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9 mars 2010
Rwanda: le général en fuite n'est pas une menace pour la sécurité du pays
KIGALI (AFP) - L'armée rwandaise a affirmé lundi que son ancien chef d'Etat-major, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, réfugié en Afrique du Sud et accusé par Kigali d'être derrière les récentes attaques à la grenade dans la capitale, ne représentait pas "une menace pour la sécurité nationale".
"A la question de savoir si Kayumba est une menace pour la sécurité nationale, la réponse est non. Kayumba et ses compagnons de fuite sont des perdants et ils resteront perdants dans leur jeu perfide", écrit le porte-parole des Forces rwandaises de défense (FRD), le major Jill Rutaremara dans un communiqué.
"Kayumba a tenté de diviser et de détruire de l'intérieur les FRD. Il a misérablement échoué. Kayumba ne peut donc pas réaliser ce qu?il n?a pas réussi à faire en tant que chef d?état-major", poursuit le major Rutaremara.
Ce dernier accuse en outre son ancien supérieur d'être caractérisé par "le népotisme, la cupidité, le divisionnisme, les intrigues et l?autoglorification".
Selon les autorités rwandaises, les attaques à la grenade qui ont fait deux morts et une vingtaine de blessés à Kigali depuis le mois dernier ont été commanditées par le général Kayumba Nyamwasa et l'ancien chef des renseignements extérieurs, le colonel Patrick Karegeya, également réfugié en Afrique du Sud.
Tous deux Tutsis anglophones issus de la diaspora ougandaise (comme le président Paul Kagame), le colonel Karegeya et le général Kayumba Nyamwasa ont été longtemps deux personnalités clés du régime.
Source: AFP
2 février 2010
Le président Kagame emprisonne ses opposants par le système Gacaca
Les rescapés Tutsis rappellent comment les anciens candidats aux élections présidentielles furent combattus et persécutés par le pouvoir. Ceux qui n’ont pas été emprisonnés directement comme l’ancien président de la République Pasteur BIZIMUNGU condamné à 15 ans de prison, ont vu leurs proches parents condamnés par les juridictions GACACA.
Comme cela vient d’arriver pour la mère de Victoire INGABIRE. En effet, Domitille MUKANTAGANZWA, secrétaire exécutive du SNJG (Service National des Juridictions Gacaca), a déclaré au quotidien du FPR, The New Times du jeudi 28/01/2010, que la vieille Thérèse DUSABE, mère biologique de Victoire Ingabire, a été condamnée à 30 ans de prison pour génocide par un tribunal Gacaca de BUTAMWA à l’aide d’un détenu de la prison de Kigali nommé Sebastian MUHIZINA. Cette condamnation sort pour embêter Victoire.
Rappelons que la sœur de M. Jean Népomuscène NAYINZIRA, ancien président du PDC (Parti Démocrate Centriste) et candidat aux élections présidentielles d’août 2003, Madame Stéphanie NDAYAMBAJE, une septuagénaire pensionnée et ancienne Chef du Personnel au Centre Hospitalier de Kigali, a été condamnée arbitrairement à 30 ans de prison en 2007 par le Gacaca. Parce qu’elle est la sœur de l’ancien candidat présidentiel opposant à Kagame.
Rappelons également la condamnation arbitraire du Docteur NIYITEGEKA Théoneste par le Gacaca. Mardi le 5 février 2008, le Dr NIYITEGEKA Théoneste a été condamné à 15 ans de prison comme l’ancien président Pasteur BIZIMUNGU. Il a été incarcéré dans la prison de Gitarama. Ancien candidat à la présidence de la République lors des élections de 2003 contre KAGAME, le Dr.Niyitegeka Théoneste avait été acquitté par la juridiction Gacaca de Gihuma (Gitarama) en première instance en date du 30/10/2007. Mais il devait être neutralisé.
Source: CLIIR (Centre le lutte contre l'injustice et l'impunité au Rwanda). Extrait.
11 janvier 2010
Assassinat du président Habyarimana: un rapport au goût amère

Les débris du Falcon 50 qui transportait le président Juvénal HabyarimanaPhoto: Corinne Dufka/REUTERS
Le gouvernement rwandais a rendu public les résultats de son enquête sur l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, élément declencheur du génocide rwandais. Ce rapport contredit les conclusions de la commission Mucyo en ce qui concerne la responsabilité de la France qui se retrouve innocentée. Selon le rapport, les seuls responsables de cet attentat sont les extrémistes Hutus. Mais les arguments contre cette thèse sont nombreuses et les conclusions laissent un goût très amère aux yeux des Rwandais qui cherchent la vérité en vue d'une réconciliation effective.
Un des arguments forts de ce rapport est que les extrémistes Hutus auraient assassiné le président Habyarimana pour l'empêcher d'appliquer les accords d'Arusha. Cet argument est faut car le président s'est présenté à maintes reprises pour les cérémonies de mise en place du gouvernement de transition élargie auquel devaient participé l'opposition et le FPR. Les troupes du FPR qui devaient assurer la protection de leurs ministres désignés étaients installées au palais du parlement rwandais. Les noms de tous les ministres étaient connus. Mais les cérémonies d'investiture de ce gouvernement ont été reportées à plusieurs reprises suite à un jeu de cache-cache alterné entre le FPR et les partis d'opposition acquis à sa cause pour faire pourrir la situation afin de faire porter le chapeau au président de la république qui n'avait plus de pouvoir. Un autre argument est que si les extrémistes Hutus avaient planifié d'assassiner le président Juvénal Habyarimana, ils auraient prévu un remplaçant. Or on sait que le pays à feu et à sang est resté pendant trois jours sans président, ni chef d'état-major de l'armée, tous assassinés. Même le ministre de l'intérieur, chargé de la sécurité, était resté à Dar es Salaam en Tanzanie. L'assassinat du président Habyarimana ne pouvait être en aucun cas l'oeuvre des extrémistes Hutus dont certains n'ont appris la nouvelle que par la radio.
Un autre argument contre et non des moindres, c'est que quand on évoque l'assassinat du président Habyarimana, toutes les portes se ferment. Comme si cette affaire est gênante, à l'ONU, au TPIR et dans les chancelleries des grandes puissances. On a entendu tout et son contraire dans ce dossier notamment à propos de la boîte noire du Falcon 50 abattu. Et puis comme par hasard, le rapport sort au moment où le gouvernement français renoue les relations diplomatiques avec Kigali. La suppression des accusations contre la France dans le document, pourtant cheval de bataille des autorités rwandaises, n'est pas sans contre partie. La mise à mort du dossier Bruguière et l'abandon des poursuites contre les neuf proches du président Paul Kagame sont certainement la monnaie d'échange. Bernard Kouchner pourra savourer sa victoire sur le juge français.
Enfin, si les Hutus étaient les vrais auteurs de cet attentat, seraient-ils capables de s'opposer à la recherche de la vérité alors qu'ils sont traqués partout dans le monde? Aucun document étayant la thèse des extrémistes Hutus n'a été retrouvé à ce jour par les enquêteurs du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) qui donnent les mêmes conclusions que le juge Jean-Louis Bruguière et le juge espagnol Fernando Merelles.
Mais au final, si le FPR, la France et les extrémistes Hutus, ne sont pas les auteurs de l'attentat, qui est derrière cet acte ignoble qui a déclenché un génocide? La réponse dans 50 ans peut-être.
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Mardi 13 janvier 2009
Suppression du juge d'instruction en France,
Kigali était bien renseigné
En se faisant arrêter "volontairement" en Allemagne le 9 novembre 2008, Rose Kabuye-Kanyange était certainement au courant de la réforme concernant la suppression du juge d'instruction que le président français allait proposer. Après son incarcération dans une prison de Francfort en Allemagne, elle a exigé un transfert rapide en France pour y être jugée. Elle fut extradée puis inculpée pour complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Elle est soupçonnée d'avoir abrité le commando qui a abattu l'avion du président Habyarimana. Cet attentat terroriste a fait 11 morts dont 3 Français membres d'équipage.
Le gouvernement rwandais a fait pression sur la France pour que le procès ait lieu rapidement en espérant un acquittement par le juge "de l'instruction" dépendant du pouvoir exécutif et non du juge "d'instruction "indépendant du parquet en particulier dans les dossiers sensibles de terrorisme.
Les juges antiterroristes sont sortis de leur réserve pour protester contre la réforme annoncée par la président français, Nicolas Sarkozy, le 7 janvier 2009. Le juge d'instruction sera remplacé par un juge "de" l'instruction, l'enquête dépendant du procureur. Parmi les juges protestataires, Marc Trevidic, qui instruit le dossier du Rwanda et l'assassinat, en 1994, de son président Juvénal Habyarimana. Leurs décisions vont parfois à l'encontre des voeux des diplomates et des politiques qui évoluent selon le moment. "Un juge peut ne pas être indépendant, mais le système lui permet de l'être", souligne Marc Trevidic. "Statutairement, je peux dire merde", ajoute-t-il.
