28 août 2010

Entrevue avec un enquêteur québécois du TPIR - Des crimes sur le «modèle» du génocide rwandais

Les crimes de guerre perpétrés contre les Hutus en République démocratique du Congo (RDC) entre 1996 et 1997 rappellent le génocide rwandais de 1994, selon Luc Côté, qui a cosigné un rapport commandé par le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Les accusations de «génocide» constituent l'un des crimes décrits dans ce rapport de 600 pages qui se penche sur les exactions commises dans l'ex-Zaïre entre 1993 et 2003.

M. Côté, un Québécois qui a travaillé auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda de 1995 à 1999, a expliqué dans une interview à l'Agence France-Presse que les troupes tutsies rwandaises et leurs alliés rebelles ont «systématiquement visé, pourchassé, massacré, immolé et tiré» sur les Hutus en RDC entre 1996 et 1997, lors de la première guerre du Congo.

«Je suis tombé des nues» au cours de cette enquête, a dit M. Côté. «Au Congo, j'ai observé des comportements que j'avais déjà vus au Rwanda» lors du génocide (avril à juillet 1994) durant lequel environ 800 000 Tutsis ainsi que des Hutus modérés avaient été assassinés.

«C'était la même chose. Des dizaines et des dizaines d'incidents se sont déroulés sur le même modèle. Cela s'est passé de façon systématique», a-t-il ajouté. Le rapport, dont l'AFP a obtenu une ébauche, ne dit pas combien de Hutus sont morts lors de ces tueries, mais estime leur nombre à plusieurs dizaines de milliers. D'après les Nations unies, au cours des années 1990, quelque 200 000 Hutus auraient disparu.

«Le fait qu'un groupe spécifique soit visé; le fait que dans des discours on appelle à "se débarrasser de tous ces Hutus", que cela se soit passé de façon systématique, que des cadavres aient été incinérés, que tout ait été fait pour cacher les preuves et empêcher des étrangers d'y aller; tout ceci, soumis à un tribunal, peut constituer des preuves permettant de conclure qu'il y a eu tentative de décimer un groupe, ce qui est considéré comme un génocide», a affirmé Luc Côté.

Selon le rapport, les faits de «génocide» sont imputés à l'Armée patriotique rwandaise (APR) durant la première guerre en RDC, de 1996 à 1997. Il se réfère aussi à des faits imputés à l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). C'est cette coalition qui avait permis à Laurent-Désiré Kabila de chasser du pouvoir à Kinshasa le maréchal Mobutu en mai 1997. Plus d'un million de Hutus du Rwanda s'étaient réfugiés dans l'ex-Zaïre après la prise du pouvoir à Kigali par le Front patriotique rwandais (FPR) à majorité tutsie.

Les bourreaux auraient ainsi utilisé des armes blanches, des haches et des baïonnettes pour massacrer les Hutus rwandais et congolais, souligne le texte, qui ajoute que l'immense majorité des victimes étaient des «femmes, des enfants, des personnes âgées, des malades, qui ne représentaient aucun danger pour les belligérants».

«Je croyais avoir vu le pire lors du génocide au Rwanda. Nous avons des témoignages du Congo qui montrent que ce qui s'est passé est tout aussi terrible que ce qui a eu lieu au Rwanda, a dit M. Côté. Au Rwanda, cela a pris trois mois. Au Congo, cela ne s'est jamais arrêté.»

Selon le rapport, l'actuel président rwandais, Paul Kagame, aurait fourni des armes, des munitions et des camps d'entraînement à la rébellion congolaise. Le texte pourrait servir de base à l'éventuelle inculpation du colonel James Kabarebe, un acteur clé des conflits en RDC et actuel ministre de la Défense rwandais.

22 août 2010

Tension diplomatique entre le Rwanda et le Zimbabwe.

Harare est accusé d'héberger le major Protais Mpiranyi, recherché par le TPIR. Kigali a dû s'expliquer récemment sur des rumeurs concernant l'existence d'un réseau d'espions rwandais au Zimbabwe dont le but était d'arrêter ou d'éliminer des ressortissants rwandais. Les autorités zimbabwéennes ont déclaré que l'ancien commandant de la garde présidentiellene ne réside pas sur leur territoire.

 Les Américains ont promis une récompense de 5 millions de dollars à quiconque aurait une information pouvant le localiser.D'autres sources disent qu'il serait  décédé en RDC.

Pour l'existence d'un réseau d'espions rwandais sur le sol zimbabwéen, le procureur de la République, Martin Ngoga, a déclaré que ce sont les personnes recherchées par la justice internationale et qui résident au Zimbabwe qui ont lancé cette rumeur. Il y a quelques années, une autre polémique avait défrayé la chronique sur l'existence d'un camp d'entraînement de commandos britaniques au Rwanda qui devaient aller destabiliser le gouvernement zimbabwéen.

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12 août 2010

Nouvel attentat à la grenade à Kigali

Une grenade a  explosé mercredi soir à 19 H 15 en plein centre de la ville de Kigali faisant plusieurs blessés dont certains grièvement. La police parle de 7 blessés dont deux grièvement. D'autres sources parlent de 12 blessés. Les blessés ont été acheminés vers l'hôpital universitaire de Kigali et l'hôpital de Kibagabaga. Cet attentat survient quelques heures après la communication des résultats officiels de l'élection présidentielle remportée par Paul Kagame avec 93,08 %. Le président réelu n'a pas encore reçu de félicitations de la part des gouvernements étrangers.

