7 août 2010

L'autre face de Paul Kagame dans la presse allemande

Au Rwanda, les électeurs seront appelés aux urnes le 9 août pour élire un nouveau président. L'issue du scrutin ne fait aucun doute. Paul Kagamé est assuré d'être réelu. Mais il inspire à la presse allemande des commentaires très mitigés. L'autre face, titre l'hebdomadaire Der Spiegel à l'approche de cette élection présidentielle. Entendez par là l'autre face de Paul Kagamé, l'homme qui a réussi le miracle de transformer un pays pauvre comme le Rwanda en un pays africain modèle. Il a combattu la corruption, diminué les dépenses d'armement et investi dans l'éducation. Mais poursuit le Spiegel, depuis quelques mois le président présente une tout autre face. Celle que l'on connait chez les potentats africains qui font interdire des journaux, arrêter des journalistes et écarter des opposants. A Kigali, lit-on plus loin dans l'article, on roule sur des routes aussi bonnes qu'en Europe, 92% de la population bénéficient d'une assurance maladie, le pays est devenu exportateur de produits alimentaires. Mais Kagame met la même énergie à dénier la liberté d'opinion qu'à développer économiquement le Rwanda. Un autre hebdomadaire, Die Zeit, relève que seize ans après le génocide le destin du Rwanda reste étroitement lié à celui du FPR. La frontière entre l'Etat et le parti est floue. Depuis que le FPR a mis fin au génocide et pris le pouvoir il n'a cessé d'élargir son contrôle. Nullement par la seule répression, souligne le journal, mais par une politique basée sur le développement économique, l'ordre et la transparence. Mais s'interroge le journal, la réconciliation au Rwanda peut-elle être imposée? La culpabilité, la peur et le rejet mutuel entretiennent un cycle sans fin et créent chez les Hutu comme chez les Tutsi un besoin désespéré de calme et de sécurité. Kagamé les offre à un prix élevé. Le Rwanda est aujourd'hui une société contrôlée d'un bout à l'autre, dans laquelle il est préférable de ne pas exprimer ouvertement ses désaccords sur la politique gouvernementale et l'histoire récente.

Source: http://www.dw-world.de

28 juillet 2010

Arrestation en Allemagne de l'ancien maire de la commune Muvumba

Onesphore Rwabukombe a été de nouveau arrêté et incarcéré en Allemagne où il vit depuis de longues années. Agé de 53 ans, l'ancien maire de la commune Muvumba dans la préfecture de Byumba est soupçonné d'assassinats et de génocides. Il avait été arrêté pour la première fois en juillet 2008 sur mandat international émis par le Rwanda, et incarcéré jusqu'en novembre de cette année là. Il a de nouveau été emprisonné de décembre 2008 à mai 2009, après avoir été arrêté sur mandat allemand. Il avait été relâché faute de preuve de sa culpabilité mais Kigali n'a pas baissé la pression sur lui. 

En avril 1994, une grande partie de la commune Muvumba était contrôlée par le FPR qui y a commis des atrocités. Deux autres rwandais sont déjà incarcérés en Allemagne, Ignace Murwanashyaka et Straton Musoni, deux dirigeants des FDLR.

Lire les réactions sur cette arrestation sur le site du Figaro: http://www.lefigaro.fr

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22 juillet 2010

Faustin Twagiramungu appelle au boycott de l'élection présidentielle

  

Faustin Twagiramungu en campagne en 2003

L'ancien premier ministre rwandais et candidat malheureux aux élections présidentielles de 2003, a appelé au boycott du scrutin du 5 août prochain. Il parle de mascarade annoncée. Mais pour certains, il a encore raté une occasion pour se taire. En 2003 il n'a pas retiré sa candidature et a légitimé encore une fois le régime du FPR comme il l'a déjà fait en 1994 en acceptant d'être un premier ministre "honorifique". 

