (I.O.) du Bataillon 157 Mobile.
Aussi, une fois terminées les rafales d'arme automatique, il a confirmé qu'ils avaient assassiné aussi le petit Richard. Selon ce que pu apprendre le témoin TAP-043, il y eut une discussion entre les officiers de l'A.P.R. quant à savoir s'ils devaient à son tour assassiner la mère ou pas (TAP-AAA), vu les possibilités de dénonciation du crime (il faut signaler qu'à ce moment là le mari du témoin TAP-AAA était un éminent collaborateur du F.P.R., une personne de l'ethnie Tutsi). les militaires de l'A.P.R. annoncèrent au témoin TAP-AAA qu'ils avaient tué son fils par erreur.
Il semble qu'ultérieurement le D.M.I. lui offrit une compensation tout en faisant en même temps des menaces claires pour s'assurer son silence… »
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28 juin 2008
Génocide rwandais: plus de génocidaires au Sud qu'au Nord
Les juridictions populaires, les "Gacaca" ont jugé quelque 1.059.298 dossiers génocidaires impliquant 9.362 accusés dont 413 classés dans la première catégorie des principaux planificateurs du génocide, a-t-on appris mercredi de source judiciaire à Kigali.
Selon un rapport transmis mardi à la PANA par le Service national des juridictions "Gacaca" (SNJG), la région sud du pays est celle qui compte un plus grand nombre d’accusés génocidaires dont l’effectif est estimé à 4.357 suspects, tandis que la province nord revient à la dernière place de cette catégorie avec 274 personnes présumées génocidaires.
Dans ce rapport, le SNJG déplore par ailleurs l’idéologie génocidaire qui persiste dans le pays condamnant ainsi l’intimidation et le "terrorisme" à l’encontre des rescapés du génocide et des témoins, sans toutefois préciser le nombre de victimes tuées dans ces circonstances.
Par ailleurs, le nombre de superviseurs du génocide poursuivis par les "Gacaca" est estimé à quelque 1.797 personnes présumées, alors que l’effectif des incitateurs au génocide est de 2.408 personnes, la province du sud occupant toujours la première place dans cette catégorie, selon la même source.
"Les procès de quelque 8.636 présumés génocidaires de première catégorie devront débuter devant les "Gacaca" d’ici le début du mois de juillet prochain", a précisé à la presse Domitille Mukantaganza, secrétaire exécutive du SNJG, une instance nationale qui coordonne le fonctionnement de ces juridictions populaires au Rwanda.
Dans cette catégorie, l’effectif de suspects qui viendront des juridictions ordinaires et militaires est de 1.242, a renchéri Mukantaganzwa.
Depuis leur création en juin 2002, le nombre de personnes catégorisées est de 59.171 dont 366.426 ont été mis dans la deuxième catégorie qui concerne les personnes accusées d’avoir tué ou blessé, avec intention de donner la mort.
Dans le même registre, l’effectif de 8.636 présumés génocidaires de première catégorie sont poursuivies pour avoir organisé, préparé, inciter les gens, commis les actes de viol, tortures sexuelles et planifié ce génocide qui a fait plus de 800.000 victimes essentiellement parmi la communauté tutsie, selon l’ONU. Enfin, la troisième catégorie concerne les personnes qui sont accusées d’avoir seulement pillé ou détruit les biens des victimes, selon toujours le même document sur les "Gacaca" transmis à la PANA à Kigali.
Les tribunaux populaires rwandais, inspirés des anciennes assemblées au cours desquelles les sages du village réglaient des différends, assis sur le gazon (’Gacaca’, en langue nationale kinyarwanda), sont à mi-chemin entre la justice traditionnelle et la justice conventionnelle.
Source: Panapress et afrik.com
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Accord Kigali-ONU autorisant l'incarcération au Rwanda de condamnés du TPIR
KIGALI - Le gouvernement rwandais et les Nations unies ont signé mardi à Kigali un accord en vertu duquel des condamnés du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pourraient purger leurs peines dans des prisons rwandaises.
L'accord a été signé par le chef de la diplomatie rwandaise Charles Murigande et le greffier en chef du TPIR, le Sénégalais Adama Dieng, a rapporté à l'AFP Robert Masozera, chargé de la communication au ministère rwandais des Affaires étrangères.
"La signature (de cet accord) aujourd'hui est une étape importante dans la coopération entre le TPIR et le Rwanda", a souligné M. Dieng.
"Après que nous ayons reconnu que le Rwanda possède désormais des établissements pénitentiaires respectant les normes internationales, cet accord est la dernière pierre de l'édifice juridique qui qualifie le Rwanda comme un des pays pouvant être considérés comme approprié pour l'exécution de la peine de condamnés du TPIR", a-t-il précisé.
Le Rwanda a construit dans le centre du pays une prison qui, selon des responsables du TPIR l'ayant visitée, répond aux normes internationales de détention.
Dans une lettre de protestation adressée au président du TPIR, 30 des 56 détenus abrités par le tribunal ont estimé que cet accord visait "à les livrer à une mort certaine ou, tout au moins, à des traitements inhumains et dégradants et à la torture".