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29 mai 2009
Génocide rwandais: libération controversée de Georges Ruggiu
La justice italienne a remis en liberté trois mois avant la fin de sa peine Georges Ruggiu, condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour sa participation au génocide. Rome n'a pas averti le TPIR de sa décision.
Seul non Rwandais à avoir été inculpé par le TPIR, Georges Ruggiu, ancien animateur italo-belge de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) avait été condamné à 12 ans de prison le 1er juin 2000. Il plaidait coupable d'incitation directe et publique à commettre le génocide et de persécution. Arrêté au Kenya en juillet 1997 et incarcéré au centre de détention du TPIR à Arusha, en Tanzanie, il avait été transféré dans une prison italienne en février 2008, en vertu d'un accord sur "l'exécution des peines" conclu entre l'Italie et les Nations Unies. "Selon des informations recueillies informellement par le tribunal auprès des autorités judiciaires locales en Italie, monsieur Ruggiu a été libéré le 21 avril", a déclaré le porte-parole du TPIR, Roland Amoussouga.
(Belga)
Source: http://www.rtbf.be
Samedi 27 décembre 2008
Rwanda: Affaire Rose Kabuye - Une comédie française
Interpellée le 9 novembre 2008 à Francfort (Allemagne) puis extradée en France en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par le dernier pays cité, Rose Kabuye a actuellement le sourire : après plus de six semaines de détention, elle a momentanément quitter l'Hexagone pour rentrer au Rwanda où elle va faire les fêtes de fin d'année avec sa famille.

C'est une décision qui a été prise par la Justice française sur une demande acceptée par les juges, après avis favorable du parquet. Pour un de ses avocats, c'est une décision qui prend en considération la situation humaine dans laquelle se trouve sa cliente et qui montre que la justice peut fonctionner efficacement tout en étant modérée
Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, délivré en 2006 par la France, Rose Kabuye, 47 ans, avait été mise en examen par le juge antiterroriste Marc Trévidic pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs, le tout en relation avec une entreprise terroriste.
Le juge la soupçonne d'avoir pris part à l'attentat, le 6 avril 1994, contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, signal déclencheur d'un génocide, qui a fait, selon l'ONU, environ 800 000 morts essentiellement parmi la minorité tutsie ; des charges qu'elle réfute naturellement, en criant au complot.
Celle qui a eu à dire au lendemain de son arrestation qu'elle n'a pas peur car elle est innocente reverra donc sa famille et ses proches. Elle fêtera, comme les autres, pour essayer d'oublier un moment cette maudite date du 9 novembre 2008. Mais Kabuye n'est pas pour autant sortie de l'auberge : après le nouvel an, elle doit retourner en France, puisque l'affaire n'a pas été classée.
Elle s'est engagée à revenir à Paris avant le 10 janvier 2009, et le ministère de la Justice rwandaise avait également exprimé dans une lettre la volonté du gouvernement de respecter l'engagement pris auprès du juge français.
En Afrique, la parole donnée est sacrée, mais la question qu'on se pose est de savoir si elle reviendra pour se constituer prisonnière. C'est d'un vrai privilège que Kabuye a bénéficié parce qu'il y a d'autres terroristes ou présumés tels qui gémissent dans les fers en France depuis longtemps.
N'ont-ils pas droit, eux aussi, aux fêtes de fin d'année dans leurs pays respectifs ? Ce dossier ayant envenimé les relations entre Paris et Kigali, veut-on aller vers un dégel des relations diplomatiques ?
Il y a du flou dans cette affaire à tel point qu'on ne peut s'empêcher de penser à une comédie française. Et si Kabuye changeait d'avis ? Après qu'elle a recouvré la liberté provisoire, Rose décidera de ce qu'elle doit faire. L'air de Kigali lui manquait, et maintenant tout est une question de responsabilité.
Source:
http://www.lobservateur.bf/
25 juin 2009
Génocide rwandais: perpétuité requise contre les anciens chefs de l'armée
L'accusation au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a requis mercredi la prison à vie pour les anciens chefs d'état-major de l'armée et de la gendarmerie rwandaises pour leur participation au génocide de 1994, a constaté l'AFP.
"Pour leur faillite historique et indélébile, justice sera rendue si vous condamnez à l'emprisonnement à vie" les généraux Augustin Ndindiliyimana et Augustin Bizimungu, a demandé aux juges l'Ivoirien Alphonse Van, au terme d'une journée de réquisitoire.
Les deux officiers généraux sont jugés avec l'ancien commandant du bataillon de reconnaissance, le major François-Xavier Nzuwonemeye, et le capitaine Innocent Sagahutu qui commandait un escadron de cette unité d'élite. L'accusation a également requis la perpétuité contre ces deux officiers.
"En 1994, les Forces armées rwandaises ont failli à leur devoir. Elles se sont retournées contre le peuple, en tournant le dos à l'adversaire, c'est pourquoi elles ont été vaincues", a assené M. Van.
"On ne saura jamais combien il y a eu de victimes (..) ce qui est sûr c'est qu'un génocide a eu lieu tout simplement parce que les forces armées rwandaises le voulaient ainsi", a déclaré le représentant du procureur.
"Tout était préparé", a-t-il insisté à plusieurs reprises.
Après avoir été plusieurs fois ministre, le général Ndindiliyimana avait été nommé chef de l'état-major de la gendarmerie en 1992. Le général Bizimungu avait été porté à la tête de l'armée le 16 avril 1994, en plein génocide.
Le procureur a reproché à Ndindiliyimana d'avoir laissé la gendarmerie, "symbole de la sécurité", participer au génocide.
Quant à Bizimungu, l'accusation a affirmé qu'il tuait les Tutsis "même avant sa nomination" à la tête de l'armée. Raison pour laquelle, a allégué Van, les massacres ont doublé d'intensité dans certaines préfectures après la promotion de l'officier.
Jeudi et vendredi, ce sont les équipes de défense qui se succéderont pour leurs plaidoiries finales.
Ce procès qui compte parmi les plus importants de l'histoire du TPIR s'est ouvert en septembre 2004. En décembre dernier, le TPIR a condamné à la prison à vie l'ancien directeur de cabinet au ministère de la Défense, le colonel Théoneste Bagosora, qui avait été présenté comme le cerveau du génocide.
Créé par une résolution du Conseil de sécurité en novembre 1994, le TPIR a pour mandat de rechercher et juger les principaux responsables présumés du génocide au Rwanda qui a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts, parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés.
Source: AFP
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27 juin 2009
Génocide au Rwanda: un poids lourd acquitté

Le colonel Aloys Nsekalije en 1973
Un poids lourd de l'ancien régime du président hutu rwandais Juvénal Habyarimana, Aloys Nsekarije, qui était poursuivi pour son rôle présumé dans le génocide de 1994, a été acquitté vendredi à Kigali, a-t-on appris de source officielle.
Le colonel à la retraite Nsekarije, qui fut notamment membre du Comité central du Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND, alors parti unique) et ministre des Affaires étrangères, était jugé par un tribunal populaire gacaca du secteur Kimironko, dans la ville de Kigali.
"Il a été acquitté de toutes les accusations qui étaient portées contre lui", a indiqué à l'AFP un agent du Service national des juridictions gacacas (SNJG), l'organe gouvernemental chargé de suivre et coordonner l'activité des ces juridictions inspirées de la tradition rwandaise.
Les gacacas peuvent juger tous les auteurs présumés du génocide, sauf les planificateurs au niveau national qui relèvent des tribunaux conventionnels.
M. Nsekarije, qui n'occupait plus de fonctions officielles pendant le génocide de 1994, était "accusé d'avoir distribué illégalement des armes à feu, incité au génocide, entraîné des gens au maniement des armes et chassé des Tutsi qui avaient cherché refuge à son domicile", à Kigali, a précisé cette source sous couvert de l'anonymat.
L'ancien dirigeant, qui comptait parmi les plus grandes fortunes du pays dans les années 80, était l'un des auteurs du coup d'Etat du 5 juillet 1973 qui avait porté au pouvoir le général Habyarimana, originaire du nord tout comme lui.
Contrairement à d'autres dignitaires de l'ère Habyarimana, il n'avait pas fui le pays à la prise du pouvoir en juillet 1994 par l'ancienne rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), actuellement au pouvoir.
D'avril à juillet 1994, après la mort du président Habyarimana dans l'explosion de son avion, le Rwanda a été le théâtre d'un génocide qui a fait, selon l'ONU, environ 800 000 morts parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés, massacrés par des extrémistes hutus.
Source: http://www.rtbf.be/info
12 juin 2009
France: Un soutien du FPR en garde en vue
Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a été maintenu en garde à vue pendant 48 heures pour malversations financières dans le cadre de l'affaire du député socialiste Julien Dray. Manipulé par les Blancs menteurs et les réseaux pro-FPR en France, il a engagé son association en tant que partie civile dans le procès de l'auteur de " Noirs fureurs, Blancs menteurs", le vendéen Pierre Péan. Dominique Sopo avait accusé Pierre Péan d'être raciste après la sortie de son livre sur le génocide rwandais alors qu'il fut parrain de SOS Racisme.