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29 mai 2010

Le Dr Eugène Rwamucyo pris pour Félicien Kabuga

Le Dr Eugène Rwamucyo a été arrêté par la police française au cimetière du Sannois dans le Val-d'Oise au nord de Paris, mercredi  26 mai. Les policiers pensaient épingler Félicien Kabuga. L'ex-médecin du travail à l'hôpital de Maubeuge venait de s'incliner, aux côtés d'une vingtaine d'autres Rwandais, sur la tombe fraîchement creusée de Jean Bosco Barayagwiza quand il a été interpellé par les policiers municipaux portant des gilets par balle et épaulés par leurs collègues de la police nationale. Renseignés par Jean François Dupaquier, les policiers guettaient dans la foule une silhouette ressemblant à Félicien Kabuga. Ils n'auront pas les 5 millions de dollars promis par les Américains à toute personne qui permettra l'arrestation  de l'homme le plus recherché du Rwanda, mais l'interpellation du Dr Rwamucyo est un cadeau qui ne déplaira pas à Paul Kagame attendu lundi 31 mai pour le sommet France-Afrique de Nice. "C'est un kidnapping", s'est écrié un des participants aux funérailles, "ça pue, la France", lançait un autre.

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25 mars 2010

Le gouvernement rwandais lance un mandat d'arrêt contre le général Kayumba Nyamwasa et le Colonel Patrick Karegeya

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    Lt général Kayumba Nyamwasa

Le Rwanda a lancé un mandat d'arrêt international contre les ex-officiers du FPR, le Lt général Faustin Kayumba Nyamwasa et le colonel Patrick Karegeya, exilés en Afrique du Sud. Ces officiers supérieurs qui ont occupé des postes importants dans l'hiérarchie militaire, respectivement chef d'état-major et chef du service de renseignement extérieur, sont accusés d'être derrière les attentats qui secouent le Rwanda depuis plusieurs jours. L'affaire n'est pas aussi simple et une manipulation n'est pas exclue.

Selon des sources très bien informées, ces accusations de terrorisme et d'atteinte à la sécurité de l'Etat auraient dû être attribuées à l'opposante madame Victoire Ingabire qui est devenue un casse-tête pour le gouvernement rwandais. Comme la défection du général Kayumba Nyamwasa risquait d'ébranler le régime, Kigali a préféré casser l'ancien patron de la DMI et Ambassadeur du Rwanda en Inde en lui attribuant la paternité des attentats. Madame Ingabire n'est pas tranquille pour autant car elle a été êmpêchée de sortir du pays pour aller voir ses enfants au Pays Bas. Elle est à sa quatrième convocation au poste de police. Son principal lieutenant, Joseph Ntawangundi, vient d'être condamné par un tribunal gacaca à 17 ans de prison alors qu'il n'était pas au Rwanda en avril 1994.

Les autorités rwandaises avaient déjà tenté d'obtenir l'extradition de Kayumba Nyamwasa mais la demande auprès des autorités sud africaines signée par un capitaine a été rejetée. Selon d'autres sources, le général Nyamwasa, qui est juriste de formation, aurait l'intention de se livrer à la justice espagnole pour répondre des accusations dont il fait l'objet. L'Espagne a demandé officiellement son extradition à l'Afrique du Sud. Kigali voudrait l'empêcher à tout prix de témoigner.

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7 mars 2010

Un Tutsi opposant au FPR arrêté

Déo Mushayidi, président du PDP

Déo Mushayidi a été arrêté à Bujumbura au Burundi puis extradé au Rwanda. Défenseur de la thèse de la responsabilité du FPR dans l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, élément declencheur du génocide rwandais, il était devenu la bête noire de Kigali.

Soupçonné d'être derrière les attentats du 19 février à Kigali qui ont fait deux morts et plusieurs blessés dont certains grièvement, l'ancien président de l'association des journalistes rwandais est accusé de terrorisme et d'atteinte à la sécurité de l'Etat. Il était réfugié en Belgique depuis plusieurs années.