"Nous sommes victimes d'un grand complot visant à nous faire disparaître pour mieux asseoir le pouvoir du FPR", indique le texte, accusant le TPIR de servir "d'instrument de ce complot ourdi par les dirigeants du FPR avec le soutien de certaines grandes puissances".
Le Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir actuellement à Kigali, est issu de l'ex-rébellion majoritairement tutsie qui a mis fin au génocide au Rwanda en juillet 1994.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées dans le génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.
De son côté, Me Gilles Saint Laurent, avocat principal de l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Augustin Bizimungu, a jugé que cet accord avait "l'apparence d'un pacte de mise à mort".
Ces détenus ont annoncé qu'ils entameraient une grève de la faim à partir de mardi. Il était cependant impossible mardi de déterminer si elle était suivie ou non.
Sept pays (Mali, Bénin, Swaziland, France, Suède, Italie et Rwanda) ont signé cet accord avec les Nations unies les autorisant à accueillir des condamnés du TPIR.
Actuellement, six condamnés purgent leur peine au Mali et un en Italie.
Le président du TPIR est le seul à pouvoir décider dans quel pays un condamné va purger sa peine, en fonction de sa situation personnelle.
Le TPIR, basé à Arusha (Tanzanie), est chargé de rechercher et juger les principaux responsables du génocide rwandais. Il a, à ce jour, prononcé 30 condamnations et cinq acquittements.
Sur la cinquantaine de personnes détenues par le TPIR à Arusha, 17 sont des condamnés définitifs attendant d'être transférés de la Tanzanie vers d'autres pays.
(©AFP / 04 mars 2008 16h22)
8 mai 2008
Rwanda: Les FDLR accueillent favorablement l'initiative belge d'un dialogue direct entre les FDLR et les Autorités Rwandaises
Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) accueillent favorablement la récente déclaration du Ministre Belge des Affaires Etrangères M. Karl De Gucht appelant Kigali à s'engager immédiatement dans des pourparlers directs avec les FDLR afin de résoudre le problème politique rwandais.
Les FDLR soutiennent une telle initiative et appellent les autres pays de la Communauté Internationale en particulier les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies à la soutenir activement et positivement afin de trouver une issue pacifique au problème politique rwandais et à la crise de la région des Grands Lacs Africains.
Les FDLR rappellent qu'elles ont toujours appelé les Autorités de Kigali à engager un dialogue direct et franc avec elles et que c'est Kigali qui n'a jamais répondu positivement à cette main tendue. Les FDLR réaffirment par là leur soutien indéfectible à tout processus pacifique visant leur retour digne dans leur pays dans le strict respect de l'esprit et la lettre de la Déclaration de Rome.
Enfin, les FDLR exhortent le régime de Kigali à saisir cette opportunité pour engager des pourparlers directs avec elles afin d'étudier ensemble les voies et moyens de mettre fin à l'éternel problème politique rwandais.
Source: Communiqué de presse, 7 mai 2008
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Menaces de dissolution de 4 formations politiques au Rwanda
Kigali - 04/04/2008
Panapress
Quatre formations politiques du Rwanda seront définitivement dissoutes si elles ne déclarent pas officiellement leurs recettes fiscales devant les instances publiques compétentes, a prévenu l'Ombudsman rwandais, Tito Rutaremara, cité vendredi par le quotidien anglophone 'The New Times'
Les formations politiques concernées par la menace sont le Parti démocratique idéal (PDI, islamique), l'Union démocratique du peuple rwandais (UDPR), le Parti socialiste rwandais (PSR) et le Parti pour le progrès et la concorde (PPC), a précisé M. Rutaremara.
Il a averti que les formations politiques qui ne se conformeront pas à cette mesure avant fin avril seront purement et simplement rayées de la liste des partis devant participer aux prochaines élections législatives prévues le 15 septembre prochain.
A Kigali, les analystes politiques estiment que cette décision vise à limiter le nombre de partis politiques avant les législatives de septembre prochain et à éviter toute prolifération dans ce domaine.
Le 05 septembre, le Rwanda va organiser pour la deuxième fois, des élections législatives après celles tenues en 2003 qui se sont soldées par la victoire du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir).
Rwanda: Avant le retour au Rwanda - Les rebelles Hutu exigent une garantie
Le Potentiel (Kinshasa)
7 Avril 2008

Ces rebelles rwandais présentent un véritable danger pour le pays. C'est pourquoi, ils sont sommés par la communauté internationale et le gouvernement congolais de rentrer librement au Rwanda. De leur côté, ils exigent de garanties sécuritaires.
« Que la communauté internationale garantisse notre retour au Rwanda », telle est la condition posée par les rebelles hutu rwandais vendredi, à Nyabiondo dans le territoire de Masisi. Cette exigence est intervenue après une séance d'échange avec la commission mixte de sensibilisation comprenant l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu, les sections DDRRR, Public information de la Monuc et un délégué de la Banque mondiale.