Voir les photos du lieu de l'attentat sur http://igihe.com/news-7-11-6591.html

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2 février 2010

Le président Kagame emprisonne ses opposants par le système Gacaca 

Les rescapés Tutsis rappellent comment les anciens candidats aux élections présidentielles furent combattus et persécutés par le pouvoir. Ceux qui n’ont pas été emprisonnés directement comme l’ancien président de la République Pasteur BIZIMUNGU condamné à 15 ans de prison, ont vu leurs proches parents condamnés par les juridictions GACACA.

Comme cela vient d’arriver pour la mère de Victoire INGABIRE. En effet, Domitille MUKANTAGANZWA, secrétaire exécutive du SNJG (Service National des Juridictions Gacaca), a déclaré au quotidien du FPR, The New Times du jeudi 28/01/2010, que  la vieille Thérèse DUSABE, mère biologique de Victoire Ingabire, a été condamnée à 30 ans de prison pour génocide par un tribunal Gacaca de BUTAMWA à l’aide d’un détenu de la prison de Kigali nommé Sebastian MUHIZINA. Cette condamnation sort pour embêter Victoire.

Rappelons que la sœur de M. Jean Népomuscène NAYINZIRA, ancien président du PDC (Parti Démocrate Centriste) et candidat aux élections présidentielles d’août 2003, Madame Stéphanie NDAYAMBAJE, une septuagénaire pensionnée et ancienne Chef du Personnel au Centre Hospitalier de Kigali, a été condamnée arbitrairement à 30 ans de prison en 2007 par le Gacaca. Parce qu’elle est la sœur de l’ancien candidat présidentiel opposant à Kagame.

Rappelons également la condamnation arbitraire du Docteur NIYITEGEKA Théoneste par le Gacaca. Mardi le 5 février 2008, le Dr NIYITEGEKA Théoneste a été condamné à  15 ans de prison comme l’ancien président Pasteur BIZIMUNGU. Il a été incarcéré dans la prison de Gitarama. Ancien candidat à la présidence de la République lors des élections de 2003 contre KAGAME, le Dr.Niyitegeka Théoneste avait été acquitté par la juridiction Gacaca de Gihuma (Gitarama) en première instance en date du 30/10/2007. Mais il devait être neutralisé.

Source: CLIIR (Centre le lutte  contre l'injustice et l'impunité au Rwanda). Extrait.

 11 janvier 2010

Assassinat du président Habyarimana: un rapport au goût amère

Photo : les débris du Falcon 50 qui transportait le président Habyarimana (Corinne Dufka/Reuters)

Les débris du Falcon 50 qui transportait le président Juvénal HabyarimanaPhoto: Corinne Dufka/REUTERS

Le gouvernement rwandais a rendu public les résultats de son enquête sur l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, élément declencheur du génocide rwandais.  Ce rapport contredit les conclusions de la commission Mucyo en ce qui concerne la responsabilité de la France qui se retrouve innocentée. Selon le rapport, les seuls responsables de cet attentat sont les extrémistes Hutus. Mais les arguments contre cette thèse sont nombreuses et les conclusions laissent un goût très amère aux yeux des Rwandais qui cherchent la vérité en vue d'une réconciliation effective.

Un des arguments forts de ce rapport est que les extrémistes Hutus auraient assassiné le président Habyarimana pour l'empêcher d'appliquer les accords d'Arusha. Cet argument est faut car  le président s'est présenté à maintes reprises pour les cérémonies de mise en place du gouvernement de transition élargie auquel devaient participé l'opposition et le FPR. Les troupes du FPR qui devaient assurer la protection de leurs ministres désignés étaients installées au palais du parlement rwandais. Les noms de tous les ministres étaient connus. Mais les cérémonies d'investiture de ce gouvernement ont été reportées à plusieurs reprises suite à un jeu de cache-cache alterné entre le FPR et les partis d'opposition acquis à sa cause pour faire pourrir la situation afin de faire porter le chapeau au président de la république qui n'avait plus de pouvoir. Un autre argument est que si les extrémistes Hutus avaient planifié d'assassiner le président Juvénal Habyarimana, ils auraient prévu un remplaçant. Or on sait que le pays à feu et à sang est resté pendant trois jours sans président, ni chef d'état-major de l'armée, tous assassinés. Même le ministre de l'intérieur, chargé de la sécurité, était resté à Dar es Salaam en Tanzanie. L'assassinat du président Habyarimana ne pouvait être en aucun cas l'oeuvre des extrémistes Hutus dont certains n'ont appris la nouvelle que par la radio.