Il a critiqué sévèrement le rapport Mutsinzi qui selon lui ne donne aucune preuve. "Nous, nous avons donné les noms des tireurs et des commanditaires ainsi que l'endroit d'où les missiles ont été tirés", a-t-il précisé sur les antennes de la BBC.

Principal acteur du rapprochement des partis d'opposition en exil, il a beaucoup contribué à la création du Front démocratique unifié (FDU) Inkingi, présidé par Mme Victoire Ingabire Umuhoza avant de créer son nouveau parti PDN-IMANZI.

Lire l'acte d'accusation et le parcours politique de Déo Mushayidi sur http://www.newtimes.co.rw/index.php?issue=14192&article=6403

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29 juillet 2009

 Elections présidentielles rwandaises, une candidature embarrassante pour Kigali




Selon toute vraisemblance, Madame Victoire Ingabire sera candidate aux élections présidentielles au Rwanda  l'année prochaine face au président sortant Paul Kagame qui briguera un second et dernier mandat de 7 ans. Même si elle n'a aucune chance de gagner, cette candidature est un casse-pieds pour Kigali qui ne peut en aucun cas la refuser.

Sa candidature n'est pas dangereuse car elle ne fait pas le poids devant le rouleau compresseur du FPR et son leader naturel. Mais Ingabire Victoire est une femme  dont le nom ne figure sur aucune des listes des présumés "génocidaires" véhiculées par Kigali, et Paul Kagame a placé la femme rwandaise au coeur de son dispositif politique pour séduire les pays occidentaux qui le soutiennent. Il serait malvenu de refuser sa candidature. Mais contrairement à Faustin Twagiramungu qui était candidat à titre indépendant en 2002, Madame Ingabire sera candidate des Forces démocratique unifiées (FDU) Inkingi, une coalition politique  hétéroclite non encore autorisée au Rwanda qui est piloté par d'anciens alliés du FPR qui ont fui le pays mais aussi par des membres du Rassemblement républicain pour la démocratie  au Rwanda (RDR) , ex-Rassemblement pour le retour des réfugiés et la démocratie  au Rwanda dans l'oeil du cyclone américain.

Le FPR devra trouver rapidement une solution à cette équation car la future candidate attend impatiemment son passeport rwandais pour qu'elle puisse aller chercher ses 300 signatures  dans les différentes régions du pays qui lui permettront de déposer sa candidature. Si celle-ci est validée, le FDU sera reconnu comme parti politique avec autorisation de travailler au Rwanda. Les ténors du FPR sont encore réticents.

Madame Victoire Ingabire a un diplôme de comptabilité  et n'a aucune expérience politique. Elle est poussée par ceux qui ne peuvent pas rentrer au Rwanda de peur d'être mis en prison.  Elle est originaire de l'ex-commune de Kibilira dans la préfecture de Gisenyi. Elle est mariée et mère de trois enfants. Son mari est originaire de Gitarama. Elle vit au Pays-Bas.

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16 septembre

Une Rwandaise nommée Réprésentante du PNUD au Mali

Madame Mbaraga Gasarabwe a été nommée Représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le dévéloppement (PNUD ) au Mali. D iplômée en Economie et titulaire d’un Master of business administration (MBA) de l’Université de Boston aux Etats-Unis d'Amérique, elle est entrée au PNUD en 1991 comme chef de division par interim des projets pour l'Afrique de l'est, du centre et de l'ouest, puis comme conseillère de programmes pour l'Afrique à New York. Mme Mbaranga Gasarabwe était représentante du PNUD en Guinée Conakry depuis 2005. Elle a déjà occupé les fonctions de représentante résidente du PNUD également au Benin et à Djibouti de 2002 à 2005. Elle parle couramment le français, l'anglais et le swahili, 

