3 février 2010

Les FDLR ont repris la plupart de leurs bastions

Par Colette Braeckman (Extrait de son article dans ALTERNATIVES)

Le bilan des opérations militaires est lui aussi sujet à controverse. Au Ministre belge des Affaires étrangères, les officiels ont tenu des propos optimistes : selon eux, les opérations menées contre les rebelles hutus ont réussi à démanteler les principales bases des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), à les faire reculer en forêt et à forcer près de 20.000 d’entre eux à regagner le Rwanda. Mais les échos venant du terrain sont bien différents. Buabua, dont l’ONG Helpage construit des routes dans l’intérieur du pays en recourant à la main d’œuvre locale, payée cash 3 dollars par jour de travail, a constaté que les FDLR avaient repris la plupart de leurs bastions, à Walikale entre autres, et reconstitué leurs circuits d’exportation de minerais… « Nous avons affaire à une véritable armée, bien structure, bien organisée et qui bénéficie de nombreuses complicités locales ; au sein de l’armée, de la société civile, des Hutus congolais… L’opération conjointe réunissant l’armée conglaise et la MONUC a été mise en échec.. »D’autres sources nous démontrent qu’ici aussi le circuit de la guerre s’autofinance : « dans les brousses où se trouvent les FDLR, des ONG médicales soulagent les populations civiles, mais aussi, elles soignent et transportent des combattants blessés, assurant même leur logistique. Pourquoi voudriez-vous que la guerre s’arrête ? »

De plus, c’est vers le Rwanda, toujours hostile à toute forme de négociation avec les FDLR, que se dirigent les filières d’exportation des minerais tandis que le makala (charbon de bois) qui contribue à déboiser le parc des Virunga se vend de l’autre côté de la frontière, depuis que le président Kagame a interdit de couper les arbres sur le territoire rwandais…

Source: http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/le-cycle-de-la-guerre-n-est-pas

14 janvier 2010

Kinshasa et Kigali montrent la sortie à l’ONU



La RD-Congo et son voisin rwandais poussent à un retrait progressif des 19 000 casques bleus, ce que certains jugent prématuré

Haro sur la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monuc) ! À Kinshasa comme au Rwanda, limitrophe des principales zones de déploiement des casques bleus, l’heure est à la critique contre la première mission de maintien de la paix au monde, forte de 19 000 hommes. Voire à la demande de son retrait.

En visite, jeudi 7 à Kigali et vendredi 8 janvier à Kinshasa, Bernard Kouchner a pu jauger l’hostilité des gouvernants des deux pays vis-à-vis du déploiement onusien, dont il s’est lui-même montré critique. « Les forces de l’ONU présentes en RDC sont insuffisantes, non seulement en nombre, mais aussi et surtout en qualité », avait-il déclaré le 22 décembre devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française.

Le lendemain, le président congolais Joseph Kabila disait son « souhait » de recevoir un plan de désengagement de la Monuc avant le 30 juin 2010, « parce que nous pensons que depuis le début de cette année, il y a une amélioration nette de la situation sécuritaire dans l’est du pays ». Le 30 juin marquera le cinquantenaire de l’indépendance de l’ancien Congo belge.

Hostilité des gouvernants des deux pays vis-à-vis de la Monuc

Il semble que Congolais et Français travaillent sur un nouveau schéma : « moins de Monuc, plus d’ONU ». Concrètement, moins de casques bleus et plus d’acteurs du développement sur le territoire de RDC. Cela, alors que la Monuc se plaint… du manque de troupes pour sécuriser des territoires immenses. « C’est comme d’essayer de couvrir un lit avec un drap trop petit », résume le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de la mission onusienne.

Paradoxalement, c’est le soutien jugé excessif de la Monuc à une armée congolaise accusée de crimes contre les civils qui avait, en décembre, fait débat au Conseil de sécurité (lire La Croix du 23 décembre). Des rapports de l’ONU et de l’organisation Human Rights Watch avaient révélé des massacres commis par d’anciens rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dans le cadre de l’opération Kimia 2, visant à combattre les rebelles hutus rwandais installés en RDC. Interrompue le 31 décembre, celle-ci va céder la place à une opération plus ciblée, Amani Leo (« La paix maintenant », en swahili), qui bénéficiera d’un soutien plus limité de la part de la Monuc.

« Dans le cadre de Kimia 2, nous fournissions des rations alimentaires aux 16 000 soldats engagés dans l’opération, explique Kevin Kennedy, porte-parole de la Monuc. Désormais, nous n’allouerons que des rations de combat et uniquement aux unités impliquées dans des opérations planifiées conjointement avec la Monuc. »

Soutien excessif de la Monuc à une armée congolaise accusée de crimes

Bien des observateurs s’interrogent sur la crédibilité des Forces armées de RDC (FARDC) sans le soutien onusien – logistique, transport des troupes, évacuations sanitaires, et même appui direct dans certains combats.

Certains trouvent suspectes ces demandes de retrait, alors que des scrutins importants se profilent : les mandats des députés et du président Joseph Kabila arriveront à échéance en 2011. Or, les dernières élections, en 2006, n’avaient pu se tenir que grâce à une mobilisation massive des soldats de l’ONU et de la communauté internationale, qui les avait financées.

« Kabila ne peut gagner les prochaines élections qu’en fraudant, et il ne veut pas de témoins », estime un journaliste congolais. Son rapprochement avec le Rwanda, entamé il y a un an, risque de lui aliéner sa base électorale de l’est du pays.

A l'approche de scrutins, ces demandes de retrait sont suspectes

À la présidence rwandaise, on n’a pas de mots assez durs contre la Monuc, dont 95 % des troupes sont déployées dans la zone d’influence directe de Kigali. « Son budget annuel d’un milliard de dollars pourrait être mieux utilisé pour développer l’économie », juge un proche du pouvoir.

Quittant Kinshasa après avoir rencontré les principaux responsables de la Monuc, Bernard Kouchner n’envisageait pas de retrait brutal de la force onusienne : « La critique est facile, c’est la paix qui est difficile », concluait le chef de la diplomatie française.

Laurent d’ERSU, à Kigali et Kinshasa

Source: http://www.la-croix.com

3 janvier 2009

RDC: Amani Leo après Kimia II contre les FDLR

La RDC a annoncé une nouvelle offensive contre les FDLR baptisée Amani Leo (la paix maintenant) après l'opération Kimia II qui s'est terminée le 31 décembre avec un bilan mitigé. Les FARDC seront encore une fois épaulées par les troupes de la MONUC et du CNDP de Bosco Ntaganda sous le coup d'un mandat d'arrêt de la cour pénale internationale (CPI). Amani Leo connaîtra peut-être le même sort que les autres offensives précédentes très médiatisées et qui se sont terminées en queue de poisson.

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3 novembre 2009

L'Onu suspend son assistance à l'armée dans l'est de la RDC

Les Nations unies ont décidé de suspendre leur assistance opérationnelle et logistique dans l'est de la République démocratique du Congo à l'armée gouvernementale, soupçonnée d'être responsable de la mort d'une soixantaine de civils entre mai et septembre.

"Selon nos informations, ces civils ont été sciemment pris pour cibles par des unités de l'armée", a déclaré à Radio Okapi Alain Le Roy, chef du département des opérations de maintien de la paix de l'Onu, qui est en visite dans la région.

"Nous avons décidé que la Monuc (Mission d'observation des Nations unies au Congo) allait immédiatement suspendre son assistance logistique et opérationnelle aux unités de l'armée impliquées dans ces assassinats", a-t-il ajouté.

Alain Le Roy a précisé que les unités concernées, engagées dans une offensive contre les rebelles rwandais installés dans la région, appartenaient à la 213e brigade de l'armée congolaise.

Les civils ont été tués dans le secteur du village de Lukweti, à 80 km au nord-ouest de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.

L'offensive gouvernementale lancée en début d'année contre les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) avait été approuvée par le Conseil de sécurité de l'Onu, afin d'en finir avec les causes profondes de l'instabilité dans l'Est.

On estime que plus de 1.000 civils ont été tués et que plus de 7.000 femmes et enfants ont été violés lors de cette offensive, qui a également déplacé 900.000 habitants de la région.

Source: Agence REUTERS

 

 

 

12 août 2009

Hillary Clinton dénonce au Kivu le recours au viol

Hillary Clinton s'est rendue mardi à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, où la secrétaire d'Etat américaine a rencontré le président congolais Joseph Kabila et l'a exhorté à combattre les effusions de sang et les violences envers les femmes.

Goma, qui abrite des dizaines de milliers de réfugiés ou de déplacés dans des villages de tente, est situé dans l'une des zones les plus dangereuses au monde pour les femmes et les enfants, de l'avis des ONG humanitaires.

 

"Nous sommes très préoccupés par les victimes civiles, tant les morts que les viols", a dit Hillary Clinton lors d'une conférence de presse.

L'armée gouvernementale et les 17.000 hommes de la Mission des Nations unies au Congo - la plus importante jamais déployée dans le monde - s'efforcent tant bien que mal de stabiliser l'est de la République démocratique du Congo, dont les richesses minières et les haines ancestrales attisent les tensions.

La RDC a salué le succès de son opération militaire contre les groupes de rebelles opérant dans la région, mais ces derniers ont en représailles tué des centaines de civils et contraint des milliers d'autres à fuir leur domicile.

Hillary Clinton, qui a fait de la dénonciation des violences envers les femmes l'une des priorités de sa visite, a rencontré des victimes de violences sexuelles et a exhorté la RDC et l'Onu à punir leurs auteurs.

"Les atrocités dont un si grand nombre ont souffert distillent l'essence même du mal. Ceux qui attaquent les populations civiles en recourant systématiquement au viol sont coupables de crimes contre l'humanité", a dit la secrétaire d'Etat à des employés d'ONG.

Après sa rencontre avec le président Kabila, Hillary Clinton s'est rendue à Mugunga, un camp de personnes déplacées proche de Goma où 18.000 personnes se sont réfugiées.

"PAS DE BAGUETTE MAGIQUE"

Elle a écouté des récits de viols et a dit à ses interlocutrices qu'elle voulait leur venir en aide.

"J'ai dit au président Kabila que nous voulons aider à mettre fin aux violences afin que vous puissiez rentrer chez vous", a-t-elle déclaré à Chantal Mapendo, dirigeante d'un groupe de femmes du camp.

Hillary Clinton a aussi soulevé la question de la contrebande de minerais comme la cassitérite et le coltan, qui sert pour la fabrication de téléphones portables, dont le trafic alimente toutes les guérillas.

"La communauté internationale doit commencer à étudier les mesures que nous pouvons prendre pour tenter d'empêcher que les richesses en minerais de la RDC aboutissent dans les mains de ceux qui financent les violences", a-t-elle dit.

"Tant que le commerce des minerais ne sera pas devenu légal et transparent, aucune paix ne sera possible au Congo", estime John Prendergast, un spécialiste de l'Afrique.

La secrétaire d'Etat, qui visite au pas de charge sept pays africains en onze jours, est attendue après Goma au Nigeria , la nation la plus peuplée du continent où la corruption est florissante.

Elle ira ensuite au Liberia , pays jadis meurtri par une terrible guerre civile, et dans l'archipel du Cap-Vert, au large du Sénégal, avant de rentrer à Washington vendredi.

Les observateurs s'interrogent sur les chances de voir sa visite peser sur la situation au Congo.

"Tout ce que nous avons obtenu, c'est une série de cartes de visite", dit Christine Schuler-De Schryver, qui se présente comme une militante internationale.

Hillary Clinton a elle-même reconnu qu'elle n'avait pas le pouvoir de résoudre les problèmes du Congo en une visite.

"Je ne veux pas faire de promesses excessives. Je ne suis pas ici pour laisser une carte de visite, mais je n'ai pas non plus de baguette magique", a-t-elle dit.

Source: Reuters

Lundi 19 janvier 2009

RDC: L'initiative française serait scandaleuse

Selon le journal Le Monde édition du 17 janvier, la France aurait une initiative pour tenter de régler le conflit qui sévit au Nord Kivu. Le plan mettrait en avant trois axes principaux pour son nouvel effort diplomatique, qui doit avoir comme point d'orgue la tournée prévue en mars de M. Sarkozy en Afrique (RDC, Congo-Brazzaville, Niger).

Premier axe: D'abord, lancer l'idée d'une coopération pacifique fondée sur des projets concrets, tels que l'exploitation en commun, par la RDC et le Rwanda, des ressources minières du Nord-Kivu,qui font l'objet de toutes les convoitises des protagonistes de la guerre. Cette piste pourrait comporter la mise en place d'une société mixte. Cela permettrait au pouvoir congolais de récupérer des revenus aujourd'hui détournés par l'exportation illégale de minerais évacués vers l'océan Indien, via le Rwanda.

Deuxième axe : Une initiative sur la question foncière, qui est au coeur des tensions intercommunautaires dans le Nord-Kivu en raison d'une longue histoire de déplacements de populations.

Troisième axe : Travailler sur les problèmes de statut pour les minorités au Congo, singulièrement celui de la représentation politique de la minorité tutsi au niveau local.

La première proposition serait un scandale et une première mondiale. Dans l'histoire de l'humanité, un pays qui pille illégalement les richesses d'un autre aurait le droit de les exploiter légalement. Au nom de quoi le Rwanda aurait le droit d'exploiter les richesses de la RDC?

Pour les autres axes du plan français, c'est un nosence. La question foncière et la représentativité des minorités ethniques n'ont jamais posé de problème en RDC. Les Tutsis et les Hutus congolais ont toujours été  considérés comme des citoyens de la RDC à part entière. Certains Tutsis ont même occupé des postes importants à Kinshasa comme Bisengimana Bwima du temps de Mobutu. La question des Banyamulenge et autres Tutsis qui vivaient en harmonie depuis des millénaires avec leurs concitoyens congolais a été utilisée à des fins politiques pour s'emparer des richesses de la RDC après avoir chassé du pouvoir le dictateur Mobutu. Pourtant, au départ l'attaque des camps des réfugiés rwandais en novembre 1996 était motivée par la poursuite des présumés "génocidaires" qui empêchaient les gens de retourner au Rwanda après la victoire du FPR. Après, les troupes menées par James Kabarebe ont poursuivi leur route vers Kinshasa pour installer au pouvoir Laurent-Désiré Kabila, laissant derrière eux les ex-FAR. La suite on la connait.

Ce qui se passe dans la région des Grands Lacs dépasse l'entendement mais on comprend de mieux en mieux pourquoi la tragédie du Rwanda et son onde de choc dans les pays voisins en particulier en RDC a fait autant de victimes. Le dialogue inter-rwandais est la seule solution à ce conflit né du génocide rwandais et exporté sur le sol congolais.

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Mardi 20 janvier 2009

La balkanisation de la RDC toujours à l’ordre du jour.
Après le « Plan Cohen », maintenant le « Plan Sarkozy »

Les pans de voile commencent à être levés. Il est désormais clair que toutes les guerres d’agression imposées à la République démocratique du Congo sont dictées de l’extérieur. Mieux, de véritables coups de boutoir en vue de consacrer l’inexistence de la RDC en tant qu’Etat et Nation. Si le « Plan Cohen » évoque le rattachement économique du Kivu au Rwanda et à d’autres pays anglophones, le président français vient de jeter le pavé dans la mare en proposant la « restructuration » de la région des Grands Lacs. Donc la balkanisation de la RDC pour des raisons économiques.

Lors de son message de vœux au corps diplomatique accrédité en France, le président français, Nicolas Sarkozy, a fait un tour d’horizon général de grandes questions internationales. Abordant le chapitre de l’Afrique, et plus particulièrement de la région de l’Afrique des Grands Lacs, il a tenu exactement ces propos ; « Quant à la région des Grands Lacs, la violence s’est une fois déchainée. L’option militaire n’apportera aucune solution aux problèmes de fond qui se posent de façon récurrente depuis dix ans. Il faut trouver une nouvelle approche pour apporter aux pays de la région l’assurance que l’ensemble de ces questions sera réglé de façon globale. Cela met en cause la place, la question de l’avenir du Rwanda avec lequel la France a repris son dialogue, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite. Cela pose la question de la République démocratique du Congo, pays à la superficie immense et à l’organisation étrange des richesses frontalières. Il faudra bien qu’à un moment ou un autre, il y ait un dialogue qui ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel mais un dialogue structurel comment dans cette région du monde, on partage l’espace, on partage les richesses et on accepte de comprendre que la géographique a ses lois, que les pays changent rarement d’adresse et qu’il faut apprendre à vivre les uns à côté des autres ? »

Quelques heures plus tard, le Journal Le Monde, dans son édition du 18 janvier 2009, reprend ce discours en allant en profondeur pour confirmer l’existence du « Plan Sarkozy » comme initiative de paix qu’il compte en discuter avec les autorités de Kinshasa lors de son séjour au mois de mars. Séjour prévu initialement au mois de janvier. A ce propos, Sarkozy avait envoyé un de ses conseillers, Bruno Joubert qui a été reçu par le président Kabila. Si le président Kabila a manifesté de « l’intérêt » à ce plan, selon le journal Le Monde, « aucun accord ne s’est encore dessiné », affirme toujours le journal Le Monde.

Mais dans les axes du Plan Sarkozy, le premier ne diffère pas du « Plan Cohen ». Il propose « l’exploitation en commun par la RDC et le Rwanda les richesses du Nord-Kivu ». Ce qui permettrait à la RDC de récupérer « des revenus aujourd’hui détournés par l’exploitation illégale des minerais évacués vers l’océan Indien » (Sic). Exactement comme le soulignait Cohen avec la création d’un « Marché commun comprenant le Rwanda, la RDC, l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya et le Burundi ».Ce « plan » Sarkozy a tout l’air d’avoir été influencé par un « lobby » facile à deviner.

Restructuration, partage, organisation étrange : trois concepts dangereux

Cependant, le « Plan Sarkozy » dit tout haut ce que les commanditaires des guerres d’agression contre la RDC expriment par les armes. Le président français propose la « restructuration » de toute la région des Grands Lacs. Cette restructuration ne peut se faire que par la convocation de la « Conférence de Berlin-bis » pour remettre en cause les frontières héritées de la colonisation lors de l’accession des pays africains à l’indépendance. Pourrait-on savoir si le président Sarkozy aurait le même courage politique de proposer au parlement français la restructuration de l’Europe centrale pour accorder l’indépendance à la Corse qui la réclame depuis de nombreuses années ? Non. Pourquoi alors le demander aux Congolais ?

Sarkozy va plus loin en proposant le « partage » de l’espace et « des richesses naturelles ». Quel est l’espace que l’on doit partager ? Le Kivu ? Pourquoi ? Si la nature a fait que la superficie du Rwanda soit « petite » et que l’étendue géographique de la RDC soit immense, quel est le crime commis par le Congo pour devenir impérativement « trop généreux » de par la volonté des étrangers ? Ensuite, pourquoi seulement les richesses du Kivu ? Qu’est-ce que le Rwanda donne en échange pour partager avec la RDC ?

Non ! La RDC partage déjà un même espace avec le Rwanda dans le cadre de l’Afrique centrale et de l’Afrique des Grands Lacs. Ce qui explique l’existence de la Communauté économique des Pays des Grands Lacs, CEPGL, et de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, CIRGL. Ces organisations existent de par la volonté des pays européens dont la France. Pourquoi les ignorer subitement ?

Dans le cadre de la CEPGL, la RDC, le Rwanda et le Burundi ont créé des sociétés mixtes. Notamment l’Energie des Grands Lacs, EGL ; l’Institut de Recherche Agronomique et Zootechnique, IRAZ ; la Société internationale pour l’Electricité des Grands Lacs, SINELAC ; et enfin, la Banque de Développement des Etats des Grands Lacs, BDEGL.

Bien plus, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs a approuvé 10 projets prioritaires à impacts visibles sur les populations frontalières. Il s’agit des projets suivants : Création d’un Mécanisme régional d’Appui aux Institutions de micro-finance, Bassins transfrontaliers de Développement, Projet régional sur la sécurité alimentaire dans la région des Grands Lacs, Relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (qui a déjà reçu un montant de 50 millions de dollars pour redémarrer), Mécanisme régionale de certification des ressources naturelles pour mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises ; Exploitation du Gaz méthane du Lac Kivu, Programme d’amélioration des projets d’infrastructures et facilités des transports… et nous en passons.

Un Fonds spécial pour la reconstruction de la région a été mis sur pied. La RDC a déjà affecté 500 mille dollars ainsi que la Tanzanie pendant que le Rwanda a versé sa participation pour le bon fonctionnement du Secrétariat exécutif de la CIRGL. Mieux encore, il a été décidé de créer des « triangles ou zones de croissance », justement pour « partager » l’espace des Grands Lacs et les richesses naturelles de cette région et non d’un seul pays. Le but poursuivi « est de susciter des implications sur la paix, la sécurité ainsi que sur l’intégration sociale et la participation des communautés au développement des régions concernées ». Doit-on rejeter tous ces projets parce qu’ils ont été proposés par des Africains ?

Si les choses traînent, c’est parce que le Rwanda brandit toujours la question sécuritaire. Or, le président français ne devrait pas oublier que la République démocratique du Congo compte près de 450 ethnies et qui ne se sont jamais fait la guerre. Mais depuis des décennies, le Rwanda qui ne compte que « DEUX » ethnies est toujours en guerre avec au bout le génocide de 1994 après avoir exporté la rivalité interethnique au Congo (Voir le Kivu et l’Ituri). A ce propos, la France y est intervenue avec l’Opération Turquoise. Ce « Plan Sarkozy » viserait-il à dédouaner la France pour son dialogue avec le Rwanda, surtout après l’arrestation tumultueuse de Rose Kabuye ? C’est une affaire franco-rwandaise qui ne concerne nullement la RDC. Elle ne peut servir de voie de sortie. Pire ; le président français qualifie « d’organisation étrange » les institutions et les dirigeants de la RDC. Propos et concepts très dangereux aux agendas cachés quand on sait que des « conseillers occidentaux » sont à la base de cette organisation étrange. A quoi servent alors tous ces appuis et encouragements des ambassadeurs français accrédités en RDC ? De la poudre aux yeux ?

Encore un « faux pas de Sarkozy » après celui de Dakar qui a soulevé le tollé en Afrique sur la repentance. Que ce « plan » soit publié quatre jours avant l’entrée en fonction de Barack Obama, cela suscite des interrogations et n’est pas gratuit.

Le Kivu n’est pas le Proche Orient

La RDCconsidère la France comme un « Etat partenaire naturel ». Depuis De Gaulle jusqu’ à Chirac en passant par Giscard D’Estaing et Mitterrand, la France a toujours été aux côtés des opprimés, et particulièrement avec la RDC en se distinguant par une coopération dynamique et multisectorielle. Particulièrement la Francophonie. Si la France de Sarkozy voudrait « changer » le monde, il ne lui appartient pas de transformer le Kivu en Proche-Orient. En se rendant ce lundi 19 janvier à Charm el Cheik, en Egypte, Sarkozy devrait mesurer toutes les conséquences de sa proposition porteuse des germes de guerre. Il n’y a pas de paix dans cette partie du monde pour autant que certaines puissances ont fait « d’Israël un Etat fort ». Si telle est la vision pour la région des Grands Lacs, il n’y aura jamais de paix. Sarkozy le reconnaît lui-même avant de proposer le contraire ; « … on accepte de comprendre que la géographie a ses lois, que les pays changent rarement d’adresse et qu’il faut apprendre à vivre les uns à côté des autres ». Qui de la RDC ou du Rwanda devrait changer d’adresse ? Il revient au chef de l’Etat français de répondre à cette interrogation au regard de son plan.

Ceci dit, il appartient au peuple congolais dans la sérénité et maturité, surtout aux autorités congolaises de bien analyser tous ces « plans ». Ils convergent vers un même objectif ; la balkanisation de la République démocratique du Congo. Et lorsque le président français parle « d’une organisation étrange », ce n’est nullement un compliment à l’endroit du peuple congolais, moins encore à la classe politique congolaise. C’est peut-être une vérité, mais à la fois une véritable méprise.

Source: http://www.lepotentiel.com

Vendredi 23 janvier 2009

Six mille soldats rwandais au Sud-Kivu, selon la rébellion


La rébellion hutu rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a affirmé mercredi que "6.000" soldats rwandais étaient entrés mardi dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC, dans le cadre de l'opération visant la rébellion.

"Environ 6.000 hommes lourdement armés sont entrés dans le Sud-Kivu; ils ont été immédiatement déployés dans les localités de Mwenga et dans le parc de Kahuzi-Biega, selon les rapports de terrain qui me sont parvenus", a déclaré mercredi à l'AFP le président des FDLR, Ignace Murwanashyaka, joint en Allemagne.

La localité de Mwenga est située à environ 80 km au sud-ouest de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, frontalier du Rwanda.

La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) avait estimé mardi qu'entre 1.500 à 2.000 soldats rwandais auraient pénétré mardi en RDC.

"Sur le terrain (au Sud et au Nord-Kivu), la situation est encore très calme. Nous n'avons pas encore été attaqués. Mais ça peut changer à tout moment. Ces milliers de soldats de l'armée rwandaise ne sont pas venus en promenade; ils sont venus faire la guerre", a poursuivi le président.

"Nous ne sommes pas là pour faire la guerre. Seulement, nous nous défendrons si nous sommes attaqués. Les négociations pour nous attaquer ont débuté en septembre (2008), nous sommes préparés, mobilisés depuis", a ajouté M. Murwanashyaka.

Kigali et Kinshasa avaient annoncé le 5 décembre leur intention de combattre ensemble les FDLR, dont certains membres ont participé au génocide de 1994, qui a fait selon l'ONU environ 800.000 morts parmi les Tutsi et les Hutu modérés.

Dans un communiqué transmis en outre mercredi à l'AFP, les FDLR "condamnent haut et fort la guerre en cours". Les FDLR "demandent à la communauté internationale de prendre sans tarder des sanctions sévères contre le gouvernement rwandais, premier responsable de cette nouvelle guerre".

Selon les FDLR, les soldats rwandais "vont commencer leur sale besogne d'exterminer les réfugiés hutus rwandais, rares rescapés du génocide commis par le FPR (Front patriotique rwandais, ex-rébellion tutsi aujourd'hui au pouvoir à Kigali) et ses alliés contre eux dans les années 1996-1998 dans l'est de la RDC", affirme le communiqué.

Source: http://www.lalibre.be

 

Lundi 26 janvier 2009

Premiers combats entre armées alliées et FDLR: Début de l'intox médiatique

Selon l'état-major conjoint de l'opération des armées du FPR et de la RDC, neuf rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont été tués dans la province du Nord-Kivu. Les combats se seraient déroulés vendredi et samedi  dans la localité de Mabenga, à 70km au sud-est de Mitimingi, au sud du territoire de Lubero. Mais cette information a été vite démentie dimanche par le président des FDLR, Ignace Murwanashyaka. Ce dernier affirme d'ailleurs qu'aucun combat n'a eu lieu entre ses troupes et l'armée gouvernementale. Qui, selon lui, a perdu en revanche neuf soldats dans des combats avec des miliciens maï-maï de la RDCongo.

La zone des affrontements se situe dans la région de Kanyabayonga, ville qui verrouille l'accès au nord de cette province limitrophe du Rwanda.  Les FDLR n'ont jamais occupé cette région.

Les Rwandais nous ont trompés», déclarait à l'Afp le porte-parole de Laurent Nkunda, Bertrand Bisimwa, au sujet de l'arrestation de son chef. Pour Bisimwa, Nkunda a été mis aux arrêts alors qu'il allait discuter, à Gisenyi (ville rwandaise frontalière de la RDCongo), avec les autorités rwandaises des actions à mener contre les Fdlr. Et non, comme l'ont indiqué ces dernières, pendant qu'il était en fuite. Bisimwa a ajouté ignorer si Laurent Nkunda se trouvait toujours détenu à Gisenyi. «On ignore s'il y est encore, les Rwandais ne parlent à personne», a assuré Bertrand Bisimwa.


Au moins 5.000 soldats rwandais sont entrés au Nord-Kivu depuis mardi, selon la dernière estimation samedi de la mission de l'
ONU en RDC (Monuc).


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Samedi 31 janvier 2009

Justice: 40 mandats d’arrêt pour crimes commis au Rwanda et en RDC

Le sénateur espagnol Père Saupol a fait part, mercredi, au Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, d’un extrait de décision judiciaire de la justice de son pays qui a lancé, après enquête, un mandat d’arrêt international à 40 officiers rwandais, auteurs de crimes commis au Rwanda et en RD Congo, ces dernières années, sans préciser la période.

M. Saupol a indiqué que l'Espagne compatit aux souffrances qu’endurent les Congolais, principalement ceux de l’est de ce pays, à cause des guerres prolongées.

Un élan de solidarité a été, à cet effet, monté en Espagne qui souhaite voir la RDC renouer les relations tant diplomatiques que commerciales avec n’importe quelle nation ou organisation.

Le sénateur espagnol a également exprimé le souhait de son pays de voir les populations civiles congolaises protégées, au cours des opérations que mène actuellement dans l’est de la RDC la coalition Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC)-Unités de renseignements du Rwanda contre les ex-FAR (Forces armées rwandaises), les Interahamwe et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Source: PANA 

Mardi 3 fevrier 2009 

Qui est Bosco Ntaganda, le nouveau chef du CNDP?

Bosco Ntaganda serait né en 1973 et serait de nationalité rwandaise et d’origine tutsi. Il aurait lutté dans l'Armée Patriotique rwandaise durant le genocide rwandais en 1994. Il serait l’ancien chef adjoint de l’état major général des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), la branche armée de l’UPC (l’Union des Patriotes Congolais).

L’UPC a été crée en 2000 et est accusé d’être responsable du massacre de civils dans les provinces de Mongbwalu et d’Ituri en République Démocratique du Congo en 2000), lequel a entraîné le déplacement de plus de 100.000 civils. L’UPC aurait également procéder à l’enrôlement et la conscription d’enfants de moins de 15 ans et à les faire participer activement à des hostilités. Thomas Lubanga (cf. « ramifications »), ancien chef d’état-major des FPLC, aurait nommé Bosco Ntaganda à la tête de la branche militaire de l’UPC.

Bosco Ntaganda était le premier recruteur de soldats en Ituri subordonné à Thomas Lubanga. Il est accusé d’avoir utilisé cette autorité pour mettre en œuvre la politique des FPLC d’enrôlement et de conscription d’enfants de moins de 15 ans et de les faire participer activement aux hostilités en Ituri (RDC) de juillet 2002 à décembre 2003. Ntaganda est également accusé d’avoir exercé une autorité de jure et de facto dans les camps d’entraînement d’enfants soldats de Bule, Centrale, Mandro, Rwampara, Irumu, Bogoro et Sota. Il est enfin accusé d’avoir pris part à des attaques des FPLC auxquelles ont participé des enfants soldats.

En 2002, des soldats de l’UPC sous le commandement de Ntaganda auraient été impliqués dans la tuerie des civils appurtenant aux éthnies Lendu et Ngiti dans les villes de Songolo, Bunia et Mongbwalu.

Ntaganda a été arrêté à Kinshasa en 2002 mais a été mis en liberté en échange du ministre Ntumba Luaba qui avait été déténu par le chef d’une milice en Itouri, Kahwa Mandro.

Il a été nommé général dans les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) en décembre 2004, mais a refusé sa promotion.

En avril 2005, les autorités de la RDC ont émis un mandat d’arrêt contre Ntaganda qui est accusé d’avoir commis les crimes de torture, meurtre, détention illégale et arrestations arbitraires. Ntaganda aurait également été impliqué dans des incidents concernant les membres des forces du maintien de la paix en 2004, notamment l’enlèvement d’un marocain ainsi que le meurtre d’un kenyan. Il est également suggéré qu'’il aurait été impliqué dans le meurtre de deux assistants d’aide humanitaire en RDC.

Après avoir quitté l’armée en 2006, Ntaganda serait devenu le chef d’état major du Congrès National pour la Défense du Peuple. Le groupe, connu par son acronyme français CNDP, est la branche politique de la milice dirigée par Laurent Nkunda (voir « ramifications ») dans les provinces du Nord et Sud- Kivu du Congo.

Un mandat d'arrêt à l’encontre de Ntaganda a été initialement délivré le 22 août 2006 par la Chambre préliminaire I de la Cour Pénale Internationale (CPI) mais est demeuré sous pli scellé, notamment parce que cela aurait pu inciter Bosco Ntaganda à fuir ou entraver travail de la Cour. Mandat d’arrêt rendu public le 28 avril 2008. Source: http://www.trial-ch.org
   

NB: Selon nos sources, Bosco Ntaganda n'a pas combattu dans l'APR contrairement à Laurent Nkunda(batware) qui a quitté l'université adventiste de Mudende pour aller combattre au sein de la branche armée du FPR. Il serait mercenaire recruté par Thomas Lubanga et s'est fait connaître dans les événements de l'Ituru en RDC d'où il a reçu le surnom de Terminator pour sa cruauté. Les hauts responsables de l'APR que nous avons contactés avouent ne pas le connaître. Alors pour qui roule Bosco Ntaganda? Aurait-il un autre "vrai" nom?

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Dimanche 25 janvier 2009

Congo-Kinshasa: Brouillard, mensonges, cafouillages et désordre


Kinshasa — Coup sur coup et en l'espace de 48 heures on a assisté à plusieurs positions contradictoires données par des responsables politiques congolais et rwandais au sujet de l'entrée des troupes armées régulières rwandaises sur le territoire congolais depuis la nuit du mardi dernier.

Vital Kamerhe, président de l'assemblée nationale a été le premier à surprendre l'opinion par des déclarations pour le moins opposées à celles livrées le même jour par Lambert Mende Omalanga, ci devant ministre de la Communication et Médias et de surcroît porte-parole du gouvernement. Il a été relayé le lendemain par le chef d'Etat Major Général des FARDC qui a déclaré la main sur le coeur ignorer les tenants et les aboutissants de la décision ayant autorisé le déploiement du corps expéditionnaire rwandais.

Le brouillard est si épais étant donné que du côté des responsables des institutions de la République l'on assiste à des positions contradictoires pour une matière relevant de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale du pays qui sont ainsi violées au grand jour par des forces armées d'un pays fortement impliqué dans ce drame humanitaire unique en son genre. Cela fait désordre aussi car personne ne semble se soucier de la situation des populations civiles non armées vivant dans ces contrées où la guerre fait partie intégrante du décors quotidien depuis bientôt quinze ans.

Ces déclarations contradictoires proférées par les plus hauts responsables du pays confirment la thèse de l'incompétence et de la mauvaise gestion de la chose publique. Est-ce que le gouvernement contrôle-t-il encore la totalité du territoire national ? L'ironie du sort, c'est qu'au même moment trois armées étrangères effectuent des opérations militaires de grande envergure à l'Est du pays sans que certaines institutions de la République n'aient été associées aux décisions ayant permis ces déploiements armés. Qui croire alors ? Et si demain des dérapages sont constatés en termes des massacres des populations civiles autochtones, viols, pillages et destructions méchantes, qui va en assumer la responsabilité ?

La première autorité à se plaindre a été le président de l'assemblée nationale qui s'est déclaré révolté d'apprendre par les médias ce déploiement des troupes armées régulières rwandaises pour traquer les FDLR et cela de la bouche du ministre de la Communication et Médias. Ce, alors qu'il existe un plan adopté en octobre de l'année dernière par son institution pour régler ce problème de désarmement des FDLR. Ce plan militaire, a-t-il rappelé, faisait plutôt appel aux troupes de la SADC étant donné que les populations du Kivu ne peuvent pas supporter la présence des troupes rwandaises eu égard aux multiples exactions commises par elles tout au long de leur appui au mouvement rebelle du RCD entre 1998 et 2003. Ce plan avait été envoyé à l'ONU, Union Africaine, Union Européenne et la SADC, a-t-il précisé. Avant de servir de base des discussions lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement à Nairobi.

Vital Kamerhe qui parlait avec son cour et son sang car intéressé au plus haut point du fait d'être originaire de ce coin de la République est allé loin en déclarant tout haut qu'il s'agit d'un problème de vie ou de mort pour les populations du Kivu. De plus, a-t-il signalé, ces troupes rwandaises sont déployées dans des localités où l'on n'a jamais fait part de la présence des FDLR. Enfin, le président de l'assemblée nationale a déploré l'absence des mesures d'encadrement et d'évaluation de ce corps expéditionnaire qui risque de se comporter comme dans un territoire conquis avant de s'accrocher à des faux fuyants pour prolonger indéfiniment leur présence sur le sol congolais. Et Bofassa Djema, député de l'opposition de renchérir que « ces troupes rwandaises vont se comportent comme en août 1998 lorsque refusant de regagner leur pays d'origine, elles ont lancé un raid aéroporté sur Kinshasa et ensuite sur d'autres coins de l'Est du Congo en contribuant ainsi à la création d'une nouvelle rébellion, le RCD dont le siège était installé à Goma ».

Le président de la chambre basse s'est même permis de puiser dans l'histoire récente du pays pour relever d'énormes erreurs commises dans les différentes tentatives de traitement de ce dossier de désarmement des FDLR. Et plus particulièrement le manque de prise en compte de la protection des populations civiles et non armées car comment est ce que l'on va distinguer les populations autochtones des éléments des FDLR, s'est-il interrogé à haute voix. Un point de vue qui vient d'être défendu par les autorités burundaises qui craignent déjà de vivre un autre génocide des populations hutu.

Didier Etumba conforte Vital Kamerhe

Pour sa part, interrogé à ce sujet, le chef d'Etat Major Général des FARDC qui revenait du front de Dungu dans la province Orientale où les FARDC, l'armée ougandaise et celle du Soudan sont en train de traquer les éléments de la LRA de John KONYI, a indiqué « qu'il y a une position du gouvernement qui a été donnée. Je dois d'abord me renseigner, moi-même. Nous avons un gouvernement qui a certainement donné une position ». Comme pour dire qu'il n'a jamais été associé à cette décision qui semble avoir été concoctée par deux personnalités, notamment le général James Kabarehe, chef d'Etat Major Général de l'armée rwandaise et le général major John Numbi, Inspecteur Général de la Police Nationale. Un accord qui, au risque de provoquer des frustrations au sein de l'Etat Major Général des FARDC, pèche par le défaut de qualité dans le chef de la partie signataire congolaise.

Selon le ministre Mende Omalanga, la mission du corps expéditionnaire rwandais durera entre 10 à 15 jours. Ce que réfute sans ambages un député originaire du Kivu et membre de la majorité présidentielle qui considère à ses yeux que « cela est techniquement impossible quelques soient la haute connaissance et la technique que ces forces rwandaises pourraient mettre en jeu à ce sujet ».

Le Burundi lance un avertissement sévère

Des échos provenant du Sud Kivu font état de l'entrée des troupes rwandaises à partir de la localité historique de Kamanyola, ce qui a énervé les autorités burundaises qui craignent un génocide des populations hutu congolaises vivant dans la plaine de la Ruzizi. Un avertissement par lequel Bujumbura fait savoir qu'il ne va pas demeurer les bras croisés en cas de dérapages quelconques, a indiqué un observateur attitré de cette sous région chaude des Grands Lacs. Etant donné qu'il s'agit des populations congolaises parlant le Kirundi implantées le long de la rivière Ruzizi et qui ont hébergé les combattants des divers mouvements rebelles burundais durant la guerre de libération déclenchée au lendemain de l'assassinat du président Melchior Ndadaye en 1993 par des extrémistes tutsi burundais.

Plus de 7.000 éléments rwandais lourdement armés

Estimé au départ à 2.000, le nombre de ce corps expéditionnaire rwandais semble dépasser le chiffre de 7.000 éléments lourdement armés qui, curieusement aux dires du ministre de la Communication et Médias seraient dotés d'une mission d'observation à l'instar de la Monuc qui est composé des 17 mille hommes et femmes déployés sur l'ensemble du territoire congolais.
Là où le bât blesse, c'est d'apprendre de la bouche de la ministre rwandaise que « toutes les forces sont sous le commandement de l'armée congolaise. C'est là le fruit d'efforts récents intenses et sincères, diplomatiques, militaires et autres de la part de divers acteurs pour ramener la paix et la stabilité dans la région ». Comme démenti aux propos de Lambert Mende, il n'y a pas mieux et ça fait désordre. De même, Mme Rosemary Museminali, ministre rwandaise des Affaires Etrangères avait déclaré il y a quelques jours que le corps expéditionnaire rwandais avait comme mission de se mettre aux côtés des FARDC, CNDP, Pareco et autres mouvements armés de la RDC pour traquer les FDLR. Cette cacophonie au niveau des hautes autorités politiques et militaires de deux pays ne profite à personne sauf à installer une confusion au sein des populations locales qui ne savent plus à quel saint se vouer surtout en cas de dérapages qui ne manquent pas dans ce genre d'opérations.