La plainte contre Péan avait été déposée par le gouvernement rwandais mais c'est SOS Racisme qui a payé les honoraires des avocats en se portant partie civile. Kigali n'a déboursé aucun centime.
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6 août 2009
Le bilan contrasté du Tribunal international sur le Rwanda
A l'horizon 2011, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), créé par le Conseil de sécurité des Nations unies après le génocide des Tutsi et l'élimination d'opposants hutu en 1994, devrait fermer ses portes. Il offre un bilan contrasté. Perçu comme un Tribunal de vainqueurs, il ne s'est pas affranchi de l'opposition ethnique entre Hutu et Tutsi en réunissant les victimes dans un même combat face aux extrémistes.
Lors d'un colloque intitulé "Le TPIR, modèle ou contre-modèle de la justice internationale ?", une cinquantaine de représentants du Tribunal international, réunis à Genève pendant trois jours, ont tenté d'établir, à huis clos, un premier bilan. Depuis sa création, le 8 novembre 1994, 90 responsables et exécutants du génocide - ministres, officiers supérieurs, préfets, miliciens, etc. - ont été mis en accusation. Sur le papier, les travaux du Tribunal sont un succès.
En réalité, quinze ans après sa création, le Tribunal ne s'est pas affranchi de la dualité rwandaise - Hutu-Tutsi - terreau du génocide, des massacres et des dictatures successives. "Réconcilier les criminels avec les victimes, cette réconciliation-là, je n'en veux pas !, a affirmé lors du colloque Nkiko Nsgengimana, expert auprès du Tribunal. Pour moi, la vraie réconciliation, c'est entre les victimes. Elles sont les otages des extrémistes hutu et tutsi."
Faute de preuves, le procureur a échoué à poursuivre les membres de l'Akazu, cercle d'initiés liés à la famille présidentielle et qui détenait les rênes du pouvoir hutu en avril 1994. Il a fait l'impasse sur les crimes de guerre de l'Armée patriotique rwandaise (APR), aujourd'hui en place à Kigali, après s'être emparée du pouvoir en repoussant les auteurs du génocide, en juillet 1994. "Comment reconstruire culturellement, politiquement, institutionnellement, un système où chaque Rwandais puisse se sentir un peu sûr, puisse ne plus avoir la hantise de la disparition collective ?, interroge M. Nsengimana. Comment garantir que l'on ait un système qui assure, de manière absolue, le droit à la vie ?"
Pour Joseph Ngarambe, "quelque 30 personnes déjà jugées, cela reste fort. Mais a-t-on foi dans l'avenir chez nous ? Est-on réconciliés ?". Expert du bureau du procureur, il se décrit comme un exilé. "J'ai été exilé sous le régime des Hutu, aujourd'hui c'est le régime tutsi qui s'en défend hypocritement. Les mêmes critères sont là. Le chemin reste long, et le risque est grand que l'on bascule de nouveau dans la violence."
Ouverte au cours de l'année 2000 par la procureure Carla Del Ponte, l'enquête conduite contre les membres de l'armée au pouvoir, et qui portait sur 13 sites de crimes, s'est soldée par un échec, au terme d'un long bras de fer engagé par les autorités rwandaises. Son successeur, le Gambien Hassan Bubacar Jallow a préféré la négociation avec Kigali. Pour lui, ces crimes doivent être jugés par le Rwanda.
Avec l'aval du procureur, quatre hommes de l'APR ont donc été jugés à Kigali pour l'assassinat de 14 religieux, mais l'organisation Human Right Watch a dénoncé la validité du procès. Par ailleurs, et même s'il est tenu par une résolution du Conseil de sécurité de se pencher sur ces crimes, le procureur affirme que l'enquête se poursuit, mais estime ne pas disposer de preuves suffisantes.
Ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le Rwanda, le professeur René Degni-Segui se demande, dès lors, "si la réconciliation peut-être possible si on y voit une justice de vainqueurs (...), j'ai bien peur qu'on ne puisse y voir la réconciliation, si on ne poursuit pas également l'autre partie, sans pour autant jouer les équilibristes". Il pointe encore l'opacité des procès tenus par le TPIR, dont les jugements ne sont pas traduits en kinyarwanda. "Si la population n'a pas accès aux jugements, est-ce que vraiment cela aura une portée pour la réconciliation nationale ?"
Optimiste, "le pire est derrière moi", dit-il, François-Xavier Nsanzuwera, rescapé du génocide et substitut du procureur, voit dans les jugements "une promesse" pour les futures générations. "Une promesse que leur avenir ne sera pas comme le passé violent de leurs parents. C'est important pour les survivants. C'est important pour les jeunes Rwandais."
Lui aussi rescapé, le journaliste Thomas Kamilindi raconte : "Je voyais ces tueurs comme des dieux, je veux dire des dieux du mal, donc des intouchables (...). Quand le jugement est tombé contre l'un de ceux qui a envoyé ses tueurs à l'Hôtel des Mille Collines, où j'étais réfugié, j'ai pleuré d'émotion. J'étais comme libéré de quelque chose que je ne peux pas décrire."
A deux ans de la clôture des travaux, le procureur prévoit de remettre certains accusés, faute de temps, à des juridictions nationales. Mais à ce jour, les juges ont refusé qu'ils soient déférés à Kigali, estimant que les procédures y sont inéquitables. "Le crime de masse le plus jugé de toute l'Histoire", selon le magistrat Antoine Garapon, a entraîné plusieurs Etats européens à s'emparer de dossiers rwandais, refusant d'extrader vers Kigali des personnes arrêtées sur leur sol. En 2011, le Tribunal se retirera de ce paysage politico-judiciaire sans être parvenu à se distancer du mea culpa onusien, prononcé après son échec à empêcher le génocide de 1994.
Source:
http://www.lemonde.fr
10 juin 2009
La famille de Stanley Safari saisit Amnesty International
Condamné à la réclusion à perpétuité par le tribunal Gacaca de Butare, l'ex-sénateur Stanley Safari serait en fuite en Ouganda. Le gouvernement rwandais a demandé son extradition pour purger sa peine. Il est accusé de génocide et aurait participé à l'assassinat de Tutsis à Tumba dans la banlieue de la ville de Butare et à l'Université nationale du Rwanda. Ses enfants ont adressé une lettre à Amnesty International le 3 juin 2009 pour lui demander de s'opposer à son extradition au Rwanda. Selon eux sa condamnation est liée aux propos qu'il a tenus à la commission européenne et non aux accusations de génocide.
La présence de Stanley Safari en Ouganda n'a pas été confirmée par l'ambassadeur de l'Ouganda à Kigali, Richard Kabonero, ni par la porte-parole de la police ougandaise, madame Judith Nabakooba. Le gouvernement rwandais a envoyé une demande d'extradition de l'ex-sénateur à Interpol et à l'inspecteur général de la police ougandaise, le major général Kale Kayihura.
En octobre 2003, Stanley Safari faisait partie de la délégation des sénateurs rwandais qui se sont rendus en France pour visiter le sénat français. Elle était conduite par Vincent Biruta, président du sénat et l'ex-candidate à l'élection présidentielle, madame Alivera Mukabaramba.
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13 août 2009
Arrestation en RDC d'un présumé génocidaire rwandais
Un ancien responsable rwandais recherché par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour son rôle présumé pendant le génocide de 1994 a été arrêté mardi en République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris mercredi de source autorisée au TPIR.
L'ancien maire de Kivumu (ouest du Rwanda), "Grégoire Ndahimana a été arrêté mardi dans l'est de la RDC. Des dispositions ont été prises pour son transfèrement au siège du TPIR" à Arusha, en Tanzanie, a indiqué cette source sous couvert d'anonymat. Accusé de génocide et de crimes contre l'humanité, l'ancien maire est notamment poursuivi pour le massacre de plus d'un millier de Tutsi qui avaient cherché refuge dans le complexe de l'église catholique de Nyange. Ils sont morts ensevelis lorsque l'église a été détruite par un bulldozer. Selon l'accusation, M. Ndahimana a participé à la préparation du massacre. Le procureur du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, a souvent affirmé que la plupart des douze accusés encore recherchés par le tribunal se cachaient en RDC.
Source: AFP- Arusha-Tanzanie
14 août 2009
Deux journalistes condamnés à des peines de prison ferme
Reporters sans frontières demande la libération des journalistes Asumani Niyonambaza et Amani Ntakundi, condamnés respectivement à 2 ans et à 3 mois de prison ferme début août 2009.
"Ces peines de prison sont infondées. Procès, menaces, intimidations, calomnies : tout est bon pour punir les journalistes indépendants au Rwanda. Nous exhortons les juges qui ont condamné ces journalistes à revenir sur leur décision", a déclaré l’organisation.
Le 7 août 2009, le directeur de publication du bimensuel Rugari en langue kinyarwanda, Asumani Niyonambaza, a été condamné à deux ans de prison pour "extorsion". Il a fait appel. Il est incarcéré à la prison centrale de Kigali, capitale du Rwanda.