Pour le chef de section de la Monuc chargé du désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion et réinstallation, le suivi est fait pour tous les combattants hutu rwandais qui passent par le processus DDRRR. Selon radio Okapi, une dizaine d'officiers FDLR ont répondu présents à cette séance de sensibilisation. Ils ont déclaré avoir à leur disposition toute une brigade basée à Nyabiondo. Lors de cette rencontre avec l'équipe mixte de sensibilisation, la mission a fait deux propositions aux combattants hutu rwandais. La première est que ces combattants acceptent volontairement de retourner dans leur pays (le Rwanda). La deuxième : que ceux qui voudront rester au Congo, introduisent une demande de statut de réfugié. Pour le commandant de la brigade FDLR de Nyabiondo, qui a requis l'anonymat, il faudra au préalable que le gouvernement rwandais mette fin à la discrimination sociale qui est exercée contre les Hutu.
NECESSITE D'UN DIALOGUE
Le colonel FDLR se dit favorable au retour. Mais il insiste notamment sur la nécessité d'un dialogue avec le gouvernement rwandais : « Je demande au gouvernement rwandais d'établir un dialogue avec ses opposants afin que tout le monde se retrouve dans son pays natal
Ndiaga Diagne, chef d'équipe de la section DDRRR de la Monuc, rassure que plus de 15.000 hutu rwandais sont déjà rapatriés au Rwanda depuis le début du Programme de rapatriement en 2001, et que la communauté internationale assure le suivi de leur sécurité sur place.
Il est prévu une prochaine séance de sensibilisation avec projection de films portant sur les témoignages de ceux qui sont déjà rentrés et intégrés dans la vie au Rwanda.
L'implication de toutes les forces du pays, y compris celle de la Communauté internationale en vue du retour des hutu rwandais dans leur pays, estiment les observateurs, est un atout important dans la recherche d'une paix durable dans les deux provinces du Kivu. Certains observateurs politiques estiment que le préalable posé par les rebelles ne peut se justifier que lorsqu'ils seront sur place, au Rwanda, pour que le gouvernement de ce pays puisse y répondre. Ce qui compte pour le moment selon le Programme Amani dont les organes viennent d'être installés à Goma, c'est leur retour au Rwanda où ils devront présenter aux autorités de ce pays toutes les revendications liées à leur situation politique et sécuritaire.
allafrica.com
Génocide rwandais: des conférenciers taxés de négationnisme hués à Montréal
AFP 30 mars 2008
Les incidents ont perturbé samedi une conférence réunissant à Montréal des intellectuels contestant l'histoire officielle du génocide rwandais, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des auditeurs se sont mis à huer et à interrompre dès le début les conférenciers, dont le Français Pierre Péan, les traitant de "racistes" et de "négationnistes", tandis qu'une dizaine de voitures de police surveillait les abords de la salle et qu'un important service d'ordre encadrait le public.
"Je ne nie pas le génocide des Tutsis, mais je refuse la version de Kigali. J'affirme qu'il y a eu aussi depuis 1990 des massacres de masse de Hutus, que la justice d'abord, puis l'histoire, probablement ensuite, qualifiera un jour de génocide", a déclaré M. Péan lors de cette conférence intitulée "Les médias et le Rwanda: la difficile recherche de la vérité".
Selon lui, l'histoire du génocide telle que défendue par Kigali constitue "le socle de la légitimité du régime du FPR", le Front patriotique rwandais, ancien parti tutsi du président Paul Kagamé.
"Si cette question officielle tombe, c'est Kagamé qui tombe", a-t-il dit.
Auteur de nombreux ouvrages à succès, le journaliste et écrivain français doit comparaître en septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour "complicité de diffamation raciale" après que l'association française SOS-Racisme eut déposé une plainte, estimant que dans son livre controversé sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs", M. Péan reprenait des "présupposés de l'idéologie génocidaire".
"Je vais au tribunal très tranquillement", a dit M. Péan à l'AFP.
Le journaliste a toutefois admis qu'il ne s'était pas attendu pas à ce que la conférence de Montréal "soit si chaude".
www.lemonde.fr
Génocide rwandais : Une conférence houleuse
MONTRÉAL (Radio Canada),29 mars 2008

Photo Radio Canada
Une conférence d'intellectuels contestant l'histoire officielle du génocide rwandais a été perturbée, samedi à Montréal. La rencontre avait pour thème: « Les médias et le Rwanda: la difficile recherche de la vérité ».
Des participants à la conférence, pour la plupart d'origine rwandaise, ont hué et interrompu les intervenants, dont le journaliste d'enquête français Pierre Péan, les traitant de « racistes » et de « négationnistes ». La tension était telle que des policiers ont été dépêchés aux abords de la salle de conférence.
« Je ne nie pas le génocide des Tutsis, mais je refuse la version de Kigali. J'affirme qu'il y a eu aussi depuis 1990 des massacres de masse de Hutus, que la justice d'abord, puis l'histoire, probablement ensuite, qualifiera un jour de génocide », a déclaré M. Péan.