Par Fidèle Musangu, Le Phare du 23 janvier 2009.

Source: http://fr.allafrica.com

 
 

10 février 2009

Les ex-combattants dissidents des FDLR se rétractent la veille du rapatriement

Quelque 74 ex-combattants rwandais du RUD-RPR, une branche dissidente des FDLR et leurs dépendants du camp de Kasiki (Lubero), qui devaient être rapatriés au Rwanda hier dimanche par la Monuc ont fui leur camp pendant la nuit.

Des ex-combattants hutu rwandais du RUD-RPR du camp de Kasiki en territoire de Lubero ont disparu avant leur rapatriement au Rwanda. La veille de cette disparition, une campagne de sensibilisation a été menée par l'Eglise du Christ au Congo. Mgr José Bulambo Lembe Lembe, vice-président de l'ECC-Sud/Kivu et coordinateur du projet de rapatriement des réfugiés rwandais, a appelé les membres de RUD-RPR à méditer cette parole de la Bible qui dit qu'il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix.

A ce sujet, il a indiqué que l'ECC et le Conseil protestant rwandais vont aider les ex-commandants candidats au rapatriement. Mais, cette initiative a tourné court, au grand dam du représentant de la Monuc et du gouvernement. La raison de cette désertion demeure inconnue jusque-là, rapporte radiookapi.net

Les 74 ex-combattants FDLR et leurs 94 dépendants sont introuvables. Ils ont laissé derrière eux, les animaux de la basse cour, des vêtements, des couvertures, des matelas, des vivres et même des ustensiles de cuisine. Les ex-combattants et leurs dépendants seraient partis dans la précipitation, selon le gestionnaire du camp Fataki Avazi.

Pour le représentant du gouvernement à la cérémonie de fermeture du camp de Kasiki, rien n'indique la fuite des candidats au rapatriement. Il a rappelé à la radio onusienne que samedi dernier, tous les ex- combattants et leurs dépendants ont exprimé le voeu de retourner au bercail. Toutefois, ajoute-t-il, les portes leur restent ouvertes s'ils veulent regagner le camp. Ils bénéficieront de l'appui du CICR et du HCR, conclut- il.

Pendant ce temps, au Sud Kivu, le rapatriement des ex-combattants hutu et autres réfugiés rwandais se poursuit. Le bureau du HCR/Bukavu a rapatrié samedi dernier 290 réfugiés rwandais qui sont sortis des forêts de Masisi et Walikale dans le Nord-Kivu et ont été amenés à Bukavu à bord de 5 camions.

Le HCR a rapatrié plus de 660 réfugiés depuis une semaine pendant que la Monuc/Bukavu a rapatrié environ 100 ex-combattants hutu rwandais et plusieurs centaines de leurs dépendants.

La dernière vague de ces ex-combattants, soit 20 combattants des FDLR et 47 dépendants est partie samedi dernier par la Ruzizi I.

Source: www.lepotentiel.com

 

Samedi 7 février 2009

L'Ouganda dévoile l'accord secret du 5 décembre 2008

Le désir de voir la RD Congo briser le joug de son humiliation par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, supplétifs des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d'Israël et de plusieurs multinationales du monde entier avec la complicité de Joseph Kabila et du gouvernement congolais porte en lui-même le danger de la consécration de la pensée unique.

Tel est le cas du secret de l'accord signé entre les émissaires de Joseph Kabila et le Rwanda le 5 décembre 2008. Cet accord qui a favorisé l'entrée récente (et supplémentaire) de l'armée rwandaise au Congo-Kinshasa peut être dévoilé à partir de la demande Kampala de prolonger la durée de l'offensive de son armée contre les rebelles de la LRA dans la Province Orientale de notre pays. « Cette offensive, note Marie-France Cros, ne va pas sans susciter des remous en Ouganda. L'état-major général a, en effet, été court-circuité, selon la lettre d'information Southern African Monthly Regional Bulletin (MRB, janvier 2009).

C'est le fils de Museveni, le lieutenant-colonel Muhoozi Kainerugaba qui commande l'offensive, indique cette publication. MRB ajoute que l'absence de stratégie de sortie de cette opération conjointe a été critiquée par des officiers ougandais, tandis que le représentant de l'Onu pour le Nord-Ouganda, l'ex-président mozambicain Joaquim Chissano, a mis en garde Museveni contre une sous-évaluation de la capacité militaire de la LRA. » (M.-F. CROS, L'offensive ougandaise pose question, dans La Libre Belgique du 04 janvier 2009)

La demande de prolongation de la durée de l'offensive ougandaise est liée à un secret de polichinelle: la balkanisation du Congo. En effet, écrit Marie-France Cros, «ce malaise des militaires ougandais survient alors que, selon MRB, le chef des Affaires politiques du bureau présidentiel ougandais, Moses Byaruhanga, a déclaré que Kampala appuierait... une fédération des provinces congolaises du Kivu et Orientale, voire leur indépendance si Kinshasa l'acceptait. Ce point de vue serait soutenu par le porte-parole de l'armée ougandaise, le major Felix Kulayigye, qui a évoqué le précédent du Sud-Soudan, dans l'attente d'un référendum sur son autodétermination. Il s'agirait, selon MRB, de stabiliser la région. » (Ibidem. Nous soulignons)

A qui profiterait l'indépendance du Kivu et de la Province Orientale? A l'Ouganda et au Rwanda? Ces deux pays font tout pour que leurs rêves se transforment en réalité. Et Joseph Kabila et son gouvernement jouent le jeu.

Le rêve de Museveni n'est pas différent de celui de Kagame

Pour rappel, Kagame fut « le numéro deux des renseignements militaires » en Ouganda sous le règne de Museveni après qu'il ait renversé Milton Obote. Beaucoup d'autres Tutsis Rwandais lui ayant prêté main forte ont occupé des fonctions importantes dans l'armée ougandaise avant que Museveni, poussé par la pression populaire, ne les aide à réaliser leur coup de force au Rwanda contre Habyarimana le 06 avril 1994. Ce faisant, il cherchait à étendre son influence à travers toute l'Afrique centrale.

Museveni et Kagame avaient signé des accords qui ne cessent de livrer leurs secrets avec Laurent-Désiré Kabila avant qu'il ne renverse Mobutu et prenne le pouvoir au Congo le 17 mai 1997. Donc, nous sommes là face à «un duo» travaillant continuellement ensemble, malgré la guerre de Kisangani. Il est supporté par les mêmes parrains.

Se confiant à Alain Chevalérias lors d'une interview, un colonel français ayant participé à l'opération Turquoise lui donne des preuves de ce soutien. « Aujourd'hui,lui dit-il, l'Ouganda de Museveni est un régime totalitaire. On voit aussi les Etats-Unis travaillant à structurer l'alliance entre Kampala et Kigali, entre Museveni et Kagame. Par exemple, après la victoire de ce dernier au Rwanda, c'est le génie des forces armées américaines qui ont refait la route entre les deux capitales. Washington a aussi fourni des blindés M113 et d'autres équipements militaires à l'armée tutsie victorieuse. »

La structuration de cette alliance se fait aux dépens des frontières héritées de la colonisation et des vies humaines congolaises. A travers le MRB, le pouvoir politique de Kampale en dévoile l'un des soubassements. Celui-ci n'est rien d'autre que la reconduction des accords signés avec Laurent-Désiré Kabila. A travers le MRB, l'Ouganda rend service aux Congolais occupés à demander que le contenu de l'accord signé le 5 décembre 2008 soit dévoilé au cours d'une probable rencontre des députés en session extraordinaire.

Source: http://fr.allafrica.com/stories/200902060221.html

 

8 février 2009

FDLR-CNDP - Fonds de commerce à Kinshasa et à Kigali

La vérité est en train d'éclater. Le pan de voile a-t-il été levé sur cette guerre qui n'en finit pas au Kivu? S'il est toujours prématuré de répondre à cette interrogation en attendant l'échéance de fin février, le président de la République a tout simplement donné raison à ceux qui affirment que le couple FDLR et CNDP sert désormais de fonds de commerce à ceux qui en tirent le compte à Kinshasa comme à Kigali. A la justice d'agir pour démanteler ces réseaux maffieux.

La dernière déclaration du président de la République sur l'existence des «réseaux maffieux» au Nord et au Sud-Kivu apporte des éclaircies autour du mystère qui entoure jusque là la «Guerre du Kivu». Une guerre récurrente dont on attribue la cause à des discordances ethniques ou tribales, à la sécurité et à la protection des minorités.

Mais la pile d'analyses sans complaisance que se sont imposés des observateurs avertis, ont révélé que cette guerre était au centre des enjeux économiques tant sur le plan national, régional qu'international. A plusieurs reprises, les différentes missions d'enquête diligentées tant par l'Assemblée nationale, le Sénat que l'Onu, sont revenues sur cette hypothèse mais sans suite : la guerre au Kivu est une guerre économique. Elle est soutenue par des forces occultes qui se recrutent en RDC, en Ouganda et au Rwanda ainsi que dans des sociétés multinationales qui tirent les ficelles pour exploiter à moindre coût, mais illégalement, d'importantes quantités de minerais vendues sur le marché international et qui leur rapportent des bénéfices faramineux. Les vrais commanditaires de ces conflits armés.

A l'image du «sang sur les liannes», il y a eu du «sangs sur les collines» à cause du diamant, l'or, mais surtout le coltan, le manganèse et le niobium. Pour couvrir cette exploitation honteuse et criminelle, il a fallu des prétextes, notamment les FDLR, le RCD et le CNDP, sans oublier les milices criminelles de l'Ituri. Voilà pourquoi toutes ces guerres n'en finissent pas, car les FDLR, le CNDP, UPC, le RCD, tant qu'ils existaient, servaient de fonds de commerce aux maffieux tapis à Kinshasa et Kigali, avec des antennes au Sud et au Nord-Kivu.

Le rapport de l'Onu, la chute des cours: des couperets

Evidemment, la question qui a brûlé les lèvres de nombreux observateurs était celle de savoir comment l'armée rwandaise, après deux guerres d'agression contre la RDC, n'avait pas réussi à anéantir les FDLR. Comment expliquer que la Monuc qui dispose de 17.000 casques bleus, les FARDC ayant déployé plus de 25.000 soldats au Kivu soient incapables de déloger les FDLR et le CNDP? Quelle est l'origine de tous ces scandales qui ont éclaboussé la Monuc, étalé la passivité? Que dire de toutes ces hésitations de l'Union européenne de ne pas déployer une force d'interposition au Kivu? La réponse est maintenant connue: les enjeux ou intérêts économiques. Les «Plans Cohen et Sarkozy» corroborent cette thèse.

Mais il a fallu la publication de ce rapport accablant des experts de l'ONU, la chute des cours des matières premières sur le marché international et qui sont tombés comme des couperets pour que l'on assiste à un revirement à 180°. Les masques sont tombés avec l'effondrement des bourses occasionnant des pertes énormes. Le jeu devenait trop risqué et les « parrains» ont lâché les brides, tourné le dos à leurs «alliés».

Pour sauver les meubles, il fallait se montrer réaliste, devenir conciliant pour s'engager dans la voie de la paix. Surtout que le président Barack Obama qui venait de prendre officiellement ses fonctions à la Maison Blanche avait déjà brandi la «menace de sanctionner, de rendre responsables tous les gouvernements étrangers qui déstabilisent la République démocratique du Congo». Alors, le Président de la République a crevé l'abcès: il faut s'occuper aussi de tous ces réseaux maffieux qui se lèchent les babines avec la guerre au Kivu.

Aller jusqu'au bout

Cette ancienne et nouvelle donne oblige toutes les parties responsables à aller jusqu'au bout. Il ne suffit pas seulement de dénoncer mais de permettre à la justice d'entrer en action pour recouper les renseignements, identifier les groupes maffieux et ouvrir des procédures judiciaires. Car il y a eu fraude, pillage, destruction méchantes, viols, vols et mort d'hommes. Et s'il s'avère qu'il y a des ramifications avec l'extérieur, saisir la justice internationale pour réparation des préjudices causées.

Au fait, si les opérations militaires conjointes, entre d'une part la RDC et l'Ouganda, et de l'autre la RDC et le Rwanda, visent la paix dans la région, il faut se dépouiller de l'habit du vieilhomme.

Aussi, la neutralisation des FDLR, par exemple, ne doit-elle pas s'arrêter au Kivu. Comme l'a proposé Crisis international group, organisation non gouvernementale en charge de la prévention des conflits, basée à Nairobi, il faut étendre l'action jusqu'à l'extérieur du pays ou du continent. Neutraliser les responsables des FDLR qui dirigent le mouvement à partir de la France, Belgique, Allemagne, Etats-Unis, Canada Que des sanctions économiques et diplomatiques soient prises à leur endroit pour affaiblir le mouvement. Mais la meilleure et grande action à mener parallèlement devra être politique pour une réconciliation nationale entre les Rwandais.

 

Quant à la République démocratique du Congo, amener le processus de Nairobi III à bon terme par l'endossement des accords de Goma par l'Assemblée nationale, le Sénat, l'Union africaine, l'Union européenne et l'Onu. Accélérer les processus des réformes, particulièrement celle de la mise sur pied d'une véritable armée nationale, républicaine et dissuasive.

Ce sont les prix à payer pour que ces «fonds de commerce» disparaissent à jamais, ces réseaux maffieux soient démantelés. Avec au bout du tunnel, la sortie effective de l'auberge pour une paix durale, une sécurité rassurante qui donneront une nouvelle impulsion au développement des pays de la région des Grands Lacs.

Source:
http://fr.allafrica.com

Vendredi 23 janvier 2009

 

RDC: Kabila prend un "risque énorme" avec la venue des Rwandais


Selon un diplomate à Kinshasa, M. Kabila, qui s'est adressé à la Nation pour la dernière fois début décembre, "prend un risque politique énorme"


Le président congolais Joseph Kabila prend, selon des experts, "un risque politique énorme" en acceptant des soldats rwandais dans son pays, même si les intérêts de Kinshasa et Kigali convergent vers une alliance objective: vaincre leurs rébellions respectives

Selon un diplomate à Kinshasa, M. Kabila, qui s'est adressé à la Nation pour la dernière fois début décembre, "prend un risque politique énorme". "Il doit faire très vite une campagne d'information pour expliquer à la population, ils ne vont pas avaler ça comme ça", a-t-il souligné.

C'est dans le Nord-Kivu, province limitrophe du Rwanda, où la situation est explosive en raison des conflits par rébellions interposées qui opposent de façon intermittente Kinshasa et Kigali depuis le génocide au Rwanda en 1994, que plusieurs milliers de soldats rwandais sont entrés cette semaine en accord avec Kinshasa.

Jusque-là, Kigali, qui a soutenu trois rébellions depuis 1996 en République démocratique du Congo (RDC), dont la première avait fait tomber le maréchal Mobutu Sese Seko, n'avait jamais été invité à fouler le sol congolais. Et Kinshasa garde en mémoire des pogroms contre les Tutsis en 1998, lorsque le président Laurent-Désiré Kabila - le père de l'actuel chef de l'Etat - arrivé au pouvoir grâce à Kigali, s'était débarrassé de cet encombrant parrain.

En autorisant des soldats rwandais à traquer des rebelles hutus du Front démocratique de Libération du Rwanda (FDLR), Kinshasa a répondu à la demande constante de Kigali de les neutraliser.

Au prix d'un retournement d'alliance remarqué: les FARDC (Forces armées de RDC) utilisaient souvent les FDLR comme supplétifs contre la rébellion congolaise du chef tutsi Laurent Nkunda, soutenu par Kigali.

Objectivement, le processus, entamé en décembre 2008, permet aux deux capitales de neutraliser leurs rébellions réciproques.

Le Rwanda chasse les FDLR, et en échange, Kigali aide Kinshasa à se débarrasser de Nkunda, ennemi juré du président congolais, en ralliant l'essentiel des commandants de son mouvement - le Conseil national pour la Défense du Peuple (CNDP) - aux FARDC.

Kinshasa et Kigali avaient annoncé le 5 décembre leur intention de combattre ensemble les FDLR, après des années d'aternoiements du gouvernement congolais et de vigoureuses pressions de la communauté internationale pour régler les contentieux entre les deux pays.

L'offensive fin octobre du général Nkunda en direction de Goma (chef-lieu de la province du Nord-Kivu) - qui n'avait cessé depuis de réclamer des pourparlers directs avec M. Kabila - avait suscité de nombreux appels pour neutraliser tous les groupes armés sévissant dans l'est de la RDC.

L'entrée de troupes rwandaises au Nord-Kivu fait suite à ces exigences formulées notamment par l'ONU, qui entretient, en RDC, sa plus importante mission de maintien de la paix au monde.

"La vitesse de retournement d'alliances est très impressionnante", note le diplomate. "Nous suivons depuis deux mois un va-et-vient entre les deux capitales, dont le premier objectif est la disparition de Nkunda et la reconquête de son fief de Bunangana (Nord-Kivu) par les FARDC avec l'aide des Rwandais", observe une source onusienne.

Les soldats rwandais, suivis des FARDC, marchaient jeudi sur Bunagana, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mais "si les Rwandais restent plus de quinze jours, ou si des massacres de civils ont lieu, ce sera catastrophique" pour M. Kabila, poursuit le diplomate.
Le président de l'Assemblée nationale congolaise, Vital Kamerhe - pourtant considéré comme un proche de M. Kabila -, a lui qualifié de "grave" la venue des Rwandais, et la réaction des Congolais
dans le pays se partage entre crainte et fureur.

Source: http://www.dhnet.be
© La Dernière Heure 2009

14 février 2009

Polémique sur la disparition des ex-combattants Hutu Rwandais à Kasiki


L’Association africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, exprime sa vive préoccupation concernant la disparition de 150 ex-combattants hutu rwandais du Rassemblement pour l’Unité et la Démocratie (RUD) et du Rassemblement du Peuple Rwandais, deux factions dissidentes des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda(FDLR) et des membres de leurs familles à la veille de leur transfert à Goma, prévu pour le 10 février 2009, par la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo.

En effet, au terme de la sensibilisation faite par la Monuc, ces ex-combattants hutu rwandais avaient déposé leurs armes et accepté volontairement d’être rapatriés au Rwanda. Depuis juillet 2008, ils vivaient dans un camp sécurisé par le gouvernement congolais à Kasiki, situé à 200 km de la ville de Goma, au Nord-Kivu.

Le 8 février 2009, date à laquelle ils devraient être transférés à Goma et ensuite rapatriés au Rwanda ; ces personnes n’ont pas été retrouvées dans leur camp.

L’équipe de la Monuc qui s’est rendue sur place a constaté que tous les occupants dudit camp n’y étaient plus, alors qu’ils étaient sécurisés par les autorités de la République démocratique du Congo.

A ce jour, personne n’est au courant de l’endroit où se trouvent ces ex-combattants ainsi que leurs familles et enfants qui les accompagnaient ou de ce qui leur est arrivé. L’ASADHO craint sérieusement qu’ils aient été victimes des représailles de la part d’un groupe armé, actuellement, en activité à l’Est de la République démocratique du Congo.

Eu égard à ce qui précède, l’ASADHO recommande : * Au gouvernement congolais : - D’ouvrir une enquête qui permettra de savoir ce qui est arrivé réellement à ces ex combattants hutu rwandais et aux membres de leurs familles respectives. * A la Monuc : - D’apporter une assistance logistique au Gouvernement congolais dans le cadre de cette enquête. Fait à Kinshasa, le 12 février 2009

Source: www.lepotentiel.com

15 février 2009

Le porte-parole des FDLR enlevé par les FARDC

               
Le secrétaire exécutif des FDLR, Callixte Mbarushimana, a déclaré que le porte-parole des FDLR  le lieutenant-colonel Edmond Ngarambe (photo) ne s'est pas rendu aux forces de l'opération rwando-congolaise traquant la rébellion mais a été enlevé. "Il n'a pas été capturé, il ne s'est pas rendu, il a tout simplement été enlevé mardi par le général (John) Numbi de l'armée congolaise qui l'avait invité à des pourparlers", a précisé M. Mbarushimana.

Le porte-parole des Forces rwandaises de défense, le major Jill Rutaremara, avait annoncé vendredi que M. Ngarambe s'était rendu mercredi "aux mains des forces de l'opération conjointe".

www.irwanda1.com

11 février 2009

La MONUC cherche désespérément des combattants à rapatrier

 

Une équipe de la section de la MONUC en charge du programme de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réintégration et Réinsertion (DDRRR) des combattants étrangers s'est rendue, le dimanche 8 février 2008, à Kasiki (200 km au nord de Goma), pour assurer, comme convenu, le transfert vers Goma, en vue de leur rapatriement volontaire vers le Rwanda, des quelques 150 ex combattants et dépendants du Rassemblement pour l'Unité et la Démocratie (RUD) et du Rassemblement du Peuple Rwandais (RPR), factions dissidentes des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

A son arrivée sur place, l'équipe a constaté, avec surprise, que les ex-combattants et leurs dépendants avaient abandonné, à la hâte, pendant la nuit, le camp qui les abritait.

 

Pour rappel, ces ex combattants, avaient désarmé volontairement en juillet 2008. Depuis, avec leurs dépendants ils sont sécurisés par le Gouvernement congolais et pris en charge par l'Eglise du Christ au Congo, dans un camp mis sur pied à leur attention à Kasiki.

Là, ils ont continué à bénéficier d'une sensibilisation supplémentaire à l'option du retour volontaire dans leur pays d'origine offerte par le Gouvernement congolais, la MONUC et le Gouvernement rwandais.

Au terme de cette sensibilisation, à l'exception de trois personnes, le reste du groupe avait accepté l'option du rapatriement volontaire. Une visite au Rwanda par leurs représentants avait d'ailleurs été organisée avec succès il y a deux semaines, et le transfert du groupe vers Goma en vue de leur retour dans leur pays d'origine était planifié, avec leur accord, pour le dimanche 8 février.

Pour l'heure, les raisons qui ont poussé ces candidats au retour volontaire à abandonner leur camp sans laisser de trace, demeurent inconnues. Dimanche, après consultation avec les autorités congolaises, l'équipe DDRRR de la MONUC a décidé de rester dans la région, et depuis lors, redouble d'efforts avec ses partenaires locaux pour retrouver ces ex combattants et leurs dépendants, afin de les sensibiliser pour qu'ils renouent avec le processus qu'ils avaient entamé.

La MONUC encourage vivement ce groupe d'ex combattants et dépendants du RUD et du RPR à réintégrer le processus DDRRR. Elle rappelle aussi à tous les combattants rwandais vivant sur le sol congolais que ses portes demeurent largement ouvertes pour les accueillir et faciliter leur désarmement et leur retour volontaire dans leur pays d'origine, dans la dignité.

Tous les combattants souhaitant intégrer ce processus peuvent contacter les équipes DDRRR déployées sur le terrain, à Kasiki et ailleurs, ou appeler au 081 890 6607. Ce numéro fonctionne 24h/24 et 7j/7. Ils peuvent également se présenter dans la base des Casques bleus la plus proche d'eux.

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Source: MONUC (United Nations Mission in Democratic Republic of Congo)



10 février 2009

Afrique: Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »



Kinshasa — Le vaste complot contre la RDC est désormais une réalité. La preuve incontestable est cette litanie de «plans» pour soi-disant sécuriser la Rdc, et la région des Grands Lacs. Mais en réalité, tous ces plans ne visent qu'à balkaniser le Congo. Après les plans Cohen, Sarkozy, Obama, le président ougandais Yoweri Museveni, vient de se distinguer. Juste au moment où ses troupes sont encore en RDC pour proposer aux Congolais le « schéma» soudanais. Pas du tout le fait du hasard. Selon les personnes averties, il serait exact de parler plutôt d'un « Plan anglo-saxon».

Marie-France Cros de Libre Belgique, écrit ceci dans l'édition du 4 février 2009 en ce qui concerne l'opération militaire conjointe RDC-Ouganda au regard du malaise qui prévaut à Kampala: « Selon MRB (Southern African Monthly Regional Bulletin, janvier 2009), le chef des Affaires politiques du bureau présidentiel ougandais, Moses Byaruhanga, a déclaré que Kampala appuierait une fédération des provinces congolaises du Kivu et Orientale, voire leur indépendance si Kinshasa l'acceptait. Ce point de vue serait soutenu par le porte-parole de l'armée ougandaise, le major Félix Kulayigye, qui a évoqué le précédent Sud Soudan, dans l'attente d'un référendum sur son autodétermination. Il s'agirait, selon MRB, de stabiliser la région.

La publication lie ces déclarations à la découverte de nouveaux gisements de pétrole côté ougandais de la frontière par un consortium privé « Tullow Heritage Oil» qui cherche à obtenir de Kinshasa son accord pour exploiter l'or noir du côté congolais. Connaissant la sensibilité du Congo au sujet de l'autonomie de ses provinces minières, il semble peu probable qu'un tel schéma soit accepté. Le fait qu'il soit publiquement évoqué à Kampala ne peut qu'inquiéter les Congolais - qui pour le moment, pourtant, ne s'en préoccupent guère, obnubilés qu'ils sont par leur hostilité au Rwanda».

Coïncidence troublant

La journaliste belge a toutes les raisons de dire que les Congolais ne peuvent que s'inquiéter. Et ce, pour des coïncidences totalement troublantes. Tenez.

Museveni fait sa proposition après la publication des plans Cohen, Sarkozy et Obama. Or, en lisant attentivement les observations du MRB, cette proposition de Museveni rejoint celles de Cohen et de Sarkozy sur la revisitation des frontières héritées de la colonisation et la fragilisation de l'économie congolaise pour renforcer celles des pays anglophones. Particulièrement, l'Ouganda et le Kenya.

Fait plus grave, Museveni émet cette proposition au moment où ses troupes sont en RDC pour traquer la LRA. Or, cette opération a suscité un malaise en Ouganda, au sein des officiers ougandais. Libre Belgique relate que cette opération est critiquée à Kampala dans la mesure où l'Etat-major général ougandais aurait été «court-circuité. D'où cette absence de stratégie. Le chef des opérations n'est autre que le propre fils de Museveniu, le Lieutenant-Colonel Muhoozi Kainerugaba. Pourquoi?

En attendant la réponse à cette interrogation, à Kampala l'on parle de ce que l'opération a récolté un résultat mitigé au regard de la capacité militaire de l'armée ougandaise. Même l'ancien président mozambicain, Joachim Chissano, aurait fait observer au président Museveni de ne pas sous-évaluer la capacité militaire de la LRA

Plan Anglo-Saxon

Une analyse profonde de ces observations laisse entrevoir que cette opération militaire, pour l'Ouganda, a un double objectif: s'assurer du contrôle des richesses congolaises, notamment le pétrole de l'Ituri ou du Lac Albert. Ensuite, affaiblir économiquement et politiquement la RDC pour continuer à avoir un droit de contrôle sur l'exploitation de ses richesses, sous le prétexte des «accords secrets» qui auraient été signés. Qu'un malaise sévisse dans les rangs des officiers ougandais qui condamnent le « manque de stratégiedans l'opération »; qu'une autre partie des officiers soutienne cette proposition, il y a risque de voir la présence des soldats ougandais en RDC prendre plus de temps que prévu.

Mais là une réflexion sérieuse s'impose, c'est que des observateurs qui analysent cette succession de «propositions ou de plans», sont convaincus que cette proposition n'est pas de Museveni. Mais de ce groupe obscur anglo-saxon dont l'influence dans les conflits en Afrique des Grands Lacs ne serait qu'un secret de polichinelle. Influence néfaste stigmatisée par bon nombre de groupes de réflexion favorables à une Afrique sereine, tirant des rémunérations conséquentes de ses ressources naturelles. Lesquelles ressources malheureusement sont pillées par ces forces centrifuges, ces gouvernements étrangers, comme le disait si bien Barack Obama, et qui se servent de certains Etats ou personnalités politiques africaines pour aliéner les attributs de l'indépendance des Etats africains souverains.

La bataille est rude, longue

De ce qui précède, les Congolais doivent savoir que le cauchemar est loin d'être fini. Ils doivent s'armer davantage de détermination, de volonté politique pour lutter contre la spoliation, le pillage des richesses de la communauté et la balkanisation de la République démocratique du Congo.

 

Certes, qu'il existe des accords de défense mutuelle dans la région des Grands Lacs pour mettre fin à l'insécurité et instabilité dans la région. C'est de bonne guerre. Mais que l'on soit naïf pour hypothéquer l'avenir de tout une Nation, voilà qui doit pousser les Congolais à être toujours vigilants. Les agresseurs d'hier ne peuvent en aucune manière devenir subitement des «enfants de chœur». Tout doit être mis en oeuvre pour déjouer tout plan machiavélique et funeste, d'où qu'il vienne.

Car, le péril est toujours en la demeure. La bataille est rude et longue qu'il faut absolument motiver les Congolais pour susciter toujours en eux un élan de nationalisme et de solidarité. Devoir de mémoire collective oblige. La balle est dans le camp des autorités, des partis politiques, des juristes...

 

Source: www.lepotentiel.com

 

Mardi 3 février 2009

Lettre de Human Rights Watch adressée à Joseph Kabila, président de la RDC, demandant l'arrestation du criminel de guerre Bosco Ntaganda.


Votre Excellence,

Human Rights Watch a l’honneur de s’adresser à vous pour exprimer sa profonde préoccupation quant au fait que votre gouvernement envisage de nommer Bosco Ntaganda à une haute fonction relative aux opérations militaires dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), au lieu de l’arrêter. Ntaganda, anciennement chef d’état major militaire pour le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), joue actuellement un rôle crucial dans le processus d’intégration des troupes du CNDP dans les FARDC. Il avait reçu le grade de général dans les forces armées congolaises en janvier 2005, bien qu’il n’ait pas assumé ces fonctions à ce moment là.

Comme vous le savez, Ntaganda est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crime de guerre, pour avoir enrôlé et recruté des enfants de moins de 15 ans comme soldats et les avoir utilisés dans le cadre des hostilités en 2002-2003, dans le district d’Ituri de l’Est du Congo.

En tant qu’Etat partie au Statut de Rome qui a établi la CPI, le Congo a l’obligation d’aider la cour à arrêter les personnes faisant l’objet d’un mandat d’arrestation. En mai 2007, le Congo a reconnu cette responsabilité en sollicitant l’assistance de la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) pour arrêter Ntaganda, demande qui a exigé beaucoup de courage et que nous avons alors applaudie.

Malgré son obligation internationale d’arrêter Ntaganda, votre gouvernement n’a fait jusqu’ici aucune tentative à cet égard. Le 16 janvier, Ntaganda se trouvait à Goma pour une conférence de presse commune aux côtés du ministre congolais de l’Intérieur et de la Sécurité, Célestin Mbuyu Kabangu, de l’Inspecteur général de la police, le Général John Numbi, du Chef d’état-major de la Défense du Rwanda, le Général James Kabarebe, et d’autres hauts gradés de l’armée congolaise. Le 29 janvier, le ministre de la Défense, Charles Mwando Simba, et d’autres hauts représentants du gouvernement, se trouvaient à une cérémonie à Rumangabo aux côtés de Ntaganda.

Les efforts des autorités congolaises pour légitimer Ntaganda comme un «partenaire pour la paix» renforcent l’impression dominante que ceux qui commettent des crimes abjects contre les civils au Congo seront récompensés au lieu d’être punis. Au lieu d’encourager le respect pour l’Etat de droit, de telles pratiques nourrissent la culture cruelle de l’impunité qui ravage le Congo depuis longtemps.

Lors d’une conférence de presse le 31 janvier à Kinshasa, vous avez déclaré que le choix était difficile entre la justice et la paix, la stabilité et la sécurité dans l’est du Congo, et que votre choix était de privilégier la paix. Nous voulons aussi voir la paix régner dans l’Est du Congo ainsi que la fin des atteintes terribles aux droits humains que subissent les populations depuis trop longtemps. Mais une paix durable est rarement possible sans la justice. La paix et la justice devraient être considérées comme complémentaires, et non comme contradictoires. Favoriser le respect de l’Etat de droit est la seule solution pour garantir la protection des citoyens congolais qui supportent le fardeau des violations des droits humains.

La fréquence des exactions terribles qu’aurait commises Ntaganda contre les civils au Congo souligne l’importance de son arrestation. Au-delà des crimes de guerre qui constituent le fondement du mandat d’arrêt de la CPI à son encontre, les chefs d’accusation contre Ntaganda sont les suivants :

· Les 4 et 5 novembre 2008, les troupes du CNDP sous le commandement de Ntaganda ont tué environ 150 personnes dans la ville de Kiwanja, l’un des pires massacres au Nord Kivu des deux dernières années.

· En tant que chef des opérations militaires de l’Union des patriotes congolais (UPC), Ntaganda commandait les forces qui ont arrêté, torturé ou tué des centaines de civils appartenant aux ethnies Lendu et Ngiti, entre août 2002 et mars 2003.

· En novembre 2002, Ntaganda commandait les troupes qui ont massacré au moins 800 civils pour des motifs ethniques à Mongbwalu, notamment le premier prêtre tué dans le conflit de l’Ituri, l’Abbé Boniface Bwanalonga.

· En novembre 2005, Ntaganda a été placé sur une liste de sanctions de l’ONU pour avoir violé l’embargo sur les armes. Il figure toujours sur cette liste.

· Selon les soldats de maintien de la paix de l’ONU, les soldats placés sous le commandement de Ntaganda se sont rendus coupables du meurtre d’un soldat kényan de maintien de la paix en janvier 2004 et de l’enlèvement d’un soldat marocain de maintien de la paix plus tard la même année.

Le fait que les forces se trouvant sous le commandement de Ntaganda continuent à commettre des crimes graves, comme l’a démontré le récent massacre à Kiwanja, souligne l’urgente nécessité de l’arrestation de M. Ntaganda par les autorités congolaises.

Monsieur le Président, vous avez été un solide partisan de la fin de la culture de l’impunité au Congo. Votre gouvernement a été au premier rang de la coopération avec la CPI avec le transfert de trois ressortissants congolais à la Haye, pour y être jugés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Vous avez réitéré votre engagement à établir l’Etat de droit dans de nombreux discours, tels ceux adressés au parlement congolais et à l’Assemblée générale des Nations unies. Pour que ces engagements soient réalisés, nous vous exhortons à donner des instructions à vos autorités judiciaires pour que M. Ntaganda soit arrêté et transféré à la juridiction de la CPI.

Nous pensons aussi que Laurent Nkunda devrait être tenu pour responsable des crimes que les troupes sous son commandement ont commis à Kisangani en mai 2002, à Bukavu en juin 2004 et dans le Nord Kivu entre 2006 et 2008. Nous notons que votre gouvernement demande son extradition au Congo pour y être jugé. Nous vous exhortons à mettre en place un mécanisme judiciaire spécial au sein du système judiciaire congolais pour mener des enquêtes et exiger des comptes aux individus, tels que Nkunda, qui ont commis de graves violations du droit international humanitaire. Ce mécanisme devrait être conforme aux normes internationales de procès équitable et exiger des comptes non seulement à Nkunda, mais aussi aux individus d’autres groupes armés et de l’armée congolaise qui ont perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Votre gouvernement s’est opposé fermement à l’amnistie pour les crimes graves. Une paix durable dans l’est du Congo exige la traduction en justice des personnes qui ont commis des atrocités contre le peuple congolais. Nous espérons que vous agirez afin que Ntaganda soit arrêté et transféré à La Haye, et pour mettre en place un mécanisme judiciaire qui puisse rendre la justice pour les victimes et mettre fin à la culture d’impunité.

Veuillez agréer, Votre Excellence, l’expression de notre haute considération.

New York, le 1er février 2009

Kenneth Roth, Directeur Exécutif

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19 février 2009

RDC: les métaux des téléphones mobiles financent le conflit dans l'est

KINSHASA (AFP, 16/02/2009) — Les métaux présents dans les téléphones portables "contribuent à financer les atrocités" dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), affirme lundi l'ONG Global Witness, exhortant les industriels à bannir de leurs produits les minerais de cette provenance.

L'organisation "demande aux fabricants de téléphones portables de soumettre leurs chaînes d?approvisionnement à un audit complet afin d?exclure les minerais qui financent le conflit armé" dans l?est congolais, dans un communiqué publié lundi, au premier jour du congrès mondial de la téléphonie mobile à Barcelone.

Selon l'ONG basée à Londres, "il existe un lien causal direct entre ce commerce des minerais en provenance de l'est de la RDC et les atrocités perpétrées à l?encontre des civils congolais".

"De récentes enquêtes menées par Global Witness et le Groupe d?experts des Nations Unies révèlent que les principaux groupes armés impliqués dans les combats actuels se financent tous par le commerce de minerais de grande valeur. Ces minerais permettent de produire des métaux, dont l?étain et le tantale, qui entrent dans la fabrication des téléphones portables", explique-t-elle.

L'est de la RDC, frontalier du Rwanda et de l'Ouganda et très riche en minerais, connaît depuis le milieu des années 90 une succession de conflits. Le pillage de ses ressources par les belligérants a été régulièrement dénoncé par l'ONU et des ONG.

Les armées de Kinshasa et Kigali ont lancé le 20 janvier dans l'est congolais une opération conjointe sans précédent visant à neutraliser les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), estimés à environ 6.500 hommes et réfugiés en RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994 auquel certains ont participé.

Cette opération a eu pour premier résultat l'arrestation le 22 janvier au Rwanda de Laurent Nkunda, chef historique d'une autre rébellion, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, congolais).

19 février 2009

Présence des troupes rwandaises et ougandaises: la tension monte en RDC

KINSHASA (AFP, 17/02/2009) — Partiront, partiront pas? La tension monte en République démocratique du Congo (RDC), à mesure que grandit l'incertitude sur le départ des troupes rwandaises et ougandaises, déployées depuis plusieurs semaines pour traquer des rebelles en territoire congolais.

La RDC se trouve dans la délicate situation d'accueillir sur son sol les armées de deux voisins, l'Ouganda et le Rwanda, avec qui elle s'est dans le passé très durement affrontée.

Avec l'Ouganda ainsi que le Sud-Soudan, Kinshasa a entrepris mi-décembre 2008 une opération dans le nord-est de la RDC, dans le but de capturer le chef de la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Aux côtés de Kigali, dont les troupes ont envahi la RDC par deux fois (1996 et 1998), l'armée congolaise s'est lancée le 20 janvier dans la traque des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Estimés à environ 6.500 hommes, ils sont réfugiés dans l'est de la RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994, auquel certains ont participé.

Après la surprise et souvent l'irritation des débuts, surtout à propos de la présence rwandaise, la prolongation et la fin incertaine des opérations nourrissent en RDC de plus en plus de crispations.

Dimanche, un député d'opposition a de nouveau réclamé une session extraordinaire de l'Assemblée nationale pour évoquer la question. Selon lui, une pétition a été signée à cette fin par une majorité de députés.

Mais en l'absence du président de la chambre Vital Kamerhe - actuellement en Europe, selon son entourage -, qui avait lui-même critiqué l'entrée des Rwandais, cette convocation se fait attendre.

L'Eglise catholique, très écoutée dans un pays à très large majorité chrétienne, a prêté main forte aux "pétitionnaires", exhortant le Parlement à "suivre les opérations militaires".

"Le peuple, lassé par la guerre et inquiet de la présence de ces armées étrangères, ne souhaite pas une nouvelle prorogation de la durée de leur présence", ont averti les évêques.

Ces tensions sont en effet alimentées par l'incertitude persistante sur le départ des troupes.

Déjà reporté, le retrait des Ougandais "a démarré", a assuré ce week-end à l'AFP le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

Mais le porte-parole ougandais de l'opération conjointe n'a pas donné la moindre date: "les opérations se poursuivront jusqu'à ce que les terroristes (de la LRA) soient expulsés de RDC".