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18 septembre 2009

Michel Bagaragaza plaide coupable pour sauver sa peau



On lui avait promis un exil doré aux Etas Unis si il collaborait avec le TPIR, Michel Bagaragaza vient de plaider coupable de génocide devant le tribunal d'Arusha. Préparé pendant de longues années, la mission de l'ancien directeur de l'OCIR Thé était de recruter d'autres naïfs ou opportunistes proches de l'ancien régime originaires de Gisenyi pour appuyer la thèse de l'entourage du président Juvénal Habyarimana qui l'aurait assassiné pour passer à l'acte d'un génocide  "planifié". Il a échoué et plaide coupable pour sauver sa peau.

Sa première cible était Juvénal Uwilingiyimana qui a été sauvagement assassiné pour avoir refusé de cautionner la thèse de l'Akazu. Dans un texte déposé au greffe du TPIR, en réaction à la requête du procureur en chef, l'avocat de Michel Bagaragaza, Geert Jan Alexander Knoops, avait écrit en 2007: "Le procureur avait indiqué à la défense qu'il demanderait à ce que l'affaire Bagaragaza soit jugée par un tribunal local rwandais à Kigali et que ce serait l'unique option possible pour l'accusé, à moins qu'il signe un accord pour un plaidoyer de culpabilité".

Pour ne pas être extradé au Rwanda pour y être jugé par un tribunal gacaca, il a préféré plaider coupable. Il sera lourdement condamné comme l'ancien premier ministre Jean Kambanda qui a également plaidé coupable. Monsieur Michel Bagaragaza a déjà chargé ses anciens amis notamment le beau-frère du président Habyarimana, Protais Zigiranyirazo, incarcéré à Arusha.

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8 septembre 2009

Un franco-rwandais nommé sénateur par Paul Kagame



José Kagabo, nouveau sénateur nommé par Paul Kagame

José Kagabo a été nommé sénateur par le président rwandais Paul Kagame. Le communiqué a été signé par la ministre à la présidence, madame Solina Nyirahabimana. Maître de conférence à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, monsieur Kagabo qui a la nationalité française, va occuper le poste vacant de Stanley Safari condamné à la prison à perpétuité par un tribunal gacaca. Il faisait partie de la commission chargée de terminer les responsabilités de la France dans le génocide rwandais dirigée par Jean de Dieu Mucyo.
Avec la nomination de José Kagabo, le Sénat rwandais devient de plus en plus un club de refuge des extrémistes du FPR.
 
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28 août 2009

Le silence de Faustin Twagiramungu

      
Faustin Twagiramungu en campagne en 2003 au stade de Nyamirambo

Le candidat malheureux des élections présidentielles rwandaises de 2003, monsieur Faustin Twagiramungu, sera-t-il de nouveau candidat l'année prochaine? La question brûle les lèvres des observateurs de la politique rwandaise.

Surnommé monsieur 3 %, le score officiel qu'il a eu face au président sortant Paul Kagame, Faustin Twagiramungu a officieusement gagné les élections ou tout au moins a eu un score honorable. Au Bugesera réputé fief des Tutsi, il a eu 43 % des voix selon la responsable d'un bureau de vote à Nyamata actuellement réfugiée en France. Dans les régions à forte concentration Hutu comme dans le nord et sa région natale Cyangugu, Rukokoma a devancé largement Paul Kagame sans avoir pu faire campagne suite aux menaces des partisans du parti au pouvoir qui ont organisé des fraudes massives. Au retour des bureaux de vôte, les paysans Hutu osaient ouvertement déclarer avoir vôté pour lui. "Twagitoye ni icyigoryi cyacu" ( Nous avons vôté pour lui c'est notre idiot), disaient-ils après avoir bu quelques verres de bière de banane ou de primus dans les bistrots ruraux. A Ruhengeri les urnes ont été changées avant le dépouillement devant les observateurs de l'Union européenne qui ont dénoncé la fraude.