Lors de son procès au tribunal de grande instance de Nyarugenge, le directeur de publication a été entendu avec deux autres confrères, Frank Kalisa et Richard Rutagwenda, animateurs de la radio privée Contact FM. Les journalistes étaient accusés d’avoir extorqué la somme de 500 000 Francs rwandais (630 euros) à un homme d’affaires pour ne pas publier un article le concernant.
Les accusés ont tous plaidé non-coupable et nié les faits d’extorsion. Asumani Niyonambaza a été reconnu coupable et condamné tandis que les deux autres ont été acquittés.
Par ailleurs, le 5 août, un tribunal Gacaca, (tribunal populaire mis en place pour juger les suspects du génocide rwandais de 1994), situé à Butare a condamné le journaliste du bimensuel Rushyashya, Amani Ntakundi, à trois mois de prison. Il est accusé d’avoir porté atteinte à la bonne marche des travaux de la juridiction Gacaca de la région.
Le journaliste qui assistait à un procès ce jour là, avait pris des photographies. Muni d’une autorisation du service national des juridictions Gacaca, le journaliste pensait être dans son droit. Les juges ne l’ont pas entendu de la même oreille et l’ont immédiatement condamné. Amani Ntakundi a été conduit à la prison de Butare.
Ces condamnations interviennent au même moment que la suspension de l’hebdomadaire Umuseso pour une durée de trois mois, cible fréquente des autorités rwandaises. Lire le précédent communiqué
Source: http://www.rsf.org/deux-journalistes-condamnes-a-des,34186.html
4 juin 2009
Rwanda: Le TPIR devrait poursuivre vigoureusement les crimes du Front patriotique rwandais
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda devrait inculper au plus vite des officiers supérieurs du Front patriotique rwandais (FPR) soupçonnés d'avoir commis des crimes de guerre au Rwanda en 1994, a déclaré Human Rights Watch dans une lettre au Procureur général du TPIR rendue publique aujourd'hui. A ce jour, le Tribunal a jugé seulement des personnes de premier plan responsables du génocide rwandais de 1994 et n'a pas intenté de poursuites contre les officiers du FPR bien qu'ayant juridiction pour juger leurs crimes. Le 4 juin 2009, le Procureur général, Hassan Jallow, et le Président du Tribunal, le Juge Dennis Byron, présenteront un rapport au Conseil de sécurité des Nations Unies à New York, sur l'évolution des procès relatifs au génocide au Tribunal au cours des six derniers mois.
Le mandat du tribunal exige qu'il poursuive les personnes responsables du génocide et d'autres violations graves du droit international humanitaire commises au Rwanda en 1994. Cependant, contrairement au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, qui a engagé des poursuites contre des crimes commis par toutes les parties au conflit, le TPIR a poursuivi des personnes n'appartenant qu'à l'une des parties. Le Front patriotique rwandais est à présent le parti au pouvoir dans le pays. « Le fait que le Tribunal n'ait à ce jour pas jugé les crimes de guerre commis par le Front patriotique rwandais risque de donner l'impression qu'il ne rend qu'une 'justice des vainqueurs' », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Cette carence regrettable nuit aux efforts historiques du Tribunal visant à contribuer à la justice internationale. »
En 1994, le gouvernement rwandais, assisté par des dizaines de milliers de soldats, de milices et de citoyens ordinaires, a entamé une campagne génocidaire pour balayer la population tutsi du pays. La campagne s'est déroulée sur trois mois, entraînant la mort de 800 000 Tutsis et Hutus modérés, alors que la communauté internationale se contentait de regarder sans arrêter le massacre. Le Front patriotique rwandais à dominante Tutsi, dirigé par le Président actuel Paul Kagame, a mis fin au génocide après une campagne militaire au cours de laquelle ses forces ont tué des dizaines de milliers de civils au cours de cette même période de trois mois.
« Réclamer la justice pour les victimes des crimes du FPR ne revient pas à nier le génocide ni à exprimer une équivalence entre ces crimes et le génocide », a expliqué Kenneth Roth. « C'est affirmer simplement que toute victime, quel que soit le pouvoir des coupables présumés, a droit à ce que justice soit faite. »
Les crimes commis par le Front patriotique rwandais ont été bien documentés, notamment par une Commission d'experts des Nations Unies en 1994 qui a conclu que ce groupe avait « perpétré de graves violations du droit international humanitaire » et des « crimes contre l'humanité ». Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, entre avril et août 1994, le FPR a tué de 25 000 à 45 000 civils. Au moins quatre agences des Nations Unies, Human Rights Watch et d'autres organisations non gouvernementales ont aussi documenté les crimes du FPR. Le Tribunal a enquêté pendant plus de 10 ans sur les crimes commis par des éléments du FPR et a rassemblé des témoignages et des preuves concrètes.
Au lieu de procéder à la mise en accusation de ces affaires devant le tribunal basé en Tanzanie, le Procureur général Hassan Jallow a décidé en juin 2008 de transférer au Rwanda les dossiers de suspects du Front patriotique rwandais pour y être poursuivis. A cette époque, deux des chambres du Tribunal venaient de rejeter des demandes de transferts au Rwanda pour des affaires de génocide en instance au motif que le système judiciaire rwandais ne pouvait pas garantir de procès équitable.
« Etant donné la décision du Tribunal de ne pas transférer au Rwanda des affaires de génocide par crainte d'ingérence politique de la part des autorités rwandaises, il est difficile de comprendre pourquoi le procureur a envoyé à ces mêmes autorités une affaire sensible du Front patriotique rwandais pour qu'elle y soit jugée », a fait observer Kenneth Roth. « Le procureur aurait dû garantir que la justice serait rendue en jugeant ces affaires au Tribunal devant des juges impartiaux et équitables. » Dans un rapport au Conseil de sécurité de l'ONU en juin 2008, Jallow s'est engagé à observer de près le procès rwandais du FPR et de rappeler l'affaire si les procédures ne respectaient pas les normes internationales.
Le procès des officiers du FPR au Rwanda s'est avéré être une parodie de justice à connotation politique. Les autorités rwandaises ont arrêté quatre officiers militaires en juin 2008 et les ont accusés de crimes de guerre pour les meurtres en 1994 de 15 civils, dont 13 ecclésiastiques et un jeune garçon de 9 ans. Les procédures judiciaires n'ont duré que quelques jours sans quasiment aucune attention internationale. Le Bureau du Procureur du Tribunal a envoyé un observateur pour une journée de procès, les conclusions et le verdict. Deux des officiers ont avoué le meurtre et ont été condamnés à huit ans d'emprisonnement (peine réduite ensuite à cinq ans en appel). Deux officiers de rang supérieur ont été acquittés. Le Bureau du Procureur n'a pas encore publié de déclaration indiquant si le procès avait ou non respecté les normes internationales de procès équitable.
« Le Bureau du Procureur n'a pas observé le procès avec assiduité et n'a pas encore déclaré publiquement si ce procès avait respecté les normes internationales », a insisté Kenneth Roth. « Le Procureur Jallow devrait fournir son évaluation lorsqu'il présentera son rapport au Conseil de sécurité et s'engager à exiger des mises en accusation pour d'autres affaires concernant le Front patriotique rwandais. S'abstenir d'agir ainsi trahit les droits des familles des victimes à obtenir justice et risque de porter atteinte à la légitimité du Tribunal aux yeux des générations futures. »
Source:
Human Rights Watch
(Washington, DC), 31 mai 2009
18 août 2009
Rwanda: Les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda sont incomplets
Human Rights Watch
(Washington, DC)
New York — 25 000 à 45 000 meurtres commis par le Front patriotique rwandais en 1994 n'ont jamais été traités.
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pourrait perdre sa crédibilité s'il ne met pas en accusation et ne juge pas les officiers du Front patriotique rwandais (FPR) soupçonnés d'avoir commis des crimes de guerre au Rwanda en 1994, a indiqué Human Rights Watch dans une lettre au procureur général du tribunal rendue publique aujourd'hui.
Répondant aux déclarations du procureur général, Hassan Jallow, selon lesquelles il aurait fait tout ce qu'il pouvait pour enquêter sur les crimes commis par toutes les parties lors des événements de 1994, la lettre de Human Rights Watch fait remarquer que le tribunal a traduit en justice des personnalités de premier plan impliquées dans le génocide mais qu'il n'a pas engagé de poursuites contre des officiers du Front patriotique rwandais, le groupe rebelle qui a mis fin au génocide et qui est devenu depuis le parti au pouvoir au Rwanda. Le FPR est soupçonné du massacre de 25 000 à 45 000 civils au cours de trois mois en 1994.
« Le fait que le procureur ne se soit pas engagé à poursuivre des officiers supérieurs du FPR a entamé sa crédibilité et celle du TPIR », a déclaré Kenneth Roth, le directeur exécutif de Human Rights Watch. « Il ne lui reste que peu de temps pour remplir son mandat et pour défendre l'héritage du tribunal en tant que champion de la justice et du devoir de rendre des comptes pour toutes les victimes au Rwanda. »
Bien que le tribunal ait enquêté sur les crimes du FPR depuis plus de 10 ans et qu'il ait rassemblé des déclarations de témoins et des preuves matérielles, Jallow a déclaré au Conseil de sécurité de l'ONU le 4 juin 2009, dans un rapport sur l'avancement des travaux du tribunal, qu'il n'avait « pas de mise en accusation qui soit prête relativement à ces allégations à ce stade particulier ».