Quant aux forces rwandaises, le président congolais Joseph Kabila a promis leur départ pour fin février au plus tard. Une "cérémonie d'adieu" est d'ailleurs prévue. Les députés de Kigali ont toutefois souhaité une prolongation de la présence rwandaise.

Alors que, pour maints observateurs, les forces conjointes ne peuvent se flatter d'aucune victoire décisive, l'idée fait son chemin que Rwandais et Ougandais ne sont pas près de faire demi-tour.

"C'est ce que les Congolais craignaient qui risque de leur arriver: Kigali et Kampala demandent les prolongations", s'alarmait mardi le quotidien Le Phare, proche de l'opposition. Peu importe la durée, le "résultat" prime, estimait Uhuru (progouvernemental).

"Inévitablement", les troupes étrangères resteront plus longtemps que prévu, pronostiquait une source diplomatique. Or, prévient-elle, si jusqu'à présent la population congolaise n'a pas exprimé fortement de mécontentement face à cette situation, au fil du temps elle "pourrait commencer à s'énerver".

 

23 février 2009

Rwanda: La débandade des troupes rwandaises en RDC

Selon des sources bien informées, l'armée rwandaise a subi de lourdes pertes face aux FDLR lors de l'opération "Umoja wetu" débutée le 20 janvier à l'invitation du président Joseph Kabila. Communiqué de guerre oblige, ces pertes n'ont pas été signalées par les porte-parole de la coalition rwando-congolaise, le capitaine Hamuli du côté congolais et le Lt Colonel Jill Rutaremara du côté rwandais. Même la MONUC qui soutient l'opération n'a rien dit. Aucun officier de haut rang des FDLR n'a été capturé. Même le porte-parole, le Lt Col Ngarambe Edmond a été piégé par le général John Numbi qui l'avait invité à une réunion de négociation.

Face à une guerre impopulaire et une résistance acharnée des combattants FDLR, les troupes de Paul Kagame ont plié bagages dans la précipitation avant l'expiration de leur mandat à la fin du mois. Pourtant l'Assemblée nationale rwandaise avait demandé une prolongation de la durée de l'opération au ministre de la défense, le général ex-FAR, Marcel Gatsinzi.

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23 février 2009

Laurent Nkunda revendique sa nationalité rwandaise

Pour échapper à l'extradition en RDC, l'ex-leader du CNDP, le général déchu Laurent Nkunda(batware) Mihigo revendique sa nationalité rwandaise. Ancien élève de l'université adventiste de Mudende dans l'ex-préfecture de Gisenyi, il était sergent dans l'armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR. Selon le journal congolais Le  PALMARES, "Nkunda ne se gêne plus d’exhiber sa vieille carte d’identité rwandaise qu’il avait acquise quand il avait intégré l’Armée patriotique rwandaise en qualité de sergent en 1991. Comment dès lors, un sujet rwandais, est-il devenu du jour au lendemain, un Congolais pour prétendre à la plus haute charge de l’Etat ?"s'interroge l'éditorialiste. Selon ce journal certains généraux rwandais font pression sur Paul Kagame pour qu’il ne livre pas « un compatriote ».
Pauvres Congolais, ils y avaient cru. Pourtant Laurent-Désiré Kabila et Yerodia Dombasi les avaient prévenus. Le premier a été assassiné comme tout le monde le sait et le second est accusé de "génocidaire". Même le président de l'assemblée nationale, Vital Kamerhe, originaire du Kivu, est sur un siège éjectable pour avoir critiqué le retour des troupes rwandaises sur le sol congolais.

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21 février 2009

EurAc craint que l’Opération Conjointe n’apporte pas de solution durable aux conflits à l’est du Congo

Bruxelles, 19 février 2009 - Le 20 janvier 2009, une opération conjointe entre les armées rwandaise et congolaise s'est déployée au Nord-Kivu pour démanteler les FDLR et mettre fin aux activités militaires dissidentes du CNDP et d'intégrer ses effectifs dans les FARDC. Cette opération militaire a été rendue possible grâce au rapprochement entre les deux pays, formalisé dans un accord signé le 5 décembre 2008.

Ce rapprochement entre le Rwanda et la RDC et leur volonté commune réelle de résoudre les problèmes des FDLR et du CNDP sont des conditions nécessaires pour mettre en application la Déclaration conjointe de Nairobi du 9 novembre 2007. Depuis le début de l'Opération Conjointe, un progrès réel a été réalisé avec le démantèlement de certaines bases militaires des FDLR et la rentrée volontaire d'un nombre significatif d'ex-combattants. « Néanmoins, » explique Kris Berwouts, Directeur d'EurAc (le Réseau des ONG européennes pour l'Afrique Centrale), « EurAc partage les fortes inquiétudes exprimées par les populations de l'est du Congo. Une solution purement militaire au problème n'existe pas. La porte de la négociation doit rester ouverte, et d'autres moyens de pression doivent être déployés pour neutraliser les menaces que constituent les FDLR et le CNDP. »

« De plus, » ajoute Kris Berwouts, « l'opération conjointe comporte de grands risques pour la population kivutienne, qui craint de voir la région connaître à nouveau les situations apocalyptiques de la période 1996 – 2002. La population fait à juste titre le parallèle avec les violences commises dans le Haut-Uele, où au moins 700 civils ont été tuées par les LRA en représailles de l'opération conjointe menée par les armées congolaise, ougandaise et soudanaise.»

Face à cette situation et afin de parvenir à une résolution durable du conflit, EurAc recommande à l'Union européenne et ses Etats-membres de :

Contribuer à l'ouverture et à la capitalisation d'un espace de négociation avec les FDLR sur le terrain pour accélérer le processus pacifique de leur désarmement et rapatriement volontaire et encourager toutes les parties à respecter leurs engagements pris dans le cadre des Accords de Nairobi (novembre 2007) et de Goma (janvier 2008). Cette négociation doit inclure des mesures d'accompagnement des réfugiés et ex-combattants rwandais, un processus de restauration de la confiance entre le gouvernement rwandais et les ex-combattants, et la multiplication des efforts de sensibilisation, entre autre des messages-radio encourageant le rapatriement volontaire.

User de leur influence et de leurs instruments de pression pour faire en sorte que l'opération militaire cible uniquement les combattants des FDLR qui restent hostiles au désarmement, à la négociation et à la réinsertion. L'Opération conjointe devrait isoler militairement et politiquement ce noyau dur et envisager également de le couper de ses ressources économiques locales.

Limiter la liberté de mouvement du leadership des FDLR qui réside en Europe, en mettant en œuvre les mesures proposées dans la résolution 1596 du Conseil de Sécurité. Ces mesures consistent à empêcher leur entrée ou le passage en Europe; à geler leurs fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques placées en Europe. L'UE et ses Etats-membres doivent veiller à ce que les FDLR ne soient pas soutenues par des fonds ou ressources économiques venant d'Europe.

Promouvoir et encadrer l'intégration réelle de la milice du CNDP dans les FARDC et, dans les zones antérieurement occupées par le CNDP, restaurer l'autorité des institutions de la Troisième République. Aussi les autres groupes armées pas encore brassées doivent être intégrées dans les FARDC à fin de construire une seule armée nationale, performante, crédible et disciplinée, sans laquelle aucune sécurité durable n'est possible à l'est du Congo.

Œuvrer pour l'application de la résolution 1857 du conseil de sécurité et des recommandations 13 et 14 du rapport final du 12 décembre 2008 du Groupe d'experts sur la RDC du Conseil de sécurité, afin que l'exploitation des ressources naturelles profite aux populations et ne finance plus le conflit.

Veiller à la protection de la population civile et au respect du droit international humanitaire par toutes les parties impliquées. La protection de la population civile est d'abord la responsabilité des états rwandais et congolais, mais ceux-ci doivent laisser l'espace à la Monuc et aux agences humanitaires de remplir pleinement leur mandat.

Exercer une pression sur le gouvernement rwandais pour qu'il garantisse le respect des libertés démocratiques et pour qu'il entame un dialogue constructif avec sa propre diaspora. A très court terme, il faut encourager le Rwanda à rassurer les membres des FDLR et leurs proches en leur garantissant la sécurité, la réintégration socio-économique effective et le fonctionnement des instruments de justice ordinaire et transitionnelle selon les normes internationales. Nous trouvons que c'est très important que la communauté internationale fasse le monitoring du processus de rapatriement des ex-combattants et des groupes de réfugiés..

Source: European Network for Central Africa (EURAC)

Date: 19 Feb 2009


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Kris Berwouts
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24 février 2009

RDC: les FDLR affirment avoir tué au moins 70 soldats congolais et rwandais



Les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont affirmé lundi dans un communiqué avoir tué au moins 70 soldats de l'opération congolo-rwandaise lancée contre eux le 20 janvier.

"Les FDLR ont dénombré au moins 70 corps de la coalition, dont plusieurs officiers, qui sont morts dans les combats qui se sont déroulés dernièrement dans le Masisi et le Rutshuru", deux territoires de la province du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), indique le texte. C'est la première fois depuis le début de l'opération que les FDLR publient un bilan des combats. Dans ses rangs, le mouvement dit déplorer quatre morts, cinq disparus, six éléments capturés, dont deux malades mentaux, et une vingtaine de déserteurs, depuis le 20 janvier. Le 10 février, le ministre rwandais de la défense, le général Marcel Gatsinzi, avait fait état d'au moins 89 tués dans les rangs des FDLR. Les soldats rwandais doivent quitter la RDC à partir de mercredi, a affirmé samedi Kinshasa, jugeant l'opération réussie même si la menace n'a pas été anéantie. Basées dans l'est de la RDC, les FDLR, dont certains membres ont participé au génocide de 1994 au Rwanda, sont considérées comme l'une des principales sources d'insécurité dans la région des Grands lacs africains.

Source:Belga, 23/02/2009(FLO)
http://www.rtbf.be

 

27 février 2009

Les derniers soldats rwandais ont quitté le Congo-Kinshasa

Les derniers soldats rwandais ont quitté le sol congolais jeudi, après la fin, la veille, de l'opération visant les combattants hutus rwandais menée conjointement avec l'armée congolaise depuis 36 jours dans la province du Nord-Kivu (Est de la République démocratique du Congo, RDC).

Ces derniers soldats rwandais, dans une quarantaine de camions, venaient des zones les plus éloignées de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. "Ce sont les dernières troupes rwandaises qui viennent de franchir la frontière, ils sont tous partis", a déclaré, au poste-frontière entre les deux pays, le chef d'état-major de l'opération, le lieutenant-général John Numbi, qui avait à ses côtés le chef de l'armée rwandaise, James Kabarebe (le commandant-adjoint de cette opération conjointe était le général Jérome Ngendahimana, ancien membre des FDLR rentré à Kigali en 2003 au côté du général Paul Rwarakabije, précision que nous rajoutons).

Les deux brigades rwandaises -près de 3.500 hommes- entrées au Congo-Kinshasa pour cette opération contre les milices hutues installées dans l'est du pays depuis le génocide rwandais avaient entamé leur retrait mercredi.

Le bilan de l'opération s'élève à 153 combattants hutus tués, 13 blessés, 37 capturés et 103 rapatriés, selon John Numbi. L'armée rwandaise a enregistré huit morts et 12 blessés dans ses rangs ( les FDLR  dont l'effectif est estimé à 6000 combattants parlent de 70 soldats de la coalition tués, précision que nous rajoutons).

Numbi a reconnu que les combattants hutu rwandais n'avaient pas été totalement détruits, mais que leur capacité opérationnelle avait été sensiblement réduite.

"L'armée de la RDC va poursuivre le travail commencé et va le terminer très bien. Je suis convaincu qu'ils en sont capables", a déclaré pour sa part James Kabarebe.

Les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) constituent le principal groupe armé rwandais présent en RDC. Certains de ces miliciens sont accusés d'avoir participé au génocide au Rwanda en 1994.

Source: Associated Press (AP), 26/02/2009

 

21 février 2009

Kabila et Kagame jouent leur avenir


Les opérations militaires conjointes semblent avoir atteint leur vitesse de croisière. Cela s’observe avec la destruction de plusieurs bases des FDLR dans le territoire de Rutshuru et tout récemment la prise de la localité de Nyabiondo, jusque-là considérée comme l’une des places fortes des rebelles Hutu rwandais dans le territoire de Masisi. La satisfaction du côté rwandais est curieusement grande, de sorte que lors de la séance plénière consacrée à l’évaluation de ces opérations, le ministre rwandais de la Défense avait été agréablement surpris d’entendre des parlementaires de son pays émettre une demande de prolongation de délai pour permettre la poursuite de ces opérations conjointes. Cette requête serait justifiée par le souci de régler une bonne fois pour toutes le contentieux sécuritaire qui empoisonne les relations entre Kinshasa et Kigali voici des décennies.

Agenda caché ou marché des dupes ? Cependant, cette euphorie a été aussitôt refroidie par le tout dernier rapport de l’Ong américaine Human Right Watch, qui accuse les rebelles Hutu d’être responsables des violations flagrantes des droits de l’homme par des viols des femmes et filles habitant les localités se trouvant dans le périmètre du « front ». Même si un doigt accusateur est braqué principalement sur ces rebelles Hutu rwandais, il convient de signaler qu’un avertissement sérieux a été adressé par le même rapport aux troupes régulières coalisées pour les mettre en garde contre tout dérapage sur les populations civiles non armées. Dans les salons politiques de Kinshasa tout comme dans certains états- majors aussi bien de la majorité que de l’opposition, le débat tourne autour de l’opacité de l’accord ayant abouti à ces opérations militaires conjointes. Cet accord violerait la Constitution de la République en ce qu’il a été conclu sans avoir été visé au préalable par le Parlement, tel que prescrit à l’article 214. Dans ces mêmes milieux, l’on évoque la peur que ressentiraient des millions des Congolais suite à la présence des éléments de l’armée régulière rwandaise tenus pour responsables de multiples violations des droits de l’homme pendant toute la période (1998-2003), où ils avaient combattu aux côtés du RCD, leur allié. La méfiance résulterait aussi de ce que l’on a appelé le Plan Sarkozy qui a fait couler tant d’encre et de salive, à telle enseigne que les relations diplomatiques entre Paris et Kinshasa en ont reçu un coup avec la convocation de l’ambassadeur de France à Kinshasa au ministère des Affaires Etrangères pour des explications à cet effet.
Selon les partisans de cette thèse, c’est pour éviter de revoir le Rwanda s’immiscer dans les affaires intérieures de la RDC que l’Assemblée Nationale avait adopté un plan de sortie de crise qui présentait plus de garantie sécuritaire pour les habitants, en proposant le recours aux troupes de la SADC pour contraindre les rebelles Hutu rwandais de quitter le territoire congolais. Et lors de sa dernière conférence de presse, Joseph Kabila est resté évasif sur la question de savoir quelles sont les garanties que les Rwandais lui ont données quant au retour de leurs troupes au bercail. Aujourd’hui, la réalité sur le terrain semble conforter les craintes de nombreux compatriotes. Des craintes encore renforcées par les manœuvres politiciennes concoctées par le noyau dur du PPRD pour faire partir par tous les moyens Vital Kamerhe, coupable à leurs yeux d’un crime de lèse-majesté, pour avoir été le premier à poser publiquement cette question qui fâche.

Le pari risqué de Kabila

Faisant d’une pierre deux coups, Joseph Kabila semble avoir recueilli des résultats satisfaisants. D’un côté, il est parvenu à obtenir le cessez-le-feu avec le CNDP de L. Nkunda et de l’autre, il a profité de l’affaiblissement visible du régime de Kigali au plan international pour l’amener à signer ce deal politique qui va enfin enlever le prétexte sécuritaire aux Rwandais. En échange, il a obtenu la neutralisation de L. Nkunda qui, fort de ses victoires militaires dans les collines de Masisi et Rutshuru, se voyait déjà à la tête de l’une des institutions de la République ou de l’armée, dans le cadre du partage équitable et équilibré du pouvoir.

Pressions internationales

Fatiguée par des guerres successives caractérisées par des violations des droits de l’homme avec des déplacements massifs des populations civiles non armées, des viols, des massacres répétitifs et des destructions méchantes, la communauté internationale a fini par sonner le toscain en intensifiant des pressions sur Kigali et Kinshasa. Deux Etats de l’Union Européenne, la Suède et les Pays-Bas, ont suspendu leur assistance financière à Kigali. On sait que le Rwanda n’est en mesure de produire qu’un budget de 25O millions de dollars Us par an sur les 5OO nécessaires à ses besoins internes. La suspension de cette assistance a sonné fort dans les oreilles des tenants du pouvoir à Kigali qui ont fini par se soumettre à la volonté des bailleurs des fonds. Dans le même lot, il sied de signaler les effets néfastes de deux mandats d’arrêt internationaux émis par deux juges d’instruction des pays de l’Union Européenne, à savoir le juge Bruguière et celui d’Espagne. Non seulement Paul Kagame est de moins en moins fréquentable, mais en plus, certains de ses lieutenants sont interdits de séjour dans plusieurs capitales occidentales. Preuve : l’arrestation en Allemagne de Rose Kabuye, chef du Protocole à la présidence de la République, alors qu’elle était en mission de service, munie d’un passeport diplomatique. Depuis quelque temps, des Ong occidentales de défense des droits de l’homme ne cessent d’attirer l’attention du régime de Kigali sur des violations des droits de l’homme, notamment le musellement des médias, les intimidations et les mesures de bannissement exercées sur certains acteurs politiques de l’opposition, les accusations mensongères d’avoir pris une part active au génocide, etc.… . C’est probablement pour sortir de cet étau mortel que Paul Kagame n’a pas hésité un seul instant à souscrire au deal politique que Joseph Kabila lui proposait. Connaissant son cynisme et son arrogance, l’homme fort de Kigali ne pouvait pas facilement mordre à l’hameçon sans se faire taper sur les doigts. Il donne l’impression d’être au bout du rouleau mais tout indique que c’est au bilan final que se détermineront l’avenir politique de Joseph Kabila et celui de son homologue rwandais. Car, si ces opérations échouent, il faudra alors passer à l’autre étape qui est celle des négociations politiques inter-rwandaises que redoutent les tenants du pouvoir à Kigali. Ou alors il faudra bien revenir au plan de sortie adopté à l’Assemblée Nationale congolaise.
 
Fidèle MUSANGU
Kinshasa, 19/02/2009 (Le Phare, via mediacongo.net)
http://www.mediacongo.net

 
 

18 février 2009

RDC-RWANDA:L'entente secrète continue à faire couler beaucoup d'encre

Les opérations militaires congolo-rwandaises conséquentes à l'entente secrète entre les deux pays continuent à faire à la fois des victimes dans les rangs des FDLR et à faire couler beaucoup d'encre du côté de ceux qui y sont opposés. 

Comme l'Obsac l'avait déjà dit dans un article précédent consacré à ce sujet, en ce qui concerne Kinshasa, la très farouche opposition au retour des RDF au Kivu se concentre en ce moment au niveau de l'Assemblée nationale congolaise. Deux-cent-soixante-deux députés ont signé une pétition exigeant la convocation d'une session extraordinaire qui serait consacrée à l'examen de la présence des troupes rwandaises dans l'est du pays. Aux dernières nouvelles, les députés impliqués dans cette démarche attendaient le retour des États-Unis du président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Ce dernier, comme disent les Québécois aura à jongler "une patate chaude" dans ses mains lors de son retour à Kinshasa. Premièrement, le fait d'accepter cette pétition le mettrait à nouveau en porte à faux par rapport à la présidence qui lui aurait demandé de démissionner de son poste de président de l'Assemblée nationale. Deuxièmement, le fait de refuser d'acquiescer à une pétition signée par la majorité des députés impliquerait la violation des règles de procédures parlementaires. 

En guise de parade à la fronde des députés, Joseph Kabila a décidé de réunir samedi dernier autour de lui à Kinshasa, les chefs coutumiers du Nord et du Sud-Kivu. On rappellera que ces mêmes chefs coutumiers étaient, jusqu'à très récemment, adeptes de la thèse de l'agression du Congo par les trois pays voisins du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda. Au sortir de cette rencontre, certains d'entre eux, interrogés par les médias, n'on fait que louer l'intervention des troupes rwandaises pour démanteler les forces des rebelles FDLR. Un des chefs coutumiers est même allé jusqu'à préconiser un séjour indéterminé en sol congolais des Forces de Défense du Rwanda, ceci afin de véritablement éradiquer la menace des FDLR. On a bien du mal à reconnaître le discours des Mwami du Kivu dans ce genre de propos. On peut bien s'imaginer que, en plus des pressions politiques exercées par la présidence, que de grosses caisses de dollars américains ont été nécessaires pour convertir les grands Mwami à cette nouvelle fraternité rwando-congolaise.

Du côté de Kigali, l'ensemble des institutions politiques semble se réjouir du bon travail effectué par les "boys" au Congo voisin. Cependant, la grogne s'est tout de même installée chez les Tutsis congolais qui sont réfugiés au Rwanda, ainsi que dans l'ensemble de la communauté tutsie rwandaise (y compris chez les Baganda). Ceci, non seulement après l'arrestation et la détention arbitraire de Laurent Nkunda, mais aussi et surtout après la nouvelle annonçant sa future extradition vers Kinshasa. Pour preuve voici une lettre de protestation adressée à différents responsables politiques et militaires rwandais, dont entre autres, la ministre des Affaires étrangères, Rose Museminali, le chef d'état-major James Kabarebe, le ministre Charles Murigande, le conseiller en matière de sécurité à la présidence, le Dr. Ndahiro, et le général Charles Kayonga, etc., etc.

8 février 2009 (date de l'envoi par courriel aux autorités rwandaises de la lettre ci-dessous)

Réaction concernant la mise en place du comité (Kinshasa Kigali)
d'extradition du Chairman du CNDP, le Général Major Laurent Nkunda
Mihigo.

Nous, réfugiés Congolais, au Rwanda suivons avec amertume et
indignation les tractations entre Kinshasa et Kigali sur le sort du
CNDP et son Chairman.

En effet, cela fait exactement 18 jours que notre Héros, le Chairman
du CNDP a été arrêté et mis en résidence surveillée d'une façon
arbitraire, illégale et extrajudiciaire.

En effet, il n'a vu aucun Juge pour lui signifier le pourquoi de sa
privation des libertés et encore moins, l'assistance de son Avocat.

Le comble a été suivi sur les antennes de Radio Rwanda par la mise sur
pied d'un comité mixte Rwando-Congolais pour l'extradition du Chairman
du CNDP vers Kinshasa.

Vous savez autant que nous que les bourreaux de Kinshasa pratiquent
encore la peine de mort.

Les Autorités Rwandaises se sont dotées d'une Loi dite de Compétence
Universelle.

Pourquoi ne pas actionner ce mécanisme au lieu d'extrader notre Chairman ?

Imaginez une seule seconde (entre Oct. 1990 et Juillet 1994) si le
Président Museveni et les Autorités Ougandaises auraient créé une
dissidence au sein du FPR-Inkotanyi, mettre aux arrêts son Chairman et
vouloir l'extrader vers le régime du Président Juvénal Habyar'Imana
????????????????????????

De grâce, j'ose croire qu'il existe encore des hommes/femmes intègres
(Inyangamugayo) au Rwanda pour ne pas commettre l'innommable : rien ne
nous échappe de toute cette alliance contre nature. Nous ne sommes pas
dupe, vous savez. Même si, aujourd'hui nous sommes impuissants devant
ce rouleau compresseur.

Le Rwanda utilise le Général Paul Rwarakabije qui est FDRL-Intrahamwe
pur et dur : Pendant combien de temps continuerez-vous à nous humilier
après plus de 15 ans à cause de la présence de ces interahamwe chez
nous en RDC ? Rien n'est linéaire ici bas !!!!!!!!!!!!!!!!!

Nos frères et sœurs ont servi le FPR Inkontanyi : Pendant la conquête
du Rwanda, pendant la guerre d'AFDL, pendant la guerre du RCD, pendant
la guerre du CNDP : Qu'est-ce que nous avons gagné en retour ?
Nothing….A part l'humiliation, brimade etc.….

J. Mwesigwe, apatride.


Cette lettre de M. Mwesigwe résume bien les inquiétudes des Tutsis congolais réfugiés au Rwanda ou qui demeurent encore au Congo, par rapport à cette entente secrète conclue entre Kigali et Kinshasa et qui, comme on le voit, va à l'encontre de leurs intérêts. En effet, de plus en plus on commence à avoir accès aux détails de ce que Kabila aurait exigé et obtenu de Kigali en échange de l'autorisation du retour des RDF au Kivu pour y faire la traque des FDLR. Selon des sources bien informées, Kabila aurait exigé et obtenu la neutralisation militaire et politique, non seulement du CNDP au Nord-Kivu, mais également des FRF sur les hauts plateaux de l'Itombwe. Pour le CNDP on sait déjà où on en est : arrestation de son Chairman, intégration de ses militaires au sein des FARDC, perte de son fief territorial, maintenant entre les mains du gouvernement. Bref, pour le CNDP, son chien est mort! 

Du côté du FRF, pour le moment les militaires rwandais ne sont pas encore intervenus au Sud-Kivu et ça prendra quelque temps avant qu'ils ne puissent rejoindre les hauts plateaux. Donc les FRF sont épargnés pour le moment à cause de leur isolement géographique. Mais il faut aussi reconnaître que la neutralisation des FRF ne pourra se faire sur le modèle du CNDP. Pour les RDF, dans leur cas il n'y aura que l'option militaire de disponible. On sait ce que ça a donné en 2002 quand James Kabarebe avait pensé neutraliser Masunzu et son groupe en moins d'une semaine d'opérations militaires. Ça n'avait pas marché, surtout à cause de l'appui populaire dont bénéficiaient les insurgés Banyamulenge et ce facteur demeure toujours d'actualité aujourd'hui pour les FRF.

Terminons en disant qu'en signant cette entente secrète Kigali et Kinshasa n'avaient pas prévu l'ampleur de la fronde politique générée par leur alliance des deux côtés de la frontière. Si pour le Congo, la chose était prévisible, il en allait tout autrement au pays des Milles collines où on s'imaginait que le fait d'aller traquer les Interahamwe l'emporterait largement comparativement à la réaction négative qui pouvait résulter de la neutralisation du CNDP chez les Tutsis congolais. Or, on constate que cette grogne ne se limite pas à ces derniers, mais s'étend également dans la communauté des Tutsi rwandais. Comme qui dirait, entre le pouvoir et le peuple il y a toujours un fossé qu'il est parfois difficile de combler une fois que les dégâts sont faits.

Source: http://www.obsac.com

17 février 2009

Les ex-combattants du RUD et du RPR ont fui l'attaque de la coalition rwando-congolaise

Le 8 février 2009, date à laquelle ils devaient être transférés à Goma et ensuite rapatriés au Rwanda, 150 ex-combattants hutu rwandais du Rassemblement pour l’Unité et la Démocratie (RUD) et du Rassemblement du Peuple Rwandais RPR), deux factions dissidentes des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda(FDLR), et des membres de leurs familles  ont quitté le camp pour une destination inconnue. 

Ils avaient déposé leurs armes et accepté volontairement d’être rapatriés au Rwanda. Depuis juillet 2008, ils vivaient dans un camp sécurisé par le gouvernement congolais à Kasiki, situé à 200 km de la ville de Goma, au Nord-Kivu.

Selon leur représentant, le Dr Augustin Dukuze, "ils ont fui une attaque de la coalition rwando-congolaise". Personne ne sait où ils se trouvent maintenant. Ils avaient envoyé une délégation au Rwanda pour préparer leur retour.

www.irwanda1.com

 

27 février 2009

Opération rwandaise au Kivu: «Bilan quasi nul»
 
 
Les soldats rwandais ont entamé mercredi leur retrait du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Entre 5000 et 7000 d’entre eux avaient pénétré dans la région depuis le 20 janvier dernier, à la faveur d’un retournement d’alliance spectaculaire entre le Rwanda et l’ex-Zaïre, ennemis farouches depuis des années. Avec l’assentiment du président congolais, Joseph Kabila, Kigali est venu «prêter main-forte» aux troupes de Kinshasa pour démilitariser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

 
 
Cette milice, dont les forces sont évaluées à près de 8000 combattants, compte en son sein des exécutants du génocide rwandais de 1994 et d’anciens soldats hutus. La présence de cet appareil militaire hostile à Kigali, à quelques kilomètres de la frontière rwandaise, était un nœud de discorde persistant entre les deux pays. C’est également au prétexte de protéger la communauté tutsie congolaise de la présence de ces génocidaires que sévissait dans le Kivu une autre milice, le CNDP de Laurent Nkunda. Ce dernier a été arrêté dans sa fuite au Rwanda fin janvier. Il y serait confiné en résidence surveillée. Et, officiellement, ses anciennes troupes font dorénavant l’objet d’une intégration «accélérée» dans l’armée congolaise.

Les résultats de la traque contre les hommes du FDLR apparaissent plus maigres: «L’ennemi n’a pas été totalement détruit, mais ses capacités opérationnelles ont été sensiblement réduites», a indiqué le général congolais chargé de l’opération. En réalité, «le bilan est quasi nul, évalue pour sa part Jean-François Hugo, en poste à Kinshasa pour l’Union européenne. Les chiffres qui circulent sont contradictoires, mais moins de 10% des combattants du FDLR se seraient rendus. Aucun matériel militaire majeur n’a été saisi, et tout le leadership est encore dans le maquis.» La suite des événements préoccupe plus encore ce spécialiste: «Les forces congolaises doivent prendre le relais de l’opération. Or, en l’état actuel, elles en sont incapables. La suite s’annonce comme un véritable fiasco, qui posera la question d’une nouvelle intervention du Rwanda.»

 

28 février 2009

Congo-Rwanda, encore des questions

Le retrait des troupes rwandaises en République démocratique du Congo a commencé dans les délais promis par les deux gouvernements. Mais la presse congolaise, et les observateurs, multiplient les questions

«L’optimisme semble quelque peu l’emporter au sein de l’opinion même si les avis sont partagés», écrit Le Potentiel. Le journal populaire de Kinshasa
relate , depuis mercredi, le départ des troupes rwandaises du Nord-Kivu. Fruit d’une soudaine alliance nouée le 5 décembre dernier entre le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, et son homologue du Rwanda, Paul Kagame, l’opération Umoja Wetu («notre unité», en swahili), devait venir à bout des rebelles hutus rwandais basés au Nord-Kivu depuis 1994, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Parmi lesquelles figurent des exécutants du génocide rwandais.

Sur le plan officiel, il y a «rétablissement de la paix dans la partie Est du pays», affirme l’Agence congolaise de publication. Lors d’une cérémonie mercredi à Goma, la grande ville de l’Est de la RDC, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, lançait: «Tout le monde doit savoir qu’une révolution s’est glissée dans la vision des deux chefs d’Etat, ce qui constitue un signal fort envers tous ceux qui veulent perpétuer, dans la déplorable déstabilisation survenue, leur fonds de commerce du sang.»

Citant un diplomate en place à Kinshasa, Le Temps de ce vendredi mentionne un «bilan maigre» et un risque de «fiasco» pour la suite des événements. De fait, dans certains journaux congolais, ou chez des observateurs, les interrogations restent nombreuses. Questions de chiffres, d’abord. Les généraux font état de 153 rebelles tués, 1300 rapatriés au Rwanda, et huit tués parmi la «coalition». L’opération de retour entamée cette semaine porte sur 1500 soldats rwandais, sur un total estimé entre 5000 et 7000. Le reste du contingent devrait suivre selon des échéances fixée par l’état-major commun. Suivant la parade des soldats rwandais à Goma, l’envoyé spéciale de RFI remarquaitque «la population était impressionnée par leur nombre».

«Mais combien donc étaient-il?», s’énerve Le Phare, qui veut poser «la question qui fâche»: «1500 sur combien? Sous-entendu: à combien étaient-il entrés en RDC et combien en restent-ils?» Devant une «démarche qui n’a pas toujours brillé par sa trasnparence», il est «à se demander si tant de mauvaise foi ne cache pas finalement un agenda autre que celui affiché officiellement», soupçonne Le Phare. Lequel note encore que la mission de l’ONU, la MONUC, n’est pas en mesure «d’infirmer ou de confirmer le départ de ces troupes». Le Potentiel confirme le doute: il est difficile «de dire avec exactitude le nombre de ces soldats rwandais ayant franchi la frontière de la RDC le 20 janvier dernier, et ceux qui viennent de plier bagage».

Source:http://www.letemps.ch

 

28 février 2009

Les soldats rwandais n'ont pas tous quitté la RDC


Soldat FDLR

L'armée rwandaise a officiellement quitté l'est de la République démocratique du Congo (RDC) le 25 février 2009. Mais selon le porte-parole des FDLR, Jean Pierre Ndabavunye, tous les soldats rwandais n'ont pas quitté le territoire congolais.

Une cérémonie en grande pompe hautement médiatisée a eu lieu à Goma pour célébrer le départ des soldats rwandais. Le chef d'état-major des forces rwandaises de défense, le général James Kabarebe, et le chef de l'opération Umoja wetu, le général congolais John Numbi, étaient présents. Les ministres des affaires étrangères des deux pays ont prononcé des discours allant dans le même sens à savoir la réussite de l'intervention militaire conjointe.

Tous les 3500 militaires rwandais engagés dans cette opération sont officiellement rentrés dans leur pays. Interrogé par la radio BBC, édition Kinyarwanda-Kirundi du 27 février 2009, le porte-parole des FDLR, Jean Pierre Ndabavunye, a déclaré que tous les soldats rwandais ne sont pas rentrés chez-eux. "Nous continuons à nous battre avec eux à Kibati", a-t-il précisé. Interrogé sur le chiffre  de 20 à 30000 soldats rwandais sur le sol congolais qu'il avance, il a ajouté: "Ils étaient là avant l'intervention du 20 janvier et ont fusionné avec les combattants du CNDP". Comment vous les identifiez, demande le journaliste de la BBC? "Nous nous engueulons en Kinyarwanda sur le champ de bataille", a répondu Jean Pierre Ndabavunye.

www.irwanda1.com

24 février 2009

Incroyable mais vrai: Nkunda brandit maintenant sa nationalité rwandaise pour retarder son extradition attendue en RDC!

Nouveau et spectaculaire rebondissement du feuilleton du sinistre terroriste tutsi Laurent Nkunda dès lors que ce dernier présente maintenant le suprême subterfuge de sa nationalité rwandaise pour justifier l’obstacle à son extradition à la justice congolaise.

Nkunda, de sa prison de Kigali, ne ménage aucun effort pour ne pas être livré aux autorités congolaises. Il ne peut d’ailleurs pas en être autrement quand on sait qu’auteur ou co-auteur de plusieurs crimes contre la Rdc et ses populations, le boucher du CNDP ne se fait aucune illusion sur son sort.

C’est ainsi que, multipliant des manœuvres dilatoires, il vient de trouver la botte secrète afin d’empêcher Kagame de l’extrader.

En fait, Nkunda se présente désormais comme un Rwandais. Sans blague ! Il exhibe pour ce faire, sa vieille carte d’identité rwandaise qu’il avait acquise quand il avait intégré l’Armée patriotique rwandaise (Apr) en 1991, en qualité de sergent.

Qui plus est, l’ancien « chairman » du CNDP, brandit aussi sa carte de membre des Services de renseignements, lors de la libération de Kigali en juillet 1994. En cette dernière qualité, NKunda soutient mordibus qu’il a joué un rôle prépondérant pour l’actuel régime en place à Kigali, car, il a été pour beaucoup dans la chute d’Habyarimana.

Or, on sait que de tels arguments ne sont pas de nature à laisser indifférents, les Tutsis au pouvoir à Kigali. C’est ainsi que certains généraux font désormais ouvertement pression sur Kagame pour qu’il ne livre pas « le compatriote Nkunda » aux autorités congolaises.

Mais, la question que l’on est en droit de se poser  est celle de savoir comment un homme qui bombait le torse à Jomba comme étant un pur-sang congolais, au point d’afficher ses ambitions pour la Présidence de la République, peut, du jour au lendemain, devenir Rwandais.

Quoiqu’il en soit, le plus malheureux dans cette affaire, est Paul Kagame qui semble pris entre le marteau et l’enclume. D’une part, les pressions de ses généraux pro-Nkunda au nom de la solidarité tutsie. De l’autre part, les pressions de    la Communauté internationale déterminée à voir le président rwandais respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord avec Kinshasa. Dans l’un comme dans l’autre cas, le pan semble très risqué pour l’homme fort du Rwanda. Dès lors, le glas va-t-il sonner pour Paul Kagame ?

(DN/Ern./GW/Yes)

Le Palmarès, 23/02/2009
http://www.digitalcongo.net

 

17 février 2009 

«Le président ougandais a un projet de la grandeur de l’Ouganda à partir de la faiblesse de la RDC». 

Interview du  Professeur Philippe Biyoya  par le journal Le Potentiel

Internationaliste et analyste politique, le professeur Philippe Biyoya réagit aux révélations de l’ambassadeur de Russie en RDC relatives au plan de balkanisation de la RDC concocté par les Nations unies depuis 1990. Egalement, il parle notamment de velléités hégémoniques de l’Ouganda avec un président Museveni qui caresse le rêve d’un leadership sous-régional.

Il y a une chose qui paraît curieux dans le point de presse de l’ambassadeur de Russie en RDC concernant le plan de balkanisation de la RDC qui date de 1990. Il révèle que c’est aux Nations unies qu’on avait pensé que le Congo était grand et qu’il fallait le diviser. Quelle est votre analyse à ce sujet ?

Je répondrai en deux temps. Dans un premier, par rapport à la politique étrangère de la Russie, aujourd’hui, qui prend les allures de la guerre froide, ce pays se positionne dans le monde par rapport aux Etats-Unis d’Amérique. Et, partout où la Russie estime qu’elle peut avoir la possibilité d’asséner un coup aux Etats-Unis, elle le ferait. Une dénonciation qui pourrait porter ombrage d’une manière ou d’une autre à la diplomatie américaine. En faisant cette révélation, ce n’est pas d’abord par amour pour les Congolais, mais il faut inscrire cette déclaration dans la perspective de l’antagonisme, de la rivalité diplomatique entre ces deux grandes puissances qui se disputent, en fait, le contrôle du monde. C’est de un. Et de deux : je crois que cela nous permet aussi, une fois de plus, de savoir que le Congo doit comprendre qu’il vit dans le monde et que son destin ne relève pas seulement des Congolais. Parce que le Congo est l’objet de convoitises. Et comme celles-ci proviennent de matières premières que les Congolais ne savent pas les utiliser, tous ceux qui les consomment n’attendent pas que les Congolais se mettent d’accord, les invitent pour venir.

Dans un second temps, revenons à l’histoire. Les Nations unies n’interviennent pas au Congo pour la première fois. Je rappelle le livre que Thomas Kanza a écrit en 1960. Thomas Kanza, premier universitaire congolais, ambassadeur aux Nations unies, a écrit «Ata ndele». Dans ce livre, il a dénoncé les Nations unies qu’il comparaît à un serpent qu’on a fait entrer dans une maison et qui finirait par mordre. Je vais appuyer ce livre par une déclaration de Mabika Kalanda qui disait, analysant la première intervention de l’Onu en 1960, que lorsque l’Onu est intervenue chez nous en 1960, elle voulait absolument non seulement mettre le pays sous tutelle, mais aussi voulait que la politique étrangère du Congo soit dirigée à partir de New York.

Nous ignorons aussi que la crise congolaise de 1960 a eu des implications sur le plan international. Un secrétaire général des Nations unies, Dag Hammarskjöld, est venu mourir au Congo. Les Etats-Unis et l’Union soviétique, en pleine guerre froide, se sont affrontés au Congo parce que des avions soviétiques sont arrivés sur l’aéroport de N’Djili. Lumumba qui les a appelés – je ne sais pas s’il était manipulé – a été accusé de communiste. La Belgique a été condamnée par les Nations unies, le pays a été pratiquement désintégré avec la sécession du Katanga. Nous avons vite oublié que cette guerre, qui avait des implications du monde en 1960, a laissé des traces. Et on n’a jamais vu exactement comment cette période de l’histoire a été gérée convenablement pour que le Congo retrouve sa souveraineté. Je pense qu’en nous référant déjà à notre propre histoire avec l’intervention de la communauté internationale en 1960, les traces d’un pays dont le destin échappe aux autochtones sont visibles. Et cela a été dénoncé.