Le journaliste et écrivain français estime que l'histoire du génocide, telle que défendue par Kigali, constitue « le socle de la légitimité du régime du FPR [Front patriotique rwandais] », ancien parti tutsi du président Paul Kagamé. « Si cette question officielle tombe, c'est Kagamé qui tombe », a-t-il soutenu.
Des propos critiqués
Ces propos ont irrité plus d'un auditeur. L'un d'eux a regretté que « des gens, soit disons intellectuels et journalistes, s'amusent à refaire les choses, à réécrire l'histoire ». Un autre a indiqué que les conférenciers « donnent un discours qui est incendiaire, ils prônent la division », tandis qu'une dame a dit que « c'est une conférence de mensonges ».
Ce n'est pas la première fois que Pierre Péan suscite la controverse avec ses idées sur le génocide rwandais. Son livre, Noires fureurs, blancs menteurs, lui a valu des démêlées judiciaires.
Il doit comparaître, en septembre 2008, devant le tribunal correctionnel de Paris pour « complicité de diffamation raciale ». La plainte a été déposée par l'association française SOS-Racisme, accusant M. Péan de reprendre des « présupposés de l'idéologie génocidaire ».
Kagamé dénonce l’inculpation de soldats rwandais par un juge espagnol

Le président rwandais, Paul Kagamé, s’en est violemment pris au gouvernement espagnol suite aux accusations portées contre de hauts responsables militaires de son gouvernement de crimes présumés de droits de l’homme commis lors du génocide de 1994.
Le chef de l’Etat rwandais a qualifié les récentes accusations d’un juge espagnol d’"attaque contre les dirigeants de Kigali".
« Si on étudie le dossier, ils n’accusent pas en fait les individus cités (les responsables militaires) mais le Front patriotique rwandais (RPF) », a déclaré M. Kagamé aux journalistes lors d’une conférence de presse hebdomadaire tenue mercredi à Kigali.
"Imaginez l’arrogance! Comment un juge siégeant dans un village espagnol peut-il se sentir responsable d’inculper toute la direction d’un autre pays?. C’est tout à fait inadmissible !", a-t-il lancé.
Il a en outre ouvertement dénoncé la décision des Espagnols de traduire en justice les hauts responsables militaires rwandais, indiquant que la raison de l’émission d’actes d’accusations avait quelque chose à voir avec la relation qu’entretiennent les pays développés et ceux en développement.
« En Occident, les gens se comportent comme s’ils sont au paradis. Ils se sont mis à la place de Dieu c’es pourquoi un juge espagnol peut s’asseoir en Espagne et décider d’inculper Kagamé car je suis le dirigeant du RPF qui a mis un terme au génocide auquel il a pris part », a indiqué un Kagamé visiblement en colère.
Il s’est aussi demandé comment se fait-il qu’un juge ne puisse pas inculper des personnes en Espagne ou dans d’autres pays qui ont participé au génocide rwandais mais s’empresse facilement de tenir pour responsables les dirigeants de Kigali (qui ont mis un terme au génocide).
Il a assuré que son gouvernement ne va pas tolérer une attitude aussi inamicale de la part de l’Occident vis à vis des pays en développement et va qualifier ce geste d’agression.
Les propos de Kagamé surviennent au lendemain de l’inculpation par un juge espagnol de certains hauts responsables militaires au Rwanda.
En février dernier le juge Andreu Fernando Merrelles a mis en examen 40 responsables de l’ancienne Armée de libération – L’Armée patriotique rwandaise (RPA) pour des crimes liés à la tragédie commise lors du génocide d’un million de Tutsis et de Hutus modérés en 1994 au Rwanda.
Ils seraient également impliqués dans le meurtre de neuf ressortissants espagnols lors de la tragédie.
Le juge espagnol affirme détenir des preuves de l’implication de Kagamé, l’ancien commandant de la RPA dans les atrocités mais ne peut pas l’inculper en raison de l’immunité que lui confère son statut de chef d’Etat.
« Si je pouvais le rencontrer (ndlr : Fernando), je lui dirai d’aller se faire voir", s’est-il écrié, ajoutant qu’il ne va remettre aucune des personnes incriminées car l’Espagne n’a pas à juger le Rwanda.
C’est la deuxième fois que la communauté internationale accuse de hauts responsables de Kigali.
La France a porté les mêmes accusations en 2006 provoquant la rupture des relations entre les deux pays.
Agence de presse africaine (APA)
2 avril 2008
15 avril 2008
Les journalistes veulent la suspension du journal Umuseso
(selon New Times, journal en Anglais proche du FPR)

Frank Ndamage brandissant la une du numéro 45 du journal Umuco avec une photo de Paul Kagame et Adolf Hitler côte à côte.