Human Rights Watch a insisté à plusieurs reprises auprès de Jallow pour qu'il définisse ses projets de poursuites judiciaires consécutives aux crimes commis par le Front patriotique rwandais avant que le mandat du tribunal n'expire à la fin de 2010.
Dans une lettre répondant aux précédentes demandes de Human Rights Watch, le procureur a soutenu que son bureau ne disposait pas de preuves suffisantes pour entamer des poursuites contre des officiers du Front patriotique rwandais. Le procureur a défendu sa décision de juin 2008 de transférer au Rwanda une affaire concernant le FPR pour qu'elle y soit jugée. Il a réitéré sa position selon laquelle la tentative du Rwanda pour exiger des comptes aux officiers du FPR lors du procès qui s'est déroulé l'année dernière devant un tribunal rwandais - connu sous le nom d'affaire Kabgayi - avait respecté les normes internationales de procès équitable. Les observateurs de Human Rights Watch lors du procès ont conclu que la procédure judiciaire équivalait à un blanchiment politique et un simulacre de justice.
Source:
http://fr.allafrica.com/stories/200908170687.html
26 août 2009
Génocide rwandais : un témoin clé se rétracte
Qui a tiré les missiles qui, en abattant l'avion du président rwandais
Juvénal Habyarimana
le 6 avril 1994, ont donné le signal du génocide des Tutsi ? Quinze ans après la tragédie, cette énigme jamais élucidée reste au centre du lourd contentieux politico-judiciaire qui oppose la France
et le Rwanda.
Un long témoignage, recueilli le 31 mai à Kigali, la capitale du Rwanda, par l'écrivain
Jean-François Dupaquier
, et dont Le Monde a pu visionner l'intégralité, tend à remettre en cause les conclusions du juge
Jean-Louis Bruguière
accusant les rebelles tutsi du général
Paul Kagamé
l'actuel chef de l'Etat - d'avoir commis cet attentat.
Dans ce document,
Richard Mugenzi
réfute le témoignage qui avait fait de lui l'un des témoins clés étayant les accusations du juge français. Cet opérateur radio, qui travaillait pour le service d'espionnage de l'armée du président Habyarimana, avait été entendu en 2001 dans le cadre de la procédure française. Il avait alors affirmé avoir, le lendemain de l'attentat, "personnellement intercepté" et "retranscrit" un message des rebelles tutsi félicitant l'"escadron renforcé" chargé d'abattre l'avion présidentiel. Aujourd'hui, il explique que ce message, comme bien d'autres, lui avait été dicté par ses supérieurs au titre d'opérations de désinformation, et qu'il ne l'avait donc pas capté sur les fréquences de l'armée dirigée par M. Kagamé.
Très sûr de lui, M. Mugenzi, 48 ans, affirme que le groupe d'officiers extrémistes hutu qui contrôlait le centre d'écoutes radio lui transmettait des messages rédigés par leurs soins qu'il transcrivait comme s'il les avait interceptés. Leur teneur visait à accuser l'ennemi tutsi et à attiser la haine contre lui. "Beaucoup de télégrammes étaient écrits au lieu d'être interceptés", assure aujourd'hui M. Mugenzi dans la vidéo recueillie par Jean-François Dupaquier.
Interrogé sur le message du 7 avril félicitant les auteurs de l'attentat, il précise : "Tous les messages qui avaient trait à la propagande, comme ce message-là, étaient écrits par lui (le colonel Nsengyumva, considéré comme l'un des cerveaux du génocide), et transcrits sur des fiches et des télégrammes (...). Je savais qu'à chaque fois qu'ils me disaient d'écrire, il y avait un coup qu'ils voulaient faire." Réagissant à la lecture de plusieurs messages accusant le FPR, il répète : "Ils étaient écrits sur un bulletin de transmission, je les ai recopiés." Et d'en conclure : "Je sais que l'attentat contre l'avion n'a rien à voir avec le FPR (le Front patriotique rwandais de Paul Kagamé)."
Interrogé dimanche 23 août par téléphone sur les raisons de son retournement, Richard Mugenzi affirme au Monde n'avoir jamais rencontré le juge Bruguière. Il précise que les enquêteurs qui l'ont interrogé à Arusha (Tanzanie) pour le compte du magistrat français "ne faisaient pas la distinction entre messages interceptés et messages reçus", et qu'il n'a pas jugé bon de les informer d'une manipulation qu'ils n'ont jamais eux-mêmes évoquée. "Je n'ai répondu qu'aux questions qu'on m'a posées", explique-t-il.
L'homme qui a vécu de 1998 à 2008 à Arusha, où il collaborait au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), est rentré récemment dans son pays. Chercherait-il à assurer sa sécurité en faisant ces déclarations dédouanant le FPR au pouvoir à Kigali ? "Je veux que la vérité soit connue, assure-t-il. Je n'ai jamais été dérangé par le pouvoir d'ici."
Jean-François Dupaquier, qui prépare un livre sur les origines du génocide, reconnaît que "les services rwandais ont pu retourner Richard Mugenzi". Mais, poursuit-il, "s'il dit la vérité, le message accusant le FPR ressemble au bordereau de l'affaire Dreyfus (utilisé pour accuser faussement le capitaine), et c'est énorme."
Le moment où est rendu public le témoignage de l'ancien opérateur radio invite à la circonspection. Depuis neuf mois, Kigali cherche, avec l'aide de la France, à déconsidérer l'enquête Bruguière. Paris a longtemps soutenu cette procédure qui, en accusant les Tutsi, permettait de relativiser le soutien français au régime génocidaire.
L'élection de M. Sarkozy a marqué un tournant radical. L'enquête de Jean-Louis Bruguière, dont ont hérité les juges Marc Trévidic et Philippe Coirre, est désormais considérée comme l'obstacle majeur à une réconciliation et au rétablissement des relations diplomatiques rompues depuis que, en novembre 2006, Jean-Louis Bruguière a délivré des mandats d'arrêt visant neuf dignitaires rwandais.
Négociée entre les deux pays, l'arrestation en novembre 2008, à Francfort, de Rose Kabuyé, une proche de M. Kagamé figurant parmi les neuf personnalités visées, a permis au Rwanda de prendre connaissance du contenu de l'enquête et de préparer la contre-attaque. Trois jours plus tard, Abdul Ruzibiza, témoin fondamental du juge Bruguière, affirmait dans un entretien accordé à une radio rwandaise avoir inventé ses accusations.
Les "aveux" parallèles de Richard Mugenzi viennent eux aussi à point nommé pour affaiblir la procédure et faire pression sur Paris. Ils sont rendus publics quelques semaines après que le président Kagamé a menacé publiquement de s'opposer au retour en France de Rose
Kabuyé qui, autorisée à rentrer provisoirement au Rwanda, doit être réentendue à Paris par les juges à la mi-septembre. Entre la justice chargée de déterminer les auteurs de l'attentat perpétré voici quinze ans, et des chefs d'Etat qui ont hâte de renouer, l'épreuve de force est désormais largement engagée.
Source:
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/08/25/genocide-rwandais-un-temoin-cle-se-retracte_1231666_3212.html
30 août 2009
Le témoignage de Richard Mugenzi n'est pas crédible
Depuis le témoignage de Richard Mugenzi qui met en doute les conclusions du juge français Jean-Louis Bruguière à propos des auteurs de l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, la presse pro-FPR s'en donne à coeur joie. La machine à démonter le rapport du juge anti-terroriste est bien relancée. Mais quel crédit accorder au témoignage de l'ex-opérateur de l'armée rwandaise que la presse partisane présente comme un espion de Juvénal Habyarimana alors qu'il n'était qu'un simple opérateur radio chargé d'émettre et de recevoir des messages?
Au delà de cette polémique qui amuse les connaisseurs du dossier rwandais, c'est la méthodologie du juge français qui est critiquable sur la forme et non sur le fond. Contrairement à l'enquête du juge espagnol Fernando Merelles qui a abouti aux mêmes conclusions, monsieur Bruguière a dévoilé ses sources et les noms de ses témoins. En plus lors de la tragi-comédie montée par le ministre français des affaires étrangères et mettant en scène madame Rose Kabuye au mois de novembre 2008, les avocats du FPR ont eu accès au dossier d'instruction. Les noms de tous les témoins et leurs témoignages sont connus. Le démontage du rapport est donc devenu plus facile pour décrédibiliser l'enquête en s'attaquant aux témoins clé retournables ou vulnérables.
Richard Mugenzi était une proie facile depuis que son identité était connue. Avant de faire ses déclarations, il a quitté la Tanzanie où il travaillait depuis 1998 pour le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). C'est à Kigali devant un journaliste français très proche du FPR, Jean François Dupaquier, qu'il s'est confié avant de poser fièrement à la une du New Times du 28 août, un journal quotidien anglophone qui véhicule la propagande du régime.