Alors, qu’on en ait encore parlé en 1990, je crois que nous savons tous que Mobutu est parti si les Etats-Unis, qui l’avaient placé au pouvoir, ne s’étaient pas fatigués de lui. Et cela non seulement parce que la guerre froide était finie, mais parce qu’il y avait d’autres puissances en Afrique, notamment la nouvelle Afrique du Sud post-apartheid qui émergeait et qui, désormais, pourrait, en fait, développer les capacités de gérer les équilibres stratégiques en Afrique. Et, à côté de l’Afrique du Sud, il émergeait de nouvelles élites dirigeantes dont on a vanté les capacités. Et toutes ces élites n’étaient pas congolaises. Il y avait Thabo Mbeki, Museveni, Paul Kagame, le premier ministre éthiopien, le président de l’Erythrée, Mugabe (à cette époque-là). Tout cela montre que la façon dont les institutions congolaises fonctionnent ne donne pas satisfaction aux autres et ne fait pas voir combien les Congolais sont responsables.

A vous entendre parler, c’est comme si les Congolais ne sont pas acteurs, mais subissent la loi de ceux qui convoitent leurs richesses ? Etes-vous donc pessimiste pour l’avenir de ce pays ?

Non. J’ai montré que, du point de vue historique, toutes crises et guerres intervenues au Congo ont toujours cet inconvénient d’impliquer la communauté internationale, les puissances du monde. Mais lorsque celles-ci viennent, ce n’est pas par amour pour le Congo. Mais pour occuper et gérer l’espace. En 1960, on redoutait la possibilité de transfert du pouvoir de Kinshasa à New York. En 2000, le pouvoir est non seulement allé à New York, mais nous avons eu le Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat). Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas d’être pessimiste, mais de constater que nous sommes oublieux ou négligents. Nous pensons que l’intervention de la communauté internationale lorsqu’il y a guerre au Congo témoigne la sympathie et la compassion de celle-ci envers les Congolais. Et que, dès qu’on dit que la guerre est finie, il n’y a plus de problèmes. Nous n’étudions pas, en fait, les effets de la guerre qui se définissent comme une autre manière de poursuivre une politique.

Toutes les guerres nous sont imposées. Elles sont des véhicules de politiques, de volontés des gens qui sont à la base de ces guerres. Il n’y a de paix que par rapport aux objectifs pour lesquels on a fait la guerre. S’il est question du contrôle des ressources, de la partition du pays, les objectifs ne disparaissent pas parce qu’on a signé un protocole d’accord. Les Congolais se contentent de signer des protocoles d’accord, de partager le pouvoir. Mais ne prennent pas en compte les conséquences en termes de prix à payer, telles les factures de guerre qu’il faut honorer après. Tout cela nous arrive parce que les gens s’aperçoivent, en fait, que nous avons une dimension politique très peu élaborée. Je pense que c’est le président Bongo qui l’a dit. Et «Jeune Afrique» avait fait échos de cela. Pourquoi a-t-on créé mille institutions ? Pourquoi a-t-on donné le rang de ministre même à ceux qui géraient les institutions citoyennes ? Parce qu’on a dit que les Congolais ne savent pas faire la politique. Mais au Congo, tout le monde sait faire la politique. C’est une faiblesse. Et nous voulons faire la politique avec les paroles, avec les passions.

Nous aimons le pays mais nous n’avons pas une pensée concrète. Nous ne savons pas comment utiliser nos ressources. Et quand les autres voient cela, ils considèrent que c’est une faiblesse fatale pour reprendre le titre du livre de Léon Daba «République démocratique du Congo, Etat et Nation : des faiblesses fatales». Il ne voit pas comment, depuis 1960, nous développons les capacités d’éviter les pièges que l’histoire …

Oui, mais quelles capacités développer pour que l’histoire ne se répète pas ?

On ne mettrait pas fin à cela par une conception personnelle, individuelle. Aujourd’hui, nous avons des institutions qui gèrent l’Etat. Il faudrait que leurs dirigeants se montrent plus responsables. Ils doivent comprendre que les guerres sont des entreprises très difficiles. Et il ne faut pas chercher seulement leur fin, mais il faut maîtriser leur logique de paix. Parce que chaque guerre a sa rationalité, sa motivation. Et lorsque les guerres se multiplient, comme on l’a vu chez nous au Kivu avec des guerres externes, interethniques, de pillages économiques, il faut beaucoup de temps, de persévérance, de sagesse et d’intelligence pour éviter de tomber dans le piège. Je crois qu’il faut développer une capacité de gouvernance qui soit différente de ce que nous pensons aujourd’hui. Il faut que la paix et la gestion de la Nation viennent de la responsabilité générale de tout le monde. Cela signifie qu’il ne faut pas seulement donner l’information à la radio. Mais faire en sorte qu’on responsabilise chacun dans le pays. Et si j’ai bien lu l’interview de l’ambassadeur de Russie en RDC, on a dit que ce pays était trop grand. Cela veut dire qu’on pose le problème de structures administratives. Or, la Constitution parle de la décentralisation. Pourquoi cela ne réussit pas ? Les Congolais disent qu’il faut faire une fédération. Pourquoi ce projet qui devait montrer la capacité à prendre en charge les provinces, les territoires et autres entités territoriales ne réussit pas ? Faut-il le concours des Nations unies pour sa concrétisation ? Or aujourd’hui, la décentralisation est faite sur conseils du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Elle est donc faites sur base des conseils des gens qui viennent d’ailleurs. Au ministère de la Décentralisation, on a recruté un expert français. Peut-on réussir cette décentralisation par ce genre d’attitude ? On recourt à l’étranger en refusant de développer soi-même ses capacités. En tout cas, si votre maison brûle, si vous y avez des problèmes, ce n’est pas par les conseils des parents que vous vous tirerez d’affaire. Mais vous devriez chercher vous-même à les résoudre. La responsabilité nous incombe. Pour cela, nous devons chercher à nous organiser autrement pour être capables de gérer notre Etat, même dans les limites qui sont les nôtres. Est-ce qu’il est dit que, pour que l’économie congolaise se développe, il faut nécessairement produire des mines ? Est-ce que les Congolais mangent des mines, en vivent ? Qu’est-ce qui explique que, depuis 40 ou 50 ans, nous pensons développer notre économie essentiellement autour de mines dont le contrôle et la production nous échappent.

Dernièrement, le président ougandais Museveni a, dans une déclaration sur le Nord-Kivu, fait remarquer que les troupes armées de son pays sont dans la province Orientale. A travers cette déclaration, on a l’impression qu’il a dévoilé les plans «anglo-saxon», Cohen et Sarkozy …

Je ne sais pas si ce que le président Museveni a dit est anglo-saxon. Je dis que c’est ougandais. Je reviens, une fois de plus, à l’histoire de guerres. Les Congolais ont-ils déjà oublié que l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFL) a été appuyée par le Rwanda et l’Ouganda ? Qu’il y a eu guerre ? Que nous avions signé l’Accord de Lusaka ? Et que les Rwandais et les Ougandais se sont battus à Kisangani à trois reprises ? C’est lorsqu’on a condamné ces affrontements que Museveni a créé la province de Kibalo-Ituri. C’est ce qui a provoqué tout le drame que connaît l’Ituri. J’ai toujours regretté l’arrestation de Thomas Lubanga et autres. Ils n’auraient même pas créé des milices si Museveni ne s’était pas intéressé à déstabiliser le district de l’Ituri. Il a voulu soustraire cette partie de la Province Orientale et celle de la frontière de l’Est qui fait frontière avec l’Ouganda pour les mettre sous son contrôle. C’est là que Museveni a laissé entretenir les rebelles ougandais pour que cela serve de prétextes à son intervention au Congo. Aujourd’hui, à quoi l’Ouganda est-il intéressé ? Le premier protocole d’accord que l’Ouganda a signé avec l’AFDL est commercial. Et il faut lire ce protocole ! Il s’est intéressé à l’AFDL pour des raisons économiques : le bois, l’or, le pétrole dans l’Ituri. Museveni a des ambitions de leadership. Je l’ai dit à une certaine époque mais les gens ne voulaient pas croire. Museveni a un pouvoir à maintenir en Ouganda. Il est contesté parce qu’il est minoritaire. Mais, pour qu’il s’impose, il faut qu’il offre au pays les possibilités d’un développement, de croissance économique. S’il peut avoir, à bout de bras, de quoi ramener dans son pays, des richesses qui chôment et que personne ne contrôle, il le fait volontiers. Je pense qu’il ne faut pas d’abord voir des Anglo-saxons. C’est un projet à 100 % ougandais qui est conforme au leadership de Museveni. Qui, d’ailleurs, n’hésite pas de demander la création de la Communauté des pays de l’Est africain. Il veut une communauté est-africaine qui intègre la RDC, alors qu’il existe déjà le Marché commun de l’Afrique de l’Est et australe (Comesa). Museveni a compris que la guerre a une rationalité et qu’il peut utiliser les faiblesses du Congo pour construire la puissance de l’Ouganda. Et qui sait ? Aujourd’hui, il peut aussi agir autrement. Mais s’ingérer dans les affaires du Congo sans soutenir le Rwanda. Qui ne sait pas que le Front patriotique rwandais qui a installé Kagame au pouvoir a été soutenu par Museveni ? Celui-ci a même envoyé Kagame dans une académie militaire. Donc, le président ougandais est un homme qui a un projet de la grandeur de l’Ouganda à partir de la faiblesse de la RDC. De façon méthodique. Et je ne pense pas que cela soit sans raison que Museveni s’oppose à la création de l’Union africaine. Il sait que s’il entre dans le projet de l’Union africaine, il sera condamné pour ce qu’il est en train de faire en RDC. Il dirait adieu à ses prétentions. Mais il voudrait être un grand. Je ne sais pas s’il faut appeler cela folie. Je voudrais qu’on comprenne cela d’abord comme un projet ougandais auquel nous devons apporter des réponses appropriées. Ensuite, il est possible que Museveni, anglo-saxon, membre du Commonwealth, soit au service d’un dessein anglo-saxon. Mais celui-ci ne peut pas, en fait, triompher dans le cadre de la configuration des rapports de forces, aujourd’hui. Parce que, pour que les Anglais ou les Anglo-saxons arrivent à modifier les frontières, ils doivent, au jour d’aujourd’hui, avec le soutien de tous les membres des Nations unies. Or, déjà, la déclaration de l’ambassadeur de Russie en RDC montre que tout le monde ne s’intéresse pas à ce dossier aux Nations unies. Regardez toutes les résolutions des Nations unies sur la Monuc commencent par réaffirmer l’intégrité du territoire du Congo. Nous devons quand même nous méfier de ces velléités anglo-saxonnes. A moins qu’ils ne tiennent pas leur parole, les résolutions des Nations unies reçoivent aussi le suffrage des anglo-saxons. On ne peut occulter les enjeux régionaux et internationaux auxquels il faut ajouter la rapacité des groupes d’intérêts, d’affaires et de multinationales.

Interview réalisée par Freddy Mulumba Kabuayi Retranscrit par Olivier Dioso

http://www.congoforum.be

 

12 mars 2009

La MONUC va continuer à aider l'armée congolaise à traquer les FDLR

Les Casques bleus de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) vont continuer à appuyer l'armée congolaise dans sa traque des rebelles hutus rwandais encore présents dans l'est du pays, a affirmé mercredi le "patron" de la MONUC, Alan Doss.

"Nous allons épauler les FARDC (Forces armées de la RDC) dans leur action contre les FDLR (les Forces démocratiques de Libération du Rwanda, les rebelles hutus réfugiés depuis 1994 dans l'est de l'ex-Zaïre)", a déclaré le diplomate britannique au cours d'un point de presse à Kinshasa. La traque des FDLR, un des principaux facteurs d'instabilité dans la région des Grands Lacs, a justifié le lancement d'une opération militaire conjointe - et inédite - entre les armées congolaise et rwandaise entre le 20 janvier et le 25 février. Depuis le retrait des troupes rwandaises, les FARDC poursuivent seules la chasse aux FDLR, avec un soutien logistique et matériel de la MONUC, toujours en attente d'un renfort de 3.000 hommes promis l'an dernier.

Source: http://www.rtbf.be

5 mars 2009

Les vaches du Rwanda : Une arme de guerre !

Le Nord-Kivu n’est pas encore au bout de ses peines ! Le Rwanda ne semble pas avoir atteint tous les objectifs de la guerre qu’il livre au Congo depuis treize ans. Après la stratégie des marionnettes-libérateurs de l’AFDL, des opposants-démocrates du RCD-Goma, des Interahamwe et des FDLR, de la terreur du CNDP de Nkunda et Bosco-Ntaganda, et dernièrement celle des opérations militaires conjointes avec les Fardc, le Rwanda de Paul Kagame utilise aujourd’hui les vaches pour poursuivre sa guerre autrement.
 
 

Après la guerre de Nkunda, les rescapés du Territoire de Rutshuru sont victimes des vaches venant chaque jour du Rwanda pour brouter dans les champs des paisibles congolais. Ces vaches rwandaises sont conduites dans les champs de la population locale (spécialement les Nande) par des éleveurs armés et arrogants qui tirent sur toute personne qui veut les en empêcher. La conséquence de cette guere des bovins qui jouit comme toutes les autres guerres qui lui ont precédé de l'impunité, c’est le déplacement des populations victimes vers des localités supposées plus sûres.
Avec une armée et une police faites des ex-rebelles rwandais mixés ou intégrés qui protègent les vaches et leurs éleveurs, les victimes de ce vandalisme des bovins en Territoire de Rutshuru ne savent pas à quel saint se vouer.
 
 
Pendant ce temps, le gouvernement de Kinshasa, sans aucune emprise réelle sur terrain au Nord-Kivu  se dit victorieux. De quelle sorte de victoire s’agit-il si des territoires entiers restent sous la coupe des éleveurs-guerriers rwandais ?

 
Si l’on observe une certaine accalmie dans les grandes agglomérations du Territoire, l’arrière-pays n’est pas encore libéré. Il est toujours dangereux de vaquer aux occupations champêtres où les vaches sont des armes de destruction massive de la petite économie des paysans. Avec les temps qui courent, perdre son champ et ses récoltes c’est devenir candidat à la mort. Ainsi les rescapés de la guerre de Nkunda peuvent mourir prochainement de la famine provoquée par l’armée des vaches rwandaises, une armée redoutable d’autant qu’elle échappe à toutes les lois internationales et par le fait qu’il n’existe pas encore de tribunal international pour les vaches ayant commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
 
 

La situation en Territoire de Rutshuru comme ailleurs au Nord-Kivu ne rassure personne. Le terrain reste visiblement miné. Pour les observateurs, tout donne l’impression que l’accalmie actuelle est taillée sur mesure pour préparer un autre coup fatal. Cette accalmie relèverait ainsi de la stratégie de la souris utilisée par le Rwanda dans sa conquête du Kivu. Comme vous le savez, la souris de maison souffle sur la partie du corps humain qu’elle ronge pour que la victime ne se réveille pas. C’est toujours très tard, quand le forfait est accompli que la victime constate que tout son pied a été rongé nuitamment. Le problème pour le gouvernement congolais est qu’il ne prend jamais de précaution contre le rongeur avéré et impénitent.
 
 

Un des objectifs de l’accalmie relative actuelle semble être l’extinction du feu attisé au sein de l’Assemblée Nationale où l’ordre constitutionnel issu des élections de 2006 est mis en mal par le parti au pouvoir. La petite confiance dont jouissait encore Joseph Kabila et son gouvernement s’est terriblement érodée et au point tous les espoirs de démocratisation s’estompent du jour au lendemain. Les conséquences de cette nouvelle dictature sont incalculables pour le pays et dans toute la région des grands lacs africains.
 

Pour tenter d’éteindre ce feu, le gouvernement qui affiche aujourd’hui sa complicité avec le Rwanda, trompe les congolais que la paix est revenue à l’Est du pays, que Kamerhe avait tort, et que la pétition Kyaviro n’a plus de raison d’être, qu’il faut maintenant penser à l’après-Nkunda, etc. Tous les congolais voudraient aussi que la paix fut retrouvée. Mais cela n’empêche qu’une évaluation se fasse au sein de l’Assemblée Nationale et dans les Assemblées Provinciales surtout que la situation reste tendue sur terrain. C’est le devoir du Parlement d’évaluer l’action du gouvernement. Quand le gouvernement refuse de rendre compte au Parlement de sa gestion de la chose publique, on parle de dictature et le parlement peut prendre les dispositions prévues par la Constitution.
 
 

Aujourd’hui, la vérité sur terrain fait état de la présence des armées étrangères se trouvent sur le territoire national congolais. Ce n’est pas parce qu’on a organisé la fête de leur départ qu’elles sont parties. Les congolais par la voix de leurs élus de 2006, demandent incessamment l’évaluation des opérations militaires conjointes à l’Est du pays. Le fait d’avoir Nkunda à Kigali, où il est d’ailleurs libre, est très maigre comme réalisation de paix quand Bosco Ntaganda, le tueur à séries de Kisangani (1999) et de Kiwanja(2008) est toujours au Nord-Kivu.
 

L’évaluation que le peuple congolais réclame à cor et à cri, doit comporter les opérations militaires conjointes, le retour des déplacés dans leurs villages, le déploiement d’une police congolaise de proximité qui parle les langues du pays dans toutes les cités et villages du Nord-Kivu, et au-delà de tout, l’application de l’ordre constitutionnel issu des élections de 2006 dans la gestion du pays, etc.
 
 

Le dimanche 1° mars 2009, avec le secrétaire général des Nations Unies, le président du Rwanda, Paul Kagame, avait déclaré que le Rwanda était prêt à revenir en RDC avec son armée pour traquer les FDLR, si la RDC le lui demandait. L’appel du secrétaire général de l’ONU au déploiement des troupes additionnelles de l’ONU est une reconnaissance que le danger n’est encore écarté. Ces deux déclarations constituent une raison de plus pour les députés nationaux et provinciaux d’exiger incessamment une évaluation des opérations militaires conjointes des Fardc avec les armées de pays agresseurs.
 

Le thermomètre de la pacification du Nord-Kivu sera le retour des déplacés dans leurs villages et le contrôle aux frontières avec le Rwanda et l’Ouganda pour mettre fin au phénomène des éleveurs et des vaches sans frontières qui ravagent les champs des paysans, le respect de l’ordre constitutionnel dans la gestion du conflit au Nord-Kivu, etc. Ne pas répondre à cette préoccupation signifierait que l’accalmie relative actuelle n’est qu’une stratégique pour préparer à la manière de la souris de maison, un autre coup fatal…

Par Edgar Kahindo
Butembo , 4 mars 2009
http://www.benilubero.com

15 février 2009



L'arrestation de Laurent Nkunda:  La main des Américains


Le 21 Janvier 2009, le rebelle congolais et non moins leader du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), le Général Laurent Nkunda, est arrêté au moment même où les Armées rwandaise et congolaise étaient engagées dans des opérations communes dans le Nord-Kivu.



Pourtant, cette arrestation n'est guère surprenante : elle était même attendue, en tout cas si l'on se réfère aux dernières péripéties qui ont secoué cette affaire entre le Général dissident et le pouvoir de la République Démocratique du Congo (RDC).

 

La main des Américains

Ces derniers temps, des milliers de soldats rwandais se sont "clandestinement" (dit-on : ce qui est faux) introduits en RD Congo, pour traquer les membres des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR). Cette opération avait été largement orchestrée, sur les plans tant financier que logistique, par les Etats Unis impliqués depuis longtemps dans la région.

 

En effet, pour prouver leur bonne foi au pouvoir de Kigali (capitale du Rwanda) qui les accusait de soutenir les FDLR, les Américains avaient demandé au Gouvernement congolais d'accepter cette opération. Mais faire revenir l'Armée rwandaise en RD Congo comportait en soi un très grand risque politique pour le Président Joseph Kabila. Du moins, tel était le sentiment des tenants du pouvoir en R D Congo.

 

C'est que le pouvoir de Kinshasa se rappelle encore la triste mésaventure de Laurent Kabila, celui qui s'était fait aider par des troupes rwandaises et d'autres mercenaires de tout acabit pour bouter Mobutu Sésé Séko hors du pays, reprendre le pouvoir, et entreprendre des mesures politiques presque pires que celles de son prédécesseur.

 

Et depuis lors, l'ex-Congo Léopoldville, ex-Zaïre et actuel République Démocratique du Congo n'a plus connu la paix sociale et politique. Et l'actuel Président de la RDC, Joseph Kabila (fils spirituel de l'autre Kabila) continue toujours de subir les conséquences de cette crise politique. D'où la méfiance, somme toute légitime et justifiable, de l'actuel pouvoir de Kinshasa.

 

C'est donc pour se blanchir aux yeux du Chef de l'Etat congolais que le pouvoir de Washington a exigé une contrepartie auprès du Rwanda : qu'il lâche et neutralise le rebelle congolais, Laurent Nkunda. Mais pour cela, il fallait commencer par affaiblir ce dernier au sein même   de son mouvement, le CNDP.

 

Alors ce rôle a été confié à l'un des plus proches de Laurent Nkunda, l'un de ses Commandants aussi : Bosco Ntaganda. C'est ainsi que, contre toute attente de Laurent Nkunda et de ses hommes, Ntaganda annonca subitement... la fin de la rebellion et le ralliement de ses inconditionnels à l'Armée régulière congolaise.

 

C'est dire que Laurent Nkunda n'a guère eu le temps de voir venir le coup : pire, il n'y a vu que du feu ! Bref, pour lui, c'était la fin de l'aventure maquisarde. Et à cet égard, les négociations dites de Naïrobi, entamées auparavant entre le rebelle en chef et les autorités congolaises, n'étaient que de la "poudre aux yeux" de Laurent Kunda, et mieux : un savant piège dans lequel il était tombé sans rien voir venir.

 

Paul Kagamé lâche enfin Laurent Nkunda

D'autres raisons bien antérieures ont contribué à changer l'attitude du Rwanda qui, malgré les accusations de son voisin (la RDC) avait toujours soutenu que cette affaire (celle de Laurent Nkunda) était une affaire purement congolaise. Mais la réalité était tout autre.

 

En effet, à Kigali (capitale du Rwanda), même si la "cause" défendue par le Général rebelle (enfin, l'ex-rebelle) était populaire au sein de l'opinion, ses agissements avaient fini par exaspérer le Président rwandais, Paul Kagame lui-même.

 

En réalité, Laurent Nkunda était devenu "incontrôlable". Si incontrôlable   que, grisé par ses victoires sur l'Armée congolaise, il avait juré... de marcher sur la capitale Kinshasa ! C'est que depuis lors, il avait bien pris et du poil de la bête et de l'embonpoint politique. Pire, il s'était tout simplement cru assez fort pour éjecter Joseph Kabila de son fauteuil présidentiel. Mais comme on dit, "tant va la cruche à l'eau qu'à la fin, elle se brise".

 

Aussi, l'ambition démésurée de Laurent Nkunda n'a pas manqué de gêner le Rwanda vis-à-sis de ses partenaires étrangers qui avaient fini par menacer, avec de plus en plus d'insistance, de suspendre leur aide financière en faveur du Rwanda. Et comme Paul Kagame persistait toujours à soutenir le rebelle Laurent Nkunda, le Bays-Bas furent les premiers à rompre avec le Rwanda en Décembre 2008, bientôt imités par la Suède, ensuite, par l'un des soutiens les plus sûrs du Rwanda : le Royaume Uni.

 

C'est alors que Paul Kagame a dû penser en se demandant, comme on le dirait sous nos cieux : "Mais qu'est-ce qui m'a donc frappé pour que je pleure?". Autant dire qu'il a fini par comprendre que l'intérêt supérieur de son pays est plus fort que son soutien à un rebelle en disgrâce : il le lâcha donc, et sans regret.

 

Quel sera le sort du rebelle déchu?

Aujourd'hui, bien des questions se posent, quant au futur sort réservé à l'ex-Général et ex-rebelle. Laurent Nkunda hors jeu, que va-t-il se passer? Restera-t-il toujours détenu dans les geôles rwandaises? Notons qu'il avait été arrêté par les autorités du Rwanda? Sera-t-il finalement livré aux autorités congolaises? Ou prendra-t-il le chemin de l'exil, en Afrique du Sud ou dans un autre pays?

 

Et puisqu'on apprend que les Américains (encore eux) ont proposé à Laurent Nkunda de l'accueillir chez eux, ce dernier acceptera-t-il la proposition?... Du reste, cette proposition des Etats Unis de recevoir Laurent Nkunda ne cacherait-elle pas d'autres intentions, par exemple, celle d'utiliser l'ex-rebelle à d'autres fins?...

 

Quel qu'il en soit, une chose est sûre : même s'il avait été amnistié pour faits de rebellion, lors de la Conférence de Goma (depuis Janvier 2OO8), l'ancien chef du CNDP risque d'être à nouveau poursuivi dans son propre pays (la RDC) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. L' éventualité qui n'est pas du tout à exclure, loin de là...



Source: http://www.malikounda.com

17 mars 2009

Guerre et assassinats ciblés au Nord-Kivu

La Paix n’est pas encore revenue au Nord-Kivu. Après la courte accalmie observée pendant le séjour du Président de la République  Joseph Kabila Kabange, les armes ont encore parlé  ce soir vers 19h00, heure de Goma, Quartier TMK, au domicile de Mr. AMZA KANANE.  Des hommes en uniforme et en armes ont fait une entrée forcée à son domicile avant de le cribler des balles. Mr. Amza Kanane est mort sur le champ. Ses assassins se sont sauvés sans précipitation comme s’ils avaient l’assurance de ne pas être arrêter.  L’infortuné Amza Kanane laisse une veuve et deux orphelins.
 
Très connu parmi les jeunes de la ville de Goma, Amza était Président des étudiants de  l’Université de Goma (UNIGOM) de 2003 à 2004.  La douleur est forte pour la famille d’Amza qui avait perdu son  grand frère surnommé CHUI dans les mêmes circonstances. CHUI était aussi abattu par des hommes en armes qui n’ont jamais été arrêtés. Amza et Chui étaient deux militants Hunde pour l’intégrité territoriale de la R.D.Congo. Les deux étaient connus pour leur esprit de collaboration avec tous les fils et filles du Nord-Kivu pour combattre l’agression rwandaise. Amza,  bien que Hunde, avait plusieurs collaborateurs Hutu, Nande, Nyanga, et des ressortissants d’autres provinces.  Tous ceux qui ont connu le militantisme d’Amza lient son assassinat à ses appels au réveil patriotique des Nord-Kivutiens. Son assassinat est selon eux une  perte d’un combattant pour la liberté  du congolais au moment où on avait plus de besoin de lui.  Que son âme repose en paix auprès de six millions des congolais fauchés par une guerre d’agression rwando-ougandaise !
 
La situation sécuritaire au Nord-Kivu est préoccupante. Une méfiance de tous envers tous caractérise le climat dans la ville de Goma. On se croirait à Moscou ou à Saint Petesbourg à l'époque des mouchards du KGB. L'origine de cette psychoise n'est autre que la présence des rwandais venus du Rwanda sous couvert opérations militaires conjointes Rwanda-Congo pour intégrer plusieurs services militaires et de renseignement tels l’ANR, la DGM, la Police, l’armée du Nord-Kivu. Ainsi les congolais qui travaillent dans les mêmes services  que ces expatriés rwandais, sont obligés de fermer le bec par peur de subir le sort de Kamerhe ou celui d'Amza. La question que tous se posent est le genre de paix qui sortira de ces opérations administratives conjointes entre le Rwanda et la R.D.Congo dans la province du Nord-Kivu. 
 
Les députés qui ont déjà dénoncé les opérations militaires conjointes Rwanda-Congo devraient exiger aussi l'évaluation des opérations administratives conjointes Rwanda-Congo qui sont en cours au Nord-Kivu, en commençant par la ville de Goma.   
 
A l’intérieur de la Province du Nord-Kivu, des violents combats à l’arme lourde ont opposé au matin de ce samedi 14 mars les Fardc aux FDLR dans le village de Mbughavinywa, au Sud du Territoire de Lubero. Cinq jeunes avaient été égorgés dans ce même village par les Fardc dans la nuit du mardi au mercredi 11 mars. Le bilan des affrontements de ce matin serait de 4 morts parmi les civils. Les Fardc au front de Mbughavinywa sont sous le commandement du Colonel Kyuma.
 
D’autres combats opposants les Fardc aux FDLR sont signalés dans plusieurs coins du territoire de Masisi.
 
Devant ce tableau plus que sombre, le gouvernement de Joseph Kabila ne peut, en toute conscience, se cabrer dans son refus d’une évaluation des opérations militaires au Nord-Kivu telle que demandée par la pétition Kyaviro.
 
Ainsi les sénateurs,  les députés nationaux et provinciaux,  toutes les appartenances politiques confondues, doivent se montrer à la hauteur des attentes de leurs électeurs, en appuyant l’exécution de la pétition Kyaviro et en soutenant la résolution constitutionnelle de l'affaire Kamerhe. Il y va de leur crédibilité. Le traitement du dossier Nord-Kivu les rendra congolais ou congorais !

Source: http://www.benilubero.com

21 mars 2009

 

RDC: les attaques des FDLR ont provoqué la fuite de 30.000 personnes

GENÈVE | Les attaques des rebelles hutus rwandais dans l'est de la République démocratique du Congo ont fait "près de 30.000" nouveaux déplacés ces deux dernières semaines, a rapporté vendredi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont mené des opérations de représailles à l'offensive conjointe des forces congolaises et rwandaises contre eux dans le Nord-Kivu, provoquant la fuite depuis 15 jours "près de 30.000 personnes", selon les données des autorités locales, citées par le HCR.

Depuis mi-janvier, les attaques des FDLR ont provoqué la fuite de plus de 160.000 civils, selon le HCR.

"Les familles nouvellement déplacées dans la région de Lubero ont raconté que les raids du FDLR avaient augmenté durant la première moitié de mars de même que les violations des droits de l'homme", a expliqué le porte-parole du HCR à Genève Ron Redmond lors d'un point de presse.

Près de la ville de Masisi, au sud de la région, les rebelles des FDLR ont tué au moins trois civils dimanche, rapporte encore le HCR.

Le lendemain, une autre attaque des FDLR plus au sud a fait "fuir les villageois dans toutes les directions", a ajouté M. Redmond citant un rapport des autorités locales.

L'ONU a condamné mercredi les atrocités commises par les rebelles hutus rwandais mais également par l'armée gouvernementale congolaise sur les populations civiles.

Les rebelles hutus se battent contre l'armée soutenue par les Casques bleus, dans l'est de la RDC depuis le départ fin février des forces de Kigali, dans l'espoir de récupérer des positions perdues pendant l'opération conjointe rwando-congolaise, déclenchée le 20 janvier.

Source:http://www.24heures.ch

24 mars 2009



Les attaques des FDLR provoquent de vives tensions à l'Est de la RDC

Moins d'un mois après la fin de l'opération militaire congolo-rwandaise contre les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), de nouvelles attaques de ces rebelles sont signalées dans l'est de la République démocratique du Congo. Selon le Haut commissariat aux réfugiés, elles auraient provoqué la fuite de 30 000 civils, essentiellement dans le territoire de Lubero, au nord du Kivu.

Ces deux dernières semaines, trente mille villageois selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) ont fui les exactions des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Les rebelles hutus rwandais se vengent sur la population
après avoir été la cible en début d’année d’une opération militaire rwando-congolaise.

Le HCR se dit préoccupé par cette situation qui ralentit son travail d’assistance aux populations déplacées dans la région. La société civile du Nord-Kivu de son côté parle « d’une situation catastrophique ». L’armée congolaise déployée sur place n’arrive pas à contrôler les différents groupes rebelles FDLR éparpillés dans l’ensemble de la province.

Selon le président de la société civile du Nord-Kivu, les FDLR sont revenus à Walikale. Ils sont aussi présents à Lubero et aux portes du Butembo, territoires qu’ils ne contrôlaient pas avant l’opération conjointe. Jason Luneno demande donc aux autorités congolaises de redoubler de vigilance, ceci afin de contrer les FDLR qui tentent de se réorganiser dans la province du Nord-Kivu.

Source:http://www.rfi.fr

3 avril 2009

RDC: Déplacement de populations suite aux attaques des FDLR

                                       FDLR rebels in the eastern DR Congo. File photo
                                               Combattants FDLR

Quelques 250 000 personnes ont été déplacées récemment dans le Nord-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, selon l’ONG Oxfam, indique la BBC . Elles fuiraient les attaques du groupe rebelle hutu des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) qu’une opération conjointe des armées rwandaise et congolaise, lancée le 20 janvier dernier, avait tenté de déloger.

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21 mars 2009


Selon l'Ambassadeur des USA à Kinshasa, l'opération conjointe Rdc-Rwanda est un succès réel

La Rdc est redevenue le centre des préoccupations de certaines puissances. C’est une des preuves que le pays est fréquentable et suscite un intérêt réel dans le monde. Ces réactions contrastent avec un certain pessimisme qui se développe dans ce pays en rapport avec les visées que certaines puissances auraient sur la Rdc. Avant-hier, c’était la Fédération de Russie à travers son ambassade de Kinshasa, de conférer avec la presse congolaise.

Hier, c’était le président français qui, à travers son ambassade à Kinshasa, a obtenu les questions de cinq quotidiens congolais et y a répondu. Aujourd’hui, c’est au tour de l’ambassadeur des Usa de conférer avec la presse congolaise. Une constance dans les propos de toutes ces puissances, c’est que la souveraineté, l’intangibilité des frontières, l’intégrité territoriale de la Rdc, c’est sacré. Dit-on vrai ? Pourquoi ne dirait-on pas vrai ? Le doute, le pessimisme, réside plutôt dans l’imaginaire congolais que dans des plans crédibles, même si l’on ne peut pas empêcher des théoriciens de tous les bords de s’essayer à tout, également au " saucissonnement " de la Rdc. De là, en faire un problème de politique nationale, c’est manquer de lucidité.

Un point de presse de clarification

L’Ambassadeur des Usa à Kinshasa a reçu la presse congolaise à sa résidence de la Gombe pour parler de la situation à l’Est de la Rdc. Ce point de presse, a-t-il annoncé, est le premier d’une longue série à venir. Accompagné de son conseiller politique et du responsable de l’Usaid, l’ambassadeur avant de recevoir les questions de la presse, a précisé certains points en rapport avec la participation de Washington dans le dossier congolais. Pour lui, les Usa sont très impliqués dans les différents dossiers en Rdc notamment dans la recherche de la paix dans les pays des Grands Lacs dans le cadre de la quadripartite Rdc-Ouganda-Rwanda-Burundi.

Les Usa se sont également impliqués dans le dossier de l’Est de la Rdc dans le cadre de la facilitation aux côtés de l’Union européenne et de l’Onu. De même, le gouvernement américain, a dit son ambassadeur à Kinshasa, est un des artisans des négociations de Naïrobi, dernièrement menées par l’ancien président nigérian Olesegun Obasanjo en qualité de l’émissaire de l’Onu.

Eliminer les groupes armés

Les Usa, a fait remarquer sans regrets, , saluent l’accord signé entre les trois pays, la Rdc, le Rwanda et l’Ouganda pour éliminer les groupes armés à l’Est de la Rdc. Le seul souhait de l’ambassadeur des Usa, c’est que la population civile soit protégée. Pour ce faire, l’implication de la Monuc est importante, a-t-il souligné. Parlant des opérations militaires conjointes, l’ambassadeur des Usa a fait remarquer que c’est un succès incontestable. Les troupes rwandaises et ougandaises, a-t-il rassuré, rentreront dans leurs pays après les opérations et conformément aux accords signés avec la Rdc.

En dehors de ces activités en rapport avec la situation à l’Est de la Rdc, le diplomate américain a démontré que son pays était impliqué dans les activités de développement et d’aide humanitaire. Pour les différents secteurs notamment l’adduction d’eau, la santé, la lutte contre le Vih, la lutte contre les violences sexuelles, le gouvernement américain a dépensé 90 millions de Usd. En outre, à travers différents partenaires, dont les Ong, le gouvernement américain, a renseigné William John Garvelink, a débloqué 150 millions Usd cette année. Les autres programmes ont coûté au gouvernement américain une bagatelle somme de 700 millions de dollars Us.

Ce qui compte, ce sont les résultats

Après cette photographie de l’implication américaine en territoire congolais, le diplomate américain s’est prêté aux questions des journalistes. Au sujet des opérations conjointes qu’il a qualifiées de succès, la presse a voulu savoir si le délai que les deux pays se sont donnés est réaliste. Puisque la Monuc doit collaborer à la protection des civils pendant ces opérations, qu’en est-il des effectifs supplémentaires de la Monuc estimés à 3000 hommes ? Pourquoi les Usa qui ont des troupes en Afghanistan et ailleurs, n’ont-ils pas proposé des troupes pour la Monuc ? Parlant du délai des opérations conjointes Rdc-Rwanda au Nord-Kivu pour la traque des Fdlr, le diplomate américain a insisté sur le fait que les résultats de ces opérations sont un succès réel. Le délai est-il réaliste ? On le jugera aux résultats, a dit l’Américain. Pour lui, l’objectif visé est atteint et c’est le plus important.

En ce qui concerne l’envoi des troupes américaines à la Monuc, le diplomate américain a fait comprendre que les Usa ne participent pas aux opérations de l’Onu suivant le principe que les soldats américains ne peuvent pas être sous un autre commandement qu’américain. Pour compenser cela, a-t-il insisté, les Usa sont le plus grand contributeur de la Monuc. A son avis, l’envoi des troupes supplémentaires pour la Monuc reste une nécessité. Il faut une force d’intervention rapide. Il y a 17.000 hommes actuellement dans la Monuc. C’est insuffisant pour garantir la sécurité des populations civiles. Le problème qui se pose, selon le diplomate américain, c’est qu’il faut commencer par identifier les pays contributeurs et après procéder au transport des troupes. Cela, a-t-il conclu, ne peut pas se faire de façon urgente.

Le sort de Nkunda dépend de deux pays

Qu’en est-il du sort des anciens rebelles Nkundabatware et Bosco Ntaganda ? L’extradition du premier, est-ce possible, est-ce une bonne chose ? Pour Bosco Ntaganda, comment le diplomate américain juge-t-il la position du chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila ? En ce qui concerne le sort de Nkundabatware, le diplomate américain a fait remarquer que s’il existe un mandat d’arrêt international contre lui et qu’il y a accord de coopération entre le Rwanda et la Rdc, l’extradition, dans la mesure où elle met les deux pays d’accord est une bonne chose.

Au sujet de Bosco Ntaganda en rapport avec son dossier à la Cpi, l’ambassadeur des Usa à Kinshasa a commencé par faire remarquer que son pays n’est pas signataire de la Convention de Rome qui crée la Cpi. Cependant, le passé de Ntaganda renseigne qu’il aurait commis des crimes graves. Un jour ou l’autre, il pourra répondre de ces crimes, a-t-il conclu. Existe-il un plan anglo-saxon de la balkanisation de la Rdc ? Les Usa seront-ils en mesure de poursuivre leur aide à la Rdc eu égard à la crise financière ?

En ce qui concerne l’aide, les Usa, a dit leur ambassadeur à Kinshasa, entendent maintenir leur aide au même niveau. En ce qui concerne le projet anglo-saxon sur la balkanisation de la Rdc, le diplomate américain a reconnu avoir connaissance de cette rumeur. Sans ambages, a-t-il déclaré avec force, les Usa ne soutiennent pas un tel projet. Tout ce que les Usa ont fait, c’est soutenir les efforts de paix en Rdc afin que les richesses de ce pays puissent être exploitées de façon rationnelle et au profit des populations congolaises.

Cela n’a toujours pas été le cas lorsque les groupes armés divers exploitent ces ressources naturelles de la Rdc. Les Usa, a-t-il insisté, respectent la  souveraineté de la Rdc. Ce qu’on appelle plan Cohen, c’est un article qui est sorti dans New York Times. On y trouve certaines théories, mais le plus important, c’est que les richesses du Congo soient mieux exploitées au profit de la Rdc. Ce n’est pas remettre en cause l’intégrité territoriale de la Rdc que de parler de l’exploitation rationnelle des ressources de ce pays, a insisté le diplomate.