Un autre argument contre et non des moindres, c'est que quand on évoque l'assassinat du président Habyarimana, toutes les portes se ferment. Comme si cette affaire est gênante, à l'ONU, au TPIR et dans les chancelleries des grandes puissances. On a entendu tout et son contraire dans ce dossier notamment à propos de la boîte noire du Falcon 50 abattu. Et puis comme par hasard, le rapport sort au moment où le gouvernement français renoue les relations diplomatiques avec Kigali. La suppression des accusations contre la France dans le document, pourtant cheval de bataille des autorités rwandaises, n'est pas sans contre partie. La mise à mort du dossier Bruguière et l'abandon des poursuites contre les neuf proches du président Paul Kagame sont certainement la monnaie d'échange. Bernard Kouchner pourra savourer sa victoire sur le juge français.

Enfin, si les Hutus étaient les vrais auteurs de cet attentat, seraient-ils capables de s'opposer à la recherche de la vérité alors qu'ils sont traqués partout dans le monde? Aucun document étayant la thèse des extrémistes Hutus n'a été retrouvé à ce jour par les enquêteurs du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) qui donnent les mêmes conclusions que le juge Jean-Louis Bruguière et le juge espagnol Fernando Merelles.

Mais au final, si le FPR, la France et les extrémistes Hutus, ne sont pas les auteurs de l'attentat, qui est derrière cet acte ignoble qui a déclenché un génocide? La réponse dans 50 ans peut-être.

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12 juin 2009

France: Un soutien du FPR en garde en vue

 Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a été maintenu en garde à vue pendant 48 heures pour malversations financières dans le cadre de l'affaire du député socialiste Julien Dray. Manipulé par les Blancs menteurs et les réseaux pro-FPR en France, il a engagé son association en tant que partie civile dans le procès de l'auteur de " Noirs fureurs, Blancs menteurs", le vendéen Pierre Péan. Dominique Sopo avait accusé Pierre Péan d'être raciste après la sortie de son livre sur le génocide rwandais alors qu'il fut parrain de SOS Racisme.

La plainte contre Péan avait été déposée par le gouvernement rwandais mais c'est SOS Racisme qui a payé les honoraires des avocats en se portant partie civile. Kigali n'a déboursé aucun centime.

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30 août 2009

Le témoignage de Richard Mugenzi n'est pas crédible

Depuis le témoignage de Richard Mugenzi qui met en doute les conclusions du juge français Jean-Louis Bruguière à propos des auteurs de l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, la presse pro-FPR s'en donne à coeur joie. La machine à démonter le rapport du juge anti-terroriste est bien relancée. Mais quel crédit accorder au témoignage de l'ex-opérateur de l'armée rwandaise que la presse partisane présente comme un espion de Juvénal Habyarimana alors qu'il n'était qu'un simple opérateur radio chargé d'émettre et de recevoir des messages?

Au delà de cette polémique qui amuse les connaisseurs du dossier rwandais, c'est la méthodologie du juge français qui est critiquable sur la forme et non sur le fond. Contrairement à l'enquête du juge espagnol Fernando Merelles qui a abouti aux mêmes conclusions, monsieur Bruguière a dévoilé ses sources et les noms de ses témoins. En plus lors de la tragi-comédie montée par le ministre français des affaires étrangères et mettant en scène madame Rose Kabuye au mois de novembre 2008, les avocats du FPR ont eu accès au dossier d'instruction. Les noms de tous les témoins et leurs témoignages sont connus. Le  démontage du rapport est donc devenu plus facile pour décrédibiliser l'enquête en s'attaquant aux témoins clé retournables ou vulnérables.
 
Richard Mugenzi était une proie facile depuis que son identité était connue. Avant de faire ses déclarations, il a quitté la Tanzanie où il travaillait depuis 1998 pour le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). C'est à Kigali devant un journaliste français très proche du FPR, Jean François Dupaquier, qu'il s'est confié avant de poser fièrement à la une du New Times du 28 août, un journal quotidien anglophone qui véhicule la propagande du régime. 

Il faut rappeler également que les premières déclarations de Abdul Ruzibiza lors de sa rétractation ont été faites sur les antennes d'une radio proche du FPR, Contact FM, et un journaliste français de Libération également proche du FPR, Christophe Ayad. Autre fait marquant de cette affaire de manipulation criminelle c'est l'assassinat du ministre Juvénal Uwilingiyimana dont le corps a été retrouvé dans un canal à Bruxelles. Il a été tué par des professionnels qui lui ont enlevé les poumons afin de camoufler les preuves médico-légales de sa mort avant d'être jeté dans l'eau. En effet, quand il y a présence d'eau dans les poumons à l'autopsie, cela veut dire que la personne était vivante avant la noyade. L'ex-ministre de l'industrie et de l'artisanat et ex-directeur de l'ORTPN (office rwandais du tourisme et des parcs nationaux) a été assassiné parce qu'il avait refusé de cautionner les manipulations sur l'assassinat du président Habyarimana. Les assassins voulaient qu'il déclare que c'est l'Akazu qui a tiré sur l'avion présidentiel pour déclencher le génocide. Il a payé cher sa dignité.
 