Dans cet article qui a fait couler beaucoup d'encre, Paul Kagame est comparé à Hitler et les forces rwandaises de défense (ex-APR) aux Nazis.L'auteur de l'article, le journaliste Bizumuremyi actuellement en fuite, prédit même la fin de Paul Kagame, soit comme Hitler en se suicidant ou dans une prison espagnole.Il est vivement recherché par la police rwandaise.Selon certaines sources, il serait caché quelque part dans la capitale rwandaise, mais d'autres parlent de fuite à l'etranger notamment en Ouganda.
Lire l'article en Anglais du New Times ci-dessous
http://www.newtimes.co.rw/index.php?issue=13475&article=5007
Article en Anglais du New Times du 15 avril 2008
Journalists want Umuco newspaper suspended

Frank Ndamage displays a copy of the Umuco edition bearing photographs of President Kagame and Hitler side by side, while the commission head, Louis Kamanzi, looks on. (Photo / J. Mbanda).
In a crisis consultative meeting between members of the Rwanda Media Ethics Commission (RMEC), media house owners and practitioners, journalists also asked the High Council of the Press (HCP) to withdraw its press card from the vernacular newspaper’s owner-cum-reporter Bonaventure Bizumuremyi and to request the line ministry to ban the paper for a year.
(Journalists) have condemned and disassociated themselves from articles published in Umuco newspaper edition number 45,’ a statement signed by the commission president, Louis Kamanzi (Radio Flash), states.
In a highly charged meeting held at the Press House in Remera, journalists condemned Umuco’s "unprofessional levels" accusing it of dragging the President’s credibility and that of the RDF in mud by likening them to Hitler and the Nazis, known internationally for the genocide of six million Jews.
They also said that by equating Kagame to Germany’s Hitler, the author and the publication were denying the 1994 Genocide, which was stopped by then rebels of the Rwandese Patriotic Army (RPA ) under Kagame’s leadership.
The commission singled out four articles published in Umuco’s March 12-27, 2008 edition citing laws that were violated by the publication.
The most "vilifying" article cited was in the edition’s headline piece in which the writer, Jason Mukasa, based on recent indictments issued by a Spanish judge against forty RDF officers, claimed that Kagame was trapped between life and death, and offered options to the Head of State, one of them being "to commit" suicide.
The other options the writer gave Kagame "to flee the country, cling to power until death, or to present himself before the Hague-based International Criminal Court (ICC).
The article, according to analysts, is full of abusive, demeaning and insulting language, largely buried inside the strong Kinyarwanda language used in the two-page opinion piece in the bi-monthly paper.
"He (Bizumuremyi) has taken the lives of Rwandans for granted. The story has had more destructive impact because it has created panic and speculation among the population. As a result, some people have told me that they were contemplating fleeing the country. These articles are meant to terrorise citizens by depicting a picture that the country is headed for collapse," said a seemingly perplexed Alex Rutareka (City Radio).
The Editor-in-Chief of Imvaho newspaper, Frank Ndamage, compared the publication to the media of 1993 and early ’94, which sowed hatred among the masses and later incited one section of the society to kill their neighbours.
"This is just a replica of Kangura (newspaper) and RTLM (radio station)," he said in reference to two pre-Genocide media outlets, which played a central role in the death of one million Rwandans, and whose leaders have since been convicted and sentenced by the Tanzania-based International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR).
Other articles the media fraternity is highly critical of in Umuco are claims that a clique allegedly led by Gen. Jack Nziza ‘continues to set Kigali City on fire’ and that Rwanda is a lawless country.
And in an editorial on the recent Cabinet reshuffle in the same edition, the paper alleges that Tusti state ministers are appointed to closely monitor the activities of their more senior Hutu ministers, an allegation journalists dismissed calling it sectarian, and intended to create divisions within the Cabinet, and to rekindle hate among Rwandans.
"That is a criminal offence punishable under the laws of our country. It is something no one, at least those with good intentions, should fail to see the underlying motives of this newspaper," one journalist shouted.
RMEC members told journalists that they tried to contact Bizumuremyi to discuss the matter with him, but he instead hanged up on the caller after he was told that the commission wanted a word with him. There were also suggestions that most of the articles in the newspaper targeting the State and the President are actually authored by people belonging to negative forces outside the country, and only use pseudo names as bylines.
Kamanzi said the ethics commission tried to look for Mukasa –the purported author of the article putting Kagame and Hitler in the same basket – but in vain, before the HCP confirmed that the name did not feature in its data bank.
"That is far well beyond the boundaries of a journalist," Jean Bosco Gatete, the Chief Editor of Umurinzi newspaper, said.
But while the editors of Umuvugizi and Rimeg (publisher of Umuseso and Newsline) newspapers, Bosco Gasasira and Charles Kabonero, respectively, say they don’t share opinion with the Kagame-Hitler article author, they insist that journalists should have stopped at condemning the newspaper but not pursuing a legal action and specific penalties they wanted the press council or the Information ministry to sanction. "I don’t agree with him but I respect his opinion. As journalists we should have condemned the articles and leave the rest to the judiciary," Kabonero said yesterday.
On his part, Gasasira blamed Umuco for likening Kagame and Hitler’s "personalities considering the good things Kagame has done and the grave crimes Hitler is remembered for."