Effet Obama ?

La fin de la guerre à l’Est, n’est-ce pas l’effet Obama ? La Rdc et le Rwanda ont commencé à négocier depuis longtemps. Ils ont signé plus d’un accord non suivi d’effets probants. Il a suffi que le vent Obama souffre pour que les deux pays signent l’accord et le respectent. N’est-ce pas la preuve que les anciennes administrations américaines n’en avaient pas fait assez ou ne contribuaient pas à une solution définitive à la crise à l’Est de la Rdc ? L’ambassadeur américain a dit ne pas partager cette analyse. A son avis, l’administration Bush avait beaucoup fait pour la paix en Rdc et ce sont les mêmes efforts qui se poursuivent. Après la guerre, tout le monde est d’avis que la Rdc doit se doter d’une armée républicaine et dissuasive. Quelle est l’aide des Usa à ce sujet ? Le diplomate américain a commencé par souligner les efforts de son pays dans l’action de la Monuc dans la mesure où la Monuc participe à la formation de l’armée congolaise.

En plus de cela, le gouvernement américain contribue à la formation des officiers congolais en Droits de l’homme. Cette année, tout un bataillon de l’armée congolaise sera formé. Les officiers américains sont sur le projet qui sera bientôt une réalité. En tout cela, il faut ajouter la contribution des Usa pour changer la forme de la structure de sécurité de la Rdc. Il a annoncé la rencontre avec le commandant de l’Africom, William Ward. Au cours de cette rencontre, les besoins de la Rdc en matière de la sécurité lui seront soumis.

La dernière question à laquelle le diplomate américain a répondu a porté sur les critères qui lui permettaient de dire que l’opération Rdc-Rwanda est un succès. Il a persisté et signé que sur le plan militaire, cette opération est un succès. La stratégie montée contre les Fdlr est payante. Ces rebelles sont en fuite et seront bientôt privés de tout. C’est aussi le cas pour le Lra. Que ce soit les Fdlr que le Lra, ils sont en passe de perdre leur capacité de nuisance. Ils ont même perdu leur capacité de mobilité qui les aidait à échapper à la traque. John Numbi, commandant des opérations Est ne dirait pas mieux.

Qui est William John Garvelink ?

William John Garvelink, Ambassadeur Américain auprès de la République Démocratique du Congo a prêté serment en tant qu’ambassadeur américain auprès de la République Démocratique du Congo, le 22 octobre 2007. Né dans l’Etat du Michigan, l’Ambassadeur Garvelink est détenteur d’une licence ès lettres de Calvin College et d’une maîtrise de l’Université du Minnesota. Il a aussi fait des études de troisième cycle à l’Université de Caroline du Nord, Avant d’entrer à l’Agence Américaine pour le Développement Américain (USAID) en 1979, l’Ambassadeur Garvelink était membre de la Sous-commission chargée des Organisations Internationales, dépendant de la Commission des Affaires Etrangères de la Chambre des Représentants (Parlement) des Etats-Unis.

Pendant sa carrière à l’USAID, il a servi en tant qu’auditeur de l’administration au Bureau de l’Inspecteur Général ; il a été coordinateur adjoint de l’aide à l’Afrique ; assistant du chargé des programmes et directeur adjoint des programmes en Bolivie ; directeur adjoint du Bureau des Affaires des Réfugiés Africains ; assistant du directeur chargé de la réaction aux catastrophes ; directeur adjoint au sein du Bureau pour l’Aide en Matière de Catastrophes Internationales ; directeur de mission de l’USAID en Erythrée ; et sous administrateur adjoint principal au Bureau chargé de la Démocratie, des Conflits et de l’Aide Humanitaire. L’Ambassadeur Garvelink a reçu six prix de performance, deux prix honorifiques de mérite, un prix honorifique d’excellence et un prix de mérite présidentiel pour services rendus au département des affaires étrangères des Etats-Unis. Il a écrit abondamment. Ses articles publiés comprennent les titres suivants : "InterventÎôn pour l’aide humanitaire dans des situations d’urgence complexes " :

Exigences d’information dans les années 90", dans Après le Rwanda : La Coordination de l’aide humanitaire des Nations Unies, édité par Jim Whitman et David Poco, St. Martin’s Press, Inc., 1996 ; "Situations d’urgence complexes en Afrique dans les années 90 : Le rôle de la technologie", dans Face au défi des opérations internationales de maintien de la paix : Evaluation de la contribution de la technologie, édité par Alex Gliksman (compte-rendu d’une conférence parrainée par le Centre pour la Recherche en Matière de Sécurité Mondiale, Juin 1998 ; tenue à Livermore en Californie, du 9 au 10 septembre 1996) ; et "Rapport spécial : Réaction des Etats-Unis au tremblement de terre à Bam en Iran", dans La Liaison (Journal de collaboration militaro civile pour l’aide humanitaire), Volume 3, Numéro 2, 2004. L’Ambassadeur Garvelink est marié à Linda A. Garvelink, une spécialiste bancaire.


 


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1er mars 2009

Les FDLR ont détruit une station-radio à Lubero 

  Les rebelles HUTU Rwandais de Forces Démocratique pour la Libération de Rwanda (FDLR) ont mené, dans la nuit du Mercredi 12 février au jeudi 13 Février 2009, une opération de sabotage du studio de la Radio Communautaire Tayna (RCT en sigle) de Kasugho, en Territoire de Lubero, au Nord-Kivu.  Le fait s’est passé à 22h00, heure locale. Quatre personnes étaient dans le studio au moment de l’attaque. Il s’agit de trois journalistes et un invité. Un animateur et un technicien se trouvaient dans la cabine technique.
 
Les quatre premières personnes participaient à l’émission « AVANDU V’AGHERWE » (Les gens ont souffert)  une émission nouvellement créée à la RCT et qui permet aux intervenants de donner leurs cris de cœur. L’émission a été interrompue par des coups de fusils dont les tirs étaient dirigés vers la station-radio en provenance de la place dite Cantine, près du Centre médico-chirurgical « MULINDE NGILA », situé à environ sept cents mètre au sud de la station-radio.
 
Surpris de voir les journalistes sortir subitement du studio,  le technicien est sorti pour vérifier ce qui se passait à l’extérieur. Des coups de balles qui s’approchaient de plus à plus  de la station l’ont obligé de se sauver et de se cacher  dans la brousse. Quelques instants après les FDLR ont mis le feu sur le studio, sans doute après avoir aspergé  le bâtiment de l’essence. Tout le matériel d’équipement de la radio qui se qui se trouvait à l’intérieur du bâtiment a été consumé par le feu. En titre d’exemple citons : un émetteur MM 250 EB de 300 Watts, un mixeur SAMIKE de 12 pistes, un autre mixeur de marque HAUJA, un Amplificateur OMAKX et un récepteur radio« World space » etc.
 
Image de la Station-Radio RCT brûlée par les FDLR à Kasugho (Lubero)
Les rebelles HUTU Rwandais n’ont pas épargné les documents administratifs qui se trouvaient dans le bureau du Directeur de la Radio. Là, ils ont emporté un sceau et les archives sonores sur les opérations de traque en cours dans la contré de Lubero et dont ils sont la cible.
 
Après l’incendie de la station-radio, les FDLR ont pillé plusieurs boutiques de la cité de Kasugho. Prenant tout leur temps car n’étant inquiétés par personne, les FDLR ont investi le quartier des étudiants à qui ils ont ravi des téléphones portables, de l’argent, et d’autres biens de valeur.
 
Les forces armées de la R.D. Congo ne se présenteront sur les lieux que vers la fin de l’opération commando des FDLR. Il y eu a quelques tirs sur les FDLR en fuite. Le lendemain les Fardc rapporteront que l’opération avait coûté la vie à un Fardc, une information difficile à vérifier.
 
Cette attaque de Kasugho par les FDLR fait douter la population locale de la crédibilité des  opérations de traque des FDLR en cour dans cette partie Est de la République Démocratique du Congo. C’est pourquoi elle lance un appel au gouvernement provincial et national de :
-           De déployer dans toutes les zones opérationnelles des nouvelles troupes combattantes et des nouvelles forces de la Police Nationale Congolaise pour assurer la securité des congolais et de leurs biens,
-           Maintenir les troupes combattantes sur la ligne de front et non les laisser déambuler dans les villages où ils rançonnent les paisibles congolais,
-                       Déployer tous les ex-miliciens du CNDP devenus Fardc ainsi que les commandants Fardc du Nord-Kivu dans d’autres provinces de la R.D. Congo pour mettre fin à la coopération dans le mal qui semble caractérisée les relations de ces derniers avec les FDLR.
-                       Payer la solde des militaires et des  policiers au front et les nourrir  pour éviter que ces derniers n’utilisent leurs armes pour se ravitailler auprès d’une population déjà  traumatisée par plusieurs années d’occupation rwandaise.
.                  
Source:
Beni-Lubero Online

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31 mars 2009

Rwanda-RDC: Le marché des dupes continue

         

La ministre rwandaise des affaires étrangères Rosemary Museminali et son homologue congolais Alexis Thambwe Mwamba.

Mariage spectaculaire entre ennemis d'hier, opération conjointe pour traquer les combattants FDLR, criminels intégrés dans l'armée régulière, réouverture prochaine des ambassades, retour de la RDC dans la CEPGL (Communauté économique des pays des grands lacs) dominée par le Rwanda et le Burundi, le marché des dupes continue. Mais au delà de la realpolitik, il y a eu tout de même 3 millions de morts en RDC.

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15 mars 2009

Complot contre la RDC - le leadership économique de la CEPGL au Rwanda et Burundi



Le Potentiel-Kinshasa — Les différents «plans» évoqués contre la République démocratique du Congo ne sont pas du bluff. Bien au contraire, ils répondent à un plan bien élaboré et qui s'inscrit dans ce vaste complot contre la RDC. Le temps pour les Congolais de lâcher la vigilance pour qu'il soit concrétisé. Pour preuve, déjà en 2005, la Chambre de commerce Belgique-Luxembourg a soutenu la thèse de la création des plates-formes logistiques des richesses congolaises au Rwanda et au Burundi. Question de transférer le «leadership économique» à ces deux pays.

Lors d'une rencontre organisée au Palais Egmont, à Bruxelles, en Belgique en 2005, sous le thème: «Entreprendre en Afrique centrale» Bernard De Gerlache, alors président de la Chambre de commerce Belgique - Luxembourg, avait publiquement soutenu, devant des officiels congolais de haut rang: «la nécessité géographique CEPGL est évidente pour tous. Le Burundi et le Rwanda doivent devenir des plates-formes logistiques vers l'Est pour les richesses du Congo».

Silence du côté congolais. Personne ne s'était préoccupé de connaître les tenants et aboutissants d'une telle position. Ou alors, les participants congolais ne comprenaient pas le sens exact de cette messe noire.

Saisissant la balle au bond, le Rwanda s'est employé à s'organiser à l'intérieur de ses frontières. D'où cette rumeur persistante en cette même période selon laquelle le Rwanda devrait devenir une «Zone franche» en 2008. D'ailleurs, la structure belge en charge «de financer dans les pays en développement la création et l'expansion des micro-entreprises et des petites et moyennes entreprises» dénommée «BIO» est déjà active au Rwanda. Ses interventions au sein du «Rwandan Intervention Compagny» RIC, sont évaluées à hauteur de deux millions Usd, pendant que la Banque mondiale se signale avec une contribution de quatre millions Usd.

Très élogieuse à l'endroit du Rwanda, la Chambre de commerce Belgique-Luxembourg considère que «les infrastructures routières et leur position centrale ouvrent (au Rwanda) la possibilité de devenir un centre de distribution pour toute la région». Sans matières premières, le Rwanda compte sur l'appui de l'Occident pour valoriser ses atouts. Cependant, l'étroitesse de son marché intérieur avec 3 millions de consommateurs ne peut le transformer en puissance économique. Les ressources naturelles extractives lui faisant défaut, l'Occident fonde ses espoirs sur la délocalisation des industries et la concrétisation de la « Zone franche» qui ferait du Rwanda la «Suisse de l'Afrique» avec l'implantation de différentes banques.

La diaspora rwandaise ne s'était pas fait prier à l'occasion, pour «soutenir le leadership responsable du gouvernement rwandais». Et des initiatives allant dans ce sens n'ont pas manqué d'être épinglées.

De son côté, il s'est dégagé de plus en plus que la Communauté internationale est préoccupée par le développement du Rwanda, et dans une certaine mesure du Burundi. Aussi, est-elle acquise, jusqu'à preuve du contraire, à la thèse développée au cours de cette rencontre du Palais d'Egmont de 2005, à Bruxelles, « de confier le leadership économique de la CEPGL à ces deux pays». Avec bien sûr les richesses congolaises.

Un système fiscal anti-économique

Le gros prétexte sur lequel l'on s'appuie pour faire des reproches à la République démocratique du Congo est son régime fiscal et parafiscal. Sans oublier bien sûr la lenteur inexpliquée sur le plan administratif.

Cette rencontre bruxelloise de 2005 a stigmatisé que des «textes en cours de révision ou à revoir intégralement sont nombreux». Même la Fédération des entreprises du Congo a reconnu ce fait et énuméré les obstacles à un climat amélioré des affaires: « Il faut se débarrasser des textes anachroniques d'un système fiscal et parafiscal qualifié d'anti-économique». Le président de la FEC avait alors émis le voeu d'impliquer le secteur privé «dans la réforme de la fiscalité directe et indirecte».

Armand De Decker, ministre belge de Coopération au développement à cette époque, a fait le même constat, aboutissant à la conclusion que «beaucoup d'hommes d'affaires ont été refroidis ces dernières années pour des raisons évoquées par M. Yuma». Et un opérateur économique belge de l'appuyer: «La spécificité du Congo est que pour beaucoup d'entrepreneurs, prendre des risques signifierait prendre des risques pour la deuxième fois, après que des engagements sur place n'eurent pas été honorés correctement».

Aussi, les participants à cette rencontre ont jugé bien indiqué de se tourner vers le Rwanda et le Burundi afin d'y installer des unités de transformation des matières en provenance de la RDC!

La légalisation du pillage de la RDC

La rencontre du Palais Egmont n'a pas jeté les bases d'une coopération «gagnant-gagnant». Elle constitue une preuve de plus du complot visant à fragiliser économiquement la RDC. Elle a été une voie pour obtenir subtilement la légalisation du pillage des ressources naturelles de la RDC. On ne se tremperait pas en affirmant clairement que les plans Cohen, Sarkozy et autres ne constitueraient que des étapes de maturité des initiatives concoctées pour priver la RDC de son leadership économique en Afrique.

Pourquoi ne pas aider la RDC à se doter des usines de transformation sur place pour traiter ses minerais? Interrogation pertinente.

Il est vrai que le modèle européen d'intégration économique régionale demeure un modèle à suivre. Mais la crise financière actuelle a démontré qu'il a des limites. Pour preuve, dans le domaine de l'automobile, la France a interdit à Renault de monter des véhicules en dehors du territoire national français. C'est ainsi que cette société procède à la fermeture de ses usines de montage installées dans certains pays européens, provoquant ainsi le chômage dans ces pays.

Au regard de cette messe noire de Bruxelles en 2005 et de ces différents « plans» que l'on a eu à décortiquer, le complot contre la République démocratique du Congo n'est plus une rumeur. Il s'agit d'une réalité. Mais il revient aux Congolais de confondre ces organisations de mauvais augure au travers la bonne gouvernance, le sens élevé de haute responsabilité politique, le réflexe aigu d'anticipation pour relever tous les défis.

 

Au demeurant, le temps de pleurnicher, de s'apitoyer et surtout de se sentir tous les temps victime est révolu. Ces pans de voile qui se lèvent successivement autour de ce complot machiavélique doivent plutôt pousser les Congolais à se mettre résolument au travail, en faisant appel à toutes les valeurs nationales et à avoir confiance aux institutions de la République pour les rendre fortes. Car en dehors d'elles, il n'y a point de salut.

Source:http://www.lepotentiel.com/

Lundi 19 janvier 2009

Le plan de paix français pour le Kivu : la présomption de Nicolas Sarkozy

Pendant que le CNDP, nouvel hydre à deux têtes, fait diversion à Nairobi et que les bonnes âmes font semblant de croire que la paix au Kivu résultera des négociations en cours, la " communauté internationale " - appellation générique qui désigne avec une fausse pudeur l'Amérique du Nord et l'Union européenne ainsi que les institutions financières à leur dévotion, FMI et Banque mondiale - réfléchit sérieusement au remodelage de l'Est du Congo en guise de remède à l'instabilité de la région.

Un ballon d'essai a été lancé par l'américain Herman J. Cohen dans son article Can Africa Trade Its Way to Peace ? paru le 16 décembre 2008 dans le New York Times, présentant son " plan de fin de guerre " pour le Kivu, sans aucun doute conforme à la conception que se font les Etats-Unis de ce que devrait être dans un futur proche la région des Grands Lacs : un " marché commun " incluant l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, le Kenya et la RDC elle-même qui, avec la libre circulation des personnes et des biens, garantirait aux entreprises des pays membres - comprenons celles du Rwanda, essentiellement - l'accès aux ressources minières et forestières du Kivu, contre le versement de droits de douane et de taxes à l'Etat congolais. En outre, selon M. Cohen, ce " marché commun " " permettrait à la RDC d'utiliser les ports de l'Océan indien qui sont le débouché naturel des produits du Congo oriental plutôt que ceux de l'Océan atlantique, à plus de 1600 km de là ".

LA nouvelle donne géopolitique

L'idée est de conférer une réalité juridique à la nouvelle donne géopolitique des Grands Lacs dont l'analyse montre en effet que la disparition du régime Mobutu, garant de la francophonie dans la région et les deux guerres du Congo, ont marqué, depuis 2002, le glissement des axes géopolitiques de l'Afrique vers l'Est et le Sud anglophones, au profit du monde culturel swahili vers l'Océan indien et l'Asie et au détriment de l'Ouest de la RDC lingalaphone, de l'Afrique centrale francophone (Gabon, Congo-Brazzaville, Cameroun) et de l'Afrique de l'Ouest, majoritairement francophone.

Les Français ont démontré depuis 1994 leur profonde méconnaissance de la géopolitique de la région lorsqu'ils soutinrent jusqu'au bout les régimes finissant de Juvénal Habyarimana au Rwanda et de Mobutu Sese Seko au Zaïre. Il semble qu'ils n'ont pas davantage compris que le plan de Herman J. Cohen - loin d'être une solution de paix pour le Kivu - n'est que le moyen de préserver les seuls intérêts économiques américains et anglo-saxons, (canadiens, britanniques, allemands) dans l'unique but d'écarter de ces marchés, la Chine et les autres pays émergents, voire…la France elle-même, dont les intérêts économiques dans la région sont quasi-nuls.

En vérité, il ne s'agit que de cela : maintenir la RDC dans son rôle de libre-service minier pour les multinationales occidentales et reconnaître au Rwanda son rôle de puissance régionale dominante et sa qualité de sous-traitant privilégié des intérêts occidentaux dans le transfert des ressources en lui assurant la possibilité de continuer à profiter de l'exploitation du Kivu, déjà intégré de fait à la zone économique rwandaise depuis dix ans.

L’enjeu chinois

Effectivement, la " communauté internationale " se méfie du Président Joseph Kabila, coupable d'avoir voulu diversifier ses partenaires pour la reconstruction et le développement de la RDC et permis ainsi à la Chine de prendre pied au Congo grâce à la signature en novembre 2007, d'importants contrats miniers et de coopération. On notera que la guerre du Kivu a été relancée par le CNDP peu après les accords RDC/Chine et que, parmi les exigences de Laurent Nkunda figure celle de voir remis en cause les contrats chinois. Comment expliquer cette étrange revendication sinon qu'elle relaie la crainte des Occidentaux et de leur obligé rwandais de voir la Chine rafler toutes les matières premières rares dont le Congo regorge. Cette crainte est la raison du soutien, plus que jamais d'actualité, de la " communauté internationale " au Rwanda. Le Rwanda de Paul Kagamé a toujours voulu placer un allié stratégique au pouvoir à Kinshasa ; il est possible qu'un changement de gouvernement à Kinshasa ne déplaise pas à la " communauté internationale ". De même, la partition du Congo avec un Kivu sous domination totale du Rwanda entre dans son objectif de redessiner la géographie politique des Grands Lacs.

Il est fort probable que les intentions américaines échappent à Nicolas Sarkozy, peu au fait des réalités africaines comme l'a démontré son discours de Dakar en juillet 2007. En réalité, ses propositions pour ramener la paix au Kivu, dévoilées en partie le 16 janvier à Paris lors des vœux annuels du corps diplomatique, tiennent davantage de la suffisance habituelle du président français, de son hyper-activité planétaire et de sa croyance à pouvoir régler - par le simple fait de s'en saisir - les problèmes du monde que d'une analyse pertinente de la situation géopolitique des Grands Lacs. Cependant, l'initiative française présente de troublantes similitudes avec le plan Cohen et s'inscrit dans la volonté qu'ont les Français de vouloir à tout prix normaliser rapidement leur relation avec le Rwanda, quel qu'en soit le prix, surtout s'il est payé par quelqu'un d'autre, en l'occurrence, la RDC.

Le plan Sarkozy

Dans son discours, le président français a décrit le Rwanda comme un " pays petit à la démographie dynamique et à la superficie petite " et la RDC comme " un pays à la superficie immense " avec une " organisation étrange des richesses frontalières " (sic). La solution qu'il préconise engloberait la question du " partage de l'espace et des richesses " de la région. Nicolas Sarkozy met en avant trois axes principaux à son initiative de paix qui doit avoir comme point d'orgue sa visite à Kinshasa, reportée de janvier à mars 2009 - sans doute pour laisser le temps à Joseph Kabila d'accepter les propositions françaises. Selon Nicolas Sarkozy, le premier axe viserait à permettre une coopération pacifique fondée sur l'exploitation en commun par la RDC et le Rwanda des ressources minières du Nord-Kivu au travers d'une société mixte, ce qui permettrait à l'Etat congolais de récupérer une partie des revenus qui s'évaporent entièrement aujourd'hui en raison de l'exploitation illégale et de l'exportation des ressources dont s'occupe le Rwanda ; le deuxième axe porterait sur le règlement de la question foncière sensible au Kivu et source de conflits intercommunautaires ; le troisième consisterait à travailler sur les problèmes de statut pour les minorités du Congo, particulièrement celui des Tutsi. Ce dernier point démontre une totale ignorance des réalités sociologique et culturelle du Congo car poser le " problème tutsi " en terme de " droit de la minorité " n'a aucun sens en RDC où aucune ethnie n'est majoritaire ; de plus, il fait l'impasse sur l'article 10 de la Constitution congolaise du 12 février 2006 qui a définitivement réglé, en suite d'une loi de 2004, la question du droit à la nationalité des Tutsi.

La conception de M. Cohen et les propositions françaises ne représentent rien de nouveau car les palinodies de la MONUC depuis sa création en 1999, les négociations pipées avec un CNDP maintenant dédoublé, ne peuvent cacher que le but final des Occidentaux depuis la mise en tutelle du pays (2002) est l'atomisation du Congo.

L’histoire se répète

Et l'Histoire, pour le Congo, semble dangereusement se répéter. L'indépendance du Congo, en 1960, n'a pas été acceptée par le colonisateur belge. Soucieux de préserver leurs intérêts dans l'exploitation du Congo, les Belges mais aussi les Anglais, les Français, les Américains, les Rhodésiens, les Blancs d'Afrique du Sud poussèrent le Katanga à la sécession : les combats, l'intervention de l'ONU sont les signes du marchandage qui a eu lieu entre les multinationales et les gouvernements. Si le Katanga fit retour au Congo après la guerre civile de 1960-1963, c'est que les Etats-Unis se sont mis d'accord avec la Belgique pour exploiter ensemble les richesses du Congo. De fait, l'atomisation du Congo - résultat de 80 ans de colonialisme et de 6 mois (juin 1960/janvier 1961) de machiavélisme - qui démentait le rêve d'un Congo unitaire, indépendant et prospère de Patrice-Emery Lumumba est consubstantielle au plan Cohen et aux propositions de Sarkozy.

Comment imaginer que ces deux projets puissent voir le jour sans que la RDC n'ait retrouvé sa pleine souveraineté sur ses provinces de l'Est, sans qu'ait été éradiquée la rébellion du CNDP et réglée la question des FDLR ? Si le Président Kabila acceptait les propositions américaines ou françaises de " fin de guerre ", cela voudrait dire qu'il reconnaît le leadership régional du Rwanda au détriment de son propre pays réduit au rôle de coffre-fort où tout le monde se sert et qu'il entérine le démembrement de son pays - hier le Katanga, aujourd'hui le Kivu. Pourquoi passerait-il auprès de ses compatriotes ? Patrice-Emery Lumumba paya de sa vie son combat pour l'unité du Congo contre le néo-colonialisme : s'étant convaincu de la partialité de l'ONU il fit appel à l'URSS ; les Etats-Unis ne l'acceptèrent pas et laissèrent le champ libre aux Belges qui firent assassiner Lumumba par leurs sicaires, le 17 janvier 1961. Il importe que Nkunda et sa bande de criminels soit chassés des territoires qu'ils occupent au Kivu et mis hors d'état de nuire une fois pour toutes - idem pour les FDLR - ; le seul point important dans l'immédiat, c'est la libération du territoire. En attendant que la RDC y parvienne avec l'aide de véritables alliés qu'elle peut trouver au sein de la SADC, voire avec l'aide de la République populaire de Chine, Joseph Kabila rendrait service à son pays en renvoyant les apprentis-sorciers américains et européens à leurs chères études :
 " Remuez, remuez désespérément, vibrions tragiques entraînés dans une aventure complexe " (Louis Aragon).

Source: http://www.lepotentiel.com

17 avril 2009

RDC- Vital Kamerhe lance un nouveau mouvement politique, la CDDR


                     
          Vital Kamerhe, président démissionnaire de l'Assemblée nationale de la RDC

                             Photo: http://news.bigroberto.com

L'ancien président de l'Assemblée nationale de la RDC, forcé à la démission le 25 mars dernier pour avoir critiqué l'intervention rwando-congolaise contre les FDLR, a créé un nouveau courant politique dénommé "Convention pour la défense de la démocratie et de la République" (CDDR). 

Le nouveau mouvement politique ouvert à toutes les sensibilités politiques congolaises (majorité présidentielle et oppositions) a pour objet de "fluidifier le débat politique". Ce n’est pas un "nouveau parti, encore moins une renonciation à toutes les valeurs défendues jusqu’alors, plus qu’il n’est une rupture avec une quelconque identité politique et non plus un groupe parlementaire au sein de l’Assemblée nationale", souligne la déclaration de naissance.

"Les députés doivent privilégier l’intérêt de la nation avant tout autre intérêt. Ils doivent savoir qu’ils ont un contrat qui les lie avec le peuple", explique la déclaration lue dimanche par M. Kamerhe.

La démission de Vital Kamerhe a provoqué des dissensions au sein de l'Assemblée nationale et certains députés ont qualifié leurs collègues qui ont demandé sa démission d’antidémocrates.

www.irwanda1.com

19 avril 2009

 

Le rebelle congolais Nkunda intente une action contre le Rwanda


Le général rebelle congolais Laurent Nkunda intente des poursuites contre le Rwanda pour arrestation arbitraire, mais il sera en dernier lieu extradé en République démocratique du Congo (RCD) où il est recherché pour crimes de guerre, selon un responsable rwandais.

Les autorités rwandaises ont placé Nkunda en résidence surveillée en janvier après l'avoir arrêté. L'officier rebelle est poursuivi en RDC pour des crimes commis au cours de cinq années d'insurrection dans l'Est congolais.

"Sa demande est examinée par un tribunal aujourd'hui à Gisenyi. Cela n'a rien à voir avec l'extradition", a déclaré vendredi à Reuters Yoland Makolo, porte-parole du président rwandais Paul Kagamé. "Il a été interpellé dans des conditions de guerre (...) Tôt ou tard, il sera extradé", a ajouté Makolo.

L'arrestation de Nkunda a été interprétée comme le résultat d'un accord entre le Rwanda et la RDC qui a permis aux Rwandais de participer à une opération militaire conjointe contre les rebelles hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui sont au coeur du conflit de l'Est congolais.

Tharcisse Karugarama, ministre rwandais de la Justice, a déclaré que le cas de Nkunda était inhabituel et devait être traité avec précaution.

"Il n'est pas courant qu'un général d'un Etat se retrouve devant le tribunal d'un autre", a-t-il dit à Reuters. "Ce qui arrive à Nkunda au Rwanda ou au Congo peut avoir un impact positif ou négatif sur l'évolution de la paix dans la région.

Kinshasa cherche à traduire en justice Nkunda, rebelle tutsi congolais, pour massacres, viols et recrutement d'enfants soldats. Il n'a encore fait l'objet d'aucune inculpation formelle au Rwanda.

Source: Agence REUTERS
http://fr.reuters.com/

20 avril 2009

RDC: 7 civils tués dans une attaque de rebelles hutu rwandais

GOMA, RD Congo (AFP) - Sept civils, dont cinq enfants, sont morts dans l'incendie de leurs maisons provoqué par des rebelles hutu rwandais dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé samedi à l'AFP leur chef de village.

                      FDLR rebels in the eastern DR Congo. File photo
                                        Combattants FDLR


Les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont attaqué vendredi soir le village de Luofu, dans lequel se trouvaient des soldats des Forces armées de RDC (FARDC), selon Joseph Mulindwe, contacté par téléphone depuis Goma, la capitale provinciale.
"Les FARDC ont riposté mais en vain parce que les FDLR étaient très nombreux. Les rebelles ont ensuite brûlé 250 maisons", a-t-il ajouté.
Au cours de l'incendie de ces maisons faites de torchis et de paille, "cinq enfants et deux vieillards ont péri", a précisé le chef du village, qui compte 14.000 habitants.

La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a dépêché sur place samedi matin des Casques bleus et la Croix-Rouge est également arrivée pour enterrer les cadavres, a indiqué Joseph Milindwe.

Luofo, situé au nord de la ville de Kanyabayonga, à la lisière entre les territoires de Rutshuru et de Lubéro, est un centre d'échanges commerciaux.

Les civils et les FDLR y vivaient ensemble, a précisé le chef de village, avant l'opération conjointe lancée le 20 janvier par les armées rwandaise et congolaise contre les rebelles hutu rwandais.

Source: AFP



24 avril 2009

LA PACIFICATION MISE A L’EPREUVE DES FAITS DANS LE SUD DU TERRITOIRE DE LUBERO en RDC 

Enquêtes effectuées par les chercheurs du CENTRE D’ETUDES JURIDIQUES APPLIQUEES (CEJA) avec l’appui financier de NED (Mars 2009)
 
Introduction
Les efforts de pacification de la province du Nord-Kivu amorcés par les opérations militaires conjointes rwando-congolaises contre les FDLR sont chaque jour remis en cause par les attaques contre la population civile et le regain d’activités des groupes armés à l’Est de la RDCongo. D’après les conclusions d’une récente mission d’observation du CEJA, les groupes armés étrangers, en particulier les FDLR, aussi bien que les Forces Armées de la RDCongo (FARDC) continuent à y faire régner un climat de terreur et de désolation caractérisé par des attaques contre les populations civiles et des violations des droits de l’homme.
Les opérations militaires conjointes contre les FDLR ont duré trente quatre jours et ont officiellement pris fin le 25 février 2009. A cette date, au cours des cérémonies de départ des militaires rwandais à Goma, le ministre congolais des affaires étrangère a affirmé que les opérations conjointes FARDC-RDF ont atteint leurs objectifs et au delà des attentes. Il en est de même du Président de la République qui, lors des cérémonies d’accueil des léopards locaux à Goma le 10 mars 2009, a déclaré que la RDCongo venait de gagner le pari de la paix à l’est du pays.
Ces affirmations semblent occulter la réalité quotidienne vécue par les populations civiles à l’est de la RDCongo en général et au sud du territoire de Lubero en particulier. En effet, dès le début des opérations conjointes FARDC-RDF, les FDLR ont multiplié des attaques de représailles contre les populations civiles. Les combattants des FDLR ont commis plusieurs violations des droits de l’homme au cours de ces attaques, dont les viols, les vols, les assassinats, la dévastation des champs, les arrestations arbitraires et illégales.
Les Forces Armées de la RDCongo agissent de la même manière que les FDLR. En effet, d’après un notable du sud du territoire de Lubero, « Dans leur façon de se comporter à l’égard des populations civiles, les militaires des FARDC ne sont pas différents des éléments des FDLR. En effet, les militaires congolais se rendent aussi coupables des violations des droits de l’homme sur les populations civiles. »
Lors des enquêtes effectuées par les chercheurs de CEJA, il a été constaté que les Forces Armées de la RDCongo, sous prétexte de pourchasser les FDLR, emportent le peu de biens qui restent aux populations après les pillages opérés par les FDLR. Les troupes des FARDC sont sensées traquer les FDLR avec l’appui de la MONUC. Mais leurs actions et leur comportement vis-à-vis de la population civile compromettent chaque jour davantage les efforts de la pacification de la province du Nord Kivu.
Ce rapport est le résultat des enquêtes effectuées par les chercheurs de CEJA dans le sud du territoire de Lubero du 15 au 29 mars 2009.
Avant de décrire la situation humanitaire dans le sud du territoire de Lubero, il s’avère utile de peintre le tableau sombre des violations des droits de l’homme perpétrées par les FDLR et les FARDC.
 
I. LES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME PERPETREES PAR LES FDLR
 
Les opérations militaires de l’Armée Patriotique Rwandaise contre le régime du feu Juvénal Habyarimana ont déversé sur le sol congolais des milliers de réfugiés rwandais parmi lesquels figuraient les Interahamwe. Depuis 1994, ces derniers sont opérationnels dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu où ils commettent les abus de droits de l’homme sur les populations civiles. La coalition des armées Rwandaises et congolaises n’a pas pu mettre fin aux activités des FDLR sur le territoire congolais. En effet, les FDLR reprennent les terrains laissés par la coalition FARDC-RDF et se rendent coupables des violations des droits de l’homme sur les populations civiles.
 
a) Les incendies de maisons et des biens
Les combattants FDLR ont accru des attaques indiscriminées contre la population civile avec l’annonce des opérations conjointes contre eux. Ils procèdent à l’incendie des villages et des biens. Le 12 février 2009, des combattants FDLR ont attaqué la station de radio FM de Kasugho appartenant à la Réserve des gorilles de la Taina, RGT en sigle, une association qui s’occupe des gorilles. Ils ont incendié tous les matériels de diffusion. Au cours de la nuit du 17 février 2009, des combattants FDLR ont attaqué le village de Luofu où ils ont mis le feu à six maisons appartenant aux villageois. 
Dans la nuit du 9 au 10 mars 2009, les FDLR ont incendié les maisons de civiles dans les villages de Buleusa, Miriki, Kimaka, Lusogho, Mbughavinywa, Kanyatsi/Tama. Plus de 120 maisons ont été réduites en cendre. D’après les témoignages, les incendies des villages ont généralement lieu lors des affrontements entre les FARDC et les FDLR. Dans leur fuite, les éléments FDLR brûlent les maisons à leur passage.
Outre les incendies ci hauts énumérés, les FDLR brûlent aussi les véhicules après avoir pillé les biens des passagers. De janvier à février 2009, neuf cas de pillage et d’incendie des véhicules ont été identifiés sur le tronçon Butembo-Goma entre Kanyabayonga et Kitsumbiro. par les enquêteurs de CEJA. 
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b) Les pillages des biens de la population
Les éléments FDLR pillent les biens de la population, ainsi que les animaux domestiques des paysans. Chaque fois qu’ils effectuent des incursions dans des villages, ils extorquent les ustensiles de cuisine et des biens comme les téléphones, et les bijoux. Ils emportent chèvres, moutons, porcs, poules et cobayes. Le 11 février 2009, par exemple, les FDLR ont chassé les habitants de Masika, Birira et Bitimba de leurs maisons au motif de préparer une attaque contre les FARDC. Après avoir sommé les paysans à s’éloigner de leurs villages, les éléments de FDLR en ont profité pour emporter tout ce qu’ils trouvaient de bons dans les maisons des populations civiles. Cette même situation a été vécue dans l’agglomération de Kaseghe en date du 13 février 2009. Vers minuit, les FDLR y ont attaqué les FARDC et lors des accrochages, les combattants FDLR pillaient les maisons des populations civiles.
Dans la nuit du 12 février 2009, prétextant être à la recherche du nommé K.P., vendeur dans une boutique leur appartenant, les combattants FDLR ont pillé les boutiques concurrentes dans la localité de Kasugho. Selon les déclarations des victimes de pillage, les FDLR ont emporté une somme totale de 5.800$ ainsi que plusieurs marchandises.
Dans la nuit du 15 au 16 mars 2009, le village de Butsorovya a été attaqué par des combattants FDLR qui ont pillé plus trente maisons. Dans la famille de M.K, ils ont emporté une somme de 205$, des habits et des téléphones portables. Quinze ménages de la cellule Mupira à Kirumba ont été victimes d’un pillage similaire de la part des FDLR dans la nuit du 28 février au 1er mars.
Hormis les habitations des civiles, les combattants FDLR attaquent aussi des fermes situées dans le sud du territoire de Lubero. Ils emportent le cheptel des fermes sous le regard impuissant des gardiens et des bouviers. Un notable du village de Mbingi a déclaré aux enquêteurs de CEJA que : « Les FDLR sont plus mauvais que les may may. Ils n’épargnent pas les fermes situées dans cette contrée de Mbingi. Ils emportent les vaches, les chèvres, les moutons,… dont une partie est mangée dans leur camp et une autre déversée sur le marché à Butembo. Il est vraiment étonnant voir les bouchers de Butembo venir acheter les animaux pillés par les FDLR. »
Le 17 février 2009, des miliciens FDLR ont fait irruption dans la ferme de M. K et ils ont pillé une dizaine des vaches et une vingtaine des chèvres et moutons.
 
c) Attaques contre les écoles et les lieux de culte
Le CEJA a également recueilli des témoignages sur les attaques perpétrées par les FDLR contre les écoles. Le ‘ mars, par exemple, des combattants FDLR ont brûlé le bureau de l’institut Vukala de Luofu où ils ont réduit en cendre tout le matériel didactique et les équipements et matériels de bureau de l’école.
Il sied de mentionner que les FDLR profanent aussi les lieux saints. Le dimanche 15 février, ils ont fait incursion dans une chapelle catholique de Kitsuku, paroisse de Mbingi, dans laquelle les chrétiens étaient réunis pour le culte dominical. Après avoir proféré des menaces au célébrant, ils ont fermé les portes de la chapelle. Ils ont maîtrisé toute l’assemblée et ont systématiquement fouillé tous les participants au culte. Ils ont emporté tout ce qu’ils trouvaient de bon sur les chrétiens (téléphones, argents, bijoux, chaînettes,…). Avant de s’évader dans la nature, ils ont ravi l’offrande du jour ainsi que les instruments de sonorisation qu’utilisait la chorale.
 
d) Les prises d’otage
Les FDLR procèdent aussi aux enlèvements des gardiens et de bouviers de fermes qu’ils prennent en otage. En date du 11 mars 2009, ils ont capturé quatre bouviers des fermes localisées aux environs du village de Mbingi. Ils les ont amenés dans leur camp de Miveya à quelques 15 km à l’ouest du village de Mbingi. Il s’agit de Kayenga Musavuli, Mumbere Sikalya, Kavusa Dimanche, Talyangoko. Selon une personne rescapée du camp de Miveya, les FDLR y détiennent plus de dix personnes en otage. Ils y subissent des tortures et y sont détenus en étant liés. Pour leur libération, les ravisseurs exigent par personne détenue une rançon de 5 vaches, une somme de 200$ ainsi qu’un panneau solaire. Certains des otages ont été libérés à cause de leur état de santé qui devenait de plus en plus précaire et ils étaient obligés de payer chacun un montant de 500$. Tel est le cas de Monsieur Kabuyaya Mutimavisa que les enquêteurs de CEJA ont rencontré à Lubero où il suivait les soins. Selon ce malade, « nous avons été attrapés par les FDLR qui ont fait irruption dans notre ferme. Ils étaient très nombreux et armés jusqu’aux dents. Ils nous ont maîtrisés et ligotés au bras. Ils sont partis avec nous jusqu’à leur camp de Miveya. C’est là qu’ils ont érigé leur quartier général. A notre arrivée, nous avions été sérieusement torturés et avons passé trois jours en ayant les bras fortement liés à tel enseigne que les cordes perforaient la peau du corps. Quand ils ont vu que mon état de santé s’empirait, ils m’ont libéré moyennant une rançon de 500$ »
 
e) Dévastation des champs des paysans
Les éléments FDLR se nourrissent des produits vivriers récoltés dans les champs des paysans. Les champs des populations civiles situés dans la contrée de Miveya ont été les plus dévastés par ces assaillants. En fait, nombreux ménages de Mbingi, Kaseghe et même de Kirumba cultivent des champs à Miveya. Actuellement le manioc, le haricot, le maïs sont déjà mûrs et près à la récolte, mais les FDLR empêchent aux paysans de récolter les produits de leurs champs et de jouir du produit de leur labeur, une situation qui risque de provoquer une insécurité alimentaire à Mbingi, Kirumba, Mambasa,…
 
f) Les exécutions extrajudiciaires
Le 17 mars 2009, le chef de la localité de Kanyatsi/Biramba, nommé Kambale Lukusi, a été tué à l’arme blanche par les FDLR qui l’avaient enlevé de son domicile le jour précédant. Il a été. Son corps a été retrouvé égorgé et poignardé au cœur aux environs de 10 heures. Il en a été de même du chef de localité de Kanyatsi/Tama du nom de Kambale Bakwamene. Il a été aussi tué par les FDLR en date du 18 mars 2009.
Ces actes d’assassinat des chefs coutumiers par les éléments FDLR dans la collectivité de Mbingi ont créé la panique chez les paysans. Ces derniers croient que les FDLR visent à fragiliser le pouvoir coutumier local pour s’emparer des terres des paysans.
Il s’avère utile de mentionner qu’en date du 19 février 2009, les éléments FDLR ont abattu à bout portant une femme répondant au nom de M.M et son fils de 9 mois. Les FDLR qui ont fait irruption dans sa maison à l’absence de son mari du nom de KY.KY ont exigé à la victime de leur préparer de la nourriture. Après avoir mangé, les assaillants ont emporté huit chèvres et des habits de cette famille avant de tirer sur la pauvre femme. La cartouche l’a percée à la poitrine et a atteint l’enfant qu’elle portait au dos.
Même s’il a été convenu que les FARDC appuyées par la MONUC vont continuer à traquer les éléments FDLR, il est constaté sur terrain que les forces régulières de la RDCongo se rendent aussi coupables des violations de droits de l’homme.
 