Richard Mugenzi n'a pas eu le courage de Juvénal Uwilingiyimana. C'était la mort ou le retournement. Reste à voir si la mayonnaise va prendre dans ce dossier lourd et hypersensible qui a entraîné l'assassinat de deux chefs d'état et des milliers de morts innocents. Mais on ne restera pas éternellement aux hypothèses, il faudra qu'un jour la vérité éclate, les Rwandais en sont convaincus. Et comme l'a dit l'ex-procureur du TPIR, la Suissesse Carla Del Ponte, "si c'est prouvé que c'est le FPR qui a tiré sur l'avion, c'est toute l'histoire du génocide rwandais à revoir." C'est ce que craignent le FPR et ses défenseurs qui multiplient manipulations et assassinats. Quand au juge français qui a pris sa retraite, ses témoins sont en danger car leur identité est désormais connue.

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10 septembre 2009

Accusé d'incitation à la haine raciale, Péan maintient sa thèse sur le Rwanda

PARIS (AFP) - Accusé par SOS Racisme d'incitation à la haine raciale, notamment pour avoir mis en avant la "culture du mensonge" du peuple tutsi, Pierre Péan a maintenu mercredi devant les magistrats de la cour d'appel de Paris les thèses soutenues dans son ouvrage sur le génocide rwandais.


Au coeur du procès: l'ouvrage "Noires fureurs, blancs menteurs" publié chez Fayard en novembre 2005, et consacré au génocide rwandais, qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie.

Scandalisée par quatre pages du livre où l'écrivain affirme que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation", l'association SOS Racisme avait porté plainte en octobre 2006 pour diffamation et incitation à la haine racialePour l'association de lutte contre le racisme, ces propos --d'autant plus graves selon elle qu'ils émanent d'un écrivain "de renommée"-- sont les mêmes que ceux qui ont conduit au génocide.

En dépit de cette argumentation, le 7 novembre 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait décidé de relaxer Pierre Péan et son éditeur Claude Durand.

Les juges avaient souligné "que si l'auteur attribue principalement aux Tutsis ce particularisme culturel, il le prête également aux Hutus et plus généralement aux Rwandais", "sans jamais nier la réalité du génocide".

En outre, avaient-ils continué, "même si la formulation qu'il emploie peut légitimement heurter ceux qu'il vise", les développements de l'auteur "ne contiennent néanmoins aucun appel ni aucune exhortation à la discrimination, à la haine ou à la violence susceptible de provoquer chez le lecteur un rejet ou une réaction à l'encontre des Tutsis".

Taxé par certains de "négationnisme", M. Péan avait été profondément touché par cette polémique.

Mercredi, devant la cour d'appel, il a pourtant maintenu son point de vue. Selon lui, au Rwanda, "la culture du mensonge, c'est comme Noël en décembre".

"J'ai écrit cela à partir de déclarations et de textes qui ont été acceptés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)", a-t-il argué, tout en rejetant "les accusations ignobles" de racisme formulées contre lui.

"Kigali a réussi à instrumentaliser la justice internationale. J'espère que la justice française, comme en première instance, refusera ce pacte de censure", a-t-il encore déclamé.
Ce n'est pas Paul Kagamé, l'actuel président rwandais, qui a "voulu ce procès", lui a répondu le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, se demandant "comment un peuple qui soi-disant a une telle capacité de manipulation soit arrivé à se faire massacrer".

D'ici jeudi soir, 13 témoins, historiens ou témoins du génocide, doivent se succéder à la barre. Les deux anciens ministres qui en en première instance étaient venus soutenir l'enquêteur (Bernard Debré et Hubert Védrine) n'ont pas été cités en appel. En revanche devrait témoigner jeudi la députée PRG de Guyane Christiane Taubira.

Le procès doit s'achever jeudi et la décision être mise en délibéré à plusieurs semaines.

21 août 2009

Lourdes condamnations de 27 femmes par le tribunal gacaca de Ninzi à Cyangugu


Tribunal gacaca



Vingt sept femmes ont été  lourdement condamnées par le tribunal gacaca tenu dans la cellule de Ninzi, secteur Kagano dans le district de Nyamasheke, province de l'Est. Elles sont accusées d'avoir lapidé à mort des Tutsi à la paroisse de Kagano dans la préfecture de Cyangugu. La majorité a été condamnée à 30 ans de prison, les autres ont écopées de 19 à 20 ans d 'emprisonnement.
Les tribunaux gacaca qui termineront leurs travaux à la fin de cette année sont financés par l'Union européenne alors qu'ils sont condamnés par les organisations de défense des droits de l'homme. Plusieurs rwandais ont quitté le pays pour fuire ces tribunaux jugés par certains comme une justice des vainqueurs.

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21 septembre 2009

Le gouvernement rwandais recherche les plans de l'immeuble Kabuga

     
Immeuble de Félicien Kabuga à Muhima abritant
le quartier général de la police nationale rwandaise

Le building de Félicien Kabuga sur la route de Nyabugogo à Muhima dans la capitale rwandaise abrite le quartier général de la police nationale et les logements des cadres du FPR. Les travaux de rénovation de cet immeuble en beton armé ont été suspendus à la suite de la découverte de fissures. Le gouvernement rwandais aurait besoin des plans de construction de l'immeuble pour une analyse structurelle avant l'autorisation de la poursuite des travaux de réhabilitation. Curieusement c'est une société kenyane, Ngasi Consulting Engineers, spécialisée dans l'expertise et les travaux de génie civil qui a déclaré que le batiment présente des anomalies de construction. 
Kigali et Washington sont convaincus que Félicien Kabuga se cache au Kenya. Les autorités rwandaises ont médiatisé cette affaire peut-être pour essayer d'approcher la famille Kabuga à laquelle aucun frais de loyer n'est pourtant pas versé. Ses détracteurs l'accusent d'avoir financé le génocide rwandais, mais sa culpabilité n'a jamais été démontrée. Vivre caché est pesant pour sa famille dont les biens ont été spoliés par le gouvernement rwandais qui lorgne même sur les avoirs placés à l'étranger de ce "self made man" qui a construit sa fortune à partir de rien.