Mais pour certains, Faustin Twagiramungu a fait une troisième erreur de sa carrière qui lui coûtera très cher politiquement car il a de nouveau légitimé la démocratie version FPR. La première faute est d'avoir fragilisé le pouvoir de Juvénal Habyarimana en composant avec le FPR avec les conséquences que l'on connait, la deuxième pour avoir accepté d'être premier ministre du FPR sans pouvoir alors qu'il aurait pu rester dans l'opposition et se battre pour une réelle démocratie au Rwanda. On peut ajouter son silence  pendant 6 ans après sa "défaite", ce qui est énorme pour un politicien voire suicidaire.

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18 octobre 2009 

 Recherché dans le cadre du génocide rwandais, le médecin pratiquait toujours

C'est la faute à Google et à Interpol. Mais c'est surtout sa faute à lui. Si, début octobre, le docteur Eugène Rwamucyo , médecin du travail à l'hôpital de Maubeuge (Nord), n'avait pas fait une remarque désobligeante à une de ses patientes (infirmière) à propos de son embonpoint, sans doute ne se serait-il rien passé. "Ce qu'il m'a dit m'a tellement perturbée ! Le soir, j'ai demandé à mon mari d'aller sur Internet pour voir s'il n'y avait pas des trucs sur lui", raconte Claire (prénom d'emprunt). En fait de "trucs", l'infirmière est servie. "Jamais je n'aurais cru tomber sur une histoire pareille", s'étonne encore la jeune femme, qui, dès le lendemain, alerte des syndicalistes de l'hôpital. Lesquels préviennent le commissariat de police et, finalement, la presse.

 

Recherché par Interpol depuis 2006 pour génocide et crimes de guerre, l'ancien médecin-chef du centre universitaire de santé publique de Butare (sud du Rwanda) n'est connu que d'un petit cercle de militants des droits de l'homme et de magistrats. Il fait partie des quinze génocidaires présumés, présents en France, contre lesquels une plainte a été déposée par le collectif des parties civiles pour le Rwanda, association qui défend les victimes du génocide des Tutsi en 1994.

La Commission de recours des réfugiés décrit le docteur Eugène Rwamucyo, intellectuel hutu, natif du nord du Rwanda, comme un thuriféraire du régime Habyarimana, ayant notamment participé "à plusieurs réunions de planification du génocide rwandais, dont l'une en compagnie du premier ministre de l'époque".

Cette réunion avec Jean Kambanda, chef du gouvernement génocidaire, fut organisée à la faculté de médecine de Butare, en mai 1994, en pleine vague de massacres. Eugène Rwamucyo s'en souvient très bien. "Je n'étais pas le seul à y assister, tous les professeurs y étaient ", relève-t-il. Mais il fut l'un des rares à s'y exprimer, prônant "une plus grande intervention de l'Etat" et exhortant ses compatriotes "à comprendre qu'ils devaient "travailler "pour gagner la guerre", est-il noté dans Aucun témoin ne doit survivre, ouvrage publié par la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et Human Rights Watch (Karthala, 1999). "J'assume ce que j'ai dit", commente le médecin de Maubeuge, qui accepte de nous recevoir, mercredi 14 octobre, dans son cabinet du centre hospitalier.

L'homme est affable. Bien que sur ses gardes, forcément. "Je n'ai jamais tué personne. Je n'ai rien à voir avec une quelconque planification de génocide. Je prépare un livre, où j'apporterai les preuves du complot. Dans cette histoire, c'est le voleur qui crie au voleur", ajoute-t-il. "Le FPR (Front patriotique rwandais) a planifié lui-même le sacrifice des Tutsi", répète le médecin. Quant aux fiches d'Interpol, elles sont "fabriquées par les policiers rwandais", se défend-il.

Le président Paul "Kagame (dirigeant du FPR, au pouvoir depuis juillet 1994) a mis la main sur les mines du Congo. Il peut bien se payer un petit fonctionnaire d'Interpol !", ironise le présumé génocidaire.