II. LES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME PERPETREES PAR LES FARDC
 
Au lieu de poursuivre leurs missions de protection des civils, les militaires des FA RDC commettent des exactions sur les mêmes populations civiles.
Un des chefs coutumiers de Kanyabayonga a décrit la situation vécue dans cette contrée en ces termes, « Les exactions de toute sorte sont vécues à Kanyabayonga, Kirumba et Kayna. Celles ci sont l’œuvre des FARDC qui généralement commettent des abus des droits de l’homme après avoir été attaquées par les éléments FDLR. »
Selon ce même notable, « Les cités de Kanyabayonga, Kayna et Kirumba et leurs environs respectifs sont gardés par la 2ième brigade rapidement mixée. La moitié des troupes de cette brigade est constituée par les militaires de la 9ième brigade intégrée à laquelle l’on a ajouté les anciens militaires rebelles du CNDP ».
Les troupes de cette brigade sont aussi auteurs de cas de vols à main armée, des viols, des arrestations arbitraires, des assassinats, de vols de récoltes, ainsi que des pratiques d’esclavage contre les populations civiles.
 
a) Les vols à main armée
Les populations de cités de Kanyabayonga, Kayna, Kirumba se disent fatiguées de cas de vols à main armée perpétrés par les militaires des FARDC. Aucune nuit ne se passe sans qu’on ne signale un cas de vol.
Les militaires des FARDC pillent des dizaines de maisons dans des quartiers lorsqu’ils y fonts des incursions. Dans la nuit du 1er au 2 mars 2009, les militaires des FARDC ont systématiquement pillé douze maisons situées dans la cellule Bukyembi en cité de Kirumba. Ils ont emporté les habits, les ustensiles de cuisine, les téléphones, la nourriture crue (cossettes de manioc, haricot,…) et une somme totale de quarante huit dollars américains. La même situation a été vécue dans la cellule Kanyatsi dans la nuit du 4 au 5 mars 2009. Les militaires FARDC ont extorqué les biens et l’argent dans sept ménages aux environs d’une heure de matin. Au cours de cette même nuit, deux familles ont été visitées par les hommes armés et en tenue militaires. Ils ont ravi à ces familles des houes, des habits et des livres de la liturgie catholique.
En date un 11 mars 2009, les militaires FARD Congo ont fait irruption dans les maisons de M. T.K et de M. K.S. en cité de Kirumba. Les assaillants s’en étaient allés après leur avoir respectivement ravi les sommes de 60$ et 20$.
La localité de Kanyatsi/Tama a été pillée par les FARD Congo en date du 13 mars 2009. Au même moment qu’une partie des assaillants tiraient des coups de balles en l’air, d’autres procédaient à la fouille des cases des paysans. Ils emportaient tout ce qu’ils trouvaient bon dans les ménages visités. Actuellement, les paysans de cette localité ne savent plus à quel saint se vouer.
Dans la nuit du 23 au 24 février 2009, le quartier Mikundi de la cité de Kayna a été mis en sax par les hommes armés et vêtus en tenu militaire. Ils n’avaient rien épargné. Ils ont emporté les habits, les téléphones, les vivres crus,… Un passant (habit militaire) portant les mentions PM a été retrouvé dans l’une des parcelles pillées. Il y a lieu d’affirmer que les auteurs de ces pillages sont des militaires des forces armées de la RDCongo.
La même situation a été vécue dans la cellule Mukunungu/Kilalo dans la nuit du 23 au 24 février 2009. Plus de quarante maisons ont été victimes de vols à main armée. Les assaillants munis d’arme faisaient passer les canons de fusils à travers les fenêtres et exigeaient qu’on leur ouvre la porte. Plusieurs biens comme les habits, les téléphones, la nourriture crue ont été emportés par les malfrats. Cette même nuit, les militaires ont inquiété onze ménages dans la cellule Lukuka en cité de Kirumba. Ils étaient en quête de l’argent, de la nourriture crue.
La nuit du 22 au 23 février 2009 n’a pas été calme en cellule Kaghote à Kirumba. En fait, les hommes en tenue militaire et bien armés ont inquiété neuf ménages desquels ils ont emporté une somme de 200$ et beaucoup d’autres biens. Il en a été de même pour les habitants du village de Kanyandahi situé à 12 km de la cité de Kayna. En fait, dans la nuit du 13 au 14 mars 2009, cinq cases et un dépôt de vivres crus ont été mis en sac par les militaires des Forces armées de la RDCongo. D’après les informations recueillies sur terrain par les enquêteurs de CEJA, ils ont pu réunir une somme de 300$ et beaucoup d’autres biens dont la nourriture ont été emportés par ces inciviques. Un passant bleu a été retrouvé dans le dépôt pillé.
Dans la nuit du 25 au 26 mars 2009, la famille de M. K.E a été visitée par des militaires bien armés. Ces derniers ont tiré des balles en l’air lors de leur arrivée dans la parcelle de la victime. Ils ont su ravir à cette famille une somme de 384$, les habits, les téléphones des parents, … Les enquêteurs de CEJA ont retrouvé sept douilles de cartouche dans la parcelle.
 
b) Les viols et violences sexuelles
Les militaires de la 2ième brigade rapidement mixée ternissent l’image des Forces armées de la RDCongo en se rendant coupables d’abus de viol et de violences sexuelles à l’égard des femmes et des jeunes filles.
La contrée de Vusesha située à quelques 2 km de la cité de Kirumba est réputée par le nombre de cas de viol qui y sont enregistrés. Selon les déclarations d’un chef coutumier du lieu, « Nous enregistrons en moyenne 17 cas de viol par mois. A Vusesha, ces abus sont l’œuvre des militaires qui chassent les femmes de leurs champs en vue de récolter calmement produits de champs. En moyenne, une femme est violé chaque deux jour ».
Pour essayer de se protéger, les femmes se rendent au champ en groupe et travaillent leurs champs en groupe et en tour de rôle car nombreux cas de viol sont commis sur les femmes rencontrées au champ. Tel est le cas de trois femmes répondant respectivement au nom de K.S, M.M et J.W ont été violées en date du 25 mars 2009 par des militaires de la 2ième brigade rapidement mixée. Le CEJA détient l’identité de ces militaires qui en date du 26 mars 2009 étaient détenus au camp militaire du colonel Mudahunga. Au cours du mois de février 2009, 23 cas de viol ont été enregistrés dans l’agglomération de Kamandi. Parmi les victimes l’on comptait 8 hommes qui ont subi la bestialité de la part des éléments des forces armées de la RDCongo.
 
c) L’esclavage
Les populations sont soumises à des formes diverses d’esclavage. Elles sont utilisées par des militaires pour transporter les objets pillés ou leurs biens lorsqu’ils se déplacent d’un camp à un autre. Ces cas sont fréquents dans les tronçons Kamandi-Kirumba, Kamandi-Kanyabayonga, Luofu-Kirumba,…
En guise d’exemple, M. K.V qui dans la nuit du 12 au 13 février 2009 a été arrêté par les militaires qui venaient de piller le village de Kasugho. Du ménage de K.K, fermier à Kasugho, ils ont emporté une somme de 95$, une paire de botte ne caoutchouc, les habits, les téléphones, 4 poules, et 2 chèvres ainsi qu’un petit groupe électrogène de marque tiger. Les pilleurs en tenue militaire et armés des fusils ont exigé la victime a transporté le groupe électrogène, les poules ainsi que la paire de bottes. Toute la nuit, il a conduit les chèvres pillées à destination d’un camp militaire où elles ont été égorgées pour servir de nourriture aux occupants du camp.
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d) Les assassinats
Les populations civiles sont aussi victimes des assassinats de la part des forces armées de la RDCongo. A Kasiki, les deux hommes répondant au nom de J.B et G.M ont été tués par balle en date du 11 mars 2009. Leurs corps criblés de balles ont été respectivement retrouvés en pleine route à Kasiki et Kiyiri.
Au cour du même jour, et aux environs de 16 heures, trois personnes répondant au nom de S.M, M.V, M.A ont été criblés de balles tirées par les militaires des Forces armées da la RDCongo qui pillaient la localité de Mbughavinywa. Un jeune garçon répondant au nom de J.M.B., âgé de 23 ans a rencontré les militaires en mi chemin quand il quittait Luofu pour se rendre à Kirumba. Les militaires l’ont ravi sa chemise et l’ont ligoté et obligé de rebrousser le chemin. Lors de ce retour forcé à Luofu, la victime a été fouillée et les militaires lui ont extorqué une somme de 160$ et l’ont criblé des balles à la jambe droite. La victime a rendu l’âme onze jours après à l’hôpital de Kayna où il suivait les soins.
 
e) La dévastation des champs des paysans
A l’instar des FDLR, les militaires des forces armées de la RDCongo récoltent les produits vivriers déjà mûrs. Ils sillonnent les champs situés aux alentours de leurs camps militaires. Les populations sont chassées de leurs champs par les militaires lorsqu’elles veulent s’approvisionner en produits vivriers. En date du 25 mars 2009, les militaires des Forces armées de la RDCongo de la brigade rapidement mixée ont récolté le manioc, le haricot dans les champs des paysans situés à Kyahulwa, à quelques 2 km de Kirumba. En pleine journée, les malfrats ont fait fuir les paysans de leurs champs en tirant des balles en l’air. Les paysans rencontrés en cours de route par ces dévastateurs de champs ont été sommé à transporter les cossettes de manioc, les haricots jusqu’au camp militaire de Kirumba. La même situation s’est aussi reproduite en date du 28 mars 2009 dans cette contrée. Les paysans ont rencontré les militaires entrain de récolter leurs produits vivriers. Les paysans ont été obligés de rebrousser le chemin de peur d’être utilisés comme transporteurs de produits récoltés.
 
f) Les tracasseries militaires
Les éléments de la 2ième brigade rapidement mixée se rendent aussi coupables des tracasseries routières. Ils se tiennent dans les rues moins fréquentées des cités de Kanyabayonga, Kayna et Kirumba pour y procéder à l’extorsion des l’argent, montres, téléphones,… Ces abus s’amplifient généralement le jour de marché. En guise d’illustration, le 24 février 2009, monsieur K.K a été victime de tracasserie des militaires dont l’identité a été révélée aux enquêteurs de CEJA. Ils lui ont extorqué la somme de 15$ et 300FC après l’avoir torturé.
 
III. LA SITUATION HUMANITAIRE DANS LE SUD DU TERRITOIRE DE LUBERO
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La situation humanitaire dans le sud de Lubero est alarmante. En fait, la population locale est empêchée de récolter les produits mûrs de ses champs. La plupart des champs de paysans de Mbingi, Kaseghe, Kirumba et ses environs sont situés à Miveya. Miveya, située à une dizaine de km du village de Mbingi est une vaste contrée très fertile qui actuellement est occupée par les éléments FDLR.
Nul n’ignore que la population du sud du territoire de Lubero vit de l’agriculture. La dévastation des champs des paysans par les FDLR et les forces armées de la RDCongo risque de vouer les populations de cette partie du territoire national à la misère. L’on craint qu’une insécurité alimentaire ne s’installe dans le milieu suite à l’insécurité créée par les forces militaires ci haut citées.
En date du 26 mars 2009, la cité de Kanyabayonga hébergeait des déplacés dont le nombre s’élevait à 345 ménages venant de Miriki, Lusamambo, Kanyatsi, Kasika.
Les déplacés sont logés dans des familles d’accueil. La nourriture devient de plus en plus rare dans cette contrée de Kanyabayonga, Kirumba et Kayna. Il en est de même de l’eau potable. Les ONG internationales essaient de fournir de l’eau potable aux populations de la cité de Kanyabayonga. La quantité d’eau offerte est encore insuffisante car les déplacés sont très nombreux et se bousculent devant la borne fontaine pour en avoir.
Comme décrit dans les lignes qui précèdent, les incendies des maisons ont poussé les populations à passer la nuit à la belle étoile. Pendant cette saison pluvieuse, les sans abris sont exposés aux maladies respiratoires. Aucune organisation non gouvernementale n’est venu en aide aux sans abris en leur fournissant des tentes. Les populations de sud du territoire de Lubero.
Néanmoins, les victimes de viol sont prises en charge médicale par les organismes comme Heal Africa, Croix rouge internationale,…
IV. LA REACTION DES AUTORITES LOCALES
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Les autorités administratives du sud du territoire de Lubero ne savent pas à quel saint se vouer. Malgré les rapports qu’elles transmettent à leur hiérarchie, aucune mesure n’a jamais été prise par les destinataires de différents rapports.
Il règne une impunité totale dans cette contrée où les hommes en arme se rendent coupables des violations des droits de l’homme. Les trois militaires auteurs de viol sur trois femmes ont été remis à leur chef du nom de colonel Mudahunga. Jusqu’en date du 27 mars de cette année en cours, aucune démarche n’a jamais été déclenchée pour traduire ces militaires en justice. Il en est de même des militaires qui volent les biens de la population et les produits vivriers des champs de paysans. Les responsables militaires justifient ce comportement de leurs compagnons d’arme par le non paiement des salaires. En fait, il semblerait que les militaires qui sont dans le sud du territoire viennent d’enregistrer trois mois d’impayé de salaires. Abandonnés à leur triste sort, ils se débrouillent tant bien que mal pour manger, se vêtir,…Au lieu de réclamer leur droit, ils s’apprennent à la population civile.
La passivité des autorités militaires suscite des questions troublantes sur la maîtrise des éléments sous leur contrôle. En fait, l’armée est un des corps dont la discipline et l’obéissance au chef sont de mise.
Pour essayer de soulager les souffrances des victimes de pillage, les chefs de cités essaient de récupérer certains biens volés par les militaires. Dans le bureau de l’un des autorités administratives du milieu, les enquêteurs de CEJA ont pu voir les biens qu’il restitue aux propriétaires dès qu’ils viennent avec des preuves que les biens leur appartenaient.
 
V. RECOMMANDATIONS
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A l’heure actuelle, le processus de pacification de l’est de la RDCongo est mis à l’épreuve par les FDLR et les forces armées de la RDCongo. En fait, les deux forces sont auteurs de violations de droits de l’homme sur les populations civiles. Les agissements des FDLR et des Forces armées de la RDCongo hypothèquent la paix dans le sud du territoire de Lubero. Les cités et les villages du sud du territoire de Lubero vivent une situation de guerre où la population civile constituerait la cible de ces deux forces.
Les abus dont les populations civiles sont victimes constitueraient une forme de pression sur les autorités pour que celles ci payent le salaire des militaires, a déclaré un militaire rencontré lors des enquêtes. Cette façon de réclamer est dénouée de tout fondement. En fait, il serait mieux que les militaires mènent des actions légalement reconnues pour exprimer leur mécontentement face à cette situation de non paiement de salaire. 
Aussi, faut-il mentionner qu’il est anormal d’annoncer le retour de la paix dans le sud du territoire de Lubero alors que les populations civiles vivent le calvaire. Même si certaines langues considèrent les souffrances actuelles de la population dans le sud du territoire de Lubero comme « les effets collatéraux » des opérations conjointes FARDC et RDF, il y a lieu de se poser des questions sur l’efficacité de ces opérations militaires. A l’heure actuelle, il serait naïf de croire que dans un espace d’un mois, l’on peut mettre fin au phénomène FDLR dans le Kivu.
Le CEJA estime que l’éradication des groupes armés étrangers sur le sol congolais doit passer par
-           Le paiement des salaires réguliers et décents aux militaires des Forces armées de la RDCongo,
-           La bonne préparation des opérations d’identification et de localisation des FDLR,
-           L’équipement de l’armée congolaise en arme et munition pour lui permettre d’anéantir la force de nuisance des FDLR,
-           La promesse de gratifier les militaires des FARDC qui grâce à leur engagement dans la traque des FDLR mettront fin à leur présence au Congo,
La situation des droits de l’homme dans le sud du territoire de Luberon inquiète plus d’une personne. Dans le souci de créer un climat de paix où les droits de l’homme seront respectés, le CEJA formule les recommandations ci-après :
a)         Au gouvernement.
-           Payer des salaires réguliers et décents aux militaires des Forces armées de la RDCongo ;
-           Former une armée réellement républicaine capable de protéger les populations civiles et leurs biens et d’assurer l’intégrité du territoire national,
-           Initier des poursuites judiciaires à l’endroit des militaires qui se seraient rendus coupables des violations de droits de l’homme,
-           Organiser des inspections de casernes de militaires en vue de se rendre compte de leur comportement à l’égard de la population civile ;
 
b)         A la cour d’ordre militaire.
-           Organiser des chambres foraines à Kanyabayonga pour lutter contre l’impunité qui a longtemps sévi dans cette contrée,
c)         Aux organisations de droits de l’homme.
-           Documenter et dénoncer les abus des droits de l’homme commis sur les populations civiles dans le sud du territoire de Lubero,
-           Faciliter à la cour d’ordre militaire de tenir des chambres foraines à Kanyabayonga où se retrouve un bon nombre des cas d’abus de droits de l’homme dont les auteurs sont les militaires des FARDC,
d)         A la communauté internationale.
- Amener le régime de Kigali à organiser un dialogue inter-rwandais dont l’issu serait le retour pacifique des FDLR et d’autres réfugiés au Rwanda.
 
Fait à Butembo, le 30 mars 2009

Source: www.benilubero.com
19 avril 2009

RDC-« Baraka-Force » : Une résistance en gestation à Uvira

De la lapidation du « raïs » à Fizi-Baraka à la libération des détenus de la prison d'Uvira. Que veut Baraka-Force?
 
Jeudi de la semaine dernière (08 avril 2009), la ville d'Uvira a été attaquée. Au sujet de ces attaques, Gabon Eco du 14 avril 2009 notait: « Alors qu'on pensait en être débarrassé face au succès clamé par les autorités de l'opération militaire rwando-congolaise, les attaques rebelles refont déjà surface dans les provinces des Kivu au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) ».
 
Cherchant à en savoir un peu plus, nous avons appris de nos sources à Uvira que l'attaque de la prison et la lapidation du cortège du « raïs » congolais à Fizi-Baraka sont des actions menées par un mouvement politico-militaire dénommée Baraka-Force. Ce mouvement aurait vu le jour depuis le mois de décembre 2008 en République Démocratique du Congo. Il serait composé des ressortissants de toutes les provinces de notre pays et aurait sa représentation partout au Congo.
 
Pourquoi a-t-il lapidé le cortège du « raïs » congolais à Fizi-Baraka?
 
Il reproche au « raïs » ses accointances avec le Rwanda et son implication dans la balkanisation du pays à partir des provinces de l'est. Nos sources au sein de ce mouvement nous apprennent que plusieurs militaires Rwandais ayant fait partie de l'opération militaire rwando-congolaise du mois de janvier 2009 ne sont pas tous retournés au Rwanda. Ceux qui sont restés chez nous s'éparpillent à travers tout le pays. Le « raïs » aurait affiché un dédain sans pareil à l'endroit des autorités administratives et coutumières du Sud-Kivu en refusant d'aller à leur rencontre. La part qu'il a prise
 
dans la démission du Président a énervé les partisans de ce mouvement politico-militaire. Tout ce cocktail a abouti à la lapidation du cortège du « raïs ». Disons que le Sud-Kivu est l'un des fiefs de Baraka-Force. « Nos actions se concentrent actuellement à Uvira et Fizi », confie l'un des membres influents de ce mouvement.
 
Pourquoi le raid d'Uvira?
 
Il y avait dans la prison d'Uvira un nombre assez important de membres de ce mouvement politico-militaire. Il devait les récupérer tout en montrant sa capacité de mettre en difficulté le pouvoir de Kinshasa. Ce premier raid risque d'être suivi par bien d'autres si le pouvoir de Kinshasa ne change pas son fusil d'épaule. Baraka-Force parle déjà d'une première action de « libération » du Sud-Kivu. Elle estime que le travail de pacification de cette province n'a pas été suffisamment fait par Kinshasa. D'où son ambition: débarrasser le Congo de tous les partisans du « raïs », à commencer par le Sud-Kivu.
 
Que viserait ce mouvement politico-militaire?
 
Un Congo uni et pacifié. Il reproche au pouvoir de Kinshasa d'alimenter les conflits interethniques pour cacher sa gestion calamiteuse du pays. « La résistance des 11 provinces-Baraka-Force » veut aller au-delà des clivages ethniques et ajouter la dimension JUSTICE à la quête de la paix au Congo. La lapidation du cortège du « raïs » s'inscrit dans le cadre d'une grande exigence de JUSTICE. Baraka-Force n'aurait pas supporté que les militaires rwandais reviennent au pays avant que les blessures de la mort semée au Congo depuis 1996 se soient cicatrisées et que la JUSTICE n'ait pas été rendue aux victimes. Unité, Paix et Justice semblent être ses maîtres-mots. Au nom de la JUSTICE, Baraka-Force voudrait libérer tous les Congolais détenus arbitrairement sur toute l'étendue du territoire national. Interrogé sur leur recours aux armes, l'un de ses membres répond: « Nos ennemis et les ennemis du Congo ne comprennent que ce langage-là. Nous exerçons notre légitime défense.»

21 mai 2009

RDC: l'ONU lance "un cri d'alarme" face aux exactions et viols au Sud-Kivu

L'ONU a lancé mercredi un "cri d'alarme" sur la situation au Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où la population est victime d'"exactions" et notamment de "viols" utilisés comme "arme de guerre" par les combattants de tout bord.

"C'est un cri d'alarme, nous sommes scandalisés par la situation au Sud-Kivu où l'on a constaté une recrudescence du harcèlement parmi la population civile, des personnes qui ont été tuées, des pillages et également des viols", a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) Elisabeth Byrs.

Les viols reprennent de façon absolument dramatique... et sont utilisés comme arme de guerre", a-t-elle ajouté lors d'un point de presse à Genève, faisant état de 463 cas de viols enregistrés depuis le début de l'année. Cette tendance est "extrêmement grave", a-t-elle insisté.

Les exactions sont commises par toute personne qui "porte un uniforme", qu'elle appartienne aux Forces armées de la RDC (FARDC), l'armée régulière, ou aux rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui opèrent dans l'est congolais, a précisé la porte-parole.

"La situation d'insécurité est intolérable" et en particulier sur le territoire de Kalehe, le plus affecté, a poursuivi Mme Byrs racontant notamment que 1.128 maisons avaient été brûlées dans trois villages depuis mi-mars par les FDLR et "des personnes brûlées vives".

"Soixante-dix-sept personnes ont été tués avec des machettes, des couteaux et ont également été brûlées vives" dans la nuit du 10 à 11 mai, a-t-elle énuméré.

"Toute cette insécurité et cette violence entraînent des mouvements de population et restreignent notre accès humanitaire", a encore expliqué la porte-parole, soulignant que 120.000 personnes avaient fui la région depuis mars portant le total des déplacés à 450.000.

La région voisine du Nord-Kivu est également le théâtre d'exactions de la part de l'armée et des FDLR.

Après une opération conjointe inédite des armées rwandaise et congolaise menée contre les FDLR du 20 janvier à fin février dans le Nord-Kivu, les FARDC, appuyées par les Casques bleus, continuent d'y poursuivre la traque de ces rebelles.

Un groupe d'ONG a appelé lundi une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU, qui se trouvait en RDC, à une action "urgente" pour protéger les civils lors des opérations de l'armée congolaise et de l'ONU contre les rebelles hutu rwandais.

Human Rights Watch (HRW) a également demandé à cette délégation de "condamner vigoureusement les crimes de guerres commis par les soldats de l'armée congolaise".

Source: AFP

16 mai 2009

 

Une attaque de rebelles hutus rwandais au Congo Kinshasa a fait au moins 90 morts, selon un représentant de l'ONU

                          

                                Combattants FDLR. Photo FRANCE 24

Au moins 90 personnes ont été tuées lors d'une attaque des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans un village de la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), a rapporté jeudi un représentant de l'ONU. 

L'attaque a été commise dans le village d'Ekingi à 80 km au nord-ouest de Bukavu au cours de la nuit du 9 au 10 mai,  selon Nestor Yombo, porte-parole du Bureau de coordination des Nations Unies pour les affaires humanitaires,"Quatre-vingt dix personnes ont été tuées parmi lesquelles une soixantaine de civils", a-t-il déclaré.

Des attaques des FDLR contre la population civile ont été signalées dans d'autres villages, alors que l'armée congolaise et la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) se déploient pour une opération conjointe contre ces rebelles hutus rwandais.

Les FDLR avaient été chassées dans le parc de Virunga lors de l'offensive menée conjointement en janvier par les militaires rwandais et congolais.

Source: Associated Press, http://www.ap.org/francais/

 

15 mai 2009

Les opérations militaires soutenues par l’ONU au Congo risquent d’occasionner de grandes souffrances

Les plans militaires du gouvernement congolais, soutenus par l’ONU, contre les rebelles du Sud-Kivu, risquent faire de nombreuses victimes parmi les civils et d’occasionner de grandes souffrances, a déclaré aujourd’hui l’organisation internationale Oxfam. L’avertissement est lancé alors que la MONUC, la force de maintien de la paix de l’ONU en République Démocratique du Congo, s’apprête à prêter main forte à l’armée congolaise (les Forces Armées de la RDC) dans le cadre d’une nouvelle offensive menée contre les miliciens du FDLR (Forces démocratiques de Libération du Rwanda).

Bien que l’organisation soit consciente de la nécessité de mettre un terme aux effroyables violations des droits de l’Homme commises par les rebelles armés, une action augmentant délibérément le degré de souffrances humaines ne peut cependant pas être la réponse adéquate.

Marcel Stoessel, Directeur d’Oxfam Grande-Bretagne en RDC, a déclaré :

« Il y a quatre mois, une offensive menée contre le groupe FDLR a engendré une spirale de violence à l’encontre des civils qui a contraint 250 000 personnes à abandonner leur foyer, provoquant la mort de nombreuses personnes et de grandes souffrances qui demeurent d’actualité. Quelle qu’en soit la justification, cette offensive s’est transformée en un désastre humanitaire et a été, qui plus est, ignorée par le reste du monde. La première priorité de la force des Nations unies au Congo doit être de protéger la vie de civils innocents. L'ONU doit prendre conscience de l’ensemble des conséquences qu’implique le maintien de son soutien à l'intervention militaire dans le contexte actuel. » 

Oxfam indique que toute action militaire doit s’assurer que les risques encourus par les civils sont réduits à un strict minimum et être conforme au droit international humanitaire. L’ONG a également réclamé des sanctions appropriées pour toute violation du droit international humanitaire. Depuis bien trop longtemps, les violations des droits de l’Homme, y compris celles commises par les soldats du gouvernement, sont dans une vaste mesure restées impunies.  

Concernant le soutien apporté par la MONUC à toute action militaire menée par les FARDC, Oxfam a exhorté les Nations unies à établir des conditions préalables claires, basées sur le strict respect du droit international humanitaire, et à s’y conformer. L’ONG a en outre demandé à ce que des efforts non militaires plus importants soient déployés en vue de désarmer les groupes rebelles : bien que présentant moins de risques pour les civils, une priorité suffisante ne leur a toujours pas été accordée.

L’offensive conjointe contre le FDLR au Nord-Kivu, lancée en janvier 2009, a déjà causé d’énormes souffrances pour des milliers de civils. Environ 250 000 personnes ne sont toujours pas en mesure de retourner vivre dans leurs foyers. Des villageois ont déclaré que des milliers de foyers avaient été réduits en cendres dans le cadre d’attaques menées par les FDLR à titre de représailles. Des témoignages ont également fait état des viols et des pillages commis par l’ensemble des parties au conflit, y compris les forces gouvernementales. Selon de récents rapports, 100 000 personnes ont déjà fui leurs foyers dans le Sud-Kivu, et ce avant même le lancement de la nouvelle offensive. Les organisations humanitaires anticipent un éventuel déplacement de 400 000 personnes supplémentaires au Sud-Kivu.

A l’issue de la première offensive, Oxfam a dû étendre ses programmes afin d’inclure le Nord-Kivu, et a ainsi prêté assistance à 85 000 personnes supplémentaires. Oxfam a également ouvert un nouveau bureau d‘intervention rapide à Bukavu, au Sud-Kivu, afin d'être prête à faire face aux éventuelles conséquences humanitaires. L’organisation internationale a lancé un appel pressant aux principaux pays donateurs afin qu’ils accordent une grande attention à la crise humanitaire faisant rage depuis le mois de janvier.

Oxfam apporte de l’aide à plus de 500 000 personnes touchées par le conflit.

Source: http://www.oxfam.org/fr

Samedi 7 février 2009

Déclaration des FDLR sur la guerre qui sévit actuellement à l'Est de la RDC Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR),

Attaquées par la coalition armée rwando-congolaise, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dénoncent des violations commises contre les réfugiés hutus rwandais et la population congolaise du Kivu. Elles réclament un dialogue inter-rwandais et réitèrent leurs engagements pris à Rome le 31 mars 2005 de privilégier la voie pacifique dans la résolution du problème politique rwandais.
 
Ci-après l'intégralité de la déclaration.

- Prenant acte que les armées rwandaises et congolaises ont pris la décision de les anéantir par la force et que leur plan a commencé à être mis en exécution le 20 janvier 2009 par l'entrée de plusieurs milliers de soldats rwandais en RDC ;

- Considérant qu'elles ont à maintes reprises offert au régime de Kigali de se mettre autour d'une table de négociation avec son opposition pour trouver une issue pacifique au problème politique rwandais et que ce dernier a toujours rejeté toute offre de négociation pacifique avec son opposition et a plutôt privilégié la voie des armes;

- Conscientes que la voie des armes prônée par le régime de Kigali n'a jamais amené la paix, la réconciliation, la justice et le développement durable dans la région des Grands Lacs africains mais qu'au contraire elle a semé la mort, la souffrance et la misère et a contribué à attiser les haines ethniques ;

- Convaincues que la dynamique de négociation a contribué énormément à résoudre les problèmes politiques dans les pays africains comme ce fut le cas en RDC, au Burundi, en Ouganda, au Soudan, au Kenya, en République Centrafricaine, au Congo Brazzaville, au Tchad, en Angola, au Mozambique, en Sierre Leone, en Côte d'Ivoire, etc.;

- Convaincues que la guerre en cours dans l'Est de la RDC est inutile, injuste et sans issue et ne fait qu'augmenter la souffrance des populations civiles notamment les groupes vulnérables;

- Notant avec amertume que les autorités congolaises ont entamé sur toute l'étendue de la RDC une chasse aux hutu rwandais sans faire de distinction aucune entre les membres des FDLR, les populations réfugiées rwandaises et les Congolais d'ethnie hutu;

- Constatant que les réfugiés hutu rwandais en RDC sont traqués comme des criminels et remis au régime dictatorial de Kigali et que cette pratique est non seulement indigne mais aussi constitue une violation grave des droits de l'homme ;

- Notant que la coalition APR/FARDC est en train de commettre des violations graves de droits de l'homme (tortures, vols, viols, massacres, etc.) non seulement contre les populations hutu rwandaises réfugiées mais aussi contre les populations congolaises que cette coalition accuse de sympathiser avec les FDLR;

- Convaincues que le désarmement des FDLR n'est véritablement pas envisageable au moment où le calvaire que le FPR-Inkotanyi a imposé au peuple rwandais depuis son attaque du 1er Octobre 1990 ne fait que s'amplifier de jour en jour et d'année en année ;

- Convaincues que la guerre actuelle que mène la coalition APR/FARDC ne pourra en aucun cas résoudre le problème politique rwandais mais plutôt ne ferra qu'augmenter la souffrance des populations et attiser les haines dans une région déjà meurtrie par des guerres hégémoniques, inutiles et sans issue;

- Convaincues que c'est un droit inaliénable de chaque personne humaine de se défendre et de défendre les siens s'ils sont menacés dans leur intégrité humaine;

- Soucieuses de la sécurité des populations rwandaises réfugiées en RDC et des populations congolaises du Kivu ;

- Tenant compte de la gravité de la crise humanitaire en cours à l'Est de la RDC;

- Convaincues que la politique d'exclusion menée par Kigali et ses sponsors contre les FDLR dans le processus de recherche de la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs Africains ne peut jamais y apporter une paix durable et un développement harmonieux ;

- Résolues à trouver une issue pacifique à la crise de la région des Grands Lacs Africains ;

1. Condamnent encore sans équivoque la nouvelle guerre imposée aux populations se trouvant à l'Est de la RDC ;

2. Demandent aux autorités congolaises et rwandaises de mettre fin immédiatement à cette guerre injuste, inutile et insensée;

3. Réitèrent leur conviction que le problème politique rwandais, qui est à la base de la présence des FDLR en RDC et dans plusieurs autres pays, ne peut pas être résolu par les armes mais par un compromis négocié ;

4. Opposent le dialogue à ceux qui leur imposent la guerre comme l'unique solution au problème politique rwandais et leur demandent de venir s'asseoir avec elles autour d'une table de négociation;

5. Demandent à la Communauté Internationale de condamner sans ambiguïté la guerre en cours à l'Est de la RDC ainsi que les violations graves des Droits Humains commises contre les populations civiles;

6. Demandent à la Communauté Internationale, spécialement au Conseil de Sécurité de l'ONU, à l'Union Africaine et à l'Union Européenne de prendre des mesures urgentes et nécessaires pour assurer la protection des populations civiles, spécialement des populations rwandaises réfugiées se trouvant actuellement dans les zones de combats à l'Est de la RDC qui sont laissées à elles-mêmes ;

7. Demandent aux autorités congolaises de mettre fin tout de suite à la chasse aux réfugiés hutu rwandais se trouvant sur leur territoire et de respecter les droits élémentaires de l'homme tel qu'énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ;

8. Demandent à la coalition armée rwando-congolaise de mettre fin immédiatement aux violations graves des droits de l'homme dont leurs troupes sont responsables dans l'Est de la RDC et de punir leurs auteurs ;

9. Invitent les autorités congolaises et rwandaises à collaborer étroitement avec les FDLR pour faire la paix et non pour faire la guerre dans la région des Grands Lacs Africains ;

10. Expriment leur entière disponibilité pour tous pourparlers visant à alléger la souffrance des populations civiles et à faire respecter le droit humanitaire international dans le conflit en cours à l'Est de la RDC ;

 

11. Appellent les autorités congolaises et rwandaises à accepter la mise sur pied d'un cadre associant l'opposition rwandaise, sous les hospices de la Communauté Internationale, ayant pour but de trouver une solution définitive et pacifique au problème politique rwandais ;

12. Réitèrent leurs engagements pris à Rome le 31 mars 2005 de privilégier la voie pacifique dans la résolution du problème politique rwandais.

Ignace Murwanashyaka
6 février 2009

www.irwanda1.com

23 mai 2009

Communiqué des FDLR à l'occasion de la visite d'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU en RDC et au Rwanda

Kinshasa — Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) saluent la visite d'une délégation du Conseil de Sécurité de l'ONU dans la Région des Grands Lacs Africains spécialement en RDC et au Rwanda. Les FDLR saisissent cette occasion pour rappeler aux membres de cette délégation que le problème rwandais qui est à l'origine de leur présence en RDC est un problème politique qui peut être résolu à travers un dialogue franc et direct entre les différents acteurs rwandais, à savoir le régime de Kigali et son opposition.

Les FDLR restent convaincues que l'usage de la force préconisé par certaines organisations d'études stratégiques ne peut pas résoudre le problème politique rwandais mais plutôt risque de provoquer d'autres catastrophes humanitaires dont seuls les va-t-en guerre doivent être tenus pour être responsables. Les FDLR réaffirment leur condamnation sans équivoque de la guerre que la coalition rwando-congolaise a imposée aux peuples épris de paix de notre région à travers l'opération UMOJA WETU et l'opération KIMIA II en préparation et demandent à la délégation du Conseil de Sécurité de l'ONU de condamner solennellement cette guerre qui est insensée, inutile et meurtrière, d'exiger son arrêt immédiat et de ne pas y engager les troupes onusiennes de la MONUC.

Les FDLR demandent au Conseil de sécurité des Nations unies de ne pas continuer à se laisser duper par les va-t-en guerre et leurs lobbies qui préconisent la politique de diabolisation et d'exclusion des FDLR et pour qui ces dernières seraient des démons à écraser par tous les moyens et le régime de Kigali serait un ensemble d'anges qui méritent protection de la Communauté Internationale.

 

Les FDLR exhortent le Conseil de sécurité de l'ONU à rechercher des solutions réelles pour une paix durable et une stabilité dans la région des Grands Lacs Africains en s'attaquant au problème de fond plutôt que d'appliquer des solutions calquées sur des schémas inadéquats au problème spécifique de la région.

Les FDLR demandent à la délégation du Conseil de sécurité de l'ONU d'oeuvrer à la création d'un cadre de pourparlers qui permette à tous les acteurs rwandais de pouvoir s'asseoir ensemble pour trouver une solution définitive à la crise rwandaise qui est la source de toute l'insécurité qui règne actuellement dans la Région des Grands Lacs Africains spécialement à l'Est de la RDC.

Les FDLR informent la délégation du Conseil de Sécurité qu'elles ont des raisons légitimes qui les ont poussées à prendre les armes et demandent au Conseil de sécurité des Nations unies d'être pragmatique et de solliciter l'arrêt immédiat de la guerre encours en RDC et le début de discussions directes entre les FDLR, le régime de Kigali et le régime de Kinshasa sous les hospices de la Communauté Internationale afin d'amorcer des pourparlers réels sur leur retour dans la dignité et en toute sécurité dans leur pays.