Il faut rappeler également que les premières déclarations de Abdul Ruzibiza lors de sa rétractation ont été faites sur les antennes d'une radio proche du FPR, Contact FM, et un journaliste français de Libération également proche du FPR, Christophe Ayad. Autre fait marquant de cette affaire de manipulation criminelle c'est l'assassinat du ministre Juvénal Uwilingiyimana dont le corps a été retrouvé dans un canal à Bruxelles. Il a été tué par des professionnels qui lui ont enlevé les poumons afin de camoufler les preuves médico-légales de sa mort avant d'être jeté dans l'eau. En effet, quand il y a présence d'eau dans les poumons à l'autopsie, cela veut dire que la personne était vivante avant la noyade. L'ex-ministre de l'industrie et de l'artisanat et ex-directeur de l'ORTPN (office rwandais du tourisme et des parcs nationaux) a été assassiné parce qu'il avait refusé de cautionner les manipulations sur l'assassinat du président Habyarimana. Les assassins voulaient qu'il déclare que c'est l'Akazu qui a tiré sur l'avion présidentiel pour déclencher le génocide. Il a payé cher sa dignité.
Richard Mugenzi n'a pas eu le courage de Juvénal Uwilingiyimana. C'était la mort ou le retournement. Reste à voir si la mayonnaise va prendre dans ce dossier lourd et hypersensible qui a entraîné l'assassinat de deux chefs d'état et des milliers de morts innocents. Mais on ne restera pas éternellement aux hypothèses, il faudra qu'un jour la vérité éclate, les Rwandais en sont convaincus. Et comme l'a dit l'ex-procureur du TPIR, la Suissesse Carla Del Ponte, "si c'est prouvé que c'est le FPR qui a tiré sur l'avion, c'est toute l'histoire du génocide rwandais à revoir." C'est ce que craignent le FPR et ses défenseurs qui multiplient manipulations et assassinats. Quand au juge français qui a pris sa retraite, ses témoins sont en danger car leur identité est désormais connue.
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10 septembre 2009
Accusé d'incitation à la haine raciale, Péan maintient sa thèse sur le Rwanda
PARIS (AFP) - Accusé par SOS Racisme d'incitation à la haine raciale, notamment pour avoir mis en avant la "culture du mensonge" du peuple tutsi, Pierre Péan a maintenu mercredi devant les magistrats de la cour d'appel de Paris les thèses soutenues dans son ouvrage sur le génocide rwandais.
Au coeur du procès: l'ouvrage "Noires fureurs, blancs menteurs" publié chez Fayard en novembre 2005, et consacré au génocide rwandais, qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie.
Scandalisée par quatre pages du livre où l'écrivain affirme que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation", l'association SOS Racisme avait porté plainte en octobre 2006 pour diffamation et incitation à la haine racialePour l'association de lutte contre le racisme, ces propos --d'autant plus graves selon elle qu'ils émanent d'un écrivain "de renommée"-- sont les mêmes que ceux qui ont conduit au génocide.
En dépit de cette argumentation, le 7 novembre 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait décidé de relaxer Pierre Péan et son éditeur Claude Durand.
Les juges avaient souligné "que si l'auteur attribue principalement aux Tutsis ce particularisme culturel, il le prête également aux Hutus et plus généralement aux Rwandais", "sans jamais nier la réalité du génocide".
En outre, avaient-ils continué, "même si la formulation qu'il emploie peut légitimement heurter ceux qu'il vise", les développements de l'auteur "ne contiennent néanmoins aucun appel ni aucune exhortation à la discrimination, à la haine ou à la violence susceptible de provoquer chez le lecteur un rejet ou une réaction à l'encontre des Tutsis".
Taxé par certains de "négationnisme", M. Péan avait été profondément touché par cette polémique.
Mercredi, devant la cour d'appel, il a pourtant maintenu son point de vue. Selon lui, au Rwanda, "la culture du mensonge, c'est comme Noël en décembre".
"J'ai écrit cela à partir de déclarations et de textes qui ont été acceptés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)", a-t-il argué, tout en rejetant "les accusations ignobles" de racisme formulées contre lui.
"Kigali a réussi à instrumentaliser la justice internationale. J'espère que la justice française, comme en première instance, refusera ce pacte de censure", a-t-il encore déclamé.
Ce n'est pas Paul Kagamé, l'actuel président rwandais, qui a "voulu ce procès", lui a répondu le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, se demandant "comment un peuple qui soi-disant a une telle capacité de manipulation soit arrivé à se faire massacrer".
D'ici jeudi soir, 13 témoins, historiens ou témoins du génocide, doivent se succéder à la barre. Les deux anciens ministres qui en en première instance étaient venus soutenir l'enquêteur (Bernard Debré et Hubert Védrine) n'ont pas été cités en appel. En revanche devrait témoigner jeudi la députée PRG de Guyane Christiane Taubira.
Le procès doit s'achever jeudi et la décision être mise en délibéré à plusieurs semaines.
21 août 2009
Lourdes condamnations de 27 femmes par le tribunal gacaca de Ninzi à Cyangugu
 Tribunal gacaca
Vingt sept femmes ont été lourdement condamnées par le tribunal gacaca tenu dans la cellule de Ninzi, secteur Kagano dans le district de Nyamasheke, province de l'Est. Elles sont accusées d'avoir lapidé à mort des Tutsi à la paroisse de Kagano dans la préfecture de Cyangugu. La majorité a été condamnée à 30 ans de prison, les autres ont écopées de 19 à 20 ans d 'emprisonnement. Les tribunaux gacaca qui termineront leurs travaux à la fin de cette année sont financés par l'Union européenne alors qu'ils sont condamnés par les organisations de défense des droits de l'homme. Plusieurs rwandais ont quitté le pays pour fuire ces tribunaux jugés par certains comme une justice des vainqueurs.
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21 septembre 2009
Le gouvernement rwandais recherche les plans de l'immeuble Kabuga
 Immeuble de Félicien Kabuga à Muhima abritant le quartier général de la police nationale rwandaise
Le building de Félicien Kabuga sur la route de Nyabugogo à Muhima dans la capitale rwandaise abrite le quartier général de la police nationale et les logements des cadres du FPR. Les travaux de rénovation de cet immeuble en beton armé ont été suspendus à la suite de la découverte de fissures. Le gouvernement rwandais aurait besoin des plans de construction de l'immeuble pour une analyse structurelle avant l'autorisation de la poursuite des travaux de réhabilitation. Curieusement c'est une société kenyane, Ngasi Consulting Engineers, spécialisée dans l'expertise et les travaux de génie civil qui a déclaré que le batiment présente des anomalies de construction. Kigali et Washington sont convaincus que Félicien Kabuga se cache au Kenya. Les autorités rwandaises ont médiatisé cette affaire peut-être pour essayer d'approcher la famille Kabuga à laquelle aucun frais de loyer n'est pourtant pas versé. Ses détracteurs l'accusent d'avoir financé le génocide rwandais, mais sa culpabilité n'a jamais été démontrée. Vivre caché est pesant pour sa famille dont les biens ont été spoliés par le gouvernement rwandais qui lorgne même sur les avoirs placés à l'étranger de ce "self made man" qui a construit sa fortune à partir de rien.
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26 septembre 2009
Pierre Péan répond à Elie Weisel
Mis en cause par le prix Nobel de la Paix dans le cadre de son procès sur son livre consacré au génocide rwandais, Pierre Péan nous a fait parvenir la lettre suivante.