"My opinion is different from his (Bizumuremyi’s) probably because of the difference in our reasoning capacity, but what we should understand is that all the nine million Rwandans don’t have the same opinion because we all have different backgrounds," Gasasira said.
It was not possible to get a comment from Bizumuremyi as his cell phone was switched off by press time.
Meanwhile, Patrice Mulama, the Executive Secretary of the High Council of the Press, said the council had not officially received the journalists’ request but said the case of Umuco was on the agenda of the council’s meeting on Friday.
"What I can tell you now is that the Council is scheduled to meet on Friday and determine the way forward," he said on phone last evening.
By James Munyaneza
http://www.newtimes.co.rw/index.php?issue=13475&article=5007
A l’intérieur des prisons du Rwanda
Les prisons rwandaises connues abritent officiellement plus de 120.000 détenus. A cela il faut ajouter un nombre indéterminé de prisonniers dans les cachots éparpillés sur tout le territoire et gérés par les membres de la Local Defence ‘‘Abakada’’.
Les prisons rwandaises sont qualifiées par bon nombre d’observateurs, et à juste titre, de « prisons- mouroirs ». Le taux de mortalité et de morbidité y très est élevé. Selon les rapports du « Bureau de la démocratie, des droits humains et du travail » du Département d’État des États-Unis d’Amérique, des dizaines de milliers de détenus arbitrairement arrêtés et illégalement détenus dans les prisons rwandaises surchargées sont morts sans jugement dans les mains de l'État. Ce Département a recensé 860 décès en 1997, 3.300 décès en 1998, 1.148 décès en 1999, 1100 décès en 2000, 708 décès en 2001. Comme bon nombre de prisonniers n'étaient pas officiellement enregistrés, ces chiffres macabres ne révèlent que le bout de l'iceberg.
Ceux qui ne meurent pas vivent dans conditions très inhumaines et subissent à la longue les effets débilitants du chargement carcéral. Les témoignages de ceux qui ont pu sortir de cet enfer donnent de la chair de poule.
Des prisons surpeuplées
C’est une première dans l’histoire de la coopération mondiale mais le Rwanda a demandé des aides pour construire des prisons. Et il en a reçu. Pourtant, il a rejeté l’offre faite par des pays amis pour renforcer la justice rwandaise par des magistrats étrangers car il était estimé qu’il faudrait à la justice ordinaire plus d'un siècle pour juger tous les détenus.
Le régime du FPR est passé entre temps à la vitesse supérieure et partout où il y avait de la place, il y a érigé des prisons. Des dépôts immenses des marchandises, des hangars des usines, tout cela sert de nouvelles prisons.
La surpopulation des prisons rwandaises s’explique par le fait que leur capacité d’accueil était de 18000 places avant l’avènement du FPR au Rwanda en 1994. Aujourd’hui les mêmes infrastructures accueillent plus de 100.000 détenus.
La prison de Kigali a été construite en 1930 pour une capacité d’accueil de 480 personnes. Elle abrite aujourd’hui environs de 11.000 détenus. La majorité des prisonniers sont ainsi entassés dans la cour intérieure. Vu leur nombre élevé, une certaine synchronisation est respectée par les prisonniers dans leur vécu quotidien. Personne ne peut s’allonger : tout le monde est debout ou tout le monde est assis. Pour se tourner, c’est tout le monde en même temps et dans la même direction. Aucune autre alternative n’est possible.
Dans ces conditions, c’est la loi de la nature qui s’applique : les plus faibles succombent après quelques mois. Les plus résistants en gardent des séquelles irréversibles. Le témoignage de Mr F. sur ces conditions de détention est poignant. Il a passé 6 ans dans la prison de Kigali. Il marche grâce à une canne et fait des pas à la manière d’un astronaute dans l’apesanteur.
L’abbé K. a été appréhendé en 1998. Il a été enfermé dans un cachot exigu avec 16 personnes. Dix d’entre elles sont mortes de suffocation. Car pour approcher le petit trou d’air, il fallait jouer les coudes. Grâce aux connaissances il a été emmené dans la prison de Gikondo. Présenté au Tribunal, il a été condamné à mort en Première Instance. Il a eu de la chance de bénéficier d’un avocat et a été acquitté en Appel. Il vit actuellement en Italie. Quand je l’ai rencontré, il m’a raconté son histoire pour me convaincre de prier Dieu car c’est grâce aux prières, m’a-t-il dit, qu’il a échappé à la mort du cachot et à la sentence du Tribunal.
Une organisation de type maffieux
Il existe une certaine catégorie de prisonniers triés sur le volet et recommandés aux responsables des prisons par des procureurs, des substituts ou des agents de la DMI. Ils reçoivent alors des pouvoirs et deviennent incontournables. Ils ont toute la latitude de sortir de la prison comme d’y revenir à leur aise. Ils sont en contact permanent avec les gardiens de prison. Ils sont les maîtres des lieux la nuit quand le portail de la prison vient d’être fermé. Ce sont des sortes de ‘‘Caïds’’. A leur tête se trouve le KAPITA, le chef suprême.