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26 septembre 2009

 Pierre Péan répond à Elie Weisel

Mis en cause par le prix Nobel de la Paix dans le cadre de son procès sur son livre consacré au génocide rwandais, Pierre Péan nous a fait parvenir la lettre suivante.

"Quel honneur pour un auteur de susciter la réaction d'un prix Nobel de la Paix!
Aurait-il écrit son papier quelques heures avant le début de mon procès pour influencer la Justice française? La chose serait indigne de lui. Je veux croire en revanche qu'en dépit de ce qu'il a écrit, il n'a pas bien lu mon livre, "Noires fureurs, blancs menteurs" et c'est pour cela qu'il le caricature de la sorte dans son article intitulé
"Moralement déplorable et historiquement regrettable" .
Pour que les lecteurs de nouvelobs.com qui n'auraient eu connaissance de mon livre que par la critique d'Elie Wiesel, je tiens d'emblée à préciser que j'ai été relaxé par la décision de justice intervenue en première instance dans le procès que me fait SOS Racisme pour diffamation raciale et provocation à la haine raciale. Procès intenté pour quelques phrases, qui se trouvent aux pages 41 à 44 de mon livre qui compte 500 pages, qui font partie d'une présentation rapide de l'histoire politique du Rwanda depuis le début du XXe siècle: ces pages ont été écrites avec Antoine Nyetera, un Tutsi descendant de la famille royale.
Elie Wiesel travestit mon propos en cherchant à résumer d'une phrase mon livre: "Les chefs tutsis auraient été responsables de leur propre catastrophe qui, en fin de compte, est appelée génocide". Pourquoi parler au pluriel de "chefs tutsis" quand c'est une organisation politique, le FPR, doté de sa branche militaire, que j'accuse? J'affirme que Paul Kagame, alors à la tête du FPR, est responsable de l'attentat perpétré le 6 avril 1994 contre Juvénal Habyarimana, président légitime du Rwanda. Or, aujourd'hui, tout le monde admet que cet acte de guerre a été le facteur déclenchant du génocide. A ce titre, il porte donc une part de responsabilité décisive dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Depuis la parution de mon livre, en 2005, le juge Bruguière et un juge espagnol, Andreu Merellles, portent une appréciation semblable sur la responsabilité de l'actuel dictateur rwandais. Le juge espagnol a même lancé 40 mandats d'arrêt contre son entourage pour crimes de génocide.
Elie Wiesel parle à partir de son expérience de la Shoah. Or, les deux catastrophes historiques que sont la Shoah et le génocide des Tutsis n'ont strictement rien à voir, et ne peuvent être comparés. C'est le FPR qui, le 1er octobre 1990, franchit depuis l'Ouganda la frontière rwandaise et fonce avec 7.000 soldats rebelles tutsis en direction de Kigali: la guerre est déclarée contre le régime d'Habyarimana. Après quatre ans de conflit, après le génocide des Tutsi et des massacres de masse de Hutu, c'est Paul Kagame qui prend le pouvoir à Kigali.
"La vérité des victimes (…) mérite d'être privilégiée", dit Elie Wiesel. Paul Kagame n'est pas une victime, et la "vérité" qu'il cherche à imposer au monde est une terrible offense à la mémoire des victimes. Je respecte la compassion qu'Elie Wiesel témoigne aux victimes parce qu'elle est ancrée dans la mémoire de la Shoah, mais cette compassion n'est pas un moyen suffisant pour rechercher et cerner la vérité. L'histoire de la tragédie rwandaise n'est pas encore écrite; je crois y avoir apporté une modeste contribution, notamment en rappelant que les victimes ne furent pas exclusivement tutsies, qu'il y eut aussi des centaines de milliers de victimes hutues. Toutes les victimes méritent notre respect et notre compassion. Ne pleurer que les victimes tutsies est "moralement déplorable et historiquement regrettable"."
Pierre Péan