"Quel honneur pour un auteur de susciter la réaction d'un prix Nobel de la Paix! Aurait-il écrit son papier quelques heures avant le début de mon procès pour influencer la Justice française? La chose serait indigne de lui. Je veux croire en revanche qu'en dépit de ce qu'il a écrit, il n'a pas bien lu mon livre, "Noires fureurs, blancs menteurs" et c'est pour cela qu'il le caricature de la sorte dans son article intitulé "Moralement déplorable et historiquement regrettable" . Pour que les lecteurs de nouvelobs.com qui n'auraient eu connaissance de mon livre que par la critique d'Elie Wiesel, je tiens d'emblée à préciser que j'ai été relaxé par la décision de justice intervenue en première instance dans le procès que me fait SOS Racisme pour diffamation raciale et provocation à la haine raciale. Procès intenté pour quelques phrases, qui se trouvent aux pages 41 à 44 de mon livre qui compte 500 pages, qui font partie d'une présentation rapide de l'histoire politique du Rwanda depuis le début du XXe siècle: ces pages ont été écrites avec Antoine Nyetera, un Tutsi descendant de la famille royale. Elie Wiesel travestit mon propos en cherchant à résumer d'une phrase mon livre: "Les chefs tutsis auraient été responsables de leur propre catastrophe qui, en fin de compte, est appelée génocide". Pourquoi parler au pluriel de "chefs tutsis" quand c'est une organisation politique, le FPR, doté de sa branche militaire, que j'accuse? J'affirme que Paul Kagame, alors à la tête du FPR, est responsable de l'attentat perpétré le 6 avril 1994 contre Juvénal Habyarimana, président légitime du Rwanda. Or, aujourd'hui, tout le monde admet que cet acte de guerre a été le facteur déclenchant du génocide. A ce titre, il porte donc une part de responsabilité décisive dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Depuis la parution de mon livre, en 2005, le juge Bruguière et un juge espagnol, Andreu Merellles, portent une appréciation semblable sur la responsabilité de l'actuel dictateur rwandais. Le juge espagnol a même lancé 40 mandats d'arrêt contre son entourage pour crimes de génocide. Elie Wiesel parle à partir de son expérience de la Shoah. Or, les deux catastrophes historiques que sont la Shoah et le génocide des Tutsis n'ont strictement rien à voir, et ne peuvent être comparés. C'est le FPR qui, le 1er octobre 1990, franchit depuis l'Ouganda la frontière rwandaise et fonce avec 7.000 soldats rebelles tutsis en direction de Kigali: la guerre est déclarée contre le régime d'Habyarimana. Après quatre ans de conflit, après le génocide des Tutsi et des massacres de masse de Hutu, c'est Paul Kagame qui prend le pouvoir à Kigali. "La vérité des victimes (…) mérite d'être privilégiée", dit Elie Wiesel. Paul Kagame n'est pas une victime, et la "vérité" qu'il cherche à imposer au monde est une terrible offense à la mémoire des victimes. Je respecte la compassion qu'Elie Wiesel témoigne aux victimes parce qu'elle est ancrée dans la mémoire de la Shoah, mais cette compassion n'est pas un moyen suffisant pour rechercher et cerner la vérité. L'histoire de la tragédie rwandaise n'est pas encore écrite; je crois y avoir apporté une modeste contribution, notamment en rappelant que les victimes ne furent pas exclusivement tutsies, qu'il y eut aussi des centaines de milliers de victimes hutues. Toutes les victimes méritent notre respect et notre compassion. Ne pleurer que les victimes tutsies est "moralement déplorable et historiquement regrettable"." Pierre Péan
Source: Nouvelobs.com du 21 septembre 2009
27 juillet 2009
Acquittement du général Paul Rwarakabije
Le tribunal gacaca de Kacyiru a acquitté samedi 25 juillet le général Paul Rwarakabije. Il était accusé de planification d'assassinat des personnes qui se sont cachées dans sa maison et d'autres qui se sont réfugiées au quartier général de la gendarmerie de Kacyiru. En tant qu'officier supérieur de la gendarmerie nationale pendant le génocide de 1994, le tribunal l'avait placé dans la première catégorie des suspects. Le tribunal présidé par Madame Françoise Gahamanyi l'a blanchi des dix chefs d'accusation. Ancien du collège Saint-André de Kigali, Paul Rwarakabije a poursuivi ses études à l'Ecole supérieure militaire (ESM) pendant 4 ans. Affecté à la gendarmerie nationale, il a gravi les échelons jusqu'à l'obtention de grade de Lt colonel. Avant 1994, il était commandant de l'unité chargée de la construction et de l'entretien des batiments de la gendarmerie avant d'être nommé G3 à l'Etat-major de la gendarmerie nationale. Après la défaite des Forces armées rwandaises (FAR) en juillet 1994, il prit le chemin de l'exil dans l'ex-Zaïre d'où il tentera de réorganiser ce qui restait de l'ex-armée rwandaise. A la tête de l'unité FOCA des FDLR installée dans le Masisi, il lança des excursions dans son pays natal qui se sont soldées par des représailles massives meurtrières auprès des populations civiles par l'Armée patriotique rwandaise (APR) notamment dans sa région d'origine, Ruhengeri. En 2004 il décida de jeter l'éponge et de rentrer au Rwanda avec une dizaine de fidèles pour "reconstruire son pays avec les nouvelles autorités rwandaises", disait-il à l'époque. Il fut intégré dans les Forces rwandaises de défense, ex-APR. Au mois de février de cette année, il fut nommé commandant-adjoint de l'opération rwando-congolaise Umoja Wetu pour déloger les FDLR mais il fut rapidement remplacé par un autre ancien membre des FDLR, le général Jérome Ngendahimana qui est rentré avec lui en 2004. Sa position aurait été repérée par ses anciens compagnons qui voulaient lui faire la peau pour haute trahison. Le général Rwarakabije est actuellement chargé de la commission nationale de démobilisation et de réintégration. Un autre ancien officier supérieur des FAR, le colonel Aloys Nsekalije, a été également récemment acquitté par un tribunal gacaca. Le général ex-FAR Marcel Gatsinzi, actuel ministre de la défense, a comparu au tribunal gacaca de Huye à Butare en tant que simple témoin. Le Tribunal pénal international (TPIR) d'Arusha a également acquitté un autre ancien haut responsable des FAR, le général Gratien Kabiligi. Les ex-FAR ne sont donc pas tous des "génocidaires" comme le prouvent ces acquittements y compris au sein des combattants FDLR qui opèrent en RDC et pour lesquels il faut trouver une solution autre que militaire.
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5 novembre 2009
«Un mur de silence à briser»
L’autobiographie de Carla Del Ponte, ancienne procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, vient de paraître en français aux Editions Héloïse d’Ormesson. Extrait des premières pages du prologue, dans lesquelles elle raconte sa première déconvenue à ce poste.
«Lors de ma première visite à Washington en tant que procureure générale des Tribunaux des Nations unies pour les crimes de guerre, je suis allée demander son aide à l’un des hommes les plus puissants de la planète. C’était un mercredi après-midi de la fin septembre 2000, et j’inaugurais ainsi une longue série de voyages que j’effectuerais au fil des ans pour faire appel à des dirigeants politiques et à des directeurs d’organisations internationales. J’avais besoin d’eux pour forcer la main à des Etats aussi peu coopératifs que la Serbie, la Croatie et le Rwanda; j’avais besoin d’eux pour nous aider à obtenir des éléments de preuve; et j’avais surtout besoin d’eux pour nous aider à appréhender des fugitifs inculpés de crimes de guerre. Ce jour-là, j’avais rendez-vous à deux pas de la Maison-Blanche, dans le Old Executive Office Building qui abrite le Bureau exécutif du président et du vice-président des Etats-Unis. J’étais accompagnée de mes assistants. Nous suivîmes un appariteur dans un long couloir vide où résonnait le claquement de nos pas. (En voyant toutes ces colonnes qui font mine de soutenir d’innombrables corniches et linteaux décoratifs, je me dis que je n’avais plus revu pareille volonté de faire étalage de force, de stabilité et de permanence depuis ma dernière promenade au palais Bourbon, au centre de Paris.) Nous fûmes introduits dans une pièce sans caractère, où nous attendait George Tenet, le directeur de l’Agence centrale du renseignement, la CIA. Il avait beaucoup de dossiers urgents sur les bras. Dix ans après l’invasion du Koweït par l’Irak et l’entrée en vigueur de sanctions économiques qui avaient brisé la vie de milliers d’Irakiens, Saddam Hussein était toujours au pouvoir. Tout le monde se plaignait de l’envolée du baril de pétrole qui atteignait désormais la somme faramineuse de 35 dollars et, dans quelques heures à peine, Ariel Sharon gravirait l’Esplanade des mosquées, le Haram al-Sharif de Jérusalem, visite qui déclencherait la seconde Intifada. Tenet savait peut-être déjà que quelques semaines plus tard, les foules descendraient dans les rues de Belgrade pour renverser Slobodan Milosevic. En Corée du Nord, Kim Jong-Il jouait à faire peur à la communauté internationale avec son programme nucléaire militaire. Les agents de la CIA traquaient Oussama ben Laden. Nous n’étions qu’à onze mois du 11 septembre.
»Je venais demander à Tenet de coordonner les activités de la CIA avec les initiatives de notre Bureau et d’autres services de renseignement afin de capturer deux des hommes les plus recherchés de la planète: Radovan Karadzic et Ratko Mladic. Le Tribunal les avait inculpés pour des faits liés, entre autres choses, au siège et au bombardement de Sarajevo, aux opérations de nettoyage ethnique qui avaient déplacé des centaines de milliers de gens et au massacre de près de 7500 prisonniers musulmans à Srebrenica, des hommes et des garçons essentiellement, le plus grand massacre perpétré en Europe depuis les semaines qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand des escadrons de la mort communistes avaient exécuté des milliers de prisonniers rapatriés de force en Yougoslavie par les Alliés. Mon anglais était incertain. Depuis le matin, mes assistants me bombardaient de questions et multipliaient les pièges afin de me préparer à cet entretien. Tenet était parfaitement au courant des agissements de Karadzic et de Mladic en Bosnie, et plus particulièrement à Srebrenica. J’eus très vite l’impression que nous nous comprenions et je voulais croire qu’il accepterait de partager certains rapports de surveillance et d’écoutes téléphoniques de la CIA, me donnerait quelques conseils, m’aiderait à procéder à des interpellations, et ferait tout ce qu’il pourrait pour accélérer la capture de ces fugitifs et d’autres.