Les ‘‘Caïds’’ sont omnipotents. Sans eux, aucune transaction entre la prison et l’extérieur n’est possible. Ainsi, un prisonnier qui a des biens ou qui a des membres de famille pouvant l’aider, passe par les caïds. Ils se chargent alors des contacts, recueillent l’argent et clôturent la transaction moyennant fiances naturellement. Ils gagnent ainsi des sommes colossales car certains prisonniers vendent, à partir de la prison, leurs biens immeubles pour pouvoir survivre. Cet argent leur permet d’abord d’entretenir de bonnes relations avec le chef et ensuite de pouvoir s’acheter où s’allonger ou se faire livrer des repas pour compléter l’alimentation maigre et insuffisante de la prison. Les Caïds sont des véritables marchands de sommeils. Ils mettent main basse sur les rares ‘‘lits’’ qui sont en prison et les louent à prix d’or.
Pour que ce réseau maffieux continue à fonctionner, le KAPITA doit verser régulièrement une partie de ces recettes non seulement aux responsables de la prison mais également aux procureurs et autres substituts car c’est dans des parquets que tout se traite : ces magistrats signent des convocations bidons, ce qui permet à tel ou tel prisonnier de sortir et de rencontrer soit sa femme, soit un ami ou un autre membre de la famille et surtout d’avoir quelques heures de répit à l’extérieur de l’enfer carcéral.
Des tortures d’un autre genre
Les bastonnades sont monnaie courante dans les prisons du Rwanda. Ils sont pratiqués par des militaires qui gardent les prisons. Nuitamment, un prisonnier ciblé pour diverses raisons est extrait de la prison et battu pendant plusieurs heures. C’est durant ces séances de passage à tabac que des gens plaident coupables pour sauver leurs vies ou acceptent d’aller témoigner contre une autre personne que IBUKA ou la DMI veut faire condamner.
De tels témoins se produisent régulièrement dans les tribunaux rwandais et au TPIR à Arusha. Une dame vivant en Belgique m’a raconté comment son frère a été appréhendé depuis 1994. Il a été longtemps sans dossier et dernièrement il lui a envoyé le message suivant : « C’est fini pour moi, il faut m’oublier, je vais finir ma vie en prison. J’ai été battu à mort et finalement j’ai accepté de signer que j’ai tué 20 personnes ».
Périodiquement, les militaires ferment des vannes des tuyaux d’eau menant à la prison. Pendant 2 à 3 jours, la prison est sans eau. Les toilettes se remplissent, les excréments de ces milliers de personnes débordent dans la cour où sont entassés les prisonniers. Ils se vautrent dans ce mélange merdeux. Mon interlocuteur m’a dit que malgré cela, il mangeait quand même. Les plus fragiles tombent malades et souvent la mort suit.
Le Rwanda est pauvre. Il ne peut pas nourrir ces milliers de personnes en détention. Les membres de leurs familles leur viennent au secours. Ils leur apportent à manger. Toute la nourriture est versée dans un grand tonneau rouillé. Avec un long bâton, un militaire la tourne sens dessus dessous ‘‘à la recherche de grenades’’ ou autre matériel prohibé. Un de mes interlocuteurs m’a dit avoir appris que ce bâton serait imbibé d’une solution de plomb et qu’à la longue ce produit serait hautement cancérigène.
A la prison de Rilima au sud de Kigali, un ancien cadre de l’administration publique qui y était m’a raconté comment des gens subissaient des sévices sexuels. Une brique était attachée à une ficelle en nylon et suspendu sur les testicules d’un homme les bras attachés derrière le dos. La souffrance était atroce. Une forme de torture consiste à creuser un trou dans un « umutanga », une sorte de courge sauvage. Celui-ci produit un suc acide. Le prisonnier est invité à y enfoncer son sexe. Les dégâts sont immédiats. La Croix Rouge Internationale a été témoin de ces pratiques et en aurait parlé au Président Paul Kagame, selon mon interlocuteur.
Un ancien prisonnier de Gisovu, à Kibuye, m’a dit qu’en 1999 il y a eu un fléau de typhus à la prison. Plus de trois cent personnes en sont mortes. Le Gouvernement n’a parlé que de 40 morts.
Dans la prison de Gitarama, certains prisonniers ont été amputés des membres inférieurs. Ayant leurs pieds trempés dans des flaques d’eau salée pendant des mois voire des années, les détenus pourrissaient sur les pieds. Les membres inférieurs gangrenés, leur amputation était le seul moyen de sauver la victime.
Celui qui ne meurt pas en prison, ne sait plus marcher une fois libéré. Il doit se servir des béquilles. Les libérations périodiques médiatisées à outrance sont faites pour donner de la place aux nouveaux prisonniers. Les personnes libérées sont souvent au bord de la mort et certains sortent des fois de la prison sur des brancards.