Source: Nouvelobs.com du 21 septembre 2009

27 juillet 2009

Acquittement du général Paul Rwarakabije

Le tribunal gacaca de Kacyiru a acquitté samedi 25 juillet le général Paul Rwarakabije. Il était accusé de planification d'assassinat des personnes qui se sont cachées dans sa maison et d'autres qui se sont réfugiées au quartier général de la gendarmerie de Kacyiru. En tant qu'officier supérieur  de la gendarmerie nationale pendant le génocide de 1994, le tribunal l'avait placé dans la première catégorie des suspects. Le tribunal présidé par Madame Françoise Gahamanyi l'a blanchi des dix chefs d'accusation.
Ancien du collège Saint-André de Kigali, Paul Rwarakabije a poursuivi ses études à l'Ecole supérieure militaire (ESM) pendant 4 ans. Affecté à la gendarmerie nationale, il a gravi les échelons jusqu'à l'obtention de grade de Lt colonel. Avant 1994, il était commandant de l'unité chargée de la construction  et de l'entretien des batiments de la gendarmerie avant d'être nommé G3 à l'Etat-major de la gendarmerie nationale.
Après la défaite des Forces armées rwandaises (FAR) en juillet 1994, il prit le chemin de l'exil dans l'ex-Zaïre d'où il tentera de réorganiser ce qui restait de l'ex-armée rwandaise. A la tête de l'unité FOCA des FDLR installée dans le Masisi, il lança des excursions dans son pays natal qui se sont soldées par des représailles massives meurtrières auprès des populations civiles par l'Armée patriotique rwandaise (APR) notamment dans sa région d'origine, Ruhengeri.
En 2004 il décida de jeter l'éponge et de rentrer au Rwanda avec une dizaine de fidèles pour "reconstruire son pays avec les nouvelles autorités rwandaises", disait-il à l'époque. Il fut intégré dans les Forces rwandaises de défense, ex-APR. Au mois de février de cette année, il fut nommé commandant-adjoint de l'opération rwando-congolaise Umoja Wetu pour déloger les FDLR mais il fut rapidement remplacé par un autre ancien membre des FDLR, le général Jérome Ngendahimana qui est rentré avec lui en 2004. Sa position aurait été repérée par ses anciens compagnons qui voulaient lui faire la peau pour haute trahison.
Le général Rwarakabije est actuellement chargé de la commission nationale de démobilisation et de réintégration. Un autre ancien officier supérieur des FAR, le colonel Aloys Nsekalije, a été également récemment acquitté par un tribunal gacaca. Le général ex-FAR Marcel Gatsinzi, actuel ministre de la défense, a comparu au tribunal gacaca de Huye à Butare en tant que simple témoin. Le Tribunal pénal international (TPIR) d'Arusha a également acquitté un autre ancien haut responsable des FAR, le général Gratien Kabiligi. Les ex-FAR ne sont donc pas tous des "génocidaires" comme le prouvent ces acquittements y compris au sein des combattants FDLR  qui opèrent en RDC et pour lesquels il faut trouver une solution autre que militaire.

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5 novembre 2009

«Un mur de silence à briser»

L’autobiographie de Carla Del Ponte, ancienne procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, vient de paraître en français aux Editions Héloïse d’Ormesson. Extrait des premières pages du prologue, dans lesquelles elle raconte sa première déconvenue à ce poste.

«Lors de ma première visite à Washington en tant que procureure générale des Tribunaux des Nations unies pour les crimes de guerre, je suis allée demander son aide à l’un des hommes les plus puissants de la planète. C’était un mercredi après-midi de la fin septembre 2000, et j’inaugurais ainsi une longue série de voyages que j’effectuerais au fil des ans pour faire appel à des dirigeants politiques et à des directeurs d’organisations internationales. J’avais besoin d’eux pour forcer la main à des Etats aussi peu coopératifs que la Serbie, la Croatie et le Rwanda; j’avais besoin d’eux pour nous aider à obtenir des éléments de preuve; et j’avais surtout besoin d’eux pour nous aider à appréhender des fugitifs inculpés de crimes de guerre. Ce jour-là, j’avais rendez-vous à deux pas de la Maison-Blanche, dans le Old Executive Office Building qui abrite le Bureau exécutif du président et du vice-président des Etats-Unis. J’étais accompagnée de mes assistants. Nous suivîmes un appariteur dans un long couloir vide où résonnait le claquement de nos pas. (En voyant toutes ces colonnes qui font mine de soutenir d’innombrables corniches et linteaux décoratifs, je me dis que je n’avais plus revu pareille volonté de faire étalage de force, de stabilité et de permanence depuis ma dernière promenade au palais Bourbon, au centre de Paris.) Nous fûmes introduits dans une pièce sans caractère, où nous attendait George Tenet, le directeur de l’Agence centrale du renseignement, la CIA. Il avait beaucoup de dossiers urgents sur les bras. Dix ans après l’invasion du Koweït par l’Irak et l’entrée en vigueur de sanctions économiques qui avaient brisé la vie de milliers d’Irakiens, Saddam Hussein était toujours au pouvoir. Tout le monde se plaignait de l’envolée du baril de pétrole qui atteignait désormais la somme faramineuse de 35 dollars et, dans quelques heures à peine, Ariel Sharon gravirait l’Esplanade des mosquées, le Haram al-Sharif de Jérusalem, visite qui déclencherait la seconde Intifada. Tenet savait peut-être déjà que quelques semaines plus tard, les foules descendraient dans les rues de Belgrade pour renverser Slobodan Milosevic. En Corée du Nord, Kim Jong-Il jouait à faire peur à la communauté internationale avec son programme nucléaire militaire. Les agents de la CIA traquaient Oussama ben Laden. Nous n’étions qu’à onze mois du 11 septembre.