Les FDLR réitèrent leur demande faite au Conseil de sécurité des Nations unies de lever sans délai et sans condition toutes les sanctions injustes, inutiles et contre-productives imposées à leur leadership.

Les FDLR restent convaincues que le moyen le plus sûr d'arriver à leur désarmement ne consiste pas à leur neutralisation par les armes à travers la guerre mais plutôt en mettant en place un cadre politique et des services étatiques dans lesquels tous les rwandais se sentiraient protégés, l'ouverture de l'espace politique rwandais afin que tous les rwandais qui le veulent puissent sans aucune entrave exercer leurs activités politiques à l'intérieur du pays ainsi que la mise en place d'institutions véritablement démocratiques et républicaines au Rwanda. Les FDLR réitèrent leur attachement à la paix et restent convaincues que la guerre dans la Région des Grands Lacs Africains ne pourra jamais apporter la paix mais que cette dernière ne sera acquise qu'à travers un dialogue franc et direct entre les différents acteurs de la crise de la région.

FDLR communiqué

17 mai 2009

RDC: La France voudrait le retrait de la MONUC

Forte de 17000 hommes et financée par l'ONU, la force de maintien de la paix en RDC (MONUC) est dans le collimateur des autorités françaises. Selon plusieurs sources concordantes, le gouvernement français juge cette force inefficace et considère que son maintien est inutile. Seuls 800 soldats de cette force onusienne seraient opérationnels, les autres restent dans les agglomérations urbaines et ne protègent pas les civils. Ils se livreraient au trafic divers.

L'attaque des FDLR du week-end dernier a fait plusieurs victimes dans les rangs des forces gouvernementales congolaises (FADRC) épaulées par la MONUC. Une soixantaine de civils ont été également tués. Ils n'ont pas été protégés par les soldats de la MONUC. Les combattants FDLR auraient repris plusieurs localités perdues lors de l'opération conjointe des troupes rwandaises  et congolaises  pour les neutraliser. Cette intervention menée en début d'année s'est terminée en queue de poisson avec un bilan plus que mitigé.

Quand les rebelles du général déchu Laurent Nkunda ont écrasé les FADRC et menaçaient de marcher sur la ville de Goma, la MONUC était là. Quand le génocide rwandais a commencé le 6 avril 1994, les soldats de l'ONU de la MINUAR étaient là. Au lieu de protéger les civils, ils se sont retirés laissant le champ libre aux tueurs.

La France pose une bonne question mais il faut qu'elle propose une solution. La réponse pure militaire a échoué. Le dialogue inter-rwandais qui permettrait un retour pacifique des combattants et de tous les réfugiés est bloqué. Kigali et les gouvernements occidentaux qui le soutiennent ne veulent pas en entendre parler. En attendant, les FDLR renforcent leur position et les civils continuent à subir les conséquences du mal rwandais exporté en RDC.

www.irwanda1.com

 

7 juin 2009

Trois Ougandais arrêtés pour avoir aidé des réfugiés rwandais


Photo: www.dw-world.de

Le gouvernement ougandais a annoncé l'arrestation de trois responsables du district d'Isingiro près du camp de Nakivale. Ils auraient aidé les réfugiés rwandais à quitter le camp avec des documents certifiant qu'ils sont de nationalité ougandaise pour échapper au rapatriement forcé. Ces réfugiés auraient dépensé 200000 shillings ougandais ( un peu moins de 100 euros) pour obtenir des papiers de citoyens ougandais.
 
Une vaste campagne de rapatriement des réfugiés rwandais présents sur le sol ougandais a été entreprise depuis avril 2009 par les gouvernements ougandais et rwandais, mais la plupart d'entre eux ne semblent pas avoir l'intention de rentrer. Ils craignent d'être traduits devant les fameux tribunaux gacaca où siègent des juges sans aucune formation juridique et sans assistance d'un avocat. 

Le président Yoweri Kaguta Museveni a promis à son homologue rwandais dont il est mentor de nettoyer les camps de réfugiés rwandais sur son territoire d'ici le 31 juillet 2009. Le HCR/UNHCR finance ce rapatriement forcé contraire à la convention de Genève qui protège les réfugiés. Le gouvernement rwandais à travers le ministre de l'intérieur, Protais Musoni, parle de "génocidaires" qui veulent échapper à la justice, une autre manière de décourager les candidats au retour.

Les trois ougandais arrêtés sont de hauts responsables administratifs locaux dont l'identité n'a pas encore été révélée.

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26 mai 2009

Relecture du Mémorandum du caucus des Députés  de la province du Sud-Kivu à la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU

Une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU arrivée au Congo par Goma le lundi 18 mai   a rejoint Kinshasa le mardi 19 mai 2009. Le caucus des députés du Sud-Kivu lui a remis un Mémorandum que nous nous proposons de relire dans les lignes qui suivent. Notre relecture s’inspirera du livre de Charles Onana intitulé « Ces tueurs tutsi. Au cœur de la tragédie congolaise ».
 
Le Mémo du caucus des députés du Sud-Kivu retrace l’histoire de la guerre d’agression imposée à notre pays dans ses grandes lignes. « En effet, écrit-il, c’est depuis 1994 que des Hutu, superbement armés, fuyant l’avancée de l’Armée Patriotique Rwandaise traversent les frontières congolaises à la faveur de l’opération française dénommée « turquoise » et s’installent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, et, ce en violation flagrante de toutes les normes internationales régissant le droit d’asile ou de refuge. » Cette fuite des Hutu vers le Congo ne peut pas être comprise en dehors de l’histoire même du Rwanda. Comment se déroule-t-elle ? Nos députés notent « que l’histoire du Rwanda est émaillée par des guerres cycliques et fratricides édictées par l’esprit de non tolérance et de vengeance entre les Hutu et les Tutsi. Ainsi donc lorsque ce sont les rwandais de l’ethnie Tutsi qui sont au pouvoir, leurs congénères de la composante majoritaire, les Hutu, vont en exil et vice-versa. »
 
Nos députés s’arrêtent à mi-parcours. Ils passent à côté du plan des extrémistes Tutsi de la colonisation des pays des Grands Lacs et plus particulièrement du Rwanda et du Congo. Dans ce plan, ces extrémistes s’en prennent à tous les Bantous, Hutu et Congolais y compris. Le fait qu’ils placent leurs pions à des endroits stratégiques dans cette région participe de ce plan. Ces extrémistes, conscients du fait qu’ils sont une minorité, relisent leur histoire et envisage l’avenir de manière planifiée. Ils se disent : « Nous sommes une minorité dans la région du Kivu mais nous avons pu conserver le pouvoir aux élections de 1960 en profitant de la naïveté des Bantous. Cependant, notre habileté ayant été découverte par la suite par les Congolais, tous les Tutsi de quelque région qu’ils soient doivent mettre en œuvre le plan suivant et contribuer à sa diffusion auprès de tous les autres Tutsi, particulièrement ceux de la région des Volcans ». (Lire Charles Onana aux pages 92,93, 94 et 95) Et, dans ce plan détaillé en 18 points, ces extrémistes Tutsi notent : « Tous les Tutsi doivent savoir que les Hutu sont apparentés aux Congolais et que notre plan de colonisation doit s’appliquer aux deux groupes. » Ce plan ne peut réussir, à leurs yeux, que s’il est appliqué méthodiquement.
 
Donc, « tous les Tutsi doivent connaître parfaitement les méthodes utilisées avec succès pour conquérir le Rwanda et les appliquer aux Congolais et aux autres groupes ethniques qui les entourent. Il faut procéder progressivement, avec méthode, et ne pas verser dans la précipitation (…) ». Dans ce plan, les intellectuels Tutsi sont mis à profit. Qu’est-ce qui leur est recommandé ? Ceci : « Tous les intellectuels Tutsi doivent avoir pour objectif premier le contrôle de davantage de districts car tout le monde est en effet conscient de l’importance qu’il y a à contrôler les centres locaux de l’autorité politique afin de répandre des idées politiques auprès de populaces ignares. » Les moyens utilisés pour réaliser ce plan sont l’amitié, les cadeaux (dont les alcools), le mariage interethnique et l’argent qui permettent d’arracher les secrets. Ces moyens sont supposés entretenir la crédulité et la naïveté chez les Bantous tout en offrant aux Tutsi le contrôle des postes importants. Dès que cela est fait, « nous devons éliminer tous nos ennemis bantous, notamment les Bahutu », estiment les extrémistes Tutsi. Comment ? En recourant à la violence et à la terreur.
 
Quand nos députés du Sud-Kivu traitent du soutien du Rwanda aux côtés des pseudo-mouvements insurrectionnels, ils pointent du doigt les moyens utilisés par ce pays et ses supports internationaux pour mener à bien son plan de colonisation. Le déversement des éléments de l’armée rwandaise dans l’armée congolaise, dans les services de sécurités et dans toutes les institutions de la troisième République par le biais du CNDP et du RCD participe du contrôle du Congo, méthodiquement et sans précipitation. Ces éléments armés (et non-armés) facilitent la signature de certains accords qui détourent l’attention des Bantous et des Congolais de l’enjeu réel : la colonisation de la région des Grands Lacs par les extrémistes Tutsi avec l’appui des « acteurs pléniers ».
 
Dans leurs propositions « pour une paix durable sécurisant chacune des parties en présence dans la sous-région », nos députés semblent oublier que la guerre d’agression imposée au Congo est aussi « une guerre secrète de la politique et de la justice internationale ». Parmi les pays membres du Conseil de sécurité auxquels ils s’adressent, plusieurs ont torpillé la justice internationale au nom de « leur amitié » avec les extrémistes Tutsi. Le cas de la défenestration de Carla Del Ponte du Tribunal Pénal International pour le Rwanda en dit long.
 
Quand nos députés demandent « une implication accrue de la Monuc (…) dans le triage des éléments rwandais intégrés au sein du CNDP pour qu’ils rentrent dans leur pays », ils font comme s’ils ne savaient pas que cette intégration officielle des éléments rwandais dans l’armée congolaise par le biais du CNDP faisait partie d’une énième vague d’infiltration des institutions congolaises par le Rwanda. 
 
De l’AFDL en passant par le RCD et le PPRD, la lente colonisation de notre pays s’est faite avec la complicité de plusieurs députés et d’autres gouvernants congolais achetés à coup de dollars. Donc, ce plan d’occupation du Congo est si avancée que retirer les seuls éléments du CNDP « visibles » serait une goûte d’eau dans la mer du plan des extrémistes Tutsi.
 
Le comble est que, quand nos députés parlent du déversement des éléments rwandais dans le CNDP (et puis dans l’armée congolaise), les membres du Conseil de sécurité auxquels ils s’adressent estiment, eux, qu’il y a normalisation des relations diplomatiques entre le Congo et le Rwanda. Il y a là un dialogue des sourds dont les desseins sont connus par les Congolais avertis. Donc, au lieu d’en appeler prioritairement à la communauté internationale, nos députés doivent peaufiner un plan de décolonisation du Congo avec les forces de la résistance congolaise. Ces dernières pourront, petit à petit, à partir d’une action de lobbying soutenue, permanente, désamorcer la bombe de la désinformation de l’opinion publique au sein des pays-supports du Rwanda, membres de ladite communauté internationale. Il y a encore beaucoup de travail à abattre à ce niveau-là.
 
Si nos députés aiment encore notre pays, ils doivent soutenir les forces de la résistance intérieure au plan de l’occupation rwandaise en jouant carte sur table au Parlement. C’est-à-dire en posant des questions essentielles : « Qui a facilité le mixage et le brassage de tous ces éléments venus du Rwanda ? Est-il seul ou sont-ils à plusieurs ? Comment procéder pour le et/ou les neutraliser afin de déjouer le plan auquel ils participent ? Pourquoi la motion sur la double nationalité a-t-elle été oubliée au Parlement ? Qui, au sein des institutions actuelles, coalise, avec les forces d’occupation ? Comment faire (nous-mêmes) pour le mettre hors d’état d’agir ? » S’ils ne se posent pas toutes ces questions, s’ils se contentent d’un Parlement-caisse de résonnance des forces de l’occupation, la communauté dite internationale n’entreprendra rien de consistant à leur place. Elle se limitera aux déclarations de bonnes intentions.
 
Il y a dans la relecture de notre histoire avec le Rwanda des éléments positifs à retenir. Quelque temps après les élections de 1960 et la conservation de leur pouvoir dans le Kivu, les minorités Tutsi ont pris compris que les Congolais avaient découvert leur habileté. Quelque part, elles savent que nous ne sommes pas tous aussi naïfs et crédules qu’elles le pensent. Mais savoir que chez elles, quand un plan A échoue, elles essaient un plan B, nous aiderait à demeurer sur nos gardes. Cela d’autant plus qu’ils procèdent méthodiquement, sans verser dans la précipitation.
 
Découvrir qu’elles travaillent à base des plans devrait nous interroger, nous Congolais, dans notre diversité, sur nos capacités d’avoir des plans auxquels nous tenons, sur le temps en évitant les feux de paille.
 
Ces minorités Tutsi comptent sur leurs filles et fils, sur le travail de la du savoir et de la connaissance, sur la force des idées (et de leur transmission) accompagnant les actions concrètes et sur l’argent. Elles mettent l’argent au service du triomphe de leurs idées. Elles doivent avoir intégré dans leur mode de fonctionnement l’importance des think tanks. Les critiquer, même acerbement, ne nous soustrait pas de nos obligations à accorder une place de choix au travail de la pensée. Combien des think tanks congolais comptons-nous à ce jour.
 
Disons que relire notre histoire avec le Rwanda et les extrémistes Tutsi peut avoir l’avantage de nous indiquer à la fois nos points forts et nos points faibles ; et nous inciter à aller de l’avant en comptant d’abord sur nous-mêmes.  
 
J.-P. Mbelu
Bruxelles-Belgique
30 juin 2009

RDC: L’incendie des maisons préparerait l’installation des rwandais

Les populations civiles de Kanyabayonga sont unanimes : L’incendie des Maisons par des militaires,  le recrutement massif des jeunes diplômés à qui on promet une formation militaire et politique à l’étranger, les conflits terriens ainsi que les assassinats des chefs coutumiers et des civils, sont des actes barbares commis délibérément pour préparer le terrain aux colonies de peuplement tutsi.  Les faits suivants en témoignent!
 
La cité de Kanyabayonga, à une centaine de kilomètres au sud de Butembo, dans le territoire de lubero, au Nord-Kivu, a été, dans la nuit de mardi à mercredi 24 juin, le théâtre d’une incursion d’hommes des hommes en uniforme militaire non autrement identifiés qui ont mis le feu plusieurs maisons d’habitation. L’opération macabre a eu lieu entre 22h et 3 h du matin, heure locale. Au total 31 maisons ont été incendiées au quartier Muhola, à l’extrême Nord de la cité de Kanyabayonga, et 7 autres à Bulotwa environ 3 kilomètres au nord de Kanyabayonga, nous a relaté une de victime de cette barbarie qui a eu lieu dans cité ayant plusieurs camps militaires et plusieurs militaires qui se disent en zone opérationnelle. Le fait que les incendies des maisons était devenue monnaie courante sans qu’un seul bandit soit arrêté et sans qu’il y ait une enquête, suffit pour dire que le génocide qui se comment a petit feu en région de Beni-Lubero est l’œuvre des Fardc brassés déployés dans la province.  C’est cela la conclusion à laquelle la population victime est arrivée, identifiant les hommes en uniforme militaire comme ses premiers ennemis.
 
Selon plusieurs victimes, certains assaillants parlaient Kinyarwanda et d’autres Lingala pour expulser les habitants de leurs maisons avant de les incendier.  Longtemps après le crime, soit  entre 7h00 et 8h00 du mercredi 24 juin, une équipe des FARDC a voulu se déployer  sur le lieu du crime, soit disant pour diligenter une enquête. Les jeunes du quartier Muhola en colère ont jeté des coups de pierre à ces sapeurs pompiers qui n’ont jamais été à l’heure là où on les appelle… Une véritable intifada a eu lieu…  Depuis quelques temps, le climat entre la population et les FARDC déployés dans la région se détériore du jour au lendemain comme en 1996, lors de la première occupation rwando-burundo-ougandaise. La lune de miel avec les rwandais-burundais-ougandais après la libération des beniluberois de FAZ du feu Maréchal  Mobutu n’avait durée que deux semaines. En effet, la résistance armée  était née spontanément à la suite du comportement pillard et sanguinaire des libérateurs.  Si en 1996, il s’agissait d’une guerre ouverte, celle qui se déroule actuellement au Kivu est sournois car ses  concepteurs pensent arriver à leurs objectifs machiavéliques en utilisant le mensonge et les diversions. Mais les kivutiens en particulier et les congolais d’une manière générale suivent la situation à la loupe.
L’incendie des maisons incendiées au Nord-Kivu aurait ainsi comme objectif de préparer le terrain pour l’installation des populations rwandaises Tutsi qu’on appelle refugiés congolais au Rwanda, Tanzanie, Burundi, Uganda, etc.  Ceux qui sont attendus en Territoire de Lubero seraient au nombre de 40 000 familles ! Les habitants de villages incendiés ne se rappellent pas pourtant avoir vécu avec des rwandais qui se seraient refugiés au Rwanda ou ailleurs dans un passé récent…  Si tel était le cas, le HCR pouvait réinstaller les refugiés revenants cas par cas comme il fait pour les disparus congolais de la même région. Le fait d’incendier les maisons signifie que ceux qu’on appelle refugiés revenant du Rwanda n’ont jamais été au Congo auparavant. Il faut leur créer un territoire en toute pièce.  
 
D’après nos sources, la première tentative de cette colonie de peuplement devait se dérouler à Luofu au Sud-de Lubero. Elle n’a pas eu lieu car la population sinistrée refuse de quitter les villages réduits en cendres. Certains habitants auraient déjà reconstruit leurs cases incendiées. Sachant que le territoire de Lubero est le territoire rural le plus peuplé de la R.D. Congo, les concepteurs de la colonie de peuplement Tutsi au sud de Lubero cogitent sur les conséquences de l’implantation d’une petite colonie Tutsi au milieu des Nande.  Mais ils ne s’avouent pas encore vaincus.  
 
Une autre stratégie d’anéantissement de la Province est l’existence de plusieurs opérations de recrutement des jeunes congolais dans la province du Nord-Kivu. La cible privilegiée de ce recrutement est les jeunes universitaires au chômage après leur licence ou leur graduat dans les universités de la région.  L’objectif de ce nième recrutement militaire dans un pays qui compte  déjà plus des militaires qu’il ne peut entretenir, serait l’anéantissement de toute résistance contre les colonies de peuplement en perspective. Aux Jeunes qu’on recrute et qui se réunissent nuitamment dans  des résidences bien connues, on promet une formation militaire ou politique à l’étranger, un poste de commandement juteux dans l’armée, la police, la garde présidentielle, etc. Toute présence aux rencontres souvent nocturnes est rémunérée par des espèces sonnantes et trébuchantes (au moins 50 US$)  après des repas et des libations somptueux.
 
Dans cette rubrique, il faut ajouter que certaines sociétés de gardiennage de la Province forment leurs sentinelles à l’étranger…  Une enquête  est en cours sur ce vaste réseau  de déstabilisation de la province par des promesses fallacieuses aux jeunes et aux forces vives….  Les jeunes du Nord-Kivu sont donc prévenus de ce  vaste réseau de recrutement qui n’a d’autre but que le contrôle des forces vives de la Province afin de les anéantir en les éloignant de chez eux sous-prétexte de formation à l’étranger ! Le mirage de Poto, de mikili, serait ainsi utilisé pour chasser les congolais de leurs terres… Tristesse !
 
 Une des preuves pour convaincre les plus sceptiques est que tous les jeunes de la région qui étaient recrutés lors de la première occupation rwando-burundo-ougandaise n’ont jamais été promus mais vivent aujourd’hui dans la galère de grandes villes du pays, loin du Nord-Kivu. Ceux d’entre eux formés au Rwanda et en Ouganda qui avaient accédé aux postes de commandement militaire  sont aujourd’hui morts, souvent de mort mystérieuse : accident de circulation, assassinat, etc.
 
D’autres sources concordantes parlent de la vente des terrains par certains chefs coutumiers corrompus. Plusieurs conflits terriens du moment seraient aussi du à cette montée exponentielle  des enchères  par les collabos des rwandais. Les chefs coutumiers retrouvés morts ces derniers temps seraient parmi ceux qui auraient refusé de se prêter à cet exercice diabolique de bradage du territoire national.
 
Les congolais doivent ainsi ouvrir l’œil et le bon car  l’épée de Damoclès est suspendue sur notre coup ! Méfions-nous des faux-fuyants politiques ( remaniement, affaire Jean-Pierre Bemba, Muzito) dont le seul but est de nous distraire pendant que l’occupation effective de l’est du pays se met en place dans la douleur, la violation grave des droits humains fondamentaux des congolais !

Source: http://www.benilubero.com

19 juin 2009

Aide aux civils des Kivus: Appel à la collecte de 38 millions de dollars

La communauté humanitaire a lancé, mercredi, un appel à contribution de 38 millions de dollars américains afin de venir en aide à près d'un million de civils dont les conditions de vie déjà précaires se sont détériorées ces derniers mois à la suite d'attaques armées et des opérations militaires à l'Est de la République Démocratique du Congo.

«Ces fonds permettront d'aider les populations vivant principalement dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu où 800.000 personnes se sont déplacées à l'intérieur du pays depuis le début de l'année», a annoncé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'Onu (OCHA) dans un communiqué rendu public à New York, indiquant que les femmes et les enfants sont les premières victimes.

Au Nord Kivu, plusieurs semaines d'opérations militaire et d'instabilité ont engendré une situation humanitaire précaire caractérisée par les déplacements massifs de populations, tueries, actes de violences sexuelles, absence de protection et autres violations des droits de l'homme, relève la même source.

La destruction des écoles, la détérioration des systèmes d'approvisionnement en eau potable et des systèmes de santé, et la faible prise en charge des cas de violence sexuelle se sont accentuées et nécessitent aujourd'hui des nouveaux financements, ajoute l'OCHA.

Quelque 23 millions de dollars sont ainsi requis pour, entre autres, l'éducation, la logistique, les besoins non alimentaires, la protection, l'eau et l'assainissement, souligne l'OCHA.

La situation au Sud-Kivu est un reflet de celle du voisin du nord où les besoins humanitaires sont estimés à 15 millions de dollars, poursuit l'agence onusienne indiquant que plus 1100 cas de viol ont été enregistrés pendant les trois premiers mois de l'année 2009, un chiffre qui représente plus de la moitié des cas enregistrés dans la province en 2008, alors que plus de 350 000 personnes ont été contraintes d'abandonner leurs maisons et que des milliers d'enfants ont délaissé les bancs d'école.

Parallèlement à cet appel de fonds, la communauté humanitaire a également appelé, selon l'OCHA, à une meilleure protection, exhortant les autorités congolaises à améliorer la protection des civils et celle des travailleurs humanitaires.

Pour l'OCHA, les combattants des groupes armés tels les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et l'Armée de résistance du seigneur (LRA), et les soldats des Forces armées de la RDC (FARDC) sont à l'origine de cette crise.

www.irwanda1.com

24 mai 2009

Congo-Kinshasa: L'opération conjointe RDC-Rwanda a échoué

C'est un véritable pavé dans la mare que vient de lancer un groupe d'experts de l'ONU dans un avant-projet de rapport qu'il se prépare à présenter au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Un rapport qui risque de faire très mal et de bousculer pas mal de certitudes et de positions acquises. « Les rebelles rwandais des Fdlr installés dans l'Est de la RDC ont repris le contrôle des mines d'or dans la province du Nord-Kivu, jetant le doute sur le succès de l'offensive militaire conjointe Rwanda-RDC », lit-on dans ce rapport. Un rapport qui ajoute, pour plus de précision, que « l'opération conjointe n'a pas réussi à briser les Fdlr dont l'appareil de commandement et de contrôle est resté intact ». Cet avant-projet de rapport, dont les extraits sont parvenus à la presse, est rendu public au moment où une délégation du Conseil de sécurité effectue une visite en République démocratique du Congo dans l'objectif, justement, d'évaluer le succès de l'offensive conjointe. Des fonctionnaires de l'ONU ont confirmé l'authenticité de ce rapport, indiquant que les Fdlr continuent effectivement de contrôler plusieurs sites miniers de cassitérite dans le Sud-Kivu, lesquels n'avaient pas été identifiés par le groupe d'experts en 2008. Selon les mêmes fonctionnaires, les rebelles rwandais ont remis la main sur une importante mine d'or située à l'ouest de Lubero d'où ils avaient été chassés lors des opérations conjointes.

 

Des millions de dollars Rappelons que ces opérations conjointes, lancées en janvier dernier avec l'appui de l'armée rwandaise, avaient ciblé les camps et localités occupés par la rébellion rwandaise sur le territoire congolais, suscitant en retour de violentes représailles contre les populations civiles. Les Fardc ont continué à faire face à cette vague de violence, envisageant même une deuxième offensive contre les rebelles rwandais. Preuve du retour de la violence, alors que la délégation du Conseil de sécurité séjournait déjà dans notre pays, les Fardc soutenues par des éléments de la Monuc ont repoussé, dans la nuit de lundi à mardi, une attaque des Fdlr sur Nyabiondo, localité située à environ 55 kilomètres au nord-ouest de Goma, a indiqué Jérôme Monobo, président de la société civile de Nyabiondo. Il a ajouté que la population avait fui pour se réfugier dans la forêt. Le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich n'a pas été en mesure de confirmer l'attaque sur Nyabiondo.

Il a toutefois admis que ces attaques étaient régulières, avant de nuancer qu'à son avis, les Fdlr n'étaient pas capables de regagner les importantes localités économiques qu'elles avaient perdues en début d'année. « Les opérations militaires ont été lancées pour mettre fin aux violences contre les civils et non pour donner cours à des représailles mortelles », a pour sa part condamné, lundi dans un communiqué publié sur internet Anneke Van Woundeberg de Human Rights Watch. Ce dernier envisage désormais le pire maintenant que l'offensive est appelée à s'étendre sur le territoire du Sud-Kivu. Selon un rapport des enquêteurs de l'ONU daté de décembre dernier, l'or, la cassitérite et le coltan rapportent plusieurs millions de dollars par an aux Fdlr. Le CNDP tirerait aussi jusqu'à 250.000 dollars par mois, signale le même rapport, des taxes prélevées dans plusieurs localités de la province du Nord-Kivu.

Dans un communiqué rendu public lundi sur le web, les Fdlr persistent et signent qu'ils sont disposés à rentrer au Rwanda, à condition qu'ils y jouent un rôle politique. Ils expliquent que le problème à la base de leur présence en RDC est politique, et qu'il ne peut être résolu qu'à travers un dialogue franc et direct entre les différents acteurs rwandais.

Source: Le Phare via http://fr.allafrica.com

22 mai 2009

Les Nations unies demandent au Congo d'arrêter des officiers

Le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé au gouvernement de la R.D. Congo d'enquêter et d'arrêter cinq officiers de haut rang de l'armée congolaise, accusés d'avoir commis des atrocités.

Les cinq gradés ont rejoint les rangs de l'armée nationale après avoir quitté un groupe rebelle, dans le cadre d'un accord de paix.

L'ONU n'a pas donné de détails sur les méfaits commis, mais des groupes de défense des droits de l'Homme évoquent des viols, des vols et des meurtres de civils au cours des derniers mois.

L'ambassadeur de France à L'ONU, Jean-Maurice Ripert, a précisé que le gouvernement congolais était maintenant informé des noms des personnes que l'organisation souhaite voir poursuivis et arrêtés. Le gouvernement de Kinshasa a donné des assurances "encourageantes" selon l'ambassadeur.

La professionnalisation de l'armée congolaise, préalable à sa réduction, et l'amélioration du fonctionnement de la justice et de la police du pays sont des objectifs que le Conseil voudraient voir progresser. Sous-payée et mal encadrée, l'armée a la réputation de malmener les populations qu'elle est censée protéger.

Human Rights Watch attribue aux forces régulières congolaises 143 viols commis dans le Nord Kivu depuis janvier, près de la moitié des 250 cas référencés par l'ONG. "Des femmes ont été emmenées comme esclaves sexuelles par les soldats et retenues dans les cantonnements" selon l'organisation. L'armée aurait tué au moins 19 civils durant cette période.
 
Source: Associated Press
http://www.ap.org/francais/

Vendredi 16 janvier 2009

Les FDLR fustigent le recours à la force contre eux


                     
Callixte Mbarushimana  (au centre), secrétaire exécutif des FDLR   
                             Photo courtesy of Jon Swain


Les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), basés dans l'est de la RDC, ont fustigé mercredi la décision de Kinshasa de procéder à leur désarmement forcé, estimant que "le temps de l'usage de la force était révolu" et appelant à la tenue rapide d'un "dialogue inter-rwandais".

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda "condamnent toute déclaration guerrièrepour résoudre des problèmes politiques: pour la résolution du problème politique rwandais, le dialogue inter-rwandais ne doit pas continuer à être un tabou", a indiqué le secrétaire exécutif des FDLR, Callixte Mbarushimana.

Kinshasa a annoncé mardi avoir "pris l'option de faire procéder au désarmement forcé des FDLR et d'autres groupes armés par les FARDC (les Forces armées de RDC)".

"Les FDLR restent convaincues que la neutralisation de leurs forces ne peut en aucun cas résoudre le problème politique rwandais, encore moins la crise qui ravage la région des Grands Lacs africains", poursuivent les FDLR.

"Les FDLR restent convaincues que le temps de l'usage de la force pour résoudre un problème politique est révolu et invitent le gouvernement congolais et le régime rwandais à renoncer définitivement au langage guerrier".

Les rebelles hutu rwandais demandent "à la communauté internationale de ne pas soutenir les solutions belliqueuses au problème politique rwandais mais d'oeuvrer plutôt à la tenue d'un dialogue inter-rwandais dans les meilleurs délais".

La présence des FDLR dans l'est, notamment dans la province du Nord-Kivu, est l'un des gros points de discorde entre Kigali et Kinshasa. Le Rwanda reproche notamment à son voisin de ménager les FDLR et de les utiliser comme supplétifs des FARDC, l'armée gouvernementale congolaise.

Les FDLR, qui comptent dans leurs rangs des auteurs du génocide anti-tutsi au Rwanda en 1994, mais qui sont aussi renforcées par de jeunes Hutus fuyant le régime de Kigali dominé par les Tutsis, sont estimés à environ 6.000 par la mission des Nations Unies en RDC (MONUC).

Le général Bosco Ntaganda, chef d'état-major du CNDP, avait affirmé le 8 janvier à la presse que son mouvement souhaitait participer aux côtés des armées congolaise et rwandaise à la traque des FDLR.

M. Ntaganda a également affirmé le 5 janvier avoir démis de ses fonctions le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, en raison de son "mauvais leadership", provoquant une crise ouverte à la tête du mouvement rebelle, dont l'une des principales revendications est la neutralisation des FDLR. (Belga)

Source: www.rtbf.be

28 juillet 2009

Révélations : "Il n’y a plus des Fardc Congolais au N/Kivu"

Selon le Major M. J. du FPC-Lafontaine, qui a requis l’anonymat car recherché par la coalition Fardc-Monuc, « il n’y a plus des Fardc congolais au Nord-Kivu ». Toute la Province du Nord-Kivu est déjà livrée aux ex-miliciens du CNDP, renforcés par des milliers des mercenaires rwandais, ougandais, et des instructeurs militaires noirs américains entrés massivement au Nord-Kivu lors de l’opération militaire Umoja Wetu.  Ce qu’on appelle aujourd’hui Fardc au Nord-Kivu c’est tout simplement le CNDP de Nkunda. (NDLR : Si cette déclaration est vraie pour les commandants de l’armée, elle n’est pas vraie pour les troupes car on trouve encore des soldats congolais d’origine dans certaines villes du Nord-Kivu).
 
Tous les Fardc congolais qu’on appelait loyalistes (Ndlr : entendez par là les commandants des loyalistes)  auraient déjà tous été mutés sur ordre de Kinshasa à Kananga et à Kamina.
 
Au plus fort de la guerre contre le CNDP, le Major M.J. a rappelé que Kinshasa avait retiré du front du Nord-Kivu tous les commandants haut-gradés qui donnaient du fil à retordre au CNDP. Le Major a aussi accusé la MONUC d’avoir joué un grand rôle dans l’occupation du Nord-Kivu par le CNDP en abusant de son rôle de médiateur et de suivi des accords de Goma de janvier 2008 ! La Monuc aurait profité de son rôle de médiateur pour faire une forte pression aux résistants congolais pour qu’ils aillent au brassage mais en laissant le CNDP occupé le terrain libéré par les résistants congolais partis au brassage.
 
A part la Monuc, le Major M.J. accuse Kinshasa de n’accéder qu’aux doléances de Tutsi et cela depuis le dialogue intercongolais. Les groupes armés congolais ont toujours été floués dans toutes les négociations de paix au Nord-Kivu. Le dernier fait qui a fait déborder le vase, est la nomination, après les accords d’Ihussi, de commandants militaires du CNDP à la tête de l’armée partout au Nord-Kivu et en Ituri (cas du Major BONANE de la Ville de BUNIA). Les Fardc issus des résistants congolais dont le Pareco-Aile Lafontaine, étaient non seulement impayés et mal équipés mais aussi n’avaient reçu aucun poste de commandement au sein de l’armée du Nord-Kivu. Il en est de même des résistants Mai-Mai de Nyaleke et de ceux qui sont à Kisangani qui ont tout simplement été écartés de la province du Nord-Kivu sous prétexte d’aller au brassage.
 
A plus de cet abandon qui frise un désarmement en douceur,  les Fardc issus du CNDP sous la houlette des commandants Tutsi ont été coupables des violations des droits humains dans les territoires d’origine des résistants congolais ! La sommation de tous ces griefs et surtout l’arrogance des Fardc issus du CNDP qui crient victoire sur la résistance congolaise chaque fois qu’ils en ont l’occasion,  est, selon le Major M.J.,  ce qui est à l’origine des désertions actuelles des camps de brassage ainsi que de brigades opérationnelles au Nord-Kivu vers le maquis.
 
Pour le Major M.J. la R.D.Congo  est retourné à la case de départ. Le blocage au processus de paix au Nord-Kivu vient toujours, selon le Major M.J., d’une ethnie qui s’appelle Tutsi dont la seule ambition est l’occupation des terres du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
 
Le Major M.J. reconnait cependant que la situation actuelle est à l’avantage du CNDP renforcé par des milliers des militaires rwandais, ougandais, et noirs américains qui contrôlent la totalité de la Province qu’ils avaient revendiquée à Ihussi, à savoir, une province qui comprendrait les territoires de Rutshuru et de Masisi. Avec l’abandon total du Nord-Kivu par Kinshasa et le concours de la complicité avérée de la Monuc, la ville de Goma ainsi que les trois territoires restants ( Beni, Lubero, Walikale)  peuvent tomber comme des fruits mûrs à tout moment !  Pour empêcher que cela ne se produise, le FPC-Lafontaine ainsi que d’autres résistants Mai-Mai se réorganisent cette fois-ci pour combattre trois ennemis, à savoir : le CNDP et ses mercenaires, le régime de Joseph Kabila, et la Monuc.  
 
Le Major M.J. prend la déclaration du Gouverneur Julien Paluku à propos du FPC de Lafontaine comme un signe que le Gouverneur est déjà sous tutelle des rwandais, car dit-il, le Gouverneur  Julien Paluku ne peut, en âme et conscience, déclaré « ennemi de la République » celui qui défend son territoire d’origine contre des tueurs et des bandits…
 
A la question de savoir si le FPC-Lafontaine a des moyens pour combattre les trois ennemis susmentionnés, le Major M.J. a répondu que ce ne sont pas les moyens qui combattent mais la détermination de lutter pour une cause juste. Selon le Major M.J., la lutte qui va commencer ne s’arrêtera pas au Nord-Kivu mais gagnera toute la République Démocratique du Congo qui a déjà tant souffert et pour rien. L’occupation par le CNDP d’une partie du territoire national c’est ce dont les congolais ont besoin pour se soulever contre le régime actuel de Kinshasa et pour accomplir le rêve de Mzee Laurent Désiré Kabila, à savoir, « ramener la guerre d’où elle est venue ».
 
D’après le Major M.J. la suspension du CNDP du comité de suivi des accords d’Ihussi telle que diffusée ce mardi 21 juillet 2009 par des radios périphériques est une préparation de l’annonce de la sécession des territoires convoités par les Tutsi et déjà occupés militairement par eux, des territoires où la Monuc (NDRL : le UNHCR) complice de l’occupation du Nord-Kivu attend introduire une colonie de peuplement de Tutsi dont le nombre annoncé et que personne ne peut vérifier s’élèverait à 500 000 colons Tutsi en provenance du Rwanda, du Burundi, de la Tanzanie et de l’Ouganda.
 
A l’heure qu’il est, il n’y a que la résistance congolaise dont le FPC-Lafontaine, le Pareco, les Mai-Mai de Vurondo, etc. qui lutte pour faire échec à ce plan d’occupation du Nord-Kivu par les Tutsi. Ceci expliquerait la chasse à l’homme dont Kakule Lafontaine ainsi que ses associés font l’objet.
 
A la question de savoir où sont passés les FDLR, le Major M.J. a répondu qu’il y a trois sortes des FDLR, à savoir les FDLR création de Paul Kagame qui sont une partie du CNDP, les FDLR résidus de l’ex-armée de Juvénal Habyarimana et accusés du génocide de 1994 au Rwanda, et les FDLR qui ont grandit au Congo où ils avaient pris refuge en 1994 et qui ne savent rien du Rwanda ni du génocide de 1994 car ils étaient trop jeunes. Ce sont ces derniers qui sont les alliés du FPC-Lafontaine
 
Selon le Major M.J. toutes les opérations militaires conjointes qui se succèdent au Nord et au Sud-Kivu n’ont fait que repousser les vrais FDLR dans les forêts, laissant intacte leur force militaire. Les Opérations militaires conjointes avaient comme premier but d’occuper le terrain abandonné par les militaires loyalistes de Kinshasa. D’après le Major M.J. ce geste de trahison de Joseph Kabila, lui a valu un rapprochement avec Kigali et Kampala. Les Fardc issus du CNDP occupent aujourd’hui ce territoire abandonné par l’armée congolaise. Pour y préparer l’arrivée des colons Tutsi, la branche « FDLR » du CNDP est celle qui est responsable des massacres des populations, des assassinats, des incendies des maisons, etc. Les vrais FDLR qui sont dans les forêts à 3 jours de marche à pieds ne peuvent pas incendier des maisons à Kanyabayonga ou à Kirumba, des cités très militarisées par les Fardc issus du CNDP ! Une des raisons du retrait du FPC de Lafontaine des accords de paix de Goma c’est effectivement la découverte de ce grand mensonge contre les FDLR et surtout les attaques des éléments issus des mouvements de résistants congolais  qui étaient déployés dans les mêmes cités aux côtés des Fardc issus du CNDP. Le FPC de Lafontaine a voulu mettre fin au mensonge qui faisait porter la responsabilité des violations massives des droits humains commises par les Tutsi aux FDLR ou aux Fardc congolais, faisant apparaitre aux yeux du monde le génocide congolais comme une question congolo-congolaise, ce qui est inacceptable.
 
Le Major M.J. fait remarquer que certains rapports actuels de l’ONU sur la situation en R.D. Congo  entretiennent cette confusion sur l’identité de ceux qui y commettent aujourd’hui des crimes contre l’humanité. Ainsi par exemple, tous les crimes contre l’humanité commis ces derniers temps par les Fardc issus du CNDP, sont attribués sans aucune nuance aux  FDLR ou Fardc ou militaires congolais impayés, indisciplinés, pas bien formés, etc. Au dernier conseil de securité de l’ONU, une demande a été faite pour renforcer la capacité de la MONUC en R.D.Congo afin de suppléer aux faiblesses des militaires congolais. D’après le Major M.J. toute aide internationale à la MONUC servirait à la matérialisation du plan d’occupation du Nord-Kivu, à la formation de l’armée des colons Tutsi, etc. La guerre finale contre les vrais FDLR et les résistants congolais qui continueront à s’opposer à ce plan d’occupation n’est pas non plus à exclure de l’agenda de la MONUC et des grandes puissances qui financent l’occupation du Nord-Kivu. Le FPC-Lafontaine voudrait reveler ce mensonge entretenu sur l’identité de ceux qui commettent actuellement les crimes contre l’humanité contre les populations civiles innocentes. Les coupables des assassinats et des incendies des maisons sont les anciens miliciens du CNDP de Nkunda et non les militaires congolais loyalistes ni les FDLR qui sont à trois jours à pieds de villages victimes.
 