Des supplices dans des prisons non connues
Dans les camps militaires, des containers y sont déposés et accueillent régulièrement des prisonniers. Faites dans des tôles avec une épaisseur dense, ces caisses métalliques sont régulièrement déplacées avec leurs contenus au gré des tortionnaires de la DMI. Fermées hermétiquement avec de petits trous d’aération, la chaleur y est intense. Pour alléger leur souffrance, les prisonniers sont tous à poils, hommes et femmes. Ils font leurs besoins sur place. Les femmes sont les premières à être atteintes car leurs cycles menstruels dans des conditions hygiéniques déplorables en rajoutent et des infections ne tardent pas à se manifester.
Un témoignage recueilli à ce sujet fait état de la mort de la femme du Professeur Runyinya Barabwiliza et de celles de Gatorano Gadi dans ces fameux containers sous les yeux impuissants de leurs maris.
Des containers qui autrefois servaient à stocker le charbon au marché de Gikondo, un des quartiers de la capitale Kigali, ont servi à enfermer les gens à l’arrivée du FPR au pouvoir. Une brigade de gendarmerie a été installée sur les lieux pour la circonstance.
Dans le camp militaire de Kami, dans les environs de Kigali, il existe des tranchées appelées ‘‘INDAKI’’ ou ‘‘GO DOWN’’. C’est là où auraient péri notamment le Colonel Cyiza Augustin et le Député Léonard Hitimana. Voici comment un témoin oculaire a décrit la prison de Kami : « Dans le courant du mois de janvier ou février 1995, je me suis rendu au Camp Kami avec un ami, un chauffeur d’un major de la DMI. Lorsque je suis arrivé au camp Kami, j’ai vu que l’on avait creusé des tranchées et des personnes détenues se trouvaient à l’intérieur de ces tranchées. Elles étaient, les jambes liées, et les poignets étaient entravés par des cordes, attachées à des petits piquets. Les militaires boutaient le feu à des jerricans de 20 litres et laissaient fondre les résidus sur les corps des personnes entravées dans les tranchées ».
©Gaspard Musabyimana, le 25 septembre 2007.(www.musabyimana. be)
Rwanda: Rusesabagina Represents Parmehutu Genocide Views
'Hotel Rwanda' film hero Mr. Paul Rusesabagina is at the center of another row involving a senior government official who has described him as an embodiment of the historical hard-line ethnic political grouping - the PARMEHUTU, RNA reports.
"The Rwandans are now working hand in hand to heal the wounds of this tragedy (Genocide) despite some revisionists and divisionists like Paul Rusesabagina who is using "Hotel Rwanda" for his own hidden agenda."
Under the leadership of Grégoire Kayibanda, Rwanda's first president, the Party for Hutu Emancipation (PARMEHUTU) emerged in 1959 as the spearhead of what was then said to be 'time for the Hutu majority'. The subsequent years were marked by massive killing and expulsions of Tutsis.
Minister Habineza was reacting to an article by 'Hotel Rwanda' Director Terry George in the Washington Post in 2006 and comments by Mr. Rusesabagina on the BBC Great Lakes Service.
Mr. Rusesabagina has repeatedly termed 'Hutu' officials in Government as 'empty suits' that do not have any political authority as argument that the government in Kigali is not inclusive. Mr. Terry George for his part proposed that there should be some form of mediation talks between President Paul Kagame and Mr. Rusesabagina.
"When Mr. Paul Rusesabagina requests inclusiveness in Rwanda's politics, who does he want to fool? People should understand that in our country politics are done in political parties, and it is mentioned in our constitution that a political party should not be a basis of any discriminations based on Religion, Ethnics, Regions, etc..", Minister Habineza said.
"We are tired of hearing this kind of nonsense which describes Rwandans (and other Africans) as People who can't plan, think and act out of their tribes or ethnics."
The Minister added: "This is really an insult to the Rwandans who are busy rebuilding our country which was destroyed by this ideology of divisionism and hatred."
"Who can treat Ms. Condoleezza Rice as an empty suit as she works for a Republican government? (Either) Are all the Afro-Americans in the same political party!?" Habineza poses.
Mr. Rusesabagina has also maintained that Rwanda is under the leadership of a small clique that he calls AKAZU (little house in Kinyarwanda) in reference to officials in the inner circles of former president Juvenal Habyarimana. Minister Habineza says that an insult to the people of Rwanda.
"I remember, under Habyarimana regime, his brothers in law detained all key positions in politics and economy. Today, I have never heard about HE Paul Kagame's family member occupying any high ranking positions.", he wrote. "The ones I know are just artists."
The Minister rejected the proposal by Terry George for talks saying it is 'irrelevant because the problem is not between HE Paul Kagame and Paul Rusesabagina'.
Instead, as he says the problem is between the latter and many Rwandans who are feeling insulted by Paul Rusesabagina's statements. Playing with genocide for his own political agenda is unfair for those orphans and widows who are still experiencing the consequences of genocide, the Minister said.
"He should apologize for that and also for being a self-claimed hero."
Source:Agence Rwandaise d'Information/Rwanda News Agency (4 mars 2008)
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