»Tenet fit remarquer que Karadzic avait quelque chose d’un parrain de la mafia sicilienne. La comparaison me fit sourire. J’étais bien placée pour connaître ce genre de personnage. Et avec ses joues flasques, Tenet, d’origine grecque, respirait l’exubérance méditerranéenne et la volonté autoritaire, entre autres traits des chefs de clan siciliens. Tout cela était fait pour me plaire, car ce sont exactement là les qualités qu’il faut à un bon espion pour être efficace. Il m’assura que la CIA était activement engagée dans cette chasse à l’homme, mais qu’appréhender quelqu’un comme Karadzic, qui ne parle jamais au téléphone ni ne signe le moindre document, relevait de l’exploit: «Je traque des types dans le monde entier… Il nous a fallu sept jours pour trouver Noriega avec 20?000 GI.» Il cita au passage le nom de Ben Laden, puis conclut: «Karadzic est ma priorité numéro un.»
»J’étais aux anges. Le plus grand espion de l’unique superpuissance de la planète était en train de nous assurer que son agence faisait tout ce qui était en son pouvoir pour retrouver la trace de l’un de nos fugitifs les plus recherchés. En retraversant le couloir sonore, j’appréciais désormais la force, la stabilité et la permanence qu’incarnaient les colonnes et les corniches et, en ressortant, cet après-midi d’automne me parut plein de promesses. Je devais intervenir quelques semaines plus tard devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour annoncer qu’à bien des égards, notre première année d’existence avait été très fructueuse. Nous avions concentré nos efforts sur l’inculpation des plus hauts responsables que nous pouvions poursuivre. Les équipes de procureurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) s’apprêtaient à juger des dizaines de génocidaires. Le gouvernement de Croatie avait fourni les premières pièces apportant la preuve de l’implication de l’ex-président Franjo Tudjman et d’autres hauts responsables croates dans des crimes commis pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine. Politiquement, le vent semblait tourner en Serbie et le pays ne resterait plus très longtemps sous la coupe de Milosevic. Autant d’éléments qui me portaient à penser que je pourrais bientôt mener à bien les poursuites engagées par le Tribunal pour la Yougoslavie, obtenir des preuves indispensables, arrêter les accusés, les faire inculper, éteindre la lumière et m’attaquer à de nouveaux défis.
»J’étais naïve. Je croyais que Tenet ferait suivre ses paroles d’actes. Je n’imaginais pas qu’il dressait ce que l’on appelle en italien un «muro di gomma», un mur de caoutchouc, pour ne pas avoir à m’opposer clairement un refus. Lorsque vous adressez une requête ou une demande délicate à des gens puissants, il arrive très souvent que vos propres paroles vous reviennent, comme si elles avaient rebondi sur ce mur de caoutchouc. Vous avez alors l’impression d’entendre ce que vous aviez envie d’entendre. Vous pouvez même avoir le sentiment que votre initiative a enfin débouché sur du concret.
»Au début de ma carrière, je m’étais heurtée plus souvent qu’à mon tour à ce mur de silence et j’avais parfois dû essuyer des formes de résistance plus rudes, voire des menaces physiques. J’avais rencontré – et je rencontrerais encore – ce mur de silence au cours de réunions avec beaucoup de gens puissants, depuis des financiers de la mafia jusqu’à des banquiers et des politiciens suisses, en passant par des chefs d’Etat comme George Bush et des Premiers ministres comme Silvio Berlusconi, des bureaucrates de l’administration publique et de divers services des Nations unies et, vers la fin de mon mandat, des ministres européens des Affaires étrangères qui semblaient prêts à accueillir la Serbie dans le giron de l’Union européenne, alors même que les dirigeants politiques, la police et l’armée de Serbie s’obstinaient à protéger des hommes qui avaient abattu de sang-froid des milliers de prisonniers sous les yeux du monde entier. Je ne connais qu’un moyen de briser ce mur de silence et de servir les intérêts de la justice: affirmer ma volonté, avec constance et opiniâtreté.»
Source: http://www.letemps.ch
9 novembre 2009
Génocide rwandais : Un présumé génocidaire arrêté
NATIONAL (RC) - La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a arrêté un immigrant rwandais sous motif de crimes de guerre, commis lors du génocide de 1994.
Les enquêteurs ont appréhendé l'homme de 37 ans, Jacques Mungwarere, vendredi à Windsor, en Ontario. Il a comparu brièvement samedi devant un tribunal d'Ottawa.
M. Mungwarere restera en prison jusqu'à sa prochaine comparution prévue la semaine prochaine. Selon la section des crimes de guerre de la GRC, cette arrestation est le fruit d'une enquête de six ans, menée tant au Canada qu'aux États-Unis et au Rwanda.
Mungwarere aurait commis des crimes dans la région de Kibuye au Rwanda.
C'est la deuxième fois seulement qu'une personne est accusée au Canada en vertu de la Loi sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre, qui est entrée en vigueur en octobre 2000.
La semaine dernière, le Rwandais Désiré Munyaneza à été condamné par un tribunal du Québec à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération avant 25 ans.
Le sergent Marc Ménard a d'ailleurs indiqué qu'il y avait un lien entre le cas de M. Mungwarere et celui de Munyaneza, mais n'a pas donné de détails sur les accusations portées samedi.
Le génocide au Rwanda, en 1994, avait fait 800 000 morts.
Source: http://qc.news.yahoo.com
21 novembre 2009
Provocation à la haine raciale: Péan relaxé
La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi 18 novembre la relaxe de Pierre Péan. L'écrivain et enquêteur était poursuivi pour diffamation raciale et provocation à la discrimination raciale à la suite de son ouvrage sur le génocide rwandais "Noires fureurs, blancs menteurs". Son avocate, maître Florence Bourg, a salué "une victoire de la liberté d'expression". De son côté, l'avocat de SOS Racisme, partie civile au procès, maître Lef Forster, a annoncé qu'il allait former un pourvoi en cassation.
"Race l'une des plus menteuses"
Dans ce livre sur le génocide rwandais, qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie, Pierre Péan soutient que "la culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis". "Dès leur plus tendre enfance, écrit-il encore dans les quatre pages incriminées, les jeunes Tutsis étaient initiés à la réserve, au mensonge, à la violence et à la médisance". "C'est ce qui fait de cette race l'une des plus menteuses qui soit sous le soleil".
Plainte de SOS Racisme
En octobre 2006, de telles affirmations avaient décidé SOS Racisme à porter plainte. Pour l'association, ces propos - d'autant plus graves selon elle qu'ils émanent d'un écrivain "de renommée" - sont les mêmes que ceux qui ont conduit au génocide. En dépit de cette argumentation, le 7 novembre 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Pierre Péan et son éditeur Claude Durand. Le ministère public avait alors fait appel sur le seul délit de provocation à la haine raciale, tandis que SOS Racisme avait fait appel sur le tout.
Source: Nouvelobs.com du 18/11/2009
3 décembre 2009
Rwanda-Belgique: La justice belge condamne un mourant
Atteint d'un cancer de la prostate avec métastases au stade terminal, Ephrem Nkezabera a été condamné mardi à 30 ans de réclusion par la cour d'assises de Bruxelles pour des crimes de guerre, dont des meurtres et des viols, commis durant le génocide de 1994 dans son pays. Pourtant l'ancien directeur général de la Banque commerciale du Rwanda (BCR) n'a que 6 mois maximum à vivre.
Monsieur Nkezabera a été arrêté en 2004 à Bruxelles sur mandat d'arrêt du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui avait demandé à la Belgique de le juger en vertu de la loi belge dite de "compétence universelle."
www.irwanda1.com
7 novembre 2009
Verdict clément pour Michel Bagaragaza
L'ancien directeur de l'OCIR Thé, Michel Bagaragaza, ne restera que 3 ans en prison. Le TPIR l'a condamné à huit ans de prison pour complicité de génocide mais il s'était déjà fait prisonnier le 16 août 2005. Manipulé par ceux qui veulent imposer la thèse de l'Akazu qui aurait abattu l'avion du président Juvénal Habyarimana en vue de commettre le génocide, il n'a pas pu convaincre d'autres hauts dignitaires originaires de Gisenyi pour appuyer cette thèse ridicule. Juvénal Uwilingiyimana est mort à cause de lui parce qu'il a refusé de cautionner cette manipulation criminelle.
Michel Bagaragaza, alors réfugié au Pays Bas, avait été inculpé par le TPIR de quatre chefs d'accusation: Complot en vue de commettre des actes de génocide, complicité de génocide et de violations des Conventions de Genève de 1949 et du Protocole additionnel II de 1977.
Les juges ont réduit sa peine car il aurait démontré un réel « regret pour ses actes et a contribué de façon importante aux poursuites et aux investigations. » Ils ont ajouté qu'il avait « contribué de façon remarquable au processus de découverte de la vérité concernant la tragédie rwandaise et la réconciliation nationale ». Mais quelle vérité? Le peuple rwandais l'attends toujours.
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