Le Major M.J. attire aussi l’attention des congolais sur la dernière réunion du CEPGL de Goma pour la réunification des services de securité des pays membres.  Selon le Major M.J. cette réunion n’avait d’autre but que d’expliquer l’entrée au Congo des nouveaux contingents militaires rwandais ou burundais sous prétexte de patrouille commune aux frontières mais en réalité pour prêter main forte aux opérations d’installation des colons Tutsi !  
 
A la question de savoir si le FPC de Lafontaine n’est pas pour la paix par la collaboration entre les pays de la CEPGL, le Major M.J a répondu que leur parti politique a toujours été pour la paix et la réconciliation nationales et avec les pays de la région des Grands Lacs. Mais l’expérience de 13 dernières années démontre que les Tutsi ne veulent pas de la réconciliation avec les FDLR ni avec les congolais, mais qu’ils cherchent tout simplement à se tailler un territoire avec l’aide de la Monuc et la complicité du régime de Joseph Kabila. C’est à cause de cette mauvaise foi dans les négociations de paix que notre parti a choisi le langage fort des armes.  
 
Pour finir notre entretien, nous avons demandé au Major M.J. son message aux congolais qu’il veut défendre. Pour répondre à notre question, le Major M.J. a lancé un appel aux députés provinciaux et nationaux originaires de l’Est ainsi qu’aux  gouverneurs des provinces concernées de cesser d’être hypocrites mais de prendre leur courage en mains pour tirer au clair l’occupation honteuse de l’Est de la R.D. Congo qui fait des congolais des aveugles qu’on peut mener par la bride et le mors là où l’on veut par des mensonges cousus du fil blanc. Le Major M.J. demande que l’action des élus ainsi que du peuple congolais ne se limite plus à la dénonciation verbeuse ou la rédaction des memoranda qu’on envoie par la suite aux bourreaux ou ceux qui les soutiennent.  La seule instance suprême qui vaille la peine d’être informée aujourd’hui c’est le peuple congolais dont la force sauvera la R.D. Congo.  Le Major M.J. invite tous les congolais à se joindre à l’action des résistants par des actions concrètes contre tous les ennemis de la paix en R.D. Congo, en commençant par le régime actuel de Kinshasa  qui affaiblit intentionnellement les institutions de l’Etat pour donner l’avantage aux ennemis du peuple congolais.
Source: http://www.benilubero.com

Souvenez-vous.

Allan Quatermain et les mines du roi Salomon. Un film américain d'aventure  de J. Thompson sorti le 26 février 1986. Une fiction qui colle aux présents événements tragiques du Kivu.

 

Scénario:

Un éminent archéologue, le professeur Huston, vient d'être enlevé alors qu'il était sur le point de découvrir l'emplacement du fabuleux trésor du roi Salomon. Sa fille, la délurée et ravissante Jessie (Sharon Stone), fait appel à un chasseur Allan Quatermain (Richard Chamberlain) pour le retrouver. Bien vite, la piste qu'ils suivent les mène à Tongola, repère de brigands, marché d'esclaves mais aussi refuge de cannibales, où se trouvent les deux brutes responsables de l'enlèvement : le chef turc Dogati et le stupide officier allemand Bockner.
Voir les photos du film en cliquant sur le lien ci-dessous:
http://www.toutlecine.com/images/film/0012/00121577-allan-quatermain-et-les-mines-du-roi-salomon.html

 

17 juillet 2009

RDCongo: les rebelles rwandais nient avoir attaqué des troupes onusiennes

NAIROBI (AFP) - Les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) basés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) ont nié mercredi avoir attaqué lundi une base de la force de l'ONU en RDC (Monuc), dans un communiqué.


Dans ce texte en français daté de Paris, l'organisation politico-militaire rwandaise "rejette catégoriquement les déclarations mensongères faites par le
porte-parole de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, selon lesquelles les FDLR auraient attaqué lundi à l'arme légère et à la roquette une base de la Monuc, blessant par balle un Casque bleu".

Selon le colonel Dietrich, des Casques bleus pakistanais basés à Mwenga, à 90 km au sud-est de Bukavu dans le Sud-Kivu (est), ont été attaqués lundi à la mi- journée par des combattants des FDLR
"La vérité est que les éléments de la coalition" des armées rwandaise et congolaise "ont attaqué les FDLR dans les localités de Ngando, Iganda, Mwenga et Kasika, que les FDLR se sont défendues et que la coalition a subi d'énormes pertes (...) malgré l'appui substantiel de la Monuc", affirme la rébellion dans le communuiqué signé de son secrétaire exécutif, Callixte Mbarushimana.

Certains des rebelles hutu rwandais, dont le nombre est estimé entre 5.000 et 6.000 combattants, ont participé au génocide de 1994 au Rwanda contre les Tutsi. Ils se sont ensuite installés dans l'est de la RDC, une des régions les plus instables du pays.

2 août 2009

Lubero : Le village d’ITILI incendié par les rwandais des FARDC

Dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juillet 2009, c’était le tour du village ITILI à connaître son baptême du feu rwandais. Bilan : Plusieurs personnes brulées quand elles sauvaient leurs enfants et leurs biens de valeur du feu, 14 maisons réduites en cendres, plus d’une cinquantaine endommagées, tous les biens des populations partis en fumée, etc.
 
 

Le village d'ITILI est situé à 9 km de Kitsumbiro, 12 km de Lubango. L’attaque nocturne qui ressemble au « Kristalnacht" (1), des juifs par les Nazi sous Hitler a eu lieu à 1 heure du matin, heure locale. Comme le village d’Itili se trouve entre plusieurs collines, c’est un veilleur de nuit d’une colline qui a été le premier à voir le début du Kristalnacht d’Itili. Du coup, les habitants des collines sont descendus vers Itili pour secourir et réveiller les victimes. Selon les victimes d’Itili, la descente en masse des habitants des collines aurait fait fuir les militaires rwandais tenus pour responsables des incendies. N’eut été le secours des habitants des collines, tout ITILI aurait été réduit en cendres.


L’attaque d’ITILI ravive le soupçon des mobiles économiques derrière les incendies du Nord-Kivu. En effet, tout indique que les incendies déplorées depuis le dépit de l’année 2009 et qui ont déjà détruit plus de 3 000 maisons ne se font pas au hasard. Les villages victimes sont ceux qui, depuis la colonisation belge, étaient reconnus comme possédant de l’or ou d’autres minerais dans leur sous-sol. Le village d’ITILI est un de ces villages en or depuis la colonisation belge. On y trouve encore quelques mines d'or exploitées de manière artisanale. Les bâtiments en briques qu’on trouve à ITILI et qui datent de l’époque coloniale belge en sont une preuve.
 
 

Nous rappelons qu’il ne se passe un jour sans qu’on entende parler d’un village incendié par des militaires en uniforme des Fardc et parlant kinyarwanda. Quand est-ce que trop sera trop pour que les autorités territoriales et provinciales prennent des mesures pour arrêter cette tragédie humaine ?
 

Le silence de la communauté internationale est significatif. On se rappelle que ce silence avait commencé quand la Monuc ainsi que les Fardc avaient fait savoir aux ONG nationales et internationales qu’elles ne pouvaient plus assurer leur sécurité dans les zones difficiles. Depuis lors on assiste à l’attaque des humanitaires qui continuent de travailler dans les conditions difficiles. La coupure du signal de RFI dans la région est le dernier acte de cette conspiration du silence. Silence on tue ! Silence on incendie les maisons ! Silence on fait entrer les rwandais à Rubare !
 

C’est aux congolais eux-mêmes de rompre ce silence ! Comme le recommandait l’éditorialiste Mathe, les églises qui sont toutes rattachées à des réseaux plus larges doivent sortir de leur silence actuel pour exiger la fin du génocide silencieux qui se déroule en silence à l’Est de la R.D. Congo! C’est aujourd’hui le temps d’être prophète, martyr, témoin, …car la vie sous toutes ses formes est menacée par des forces du mal !

Source: http://www.benilubero.com

(1) Le Kristalnacht veut dire littéralement “ la nuit des vitres brisées”, une forme de terrorisme que les soldats d’Hitler utilisaient pour chasser les juifs de l’Allemagne. Au cours de ces nuits des vitres brisées, les maisons des juifs étaient saccagées, incendiées et leurs habitants étaient envoyés dans des camps de concentration où ils étaient réduits en esclaves avant d’être exécuté. L’ironie des nuits d’incendies à l’Est du Congo est que les Tutsi qui commettent ces crimes sont des survivants d’un génocide et sont soutenus, entre autres, dans leur sale besogne, selon le rapport de l’ONU, par des firmes juives intéressées par les ressources minières de l’Est du Congo ! C’est donc l’histoire des rescapés impitoyables qui une fois au soleil du pouvoir font pire que leurs bourreaux !
17 août 2009

 « Les FDLR recyclés au Rwanda »

                                     

De gauche à droite, le lieutenant-général John Numbi, commandant de l'opération Umoja wetu, Kimbembe Mazunga, le général de brigade Jérome Ngendahimana, "FDLR  recyclé au Rwanda", commandant-adjoint de l'opération, et le colonel  Augustin Mamba, lors de la très médiatique opération conjointe rwando-congolaise pour traquer les FDLR qui s'est terminée en queue de poisson.
Photo: The New Times
 


 Les Internautes Congolais mettent une telle quantité de textes à notre disposition qu’il peut devenir assez difficile d’en apprécier la qualité. Mais surtout d’en cibler les plus significatifs pour notre devenir commun. Dans cet ordre d’idées, il nous semble que le « Mémorandum du caucus des députés nationaux de la province du Sud-Kivu à la Secrétaire d’Etat Américaine des Affaires Etrangères de passage en République Démocratique du Congo » risque de passer inaperçu. Et pourtant, une lecture calme de ce mémo soulève des questions dont dépend notre présent et notre futur.
 
S’adressant à Mme Clinton, les députés du Sud-Kivu notent : « Aussi, pouvons-nous, au jour d’aujourd’hui, vous confirmer que la partie orientale de la RD Congo est devenue un oasis d’extermination des populations innocentes sans défense et sans assistance aucune, en présence d’une armée sélectivement constituée des bourreaux en ce compris des anciens FDLR rapatriés au Rwanda, y recyclés puis renvoyés au sein du CNDP pour leur incorporation dans les FARDC ». (Nous soulignons)
 
Cette phrase vient confirmer ce que plusieurs d’entre nous savent : il n’y a plus de problème réel entre le Rwanda de Paul Kagame et les FDLR. Elles sont l’une de ses branches armées pour piller le Congo. D’où son souci de les recycler. Cette phrase affirme que les FDLR, le CNDP, c’est blanc bonnet bonnet blanc. Mais ce qui est grave est que par la ruse de Paul Kagame et de Joseph Kabila, « les FDLR recyclés » soient incorporés dans les FARDC. Kagame et Kabila multiplie les chevaux de Troie ! Pourquoi ? Le texte répond : « Une guerre d’usure est savamment entretenue et minutieusement alimentée pour le pillage de nos ressources, le dépeuplement des territoires concernés par cette guerre et très bientôt leur balkanisation ». (Nous soulignons) Donc, lentement mais sûrement, l’armée congolaise se rwandanise. Le plan de la colonisation du Congo est en marche. La guerre d’usure le sert.
 
Si elle prend fin officiellement demain, elle se poursuivra officieusement à travers les bourreaux de nos populations recyclés au Rwanda et incorporés dans les FARDC avec la bénédiction de Joseph Kabila et celle du gouvernement Muzito.
 
En échangeant avec l’un ou l’autre député signataire de ce mémo, il est apparu que le départ de Vital Kamerhe de la présidence de l’Assemblée nationale avait pour but d’évacuer du débat ce processus d’incorporation des démobilisés de l’armée rwandaise et des « FDLR recyclés » dans l’armée congolaise. D’ailleurs, Kamerhe déchu le débat sur l’opération Umoja wetu n’a plus eu lieu au sein de l’Assemblée nationale. Toute possibilité d’une motion de défiance à l’endroit de l’exécutif fut ainsi écartée. Soit !
 
Il serait important que ceux des compatriotes qui n’ont pas lu ce mémo le fasse afin que nous ne puissions pas dire demain que nous n’étions pas avertis. Deux des signataires de ce mémo, Kanyegere Lwaboshi Samuel et Bitakwira Bihona-Hayi Justin, sont interdits de sortir du territoire national.
 
Nous cherchons à avoir la liste des « FDLR recyclés au Rwanda», déversés dans notre armée et menant l’opération Kimia II. Dès que possible, nous la mettrons à la disposition de nos lecteurs. 

Commentaire de J.-P. Mbelu. Lire le Memorandum des députés du Sud Kivu sur le lien ci-dessous:
http://www.benilubero.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1579&Itemid=2
 








24 mars 2009



Les attaques des FDLR provoquent de vives tensions à l'Est de la RDC

Moins d'un mois après la fin de l'opération militaire congolo-rwandaise contre les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), de nouvelles attaques de ces rebelles sont signalées dans l'est de la République démocratique du Congo. Selon le Haut commissariat aux réfugiés, elles auraient provoqué la fuite de 30 000 civils, essentiellement dans le territoire de Lubero, au nord du Kivu.

Ces deux dernières semaines, trente mille villageois selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) ont fui les exactions des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Les rebelles hutus rwandais se vengent sur la population
après avoir été la cible en début d’année d’une opération militaire rwando-congolaise.

Le HCR se dit préoccupé par cette situation qui ralentit son travail d’assistance aux populations déplacées dans la région. La société civile du Nord-Kivu de son côté parle « d’une situation catastrophique ». L’armée congolaise déployée sur place n’arrive pas à contrôler les différents groupes rebelles FDLR éparpillés dans l’ensemble de la province.

Selon le président de la société civile du Nord-Kivu, les FDLR sont revenus à Walikale. Ils sont aussi présents à Lubero et aux portes du Butembo, territoires qu’ils ne contrôlaient pas avant l’opération conjointe. Jason Luneno demande donc aux autorités congolaises de redoubler de vigilance, ceci afin de contrer les FDLR qui tentent de se réorganiser dans la province du Nord-Kivu.

Source:http://www.rfi.fr

25 août 2009

Les Américains auraient-ils décidé de tourner la page  Museveni?

Avec le retour d'Olala Otunnu après 23 ans d'exil aux Etats Unis d'Amérique, le président ougandais Yoweri Museveni aura un adversaire de taille lors des prochaines élections présidentielles en Ouganda en 2011. Accueilli par les chefs traditionnels à son arrivée à l'aéroport international d'Entebbé samedi 22 août, le leader du Congrès du people ougandais (UPC) a annoncé la couleur. Il a dénoncé l'invasion de la RDC par l'Ouganda, la politique intérieure et la corruption de la clique au pouvoir à Kampala. Un discours qui va dans le sens de la nouvelle politique africaine de Barack Obama.

Avocat de formation des universités d'Oxford au Royaume Uni et Harvard aux Etats Unis, Olala Otunnu a été  ambassadeur de son pays aux Nations Unies et ministre des affaires étrangères de Milton Obote, premier président de l'Ouganda mort en exil en Zambie. Au siège de l'UPC où il s'est rendu après son arrivée à Entebbé, il a été acceuilli par la veuve d'Obote qui a été chassé du pouvoir par Yoweri Museveni aidé par  les Rwandais dont Fred Rwigema et Paul Kagame.  L'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU a fui l'Ouganda après la prise de pouvoir de Museveni en 1986 pour se réfugier aux Etas Unis d'Amérique. Le gouvernement ougandais avait toujours refusé son retour dans son pays natal. Il est rentré triomphalement en Ouganda sans passeport sous bonne escorte policière.
 
Après 23 ans de règne sans partage, l'indétronable Yower Museveni qui a lâché ses soldats à l'assaut du Rwanda en provoquant la mort de milliers de personnes a des soucis à se faire. Il n'est plus le leader dans la région des Grands Lacs et les Etats Unis veulent du sang neuf.

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20 août 2009

Trois chefs coutumiers abattus par les rwandais au Sud-Lubero
 
En date du 12/08/2009, 3 chefs coutumiers ont été abattu par balles et leurs corps calcinés par des rwandais portant l’uniforme FARDC dans la localité de KAKUNE à 40 km de la cité de Kirumba en passant par Miriki, au sud du territoire de Lubero. Il s’agit de Bami suivants :
1. Mwami Laurent MASITOLA,
2. Mwami MATATA
3. Mwami KALISYA
En effet, avec la vague des incendies des villages au sud de Lubero dont l’objectif est désormais connu, à savoir exterminer les populations congolaises du Nord-Kivu, les trois chefs coutumiers ci-dessus avaient entamé une campagne de sensibilisation de leurs populations pour la résistance à l’occupation rwandaise. Les chefs ci-dessus étaient entrain de faire écrire à leurs fils et petits fils l’histoire de la localité de Kanune où depuis Adam et Eve, il n’y a jamais eu des rwandais, hutu, tutsi, etc. Aucun rwandais ne peut prendre qu’il est originaire de Kanune. La consigne des chefs à leurs populations pourchassées par les militaires rwandais anciens du CNDP, était de ne jamais fuir très loin du village incendié et d’utiliser les bâches des ONG pour se réinstaller au village. Cette consigne était suivie à la lettre par les populations de Kanune qui ne sait plus à quel saint se vouer.
Pendant cette campagne qui était devenue la plus grande occupation du village car personne n’ose s’aventurer dans les champs qui sont pour la plupart devenus des repères des tueurs rwandais, ceux qu’on appelle force de l’ordre faisaient la patrouille au village et visitaient même les chefs coutumiers chez eux. Le jour de l’attaque, les patrouilleurs étaient absents de leur poste de garde de Kanune. Certains villageois disent que certains patrouilleurs étaient parmi les assaillants à cause de la reconnaissance parfaite des maisons de trois cibles du jour, à savoir, les chefs coutumiers.
 
Les trois assassinats simultanés ont eu lieu au milieu de la nuit vers 2 h00 du matin heure locale. Les assaillants faisaient sortir un à un chacun des trois chefs de la localité de Kanune. Le premier chef, notamment Masitola avait voulu se défendre mais les assaillants étaient trop nombreux. Ils l’ont descendu en tirant pêle-mêle sur lui. Il est tombé directement devant sa porte. Les deux autres chefs, à savoir Matata et Kalisya, ont eu une morte atroce telle que seuls les rwandais peuvent infliger à un être humain. Les bourreaux les ont d’abord torturés, les découpant à la machette membre par membre avant de les cribler des balles dans la tête et dans la poitrine. Comme si cela ne suffisait pas, les bourreaux ont trainé les restes de ces 3 corps vers une paillote sur laquelle ils ont mis du feu pour calciner leurs victimes.
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La méthode utilisée dans ce nième forfait au Sud de Lubero est celle de toutes les dictatures sanguinaires du monde, à savoir, faire des exécutions publiques pour semer la peur et la panique dans les esprits des survivants afin de les intimider et éventuellement les amener à la soumission. 
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Après leur forfait, les assaillants sont partis du village sans aucune précipitation comme s’ils étaient en mission de service. Et pourtant ce ne sont pas les services de sécurité qui manquent au pays! Ils ne sont jamais là au moment des attaques!
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On peut dire sans peur de se tromper qu’un génocide est en cours au Nord-Kivu. Le gouvernement congolais ne veut pas le reconnaitre et ne fait rien pour l’arrêter. La Monuc qui représente l’ONU en R.D. Congo est au courant mais ne veut rien faire. Qui parlera alors pour les victimes ? Plusieurs ONG avaient été chassés de la région pour couvrir le génocide en cours. La population ne sait plus à quel saint se vouer. Les élus de la région se taisent. Pourtant ils avaient promis de parler pour leurs électeurs ? Peut-être savent-ils qu’il n’y aura pas d’élection bientôt, le temps pour eux d’arrondir leurs émoluments! Mais le sang a beaucoup coulé au Nord-Kivu ! Il est temps que des nouveaux leaders se lèvent pour dénoncer le génocide des populations du Nord-Kivu et sauver ce qui peut être sauvé!

Source: http://www.benilubero.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1587&Itemid=2

Nous l'avions écrit en 2008

Du sang hutu coulerait dans les veines d'un leader du RCD Goma 

                                   
                                          Bizima Karaha

Brillant ministre des affaires etrangères de Laurent Désiré Kabila après la chute de Mobutu, ambassadeur de la RDC au Royaume Uni, membre fondateur du Rassemblement congolais pour la démocratie après repli des rwandophones à Goma chassés de Kinshasa, polyglotte et de formation médicale, Bizima Karaha aurait du sang mêlé.

Bizimana Karahamuheto de son vrai nom est né dans la commune Bwakira dans la préfecture de Kibuye.Son père Philippe Karahamuheto était sous-chef de Samurende.Il était marié à Musheshambugu qui lui a donné deux filles dont l'une serait l'épouse de l'ancien président du Rwanda Pasteur Bizimungu.Bizima Karaha est né d'une liaison extra-conjugale entre le sous-chef Philippe Karahamuheto et la femme du voisin qui s'appelait Sanduka, un couple hutu.Philippe qui était content d'avoir un fils, reconnut l'enfant et l'éleva au côté des ses deux filles.
 
Rongé par son sang rwandais, Bizima Karaha alors chef de la diplomatie de la RDC, convia la communauté congolaise de Belgique lors de son passage à Bruxelles non pas à l'ambassade du pays qu'il représentait mais bel et bien à l'ambassade du Rwanda.

Soixante pourcent des Rwandais auraient du sang mixte suite à des mariages inter-communautaires entre Hutu et Tutsi.

Correspondance particulière d'un ressortissant de Bwakira-Kibuye, 12/01/2008

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3 septembre 2009

Les mensonges du patron de la MONUC   
 

       
Alan Doss, réprésentant spécial du secrétaire général de l'ONU auprès de la mission des Nations Unies en RDC (MONUC). 

De nationalité britanique et très proche de Kigali, les déclarations d'Alan Doss aux Nations Unies sur l'anéantissement des FDLR et la LRA risquent de lui coûter très cher. Elles ont été démenties par les FDLR. La force de frappe des rebelles seraient encore intactes et les défections au sein de l'ex-CNDP viennent renforcer la rebellion qui devient de plus en plus populaire dans l'opinion congolaise.

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Laurent Nkunda sur les traces d'Idi Amin Dadda

Protégé par ceux qui pillent les richesses de la RDC, le renégat général Laurent Nkunda(batware) est entrain de poser des problèmes au Rwanda et en RDC. Personne n'en veut tellement il est sali même si il a fait le sale boulot qu'on lui a demandé de faire. Les Tutsis originaires de la RDC qui ont combattu à ces côtés dans les rangs du FPR ne veulent pas qu'il soit livré aux congolais. Même le président Joseph Kabila, ne veut pas qu'il soit jugé par les Congolais.

La RDC et le Rwanda veulent dont se débarrasser de cette patate chaude qui risque de leur exploser un jour en pleine figure. Une retraite dorée dans les pays du golfe serait en cours de discussion. Ironie de l'histoire, c'est dans un des pays du golfe que le criminel Idi Amin Dadda de l'Ouganda vient de finir ses jours. "Le dernier roi d'Ecosse" est mort en Arabie Saoudite sans avoir répondu de ces crimes parce que ceux qui l'ont installé au pouvoir ne voulaient pas qu'il les dénoncent. Qu'un criminel africain massacre les siens, les Occidentaux s'en foutent du moment qu'ils l'utilisent pour leurs intérêts.

Ancien chef et fondateur du CNDP qui combattait l'armée congolaise, Laurent Nkunda(batware) a été destitué par un autre criminel de guerre, le général Jean Bosco Ntaganda surnommé terminator pour sa cruauté, qui l'a livré aux Rwandais avant l'incorporation de ses troupes aux Forces armées de la RDC (FADRC).

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5 septembre 2009

Grégoire Ndahimana échangé contre Laurent Nkunda

La RDC n'aurait pas l'intention de livrer Grégoire Ndahimana au TPIR sans contre partie. L'ancien maire de la commune de Kivumu dans la préfecture de Kibuye ferait l'objet d'un chantage. Le gouvernement congolais voudrait l'échanger contre Laurent Nkunda en résidence "dorée" au Rwanda. Kigali refuse d'extrader en RDC son ancien pion sous prétexte qu'il n'aurait pas droit à un procès équitable dans un pays qui pratique encore la peine de mort.

Le TPIR va porter l'affaire devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour accuser la RDC de ne pas collaborer. Mais d'autres sources évoquent l'hypothèse d'une affaire d'argent. En effet, le gouvernement de Etats-Unis a promis une montant de 5 millions de dollars pourtout renseignement utile sur 13 génocidaires rwandais supposés encore présents en RDC. L'Ambassadeur des USA l'a annoncé à Kinshasa le 11 juin 2008 à la cérémonie de lancement du programme "Récompenses pour la justice." Grégoire Ndahimana figure sur cette liste dressée par le département d'état américain. Le gouvernement congolais voudraient récupérer cet argent avant de l'extrader en Tanzanie.

Arrêté au Nord Kivu le 11 août par les FARDC épaulées par la MONUC, l'extradition de monsieur Ndahimana à Arusha aurait dû avoir lieu dans les 72 heures suivant son arrestation selon la procédure normale. Il est toujours détenu en RDC. 

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20 septembre 2009

Deuil national au Burundi après l'attentat de Mogadiscio



Le général major Juvénal Niyoyunguruza, tué à Mogadiscio le 17 septembre.  Photo: http://cache.daylife.com

Le gouvernement burundais a décrété un deuil national de cinq jours après l'attentat de Mogadiscio qui a coûté la vie à neufs soldats burundais dont le général major Juvénal Niyoyunguruza, commandant adjoint de l'AMISOM, et le lieutenant-colonel Ndayisenga, commandant du 34è bataillon.
Quatre soldats ougandais ont été également tués dans cet attentat suicide revendiqué par les islamistes Al Shaabab qui combattent le gouvernement somalien. Le commandant en chef de l'AMISOM, le général ougandais Nathan Mugisha, a été légèrement blessé à la tête.
En février 2009, onze soldats burundais de l'AMISOM avaient déjà été tués et 15 blessés dans un attentat à la voiture piégée contre leur camp à Mogadiscio. L'AMISOM compte 5000 hommes tous de nationalité burundaise et ougandaise. Les autres pays qui devaient fournir 3000 hommes pour constituer un contingent de 8000 hommes, se sont désistés à cause de l'insécurité qui prévaut dans la capitale somalienne où même les troupes américaines se sont cassées la figure. Malgré toutes ces victimes, le gouvernement burundais a décidé de ne pas retirer ses troupes.
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15 septembre 2009

Le Kenya et la Tanzanie seraient contre  l'entrée du Rwanda au Commonwealth

Seuls huit pays ont déclaré officiellement soutenir la candidature du Rwanda au Commonwealth, le Royaume Uni, l'Afrique du Sud, l'Inde, Singapour, l'Ouganda, le Malawi, le Botswana et l'Australie. Les autres membres de cette communauté des ex-colonies britaniques restent indécis. Le Kenya et la Tanzanie n'ont pas encore pris leur décision définitive mais la tendance actuelle est de voter contre à Port of Spain à Trinidad Tobago au mois de novembre prochain. Les autorités kenyanes et tanzaniennes redoutent le renforcement de l'axe Kampala-Kigali en cas d'adhésion du Rwanda. En plus les Tanzaniens se méfient particulièrement des ardeurs du président rwandais pour le leadership régional. Ils ont déjà chassé de leur territoire des Rwandais proches du FPR qui semaient le trouble dans la population en vue d'une attaque des troupes rwandaises pour défendre les Tutsis vivant en Tanzanie comme ils l'ont fait en RDC pour les Banyamulenge. 
 
Le commonwealth compte 53 pays membres. Le compte n'est donc pas bon d'où l'intense campagne de lobbying menée par le gouvernement rwandais pour séduire les indécis. Le Rwanda a déposé sa candidature en 2003 après l'auto-désignation de Paul Kagame, l'anglophone, comme président de la république.

Le Rwanda est une ex-colonie belge membre de la francophonie jusqu'en 2008. L'usage du français  dans les documents officiels et dans l'enseignement a été interdit par Paul Kagame à la suite du rapport du juge Jean Louis Bruguière sur l"attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana. Malgré cette interdiction, le français reste la deuxième langue du pays après le Kinyarwanda, la langue nationale. Le français a été remplacé par l'Anglais qui n'est parlé que par une poignée d'anciens réfugiés en Ouganda dont le nombre est estimé à 30000 mais qui détiennenet les rênes du pouvoir. Dans l"enseignement, seule l'école belge de Kigali est autorisée à dispenser des cours en français.

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11 septembre 2009

Bizima Karaha coordonne l’occupation du N/Kivu ? 

Vrai ou Faux, selon des sources généralement bien informées de Kinshasa, un décret présidentiel aurait nommé il y a quelques mois déjà Mr. Bizima Karaha, un Tutsi rwandais, coordonnateur du programme habitat pour les colonies de peuplement rwandais au Nord-Kivu. En langage officiel, ce programme concerne l’implantation en R.D.Congo des refugiés congolais du Rwanda, Burundi, Uganda et Tanzanie.
 
Le masque de ce programme d’occupation rwandaise du Nord-Kivu est tombé quand les Chefs coutumiers de Beni-Lubero ont révélé qu’ils sont sous pression de Kinshasa, du HCR, du PNUD, et de la MOUNC pour signer des documents par lesquels ils autoriseront le Programme Habitat de Bizima Karaha de construire des maisons dans leurs chefferies respectives, sur des sites choisis sans leur consultation. Cette réunion de tous les dangers sous la présidence du HCR-PNUD-Bizima devait avoir lieu cette semaine à Goma. Aux dernières nouvelles,  il poserait un problème de transport des chefs coutumiers vers Goma.
 
Ce qui ressort de cette démarche du HCR-PNUD est le fait que les refugiés congolais attendus ne savent pas où ils vivaient avant de devenir refugiés. Les congolais des villages soupçonnés d’abriter ces colonies rwandaises ne se rappellent pas avoir vécu avec des rwandais dans un passe récent ou lointain. D’où la question de savoir quand ces refugiés congolais étaient partis par exemple de Mwenye, Vurondo, Isale, Kyondo, Munoli, Mayangos, Kasugho, Kanyabayonga, etc. Peut-être y-avait-il eu des rwandais dans ces contrées avant Jésus-Christ et les pygmées reconnus par tous comme premiers citoyens de Beni-Lubero ! Ceux qui savent mieux que les congolais sont les experts américains,  anglais, belges du HCR-PNUD.
 
D’après les informations qui circulent de bouche à oreille, les sites identifiés par le HCR-PNUD sont des localités où des villages entiers sont incendiés aujourd’hui par des pyromanes rwandais. Si ces informations se révèlent véridiques, ceux qui suspectent l’ONU de travailler pour la balkanisation de la R.D.Congo auraient finalement raison. Aussi, les atrocités actuelles d’incendies des maisons, les massacres des congolais, le phénomène des déplacés ne seraient qu’un prélude à l’implantation par le force des colonies de peuplement des rwandais au Nord-Kivu. Ceci expliquerait aussi le silence de Kinshasa et de la Monuc devant les atrocités ci-haut citées.
 
D’après les mêmes informations qui circulent, si les Nande refusent de vider les lieux choisis pour les rwandais, ils seraient assimilés aux Hutu rwandais, aux FDLR, etc. et seront traqués ou éliminés dans la forêt.
 
Les antennes du commandement militaire qui préside à ces opérations de déguerpissement forcé ou mortel des congolais de Rutshuru, Beni, Lubero, et de Walikale sont implantées dans les endroits suivants : Pinga (Walikale), Kanyabayonga (Lubero), Musienene (Lubero), Aéroport de Rughenda (Butembo), Concession Ozacaf (Beni), etc. Des hommes en armes portant l’uniforme militaire congolais partiraient nuitamment de ces postes pour accomplir leur sale besogn de préparation du terrain aux colonies de peuplement. Quand ces escadrons de la mort se font appréhendés par la Police locale, des ordres tombent de Kinshasa pour ordonner leur relaxation sans conditions. Pour tromper l’opinion, de fois les ordres de l’hiérarchie ordonnent que les incriminés soit transférés dans la prison de Munzenze à Goma, devenu la porte de sortie de bandits or tueurs précurseurs de l’occupation arrêtés au Nord-Kivu.
 
L’antenne d’occupation de Butembo est commandée par un sujet Hema de l’Ituri. On se souviendra que les Hema de l’Ituri sont alliés aux Tutsi du Rwanda et aux Banyankole de l’Ouganda pour la balkanisation de la RDC.
 
Toutes ces antennes d’occupation seraient commandées à partir de Rutshuru par un certain Colonel SMITH !
Comme on dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu, les autorités compétentes ainsi que les forces vives devraient ouvrir une enquête pour éclairer la religion des Nord-Kivutiens !

Source: http://www.benilubero.com

5 octobre 2009

RDC: Les mensonges du commandant de l'opération Kimia II au Sud Kivu

Un prêtre et un séminariste catholique ont été enlevés dans l'est de la RD Congo, dans la nuit de vendredi à samedi, lors de l'attaque d'une paroisse qui s'est produite dans la localité de Ciherano, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu (est). Les assaillants ont brûlé leur résidence.
"Ce sont des (rebelles des) FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) qui ont fait cela. Nous venons d'apprendre par l'économat catholique à Bukavu (Sud-Kivu) qu'ils ont demandé une rançon de 5.000 dollars", a affirmé à l'AFP le colonel Delphin Kahimbi, commandant des opérations de l'armée de Kinshasa dans cette province. Pourtant aucune source indépendante n'était en mesure de confirmer que les auteurs de l'attaque sont des rebelles hutus rwandais. Même la MONUC qui appuie les FARDC-CNDP n'a pas confirmé l'identité des assaillants.
On se souvient que trois archevêques catholiques du diocèse de Bukavu ont été tués non pas par les FDLR mais plutôt par les troupes envoyées par Kigali. Mgr Christophe Munzihirwa a été tué le 29 octobre 1996, Mgr Charles Mbogha Kambale le 10 octobre 2005, et Mgr Emmanuel Kataliko le 4 octobre 2000. Ces évêques ont été tués parce qu'ils avaient osé dénoncé le massacre des réfugiés hutus dans les camps de l'ex-Zaïre et l'occupation de l'Est de la RDC. Trois autres évêques catholiques ont été massacrés au Rwanda à Gakurazo non loin de Kabgayi le 4 juin 1994. Ceux qui appuient les troupes congolaises dans la chasse aux FDLR ont donc l'habitude de s'attaquer aux dignitaires catholiques et sont probablement les responsables de l'enlèvement du prêtre et du séminariste.

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29 octobre 2009

RDC: au moins six civils tués et plusieurs blessés lors d'attaques FDLR

                             

Combattants FDLR au nord Kivu. Photo:http://1.bp.blogspot.com

Une attaque contre un camion a fait 3 morts et 12 blessés, dont certains par balles, à Kisharu, sur une route au nord-est de Rutshuru, selon l'administrateur de ce territoire, situé au nord-est de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu.

Une attaque sur un autre camion à Katwiguru, sur ce même axe menant à la frontière ougandaise, a fait deux morts et plusieurs blessés, selon la même source, ajoutant que le passager d'une moto a aussi été tué lors du week-end.

"Cela devient vraiment fréquent ces attaques par des éléments (rebelles) FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) associés à des milices Maï Maï et des bandits, qui tirent sur des civils", a déclaré à l'AFP l'administrateur Anisi Kalonda, évoquant un "sérieux problème d'insécurité".

Dimanche soir, des gendarmes de la Mission des nations unies en RDC (Monuc) et des Casques bleus, basés à Nyamilima, plus au nord de la même route, ont tiré "en direction" d'une position de FDLR présumés, selon la Monuc.

"Les assaillants se sont retirés. Ils n'ont pas attaqué la base (de l'ONU) mais ils n'étaient pas très loin", a-t-on ajouté, précisant qu'il n'y avait "aucune confirmation ni de morts ni de blessés" parmi les FDLR.

 
Source: AFP

 

 

3 octobre 2009

Plus de 300 Hutus Rwandais ont fui au Burundi 

Plus de 300 Hutus Rwandais fuyant une province du sud du Rwanda, ont trouvé refuge au Burundi, à Kirundo. Ils prétendent fuir des violences politiques, mais les autorités rwandaises les soupçonnent plutôt de se soustraire à la justice Gacaca. Il s’agit de tribunaux populaires rwandais mis en place pour juger les exécutants présumés du génocide de 1994 au Rwanda

Depuis trois semaines, ces Hutus rwandais entrent au Burundi par petits groupes, et de nuit, de peur de se faire arrêter par la police rwandaise. Une fois dans la province burundaise de Kibondo, ils se réfugient chez l’habitant avec qui ils entretiennent parfois des liens familiaux depuis fort longtemps.

 

Selon certaines sources burundaises, ces rwandais assurent qu’ils ont choisi le chemin de l’exil parce que, depuis quelques temps, certains membres de leur communauté sont arrêtés de nuit. Ils seraient ensuite exécutés, puis jetés dans la rivière Kanyaru, frontalière entre le Rwanda et le Burundi.

Côté burundais justement, une radio locale parle depuis le 30 septembre, de plusieurs corps non identifiés repêchés dans cette rivière, sans donner plus de précisions. Selon les mêmes sources, des responsables rwandais se sont rendus récemment dans la province de Kibondo, et ils ont affirmé que ces Hutus rwandais fuyaient plutôt les juridictions Gacaca chargées de juger les exécutants du génocide de 1994.

Ce dossier très délicat embarrasse beaucoup le Burundi qui n’a pas envie de voir se rééditer ce qui s’est passé en 2007, lorsque plus de 20 000 Hutus rwandais avaient fui au Burundi en quelques semaines.

Source: http://www.rfi.fr





4 novembre 2009

Congo: l'ONU annonce une enquête sur des meurtres présumés de civils par des soldats

NATIONS UNIES - Les Nations unies ont annoncé mardi l'ouverture d'une enquête après la publication d'un rapport de Human Rights Watch affirmant que des soldats de la République démocratique du Congo (RDC) ont tué plus de 500 civils dans l'est du pays entre mars et septembre sans que la mission de l'ONU n'intervienne.

 

"Nous condamnons ces meurtres, ainsi que tous les meurtres et abus de civils, qu'ils soient le fait des forces armées congolaises ou de groupes armés", a déclaré la porte-parole onusienne Michèle Montas.

 

Dans un rapport publié lundi, Human Rights Watch (HWR) accuse des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) d'avoir tué au moins 505 civils dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC). Des hommes auraient été décapités à la machette et des femmes violées, avant d'être tués. Selon l'ONG, 198 autres civils ont été tués avant mars lors d'une opération militaire conjointe des armées congolaise et rwandaise.

 

Les soldats de la mission des Nations unies au Congo (MONUC) dans la région ne sont pas intervenus pour empêcher ces exactions, selon HWR, qui a demandé la suspension de l'aide apportée par la MONUC à l'armée congolaise. La MONUC est déployée pour assister les FARDC dans leur traque des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

 

"Des soldats de l'armée congolaise commettent des crimes de guerre en prenant pour cible les personnes-mêmes qu'ils devraient protéger", a déclaré lundi Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HWR. "La volonté continue de la MONUC d'apporter un soutien à de telles opérations militaires abusives l'implique dans des violations du droit de la guerre".

 

Le gouvernement de la RDC a annoncé l'ouverture d'une enquête, tout en minimisant les informations de HWR. "Si c'est vrai que des gens ont été tués, l'enquête le déterminera. On a vu par le passé combien HRW exagérait", a déclaré le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

 

Dimanche, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy avait annoncé que les Nations unies cessaient immédiatement leur soutien à la 213e brigade de l'armée congolaise, suspectée d'avoir tuée au moins 62 civils dans la région de Lukweti (80km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma).

Source: The Associated Press

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