Le fait qu'Eugène Rwamucyo soit fiché en "notice rouge", catégorie de gravité la plus élevée dans la grille d'Interpol, ne fait pas obligation aux pays concernés - en l'occurrence la France, où il travaille ; et la Belgique, où il réside - de l'arrêter.

D'ailleurs, bien qu'une information judiciaire ait été ouverte contre lui, le 5 février 2008, par le parquet de Paris, aucune mise en examen ni obligation de contrôle judiciaire ne lui ont été notifiées. "Il est où, le mandat d'arrêt ? Elle est où, la justice ?", s'amuse le docteur Rwamucyo, qui ne fait pas mystère d'avoir eu comme ami - et même comme "frère", dit-il - Ferdinand Nahimana, patron de Radio Mille Collines et fondateur, au tout début des années 1990, du Cercle des républicains progressistes (CRP), groupe militant rassemblant "des universitaires régionalistes et activement racistes", selon Jean-François Dupaquier, président de l'association Mémorial international.

"J'ai cru, de bonne foi, qu'il était vulnérable", explique le député du Nord (UMP) Thierry Lazarro, jurant tomber des nues - à l'instar du directeur de l'hôpital et du maire (PS) de Maubeuge. Quand on lui parle du député du Nord, le docteur Rwamucyo se contente d'un "Laissez mes amis tranquilles". Etrange aveu. Que Thierry Lazarro, joint par téléphone, ne dément pas : "Oui, j'ai aidé Eugène Rwamucyo", admet le parlementaire. Grâce à lui et à d'autres - M. Lazarro évoque des "interventions en haut lieu" -, le médecin rwandais a réussi à obtenir sa carte de séjour. "J'ai bénéficié de la compréhension du ministère de l'intérieur", sourit-il.

Le temps des grandes bienveillances touche-t-il à sa fin ? Jeudi 15 octobre, la direction de l'hôpital a fait savoir à Eugène Rwamucyo, recruté en mai 2008 comme médecin du travail, qu'il était l'objet d'une "suspension immédiate, à titre conservatoire". En attendant que la justice fasse son travail.

Source:
http://www.lemonde.fr

 

19 novembre 2009

Kigali apprécie l'arrestation des leaders des FDLR en Allemagne

Le chef politique des FDLR, Ignace Murwanashyaka et son adjoint Straton Musoni, ont été arrêtés en Allemagne. Ils sont soupçonnés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Kigali se félicite de cette arrestation et demande au gouvernement allemand de les extrader au Rwanda pour y être jugés. Murwanashyaka avait déjà été arrêté en Allemagne puis relâché faute de preuves d'accusations.

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18 novembre 2009

Génocide rwandais: La théorie du complot de l'Akazu fait "pschitt".

UN RESPONSABLE RWANDAIS ACQUITTÉ PAR LE ...

Protais Zigiranyirazo. Photo: REUTERS

Après l'acquittement de Protais Zigiranyirazo lundi par le TPIR, c'est la théorie de la planification du génocide rwandais par l'Akazu qui s'écroule. Beau-frère du président assassiné, Juvénal Habyarimana, Protais Zigiranyirazo alias Z, avait fait appel de sa condamnation à 20 ans de prison pour génocide.

Le juge d'appel Theodor Meron a expliqué qu'en première instance les juges s'étaient "gravement fourvoyés dans le traitement des preuves" et qu'il n'avait pas d'autre choix que de revenir sur la condamnation prononcée en décembre. L'ex-préfet de Ruhengeri était accusé de génocide et de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans un massacre perpétré dans la préfecture de Gisenyi  le 8 avril 1994 et pour avoir encouragé les tueries quelques jours plus tard à un barrage dans la capitale Kigali. Il avait été arrêté en Belgique en juillet 2001 en provenance du Canada.

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