»Je venais demander à Tenet de coordonner les activités de la CIA avec les initiatives de notre Bureau et d’autres services de renseignement afin de capturer deux des hommes les plus recherchés de la planète: Radovan Karadzic et Rat­ko Mladic. Le Tribunal les avait inculpés pour des faits liés, entre autres choses, au siège et au bombardement de Sarajevo, aux opérations de nettoyage ethnique qui avaient déplacé des centaines de milliers de gens et au massacre de près de 7500 prisonniers musulmans à Srebrenica, des hommes et des garçons essentiellement, le plus grand massacre perpétré en Europe depuis les semaines qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand des escadrons de la mort communistes avaient exécuté des milliers de prisonniers rapatriés de force en Yougoslavie par les Alliés. Mon anglais était incertain. Depuis le matin, mes assistants me bombardaient de questions et multipliaient les pièges afin de me préparer à cet entretien. Tenet était parfaitement au courant des agissements de Karadzic et de Mladic en Bosnie, et plus particulièrement à Srebrenica. J’eus très vite l’impression que nous nous comprenions et je voulais croire qu’il accepterait de partager certains rapports de surveillance et d’écoutes téléphoniques de la CIA, me donnerait quelques conseils, m’aiderait à procéder à des interpellations, et ferait tout ce qu’il pourrait pour accélérer la capture de ces fugitifs et d’autres.

»Tenet fit remarquer que Karadzic avait quelque chose d’un parrain de la mafia sicilienne. La comparaison me fit sourire. J’étais bien placée pour connaître ce genre de personnage. Et avec ses joues flasques, Tenet, d’origine grecque, respirait l’exubérance méditerranéenne et la volonté autoritaire, entre autres traits des chefs de clan siciliens. Tout cela était fait pour me plaire, car ce sont exactement là les qualités qu’il faut à un bon espion pour être efficace. Il m’assura que la CIA était activement engagée dans cette chasse à l’homme, mais qu’appréhender quelqu’un comme Karadzic, qui ne parle jamais au téléphone ni ne signe le moindre document, relevait de l’exploit: «Je traque des types dans le monde entier… Il nous a fallu sept jours pour trouver Noriega avec 20?000 GI.» Il cita au passage le nom de Ben Laden, puis conclut: «Karadzic est ma priorité numéro un.»

 

»J’étais aux anges. Le plus grand espion de l’unique superpuissance de la planète était en train de nous assurer que son agence faisait tout ce qui était en son pouvoir pour retrouver la trace de l’un de nos fugitifs les plus recherchés. En retraversant le couloir sonore, j’appréciais désormais la force, la stabilité et la permanence qu’incarnaient les colonnes et les corniches et, en ressortant, cet après-midi d’automne me parut plein de promesses. Je devais intervenir quelques semaines plus tard devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour annoncer qu’à bien des égards, notre première année d’existence avait été très fructueuse. Nous avions concentré nos efforts sur l’inculpation des plus hauts responsables que nous pouvions poursuivre. Les équipes de procureurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) s’apprêtaient à juger des dizaines de génocidaires. Le gouvernement de Croatie avait fourni les premières pièces apportant la preuve de l’implication de l’ex-président Franjo Tudjman et d’autres hauts responsables croates dans des crimes commis pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine. Politiquement, le vent semblait tourner en Serbie et le pays ne resterait plus très longtemps sous la coupe de Milosevic. Autant d’éléments qui me portaient à penser que je pourrais bientôt mener à bien les poursuites engagées par le Tribunal pour la Yougoslavie, obtenir des preuves indispensables, arrêter les accusés, les faire inculper, éteindre la lumière et m’attaquer à de nouveaux défis.

»J’étais naïve. Je croyais que Tenet ferait suivre ses paroles d’actes. Je n’imaginais pas qu’il dressait ce que l’on appelle en italien un «muro di gomma», un mur de caoutchouc, pour ne pas avoir à m’opposer clairement un refus. Lorsque vous adressez une requête ou une demande délicate à des gens puissants, il arrive très souvent que vos propres paroles vous reviennent, comme si elles avaient rebondi sur ce mur de caoutchouc. Vous avez alors l’impression d’entendre ce que vous aviez envie d’entendre. Vous pouvez même avoir le sentiment que votre initiative a enfin débouché sur du concret.

»Au début de ma carrière, je m’étais heurtée plus souvent qu’à mon tour à ce mur de silence et j’avais parfois dû essuyer des formes de résistance plus rudes, voire des menaces physiques. J’avais rencontré – et je rencontrerais encore – ce mur de silence au cours de réunions avec beaucoup de gens puissants, depuis des financiers de la mafia jusqu’à des banquiers et des politiciens suisses, en passant par des chefs d’Etat comme George Bush et des Premiers ministres comme Silvio Berlusconi, des bureaucrates de l’administration publique et de divers services des Nations unies et, vers la fin de mon mandat, des ministres européens des Affaires étrangères qui semblaient prêts à accueillir la Serbie dans le giron de l’Union européenne, alors même que les dirigeants politiques, la police et l’armée de Serbie s’obstinaient à protéger des hommes qui avaient abattu de sang-froid des milliers de prisonniers sous les yeux du monde entier. Je ne connais qu’un moyen de briser ce mur de silence et de servir les intérêts de la justice: affirmer ma volonté, avec constance et opiniâtreté.»

Source: http://www.letemps.ch

9 novembre 2009

Génocide rwandais : Un présumé génocidaire arrêté

NATIONAL (RC) - La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a arrêté un immigrant rwandais sous motif de crimes de guerre, commis lors du génocide de 1994.

 Les enquêteurs ont appréhendé l'homme de 37 ans, Jacques Mungwarere, vendredi à Windsor, en Ontario. Il a comparu brièvement samedi devant un tribunal d'Ottawa.

M. Mungwarere restera en prison jusqu'à sa prochaine comparution prévue la semaine prochaine. Selon la section des crimes de guerre de la GRC, cette arrestation est le fruit d'une enquête de six ans, menée tant au Canada qu'aux États-Unis et au Rwanda.

 Mungwarere aurait commis des crimes dans la région de Kibuye au Rwanda.

 C'est la deuxième fois seulement qu'une personne est accusée au Canada en vertu de la Loi sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre, qui est entrée en vigueur en octobre 2000.

 La semaine dernière, le Rwandais Désiré Munyaneza à été condamné par un tribunal du Québec à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération avant 25 ans.

 Le sergent Marc Ménard a d'ailleurs indiqué qu'il y avait un lien entre le cas de M. Mungwarere et celui de Munyaneza, mais n'a pas donné de détails sur les accusations portées samedi.

 Le génocide au Rwanda, en 1994, avait fait 800 000 morts.

Source: http://qc.news.yahoo.com

21 novembre 2009

Provocation à la haine raciale: Péan relaxé

La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi 18 novembre la relaxe de Pierre Péan. L'écrivain et enquêteur était poursuivi pour diffamation raciale et provocation à la discrimination raciale à la suite de son ouvrage sur le génocide rwandais "Noires fureurs, blancs menteurs".
Son avocate, maître Florence Bourg, a salué "une victoire de la liberté d'expression".
De son côté, l'avocat de SOS Racisme, partie civile au procès, maître Lef Forster, a annoncé qu'il allait former un pourvoi en cassation.

"Race l'une des plus menteuses"


Dans ce livre sur le génocide rwandais, qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie, Pierre Péan soutient que "la culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis".
"Dès leur plus tendre enfance, écrit-il encore dans les quatre pages incriminées, les jeunes Tutsis étaient initiés à la réserve, au mensonge, à la violence et à la médisance". "C'est ce qui fait de cette race l'une des plus menteuses qui soit sous le soleil".

Plainte de SOS Racisme


En octobre 2006, de telles affirmations avaient décidé SOS Racisme à porter plainte. Pour l'association, ces propos - d'autant plus graves selon elle qu'ils émanent d'un écrivain "de renommée" - sont les mêmes que ceux qui ont conduit au génocide.
En dépit de cette argumentation, le 7 novembre 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Pierre Péan et son éditeur Claude Durand.
Le ministère public avait alors fait appel sur le seul délit de provocation à la haine raciale, tandis que SOS Racisme avait fait appel sur le tout.

Source: Nouvelobs.com du 18/11/2009

 

3 décembre 2009

Rwanda-Belgique: La justice belge condamne un mourant

Atteint d'un cancer de la prostate avec métastases au stade terminal, Ephrem Nkezabera a été condamné  mardi à 30 ans de réclusion par la cour d'assises de Bruxelles pour des crimes de guerre, dont des meurtres et des viols, commis durant le génocide de 1994 dans son pays. Pourtant l'ancien directeur général de la Banque commerciale du Rwanda (BCR) n'a que 6 mois maximum à vivre.

Monsieur Nkezabera a été arrêté en 2004 à Bruxelles sur mandat d'arrêt du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui avait demandé à la Belgique de le juger en vertu de la loi belge dite de "compétence universelle."

www.irwanda1.com

7 novembre 2009

Verdict clément pour Michel Bagaragaza

L'ancien directeur de l'OCIR Thé, Michel Bagaragaza, ne restera que 3 ans en prison. Le TPIR l'a condamné à huit ans de prison pour complicité de génocide mais il s'était déjà fait prisonnier le 16 août 2005. Manipulé par ceux qui veulent imposer la thèse de l'Akazu qui aurait abattu l'avion du président Juvénal Habyarimana en vue de commettre le génocide, il n'a pas pu convaincre d'autres hauts dignitaires originaires de Gisenyi pour appuyer cette thèse ridicule. Juvénal Uwilingiyimana est mort à cause de lui parce qu'il a refusé de cautionner cette manipulation criminelle.

 Michel Bagaragaza, alors réfugié au Pays Bas, avait été inculpé par le TPIR de quatre chefs d'accusation: Complot en vue de commettre des actes de génocide, complicité de génocide et de violations des Conventions de Genève de 1949 et du Protocole additionnel II de 1977.

Les juges ont réduit sa peine car il aurait démontré un réel « regret pour ses actes et a contribué de façon importante aux poursuites et aux investigations. » Ils ont ajouté qu'il avait « contribué de façon remarquable au processus de découverte de la vérité concernant la tragédie rwandaise et la réconciliation nationale ». Mais quelle vérité? Le peuple rwandais l'attends toujours.

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